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La Côte d’Ivoire lance un mandat d’arrêt contre le congolo-malien Oumar Diawara condamné à 20 ans de prison et 50 milliards d’amende

Le tribunal correctionnel d’Abidjan a reconnu ce jeudi 2 décembre 2021 l’homme d’affaires congolo-malien, Oumar Diawara coupable des faits de ‘’complicité d’abus de biens sociaux et blanchiments de capitaux’’, au terme d’un procès qui s’est déroulé en l’absence du prévenu.

 En effet, Oumar Diawara était poursuivi devant les juridictions nationales pour des faits de complicité d’abus de biens sociaux et de blanchiment de capitaux portant sur la somme de 15 milliards de francs CFA.

 Cette procédure est consécutive à une plainte de l’Agent Judiciaire du Trésor (AJT) de Côte d’Ivoire, suite à une transaction réalisée en fraude des intérêts de l’Etat de Côte d’Ivoire, à travers la BNI, société d’Etat, et BNI GESTION, société à participation publique majoritaire, avait expliqué le porte-parole parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly; précisant que le prévenu ne s’était jamais présenté devant le juge « se prévalant d’une qualité, celle de diplomate, qu’il n’a pas » .

Ainsi, le tribunal a lourdement condamné Oumar Diawara entre autres à 20 ans de prison ferme, 50 milliards FCFA d’amende, 25 milliards FCFA de dommages et intérêts à payer à l’Etat de Côte d’Ivoire, la confiscation de ses biens, l’interdiction de séjour sur le territoire ivoirien.

 Un mandat d’arrêt a, également, été lancé contre lui.

Le 22 novembre 2021, un incident est survenu à l’aéroport de Bamako (Mali) , avec la tentative de saisie d’un aéronef de la compagnie AIR Côte d’Ivoire par Oumar Diawara , sur le fondement d’une décision de la Cour de Justice de la CEDEAO condamnant l’Etat de Côte d’ivoire à lui payer la somme d’un milliard deux cent cinquante millions de francs CFA en réparation de la violation de ses droits.

Une décision de la Cour de Justice de la CEDEAO que le gouvernement ivoirien estime avoir été « prise en violation de ses droits » et entend user de toutes les voies de droit pour la contester. Source / Rk/ Abidjan.net News

 À Lire aussi

 L’homme d’affaire Oumar Diawara sera jugé le 25 novembre prochain pour des faits de complicité d’abus de biens sociaux et blanchiment de capitaux, apprend KOACI de sources proches du dossier.

Il ressort de nos investigations qu'en 2018, sans la vigilance de l‘agent judiciaire du Trésor, il coulerait des jours tranquilles en Côte d’Ivoire. Avec la complicité de cadres de la BNI, dont deux sont poursuivis, Oumar Diawara, Malien né au Congo et de nationalité malienne, congolaise et guinéenne avait failli réaliser un grand coup, gagner frauduleusement 15 milliards d’actifs (terrains, ndlr) de l’Etat au prix d’un investissement d’1,05 milliard. Les faits

Le 10 Aout 2018, Madame l’Agent judiciaire du Trésor, avait saisi le Doyen des Juges d’Instruction d’une plainte avec constitution de partie civile contre le sieur Diawara Oumar, gérant de la Société Ivoirienne des Dépôts (SIDD) pour des faits de complicité d’abus de biens sociaux et blanchiment de capitaux.

Au soutien de sa plainte, l’Agent Judiciaire du Trésor avait expliqué que la BNI-Gestion, est une société à participation financière publique majoritaire (65 % de son capital social) ayant pour objet la gestion d’Organisme de Placement Commun en valeur Mobilière (OPCVM) et dirigée à l’époque des faits de la cause par Madame Fatoumata Konaré.

Conformément à son objet, la BNI-Gestion avait mis sur le marché deux produits dénommés FCP Capital Croissance et FCP Dynamic Savings auxquels avait souscrit largement le public. Dans le cadre de son fonctionnement, cette entité financière, avec les fonds en provenance de ces Fonds Communs de Placement (FCP), avait acquis dans le courant de l’année 2016, par différents actes notariés de multiples terrains non bâtis dans les communes d’Assinie, Cocody et Bingerville pour un montant de treize milliards quatre cent cinquante-huit millions quatre-vingt-quinze mille cinq cent quatre-vingt-neuf (13.458.095.589) de francs CFA. Poursuivant, nous apprenons que la plaignante avait indiqué que suite à ces différentes acquisitions faites par cette structure financière, le Conseil Régional de l’Epargne Publique (CREPMF), l’autorité de régulation du marché financier de la zone UEMOA, avait fait injonction à la BNI Gestion d’avoir à cesser toute opération immobilière car n’étant pas autorisée à gérer des actifs immobiliers conformément à la règlementation bancaire en vigueur.

Pour se conformer à cette injonction du régulateur, la BNI Gestion avait alors choisi de céder tous ses terrains non bâtis à la somme de quinze milliards (15.000.000.000) de francs CFA à la société PERL INVEST SASU.

La plaignante avait précisé que la BNI Gestion était l’associée unique et détenait 100% du capital social de PERL INVEST SASU et les dirigeants étaient les mêmes que ceux de BNI Gestion.

Elle avait ajouté que pour pallier ce déficit causé aux deux Fonds Communs de Placement (FCP), la société PERL INVEST SASU avait sollicité et obtenu un prêt de quinze milliards (15.000.000.000) de francs CFA auprès de la BGFI Bank CI, avec comme garantie le compte principal de la BNI Gestion et les deux sous comptes des Fonds Communs de Placement (FCP), signée par Madame le Directeur Général de la BNI Gestion, sans autorisation préalable du Conseil d’Administration.

L’Autorité de régulation le CREPMF avait elle, dénoncé cette cession, motifs pris de ce que la BNI Gestion étant l’associé unique de la société PERL INVEST SASU, exerçait indirectement la gestion non autorisée d’actif et l’a sommé d’y mette fin. Pour se conformer à cette nouvelle injonction, le 18 Juillet 2017, la BNI Gestion avait cédé la totalité des actions et des actifs immobiliers de PERL INVEST SASU à la Société Ivoirienne de Dépôt de Douane SIDD, société à responsabilité unipersonnelle, avec pour gérant le Nommé Diawara Oumar, à la somme d’un milliard cinquante-neuf millions (1.059.000.000) de francs CFA.

Il ressort de notre enquête, que l’Agent Judiciaire du Trésor avait révélé que sans informer le conseil d’administration, Madame Fatoumata Konaré en même temps qu’elle signait l’acte de cession de la société PERL INVEST avec le transfert de ses passifs et actifs, a procédé également à la signature au profit de la BGFI Bank CI, d’une autorisation de remboursement permettant à celle-ci de se faire rembourser la dette de 15 milliards (15.000.000.000) de francs CFA de la société PERL INVEST par le débit des comptes de Fonds Communs de Placement de la BNI Gestion.

L’Agent Judiciaire du Trésor avait précisé que suite à la cession de PERL INVEST SASU à la SIDD, la BGFI Bank CI a débité effectivement les comptes donnés en garantie de la somme de quatorze milliards quatre cent quatre-vingt-cinq millions trente-trois mille cinq cent cinquante-et-un (14.485.033.551) francs CFA pour se rembourser le prêt consenti à PERL INVEST SASU.

L’Agent Judiciaire du Trésor avait soutenu par ailleurs, que selon ses investigations, les fonds des FCP n’avaient pas été utilisées entièrement à l’achat des terrains comme convenu. Enfin, l’Agent Judiciaire du Trésor a déclaré que Madame Konaré épouse Sakandé Cissé, parmi les deux cadres de la BNI poursuivis, ayant cédé PERL INVEST au prix d’un milliard cinquante-neuf millions (1.059.000.000) de francs CFA alors qu’elle savait que PERL INVEST SASU avait un patrimoine immobilier acquis à quinze milliards (15.000.000.000) de francs CFA, a abusé des biens de la société BNI Gestion.

Selon la plaignante, ce montage financier et ces différentes cessions immobilières ont été effectuées en fraude des intérêts de BNI Gestion. Une information judiciaire était ouverte à l’encontre de Diawara Oumar et autres pour les faits de présomptions graves de complicité d’abus de biens sociaux et de blanchiment de capitaux.

Plusieurs fois convoqué, il avait refusé de comparaitre sous couvert d’être un diplomate avant de s’enfuir. Après investigations, les enquêteurs découvriront qu’à défaut de son épouse, Oumar Diawara n’a jamais été diplomate. Il s'est toujours présenté comme commerçant ou directeur de société, comme en attestent plusieurs documents consultés lors de notre enquête.=

Oumar Diawara jouira néanmoins de l'aide de la représentante de l'Union Africaine en Côte d'Ivoire, la congolaise Joséphine-Charlotte Mayuma Kala, qui n'hésitera pas à s'ingérer dans ce dossier, comme l'attestent des documents consultés. Enfin, à titre conservatoire, le magistrat instructeur prenait le 05 décembre 2018, une ordonnance portant interdiction de toutes transactions immobilières sur les parcelles litigieuses à la requête de l’État de Côte d’Ivoire, représenté par l’Agent Judiciaire du Trésor (AJT).

Une bien sale affaire qui sera donc jugée jeudi à Abidjan. Source Amy Touré  KOACI.COM

À Lire aussi

Affaire Oumar Diawara VS BNI Gestion: la Côte d’Ivoire fait fi de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO

L’homme d’affaire congolo-malien Oumar Diawara a remporté, le 22 octobre dernier, une bataille judiciaire inédite contre l’Etat de Côte d’Ivoire dans l’affaire qui l’oppose à la BNI Gestion. La plus haute instance judiciaire de la zone CEDEAO lui a donné raison. La cour basée à Abuja condamne la Côte d’Ivoire à payer les dommages et intérêts fixés à un milliard deux cent cinquante millions de Franc CFA (1 250 millions FCFA) en sus d’une restitution des terres dont la valeur est fixée à vingt milliards de francs Cfa.

Genèse d’un imbroglio: quand BNI Gestion a cédé Perl Invest Pour comprendre l’affaire, un bref retour en arrière est nécessaire. En dates du 12 décembre 2016 et du 6 Juin 2017, le régulateur du marché financier (CREPMF) de l’UEMOA a adressé des injonctions à BNI Gestion l’invitant à céder l’ensemble de son actif immobilier détenu par le biais de sa filiale Perl Invest au motif que cela ne répondait pas à l’agrément de gestion qui lui a été accordé.

En exécution de ces injonctions, le Conseil d’Administration de BNI Gestion a décidé de céder ladite filiale. C’est dans ce cadre que la société SIDD dont Oumar Diawara est le patron s’est portée acquéreur de Perl Invest par acte de cession en date du 18 Juillet 2017. Selon le rapport du cabinet d’expertise comptable Excelsior, au moment de sa cession, la société Perl Invest détenait un patrimoine immobilier estimé à 16 milliards de Francs Cfa et une dette de 15 milliards de Francs Cfa dans les livres de BGFI Bank Abidjan. 

