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20 ANS DE CARRIÈRE DE NASH « J’AI FAILLI ME DONNER LA MORT »

 Nash promet un show haut en couleur pour la célébration de ses 20 ans de carrière musicale. C’est le samedi 20 novembre prochain du côté du palais de la culture de Treichville que Natacha Flora Sonloué, plus connue sous le nom artistique de Nash ou encore la Go cracra du Djassa, va célébrer ses 20 ans de carrière musicale. Entre préparatif de cet évènement et séance de répétition, JDA a pu s’entretenir avec cette ambassadrice de l’UNICEF qui continue de promouvoir l’argot ivoirien, le nouchi.

Anthony NIAMKE

Pour la célébration de tes 20 ans de carrière, à quoi devons-nous nous attendre ?

Pour mes 20 ans de carrière, il y aura un grand concert, un spectacle inédit pour commémorer toutes ces années au service de la musique ivoirienne. Cette célébration coïncide en même temps avec la célébration de la Journée mondiale de l’Enfant et mon anniversaire de naissance. Ça sera donc deux heures de concert live.

On sera aussi avec des associations, des ONG et des enfants. 20 ans de carrière dans la musique, quel peut être ton bilan ?

Mon bilan est positif, même si je reconnais qu’il y a eu des moments de lutte, de souffrance, de déception, de tristesse. Des moments de joie, j’en ai connu également. Même quand je dis aux gens que je totalise 20 ans de carrière, ils ont du mal à me croire parce que Dieu m’a préservé de beaucoup de choses.

Quels ont été tes pires moments au cours de ta carrière musicale ?

Mes pires moments ont été le décès de ma mère, ainsi que celui de Papa Wemba lors du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA), l’échec de la deuxième édition de mon festival qui m’a valu une dépression de deux ans. Et aussi mes 17 ans de carrière, où j’ai failli me donner la mort.

Ambassadrice de l’Unicef depuis quelques années, comment se passe ta mission au niveau des enfants de la rue ?

En tant qu’Ambassadrice de UNICEF tout se passe bien et je peux dire que je me sens bien dans ce rôle qui m’a été assigné. Je mène ma mission pour les enfants avec beaucoup de passion et de joie. Grâce au travail de mon association « 2N PROD » à travers mon festival Hip Hop Enjaillement avec UNICEF, le Ministère de l’enfance, le gouvernement plusieurs enfant de la rue ont regagné leurs familles pour certains, d’autres ont pu être recueillis dans des centres sociaux, beaucoup ont repris goût à la vie. Ces enfants se sentent considérés et aimés.

Mais un gros boulot reste encore à faire pour leur réinsertion. Pensez-vous réellement que tes messages en nouchi trouvent écho favorable ?

Effectivement, mes messages passent et son très bien perçus. Et cela se justifie par les différents messages d’encouragements que je reçois chaque jour et du résultat sur le terrain. Les témoignages sont légion. Beaucoup de jeunes défavorisés se sentent concernés par mes messages en nouchi. J’aide même des universitaires, des étudiants à soutenir leur thèse sur le Nouchi. Ils viennent souvent des quatre coins du monde pour travailler sur ce langage.

Source Le Journal d'Abidjan 

Par Anthony NIAMKE

Existe-t-il une pensée juridique ivoirienne ? WODIE vs OBLE

L’Université des Lagunes-CIDD a organisé, ce Mercredi 15 février 2017, une matinée d’étude autour de la question « Existe-t-il une pensée juridique ivoirienne ? ». Etaient invités, pour en débattre, les doyens Francis Vangah WODIE et Jacqueline LOHOUES-OBLE. Si l’ ‘’affrontement’’ annoncé par Nord-Sud Quotidien n’a évidemment pas eu lieu sur le plan physique, l’on a eu droit à une partie de taï-chi intellectuel.

C’est en effet à des raisonnements diamétralement opposées (du moins a priori) que se sont livrés « les deux plus grands professeurs de Côte d’Ivoire, voire au-delà, en droit public (Wodié) et en droit privé (Lohoues-Oble) », comme les a qualifiés le Dr François KOMOIN, Président de l’Université des Lagunes-CIDD, arbitre (modérateur) de la rencontre. Les contributions des autres professeurs de droit et juristes présents ont enrichi un débat de haute portée scientifique. Les réflexions servies à l’occasion méritent d’être partagées. Nous en retranscrivons ici les morceaux essentiels. Lisez et donnez éventuellement votre avis.

 Pr. Francis WODIE : « Comme vous le constatez, j’ai oublié mes notes à la maison [sourire] (…) La pensée juridique. Qu’est-ce que c’est ? Jusqu’à présent, je n’ai pas de réponse. La pensée, est-ce que c’est le fait de penser ? Non, pour moi, le fait de penser, c’est le penser. La pensée, c’est le produit de la pensée, de la manière de conduire un raisonnement. C’est le mouvement de l’esprit, ou de manière abstraite (la pensée spéculative) ou de manière concrète (portant sur une matière, ici la matière du droit). La pensée juridique m’apparaît comme la réflexion portant sur le droit. Existe-t-il une pensée juridique ivoirienne ? C’est une question qui m’a embarrassé. Quand est-ce qu’une pensée devient une pensée ivoirienne ? Que Wodié, l’Ivoirien que je suis, pense ; est-ce qu’on peut ériger ma pensée en pensée ivoirienne ? Ma définition doit pouvoir s’appuyer sur deux éléments essentiels, selon moi : la matière sur laquelle porte la pensée. Est-ce qu’elle est assez autonome, assez spécifique pour se détacher de l’ensemble ? La pensée juridique ivoirienne suppose un droit ivoirien. Elle suppose également des penseurs ivoiriens. Sur le droit ivoirien, peut-être que matériellement on peut discuter, mais formellement, organiquement, il existe. Alors est-ce que la pensée de Wodié peut être considérée comme une pensée ivoirienne ? Oui, peut-être une pensée ivoirienne, mais pas la pensée ivoirienne. Alors quand est-ce que du singulier j’en arrive au pluriel ? Je n’ai pas été capable d’en fournir la démonstration… Je conclus qu’il n’y a pas de pensée juridique ivoirienne. Je prends le risque. Vous pourrez me démontrez le contraire tout à l’heure… » 

