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Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon peuvent-ils devenir Premier ministre ?

Emmanuel Macron tout juste réélu, ses principaux adversaires souhaitent déjà prendre leur revanche aux élections législatives. Mais à quoi ressemblerait une cohabitation avec Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre ? Éléments de réponse.

"Je demande aux Français de m'élire Premier Ministre." Jean-Luc Mélenchon n'a même pas attendu le second tour de l'élection présidentielle pour repasser à l'offensive. Son rêve ? Voir "le bloc populaire" tout rafler aux législatives lui permettant d'obtenir une majorité à l'Assemblée nationale et de contraindre le Président Macron à une cohabitation.

Et même si leurs responsables ne sont pas allés aussi loin que leur homologue des Insoumis, du côté du Rassemblement national aussi tout le monde voit les législatives comme un véritable "troisième tour" de la présidentielle. 

"Le Premier ministre doit avoir la confiance du Parlement" Si elle paraît pour l'heure peu probable, une éventuelle cohabitation pourrait être très houleuse. Comme l'indique à France Info le professeur de droit public à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Dominique Rousseau, Emmanuel Macron n'aurait aucun moyen d'imposer son choix pour la nomination du Premier Ministre. 

"L'article 49 de la Constitution précise que le Premier ministre doit avoir la confiance du Parlement. S'il (Emmanuel Macron) nommait Richard Ferrand, par exemple, ce dernier serait immédiatement renversé par l'Assemblée nationale", via une motion de censure. 

La seule arme présidentielle resterait dans ce cas-là la dissolution de l'Assemblée nationale en espérant que l'issue du nouveau vote lui soit plus favorable. Mais en cas de nouvel échec, "il serait obligé de s'y soumettre ou de se démettre", résume Dominique Rousseau.

Dans l'histoire de la Ve République, la France a connu trois cohabitations : François Mitterrand (PS) avec Jacques Chirac (RPR) de 1986 à 1988 puis François Mitterrand (PS) avec Édouard Balladur (RPR) de 1993 à 1995, et enfin Jacques Chirac (RPR) avec Lionel Jospin (PS) entre 1997 et 2002.

Un président plus effacé aux décisions "court-circuitées" Dans ces cas-là, "le président de la République joue un rôle moins important, plus effacé que lorsqu'il a une majorité parlementaire derrière lui", ont résumé nos confrères de RTL dans un article consacré au sujet. "Le chef de l'État pourrait ainsi voir une partie de ses décisions court-circuitées par son gouvernement."

Ainsi, avec Lionel Jospin à Matignon, Jacques Chirac n'avait pu éviter la mise en place des 35 heures ou de la Couverture maladie universelle (CMU). Car le Président ne peut pas empêcher le gouvernement de gouverner. S'il refusait de promulguer les lois votées, "il pourrait faire l'objet d'une procédure de destitution, pour manquement grave à sa charge", estime Dominique Rousseau.

Pour Emmanuel Macron, la menace semble malgré tout assez lointaine : depuis la mise en place du quinquennat et la programmation des élections législatives dans la foulée de la présidentielle, jamais un Président élu n'a été mis en minorité à l'Assemblée nationale. 

BORIS BOUTET suivre ce journaliste

https://www.midilibre.fr/2022/04/26/lp> Publié le 27/04/2022 à 06:01

Lisa Cook, première femme noire pressentie pour devenir gouverneure de la Fed / Un parcours brillant et engagé

Lisa DeNell Cook a été nominée par Joe Biden pour devenir gouverneure de la Réserve fédérale des États-Unis, ici à Washington le 3 février 2022. © AFP / BILL CLARK Lisa Cook a passé sa vie à démontrer combien le racisme, la haine et la violence peuvent réduire le niveau de vie et la croissance aux États-Unis. Elle s’exprime récemment au Centre de développement équitable (Washington Center for Equitable Growth) de Washington.

« Vous n’intégrez pas toute la population, vous n’utilisez pas toutes les ressources de l'économie. Vous ne gérez pas bien l’économie. Nous estimons que le produit intérieur brut par habitant serait de 0,6 à 4,5 % plus élevé s'il y avait plus de femmes et plus d'Afro-Américains inclus dans le processus d'innovation. C’est beaucoup d’argent perdu. »

 Un parcours brillant et engagé

Les convictions de Lisa Cook ont été façonnées par son enfance à Milledgeville, dans l’État de Géorgie. « C’était le sud deségrégationiste », dit-elle, « et mes parents se battaient contre la non-violence aux côtés d’un ami de la famille, le pasteur Martin Luther King ».

 Fille d’un aumônier baptiste et d’une professeure en école d’infirmières, c’est une des premières enfants noires à intégrer une école publique, autrefois réservée aux élèves blancs. Le climat est violent et elle garde sous l’œil droit la cicatrice des agressions racistes qu’elle a subi.

Lisa Cook surmonte toutes les épreuves et suit de longues études brillantes en économie et en philosophie dans de prestigieuses universités. À Atlanta d’abord, puis à Oxford, en Angleterre, à l’université Cheikh Anta Diop à Dakar, et enfin à Berkeley, en Californie. Sylvie Matelli, directrice adjointe à l’IRIS, l’Institut de relations internationales et stratégiques. 