En conformité avec le rapport de ce cabinet d’expertise comptable, l’homme d’affaire Oumar Diawara a à cet effet procédé à l’opération de l’acquisition de la société Perl Invest en déboursant la somme de 2 472 535 103 de Francs Cfa repartie comme suit : 1 059 000 000 (un milliard cinquante-neuf millions de francs CFA) payés cash; 1 413 535 103 FCFA (un milliard quatre cent treize millions cinq cent trente-cinq mille cent trois francs CFA) par compensation des fonds payés à BNI Gestion par les souscripteurs des programmes immobiliers.

A la suite de cette acquisition, Oumar Diawara a adressé deux courriers à la BGFI Bank pour discuter des modalités de remboursement de la dette de la société Perl Invest dans ses livres. Malheureusement, les deux courriers sont restés sans suite. Ce n’est qu’à postériori que l’homme d’affaire a été informé par BNI Gestion que Madame Sakandé Cissé Fatoumata, son ex Directrice Générale, licenciée pour abus de biens sociaux et contre qui une plainte au pénal a été portée, avait, le jour même de la cession de Perl Invest, donné autorisation écrite à BGFI Bank pour se faire rembourser sa créance détenue sur Perl Invest par l’utilisation des avoirs de BNI Gestion domiciliés dans ses livres.

Par ailleurs, BNI Gestion a saisi le Tribunal de Commerce pour voir BGFI Bank être condamnée à rétrocéder ses avoirs utilisés pour le remboursement de la dette de Perl Invest. 

C’est ainsi que le 28 décembre 2017, par un courrier, Oumar Diawara saisit la BNI Gestion pour proposer de lui rétrocéder les terres qui ne faisaient pas l’objet d’investissement et de faire le point sur la balance des dettes. Cette énième tentative est restée infructueuse.

Après avoir épuisé toutes les voies administratives, l’homme d’affaire congolo-malien a décidé de déposer une plainte avec constitution de partie civile contre BNI Gestion et Madame Sakande Cissé Fatoumata (Directrice générale de la BNI) pour escroquerie, car la superficie réelle des terres du patrimoine immobilier de Perl Invest était largement en deçà de la superficie indiquée lors de l’acquisition.

Envoyée au Gnouf, la DG de BNI Gestion libérée contre caution. Puis grosse surprise Les différentes plaintes de Oumar Diawara ont eu pour conséquence l’emprisonnement de la directrice générale de la BNI Gestion pour une durée de trois semaines avant que des interventions de tierces personnes ne permettent son élargissement contre paiement d’une caution de 100 millions de FCFA et la levée de son interdiction de sortie du territoire pour une affaire dont le préjudice est estimé à 8 milliards FCFA. C’est dans ce contexte pour le moins rocambolesque que le juge du 9 éme cabinet d’instruction auprès de qui l’affaire avait été confiée a commandité une expertise immobilière qui a conduit à la production d’un rapport de constat sans équivoque sur la superficie réelle des terres. Mais, au plus grand étonnement des conseils de l’homme d’affaire Oumar Diawara, le dossier pénal suivi contre Madame Sakandé Cissé Fatoumata (Directrice de la BNI ) a disparu du 9 éme Cabinet pour se retrouver au 5ème Cabinet sans que les avocats de Monsieur Oumar Diawara ne soient informés. 

Selon les informations, l’actuel ministre des finances de la Côte d’ivoire, Adama Coulibaly, qui fut administrateur à la BNI, n’a menagé aucun effort pour bloquer cette affaire pendante devant la justice. Parallèlement à la procédure engagée par Oumar Diawara, une plainte contre l’argentier a été déposée courant août 2018 par l’Agent Judiciaire du Trésor, la nommée Kadiatou Ly avec constitution de partie civile, pour complicité d’abus de biens sociaux et blanchiment de capitaux. Puis c’est la surprise. 

Comment en une nuit, passer du statut privé au public Par un mystère connu d’elle seule, Madame Kadiatou Ly a tenté d’attribuer à Perl Invest un statut de société à participation financière publique.

 C’est dans cette confusion et sans même auditionner une des parties, en l’occurrence Monsieur Oumar Diawara, que la juge du 5ème Cabinet d’instruction a procédé à la saisie des terrains appartenant à Perl Invest, le 17 décembre 2018, en violation de toutes les procédures, estime le conseil de l’homme d’affaires. Lequel a fait appel de l’ensemble des ordonnances émises par le juge d’instruction du cabinet.

19 mois d’obstruction plus tard Durant plus de 19 mois en appel, la juge d’instruction du 5 ème cabinet en charge de l’affaire a manifestement fait obstruction de transmettre le dossier au second degré afin que les juges d’appel puissent statuer. C’est face à cet état de faits que le conseil de l’homme d’affaire Oumar Diawara a fini par saisir la Cour de Cassation pour demander le dessaisissement du juge du 5 ème Cabinet en la personne de Madame Blanche Abanet Esso. Suite à la requête du conseil de l’homme d’affaire Oumar Diawara, la Cour de Cassation a donné droit à cette requête par décision rendue le 27 Octobre 2020. Dans l’intervalle, le 20 Octobre 2020, BNI Gestion a définitivement remporté son procès contre BGFI Bank qui s’est vue condamner à lui rembourser les fonds (FCFA 14,4 milliards ) indument utilisés pour l’apurement de la dette de Perl Invest. Ainsi, après le dessaisissement du juge du 5ème Cabinet par la cour de cassation, Madame blanche Abanet Esso aurait, selon nos sources, usé de son influence auprès du Ministre de la justice Sassan Kambilé qui aurait exercé une pression sur les juges de la Cour de Cassation afin que cette haute institution puisse par conséquent annuler sa décision de dessaisissement du juge du 5eme cabinet.

La médiation avortée du ministre des Finances de l’époque Face à la tournure des événements, le Ministère de l’Économie et des Finances de l’époque, Adama Koné, avait proposé sa médiation et un accord avait même été trouvé avant que BNI Gestion ne fasse volte-face et ne refuse de signer le protocole d’accord validé par toutes les parties. Ainsi cette tentative de règlement à l’amiable initiée par le ministre des Finances a échoué, laissant la place à un acharnement judiciaire contre l’homme d’affaire Oumar Diawara à travers l’Agent Judiciaire du Trésor en charge de la défense des intérêts de l’Etat, en complicité avec la juge d’instruction du 5ème Cabinet, Mme Abanet Esso Blanche. Cette magistrate avait pourtant été dessaisie du dossier par la Cour de Cassation qui l’avait sanctionnée et réaffectée du fait des nombreuses irrégularités dont elle s’était rendue coupable dans l’instruction de l’affaire. Mais en dépit de cette sanction, elle avait été néanmoins autorisée par la Présidente de cette même instance de cassation à garder son dossier.

Le recours à la justice communautaire Au terme de quatre années de batailles judiciaires et après avoir épuisé toutes les voies de recours ordinaires et extraordinaires, l’homme d’affaire Oumar Diawara s’ est finalement résolu à saisir la cour de justice de la communauté qui a tranché, le 22 octobre 2021 dernier.

Les juges indépendants de cette juridiction ont annulé tous les actes judiciaires délivrés par la justice de l’Etat de Côte d’Ivoire contre l’opérateur économique congolo-malien. L’affaire Oumar Diawara vs BNI Gestion s’est donc soldée par la condamnation de l’Etat ivoirien par la Cour de justice de la CEDEAO, au paiement de la somme de « un milliard deux cent cinquante millions (1. 250. 000.000) de francs CFA en réparation de la violation des droits du requérant », plus un franc symbolique pour le préjudice moral. ==== Les fausses déclarations à l’actif et au passif de Perl Invest, faites sur des surfaces fictives, des biens immobiliers et le détournement de plusieurs milliards dont se sont rendus coupables les administrateurs de la Banque Nationale Ivoirienne, à travers leur filiale BNI Gestion, ont été mises à nu par la justice communautaire. L’affaire fait ressortir nettement l’implication de hauts responsables de l’Etat ivoirien, en l’occurrence l’Agent Judiciaire du Trésor et les magistrats, dont la Présidente de la Cour de Cassation ainsi que la magistrate en charge du dossier au 5ème cabinet qui aux dernières nouvelles a été nommée au 11 éme cabinet.

 La BNI Gestion est une entreprise privée que les magistrats ivoiriens, en violation du traité de l’OHADA, ont voulu faire passer pour une entreprise publique sans le moindre début de preuve. L’arrêt de la Cour de la CEDEAO met en évidence le spectaculaire revirement de la présidente de la Cour de Cassation de Côte d’Ivoire, qui avait pris un arrêt contre la juge du 5ème cabinet avec «pour conséquence de lui retirer tous ses pouvoirs sur les affaires de la 5ème chambre d’où elle a été transférée et de les confier au nouveau juge qui lui succède». Néanmoins, la juge en question a gardé le dossier par devers elle et continué à instruire l’affaire.

 Pour la Cour de la CEDEAO, le fait qu’elle ait continué à retenir le dossier après l’ordre de transfert jetait un doute légitime sur sa partialité.

La Cour de la CEDEAO estime donc que les actes de la juge de la 5ème chambre, Madame Blanche Ananet Esso , constituent des atteintes graves au droit de l’homme d’affaires Oumar Diawara à un procès équitable. Le constat des juges de la cour de justice de la CEDEAO est clair : «sur la base des faits qui lui sont présentés, la Cour constate que la procédure conduisant à l’extinction des droits du requérant sur le bien est illégale, car elle n’est pas conforme à la loi et qu’elle a violé le droit à un procès équitable… ».

La Cour de Justice de la CEDEAO conclut donc que «l a violation du principe du procès équitable, dans le cadre d’un tribunal, d’une procédure ou d’une décision rend les décisions qui peuvent en découler nulles et non avenues et sans effet».

 Dans leur épilogue, les juges de la CEDEAO arguent que l’opérateur économique Oumar Diawara avait fourni des preuves irréfutables de ses droits de propriété sur Perl Invest et qu’il avait donc légalement acquis la société.

Dernière minute …

Au moment où nous mettions sous presse, une information de dernière minute fait état du renvoi du dossier suscité en jugement pénal mais l’audience, fixée initialement le 11 novembre, a été renvoyée au 25 novembre, le conseil de monsieur Diawara évoquant le fait qu’il ne pouvait pas assister à une audience pour laquelle il n’avait pas été informé. Pour les avocats de l’homme d’affaire, c’est une guerre de clochers qui commence après le revers d’Abuja. Les avocats comptent désormais lancer les procédures de saisies du patrimoine de la Côte d’Ivoire à l’étranger au cas où le pays refuserait d’exécuter la décision rendue par la cour de justice de la CEDEAO dont il est membre.