Pr. Jacqueline LOHOUES-OBLE : « Nord-Sud a titré qu’il y aurait un combat [sourire]. J’ai dit qu’il n’y aurait pas de combat, mais une confrontation. Et la confrontation des idées vient de commencer. Puisque mon collègue a dit qu’il n’y avait pas de pensée juridique ivoirienne. Mais moi je pense qu’il y en a une. Peut-être que pour les publicistes il n’y en a pas, mais pour la privatiste que je suis, il y en a une. Je m’adosse sur une vieille formule latine qui dit : « ubi societas, ibi jus ». C’est_à_dire que toutes les sociétés ont partout et toujours été dotées d’un ordre juridique. Sans doute cet ordre juridique est-il très divers selon les organisations sociales, les époques, les systèmes de pensée qui peuvent être différents selon les peuples.

Donc les ivoiriens et africains que nous sommes, moi je dis que nous avons une pensée juridique. C’est pourquoi je pense que la question qui nous est ici posée est celle de savoir quelles sont les principales tendances de la philosophie du droit qui ont inspiré les choix fondamentaux du système juridique ivoirien (...) Si nous avons une pensée juridique originelle (I), celle-ci a été mise en contact avec d’autres pensées, de sorte qu’il devrait pouvoir y avoir une symbiose entre ces différentes pensées (II). I- En ce qui concerne la pensée juridique originelle, elle résulte de la conception que les populations ivoiriennes se font de la société dans laquelle elles vivent (...)

Dans le domaine de la famille par exemple, la notion de parenté est spécifique aux sociétés ivoiriennes, aux sociétés africaines, parce que dans ces sociétés traditionnelles, la parenté résulte de la reconnaissance d’une relation sociale entre parents et enfants, différente de la relation physique et qui peut ou non coïncider avec celle-ci. Ce qui veut dire que la parenté n’est pas seulement une communauté de sang, mais résulte aussi de l’alliance et de l’adoption. Elle est sociale et donc plus large. C’est ce qui fait parler de lignage et qui comprend tous ceux qui descendent d’un ancêtre commun. Et selon que la société en question accorde plus d’importance à la mère ou au père, on parle de matrilignage ou de patrilignage. Venons-en au mariage. L’idée que les Ivoiriens, les Africains s’en font est singulière. Le mariage est plus qu’un contrat entre deux individus ; c’est un contrat entre deux familles, deux lignages (…)

Si nous prenons les successions, là encore nous en avons une notion particulière (…) II-La pensée juridique ivoirienne résulte aujourd’hui à la fois de la pensée originelle, de celle qui ressort du droit français (système romano-germanique) et de celle issue de la mondialisation (…) Qu’on ne nous dise pas toujours que nous n’avons pas de pensée juridique [sourire]. On en a une. Et cette pensée juridique doit être maintenant la symbiose entre plusieurs pensées. C’est ainsi qu’on pourrait légaliser le mariage coutumier à certaines conditions. Les exemples sénégalais et togolais sont intéressants à plus d’un titre… »

Pr. Martin BLEOU : « Ma question se rapporte à l’appréhension ou à la compréhension du thème lui-même. On peut la rattacher à l’opération définitoire. Je m’interroge et je voudrais pouvoir destiner mes préoccupations aux deux intervenants. Je me demande si on peut poser comme interchangeables ou comme synonymiques la conception du droit (en d’autres termes, les sources du droit) et la pensée juridique. Est-ce que c’est la même chose ? Si oui, en quoi ? Si non, en quoi ? [rires] D’autre part, relativement à la pensée juridique, je m’interroge sur la part ou la place de la doctrine. Est-ce que la doctrine y a sa place ? J’en ai fini ». [applaudissements] 

Pr. ASSI Bénié : « Tout à l’heure, le Professeur OBLE disait qu’il y avait une confrontation par rapport à la thèse défendue par le Professeur WODIE. A bien regarder, il me semble qu’il n’y a pas de confrontation. Parce que la pensée dont il est question ce matin ici, développée par le Professeur WODIE, c’est la pensée juridique telle que présentée jusqu’alors. Parce que jusqu’alors la pensée juridique est universelle. Il n’y a pas de pensée juridique ivoirienne et il (le Professeur WODIE) est logique dans sa présentation. Pourquoi ? Mais tout simplement parce que, il l’a dit lui-même, le droit n’a pas besoin d’objet, de contenu. Peu importe l’objet pour le droit (…)

Maintenant, ce que le Professeur LOHOUES-OBLE a proposé, c’est la nouvelle vision de la pensée juridique, qui est souhaitable, qui est souhaitée. Parce qu’on veut que le droit ait un contenu et c’est ce que le Professeur OBLE a démontré tout à l’heure : le droit peut avoir un contenu. Et dans ce cadre-là, il peut y avoir une pensée juridique ivoirienne. Donc je ne pense pas que les deux positions soient confrontables. Mais le Professeur WODIE a présenté les choses en l’état ; le Professeur OBLE souhaite qu’on aille vers tel état… »

