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"Pandora Papers" : "C'est choquant", alors qu'"on est en train de sortir d'une crise sanitaire énorme", Ces personnes fortunées répondent que ces pratiques sont légales...

De nombreuses personnalités fortunées échappent toujours à l’impôt en ayant recours aux paradis fiscaux, selon le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et ses partenaires.

"C'est choquant, notamment dans la période actuelle" alors qu'"on est en train de sortir d'une crise sanitaire énorme", a réagi Quentin Parrinello, responsable du plaidoyer sur la justice fiscale chez Oxfam France. La nouvelle enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et ses partenaires, dont la cellule investigation de Radio France, démontre que de nombreuses personnalités fortunées échappent toujours à l’impôt en ayant recours aux paradis fiscaux. Parmi elles, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le roi Abdallah II de Jordanie. 

>> "Pandora Papers" : des milliers de milliards de dollars toujours à l’abri dans des paradis fiscaux  :: franceinfo : ces nouvelles révélations vous découragent ? 

Quentin Parrinello : Ce n'est malheureusement pas le premier scandale auquel on a affaire puisque, notamment, les journalistes de la ICIJ et les partenaires ont révélé de nombreux scandales fiscaux : les "Panama Papers" et "Paradise Papers". Et à chaque fois, on se retrouve avec une minorité, une élite fortunée qui a recours massivement aux paradis fiscaux pour éviter de payer des impôts et pour blanchir de l'argent. C'est choquant. C'est choquant, notamment dans la période actuelle. On est en train de sortir d'une crise sanitaire énorme, qui a fait exploser les inégalités puisqu'on a ces personnes qui se soustraient à la solidarité nationale et qui évitent de payer des impôts au moment même où on est en train de chercher la manière de payer la facture du coronavirus et où, en France, on est en train de se dire qu'il va falloir réformer l'assurance-chômage, qu'il va falloir réformer les retraites pour aller chercher l'argent. Oui, c'est choquant puisque l'argent il existe. Malheureusement, il est plutôt jusqu'à présent caché dans les paradis fiscaux par les personnes les plus riches.

Les "Panama Papers", c'était en 2016. Vous avez l'impression que rien n'a été fait ?

: On a avancé dans le discours. C'est ça, finalement, qui est presque le plus rageant, c'est qu'on a des décideurs politiques qui disent : "Les paradis fiscaux, ce n'est plus possible". Il y en a qui l'ont dit, même bien avant les "Panama Papers". Nicolas Sarkozy avant 2010 disait déjà : "Les paradis fiscaux, c'est fini". Ce discours, il progresse, mais derrière, dans les actes, on est encore extrêmement loin de ce qu'il faudrait faire. On fait des tout petits pas sur la transparence du secret fiscal, mais on est encore très, très loin de ce qu'il faudrait faire. Il faut largement réformer la manière dont les plus riches sont taxés. 

"Aujourd'hui, c'est très facile pour une personne riche de délocaliser sa fortune dans un paradis fiscal et de le faire en toute opacité puisque le secret fiscal, c'est encore la règle plutôt que l'exception."

Quentin Parrinello à franceinfo Comment faut-il agir ? ......

Il faut réformer massivement la manière dont on taxe les plus riches. Aujourd'hui, c'est extrêmement facile pour les plus riches de délocaliser dans un paradis fiscal. Ils sont finalement encouragés, y compris par une forme d'idéologie. Quand en France, en 2017, on supprime l'ISF, c'est pour dire : "Sinon, il va y avoir de l'exil fiscal". Mais on peut lutter contre l'exil fiscal. On peut lutter contre l'évasion fiscale des riches. Il faut déjà accepter de dire que ce n'est pas une fatalité. On peut mettre en place des registres de la fortune, des registres publics des actifs financiers des plus riches pour savoir où sont logés les actifs offshore. Aujourd'hui, les administrations fiscales s'échangent ces informations, mais elles restent extrêmement parcellaires. Elles comptent notamment sur les intermédiaires financiers pour le faire. Or, ce que montre ce scandale, c'est que ces intermédiaires financiers sont au centre de l'ingénierie fiscale. Ils aident les plus riches à échapper à l'impôt. Il faut arrêter de compter sur eux pour transmettre les informations aux autorités fiscales. Il faut simplement demander ce que ça soit rendu public pour aider à avoir une politique fiscale plus juste.

Ces personnes fortunées répondent que ces pratiques sont légales... 

C'est pour cela qu'il faut une réforme internationale, de la même manière que la fiscalité des multinationales qui délocalisent dans les paradis fiscaux, c'est légal aussi. L'évasion fiscale, c'est la zone grise entre la légalité et l'illégalité. Et c'est des gens, tout comme les Panama Papers, qui ont joué sur les failles du droit international pour éviter de payer des impôts. Donc aujourd'hui, effectivement, il faut une réaction internationale. Mais pour ça, il faut aussi des ONG, une société civile très forte, des journalistes qui jouent ce rôle de vigile auprès des décideurs politiques qui disent : "Non, ce n'est pas acceptable que vous vous soustrayez à la solidarité nationale en évitant de payer des impôts."

Article rédigé : source /franceinfo Radio France Publié le 04/10/2021 12:14

Mis à jour le 04/10/2021 12:44 Temps de lecture : 4 min.

Une vue aérienne du centre financier de Panama City, le 25 avril 2019.

Photo d'illustration. (LUIS ACOSTA / AFP) Une vue aérienne du centre financier de Panama City, le 25 avril 2019. Photo d'illustration.

(LUIS ACOSTA / AFP)

«Pandora Papers» : plusieurs chefs de gouvernement mis en cause pour évasion fiscale

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair ou encore le roi de Jordanie Abdallah II sont éclaboussés par ces nouvelles révélations. Le Premier ministre tchèque aurait acheté une luxueuse villa dans le sud de la France à travers des sociétés offshore. Le Premier ministre tchèque aurait acheté une luxueuse villa dans le sud de la France à travers des sociétés offshore.