Source https://www.financialafrik.com Par Rodrigue Fenelon Massala, grand reporter.

Côte d’Ivoire, Ghana : réveillez-vous ! La Chine exporte du cacao vers la Belgique

Premiers fournisseurs mondiaux, les exportateurs africains de cacao ne touchent que 5 % des revenus de l’industrie du chocolat, sur un total annuel mondial de 130 milliards de dollars. Ils doivent maintenant faire face à l’arrivée de la Chine sur le marché.

 Agroalimentaire : le défi de la transformation Côte d’Ivoire, Congo, Tchad : les sucriers, Somdiaa en tête, repassent à l’offensive Sucre : comment la Côte d’Ivoire veut devenir autosuffisante en cinq ans En 2013, Mondelez, la société mère de Cadbury Australia, avait annoncé qu’elle allait investir 59 millions de dollars dans des essais de culture de cacaotiers le long de son usine de Hobart, en Tasmanie, au nord de l’Australie. Le but était d’augmenter la production annuelle de fèves.

Cela aurait dû être un premier signal d’alarme pour les producteurs africains. C’est désormais la Chine qui se lance dans la production de cacao, avec des projets expérimentaux qui ont déjà permis l’exportation de fèves vers la Belgique.

L’Afrique subsaharienne fournit aujourd’hui 86 % de la production mondiale de fèves de cacao, les 14 % restants étant apportés par le Brésil (12 %) et Trinidad-et-Tobago (2 %), mais elle ne touche que 5,35 % des revenus générés par l’ensemble de l’industrie (de la fève brute aux tablettes de chocolat).

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 Pourquoi ? Pour certains, cela tient au fait que l’Afrique consomme elle-même peu de ses produits dérivés, avec seulement 1 % de la consommation mondiale.

 D’autres estiment que l’Afrique, contrairement à l’Europe, n’a pas encore la capacité technique de construire des modèles intégrés pour transformer la matière première en produits finis et gérer la chaîne d’approvisionnement.

D’aucuns mettent en avant le manque d’investisseurs industriels, dû à des conditions d’emprunt difficiles (taux trop élevés, garanties exigées trop strictes), d’une préférence pour la liquidité et plus globalement d’un manque de confiance dans l’économie.

Une vision trop réduite des choses Ces trois arguments sont tout à fait recevables. Mais si nous ne parvenons pas à capter plus de la valeur de la chaîne d’approvisionnement c’est parce que nos petits exploitants agricoles, nos coopératives, nos organismes de réglementation et les gouvernements en place ne voient pas assez grand.

Ils laissent l’ensemble de l’industrie locale planter les fèves, les récolter et les vendre à des courtiers internationaux à des prix inférieurs à ceux acceptés sur les marchés internationaux des matières premières.

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La chaîne de valeur est donc biaisée, au détriment des pays qui dépendent de la production primaire. En effet, l’agriculture comprend quatre socles : la production primaire, le stockage, la transformation et la distribution, mais ces différents niveaux ne sont pas rémunérés de la même manière. Plus on avance dans la chaîne d’approvisionnement, plus on gagne.

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Menace chinoise C’est dans ce contexte inquiétant qu’il faut placer l’arrivée de la Chine sur le marché du cacao. L’Académie chinoise des sciences agricoles tropicales (CATAS) a travaillé à la culture du cacao dans la province de Haina et a récemment exporté 500 kg de fèves de cacao vers la Belgique, pour une valeur dérisoire de 3 044 euros (pour l’instant).

NOUS DEVONS CHANGER AU PLUS VITE LA FAÇON DONT NOUS PRODUISONS LE CACAO

Alors que le Cocobod du Ghana (l’organisme paraétatique qui organise la production de cacao du pays) a assuré que cette exportation chinoise n’avait rien d’inquiétant, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs agricoles du Ghana, Edward Kareweh, s’est montré lui beaucoup plus préoccupé. « Nous devons changer au plus vite la façon dont nous produisons le cacao dans ce pays. Nous utilisons des pioches et des couteaux dans nos exploitations depuis plus de 100 ans », a-t-il déclaré.

La Chine a compris qu’elle pouvait tirer parti de la fragilité du modèle africain en produisant suffisamment de fèves pour le vendre à l’Europe, dans le but de réduire sa balance commerciale due à l’importation de chocolat.

Elle songe même à développer ses propres industries pour fabriquer des barres de chocolat et d’autres produits dérivés qui serviront à nourrir 1,4 milliard de Chinois. La fève de cacao est riche, et peut être utilisée dans les barres de chocolat donc, mais aussi dans les préparations pour gâteaux, les aliments pour le petit-déjeuner, les boissons, la crème glacée.

Des solutions malgré tout Pour tenter de s’emparer d’une plus grande partie de la chaîne de valeur le Ghana et la Côte d’Ivoire ont créé un « Chocopec », avec un prix plancher en dessous duquel les agriculteurs ne peuvent pas vendre leurs matières premières.

Mais la décision du Cocobod au Ghana et du gouvernement ivoirien de fixer un prix plancher pour la fève est en réalité contre-productive. Car si l’Afrique subsaharienne contrôle 86 % de la chaîne d’approvisionnement mondiale en intrants primaires, elle ne contrôle pas la division « achat » des produits dérivés, ni les sections secondaire (autrement dit la fabrication) et tertiaire (la logistique et la distribution) de la chaîne de valeur ajoutée.

La réponse se situe en partie dans l’intégration en amont, c’est-à-dire par la substitution des importations.

 Certains pays comme la Côte d’Ivoire ont déjà entamé ce processus. Mais la plupart des additifs primaires nécessaires à la transformation du beurre de cacao en chocolat, comme le lait et le sucre, sont encore importés d’Europe.

 Cacao Cacao © Flickr/Licence CC

Pour que la Côte d’Ivoire puisse tirer pleinement profit de sa production primaire de fèves de cacao, elle doit en outre trouver des marchés dans son pays et sur le continent, car elle ne peut pas construire une chaîne d’approvisionnement sans acheteurs.

 Une solution envisageable serait de veiller à ce que le Nigeria développe son plan national de transformation de l’élevage (NLTP) dans le cadre de son programme de développement laitier. Cela lui permettrait de fournir à ses voisins les matières premières et les additifs nécessaires à la transformation du cacao, sans avoir à aller les chercher en Amérique du Sud.

 Autre possibilité, la construction au Ghana de fermes d’élevage entièrement mécanisées pour la production de lait, ou encore la mise en place de modèles verticalement intégrés pour pouvoir transformer la canne à sucre.

À LIRE Côte d’Ivoire-Ghana : bras de fer entre « l’Opep du cacao » et les négociants Ces projets doivent être débattus au niveau régional, par exemple lors des sommets économiques organisés par les dirigeants politiques du continent.

L’Institut de recherche sur le cacao du Ghana (CRIG) a de son côté produit des échantillons de produits issus de ses recherches sur les utilisations futures du cacao. Les usages futurs sont nombreux : cosmétiques, produits de toilette, engrais, boissons, biocarburants etc. La commercialisation des résultats de cette étude pourrait être très intéressante, à condition toutefois de trouver un financement privé.

Read this article in english on The Africa Report logo Repenser le modèle de financement Or les projets qui émergent ont en effet souvent du mal à se financer.

Aujourd’hui les entrepreneurs ne peuvent pas obtenir un prêt sans fournir aux banques des actifs physiques en garantie car il n’existe pas de système conçu pour analyser la solvabilité des emprunteurs. Autrement dit, il est impossible d’avoir accès au capital de long terme avec des garanties moins exigeantes.

Le cas d’Edmond Poky l’illustre bien. Cet homme d’affaires ghanéen, qui a obtenu un MBA à Columbia, a décidé de quitter son emploi chez Goldman Sachs pour créer son entreprise. Mais au moment du lancement de son projet, il n’a pu lever au Ghana que 2 millions de dollars sur les 40 qu’il espérait obtenir et a finalement dû se financer sur les marchés américains. Son entreprise, Niche Cocoa Processing Limited, a engrangé l’an dernier 120 millions de dollars de revenu.

 À LIRE Le renouveau attendu des banques agricoles en Afrique

 Seul un fonds d’investissement dédié aux entreprises aux entreprises ayant des modèles commerciaux et financiers bancables de transformer la fève de cacao en produits finis permettrait de lever ces obstacles au financement.

Les gouvernements, en partenariat avec la Banque africaine de développement, la Banque africaine d’import-export (Afrexim) et la Société financière africaine, ainsi que les banques de dépôt, doivent s’unir pour fournir des capitaux « patients », au coût raisonnable aux entrepreneurs ayant des projets intéressants.

 Comme le dit un célèbre proverbe chinois : « Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans, le deuxième meilleur moment est maintenant ». C’est aujourd’hui l’occasion pour le continent africain de récupérer sa part du gâteau.

source  https://www.jeuneafrique.com/1219115/economie/cote-divoire-ghana-reveillez-vous-la-chine-exporte-du-cacao-vers-la-belgique/

Mis à jour le 9 octobre 2021 à 10:24 Kelvin Ayebaefie Emmanuel Par Kelvin Ayebaefie Emmanuel

Kelvin Ayebaefie Emmanuel est le co-fondateur et le DG de Dairy Hills Séchage des fèves de cacao au Ghana © Nyani QUARMYNE/PANOS-REA

Par Venance Konan (Le temps des réformes)"Ma conviction est que le jour où nous libèrerons nos femmes et nos paysans du pilon, de la machette et de la daba, nous ferons un grand bond en avant.

Dans une récente chronique, j’avais parlé de la nécessité pour nous de changer de logiciel si nous voulions sortir de notre situation de pays sous-développé cherchant à émerger. Permettez-moi de continuer de partager avec vous mes réflexions sur le sujet. A mon avis, dans le même mouvement de changement de logiciel, qui consiste surtout à inculquer le goût du travail et de l’effort à nos populations, nous devrions procéder à deux importantes réformes. Celles de l’école et de l’agriculture. 

L’école, telle que nous la connaissons, nous est arrivée avec la colonisation. Son objectif premier était de faire de nous de bons agents subalternes au service des maîtres blancs. A cette époque l’idée ne traversait la tête de personne que nous pourrions un jour avoir la responsabilité de nos pays. On nous a donc plaqué l’enseignement tel qu’il était fait en France, pour nous pays colonisés par la France, étant entendu que nous ne pourrions pas dépasser un certain niveau. Au Congo dit belge d’avant l’indépendance, il n’était pas question pour un Africain d’entrer à l’université et le lycée était réservé à une petite élite.