Dr KABRAN Appiah : « Je voudrais d’abord dire mon admiration pour les deux Professeurs éminents qui sont là et, sous leur contrôle, je pense que nous avons le devoir, les universitaires, d’éclairer les autres qui sont parfois si ignorants de nos coutumes. ‘’Le Doyen’’ n’est pas un titre, une fonction ; c’est une particule. Ainsi, lorsque l’on dit ‘’Le Doyen WODIE’’, c’est en référence à l’immensité de son talent et de ses mérites et quand on dira ‘’Le Doyen OBLE’’, c’est en rapport aussi avec ses mérites immenses que reconnaissent les universitaires qui ne s’autorisent plus à l’appeler Professeur ou Ancien Doyen. Mais que tous les doyens ne s’avisent pas de réclamer qu’on les appelle ‘’Monsieur le Doyen’’, sans le justifier ! Vous voyez ce que je veux dire… [rires].

C’est en raison de cela que je voudrais les remercier de la profondeur de leurs études. Qui se terminent toutes deux d’ailleurs par des questions. En tant qu’étudiant et élève du Professeur WODIE, j’ai perçu dans sa contribution, la constance (qui ne m’étonne pas d’ailleurs de lui) de la subtilité qui parfois a du mal à se faire comprendre. Lorsque le Professeur WODIE dit qu’il n’y a pas de pensée juridique ivoirienne, il faut bien comprendre. Il dit qu’il n’y a pas de pensée juridique ivoirienne comme il ne devrait pas y avoir de pensée juridique nationale. Car la pensée juridique n’est pas susceptible d’être nationalisée.

Elle ne peut pas être ivoirienne pas plus qu’elle ne doive être française ou quoi que ce soit d’autre. Pourquoi ? En réalité, quand on réfléchit bien, l’histoire nous l’enseigne. Ce code civil dont le Président du Sénat (français) est si fier, comme vous le disiez Madame OBLE, est si pourtant ressemblant des Institutes de Gaïus écrits au IIème siècle et des compilations justiniennes du VIème siècle. C’est exactement la structure des Institutes de Gaïus. Il est vrai que le code civil a été écrit en quatre jours par quatre juristes. Oui c’est un exploit. Mais c’est une copie… ordinaire ! Il a été précédé, comme je dis, de Gaïus, de Justinien, de la Loi des XII tables, du Code d’Hammourabi, etc. Car le droit, la pensée juridique, la conception que l’homme a des règles sociétales, est, comme la science, ainsi que l’enseignait Thomas Kuhn, un processus d’accumulations successives dans le temps. Forcément.

Donc le Professeur WODIE a voulu dire cela dans sa langue si particulière. Mais les élèves fidèles n’ont rien compris. [rires] Cela n’enlève rien au mérite de ce que le Professeur OBLE, peut-être dans un premier temps, a cru être une divergence. Car ce que j’ai compris de ce que le Professeur WODIE a dit, c’est que si nous avions une pensée juridique, elle aurait le mérite de l’autonomie. Or où est-elle cette autonomie ? On ne la voit nulle part dans un monde où le moindre avocat, le moindre consultant, le moindre impétrant à l’agrégation souhaite sa conformité avec les codes européens. Et les jurislateurs d’ailleurs, quand ils récitent les leçons et les concepts à l’envie…

Source Roch Rivero https://www.facebook.com/profile.php?id=100011197682991

La jeune étudiante sénégalaise Diary Sow a sorti, jeudi 4 novembre, un roman inspiré par sa propre « disparition ».

Culture: l'étudiante sénégalaise Diary Sow publie son roman «Je pars»

L'ouvrage est intitulé Je pars (éditions Robert-Laffont). En janvier 2021, sa disparition brutale et mystérieuse avait inquiété ses proches et avait engendré un emballement médiatique. Dans son livre, elle essaie de retranscrire l’état d’esprit qui l’a poussée à « passer à l’acte » en fuyant, comme son personnage, la pression qui reposait sur ses épaules.

Disparaitre pour mieux renaître. Dans ce roman de 200 pages, Diary Sow s'invente un double littéraire : Coura Gaye, une brillante étudiante sénégalaise, comme elle, qui quitte tout comme, un geste de survie. 

« Ce qui ne va pas, déjà, c'est qu'elle s'est oubliée. Elle a une sorte de mal-être dans sa vie, parce qu'elle ne s'écoute pas suffisamment. C'est l'opinion des autres, le regard des autres qui la dirige. Et quand elle s'en rend compte, il y a ce sursaut, cette rebellion qui fait qu'elle ne peut plus continuer comme ça », explique l'autrice. 

Amsterdam est la toile de fond des aventures de l'héroine de Diary Sow qui s'émancipe, change de peau : « Comme si, en fait, en partant, elle laissait son enfance derrière elle. Elle se sent vieillie. Elle va le dire dans le roman. Cet acte va la mener vers une meilleure connaissance d'elle-même, une meilleure connaissance de sa condition de femme, une meilleure connaissance de son corps. Oui, on peut vraiment le définir comme un rite de passage. »

Je pars, deuxième roman de Diary Sow, n'est pas un journal de bord. Le lecteur avide de savoir ce qui lui est arrivé restera sur sa faim ou pourra continuer à fantasmer.