 Le 3 octobre 2021 à 19h32, modifié le 3 octobre 2021 à 20h42 C’est le fruit de plusieurs mois de travail. Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), dont font partie 150 journaux, dont Le Monde et France info en France, a publié ce dimanche une première enquête après avoir eu accès à 12 millions de documents. Les « Pandora Papers » – c’est le nom qui a été donné à cet ensemble de documents – révèlent la façon dont des puissants de ce monde, parmi lesquels des responsables politiques, des chefs d’Etat et des milliardaires investissent via les paradis fiscaux. 600 Français sont concernés.

 L’enquête de l’ICIJ épingle plusieurs dirigeants politiques : le Premier ministre tchèque Andrej Babis qui a fait l’acquisition d’un luxueux château dans les Alpes-Maritimes « par le biais d’une cascade de sociétés offshore » ; l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair qui avec sa femme a acheté un immeuble via des parts dans une société similaire ; le roi de Jordanie, Abdallah II à la tête d’un véritable empire immobilier dans le monde à travers une trentaine de sociétés-écrans…

Le président chypriote Nicos Anastasiades, le président congolais Denis Sassou Nguesso, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’ancien Commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs John Dalli, le président du Monténégro ou encore le président gabonais Ali Bongo sont également cités par ces médias. L’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn aurait lui fait transiter plusieurs millions de dollars d’honoraires de conseil à des entreprises par une société marocaine exempte d’impôts.

 Shakira également éclaboussée Au total, des liens ont été établis par l’ICIJ entre des actifs offshore et 336 dirigeants et responsables politiques de premier plan, qui ont créé près de 1 000 sociétés, dont plus des deux tiers aux Iles Vierges britanniques. Parmi les personnalités exposées, se trouvent également la chanteuse colombienne Shakira, le mannequin allemand Claudia Schiffer ou la légende indienne du cricket Sachin Tendulkar.

Dans la plupart des pays, ces faits ne sont pas susceptibles de poursuites. Mais dans le cas des dirigeants, l’ICIJ met en parallèle le discours anti-corruption tenu par certains d’entre eux avec leurs placements dans des paradis fiscaux.

 Titanesque, l’enquête n’est qu’à ses débuts. De manière coordonnée, les médias de l’ICIJ vont publier d’autres révélations liées aux « Pandora Papers » dans les prochains jours. Serait aussi concernée par ces documents, selon Le Monde, « une poignée d’hommes politiques français, souvent murés dans le silence au moment d’expliquer la raison d’être de leurs sociétés offshore ».

Reuters/Francisco Seco Par Le Parisien avec AFP

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair ou encore le roi de Jordanie Abdallah II sont éclaboussés par ces nouvelles révélations. Le Premier ministre tchèque aurait acheté une luxueuse villa dans le sud de la France à travers des sociétés offshore. Reuters/Francisco Seco Le Premier ministre tchèque aurait acheté une luxueuse villa dans le sud de la France à travers des sociétés offshore. Reuters/Francisco Seco

France - Algérie: Pourquoi un tel regain de tensions? La crise entre Paris et Alger monte d’un cran avec la fermeture de l’espace aérien algérien aux avions militaires français.

Comment expliquer les nouvelles tensions diplomatiques entre la France et l'Algérie? d'illustration

 - Nouvelle zone de turbulences. La crise entre Paris et Alger monte d’un cran ce dimanche 3 octobre, avec la fermeture de l’espace aérien algérien aux avions militaires français, au lendemain du rappel de l’ambassadeur algérien à Paris. Mais pourquoi de telles tensions entre deux pays qui doivent bientôt commémorer les 60 ans de la fin de la guerre d’Algérie et son indépendance?

 Dans le collimateur des autorités algériennes: des “propos non démentis” d’Emmanuel Macron, retranscrits par Le Monde dans un article samedi. Le journal relate une rencontre deux jours plus tôt entre le président de la République et une vingtaine de jeunes descendants de protagonistes de la Guerre d’Algérie (1954-1962).

 Selon le quotidien du soir, le chef de l’État a déclaré qu’après son indépendance en 1962, l’Algérie s’est construite sur “une rente mémorielle”, entretenue par “le système politico-militaire”. Toujours dans des propos cités par Le Monde, il a critiqué “une histoire officielle totalement réécrite” par Alger qui “ne s’appuie pas sur des vérités” mais sur “un discours qui repose sur une haine de la France”.

 Macron au centre des critiques

 Emmanuel Macron a en outre évoqué la forte réduction des visas pour les Algériens, Marocains et Tunisiens, décidée quelques jours plus tôt, mardi par Paris, qui avait valu à l’ambassadeur de France en Algérie une convocation pour “protestation” des autorités algériennes. Cette réduction des visas ne vise pas les étudiants ni les milieux d’affaires mais “les gens qui sont dans le milieu dirigeant”, a ainsi expliqué le président de la République, cité par journal.

 Autre motif d’irritation pour Alger, selon les médias locaux: quand le chef de l’État décrit le président Abdelmadjid Tebboune comme “pris dans un système très dur” puis ironise sur la façon dont l’Algérie présente, selon lui, les Français comme “les seuls colonisateurs”, oubliant la domination ottomane entre le XVIe et XVIIIe siècles.

Si ce n’est pas la première crise entre les deux pays, la dernière aussi grave remonte à une quinzaine d’années, au 23 février 2005. Le Parlement français avait adopté une loi reconnaissant “le rôle positif de la colonisation”. Malgré son abrogation ultérieure, ce texte avait provoqué l’annulation d’un Traité d’amitié voulu fortement par le président Jacques Chirac et son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika.

Plus récemment, les relations bilatérales ont connu d’autres pics de tension: en mai 2020, l’ambassadeur algérien à Paris, alors Salah Lebdioui, avait été rappelé après la diffusion d’un documentaire par deux chaînes publiques françaises sur les manifestations pro-démocratie (Hirak) en Algérie.

Des relations en dents de scie

 En avril 2021, le Premier ministre français Jean Castex a annulé au dernier moment une visite, à la demande d’Alger, mécontente, selon des sources informées de l’AFP, d’une délégation trop petite à leur goût.