« C’est un haut potentiel, si vous me permettez l’expression, parce que docteure en économie, très engagée sur différentes questions, qui parle 5 langues dont le russe. Ce n’est pas n’importe qui. » Une spécialiste des effets du racisme sur l'économie  Lisa Cook est, un temps, enseignante au Centre international de développement de Harvard, avant de devenir professeure d’économie et de relations internationales à l’université du Michigan. Un parcours qui impressionne le président Joe Biden, comme l'explique Sylvie Matelli. « C’est une économiste mais ce n’est pas du tout une spécialiste de l’économie financière ou de la politique monétaire. C’est une spécialiste des effets pervers sur l’économie du racisme, donc il y a vraiment un engagement très fort, non seulement il (Biden) fait entrer une femme, mais une femme noire, je trouve qu’on est vraiment sur cette question des inégalités. »

 Lisa Cook devrait donc apporter une dimension nouvelle qui n’existe pas à la Fed. Georges Ugeux, président de Galileo Global Advisors.

« C’est vraiment une personne qui est académique. Donc ce qu’elle va apporter, c’est un angle différent qui n’existait pas à la Fed. Elle va par exemple s’assurer que quand la Réserve fédérale fait des investissements ou bien soutient un certain nombre d’institutions financières, tout n’aille pas dans une seule direction et que l’on prenne en considération l’égalité des chances dans la politique de la Fed en matière d’emploi. »

Mettre à profit son expérience de conseillère en développement pour Obama  

Le taux de chômage aux États-Unis est de 3,6 %, presque son niveau d’avant pandémie. Mais il est de 7 % pour la population noire.  En dehors de la lutte contre les inégalités raciales et de genre, Lisa Cook espère mettre à profit son expérience de conseillère en développement international dans l’administration de Barack Obama et son soutien dans l’équipe de transition de Joe Biden, explique Sylvie Matelli.

« Elle a beaucoup travaillé sur le développement économique donc ça c’est pas mal, parce que le durcissement de la politique américaine pour lutter contre l’inflation peut avoir des conséquences sur les pays du sud qui sont aujourd’hui très endettés, ce sont eux les plus vulnérables face à cette dette et le fait qu’elle soit spécialiste de ce développement économique, ce n’est probablement pas anodin. Elle avait beaucoup travaillé sur la reprise économique au Rwanda après le génocide de 1994. Donc voilà quelqu’un de plutôt empathique, ouverte sur le monde. »

La nomination de Lisa Cook fait toutefois grincer des dents dans les rangs des Républicains. Ils la jugent trop peu qualifiée en macroéconomie pour entrer à la Fed. Mais Lisa Cook n’en est pas à un combat près.

La colère de Vincent Bolloré couve depuis plusieurs mois. C’est un homme que les gouvernants n’impressionnent pas.

Comment Vincent Bolloré mobilise son empire médiatique pour peser sur la présidentielle

ENQUÊTE /    En quelques mois, le milliardaire breton a bâti un pôle réactionnaire qui s’étend de l’audiovisuel à l’édition. Avec comme fer de lance le polémiste vedette Eric Zemmour, dont les obsessions identitaires et anti-islam colonisent le débat public. 

Vincent Bolloré a demandé à passer par la grille du Coq, l’entrée des visiteurs secrets, et il est furieux. Nous sommes en juin 2021 et l’actionnaire principal de Vivendi a rendez-vous avec Emmanuel Macron. « J’entends beaucoup dire que vous me prêtez des intentions qui ne sont pas les miennes », lance le PDG du groupe Bolloré au locataire de l’Elysée.

Près d’un an auparavant, un dîner avait déjà réuni le grand patron, le président, son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, et leurs épouses. L’atmosphère avait été conviviale et Carla Bruni avait filmé quelques bribes de la soirée. Cette fois, le déjeuner est expédié plus rapidement que prévu dans une atmosphère glaciale et c’est peut-être là, juste avant l’été, que s’est joué le premier acte de la prochaine présidentielle.

La colère de Vincent Bolloré couve depuis plusieurs mois. C’est un homme que les gouvernants n’impressionnent pas. Adolescent, il jouait au gin rami avec Georges Pompidou, que ses parents, industriels bretons, recevaient, comme François Mitterrand, dans leur maison du Finistère. D’ailleurs, il a croisé presque tous les présidents de la Ve République. Dans certains pays africains ou en Asie, il est reçu avec les égards d’un chef d’Etat. 

C’est peut-être la raison pour laquelle il n’a pas goûté la petite phrase de Brigitte Macron, qui se voulait aimable : « Comment peut-on vous aider ? » La réponse a fusé, bien sèche sous la formule de politesse : « Je vous remercie, Madame. En rien. » Comment peut-on vous aider ? Il ignore que l’épouse du président pose rituellement cette question à ses visiteurs, comme si son mari pouvait tout régler, et ces mots anodins ont résonné pour lui comme un affront, raconte-t-il à un ami. D’autant qu’il a justement le sentiment que l’Elysée cherche à « l’agresser » plus qu’à l’aider. 