Publié le : 04/11/2021 - 23:46 Photo de Diary Sow prise à Dakar le 7 août 2020 et obtenue par l'AFP auprès de la présidence sénégalaise. Texte par : RFI

Mohamed Mbougar Sarr remporte le prix Goncourt avec son roman «La plus secrète mémoire des hommes»

Le Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr a reçu ce mercredi 3 novembre 2021 le prix Goncourt. Récompensé pour son quatrième roman, La plus secrète mémoire des hommes (éditions Philippe Rey, en co-édition avec la maison Jimsaan au Sénégal), il devient à 31 ans le premier écrivain d'Afrique subsaharienne à être distingué par le plus prestigieux des prix littéraires français. Un auteur suivi depuis ses débuts par RFI.

Mohamed Mbougar Sarr a été couronné pour son roman La plus secrète mémoire des hommes (éd. Philippe Rey). Après une édition 2020 par visioconférence, le Goncourt était remis, comme le veut la tradition, au restaurant Drouant, dans le quartier de l'Opéra à Paris. L'écrivain sénégalais l'a emporté dès le premier tour, avec six voix sur les dix du jury. « Je ressens beaucoup de joie. Tout simplement », a-t-il déclaré, à son arrivée à Drouant. Je n'ai pas encore de mots pour en parler », a-t-il ajouté, se disant « très reconnaissant » et « heureux ».

« Avec ce jeune auteur, on est revenu aux fondamentaux du testament du Goncourt, a affirmé le secrétaire de l'Académie, Philippe Claudel. 31 ans, quelques livres devant lui. Espérons que le Goncourt ne lui coupera pas son désir de poursuivre. »

Éditeur « novice » D'autres voix sont allées à Sorj Chalandon pour Enfant de salaud (Grasset) et à l'Haïtien Louis-Philippe Dalembert pour Milwaukee Blues (Sabine Wespieser). Aucune ne s'est portée sur Christine Angot avec Le Voyage dans l'Est (Flammarion), qui avait remporté la semaine précédente le prix Médicis.

Ce Goncourt était une confrontation entre deux éditeurs puissants, habitués aux récompenses, Grasset (groupe Hachette) et Flammarion (groupe Madrigall), et deux petits indépendants, novices dans ce domaine.

Mohamed Mbougar Sarr et Louis-Philippe Dalembert ont pour point commun d'être défendus par une maison qui porte le nom de celui ou celle qui l'a fondée et la dirige encore. L'éditeur de Sarr, Philippe Rey, s'est fait discret sur sa manière d'appréhender le jour J. Mais il a travaillé intensément ces derniers mois pour faire connaître au grand public le jeune écrivain, adoubé par la critique.

Première récompense : le concours RFI de nouvelles Stéphane Hessel C'est dans les murs de Radio France Internationale, en 2014, que l'auteur a été récompensé pour la première fois en remportant le concours de nouvelles Stéphane Hessel organisé par RFI. par la suite, ce fils de médecin, aîné d'une fratrie de sept garçons, né à l'est de Dakar, n'a cessé de montrer l'étendue de son talent.

Multiprimé pour ses trois romans précédents, Mohamed Mbougar Sarr atteint avec La plus secrète des mémoires des hommes un sommet dans l'art d'écrire. Dans une fiction ample, ambitieuse où se relaient plusieurs genres littéraires, il pose la question majeure de l'écriture : pourquoi, comment et pour qui écrit-on ? 

Du continent africain à l'Europe, en passant par l'Amérique du Sud, le romancier sénégalais réussit à embrasser tous les écrivains chers à son cœur, à commencer par Yambo Ouologuem, auteur malien. Un livre inventif, exigeant, provocant. Un livre magistral qui fera date.

Publié le : 03/11/2021 - 12:52 L'écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, à Paris, le 17 septembre 2021. © AFP - JOEL SAGET Texte par : RFI Catherine Fruchon-Toussaint

René Maran, premier auteur noir à remporter le Goncourt, est de retour

Né en Martinique de parents guyanais, René Maran a écrit plus de vingt livres. © KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho Il y a cent ans, le Martiniquais d’origine guyanaise décrochait le fameux prix littéraire pour « Batouala, véritable roman nègre ». Administrateur colonial, l’écrivain fut aussi un virulent critique de la colonisation. Son roman le plus intime, « Un homme pareil aux autres », vient d’être réédité.

L’histoire peut parfois s’avérer injuste. Si, pour les plus jeunes, les noms d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor demeurent relativement connus, celui de René Maran l’est beaucoup moins. Pourtant, cet écrivain né en Martinique de parents guyanais le 5 novembre 1887 est l’auteur de plus de vingt livres publiés en France entre 1912 et 1958.

 Personnalité complexe et humble Et parmi ces livres, il y a Batouala – Véritable roman nègre, qui lui valut le prix Goncourt il y a exactement cent ans, le 14 décembre 1921. Premier auteur noir à recevoir cette récompense, personnalité complexe et humble, René Maran paya peut être le fait d’être le premier à introduire des héros noirs dans la littérature francophone. Ou, plus sûrement, celui de critiquer le système colonial. « Ce roman m’a fait prisonnier des causes que j’ai défendues et que je défends », disait-il, comme le rappelle le documentaire de Fabrice Gardel et Mathieu Weschler (René Maran, le premier Goncourt noir, diffusé sur France 3).

À LIRE Avec « Les Impatientes », Djaïli Amadou Amal remporte le Goncourt des lycéens Il faut dire qu’au moment même où le Goncourt lui est attribué, René Maran se trouve en Oubangui-Chari (actuelle Centrafrique) où il est administrateur colonial ! Il n’en reçoit d’ailleurs l’information que trois jours plus tard, par télégramme. Sa position dans l’administration est d’autant plus surprenante que dans la préface de Batouala, qui fera scandale, il dénonce avec virulence les abus du système colonial français !