Malgré cela, les relations bilatérales n’étaient pas mauvaises, avant les déclarations d’Emmanuel Macron Macron qualifiées par les médias algériens de “dérapage”. Le président français avait ainsi fait en novembre 2020 l’éloge du président Abdelmadjid Tebboune auprès de la revue Jeune Afrique, ce qui lui avait valu les critiques d’une partie de la diaspora et de la société civile algériennes. Le chef de l’État français y avait loué le “courage” de son homologue, assurant qu’il allait faire “tout son possible” pour l’aider dans la période de transition après le Hirak.

 En juillet 2020, Paris avait fait un geste envers Alger en restituant les crânes de 24 résistants algériens décapités au XIXe siècle lors de révoltes dans le sud de l’Algérie contre l’occupant français. En mars 2020, la France a reconnu pour la première fois que l’avocat algérien Ali Boumendjel, mort en mars 1957, a été torturé et tué par l’armée française lors de la Bataille d’Alger.

La presse algérienne a rappelé aussi samedi que le président de la République jouissait de préjugés favorables pour avoir, pendant sa campagne présidentielle en 2017, qualifié la colonisation de “crime contre l’humanité”, lors d’une visite à Alger.

Une question de mémoire

Mais ce temps paraît désormais bien loin. Les nouvelles difficultés diplomatiques montrent, aujourd’hui, à quel point la question de la mémoire est sensible côté algérien. Les deux pays se sont mis d’accord en 2020 pour confier à des chercheurs des deux rives de la Méditerranée, un travail de mémoire dans une optique de “réconciliation”.

 L’historien français Benjamin Stora a remis son rapport en janvier au président de la République préconisant une série d’“actes symboliques” mais “ni excuse ni repentance”. Un document rejeté par Alger un mois plus tard comme “non objectif”, reprochant l’absence de “reconnaissance officielle par la France des crimes de guerre et contre l’humanité perpétrés pendant les 130 années de l’occupation de l’Algérie”.

Samedi, la présidence algérienne a estimé que la dernière position prise par Emmanuel Macron “heurte les principes devant présider à une éventuelle coopération algéro-française en matière de mémoire (et) a l’incorrigible défaut de tendre vers la promotion d’une version apologétique du colonialisme.”

 via Associated Press Comment expliquer les nouvelles tensions diplomatiques entre la France et l'Algérie?

(photo À voir également sur Le HuffPost: La colonisation cachait aussi un grand marché sexuel, de l’Algérie au Maroc

Bernard Tapie est mort, emporté par le cancer Bernard Tapie incarne les années 80, celles de l’argent facile et de la réussite, en devenant un homme d’affaires plusieurs fois millionnaire

"S’il y a une chose que je sais faire, c’est du blé" lance celui qui est surnommé par la presse le "Zorro des entreprises" après son énième coup de maître en 1988 : la revente pour 260 millions de francs de l'équipementier de vélos Look Cycle, cinq ans après son rachat pour 1 franc symbolique.

Bernard Tapie incarne les années 80, celles de l’argent facile et de la réussite, en devenant un homme d’affaires plusieurs fois millionnaire reprenant des entreprises en faillite pour les revendre une fois redressées. Il s'achète un yacht de luxe, le Phocéa, roule en Lamborghini et affiche son teint hâlé sur les plateaux télé. Il est sacré "personnalité de l'année" en 1984.

Il fait aussi la Une des journaux pour de nombreux procès, le dernier en date concernant l’affaire de l’arbitrage du Crédit Lyonnais. Il était convoqué encore en mai 2021 par les juges du Tribunal de Paris dans ce dossier fleuve commencé en 2008, alors qu’il est atteint par un nouveau cancer qui aura finalement raison de lui. Des origines modestes

 Bernard Tapie naît le 26 janvier 1943 dans un quartier populaire du XXème arrondissement de Paris, d’un père ouvrier-chauffagiste qui créera plus tard sa propre entreprise et d’une mère aide-soignante. "Il passe son enfance et sa jeunesse dans un gourbi de dix-sept mètres carrés et demi avec son frère cadet et ses deux parents, près du stade municipal du Bourget, dans la banlieue nord de Paris" raconte le journaliste Franz Olivier Giesbert dans Leçons de vie et de mort, son livre consacré à Tapie.

Avec un diplôme de technicien en électronique en poche, Bernard Tapie se lance dans une carrière, très éphémère, de chanteur signant deux 45 tours en 1966, transformant son nom en Bernard Tapy. Il entreprend toutefois cette carrière sérieusement, ayant une vraie connaissance de la musique. Bernard Tapie a découvert le violon à 6 ans, au rythme de deux leçons par semaine. Il apprendra assez vite pour jouer à la messe de l'église Saint Nicolas du Bourget, puis pour présenter le concours Nerini à la Salle Gaveau à Paris.

J’étais le seul fils de prolo, dit-il, et j’étais très nerveux en attendant mon tour. J’avais tellement tripoté ma partition qu’elle était chiffonnée et ne tenait pas sur mon pupitre.Bernard Tapie /

Le premier 45 tours de Bernard Tapie en 1966, il américanise son nom de famille en Tapy.

  Il a 23 ans. Il épouse sa première femme, Michèle Layec avec qui il aura deux enfants, Nathalie et Stéphane.

 Il s'essaye à la course automobile et participe à des courses en Formule 3 mais après un grave accident, qui le laisse dans le coma plusieurs jours, il renonce à sa carrière de pilote. Il en garde le goût des voitures rapides, comme les Lamborghini.

Le "golden boy"  En 1967, il se lance avec succès dans la vente d’appareils de télévision, à tel point qu’en quelques années il monte son propre magasin, un vaste dépôt d’électroménager près de la gare de l’Est. Il y rencontre celle qui deviendra sa deuxième femme, Dominique qu’il épousera en 1987. De super vendeur, il devient entrepreneur. L’entrepôt fait faillite. Qu’importe, Bernard Tapie rebondit et en 1977 commence sa deuxième vie de repreneur d’entreprises en dépôt de bilan.

 Au début des années 80 il rachète Terraillon et Testut (les célèbres balances), Look (le fabriquant d'attaches de skis), La Vie Claire (chaîne de magasins bio), et Wonder (les piles salines, acheté 1 franc symbolique en 1984 et revendu 470 millions de francs en 1988 à l'Américain Ralston), pour ne citer que les plus connues.