« Mais, enfin, arrêtez, vous achetez tout ! » Quatre mois plus tôt, le 26 février, le tribunal de Paris a décidé, à la surprise générale, de renvoyer l’homme d’affaires devant un tribunal correctionnel, alors même qu’il avait accepté de plaider coupable et négocié le paiement des 12 millions d’euros d’amendes dues dans une affaire de corruption au Togo. Vincent Bolloré s’est convaincu que le président est derrière cette décision judiciaire. 

C’est encore Emmanuel Macron, s’exaspère-t-il, qui a poussé le leader mondial du luxe, le puissant patron de LVMH, Bernard Arnault, à entrer dans la bataille pour le contrôle du groupe Lagardère que Bolloré s’apprête à dévorer. 

Pour couronner le tout, Nicolas Sarkozy assure que le chef de l’Etat a demandé à Angela Merkel d’empêcher le géant allemand Bertelsmann de céder sa filiale M6 à Bolloré, finalement tombée en mai dans l’escarcelle du groupe TF1.

Le milliardaire voudrait être certain qu’au sommet de l’Etat on ne lui met pas de bâtons dans les roues. « Mais, enfin, arrêtez, vous achetez tout ! », rétorque le président au-dessus de la table du déjeuner. 

https://www.lemonde.fr  Par Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

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Le sommet pour la démocratie de Joe Biden a déçu Au point que l’administration américaine s’est contentée du service minimum "

Joe Biden en a fait l’inconfortable expérience avec le sommet virtuel pour la démocratie organisé par les Etats-Unis les 9 et 10 décembre.

L’événement a trahi l’embarras américain, à la fois sur la liste, critiquée, des invités, mais aussi dans l’aveu même du président Biden selon qui les Etats-Unis n’étaient pas toujours à la hauteur des idéaux démocratiques. 

Editorial du « Monde ». Les promesses de campagne n’engagent pas seulement ceux qui les reçoivent. Joe Biden en a fait l’inconfortable expérience avec le sommet virtuel pour la démocratie organisé par les Etats-Unis les 9 et 10 décembre. Il avait été annoncé en fanfare dans une tribune publiée au printemps 2020 par la revue Foreign Affairs, qui tenait lieu de déclaration de politique étrangère du candidat démocrate. Ce sommet s’est pourtant révélé un modèle de fausse bonne idée. Au point que l’administration américaine s’est contentée du service minimum (critique des mauvaises gouvernances, éloge du travail de la presse) sur une question pourtant cruciale puisque partout ou presque la démocratie est en recul, attaquée et affaiblie.

La liste des invités a trahi l’embarras américain. Le critère des intérêts régionaux de Washington l’a souvent emporté sur la nature des régimes conviés, dont au moins un tiers laissait à désirer, selon le classement de la Freedom House, un observatoire de l’état de la démocratie libérale dans le monde financé par l’Etat fédéral des Etats-Unis. C’est ainsi que la République démocratique du Congo ou le Brésil ont figuré parmi les méritants, mais ni la Turquie ni la Tunisie.

Il serait aisé d’ironiser à propos de cette sélectivité discutable et de moquer la litanie convenue de discours à distance à laquelle le sommet a donné lieu en préambule d’un rassemblement de chefs d’Etat et de gouvernement qui se tiendra en 2022, peut-être. Deux symboles de la tentation autoritaire qui travaille de nombreux pays, la Chine et la Russie, qui n’étaient évidemment pas invités, ne s’en sont pas privés. 

Recroquevillement clanique Mais il est autrement plus cruel de constater combien les Etats-Unis, naguère ambassadeurs de la démocratie libérale, sont désormais bien mal placés pour faire la leçon à qui que ce soit. Quatre années de Donald Trump, grand admirateur des hommes forts, ont en effet accéléré un affaissement inquiétant dont on ne discerne pas la fin. 

L’aveu de cette décrépitude par Joe Biden lui-même, admettant que son pays devait « combattre sans relâche pour être à la hauteur de ses idéaux démocratiques », n’en a été que plus marquant. Tout comme celui de la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, qui a convenu que les Etats-Unis étaient sans doute « le meilleur endroit pour cacher et blanchir des gains acquis frauduleusement », au cours d’une session consacrée au poison de la corruption. 

La reconnaissance de cette réalité, surtout de la part d’une puissance souvent peu économe de sa suffisance, constitue un préalable essentiel dont seules les démocraties sont précisément capables. Mais elle n’a rien d’encourageant.

Les menaces qui pèsent sur ces régimes ouverts aux vents mauvais sont à trouver dans le recroquevillement clanique qui alimente le refus des normes. Dans le mépris des contre-pouvoirs partout attaqués, qu’il s’agisse de la justice ou du journalisme. Malheureusement, ces errements sont tous à l’œuvre aux Etats-Unis, le plus souvent à l’initiative du Grand Old Party, celui fondé par Abraham Lincoln et aujourd’hui à la renverse. Il contribue largement aux tripatouillages (purges de listes électorales, obstacles au vote des minorités) et aux charcutages électoraux, tous produits à une échelle industrielle.