Études, lectures et quolibets racistes Aujourd’hui, à l’occasion du centenaire de son prix Goncourt, ce n’est pas Batouala qui est réédité par les éditions du Typhon, mais Un homme pareil aux autres, paru en 1947. Et c’est une bonne chose parce que ce livre permet de mieux saisir l’art de Maran, sa vision de la colonisation et des rapports entre Blancs et Noirs.

 IL COMMENCE À DÉCOUVRIR LES ABUS COLONIAUX, ALORS QU’IL EST LUI-MÊME L’UN DES ROUAGES DU SYSTÈME

Quand ce livre paraît, l’intellectuel et dandy guyanais a déjà une longue carrière derrière lui. Fils d’un fonctionnaire colonial, déjà, il a d’abord vécu en Afrique, au Gabon notamment, où il accompagnait son père dans ses tournées. Puis, à partir de 7 ans, il a vécu loin de ses parents, qu’il ne voyait que tous les deux ans, en pension à Bordeaux. S’il essuie bien des quolibets racistes – « boule de suif », « boule de neige », « chocolat » –, l’enfant étudie avec ferveur au lycée de Talence, puis à Michel de Montaigne, où il se lie d’amitié avec Félix Éboué – dont il rédigera une biographie en 1957. Son auteur de chevet n’est autre que Marc Aurèle, empereur romain et philosophe stoïcien.

 À LIRE Anne-Marie Garat et Bordeaux l’esclavagiste René Maran publie ses premières poésies à l’âge de 20 ans dans une revue littéraire. Son premier recueil de poèmes, La Vie intérieure, sort en 1912 alors qu’il a obtenu, trois ans plus tôt, un poste de fonctionnaire dans l’administration coloniale à Fort-Archambault (aujourd’hui Sarh, au Tchad) puis en Oubangui-Chari. Pétri de culture classique, amoureux des livres, il étudie les cultures et les dialectes locaux… et commence à découvrir les abus coloniaux, alors qu’il est lui-même l’un des rouages du système. Quand la guerre de 1914 éclate, il veut s’engager, mais l’administration le somme de rester en Afrique. Quelque temps plus tard, refusé dans un hôtel du Congo belge sous prétexte qu’il est nègre, Maran n’hésite pas à faire part de son indignation. Il reçoit un blâme.

 « Civilisation, tu bâtis ton royaume sur des cadavres » En 1921, le roman sur lequel il travaille depuis 1912 est accepté par la maison d’édition Albin Michel. La presse conservatrice n’est pas tendre : un Nègre n’a pas pu écrire un livre ! Il a sans doute plagié d’autres auteurs ! Quant à cette préface écrite par un fonctionnaire de terrain qui fustige la réalité coloniale, ce n’est que pur mensonge ! Qui peut prononcer une phrase comme « Civilisation, tu bâtis ton royaume sur des cadavres » ? Six ans plus tard, André Gide publiera Voyage au Congo, qui dresse le même terrible constat.

 À LIRE Raphaël Confiant : « La majorité des Antillais a fait la guerre d’Algérie sans état d’âme » Malgré le Goncourt, ou à cause du Goncourt, considéré comme un « nègre antifrançais » et un « traître à la patrie », René Maran est contraint à la démission en 1924. Il pense alors à vivre de sa plume, à Paris, où il commence à fréquenter les jeunes écrivains francophones noirs. En 1927, il épouse Camille Berthelot, une Blanche…

« Batouala – véritable roman nègre », de René Maran (Albin Michel, 1921). « Batouala – véritable roman nègre », de René Maran (Albin Michel, 1921). © DR S’il sent très tôt poindre les dangers des totalitarismes, René Maran passe la totalité de la guerre en France sans être inquiété par les puissances occupantes, tandis que son ami Félix Éboué se déclare partisan du Général de Gaulle dès le 18 juin 1940.

Amour et barrières raciales Un homme pareil aux autres paraît en 1947, deux ans après la fin de la guerre. C’est sans doute le texte le plus intime de Maran. Il y raconte les affres de Jean Veneuse, administrateur colonial noir fou amoureux d’Andrée Marielle, qui est blanche, à qui il veut à tout prix éviter le poids des reproches et de la réprobation dont souffrent, systématiquement, les couples mixtes.

LES IDÉES QUI PERCENT AVEC DÉLICATESSE DE CES HISTOIRES D’AMOUR DEMEURENT ÉTONNAMMENT MODERNES

Dans la préface à cette réédition, l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr écrit : « C’est dans le présent livre qu’il est parvenu, en le donnant à vivre et sentir plus intimement, et dans une belle maîtrise de ses moyens littéraires, à aller plus loin au cœur de la grande question existentielle de son œuvre et de sa vie : le problème de la barrière raciale, jusque (ou surtout) dans les relations sentimentales. »

 À LIRE « L’amour jusqu’au tombeau » d’Haddis Alemayehu, un classique éthiopien Si le livre sera en grande partie passé sous silence, le relire aujourd’hui s’avère sinon nécessaire, du moins instructif. Certains trouveront le style souvent suranné et l’expression des sentiments un tantinet grandiloquente. Mais les idées qui percent avec délicatesse de ces histoires d’amour (car il y en a plusieurs) demeurent étonnamment modernes.