L’homme a un sens inné de la mise en scène. Il n’hésite pas à incarner la marque des fameuses piles électriques dans un spot publicitaire devenu célèbre, "Je marche à la Wonder". ////// Personnalité médiatique

Il incarne le gagnant que rien ne peut arrêter, un personnage qu’il forge au fur et à mesure de ses apparitions télévisées, d’abord dans des émissions culturelles ou politiques comme Le Grand échiquier ou 7 sur 7.

Puis, face aux succès d’audience (la France n’a que trois chaînes de télévision publiques au début des années 80, Canal+ apparaît en 1984 et M6 en 1987) il est invité dans des émissions grand public comme Gym Tonic, Le Jeu de la vérité, Champs-Élysées, Les Grosses Têtes ...

 En février 1986 la chaîne TF1 lui confie une émission mensuelle, le vendredi soir à 20.35, Ambitions. Le principe : un jeune de moins de vingt-cinq ans, soutenu par Tapie, vient présenter son projet de création d’entreprise devant un jury d’économistes, de managers, de journalistes, etc. Si son idée est retenue, il pourra la concrétiser. Le tout en direct devant une assemblée d'un millier de spectateurs. L'émission durera un an.

 Il devient ainsi une personnalité médiatique qu’il amplifiera en s’impliquant dans le sport.

La passion du sport /Pratiquant le vélo, Bernard Tapie investit une partie de sa fortune en formant une équipe de cyclisme autour du quadruple vainqueur du Tour de France, Bernard Hinault, en 1984. Elle prendra les couleurs de son enseigne d’aliments bio "La Vie Claire". Bernard Hinault y remporte son 5ème Tour de France en 1985 et l'année suivante c’est l'Américain Greg LeMond qui remporte la course. C'est également une aventure industrielle car il transformera l'entreprise Look de fabriquant de fixations de ski à celui de pédales automatiques. "J’ai demandé à son bureau d’études d’utiliser son savoir-faire pour imaginer des pédales de vélo qui se déchausseraient facilement quand tu tombes, sur le modèle des fixations de ski. Hinault vient voir les gars sur place, à Nevers. Il fait les essais, leur dit ce qui va, ce qui ne fonctionne pas. Porte-drapeau de La Vie Claire sur le Tour de France, il devient l’ambassadeur de Look. " explique Tapie à Franz Olivier Giesbert. Bernard Tapie en directeur de l'équipe du Tour de France La Vie Claire tient le vélo de Bernard Hinault à Paris le 31 janvier 1985.

Edmonde Charles-Roux, la femme du maire de Marseille Gaston Deferre, lui demande alors de reprendre le club de football de la ville en 1986. L’Olympique de Marseille n’a plus remporté de titres depuis 1976 et n'est revenu en Ligue 1 que depuis deux ans.

Tapie rachète le club pour 1 franc symbolique. Il le remanie profondément en recrutant des joueurs expérimentés comme Alain Giresse, Jean Tigana, Manuel Amoros, ou Enzo Francescoli. Son grand regret c'est de ne pas avoir réussi à débaucher l'Argentin Diego Maradona joueur star du Naples. En revanche, il fait venir de jeunes espoirs et futur champions français comme Jean-Pierre Papin, Éric Cantona, Basile Boli, Didier Deschamps, Marcel Desailly, Fabien Barthez, mais aussi le Ghanéen Abedi Pelé, l'Anglais Chris Waddle, le Croate Alen Bokšić et enfin le Brésilien Sonny Anderson.

L'Olympique de Marseille remporte quatre titres de Champion de France consécutifs de 1989 à 1992, joue quatre finales de Coupe de France dont une gagnée en 1989, deux demi-finales de Coupe d'Europe (Coupe des coupes 1988, Coupe des clubs champions 1990) et deux finales de Ligue des champions, dont une gagnée en 1993 face au Milan AC, qui reste la seule remportée par un club français à ce jour.

Rien ne semble résister à Tapie qui est approché - via un ami commun, Jacques Séguela - par François Mitterrand. L'entrée en politique

Préparant sa campagne de 1988, l’ancien
président de la République cherche de nouvelles personnalités non-politiques pour rejoindre son parti. Il propose à Bernard Tapie de se présenter dans la 6ème circonscription des Bouches du Rhône, dans le 9ème arrondissement de Marseille, qui est traditionnellement un fief de la droite. Face à Guy Teissier (UDF), il perd d’une poignée de voix. L’élection est invalidée pour irrégularités et le siège est à nouveau en jeu l’année suivante en 1989 : il remporte l’élection au 2ème tour avec 50,9% des voix.

Lors de la campagne électorale, il fait face au président du Front National Jean-Marie Le Pen lors d’un débat sur l’immigration organisé par la chaîne TF1. Bernard Tapie intervient à partir de la 2ème minute de cet enregistrement, à l'invitation de Patrick Poivre d'Arvor. Le duel marque l'opinion publique.

 Il y acquiert une haine féroce du FN et n’hésite pas à confronter les électeurs frontistes quelques années plus tard, en 1992 quand il fait campagne pour les régionales, en se déplaçant à Orange lors d’un meeting de Bruno Gollnisch et traitant ses électeurs de "salauds".

C'est à ce moment que l'émission satyrique "Les Guignols de l’info" de la chaîne cryptée Canal + créé le personnage de "Nanard". Sa marionnette ne cesse d’expliquer à quel point il est "sévèrement burné", c'est à dire viril en argot. C

François Mitterrand lui propose la même année de rejoindre le gouvernement de Pierre Bérégovoy. Il créé un ministère sur mesure pour lui, le ministère de la Ville. Tapie se retire de toutes ses affaires afin d’occuper ses nouvelles fonctions. Il charge le Crédit Lyonnais de revendre Adidas, l'équipementier sportif allemand, vente qui sera conclue pour la somme de 2,085 milliards de francs (soit 472 millions d'euros aujourd'hui) le 15 février 1993.

 Et voilà que commence le parcours politique qui va me conduire à la mort, oui, il n’y a pas d’autre mot, à ma mort. Bernard Tapie

Les affaires judiciaires

 Mais la machine Tapie commence à connaître quelques ratés, le premier étant le scandale du match truqué Valenciennes-OM en 1983.