Dans un pays comme la Côte d’Ivoire l’université est venue après l’indépendance. Houphouët-Boigny avait dû payer de sa poche pour envoyer des jeunes Ivoiriens étudier en France en 1946. Ainsi donc, pour prendre quelques exemples, au niveau des langues, nous étudions l’anglais, l’espagnol et l’Allemand, et nos enfants prennent leurs grandes vacances aux mois de juin, juillet et août. Pourquoi ? Parce que c’est le système en France. Les trois langues citées sont enseignées aux petits Français parce que ce sont les langues des pays voisins de la France. Et les mois de grandes vacances correspondent aux mois de l’été. 

Pendant longtemps la majorité de nos enseignants furent des Français pour qui les mois de vacances d’été étaient sacrés.

L’étude de ces langues-là correspond-elle à nos besoins d’aujourd’hui ?

Avons-nous besoin, nous, de prendre des vacances à la même période qu’en France ?

Quand nous autres étions à l’école primaire, l’histoire que l’on nous enseignait était essentiellement celle de la France. Enseigne-t-on aujourd’hui l’histoire de notre pays ou de notre continent à nos enfants ? 

A mon avis, nous devrions nous asseoir et réfléchir sérieusement à l’enseignement que nous devrions donner à nos enfants, en tenant compte de nos réalités et de nos besoins. Aujourd’hui dans une grande partie de l’Afrique, nos femmes passent des heures et des heures à piler le riz, le mil, le foutou, le maïs...

Nos paysans ont pour uniques outils de travail la machette et la daba. Ma conviction est que le jour où nous libèrerons nos femmes et nos paysans du pilon, de la machette et de la daba, nous ferons un grand bond en avant. Et je me demande s’il est vraiment impossible aux ingénieurs que nous formons à grands frais de trouver des machines peu coûteuses qui permettraient cette libération.

Pourquoi la femme africaine doit-elle se muscler tous les jours les bras pour faire à manger à sa famille ?

Pourquoi le paysan africain est-il le seul au monde à ne pas utiliser de machine ?

Sans doute parce que les Africains attendent que ce soit les autres qui répondent à ces questions. Or elles ne sont plus celles des autres peuples qui ont d’autres problèmes propres à eux à résoudre. Notre école doit d’abord servir à nous aider à trouver des réponses à nos problèmes. Réfléchissons à tout cela, calmement, tranquillement. Et dans le même élan, nous pourrions aussi réfléchir à notre agriculture. Tout comme l’école, l’agriculture que nous pratiquons n’a pas été conçue pour répondre à nos besoins, mais plutôt à ceux de ce que l’on appelait la métropole. Chaque pays colonisé a été spécialisé dans certaines cultures en fonction de son climat et de son sol, mais uniquement pour répondre aux besoins du colonisateur. C’est ainsi donc que nous consommons très peu de ce que nous produisons, tandis que nous sommes obligés d’importer pratiquement tout ce que nous consommons. Nous consommons par exemple du pain de blé, et pourtant nous ne produisons pas un seul épi de blé. Par contre nous consommons très peu de cacao, de café, d’anacarde, d’hévéa.

Houphouët-Boigny disait qu’un homme qui a faim n’est pas un homme libre. On peut dire la même chose d’un pays. Un pays qui n’arrive pas à se nourrir n’est pas un pays libre. Nous n’avons aucun mot à dire sur les prix de ce que nous produisons et ce que nous consommons.

Parfois, lorsque l’on veut faire tomber un régime, on s’arrange simplement à ce que le prix du pain augmente. N’oublions pas que les grands pays industriels sont avant tout des pays agricoles qui produisent d’abord ce qui leur permet de se nourrir. L’Inde et la Chine qui ont plus d’un milliard d’habitants chacun arrivent à les nourrir et à exporter même de la nourriture vers l’Afrique dont on dit pourtant qu’elle a les dernières terres arables. N’oublions pas non plus que le souci premier des pays qui consomment ce que nous produisons est de les avoir aux prix les plus bas. Et le mécanisme est tout simple. Il suffit d’augmenter l’offre. C’est ainsi que lorsque les prix du cacao avaient commencé à flamber à une certaine époque, on a incité les pays asiatiques à produire aussi du cacao, ce qui a fait chuter les prix.

Et un pays comme le nôtre en a énormément souffert. Il en a été de même pour l’hévéa. Il fut un moment où dans ce pays, tout le monde chercha à faire de l’hévéa. Certains paysans détruisirent leurs plantations de cacao ou de café pour faire de l’hévéa à la place. Et lorsque leurs plantations entrèrent en production, les prix s’effondrèrent. Parce qu’il y avait trop d’offres. Et les consommateurs se frottèrent les mains.

Un pays comme la Côte d’Ivoire a largement les moyens de produire de quoi nourrir toute l’Afrique de l’ouest en riz, banane ou mil, sans forcément cesser de produire du cacao ou de l’anacarde. Réfléchissons-y.

Venance Konan

Dans une interview accordée à RFI et France 24, le colonel Mamady Doumbouya, président de la République de Guinée, explique les raisons qui l’ont poussé à faire le putsch du 05 septembre 2021.

 

"Ma vie entière je la donnerai à ce peuple-là, qui mérite ça. Et si on a décidé le 5 septembre d’aller à la mort, c’est parce qu’on avait vu l’état de notre pays.

RFI · [vidéo] Mamadi Doumbouya, le président de la transition de Guinée, accorde son premier entretien post-coup d’Etat à un média international. Il revient notamment sur les récentes sanctions de la CEDEAO et sur le sort de son prédécesseur Alpha Condé...

Selon les dires du soldat, il y avait depuis plusieurs années des « dysfonctionnements dans (les institutions du pays), des dysfonctionnements liés souvent à la tension sociopolitique et les guinéens ne se regardaient plus comme des frères. Ils se regardaient comme des adversaires politiques ». A cela s’est ajoutée la gabegie financière, selon ses dires. 

C’est ce cocktail qui a poussé Mamady Doumbouya et ses hommes à « prendre leurs responsabilités ». Une responsabilité qui du point de vue du soldat est grande, parce qu’il est important que les guinéens « commencent par s’aimer ». Ce qui n’était plus le cas d’après lui. Quand on lui oppose sa redevabilité à l’ancien chef de l’Etat, pour l’avoir nommé à la tête des forces spéciales guinéennes, il explique que sa mission n’était pas de servir un homme mais la République. « La loyauté entre le pays et un homme, le choix est vite fait. J’étais venu servir la République de Guinée » , a-t-il clairement fait savoir. De plus, ce n’est pas Alpha Condé qui l’a fait revenir au pays.

« Ça fait plus de 10 ans que j’ai décidé de laisser l’occident pour venir servir mon pays. J’ai décidé tout seul de venir en Guinée » a-t-il déclaré, écartant toute proximité avec Alpha Condé qu’il dit n’avoir vu que deux fois. En ce qui concerne le sort de ce dernier, en résidence surveillée depuis le putsch, il pense qu’on devrait laisser la justice faire son travail. « Je suis président de la transition et non ministre de la justice. La justice guinéenne aura toute son indépendance, tout mon accompagnement pour que ce peuple assoiffé de justice puisse vraiment se retrouver » a t-il déclaré. 

En ce qui concerne la durée de la transition, il pense que c’est au Conseil national de transition (Cnt) de le décider. Un conseil qui d’après lui renferme toutes les composantes de la société guinéenne. Voici les morceaux choisis de cet entretien à coeur ouvert avec notre confrère Alain Foka. 

« J’ai décidé que les guinéens puissent prendre leur destin en main…

Il faut qu’on soit en cohérence avec ce qu’on dit. Nous avons dit qu’on donne le pouvoir au peuple de Guinée, parce que nous voulons mettre en place un système qui pourra résister aux tentations des hommes. Et pour se faire, nous laisserons au peuple de Guinée où le CNT aura toutes les composantes…

Le Conseil national de la transition. Il y aura toutes les composantes de la nation qui seront représentées au CNT. Le CNT pour nous est l’organe législatif qui pourra décider du chronogramme, c’est-à-dire faire le point, le diagnostic, à savoir les problèmes qu’on a, et comment trouver des remèdes à ces problèmes-là… parce que les problèmes sont connus, c’est la personnalisation de la chose publique. Nous êtres humains nous allons tous disparaître, mais c’est le système qui restera, c’est le pays qui va rester. D’où le CNT a pour mission de réécrire le texte, c’est-à-dire la Constitution. Une nouvelle Constitution, ça ne se sera plus une Constitution copiée-collée du pays. Nous allons mettre à plat tous nos problèmes et réécrire une Constitution adaptée aux problèmes de la Guinée pour trouver toutes les solutions nécessaires pour l’émergence de notre pays. ===== Je pense que j’ai été clair, et je vais l’être aujourd’hui encore avec vous : ni moi ni aucun membre de cette transition ne sera candidat à quoi que ce soit. Nous allons mener la transition à bon port avec tous les Guinéens.

Nous allons partir de la base au sommet par les communales, après les législatives, la présidentielle pour permettre au président qui viendra après ne soit pas là à vouloir s’éterniser, car le peuple n’acceptera plus jamais qu’on personnalise la chose publique. Donc, pour moi, la durée de la transition doit être définie. Le chronogramme de la transition doit l’être aussi par l’organe législatif… 

En tant que soldat, nous tenons beaucoup à la parole donnée. Et en même temps, nous avons fait un état des lieux de toutes les expériences qui n’ont pas marché dans notre pays. Et nous ne voulons vraiment pas faire les erreurs du passé. C’est pourquoi nous sommes déterminés là-dessus à ce que les choses soient inclusives, le calendrier, le chronogramme, le délai de la transition. Je ne peux pas vouloir dire au peuple de Guinée que je lui donne sa liberté par la voix de tout ce qui est organe législatif et en même temps imposer un délai au peuple de Guinée. Si vous avez un remède de deux semaines pour régler les problèmes guinéens, je pense que ce sera la meilleure chose pour nous, parce que quand on voit l’état de nos populations, quand on voit l’état de nos routes, l’état de nos hôpitaux, je pense qu’après 63 ans, nous avons besoin d’un bon coup de réveil pour prendre en main notre destin et de laisser les choses correctement.

Ma vie entière je la donnerai à ce peuple-là, qui mérite ça. Et si on a décidé le 5 septembre d’aller à la mort, c’est parce qu’on avait vu l’état de notre pays.

Et nous avons pensé tous ensemble qu’il fallait sauver le pays en donnant notre vie. Et je pense que c’est notre devoir en tant que soldat, en tant que patriote, de se battre et d’aller à la mort encore une fois que ça soit sur le plan politique ou physique pour sauver le pays, pour sauver la patrie, et pour sauver les Guinéens en leur donnant l’espoir bien sûr et en changeant leurs conditions de vie parce que, après 63 ans, après tout ce qu’on a en Guinée comme économie, comme mines, comme tout ce qui va avec…Comme richesses si j’ose dire, je pense que ce peuple mérite mieux que l’état dans lequel nos aînés l’avaient mis.