L’ampleur de cette panne américaine entrave Joe Biden dans sa quête d’une réponse au malheur démocratique éprouvé dans son pays comme dans de nombreux autres. Il n’y a aucune raison de s’en réjouir.

Le Monde Publié le 11 décembre 2021 à 10h32 - Mis à jour le 11 décembre 2021 à 17h34

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LES DÉCODEURS EVASION FISCALE / « ISF gate » : comment de grandes fortunes françaises ont pratiqué l’évasion fiscale au Canada

Le journal « Libération » révèle que plusieurs familles fortunées sont soupçonnées d’avoir dissimulé des centaines de millions d’euros dans des « trusts » opaques pour échapper à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

C’est du Canada que surgit le dernier scandale d’évasion fiscale en date, l’« ISF gate », dont Libération a dévoilé le 13 décembre l’histoire. Selon le quotidien, des dizaines de grandes fortunes françaises ont recouru, pendant plus d’une décennie, à des structures opaques immatriculées au Canada, des « trusts » non déclarés en France, afin d’y dissimuler leur patrimoine et réduire leur facture fiscale. Leur motivation première était d’échapper à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) français, instauré en 1982 à l’arrivée au pouvoir des socialistes et remanié plusieurs fois depuis.

Comme souvent dans les affaires fiscales, la ligne entre l’optimisation et la fraude, autrement dit entre le légal et l’illégal, est difficile à tracer. Mais les soupçons sont suffisamment étayés pour avoir déclenché plusieurs contrôles et redressements fiscaux, une enquête policière et une information judiciaire. 

Moins connus que les anciens comptes à numéro suisses ou les boîtes aux lettres offshore au Panama, les trusts sont des entités de droit anglo-saxon qui abritent des biens (argent, villas, tableaux, actions cotées en Bourse, etc.) gérés au nom de leurs propriétaires réels par une personne de confiance (un « trustee »). Ils ont été créés à l’origine pour protéger les héritages et organiser les successions en minimisant l’impôt. Mais l’opacité qu’ils procurent en a fait des paravents réglementaires vis-à-vis du fisc. Et des outils très prisés des fraudeurs et de leurs conseils en fiscalité. =

Source  https://www.lemonde.fr Par Anne Michel et Maxime Vaudano

Publié le 16 décembre 2021 à 14h24 -

Mis à jour le 16 décembre 2021 à 14h45

À Lire aussi Evasion fiscale : l’épilogue des « Panama Papers » révélé par une nouvelle fuite de données 

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Une escalade verbale au parfum de guerre froide entre le président américain et Vladimir Poutine.

Une plongée au cœur du système Poutine avec les meilleurs experts de C dans l’air et la participation d’invités exceptionnels, interviewés par Caroline Roux. 

Le Président américain Joe Biden l’a qualifié de « tueur » en mars dernier, un compliment qui lui a très vite été retourné. Une escalade verbale au parfum de guerre froide entre le président américain et Vladimir Poutine.

Pourtant, le chef du Kremlin n'a jamais paru aussi fort : après 22 ans au pouvoir et une nouvelle victoire aux élections en septembre dernier, une révision constitutionnelle le rend désormais éligible jusqu’en 2036, et donc plus «tsarifié» que jamais.

En deux décennies, Poutine a réussi à éliminer toute réelle concurrence politique autour de lui. Son seul adversaire sérieux, Alexeï Navalny, croupit dans une colonie pénitentiaire après avoir été empoisonné ; ses partisans sont arrêtés par milliers et les pressions occidentales n’y font rien. Sur la scène internationale, le maître du Kremlin multiplie les offensives : ingérences électorales, annexions territoriales, affaires d’espionnage, recours à des armes interdites … Poutine s’affranchit de toutes les règles et rien ne semble arrêter cet ancien espion qui rêve d’une Russie au centre du jeu.

En pleine actualité, la Russie de Poutine inquiète à différents niveaux. Gros exportateur de gaz, elle est accusée de chantage énergétique sur les Européens avec des prix qui bondissent à la veille de l'hiver. L'enjeu serait de contraindre l'Europe à s'engager sur des contrats de plusieurs années. Son rapprochement avec la Chine pose aussi question. 

En France enfin, alors que la campagne pour la présidentielle démarre, l'éventualité d'une ingérence russe est redoutée par beaucoup. La question est en réalité de savoir jusqu’où Poutine est prêt à aller pour se maintenir au pouvoir.

Quel est son pouvoir de nuisance au sein de nos démocraties occidentales, dont il est devenu le meilleur ennemi ?

A l’occasion d’une nouvelle soirée spéciale C dans l’air, Caroline Roux vous emmène à la rencontre d’un homme à sang froid et à la poigne de fer. Des tranchées du Donbass aux pavés de la Place Rouge, en passant par les coulisses du parlement européen et les stades centrafricains, une plongée au cœur du système Poutine avec les meilleurs experts de C dans l’air et la participation d’invités exceptionnels, interviewés par Caroline Roux.