 Le club de Valenciennes révèle qu'un de ses défenseurs a été approché par un joueur de Marseille qui lui a promis une somme d'argent pour arranger le match. L'affaire a une couverture médiatique massive, malgré cela la cote de popularité de Tapie est intacte. Il remporte les cantonales à Marseille en 1994 et sa liste Energie radicale fait un score de 12,03% aux élections européennes. Mais pour ce match truqué, il va être condamné à deux ans de prison dont 8 mois fermes en 1996. Il est incarcéré dans la prison de Luynes où il restera 165 jours.

C’est la fin de "l'ère Tapie". A sa sortie de prison, une libération conditionnelle en juillet 1997, le destin frappe à sa porte sous la forme d'un coup de fil.

 "Là encore, c’est le hasard qui a décidé pour moi comme chaque fois dans ma vie : un coup de téléphone de Claude Lelouch qui veut que je tourne dans son prochain film. Déjà, dans les années 1970, après m’avoir vu dans une conférence à son Club 13 pour des associations familiales, il m’avait invité à déjeuner pour me proposer l’un des rôles principaux de "L’aventure, c’est l’aventure" (...). J’avais refusé. Six mois de tournage, c’était impossible. “T’es dingue ou quoi ? il avait protesté. Je veux faire de toi une star de cinéma et tu dis non ! — Ben oui, je ne veux pas être une star de cinéma, j’ai dit. "Bernard Tapie

La rencontre avec Lelouch

 Le réalisateur français Claude Lelouch lui propose de tourner dans un film "Hommes, Femmes : Mode d’emploi" où il incarne un homme d'affaires sans scrupules qui croise le chemin de Fabrice Luchini, un comédien au chômage, dans le cabinet d'un médecin.

 Ironie du sort, le personnage qu'incarne Bernard Tapie consulte pour des douleurs abdominales persistantes. Dans une scène du film, on le voit subir une endoscopie qui révèle un cancer de l'estomac. Or c'est exactement ce cancer qu'il développe en 2017. La presse (cf. L'Express) glose sur son contrat qui lui fait toucher 2,50 francs par billet vendu. Le film a fait plus d'un million d'entrées.

 Tapie, l'acteur / Au début des années 2000, l'homme se réinvente en acteur. Il joue au théâtre le personnage incarné par Jack Nicholson dans la pièce tirée du film Vol au dessus d'un nid de coucou au Théâtre de Paris. Il enchaînera avec d'autres rôles dans Oscar ou Les Montagnes russes. Il présente des émissions de télévision de 2000 à 2004 comme Rien à cacher sur RTL9. De 2001 à 2008, il tient le rôle principal de téléfilms policiers sur TF1 : Cazas en 2001, puis douze épisodes de la série Commissaire Valence diffusés entre 2003 et 2008.

Le vent tourne pour l'ancien patron qui bénéficie d'un retentissant retournement de situation dans l'affaire de la vente d'Adidas. En juillet 2008, le tribunal arbitral rend une sentence favorable à Bernard Tapie. Il condamne le Consortium national (le Crédit Lyonnais) à verser 285 millions d'euros à l'homme d'affaires (plus de 400 millions avec les intérêts), dont 45 millions pour "préjudice moral". Mais au terme d'une longue procédure d'appel, le Tribunal de Paris condamne à nouveau Bernard Tapie à rembourser la somme perçue lors de l'arbitage le 3 décembre 2015.

Nouveau recours de Bernard Tapie en 2019 : il est finalement relaxé. Mais le jugement est une nouvelle fois cassé, et l'ancien homme d'affaire va être jugé en appel en octobre 2020.

 Entre temps, Bernard Tapie décide de revenir aux affaires en 2009 en tentant de racheter 1% des actions du groupe Club Med mais ça ne fonctionnera pas, il revendra ses parts. Il devient actionnaire à 50% du groupe de presse de Philippe Hersant en 2012 et s'investit dans le quotidien régional La Provence. La lutte contre le cancer

 En 2017, il apprend qu'il souffre d'un cancer de l'estomac et de l'oesophage. Commence désormais une autre étape de sa vie : le combat contre la maladie, qu'il entreprend comme tout ce qu'il a fait, sans se laisser abattre.  31 octobre 2019, le quotidien le Monde annonce par erreur sa mort sur son site internet ! "La nouvelle de ma mort est, comme disait Mark Twain, très exagérée", commenta aussitôt Tapie. "Vous ne me croirez pas mais je ne l’ai pas cru. Je me suis dit que je m’en serais quand même aperçu…" plaisante-t-il avec le journaliste Franz Olivier Giesbert. L'ultime combat de Bernard Tapie, qui toute sa vie n'a jamais cessé de se battre aura été avec le cancer. Il a témoigné jusqu'au bout de la nécessité de ne jamais laisser tomber : "ce n'est pas Tapie qu'il faut plaindre, c'est son cancer, parce que son cancer va en baver."

 Fin mai 2021, son fils Laurent annonce que son père est hospitalisé et qu'il a des tumeurs de petite taille "un peu partout".

Un chiffre qui permet à Zemmour de se retrouver à un point seulement du second tour. Soit une progression de +7 points depuis le précédent baromètre, il y a un mois.

Sondage / Présidentielle : Eric Zemmour à 1 point du second tour ! Un récent sondage fait sur la Présidentielle française vient de démentir toutes les prévisions. En effet, une enquête réalisée par Ipsos et publiée ce vendredi a accrédité Eric Zemmour de 15% des intentions de vote. Un chiffre qui permet à Zemmour de se retrouver à un point seulement du second tour.    

Soit une progression de +7 points depuis le précédent baromètre, il y a un mois. Ce, alors que le polémiste n’est toujours pas officiellement candidat à l’élection présidentielle. Ce score place désormais, le polémiste français en troisième position, derrière le chef de l’État Emmanuel Macron (25%) et Marine Le Pen, mais devant tous les prétendants issus du parti Les Républicains.

Qu’il s’agisse des ex-LR Xavier Bertrand (14%), Valérie Pécresse (12%) ou du LR Michel Barnier (11%).

d’intentions

USA / L'affaire Monica Lewinsky ou le "complot de l'ultra-droite" contre Clinton

Le 26 janvier 1998, le président américain Bill Clinton, en conférence de presse avec le leader palestinien Yasser Arafat, ment devant le monde entier en déclarant n’avoir jamais eu de relation sexuelle avec la stagiaire à la Maison Blanche, Monica Lewinsky.