 Dans la phrase qui donne son titre au livre, René Maran écrit : « Je ne sais pas, je ne sais plus et ne veux pas chercher à savoir quoi que ce soit. Ou plutôt, je ne sais plus qu’une chose : c’est que le nègre est un homme pareil aux autres, un homme comme les autres, et que son cœur, qui ne paraît simple qu’aux ignorants, est aussi compliqué que peut l’être celui du plus compliqué des Européens. » Et Jean Veneuse, son héros, est bien compliqué en effet : il cède à Clarisse tout en aimant Andrée, sans vraiment s’autoriser à le faire puisqu’il est noir et qu’elle est blanche, il exècre la colonisation tout en étant administrateur colonial !

 Heureusement, il a des proches qui savent chanter les miracles de l’amour : « Seulement, il ne faudra plus que tu continues à remuer tes scrupules, lui dit son ami Coulonges. Crois-moi, l’amour supprime toutes les barrières, même raciales. C’est lui le seul pacificateur, le seul colonisateur, le seul civilisé. En un mot, comme en cent, c’est lui, et lui seul, qui confère les seuls vrais droits de naturalité. »

« Une déesse âpre et cruelle » Évidemment, au-delà des questions intimes, Un homme pareil aux autres est aussi un violent plaidoyer contre la colonisation, « une déesse âpre et cruelle, qui ne se paie pas de mots et se nourrit de sang ». Et Maran de poursuivre, enfonçant le clou : « Trop pratique pour être sensible, rien ne la détourne de ses projets. Elle se fonde sur l’injustice et l’arbitraire. Il faut, pour lui plaire, jeter en prison des hommes crevant de faim et des femmes allaitant leurs enfants. Il faut, pour lui plaire, arrêter des innocents. […] La force primant le droit, le meurtre célébré et honoré, c’est ça, la colonisation, c’est ça, la civilisation. Il n’est personne qui ne le sache. Alors, pourquoi se plaît-on à jouer ainsi sur les mots ? Pourquoi n’a-t-on pas le droit de dire à tous la vérité que l’on détient ? Et pourquoi, lorsqu’on ne fait que relater une faible partie de ce qui est patent, soulève-t-on tant de dénégations inutiles et tant de haines ? »

Rappelons-le : ce texte fut publié en 1947, treize ans avant la mort de Maran, le 9 mai 1960. Le relire ne peut pas faire de mal.

Un homme pareil aux autres, de René Maran, préface de Mohamed Mbougar Sarr, Les Éditions du Typhon, 234 pages, 17 euros. 2 novembre 2021 à 12:15 Par Nicolas Michel Mis à jour le 2 novembre 2021 à 12:17

 Source https://www.jeuneafrique.com/1258062/culture/rene-maran-premier-auteur-noir-a-remporter-le-goncourt-de-retour/?

Classement des universités africaines : La Côte d'Ivoire retrousse ses manches, les annonces d'Adama Diawara

-Le ministre ivoirien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a dévoilé, ce mardi 19 octobre 2021, des innovations dans l’enseignement à partir de cette année universitaire.

 Le Pr Adama Diawara qui parlait au cours de la cérémonie de rentrée solennelle des établissements d’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire, à San Pedro, a annoncé plusieurs réformes. ‹‹L’évaluation des étudiants des universités publiques se fera désormais de façon continue, à travers des interrogations écrites, des devoirs et des examens de fin de semestre››, a-t-il fait savoir. 

En outre, il a indiqué qu’une évaluation des universités et grandes écoles privées sera instaurer. Il s’agira, selon lui, d’évaluer la qualité des infrastructures et des équipements, la compétence des enseignants et les rendements interne et externe des établissements concernés. Il en résultera un classement national des établissements privés. 

Côte d'Ivoire Le ministre de l’enseignement supérieur lors de son allocution Les autres réformes majeures annoncées par le ministre Diawara sont l’instauration de la norme qualité dans tous les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, les voyages d’immersion des enseignants-chercheurs et chercheurs dans les universités, instituts et centres de recherche français grâce au financement C2D, l’ouverture de classes universitaires préparatoires aux grandes écoles et d’instituts universitaires de technologie (UIT) dans les universités Félix Houphouët-Boigny de Cocody, Alassane Ouattara de Bouaké et Péléforo Gbon Coulibaly de Korhogo. 

Côte d'Ivoire Les acteurs de la chaîne des valeurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique se sont fortement mobilisés Par ailleurs, le patron du département de l’enseignement supérieur a proposé une feuille de route aux différents acteurs du secteur pour traduire le thème “Un enseignement supérieur apaisé et de qualité”, choisi pour l’année universitaire 2021-2022, en réalité. Il a ainsi exhorté les chefs d’établissement a s’engager au respect des calendriers académiques, à améliorer la gouvernance des établissements pour plus d’efficacité et à développer la coopération avec le monde universitaire et socio-économique aux niveaux national, sous régional et international. Quant-aux étudiants, le Pr Diawara les a invités à s’engager dans la voie de la concertation permanente avec les responsables de leur structures de formation, leur enseignants et leur camarades étudiants.l’un des temps forts de l’intervention du ministre, a été le vibrant hommage qu’il a rendu au Président de la République. Pour lui, l’enseignement supérieur et la recherche ivoirien ont pu renaître de leurs cendres après 2011, grâce au leadership du président Alassane Ouattara. Il a cité entre autres, la réhabilitation et l’extension des universités existantes, la création de nouvelles Universités, la réhabilitation des cités universitaires…

‹‹ Le président Alassane Ouattara a fait en sorte que notre enseignement supérieur puisse sortir de l’ornière››, a-t-il affirmé. La cérémonie de rentrée solennelle des établissements de l’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire s’est tenue à l’université de San Pedro. La benjamine des temples du savoir a ouvert ses portes , cette année, avec 450 étudiants. À terme, ce sont 20 mille apprenants qui s’y formeront dans les unités de formation et de recherche (UFR) Science de la mer, Science de la santé, Agriculture, ressources halieutiques et agro-industrie et Logistique, tourisme hôtellerie et restauration. Cet établissement supérieur dirigé par le Pr Meité Meke, aura, également, en son sein une école préparatoire et deux écoles d’ingénieurs.