Les invités - François CLEMENCEAU - Rédacteur en chef international du Journal du Dimanche - Philippe DESSERTINE - Directeur de l’institut de Haute Finance - Clémentine FAUCONNIER - Politologue spécialiste de la Russie et Maîtresse de conférences en science politique à l’Université de Haute Alsace - Laure MANDEVILLE - Grand reporter au Figaro, ancienne correspondante en Russie Retrouvez-nous sur :

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Jacques Chirac avait profondément enraciné son parcours en Corrèze, sa première terre d’élection.

Un fief qu’il partageait avec François Hollande, ce qui a contribué à nouer des liens tardifs entre les deux présidents.

"Mes racines plongent dans cette terre", aimait répéter Jacques Chirac en parlant de son ancien fief, la Corrèze. C’est ici qu’enfant il venait passer ses vacances, chez son grand-père instituteur à Sainte-Féréole. Sa mère est née à Noailhac. Son père a joué au rugby sous les couleurs du CA Brive. C’est ici surtout qu’il a fait ses premiers pas d’homme politique. Bien avant de devenir maire de Paris, Premier ministre et président de la République, il est devenu conseiller municipal de Sainte-Féréole en 1965. Puis député, conseiller général, président du conseil général de Corrèze. Une longue histoire d’amour qui débute réellement en 1967.

À l’époque, le cœur de la Corrèze bat à gauche. Georges Pompidou, Premier ministre, décide d’envoyer de jeunes loups sur cette terre de mission. Jacques Chirac, qui envisage un temps d’être suppléant de Jean Charbonnel, se lance finalement en Haute-Corrèze. Jacques Chirac, itinéraire d'un animal politique

Jacques Chirac est mort jeudi à l'âge de 86 ans. La disparition de l'ancien président de la République a déclenché une importante vague d'émotion en France et dans le reste du monde. Retour sur la trajectoire d'un homme d'Etat qui a imprimé sa marque sur la vie politique des dernières décennies.

Président de la République pendant douze ans, deux fois Premier ministre en quarante années de vie politique et maire de Paris pendant dix-huit ans : avec Jacques Chirac, c’est un géant de la vie politique française qui s'est éteint jeudi à l'âge de 86 ans. Un animal politique qui s'est bâti une solide réputation de tueur, plusieurs fois enterré puis ressuscité, mais aussi un homme-caméléon aux convictions changeantes et à la personnalité insaisissable, qui a longtemps caché, derrière une image caricaturale, sa culture iconoclaste.

Croiser Jacques Chirac, c’était d’abord faire l’expérience d’une énergie hors du commun qui, jeune, lui avait valu le surnom de "bulldozer" ou de "fend-la-bise", d’un appétit pantagruélique - longtemps, il cacha un sandwich dans son cartable du Conseil des ministres -, d’une authentique chaleur humaine, aussi, et de ses mains, immenses, qui happaient les vôtres d’autorité. Des femmes aux électeurs en passant par les politiques, beaucoup ont cédé à son charme. "Arrêtez de dire que Chirac est sympa!", s’agaçait l’austère Lionel ­Jospin en pleine cohabitation, devant ses ministres conquis. L’histoire a montré qu’il avait des raisons de se méfier. 

Chirac, c’est peut-être Sarkozy qui en parlait le mieux : "On a toujours dit de [lui] qu’il était con, gentil et généreux. C’est tout le contraire : il est intelligent, complexe et très intéressé." Capable de stopper un cortège officiel pour s’inquiéter de la santé de la mère d’un quidam, il savait aussi flatter ses rivaux d’une main pour mieux les étrangler de l’autre. Sans états d’âme. De toute façon, estimait-il, "il ne faut pas blesser une bête : on la tue ou on la caresse". 

Des saillies devenues des classiques Les Français l’ont aimé parce que ce président-là leur ressemblait : macho, grivois, fâché avec le sport, il préférait la bière au champagne, adorait la tête de veau, était capable de disserter sur les qualités du "cul noir" limousin - une race porcine - et de rétorquer, main déjà tendue, à un homme qui lui lançait un sonore "connard!" en plein bain de foule : "Enchanté, moi, c’est Jacques Chirac!" Il a régalé son entourage de saillies dont certaines sont désormais des classiques : "Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre", "Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille." 

Mais cet homme-là a aussi vécu la plus grande partie de sa vie dans les palais de la République, ­dégagé de toute contingence matérielle, pratiquait le baisemain dans les règles de l’art et vouvoyait son épouse, Bernadette ­Chodron de Courcel, elle-même issue de la haute bourgeoisie. Ses colères les plus noires, il les traduisait d’un : "Ce n’est pas convenable", qui tombait, tranchant.

L’homme, a-t-on longtemps cru, n’aimait que la musique militaire et ne lisait que des romans policiers. Les Français ont découvert sur le tard que s’il aimait les westerns, lui était du côté des Indiens, et que cet amoureux des "arts premiers" - auxquels il offrira un musée à Paris - et de la culture asiatique - au point d’avoir gagné le respect des sourcilleux Chinois - était russophone, amateur de poésie, et appréciait davantage le sumo que le football.