Trois ans auparavant, la jeune femme aurait entretenu pendant dix-huit mois une relation avec le président démocrate. Un président qui trompe sa femme, ça arrive, et la majeure partie des Américains s’en moque comme de ses premiers burgers. Mais, ce que l’on ne pardonne pas au président, c’est d’avoir menti.

Le 28 juillet 1998, les avocats de Monica Lewinsky concluent un accord : si la jeune femme accepte de témoigner publiquement, elle ne sera pas poursuivie pour parjure devant la Cour Suprême. De son côté, Bill Clinton nie toujours les faits mais ce qu’il ignore, c’est que le FBI a entre ses mains une robe bleue sur laquelle se trouve l’ADN du président. La voilà, la preuve que Bill Clinton a menti sous serment. 

Le "Monica Gate", est un véritable feuilleton avec plusieurs acteurs dont le procureur Kenneth Starr et Linda Tripp, grande ennemie de Clinton et soi-disant collègue et amie de Monica Lewinsky. Ce n'est donc pas qu'une affaire de fesse et de gaudriole, c'est une grande affaire politique et judiciaire aux États-Unis.

"Il y a eu réellement un complot de l'ultra-droite pour chasser le Président de la Maison Blanche. On est passé tout près", explique Nicole Bacharan, historienne et politologue au micro de Flavie Flament dans Jour J. Bill Clinton a été considéré comme un usurpateur Nicole Bacharan "Et c'est vrai que Bill Clinton, qui est un garçon d'un milieu vraiment populaire, qui a fait ses études avec des bourses, qui vient du Sud des États-Unis où il y a quand même une tradition de racisme notamment très profonde, il a été considéré comme un usurpateur par l'ultra-droite républicaine", poursuit l'historienne et politologue.

L'affaire Monica Lewinsky ou le "complot de l'ultra-droite" contre Clinton Considéré comme "un usurpateur" par l'ultra-droite républicaine américaine, Bill Clinton a failli être chassé de la Maison Blanche après le "Monica Gate".

Monica Lewinsky en 2015 Crédit : KENA BETANCUR / AFP Tous les jours dans Jour J , de 20h à 21h sur RTL, Flavie Flament vous fait découvrir les grands moments d’actualité qui ont marqué la mémoire collective. Bill Clinton : le jour où il a nié à la télévision toute liaison avec Monica Lewinsky

Écouter Capucine Trollion & Flavie Flament publié le 01/10/2021 à 15:12

https://www.rtl.fr/actu/international/l-affaire-monica-lewinsky-ou-le-complot-de-l-ultra-droite-contre-clinton-7900079416?fbclid=IwAR3kpH-S4IWR_StrVDH_ckqGzLKc1vQZzAmgC9W2xzHqWGDae4u_1UVJTLA

Santé / Covid-19 en France : 47 décès en 24 heures et moins de 1400 patients en soins critiques

La situation continue de s’améliorer dans l’Hexagone, avec 7 410 personnes hospitalisées à cause du Covid-19, dont 1 355 malades en soins critiques. La tension hospitalière continue de diminuer à des niveaux bas en métropole.

L’épidémie poursuit sa baisse en France. Mais si les indicateurs témoignent d’une meilleure situation sanitaire, le Premier ministre Jean Castex a de nouveau appelé jeudi les personnes de plus de 65 ans à se faire administrer une troisième dose de vaccin, afin d’empêcher une reprise. « Je le dis un peu solennellement : je ne voudrais pas qu’à l’automne, avec les conditions climatiques, il y ait une nouvelle vague d’épidémie, mon rôle est d’anticiper », a expliqué le chef du gouvernement.

Dans le même esprit, le porte-parole du gouvernement a annoncé qu’un projet de loi permettant de recourir au passe sanitaire jusqu’à l’été prochain serait présenté en Conseil des ministres le 13 octobre. Le gouvernement veut « avoir la possibilité de recourir à des mesures pour protéger les Français », a justifié Gabriel Attal.

Moins de 5 000 contaminations en 24h En attendant, les chiffres publiés ce vendredi par Santé publique France confirment toujours un ralentissement du Covid-19 en métropole. Ainsi, 7 410 personnes sont hospitalisées à cause du Covid-19 contre 7 565 la veille et 8 107 il y a une semaine.

La baisse gagne également les services de soins critiques (réanimation, soins intensifs, soins continus) qui accueillent les malades les plus gravement atteints par le virus. On en compte désormais 1 355, contre 1 414 la veille et 1 586, il y a une semaine. Par ailleurs, les autorités déplorent 47 décès sur les dernières 24 heures, contre 56 la veille. Ce chiffre porte à 116 760 le nombre de morts en France du virus depuis le début de l’épidémie. 

En parallèle, le nombre de nouvelles contaminations rapporté chaque jour repasse sous le seuil des 5000 cas, une première depuis le 16 juillet. Ce vendredi, les autorités recensent ainsi 4 935 cas positifs sur les dernières 24 heures, contre 5 879 vendredi dernier. 

La vaccination se poursuit, certes à un rythme moins soutenu. Au 30 septembre, plus de 50 millions de personnes - 50 558 731 précisément - ont reçu au moins une dose, soit 75% de la population totale. En parallèle, 48 678 630 personnes ont désormais un schéma vaccinal complet, ce qui correspond cette fois à 72 % de la population totale, selon les données du ministère de la Santé. Enfin, près d’un million de personnes ont reçu une dose de rappel de vaccin en un mois, soit « 25 à 30 % » de la population éligible à date.

Illustration). LP/ Faustine Léo

La tension hospitalière continue de diminuer à des niveaux bas en métropole.

(Illustration). LP/ Faustine Léo Par Le Parisien Le 1 octobre 2021 à 18h27

Emmanuel Macron installe une commission sur le complotisme et la désinformation FAKE NEWS

La nouvelle initiative d’Emmanuel Macron intervient à quelques mois de la campagne des élections présidentielles, propices aux manipulations et désinformations de toutes sortes

Une équipe d’une quinzaine d’universitaires et personnalités, présidée par le sociologue Gérald Bronner, a été chargée, ce mercredi par Emmanuel Macron, de faire des propositions face à l’emprise des théories complotistes et de la désinformation dans le débat public, d’ici fin décembre.