= Stéphane Beti, correspondant (App) Côte d’Ivoire By APP - 20 octobre 2021=

 La Côte est résolument engagée sur le chemin vers un meilleur classement dans le top 30 des universités africaines.

Sur la question du classement des universités africaines, la Côte d'Ivoire a décidé de retrousser ses manches pour figurer en bonne place dans « le top 30 ». Une volonté marquée par l'organisation d'un l'atelier de réflexion sur le ranking (classement) des universités africaines, dont l'ouverture a eu lieu au Radisson Blu hôtel à Port-Bouët, mercredi 20 octobre 2021.

Il s'agit d'une importante initiative du Fonds pour la science, la technologie et l'innovation (Fonsti) et du Programme d'appui stratégique à la recherche scientifique (Pasres), soutenue par le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, entre autres. L'objectif à court terme de cet atelier est de « parvenir à mettre en place un système de classement national annuel entre les établissements publics d'enseignement supérieur, basé sur les performances managériales, scientifiques et technologiques ». 

Un système d'évaluation dès 2022 Le ministre a dévoilé l'ambition de la Côte d'Ivoire d'intégrer le « top 30 » du classement des universités africaines dans les années à venir. Pour y arriver, Adama Diawara a annoncé de grandes mesures et des réformes majeures en cours, qui entreront en vigueur dès 2022.

Parmi ces réformes, il a évoqué l'évaluation des universités et grandes écoles privées de Côte d'Ivoire. « On ne va pas s'arrêter aux établissements privés. Il va falloir le faire pour les établissements publics. Nous allons mettre en place ce qu'il faut pour corriger cette anomalie (le mauvais classement de la Côte d'Ivoire au niveau africain et mondial, ndlr) », a garanti le premier responsable de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en Côte d'Ivoire.

Adama Diawara a indiqué qu'un « document de référence » sortira au terme de cet atelier de réflexion sur le classement des universités africaines, vendredi 22 octobre 2021 à Grand-Bassam. Ce document de référence permettra de guider désormais les universités (...) 

Source: linfodrome.com Lire la suite sur linfodrome.com

Au rapport Vaccins contre le Covid et cycles menstruels : pas de lien établi à ce jour mais l’ANSM reste vigilante

La pandémie de Covid-19 en Francedossier L’Agence nationale de sécurité du médicament avait classé cet été les perturbations des cycles menstruels comme «signal potentiel» après une vaccination. Dans de nouveaux rapports, l’agence indique poursuivre ses études, mais pointe la difficulté d’établir une corrélation entre les deux.

L’ensemble des perturbations des cycles menstruelles après une vaccination restent notifiés non graves dans 90% des cas a précisé l’ANSM.

  Les témoignages avaient essaimé sur les réseaux sociaux dans le monde entier : cet été, de nombreuses femmes racontaient avoir vu leur cycle menstruel perturbé après avoir reçu leurs injections de vaccin contre le Covid-19. Elles décrivaient notamment, et décrivent toujours aujourd’hui, des cycles décalés, des règles plus douloureuses que d’habitude, ou des flux plus intenses.

Le 30 juillet, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) faisait remonter dans son enquête de pharmacovigilance des centaines de cas observés suite à une vaccination avec Pfizer et Moderna. Des dossiers classés comme «signal potentiel» – faisant donc l’objet d’une attention particulière. Le 24 septembre, un nouveau point de situation sur ces deux mêmes vaccins confirmait le maintien de ce signal, sans pour autant relever de situations inquiétantes ni de lien direct prouvé entre vaccination et troubles menstruels. 

Ces enquêtes, réalisées «à partir des déclarations réalisées par les professionnels de santé, les personnes vaccinées ou leur entourage», sur le site signalement-sante.gouv.fr, indique l’ANSM à Libération, ont permis de faire remonter au 31 juillet 261 cas «notifiés et validés» pour le vaccin Pfizer, dont 30 graves, ainsi que 238 cas, dont 19 graves, pour le sérum Moderna au 9 septembre. 

Le spectre des effets étudiés est large : retards ou avancées du cycle, ainsi que des ménorragies (règles anormalement abondantes) et des métrorragies (saignements en dehors des règles). Par ailleurs, certaines femmes pourtant ménopausées ou préménopausées ont témoigné avoir présenté des saignements après avoir reçu une dose de vaccin. Mais l’ensemble de ces perturbations restent, dans 90% des cas, notifiés non graves, précise l’ANSM.

«Seuls des essais cliniques pourraient le vérifier» «Il y a sujet à vigilance, mais pas d’inquiétude, résume Sophie Gautier, responsable du Centre régional de pharmacovigilance de Lille et autrice d’une partie des rapports. Pour l’heure, aucun lien n’a pu être établi entre la vaccination et les perturbations de cycles. Seuls des essais cliniques pourraient le vérifier. Le seul élément qui nous interpelle et nous surprend, c’est la chronologie des cas rapportés : la plupart des troubles se déclarent dans les trois jours à la suite des injections.» ::::::::: Le nombre de ces déclarations a aussi retenu l’attention des centres de pharmacologie. «Ce nombre de cas a augmenté, mais cela fait suite à nos rapports sur le sujet cet été, ajoute-t-elle. Par acquit de conscience, certaines femmes ont signalé des perturbations, mais cela ne veut pas dire que le phénomène s’est accéléré.»