Viré du lycée pour indiscipline Longtemps, le jeune Chirac chercha sa voie, entre un père autoritaire et une mère qui vouait un culte à son fils unique, entre une éducation bourgeoise et l’attirance pour les cultures oubliées, entre l’envie d’aventure et la politique, entre la gauche et la droite, aussi. Né le 29 novembre 1932, il est issu d’une solide lignée corrézienne sur laquelle ce Parisien a construit sa légende. À Brive-la-Gaillarde, son grand-père Louis, instituteur, était une figure de la gauche radicale-socialiste, franc-­maçon et férocement anticlérical. Son père, Abel, à peine moins autoritaire, a fui son emprise pour monter à Paris, où le petit employé de banque est devenu directeur général de l’avionneur Potez et s’est lié d’amitié avec Marcel Dassault.

Enfant gâté, le petit Chirac sera galopin puis rebelle. Sa famille ayant fui la capitale en juin 1940 pour se réfugier au Rayol, près de Toulon, il passe une partie de son enfance à courir les collines et les ravins, et à s’amuser à couper les fils des téléphones de campagne de l’armée allemande, au grand désespoir de ses parents.

Après la guerre, il lui faut pourtant retourner à Paris et réapprendre à porter des chaussures. Élève moyen et indiscipliné, il est exclu du lycée Hoche de Saint-Cloud pour une histoire de boulettes de papier tirées sur un enseignant. Mais dans le même temps, à 15 ans, il annonce qu’il veut apprendre le sanskrit, pour explorer par lui-même ces civilisations anciennes qui le fascinent, lui qui hante déjà les salles du musée Guimet. Ses parents lui dénichent un Russe blanc qui a fui les bolcheviques, Vladimir Delanovitch. Il lui apprendra non pas le sanskrit, mais le russe. "Cela te sera plus utile", décrète le vieux professeur, à l’origine de la passion de l’adolescent pour la littérature russe, la civilisation perse ou l’art chinois. Père spirituel, il marquera le jeune homme d’une telle empreinte que Jacques Chirac avait encore les larmes aux yeux en se recueillant sur sa tombe en 2013.

À Sciences-Po, il vend L'Huma

Mais son vrai père, lui, trouve alors son fils décidément trop désinvolte. Il est vrai qu’en 1950, il l’a vu revenir à la maison entre deux policiers pour avoir distribué devant un commissariat l’appel de Stockholm contre l’armement nucléaire. Abel - rebaptisé François pendant la guerre - exige qu’il prépare Polytechnique, quand le jeune homme rêve de devenir capitaine au long cours. 

À 17 ans, Jacques Chirac se révolte et prend la fuite. Ce sera le premier d’une longue série de coups de force. Il embarque à Dunkerque comme pilotin (élève officier) sur un cargo. Le temps d’acheter une pipe et du tabac, de perdre son pucelage dans un bordel algérien et de passer le concours de lieutenant; mais son père met fin à la parenthèse : un matin, Jacques aperçoit la haute silhouette qui l’attend sur le quai pour le ramener à Paris. Après le savon paternel, il rentre dans le rang. À défaut de grand large, il fera Sciences-Po, puis l'ENA. 

Le rebelle s’y métamorphose en étudiant assidu. Mais quand son ami Michel Rocard le sollicite, il refuse d’adhérer à la SFIO : il trouve les socialistes "trop conservateurs". Pacifiste, il se rapproche des communistes : il vendra L’Humanité pendant deux courtes semaines.

­Physique d’acteur américain, clope au bec, ce tombeur rencontre alors une jeune fille sage et consciencieuse, héritière d’une famille prestigieuse, à laquelle il fait faire ses fiches de lecture, Bernadette Chodron de Courcel.

Souce : www.lejdd.

 

France / Violences du 1er mai 2018: Alexandre Benalla condamné à trois ans de prison dont un ferme

L’ex-chargé de mission de l’Élysée, Alexandre Benalla, a été condamné ce vendredi à trois ans de prison dont un ferme sous bracelet électronique. Il était notamment jugé pour des violences à l’encontre de manifestants lors de la manifestation du 1er-Mai. 

Alexandre Benalla a été reconnu coupable de « violences volontaires » mais aussi d'avoir utilisé frauduleusement ses passeports diplomatiques après son licenciement, d'avoir fabriqué un faux document pour obtenir un passeport de service et d'avoir illégalement porté une arme en 2017. En plus des trois années de prison, il écope de 500 euros d'amende, une interdiction d'exercer dans la fonction publique pendant 5 ans ainsi que de porter une arme pendant 10 ans.

Pendant la lecture du jugement, la présidente du tribunal a taclé Alexandre Benalla à plusieurs reprises. « Vous avez trahi la confiance qui vous a été faite par cette nomination », a déclaré la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez. Elle a aussi souligné le « sentiment d'impunité et de toute puissance » de M. Benalla et moqué la façon dont il s'est présenté en parangon de vertu. 