Intitulée « Les lumières à l’ère numérique », la commission « devra formuler d’ici la fin de l’année des propositions concrètes dans les champs de l’éducation, de la régulation, de la lutte contre les diffuseurs de haine et de la désinformation », indique la présidence de la République dans un communiqué, qui ajoute qu’elle recevra les membres de la Commission ce mercredi en fin d’après-midi.

Une tentative de déstabilisation attribuée à la Russie La nouvelle initiative d’Emmanuel Macron intervient à quelques mois de la campagne des élections présidentielles, période particulièrement propice aux manipulations et désinformations de toutes sortes. Victime d’une tentative de déstabilisation lors des derniers jours de la campagne électorale de 2017, qu’il a par la suite attribuée à la Russie, Emmanuel Macron a multiplié depuis avec sa majorité les initiatives pour tenter de réduire le risque.

Le Parlement a notamment adopté en 2018 une loi relative à la manipulation de l’information en période électorale, qui a attribué de nouvelles compétences au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) face aux plateformes numériques en période électorale. Le gouvernement a également créé mi-2021 Viginum, une agence rattachée au secrétariat général à la défense nationale (SGDSN) et chargée de traquer la désinformation en période électorale. 

Surprésence de fake news sur les réseaux sociaux Et l’exécutif tente de pousser les feux au niveau européen pour faire adopter rapidement la nouvelle loi européenne dite « DSA », qui doit notamment renforcer les obligations faites aux grandes plateformes Internet en matière de modération des contenus. L’enjeu de la commission lancée mercredi sera de faire des propositions pour que le débat public soit un exercice « d’intelligence collective » où la profusion d’informations est un atout, et non une menace, a expliqué Gérald Bronner. 

Aujourd’hui, la surabondance d’information s’accompagne d’une certaine « cacophonie », avec une « mise en concurrence directe de toutes les visions du monde », qu’elles relèvent « de la science, de la rationalité, de la croyance, de la magie, de la superstition », a-t-il souligné en particulier. Les études ont montré par exemple la tendance que les réseaux sociaux avaient à surpondérer les fausses informations dans leurs algorithmes de recommandation, a-t-il rappelé. En 2019, une étude sur YouTube a montré qu’une requête avec le mot « climat » menait à « plus de 50 % sur une vidéo climatosceptique », a-t-il dit.

Un « asservissement numérique » Gérald Bronner a évoqué huit thématiques de travail pour la commission, à commencer par la façon dont les algorithmes des réseaux sociaux et des grandes plateformes Internet peuvent provoquer un « asservissement numérique », en modelant la conversation au sein de la société. La commission s’intéressera aussi à la façon dont le marché publicitaire tire profit de ces fausses nouvelles, mais aussi aux moyens de développer l’esprit critique, à la liberté éditoriale des médias face à la pression des plateformes, ou encore aux ingérences étrangères, a-t-il indiqué.

La commission est composée de chercheurs comme le sociologue Laurent Cordonier, la spécialiste du cyberespace Frédérick Douzet, l’historien Jean Garrigues, l’anthropologue Rahaf Harfoush, mais aussi des personnalités comme Rudy Reichstadt (directeur de Conspiracy Watch), la professeure des écoles Rose-Marie Farinella, la journaliste Web Aude Favre ou Rachel Kahn, ancienne athlète de haut niveau devenue juriste, actrice et écrivaine. En février 2020, Emmanuel Macron avait prévenu que la Russie « allait continuer à essayer de déstabiliser » les démocraties occidentales en s’ingérant dans leurs élections et en manipulant les réseaux sociaux. « Face à ces attaques, nous avons extrêmement peu d’anti-corps », avait-il ajouté. 

POLITIQUE Présidentielle 2022 : Pourquoi les politiques cèdent-ils à la tentation du complotisme ? SOCIÉTÉ 20 Minutes avec AFP Publié le 29/09/21 à 18h00 — Mis à jour le 29/09/21 à 18h14 Francois Mori/AP/SIPA

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Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy déclaré coupable de financement illégal

JUSTICE - Le tribunal correctionnel de Paris a rendu ce jeudi son jugement dans l'affaire des dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy a été déclaré coupable de financement illégal.

La rédaction de LCI - Publié aujourd’hui à 08h49 Trois mois après les réquisitions du parquet, le tribunal correctionnel a rendu son jugement ce jeudi matin dans l'affaire dite Bygmalion et a déclaré coupable Nicolas Sarkozy de financement illégal. Ce dernier n'était pas présent au tribunal ce jeudi.

Jugé que pour "financement illégal de campagne", l'ancien Président encourait un an d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende. En mai-juin dernier, après cinq semaines d'audience dans ce dossier concernant les dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012 le parquet avait requis à l'encontre de Nicolas Sarkozy un an de prison, dont six mois avec sursis.

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Affaire Bygmalion : six mois de prison ferme requis contre Nicolas Sarkozy Procès Bygmalion : Copé dénonce la "stratégie de défense intenable" de Sarkozy "Show à l'américaine" Pendant la campagne pour sa réélection à la tête de l'Etat en 2012, Nicolas Sarkozy a été un "candidat désinvolte", demandant "un meeting par jour", des "shows à l'américaine" et a laissé filer les dépenses sans s'en préoccuper, avait soutenu le parquet dans son réquisitoire à deux voix. 

Contrairement à ses 13 co-prévenus (anciens cadres de la campagne et de l'UMP - devenue LR - ainsi que de la société Bygmalion, qui a organisé les meetings) Nicolas Sarkozy n'était pas mis en cause pour le système de double facturation imaginé pour masquer l'explosion des dépenses de campagne autorisées. Mais il a "incontestablement" bénéficié de la fraude, disposant de moyens bien supérieurs à ceux que la loi autorisait - au moins 42,8 millions au total, soit près du double du plafond légal à l'époque. 