J’ai fait don de moi, cela fait des années que je n’ai pas pu sortir de la Guinée. Je suis en Guinée, je me sens mieux en Guinée que n’importe où. Je n’ai pas besoin de voyager. Ce dont j’ai juste besoin maintenant, c’est de me concentrer en Guinée sur nos problèmes, pouvoir trouver des solutions à nos problèmes. Et en ce qui concerne les avoirs, nous les membres du CNRD, nous n’avons rien à gérer. Donc, ça pour moi, ce sont juste des principes. Mais à savoir s’il y avait quelque chose à gérer, vous pouvez chercher. Vous ne trouverez pas. Maintenant, nous faisons tout quand même pour arrêter l’hémorragie dans notre pays. Et depuis notre arrivée, nous avons essayé de fermer tous les robinets, parce que, pour moi, les deniers publics ne sont pas quelque chose avec quoi on peut jouer. Le voyage, je pense que nous avons besoin de voyager bien sûr en Guinée pour voir nos problèmes en face et trouver les solutions à nos problèmes. » 

Sanctions contre les Autorités de la Transition et leurs familles: Des Maliens interpellent Assimi Goita à éviter le bras de fer avec la CEDEAO "

Adama Sogodogo, Directeur exécutif de l’APRODAJI- JIGIYA SO: Plutôt un accompagnement ou un soutien qu’une sanction d’où qu’elle provienne 

“Le Mali, dans son état actuel, mérite plus un accompagnement ou un soutien qu’une sanction d’où qu’elle provienne. Cependant, la CEDEAO est dans son rôle de vouloir imposer le respect de règles et principes auxquels tous ses pays membres ont adhéré. Si, en dépit de la transgression d’une de ces règles, l’Organisation communautaire a tenu à accompagner notre pays, elle a requis et obtenu du Mali certains engagements qui, aujourd’hui, ne sont pas tenus. Pire, au-delà même du non-respect de ces propres engagements, les autorités de la transition malienne ne présentent ni visibilité quant au retour à l’Ordre constitutionnel, ni perspectives quant à la résolution de la crise multidimensionnelle au Mali. Cette sanction imposée aux autorités de la transition est donc éducative, directionnelle et salutaire en ce sens qu’elle devra permettre à nos dirigeants de se corriger et rectifier le tir avant le 12 décembre à venir.

Cette rectification passe nécessairement par une gouvernance inclusive ouverte aux politiques qui en ont l’expérience et les relations pour nous sortir de cette impasse, au lieu d’une gestion amateur. Pour ce faire, il faut au Mali un Premier ministre apolitique consensuel et de consensus pour un gouvernement de large d’ouverture”. 

Nia Dialla Keita, Directeur de publication actu-globe.com : ”Je pense que les autorités maliennes ont elles-mêmes cherché à être traitées ainsi pour le non respect des engagements pris devant la CEDEAO”

La Commission est bien dans son rôle de les sanctionner car ils étaient convenus de respecter le calendrier de la transition en ce qui concerne les élections prévues le 27 février 2022, notamment la présidentielle en faveur d’un retour rapide à l’Ordre constitutionnel normal. À défaut de cela, imaginez que le Mali n’est pas avec les pays membres de la CEDEAO, et ne sera ni avec la Communauté internationale. Nous pourrons dire que ce sont les autorités qui ont abandonné le Mali en plein vol. 

C’est vrai qu’en ce moment, ces sanctions comprennent une interdiction de voyager et un gel de leurs avoirs financiers. Les autorités du pays doivent faire tout pour que d’autres sanctions n’affectent pas les populations sur les plans commercial et économique, quand on sait que tous les prix de produits de première nécessité sont actuellement à la hausse. Et qu’elles sachent que le peuple souffre et continue de souffrir.

 Pour trouver des solutions aux problèmes, il va falloir que les autorités de la Transition évitent l’impasse politique dans le pays et prennent des décisions urgentes avec le soutien, l’accompagnement de la CEDEAO et de la Communauté internationale pour la tenue des élections à dates indiquées ou dans les brefs délais au Mali”. 

Dr Abdoul Karim Diamoutené, président du MDJS-Le réveil: “Ces sanctions sont une entorse à la bonne marche du pays” 

“Je suis pour la refondation du Mali, donc favorable à une transition réussie. Par conséquent, tout ce qui peut constituer une entorse à la marche dans cette dynamique me pose problème.

Je trouve les décisions de la CEDEAO assez dures, surtout en son point 15. Réduire les mouvements des autorités et éventuellement de tous les soutiens, c’est aller assez loin. Il s’agit d’obliger les maliens à aller dans une seule direction : organiser les élections quelles que soient les conditions et avec le risque de crise approfondie et de perte complète du Mali en tant que nation.

Ces mesures sont très dissuasives envers les éventuels soutiens, j’aurai souhaité un accompagnement de la CEDEAO pour s’assurer qu’à terme convenu entre les maliens, les élections crédibles puissent se tenir. En plus de réduire les efforts et la portée diplomatique du pays, cette décision est une menace aux éventuels soutiens”. 

Djiguiba Keita, SG du PARENA “Il est regrettable qu’on en soit arrivé là”. Mais hélas, aucune surprise.

Nous avons écrit récemment dans notre mémorandum que faute de volonté politique des tenants d’un pouvoir, à 4 mois de la fin annoncée de la Transition, il n’est pas possible d’organiser des élections, avec l’insécurité ambiante etc. La lettre du Gouvernement annonçant qu’il ne peut pas respecter le délai du 27 février 2022, ce n’est donc pas une surprise. Nous l’avions toujours dit : arrivés au pouvoir par la rue, ils veulent s’y éterniser par la ruse, des subterfuges et autres manipulations par soutiens populaires instrumentalisés. 

La conséquence du non-respect de la parole donnée : les sanctions de la Cedeao, là aussi aucune surprise. On est seulement agréablement surpris qu’il n’y ait pas eu de sanctions plus lourdes, comme les sanctions économiques qui frappaient tout le monde. C’est malheureux mais nous n’avons qu’un sursis d’un mois. Jusqu’au 12 décembre. Si d’ici là il n’y a pas de volonté politique affichée, on court beaucoup de risque.

Que faire? Tenir, comme en septembre 2020, 2 à 3 jours de conclave avec les forces vives pour nous donner une nouvelle feuille de route et un nouvel agenda, afin de convaincre la Cedeao de notre bonne foi et nous réconcilier avec nos voisins et la communauté internationale.

Seydina Ousmane Touré, membre du comité stratégique du M5-RFP de Ségou : ‘’C’est le manque de respect au peuple malien’’

Selon Seydina Ousmane Touré, membre du Comité stratégique du M5-RFP de Ségou, « les sanctions individuelles infligées aux autorités et Institutions de la transition au Mali, prises lors du Sommet extraordinaire sur la situation du Mali et la Guinée Conakry, ce dimanche le 07 Novembre 2021 à Accra (Ghana) par la CEDEAO pour retard dans l’organisation des élections prévues en février 2022 sont très sévères, vu que le Mali traverse une crise multidimensionnelle avec une insécurité grandissante.

Mais avec tous ces maux, la CEDEAO demande la tenue des élections, malgré que le peuple souverain demande la stabilité et la sécurité comme des priorités pour la bonne organisation des élections crédibles. Du fait que le M5-RFP fait partie des responsables de la transition, cela démontre, l’attitude de la CEDEAO. Que les dirigeants de cette CEDEAO téléguidés par la France sachent maintenant que le Mali est un pays souverain et indépendant, que le peuple malien est engagé et déterminé. Car, nous sommes en phase de rectification des erreurs que la CEDEAO devait résoudre avant la validation de la Charte de transition dont le M5-RFP n’a jamais cessé de dénoncer que les irrégularités. Nous ne sommes pas en phase correctionnelle qu’ils vont décider de nous sectionner. Sanctionner l’ensemble des autorités d’un pays dans ce contexte, c’est le manque de respect au peuple malien. En un mot CEDEAO est contre le M5-RFP, car cette communauté sait très bien que le M5-RFP est capable de sauver le Mali et de poser la pierre de refondation du Mali. Elle a peur des résultats de cette refondation qui, pourraient servi d’exemple aux peuples de certains pays vivant dans la mauvaise gouvernance comme le Mali. Pour terminer, je dirais qu’aucun pays dans le monde ne peut vivre de façon isolée, mais si la Communauté internationale décide de nous isoler acceptons le et soyons le peuple courageux, fort, uni, serein, soudé et mobiliser dernière nos autorités compétentes car « nous préférons mourir en martyrs que trahir notre patrie ».

Daba balla Keita, Directeur de publication du journal ‘’Danaba-Info’’ : ‘’La liste des ennemis de la transition ne cesse de s’élargir’’ ==== ‘’Les sanctions de la CEDEAO contre les autorités de la transition, vont certainement impacter sur le peuple. Si nos autorités ne peuvent pas voyager, comment la crise prendra fin ? s’interroge-t-il. J’ai aussi appris que la CEDEAO sera rejointe par d’autres organisations comme l’Union Européenne, l’Union Africaine…, comme un effet boomerang, qui envisagerait de sanctionner le Mali. Avec un environnement économique mondial, marqué par la hausse des prix des produits de première nécessité, il est fort probable que les prix augmenteront d’ici le mois de Ramadan. Au dedans comme au dehors, la liste des adversaires de la Transition, voir les ennemis du pays ne cesse de s’élargir. Le Mail pourrait-il résister aux assauts ? Pour combien de temps ?’’ Voilà tant de questions que Daba Balla Keita se pose ».

Face aux sanctions de la CEDEAO : Mamadou Togola superviseur national du MRD

« Assimi Goïta doit démarcher les Chefs d’Etats pour obtenir une certaine clémence » 

Le dimanche 7 novembre dernier, les Chefs d’Etats de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont réunis en session extraordinaire pour sur la situation du Mali et celle de la Guinée Conakry. A l’issue de ladite session, des sanctions ont été prises à l’encontre des autorités de la transition au Mali. 

Pour ne pas que la situation au Mali ne s’empire davantage, le superviseur du Mouvement pour la refondation de la démocratie (MRD) au Mali, Mamadou Togola demande l’implication personnelle du Président de la transition, le colonel Assimilé Goïta. Il veut que celui-ci envoie des émissaires auprès du chef de l’Etat ghanéen, Nana Addo, président en exercice de ladite organisation sous-régionale. Cela, pour lui expliquer réellement les raisons de l’impossibilité de tenir les élections aux calendriers avancés. Selon lui, une telle démarche éviterait à notre pays, d’autres sanctions venant des Nations Unies, de l’Union Européenne (UE) et de l’Organisation de l’Union africaine (OUA). A cela, Togola, connu pour son patriotisme, a demandé au président colonel d’œuvrer à l’apaisement du climat social, tout en fixant un chronogramme réaliste, à laquelle pourraient se tenir les élections. 