Le tribunal a choisi cette peine « au regard de la gravité des multiples faits, des missions que vous exerciez, qui exigeaient de vous rigueur et exemplarité, de votre comportement insupportable au corps social », a-t-elle ajouté. ==== Le tribunal n'a pas considéré que sa violente intervention place de la contrescarpe, contre deux manifestants, avait un caractère essentiel pour appréhender l'auteur d'un crime, axe de défense de l'ancien collaborateur de l'Élysée. Les CRS présents ce jour-là étaient en nombre et compétents, ils auraient géré la situation sans l'intervention d'Alexandre Benalla, juge la cour.

Trois autres personnes ont été condamnées dans cette affaire. Vincent Crase, un ancien gendarme réserviste de 48 ans, a écopé de deux ans de prison avec sursis. De leur côté, les policiers Maxence Creusat et Laurent Simonin se sont vus infliger respectivement 5 000 euros d'amende et trois mois de prison avec sursis, sans inscription au casier judiciaire. Ils étaient accusés d’avoir transmis des images de vidéosurveillance à Alexandre Benalla.

L’affaire, lors de sa révélation par le journal Le Monde, a été à l’origine d’un scandale politique pour l’exécutif et la majorité. C’est notamment avec une vidéo dans laquelle on voit le trentenaire, équipé d’un casque et d’un brassard de police, interpellé violemment deux manifestants que l’affaire avait débuté.

Avec notre envoyé spécial au tribunal de Paris, Pierre Olivier Publié le : 05/11/2021 Alexandre Benalla le 13 septembre 2021 à Paris au tribunal de Paris pour le premier jour de son procès. AFP - THOMAS COEX Texte par :RFI Suivre 2 mn Écouter l’article

36 MILLIARDS DE DOLLARS GAGNÉS EN UN JOUR, LE LUNDI FOU D'ELON MUSK La fortune d'Elon Musk atteint les 289 milliards de dollars.

Après l'annonce d'une commande record par le loueur Hertz de 100.000 Tesla, l'action de la société automobile a bondi de 12,7% propulsant son patron Elon Musk à des niveaux de fortune jamais atteints. Les superlatifs manquent au moment de parler de la fortune d'Elon Musk. Sur la seule journée de lundi, le patrimoine du fondateur de Tesla a fait un bond stratosphérique jamais vu de 36,2 milliards de dollars (31,2 milliards d'euros). 

Selon le Bloomberg Billionaires Index, la fortune d'Elon Musk s'approche des 300 milliards de dollars. Hier, à la clôture de la Bourse de New York, elle atteignait précisément 289 milliards de dollars. Désormais très loin devant celle de Jeff Bezos (193 milliards de dollars) et de Bernard Arnault (163 milliards de dollars). 

Depuis le début de l'année, le patron de Tesla et Space X a vu son patrimoine bondir de 119 milliards de dollars.

Comme un symbole, ce lundi la fortune du roi des voitures électrique a dépassé la capitalisation de la plus grande société pétrolière américaine Exxon Mobil. A lui seul, Elon Musk vaut plus que le géant du prétrole (272 milliards de dollars). Comme un passage de relais symbolique entre le champion du monde d'avant des énergies fossiles et celui de l'après avec l'électrique. Un géant du pétrole à l'origine duquel on trouve la Standard Oil créée par John D. Rockefeller considéré comme l'homme le plus riche de tous les temps. Autre symbole.

Le gain de plus de 36 milliards de lundi fait suite à la flambée de l'action Tesla qui a pris plus de 12,6% hier. Le pionnier des véhicules électriques a dépassé les 1000 milliards de dollars de capitalisation boursière et est devenue la sixième entreprise la plus valorisée du monde devant Facebook. 

Tesla vaut 12 fois General Motors en Bourse La Bourse a accueilli très favorablement l'annonce de la méga-commande de 100.000 Tesla par le loueur Hertz pour un montant de 4,2 milliards de dollars. Les premiers modèles de Tesla Model 3 seront disponibles à la location d'ici quelques jours aux Etats-Unis et en Europe. 

Autre bonne nouvelle ce lundi pour le constructeur: la Tesla Model 3 est devenue en septembre la voiture qui s'est le plus vendue en Europe. Une première historique pour les véhicules électriques. Avec 24.600 exemplaires écoulées, la petite Tesla a coiffé au poteau deux véhicules thermiques, la Renault Clio et la Dacia Sandero. 

De son côté la Model Y, le nouveau SUV de Tesla, s'est classé deuxième en septembre sur le marché des voitures 100% électriques. Tesla a ainsi logiquement dominé le classement des électriques en septembre, avec une part de marché de 24%, devant le groupe Volkswagen (22%), Stellantis (13%), et Hyundai-Kia (11%).

Avec une capitalisation de 1010 milliards de dollars, Tesla vaut désormais 12 fois plus en Bourse que General Motors (84 milliards de dollars), le plus important constructeur automobile américain.

Frédéric Bianchi https://twitter.com/Frederic Bianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco

Obama accuse les Républicains de menacer la démocratie

"Je suis ici en Virginie parce que je pense que la Virginie fera en fin de compte le bon choix", a-t-il poursuivi. "Je pense qu'ici en Virginie, vous allez montrer au reste du pays, et au monde, que nous ne nous laisserons pas aller à nos pires instincts.