Nicolas Sarkozy avait lui tout nié en bloc. "Une fable !", s'était-il emporté à la barre. "Elle est où la campagne qui s'emballe ? Elle est où la campagne en or massif ?", avait-il aussi scandé, prenant tout le monde à partie.

"L'argent n'a pas été dans ma campagne" "Il y a eu des fausses factures et des conventions fictives, c'est avéré". Mais "l'argent n'a pas été dans ma campagne, sinon ça se serait vu", avait martelé l'ancien chef de l'État, estimant que Bygmalion - fondé par des très proches de son rival Jean-François Copé - s'était "goinfré" sur sa campagne. Sa défense avait plaidé la relaxe. "Il n'a signé aucun devis, il n'a signé aucune facture, il a accepté toutes les restrictions qu'on lui a demandées. Il est loin d'être un candidat hystérique, insatiable", avait mis en avant son avocate Me Gesche Le Fur.

Contrairement à ses coprévenus présents tous les jours, Nicolas Sarkozy n'était venu à l'audience que pour son interrogatoire. Une façon de se placer "au-dessus de la mêlée" qui avait ulcéré le parquet. La "totale désinvolture" de celui qui "ne regrette visiblement rien" est "à l'image de la désinvolture dans sa campagne", avait lancé la procureure Vanessa Perrée. 

Seuls quatre prévenus ont reconnu partiellement leur responsabilité. Seuls quatre prévenus - trois ex-cadres de Bygmalion et l'ancien directeur de campagne adjoint du président-candidat Jérôme Lavrilleux - ont reconnu, partiellement, leur responsabilité. Contre ce dernier - seul à l'UMP à avoir en partie admis la fraude, notamment dans une surprenante confession télévisée en 2014 - le ministère public avait requis trois ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende. Jérôme Lavrilleux était présent ce jeudi à l'audience pour entendre le jugement. 

Des peines allant de dix-huit mois à quatre ans de prison avec sursis et des amendes allant jusqu'à 150.000 euros ont été requises contre les autres. "Il y a quatorze prévenus et presque autant de versions". La plupart "n'ont rien vu, rien su, rien entendu, ils ont été victimes de manipulations ou ont servi de fusibles", avait moqué dans son réquisitoire le parquet, pour qui leur culpabilité ne "fait aucun doute". 

En mars dernier, Nicolas Sarkozy était devenu le premier ancien président de la Ve République à être condamné à de la prison ferme - trois ans dont un ferme -, pour corruption et trafic d'influence, dans l'affaire dite "des écoutes". Il a fait appel. 

**La rédaction de LCI Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy déclaré coupable de financement illégal CHRISTOPHE Le tribunal correctionnel de Paris a rendu ce jeudi son jugement dans l'affaire des dépenses excessives de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a été déclaré coupable de financement illégal. Condamné à un an de prison ferme, l'ancien Président va faire appel, selon nos informations. / AFP ** 

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«Les colères terrifiantes» de Trump dénoncées par son ex porte-parole

Dans un livre, l’ancienne porte-parole de la Maison Blanche Stephanie Grisham, décrit un Donald Trump caractériel, menteur, dissimulateur et sexiste. Dont les colères n’étaient calmées que par la diffusion de ses chansons préférées. Elle l’a couvert pendant des mois. Elle déballe tout aujourd’hui sur son ex patron Donald Trump qu’elle décrit comme caractériel, menteur, dissimulateur et sexiste.

Dans un ouvrage ironiquement intitulé «I’ll Take Your Questions Now» («Je vais maintenant prendre vos questions»), l’ancienne porte-parole de la Maison Blanche - qui ne s’est jamais pliée à l’exercice quotidien de la conférence de presse avec les journalistes couvrant la Maison Blanche - témoigne des accès de colère «terrifiants» de l’ex-président, qui ne se calmaient qu’en lui diffusant ses chansons préférées, selon des extraits publiés mardi par la presse américaine.

Music Man Porte-parole de la Maison Blanche entre juillet 2019 et avril 2020, Stephanie Grisham qui avait qualifié de «mascarade» l’enquête pour destitution visant son ex-patron, avait ensuite été nommée directrice de cabinet de l’ancienne Première dame Melania Trump. Dans son bouquin elle affirme que pour calmer les accès rageux du milliardaire, qui dispose toujours d’un soutien massif au sein de l’électorat républicain, une personne avait même été désignée à la Maison Blanche pour lui diffuser ses chansons préférées, dont «Memory», extrait de la comédie musicale «Cats», rapporte le New York Times. Cet homme était surnommé «Music Man». L’ancienne porte-parole rapporte aussi que l’ancien président a fait venir dans sa cabine d’Air Force One une employée afin de regarder ses fesses, lit-on dans le Washington Post. 

 Faux dur avec Poutine Le quotidien rapporte un autre passage, sur une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en marge du sommet du G20, il y a deux ans. Selon Stephanie Grisham, l’ancien président américain a dit à son homologue russe, en l’absence des journalistes: «Ok, je vais jouer les durs avec vous quelques minutes. Mais c’est pour les caméras, et une fois qu’ils seront partis, nous parlerons.»

L’ancienne porte-parole, qui a démissionné le 6 janvier 2020 au moment de l’assaut du Capitole, raconte également que l’ancien président a caché au public avoir subi en 2019 une coloscopie. 

Stephanie Grisham décrit par ailleurs, toujours selon les extraits publiés par le Washington Post et le New York Times, une Melania Trump de plus en plus hostile à son mari après des révélations sur sa liaison avec une actrice porno. Selon son ancienne directrice de cabinet, l’ancienne Première dame a demandé après ce scandale à être accompagnée lors de ses apparitions publiques d’un séduisant militaire, pour faire enrager son époux. A propos de son propre rôle au sein d’une Maison Blanche dans laquelle «la malhonnêteté circulait comme si elle était diffusée dans le système de climatisation», Stephanie Grisham se contente d’écrire, selon le New York Times: «J’aurais dû me faire davantage entendre.» Un peu court. Donald Trump

La porte-parole de la Maison Blanche Stephanie Grisham et Donald Trumpv à bord de l'avion Air Force One, le 7 août 2019. (SAUL LOEB/AFP) par LIBERATION et AFP publié le 28 septembre 2021 à 21h04

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