Les sujets brûlants de la nation, ont été aussi abordés par le superviseur national du MRD. Il s’agit : de l’insécurité grandissante, l’éducation, l’organisation des élections, la cherté de la vie et la justice. Ces points ont été déjà abordés par le Mouvement pour ma refondation de la démocratie au Mali, au cours d’une rencontre avec les hommes des médias.

Honorable Dr Fousseynou Ouattara, vice-Président de la Commission défense, sécurité et protection civile au CNT et Président du Collectif pour la refondation du Mali

« Leur résolution était prévisible et pour moi, c’est un non évènement »

« Les sanctions ont déjà été prises et comme ils veulent les élargir sur des associations et organisations, je sais que l’association COREMA (Collectif pour la Réfondation du Mali) dont je suis le Président est principalement visé, parce que c’est nous qui les avons indexé, pour la première fois, en leur posant des questions à savoir où était la CEDEAO quand la France a interdit à l’Armée malienne d’entrer à Kidal, ce fut la première question. Où était la CEDEAO quand, en violation de la Constitution du Mali, la France a collaboré avec un groupe rebelle armé sur le territoire malien en lui fournissant des armes et en coopérant avec eux. Si la CEDEAO avait le souci de l’indépendance et de l’intégrité territoriale du Mali, elle aurait fait des déclarations dans ce sens.

Mais chaque fois que le Mali a besoin de la CEDEAO, on ne la voit pas. Si c’est pour aider la France à imposer ses points de vue et ses visions sur les pays de la sous-région, la CEDEAO est là comme le bras armé de la France. Pour moi, les Maliens doivent s’unir derrière le Gouvernement et le Président de la Transition pour panser les plaies, essayer de redéployer l’administration sur tout le territoire et tout faire pour que les déplacés puissent retourner dans leur village, c’est après tout ça que nous pourrons parler politique et élections ». 

Source 

 

En 2002, nous savions qu’il y avait des non-ivoiriens dans la rébellion, et nous savions également que des Etats voisins prêtaient leurs soldats à cette rébellion.

Dans son Entretien  avec le journal l'humanité (France) . L'ex-président Laurent GBAGBO, pour moi, et ce que je pense de son retour de la CPI, c'est un épiphénomène pour la cohésion des IVOIRIENS, car il refuse de reconnaitre sa responsabilité et le manquement a son serment, de défendre notre PAYS, il met cette responsabilité, sur les autres PAYS de la sous-région de l'Afrique de l'ouest, cela est la preuve de son incapacité de relève politique par son nouveau PARTI.

Laurent Gbagbo : « Ce qui est en jeu maintenant, c’est la lutte pour les pays africains, pour leur coopération et leur véritable indépendance »  L’ancien président ivoirien (2000-2011), acquitté cette année par la Cour pénale internationale, livre sa vision du panafricanisme, de la réforme du franc CFA et revient sur le soutien de Paris à la rébellion qui a alimenté près de dix ans de guerre civile.

ENTRETIEN.

Vous venez de lancer le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Quelle différence avec le Front populaire ivoirien (FPI), fondé dans la clandestinité au début des années 1980, et quel sens donnez-vous au panafricanisme en 2021 ?

LAURENT GBAGBO À l’époque, la Côte d’Ivoire était dans un système de parti unique et il fallait lutter contre cela. C’était notre objectif principal. Aujourd’hui, cette phase de la lutte est dépassée même si nous ne pouvons pas dire que nous vivons encore en démocratie. Ce qui est en jeu maintenant, c’est la lutte pour les pays africains, pour leur coopération et leur véritable indépendance. Ce nouveau parti, nous l’avons effectivement tourné résolument vers le panafricanisme, car nos États africains sont trop petits les uns par rapport aux autres et par rapport à leurs partenaires extérieurs. Il faut réussir l’Union des États africains pour que nous puissions mener ensemble des combats. Nous ne pesons pas assez face aux États-Unis ou à la Chine. Individuellement, nous ne pouvons mobiliser que des petites ressources. Je ne veux pas donner d’exemple pour ne froisser personne, mais vous voyez bien que certains pays sont si minuscules… Quand j’étais chef d’État, lors d’une visite officielle en Chine, au-delà du protocole, à l’intérieur de moi-même je ressentais bien la différence de puissance entre nos deux pays. Nous représentions deux États, certes, mais évidemment pas de la même dimension. En Afrique, les pays dont on parle, ceux qui parviennent à émerger, ce sont le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Angola, etc. Nous sommes une succession d’États minuscules, et donc nous pouvons peu de chose pour nos propres populations, et dans le concert des nations, nous ne sommes presque rien.

Certaines puissances combattent farouchement cette ambition panafricaine. Mais nous devons résister et poursuivre le combat, ne jamais baisser les bras. 

De nombreux dirigeants africains ont eu ce rêve panafricain qui ne s’est jamais réalisé. Comment le mener à terme ?

LAURENT GBAGBO C’est vrai que des gens comme Kwame Nkrumah (président du Ghana renversé en 1966 – NDLR) l’a tenté avant nous, ou Nasser avec le panarabisme. Un rêve, il faut d’abord le dire et le formuler. Ensuite, il faut se battre et lutter. Vous dites que d’autres l’ont formulé avant moi, c’est vrai, mais voyez comment ils ont fini ! Tous ou presque ont été renversés brutalement, qu’il s’agisse de Nkrumah ou de Modibo Keïta (président du Mali renversé en 1968 – NDLR). Certaines puissances combattent farouchement cette ambition panafricaine. Mais nous devons résister et poursuivre le combat, ne jamais baisser les bras. 

Dans quel état avez-vous retrouvé votre pays après votre longue période d’incarcération à la Cour pénale internationale (CPI) ? 

LAURENT GBAGBO Je ne peux pas encore juger le bilan de mon successeur. Je viens d’arriver et ma priorité était de créer mon nouveau parti. Maintenant, je vais commencer à mettre mon nez dans les dossiers.

Vendredi 5 Novembre 2021 Par Marc de Miramon

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https://www.humanite.fr/laurent-gbagbo-ce-qui-est-en-jeu-maintenant-cest-la-lutte-pour-les-pays-africains-pour-leur-726496

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Bilan de Ouattara (2011-2021)

« Je ne peux pas encore juger le bilan de mon successeur. Je viens d’arriver et ma priorité était de créer mon nouveau parti. Maintenant, je vais commencer à mettre mon nez dans les dossiers. Mais l’une de mes principales sources d’inquiétude, c’est l’immense endettement extérieur. C’est un des points sur lequel n’importe quel pouvoir à venir devra se pencher avec sérieux. Nous sommes également confrontés à une très importante poussée démographique qui est particulièrement visible à Abidjan, la capitale. »

La menace Terrorisme

« Pour y faire face, nous devons mobiliser tous les Etats d’Afrique de l’Ouest, et de ne la résolution de ce problème uniquement entre les mains du G5 Sahel. Si le Mali et le Burkina Faso sont menacés, cela signifie que le Ghana, la Guinée, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal le sont également. On ne peut pas faire semblant de ne pas voir ce qui existe, nous sommes tous dans le même espace et ces djihadistes ont déjà frappé plusieurs fois ici. En 2002, nous savions qu’il y avait des non-ivoiriens dans la rébellion, et nous savions également que des Etats voisins prêtaient leurs soldats à cette rébellion. A la CPI même, j’ai pu échanger avec des éléments fondamentalistes qui m’ont parlé de leur implication en Côte d’Ivoire ».

L’avènement de la nouvelle monnaie ECO « J’étais en prison lorsque ce problème a été abordé. Je souhaite qu’on ait l’éco en Afrique de l’Ouest, mais à condition qu’il s’agisse vraiment d’une monnaie africaine et non une copie du franc CFA. Dans les anciennes colonies africaines, nous sommes les seuls à qui la France, en partant, a laissé derrière elle une monnaie. Les Britanniques n’ont pas créé une copie de la Livre Sterling, les Portugais non plus ! C’est le combat contre la colonisation qui continue à travers ce projet de nouvelle monnaie qui doit concerner tous les pays de la CEDEAO, qu’ils soient Anglophones, Lusophones, Francophones...

Procès de Thomas Sankara, l’Implication de la Côte d’Ivoire et le Cas Blaise Compaoré 

« J’ai rencontré Thomas Sankara une seule fois, en 1984, dans un hôtel à Paris. Il était venu pour une réunion et j’y vivais alors en exil. Tout le monde parle de la complicité de la Côte d’Ivoire, mais j’attends que la justice Burkinabée fasse son travail et établisse les faits afin que nous sortions enfin des hypothèses. Concernant Blaise Compaoré, il a également joué un rôle important dans la formation et la mise en route de la rébellion qui a déstabilisé mon pays, mais c’est une autre histoire...

Procès du Bombardement de Bouaké en 2004

« Ce procès a été très utile pour que les Français se rendent compte de ce que leur Etat fait souvent dans ses ex-colonies. La juge d’instruction Sabine Kheris, en charge du dossier, comme Me Jean Balan, avocat des familles des victimes sont venus m’interroger à la Haye. J’ai eu le plaisir de discuter avec ces gens qui avaient compris que le Gouvernement français avait joué un très mauvais rôle dans cette histoire. La justice a au moins permis d’ouvrir les yeux sur les acteurs de l’ombre , sur le fait qu’on ait arrêté les pilotes responsable de ce bombardement et que la France ait obstinément refusé de leur demander des comptes, avant qu’ils ne soient relâchés dans la nature. J’ai dit tout ce que je savais sur cette histoire. C’est à ceux qui protégeaient la rébellion qu’il faut poser des questions.

France: 8 ans de prison requis contre Koffi Olomidé "Le jugement a été mis en délibéré au 13 décembre.

Huit ans de prison ferme ont été requis lundi contre la star de la rumba congolaise Koffi Olomidé, jugé devant la cour d'appel de Versailles, en région parisienne, pour agressions sexuelles et séquestration de quatre de ses anciennes danseuses lors de tournées en France, des accusations dont il s'est vivement défendu.

A 65 ans, le chanteur franco-congolais à la renommée internationale s'est pour la première fois expliqué en public sur les charges qui pèsent sur lui, alors qu'il n'avait pas assisté à son premier procès en 2019.