 L'ancien président américain Barack Obama en campagne en Virginie pour soutenir le candidat démocrate au poste de gouverneur, Terry McAuliffe, assis derrière lui

Barack Obama a accusé samedi les Républicains de menacer la démocratie avant une élection locale particulièrement serrée, vue comme un test national sur la popularité de Joe Biden au moment où il négocie âprement un plan massif d'investissements avec le Congrès.

L'ancien président s'était déplacé à Richmond, dans le sud conservateur de l'Etat, pour soutenir le démocrate Terry McAuliffe, 64 ans, candidat au poste de gouverneur de Virginie et qui est au coude-à-coude avec le républicain pro-Trump Glenn Youngkin, 54 ans, à l'approche du scrutin du 2 novembre.

Devant quelques centaines de jeunes militants enthousiastes, réunis à la Virginia Commonwealth University à Richmond, il a affirmé que M. Yougkin supprimerait des postes d'enseignants, qu'il réduirait l'accès à l'avortement et qu'il apporterait son soutien aux affirmations de Donald Trump qui prétend que l'élection présidentielle lui a été volée.

"A ma connaissance, le principal message de l'adversaire de Terry est qu'il est un type comme tout le monde parce qu'il porte une laine polaire. Et il accuse les écoles de laver le cerveau de nos enfants", a-t-il dit. "Il a aussi dit qu'il voulait faire vérifier les machines à voter utilisées lors du dernier scrutin. (...) Et nous sommes supposés croire qu'il va défendre notre démocratie ?" ====== Joe Biden a remporté la Virginie avec 10 points d'avance en 2020 et les républicains n'ont pas remporté d'élection dans cet Etat depuis 2009, mais l'avance de Terry McAuliffe dans les sondages a fondu au fil des semaines, et elle atteint désormais la marge d'erreur. 

M. Obama, qui reste le démocrate le plus populaire aux Etats-Unis cinq ans après quitté la Maison Blanche, voulait galvaniser les électeurs afro-américains, un électorat clé de cet Etat du sud, notamment dans la région de Richmond où l'un des plus importants symboles du passé esclavagiste du pays, la statue du général confédéré Robert Lee, n'a été déboulonnée que le mois dernier.

- "Marionnette" de Trump -

Reconnaissant comprendre pourquoi on peut être "fatigué" de la politique, il a rappelé avoir rencontré lors de sa première campagne présidentielle qui l'a porté à la Maison Blanche en 2008 une électrice afro-américaine de 106 ans qui s'était mobilisée pour lui. "Et je me suis dit, si elle n'est pas fatiguée, je n'ai pas le droit d'être fatigué", a-t-il ajouté. close volume_off  "Si John Lewis (figure de la lutte pour les droits civiques décédé en 2020, ndlr) n'était pas fatigué, nous n'avons pas le droit d'être fatigués", a-t-il martelé sous les applaudissements.

"Je suis ici en Virginie parce que je pense que la Virginie fera en fin de compte le bon choix", a-t-il poursuivi. "Je pense qu'ici en Virginie, vous allez montrer au reste du pays, et au monde, que nous ne nous laisserons pas aller à nos pires instincts. Nous ne reviendrons pas à un passé qui a fait tant de mal, nous irons de l'avant avec des gens comme Terry pour nous guider".

Avant M. Obama, la Première dame Jill Biden, la vice-présidente Kamala Harris et l'une des étoiles montantes du parti démocrate, Stacey Abrams, se sont déplacées en Virginie pour faire campagne pour M. McAuliffe. Le président américain lui-même y est attendu la semaine prochaine.

Une victoire de M. McAuliffe donnerait de l'élan au programme d'investissements massifs que l'aile gauche du parti démocrate cherche à faire passer au Congrès. Un échec pourrait inciter à davantage de prudence l'aile modérée du parti qui hésite encore à approuver quelque 3.000 milliards de dollars de dépenses.

M. Youngkin s'est concentré sur les écoles, faisant campagne contre le masque obligatoire honni par les électeurs de Donald Trump. Jusqu'ici, il a soigneusement évité d'apporter son soutien aux affirmations de l'ancien président qui prétend que l'élection lui a été volée.

M. Trump ne s'est pas rendu en Virginie. Il s'était joint virtuellement le 13 octobre à un meeting de campagne pro-Youngkin auquel participait notamment son ancien conseiller Steve Bannon.

M. McAuliffe, qui a pris le micro avant M. Obama, a promis de travailler avec des républicains "raisonnables" pour améliorer la situation en Virginie. ===== "Je travaillerai avec vous mais laissez-moi vous dire une chose aujourd'hui: Glenn Youngkin n'est pas un Républicain raisonnable. Pour moi, c'est Donald Trump en pantalon beige", a-t-il dit. "Voulons-nous une marionnette de Donald Trump comme gouverneur ? Non, nous ne voulons pas !".

L'ancien président américain Barack Obama en campagne en Virginie pour soutenir le candidat démocrate au poste de gouverneur, Terry McAuliffe, assis derrière lui

Source / AFP, Ryan M. Kelly AFP, publié le dimanche 24 octobre 2021 à 01h03

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