D’autant que les rapports soulignent le fait que les perturbations se résorbent rapidement : «On assiste souvent au décalage d’un seul cycle», commente Sophie Gauthier. Même si, dans le cas du vaccin Moderna notamment, des modifications du cycle ou des flux sont apparus à nouveau après la seconde dose. Par ailleurs, «rien dans les données de pharmacovigilance dont nous disposons à ce jour» ne permet de penser une incidence du vaccin sur la fécondité des femmes concernées. Dans tous les cas, «si ces troubles menstruels persistent, nous invitons les personnes vaccinées à consulter leur médecin», recommande l’ANSM. Interrogé sur France Inter à ce sujet ce mercredi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, tentait de rassurer : «Le mécanisme inflammatoire en soi peut décaler ou perturber le cycle hormonal qui va suivre. Mais à ce stade je n’ai aucune information de gravité.» 

«Ce sont les limites du déclaratif utilisé en pharmacologie» Les difficultés à établir un lien entre vaccination et troubles menstruels s’expliquent notamment par la présence d’autres facteurs qui peuvent aussi perturber un cycle, comme le stress, la fatigue, des inflammations ou la prise d’une contraception. «Comme nous ne travaillons qu’avec des observations déclarées spontanément, il est difficile d’évaluer ces autres facteurs et d’obtenir des éléments sur la régularité du cycle habituel, détaille la pharmacologue. Ce sont les limites du déclaratif utilisé en pharmacologie : il a pour but d’alerter, d’attirer le regard sur un événement potentiellement en lien avec le vaccin, mais on ne peut réaliser un “avant /après” qui permettrait d’objectiver le trouble avec précision.»

Si les rapports pointent des données de littérature scientifique pour l’heure «très pauvres» sur le sujet, ils citent le questionnaire en ligne lancé par Kathryn Clancy, anthropologue américaine à l’université de l’Illinois, qui a recueilli plus de 140 000 réponses.

«Cette étude est menée précisément dans le domaine de spécialité de cette chercheuse, je ne suis pas sûre que de telles études seront forcément menées en France, car le phénomène des troubles menstruels est déjà très complexe, certains ne sont toujours pas expliqués aujourd’hui en dehors de toute vaccination», estime Sophie Gautier. Les auteurs des rapports appellent toutefois à «une discussion» avec les sociétés savantes du Collège national des gynécologues et obstétriciens français et la Société française d’endocrinologie. 

Les instituts de santé américains ont d’ailleurs annoncé mi-septembre qu’ils financeraient des recherches menées par cinq universités sur toute une année, en étudiant le cycle de participantes de tous âges et de tous profils qui n’ont pas encore été vaccinées, pour mesurer les conséquences des injections sur leur cycle. 

Parallèlement, «certaines données existent par contre concernant l’impact de la maladie Covid sur le cycle menstruel chez les femmes, indique le rapport sur le vaccin Pfizer. Des troubles de la menstruation sont rapportés sans qu’il soit possible de savoir s’il s’agit de l’infection, du stress ou de modifications du comportement.» Mais «plusieurs éléments méritent d’être analysés de manière plus approfondie», poursuivent les auteurs.

Source www.liberation.fr /   (Photo d'illustration) 

par Maëlane Loaec publié le 1er octobre 2021 à 12h14

POURQUOI J’INTERPELLE MADAME LA MINISTRE SUR L'AFFAIRE DE LA SALLE RECALÉE AU BEPC

Par : Benoit Hili · POURQUOI J’INTERPELLE MADAME LA MINISTRE SUR L'AFFAIRE DE LA SALLE RECALÉE AU BEPC Depuis deux mois je parle de cette affaire où une salle entière de 29 candidats qui comprend des élèves brillants a été recalée au Bepc. Une mention de fraude a été injustement apposée sur la composition d’ensemble de la salle. Si les choses restent en l’état, les victimes (centre LABAT A de Williamsville) ne peuvent s'inscrire ni dans le privé ni dans le public. Sur la plate-forme ministérielle, on ne peut pas les intégrer comme élèves. Ces gamins seront donc clandestins. Et la clandestinité peut durer deux à trois ans.

L’enfer en somme ! Parmi les propositions que des amis font, c’est qu’à partir du moment où tout innocente les pauvres enfants, les parents d’élèves doivent prendre un avocat et ouvrir un procès. C'est long, la procédure, dans ce cas. Ça peut durer un an. Ce fut le cas de deux non-voyants victimes d'injustice similaire au bac. La procédure du procès a pris un an. Ils ont gagné le procès et ont été réhabilités par la justice. Quand ils ont cherché à être inscrits à l'université, ils se sont heurtés à un obstacle. Les orientations à l'université, concernent les bacheliers de l'année fraîchement écoulée. Or, leur bac à eux, datait de l'année d'avant l'année écoulée. Ça été la double peine pour nos pauvres non-voyants. Voilà l'inconvénient de cette voie judiciaire. Prions que la ministre Koné Mariatou qui fait tout pour améliorer les choses soit sensible de cette salle de 29 élèves victimes du quiproquo. Un dossier dont elle est saisie depuis juillet. Sinon, ce sera une situation kafkaïenne pour les pauvres bouts de choux.

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