Il avait été condamné en première instance à deux ans de prison avec sursis pour "atteinte sexuelle" sur l'une des jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits, et relaxé pour l'essentiel des autres charges. Le ministère public, qui avait requis sept ans d'emprisonnement ferme, avait fait appel. Lundi, l'accusation a demandé de revenir sur le "naufrage" du premier jugement et de reconnaître coupable cet "homme puissant", star internationale qui vit désormais en France.

Les quatre plaignantes, assises au premier rang, ont déposé plainte entre 2007 et 2013, accusant Koffi Olomidé de les avoir enfermées dans un pavillon gardé près de Paris, lors de ses tournées françaises entre 2002 et 2006, et de les avoir forcées à avoir des relations sexuelles avec lui, de façon régulière pour certaines.

Depuis, aucune n'est retournée au Congo par "peur" des conséquences face à une star qu'elles surnommaient avant l'affaire le "président".

A la barre, Koffi Olomidé - pull clair sous une grande veste marron - balaie l'accusation de séquestration, assurant qu'elles "allaient sur les Champs-Elysées" et que parfois "elles demandaient qu'on les accompagne", alors qu'elles ont affirmé à l'instruction qu'elles étaient escortées contre leur gré. 

- "Droit de regard" -

Le chanteur a cependant reconnu qu'il avait un "droit de regard" sur leurs sorties, plaidant qu'il devait vérifier qu'elles ne cherchaient pas à rester en France à l'issue de la tournée. 

Les plaignantes avaient raconté pendant l'enquête s'être finalement échappées du logement en juin 2006 avec une corde de drap après avoir endormi les gardes à l'aide de somnifères.

"C'est du cinéma, ça, Madame", a assuré à la barre le chanteur, de son nom d'origine Antoine Agbepa Mumba. "Le retour au Congo était imminent, elles savaient qu'on allait repartir au Congo", elles voulaient donc rester en France à tout prix, a-t-il affirmé. 

Dans leur récit au juge d'instruction, les quatre jeunes femmes avaient accusé le chanteur de les faire venir parfois à l'hôtel, parfois en studio d'enregistrement, pour les forcer à avoir des rapports sexuels avec lui.

"C'est faux, c'est tout faux", "à aucun moment je n'étais seul avec ces filles", s'est écrié à la barre M. Olomidé. "Comment vous pouvez faire l'amour dans un studio ? J'hallucine! Il y a des ingénieurs du son, il y a des assistants...", a-t-il lancé.

Il a aussi rejeté les accusations de mauvais traitements, soulignant avoir "des danseuses qui gagnent 600 euros" par tournée. ====== A la barre, les parties civiles ont déclaré avoir été forcées à subir des relations sexuelles "plusieurs fois" puis "trois fois par semaine" pour l'une ou "trois ou quatre fois dans le mois" pour une autre. 

"Je me suis laissé faire, mais je n'avais pas envie", a expliqué l'une d'elles, son avocat Me David Desgranges parlant d'"emprise" du chanteur sur ses troupes. 

"Il n'y a absolument aucun élément matériel accréditant les dires des plaignantes", a estimé dans sa plaidoirie Me Antoine Vey, avocat du chanteur, plaidant la relaxe. 

Le jugement a été mis en délibéré au 13 décembre. =

Koffi Olomidé a déjà été condamné, en RDC en 2012, pour violence, et avait été expulsé du Kenya en 2016 pour avoir donné un coup de pied à l'une de ses danseuses.

 Source Radio okapi.net: avec AFP

Agressions sexuelles: la star de la rumba congolaise Koffi Olomidé jugé lundi en appel

La salle de concert de La Défense Arena, près de Paris, a annoncé jeudi l'annulation du concert de Koffi Olomidé prévu le 27 novembre.

"C'est un dossier qui ne tient pas", martèle Me Emmanuel Marsigny pour défendre son client, "une accusation n'est pas une preuve." L'avocat souligne qu'en première instance, le tribunal "a fait litière de la quasi-totalité de toutes les accusations: il a été condamné pour des faits (datés de) 2002-2003 sur une des jeunes femmes, (ce qu'il) conteste."

La star de la rumba congolaise Koffi Olomidé, 65 ans, doit être jugé lundi en appel à Versailles pour agressions sexuelles et séquestration de quatre de ses anciennes danseuses entre 2002 et 2006, des accusations qu'il conteste.

En première instance, le tribunal de Nanterre l'avait condamné en mars 2019 à deux ans de prison avec sursis pour "atteinte sexuelle" sur l'une de ces jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits.

Le ministère public, qui avait requis sept ans d'emprisonnement ferme, avait fait appel de cette condamnation. Le chanteur star de la République démocratique du Congo (RDC) avait été relaxé des poursuites concernant trois des danseuses.

Koffi Olomidé, de son vrai nom Antoine Agbepa Mumba, ne s'était pas présenté à son procès en première instance ni, préalablement, à deux rendez-vous lors de l'instruction, provoquant l'émission d'un mandat d'arrêt.

Sollicité par l'AFP, Me Emmanuel Marsigny n'a pas souhaité s'exprimer sur la présence ou non de son client à l'audience, prévue lundi à 14H00 devant la cour d'appel de Versailles. Le jugement sera mis en délibéré à une date ultérieure. 

La salle de concert de La Défense Arena, près de Paris, a annoncé jeudi l'annulation du concert de Koffi Olomidé prévu le 27 novembre.

Deux hommes présentés par l'accusation comme des hommes de main, poursuivis pour complicités et relaxés à Nanterre, doivent également être rejugés.

Le procès en première instance s'était tenu à huit clos, ce que n'ont pas demandé cette fois-ci les parties civiles.

Ces dernières "comptent sur la présence de M. Olomidé" après une instruction dans laquelle il s'est "largement soustrait à la justice", a indiqué à l'AFP Me David Desgranges, qui défend trois des quatre danseuses.

Tournées en France -

En 2007, une première danseuse porte plainte et décrit à la justice ses tournées avec Koffi Olomidé en France, qu'elle dit vivre enfermée près de Paris dans un pavillon surveillé par trois gardes sans possibilité de sortir ni de téléphoner. Les trois autres, qui déposent plainte en 2009 puis 2013, confirmeront ce récit, selon l'accusation.

Parfois, selon le récit des danseuses - dont une qui assure qu'elle était alors mineure - à la justice, elles étaient amenées dans une chambre d'hôtel ou dans un studio d'enregistrement pour que le chanteur les force à avoir une relation sexuelle.

L'une d'entre-elles rapporte qu'elle subissait la scène deux fois par semaine. Une autre raconte qu'elle se laissait faire pour ne pas perdre son poste de danseuse.

En juin 2006, elles s'échappent ensemble du pavillon francilien avec une corde de drap après avoir endormi les gardes à l'aide de somnifères, selon leur récit. 

Initialement mis en examen pour viols aggravés et séquestration en 2012, Koffi Olomidé voit finalement la juge d'instruction le renvoyer en 2018 devant le tribunal correctionnel pour "atteinte sexuelle avec violence, contrainte, menace ou surprise par personne ayant autorité" - ou agressions sexuelles - et séquestration.

Il est également jugé pour aide illégale à l'entrée et au séjour des danseuses, venues de la RDC. 

"C'est un dossier qui ne tient pas", martèle Me Emmanuel Marsigny pour défendre son client, "une accusation n'est pas une preuve." L'avocat souligne qu'en première instance, le tribunal "a fait litière de la quasi-totalité de toutes les accusations: il a été condamné pour des faits (datés de) 2002-2003 sur une des jeunes femmes, (ce qu'il) conteste."

Né en 1956 dans la région des Grands Lacs en RDC, Koffi Olomidé a déjà été condamné dans son pays en 2012 à trois mois de prison avec sursis pour violences contre son producteur. 

Il avait également été expulsé du Kenya en 2016 pour avoir donné un coup de pied à l'une de ses danseuses, et la Zambie avait émis en 2018 un mandat d'arrêt à son encontre pour une agression sur un photographe en 2012.

Source AFP / Le Congolais Koffi Olomidé (c) en concert au Festival de musique urbaine d'Anoumabo (Femua), le 12 septembre 2021 à Abidjan, en Côte d'Ivoire afp.com

- Sia KAMBOU 24 OCT 2021 Mise à jour 25.10.2021 à 11:15 AFP © 2021 AFP

Par Venance Konan / France et Afrique "Nos jérémiades n’y changeront rien. Le monde est perpétuellement en guerre économique dans laquelle on ne se gêne pas"

 "La France avait inventé les sommets avec les chefs d’Etat africains. Les autres ont fait la même chose. La France vient d’inventer le forum avec la société civile. Gageons que les autres vont inventer quelque chose du même genre."

 ** Commençons par planter le décor. Les siècles derniers, un certain nombre de pays européens se sont lancés à la conquête du monde. Et tous les continents ont été l’objet de leur appétit de conquistadors. Pour ce qui nous concerne en Afrique, nous fûmes conquis essentiellement par la France et la Grande Bretagne, et dans une moindre mesure, par le Portugal, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne. 

L’aventure coloniale, comme le disait Aimé Césaire dans son « Discours sur le colonialisme » n’était ni « évangélisation, ni entreprise philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l’ignorance, de la maladie, de la tyrannie, ni élargissement de Dieu, ni extension du droit », mais plutôt « le geste de l’aventurier et du pirate, de l’épicier en grand et de l’armateur, du chercheur d’or et du marchand, de l’appétit et de la force, avec derrière l’ombre maléfique d’une forme de civilisation qui, à un moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d’étendre à l’échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes. » 

Nos pays ont été colonisés pour que leurs richesses soient exploitées par et pour les colons. Au moment de la décolonisation, chaque ancien colonisateur s’est arrangé à sa manière pour garder toujours la main sur les anciennes colonies devenues indépendantes. Le cas qui nous concerne est celui de la France avec ses anciennes colonies. Soixante ans après les indépendances, nos pays francophones sont encore largement contrôlés, sur le plan économique tout au moins, par la France, et les autres pays africains ne le sont pas moins par les autres grandes puissances économiques mondiales. Aujourd’hui comme hier, il y a une course vers les richesses minières africaines, avec de nouveaux acteurs tels que la Chine, la Turquie et la Russie qui a remplacé l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) qui elle, cherchait plus à gagner l’Afrique sur le plan idéologique que sur le plan économique. Avec la Russie les choses sont bien différentes maintenant.

Dans cette course, chacun utilise les arguments dont il dispose. La France avait la part la plus viandée dans les pays qu’elle avait colonisés. Mais ses concurrents veulent lui tailler des croupières dans son pré carré. La France avait inventé les sommets avec les chefs d’Etat africains. Les autres ont fait la même chose. La France vient d’inventer le forum avec la société civile. Gageons que les autres vont inventer quelque chose du même genre. L’essentiel pour ces puissances est de maintenir ou d’étendre leur influence sur des Etats très faibles mais dotés de grandes richesses. 

Nos jérémiades n’y changeront rien. Le monde est perpétuellement en guerre économique dans laquelle on ne se gêne pas parfois pour faire des crocs-en-jambe à ses alliés, comme l’affaire des sous-marins australiens vient de le démonter. Les Australiens avaient signé un contrat de livraison de sous-marins avec la France. Mais les Etats-Unis ont fait pression sur les Australiens pour qu’ils rompent avec la France et signent un nouveau contrat avec eux. C’est ainsi. 

Continuons de nous plaindre de l’arrogance de la France, de son paternalisme, de son mépris, de ses bases militaires chez nous, de la marmite qui est sale, sans chercher à nous donner les moyens de prendre nous-mêmes notre destin en main et nous serons toujours les jouets de toutes les puissances. Ne nous leurrons pas. Dans la guerre économique, il n’y a pas des gentils et des méchants. C’est juste une question d’intérêt.

Je vous fais remarquer que la Corée du sud, le Japon, l’Allemagne et de nombreux autres pays européens ont des bases militaires américaines chez eux et personne ne met en doute leur indépendance.

Qu’ont demandé nos jeunes qui ont discuté avec le président Macron ? 

Que l’on ne prononce plus les mots « aide » et « développement », que la France s’excuse pour la colonisation, etc. C’est comme lorsque l’on demande de ne plus dire « aveugle », mais plutôt « non voyant », et « malentendant » à la place de « sourd ». 

Qu’est-ce que cela change au fond ?

Et pendant que nous demandons à la France d’enlever ses bases militaires chez nous, nous sommes furieux lorsqu’elle décide de redimensionner la force Barkhane, et dans la foulée nous lui demandons de financer notre démocratie. 

L’indépendance n’est-elle pas de se démocratiser tout seul ? 

Nous voulons que la France finance notre démocratie et nous ne voudrons pas plus tard qu’elle dise son mot sur la façon dont cette démocratie se déroule ?

Nous sommes fâchés que la France n’arrive pas à chasser les djihadistes que nous-mêmes n’avons pas réussi à chasser, mais nous ne voulons pas qu’elle dise son opinion sur nos gouvernances ? 

Que voulons-nous finalement ? Nous ne voulons plus que l’on parle d’aide ?

Très bien. Mais avons-nous pris les mesures qu’il faut pour nous passer de ce que l’on appelle aide ? 

Finalement, qu’est-ce que la rencontre de Montpellier a proposé concrètement pour rendre nos pays un peu plus indépendants sur le plan économique ?

Ce n’est pas la France qui est paternaliste, c’est nous qui sommes infantiles.

Comprenons-nous par exemple que si nous nous mettions à consommer nos produits locaux au petit déjeuner au lieu du pain fait avec du blé et le beurre importé, nous contribuerons à rendre autonome nos paysans qui à terme se passeraient d’aide ?

Avons-nous idée des milliards que nous dépensons chaque année pour acheter du blé que nous ne produisons pas, des habits que nous pouvons fabriquer nous-mêmes chez nous, à donner les très gros marchés à des multinationales étrangères alors que nos entreprises pourraient faire ce travail, à nous abonner à des chaînes de télévision étrangères… ?

Soyons donc moins extravertis et apprenons à consommer ce que nous produisons. Ce sera un premier pas pour apprendre à nous passer de l’aide, et pas seulement sur un plan sémantique. Décolonisons nos esprits, arrêtons de chercher un bouc-émissaire pour tous nos échecs, ayons foi en nous et nous serons surpris de voir ce dont nous sommes capables.

Par/ Venance Konan

Fin de l'opération Barkhane : quelle stratégie pour les forces françaises au Sahel ? "Redéploiement vers la zone des trois frontières" "Inquiétudes pour le Nord-Mali"

La France a entamé, mardi, la phase finale du retrait des militaires de la base de Kidal, dans le nord du Mali, dans le cadre du redéploiement militaire français au Sahel annoncé en juin. Une réorganisation qui vise à concentrer la lutte antiterroriste dans la région des trois frontières, et transférer graduellement le commandement militaire aux armées africaines. Explications. 

L’armée française a entamé, mardi 12 octobre, son retrait du nord du Mali. Neuf ans après le début de l’intervention française visant à repousser l’avancée jihadistes vers la capitale Bamako, Paris compte désormais graduellement réduire ses troupes et transférer le commandement des opérations militaires aux armées africaines présentes sur le terrain. Une démarche mal comprise par le Premier ministre malien, qui a dénoncé un manque de concertation et accusé la France “d’abandon en plein vol”, alors que la situation sécuritaire du pays continue de se dégrader. Comment va s’organiser ce redéploiement militaire français et quel impact va-t-il avoir sur la lutte antiterroriste au Sahel ? France 24 fait le point.

Réduction des forces au sol et focus sur l’aviation 

“Une transformation profonde de notre présence militaire au Sahel”. Le 10 juin, le président Emmanuel Macron annonce la fin de l’opération Barkhane au profit d’une mission “d’appui, de soutien et de coopération aux armées des pays de la région”. Un mois plus tard, il en détaille le calendrier avec un retrait des troupes progressif qui doit débuter début 2022 pour passer de 5 000 à 2 500 ou 3 000 soldats à l’horizon 2023. Un projet qui comprend la fermeture de trois bases militaires dans le nord du Mali, à Kidal, Tombouctou et Tessalit, pour recentrer la lutte antiterroriste et “endiguer une diffusion de la menace au sud”, selon les mots du président. Parmi les soldats voués à rester, figurent des formateurs militaires, mais également un contingent des forces spéciales françaises chargées de traquer les jihadistes dans le Sahel.

Autre élément clé de la mission antiterroriste française : l’aviation. Alors que les forces au sol vont être réduites de moitié, la France maintient la présence de ses sept avions de chasse ainsi que de six drones armés dont l’utilisation est devenue primordiale dans la lutte antiterroriste. “Depuis longtemps l’armée française réclamait cette technologie qui permet de frapper vite et fort au bon endroit” explique Jean-Paul Paloméros, ancien chef d’État-major de l’armée de l’air, contacté par France 24. “Ces drones, qui ont enrichi notre arsenal depuis deux ans, agissent en parfaite complémentarité avec les avions de combat qui possèdent une puissance de frappe plus importante” souligne-t-il. “Cette technologie, qui a permis l’élimination par la France de plusieurs chefs jihadistes, représente aujourd’hui pour eux, la menace la plus aigüe. Car sur un terrain comme le Sahel, qui représente la taille de l’Europe, l’efficacité du déploiement militaire français a depuis longtemps montré ses limites”.

Redéploiement vers la zone des trois frontières 

Outre l'évolution des moyens, la France souhaite se désengager du nord du Mali pour réorienter la lutte antijihadiste vers la zone des trois frontières, jugée aujourd’hui comme le centre névralgique du terrorisme dans la région. Car ces dernières années, la crise sécuritaire s’est étendue à plusieurs pays voisins du Mali, notamment au Niger et au Burkina Faso. En 2021, le bureau humanitaire de l’ONU a recensé près de 300 incidents ayant causé la mort de 650 personnes dans cette zone sensible, pointant du doigt une augmentation des attaques jihadistes.

La zone dite "des trois frontières". La France va donc redéployer ses troupes vers les bases militaires de Gao et surtout de Menaka, plus proche de la frontière avec le Niger et qui abrite actuellement le commandement de Tabuka, le groupement de forces spéciales européennes. Cette force internationale, dotée de 600 militaires de huit pays européens, a pour mission de former, d'entraîner et d’accompagner au combat les forces armées maliennes. En parallèle, la base française de N'Djamena, au Tchad, est également maintenue, et la France compte renforcer sa présence au Niger. La base militaire de Niamey, qui héberge déjà le poste de commandant de la force conjointe du G5 Sahel, rassemblant des soldats de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, “sera très fortement musclée”, avait annoncé en juillet Emmanuel Macron.

Inquiétudes pour le Nord-Mali 

Bien que la situation sécuritaire demeure volatile au Nord-Mali, Emmanuel Macron estime qu’il est du devoir de la France d‘amorcer un retrait progressif : “Je pense que nous n'avons pas vocation à rester, c'est pour ça que nous sommes en train de fermer des bases. (…) L'État malien doit avant tout revenir”, expliquait-il, lors du sommet Afrique-France le 8 octobre 2021. Une position vivement critiquée par le Premier ministre malien à l’Assemblée générale de l’ONU, où il a fustigé un manque de concertation et qualifié le retrait français d'"abandon en plein vol”. Au Mali “ceux qui manifestaient contre la présence française se réjouissent de ce départ, mais certains craignent aussi pour la suite” explique à France 24 Boubacar Haidara, politologue à Science-Po Bordeaux et à l'université Ségou, au Mali. “Il est clair aujourd’hui que l’État malien n’a pas les moyens d’investir la totalité du Nord” souligne le chercheur. 

Une constat partagé par Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes à France 24 :

“Le Nord-Mali échappe au contrôle du gouvernement : cette zone est régie par des factions touarègues avec une forte présence jihadiste du GSIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans), qui fait partie d'Aqmi, donc d'Al-Qaïda, et qui gère par endroit les contentieux entre citoyens” explique-t-il. “La situation sécuritaire au nord est loin d'être réglée mais pour Paris, le redéploiement est avant tout une question de priorité car la progression du GSIM et du groupe État islamique au centre représentent une menace plus grande pour la stabilité régionale”.

Le 12 octobre, jour du départ du dernier convoi français de la base de Kidal, le colonel Pascal Lanni, porte-parole de l'état-major, a précisé qu’un détachement français de Barkhane demeurerait sur place pour faire de la "réassurance" auprès des partenaires de la France. La force de maintien de la paix de l’ONU, Minusma, qui compte à Kidal 1 300 soldats guinéens et tchadiens, maintient quant à elle son effectif, aux côtés des 400 soldats des forces maliennes. 

“Le départ du Nord-Mali n’est pas une surprise, cela fait longtemps que la France l’envisage” souligne Jean-Paul Paloméros. “La priorité aujourd'hui n’est pas de reprendre le contrôle de toute la région, mais de contenir la menace en tenant des points clés où se trouve la population ainsi que les voies de communication. Les forces maliennes ont été formées en ce sens. La Minusma doit, quant à elle, jouer son rôle de pacificateur. La France continuera de mener des opérations ciblées à distance. Pour le reste, la présence militaire étrangère ne peut être une solution. Il s’agit d’un problème de politique nationale que seul le Mali peut traiter” conclut-il.

Publié le : 14/10/2021 - 19:41 Un membre du groupement des forces spéciales européennes Tabuka, le 3 novembre 2020, qui a pour mission de former, d'entraîner et d’accompagner au combat les forces armées maliennes.

© Daphné Benoit, AFP Texte par : David RICH

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