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Infos Ivoiriennes (120)

Mali: le contingent allemand de la Minusma à l’origine de la venue des 49 soldats ivoiriens

Dès leur arrestation, Abidjan affirmait que ses 49 militaires étaient des NSE (National Support Element), des éléments appuyant les casques bleus de la Minusma (communiqué du Conseil national de sécurité du 12 juillet). Ce que la Mission onusienne avait elle-même déclaré dès le 11 juillet, avant de faire mystérieusement machine arrière trois jours plus tard (déclaration d'un porte-parole du siège onusien à New-York diffusée sur RFI le 14 juillet).

 Cette volte-face avait conduit à l'expulsion par Bamako du porte-parole de la Minusma moins d'une semaine plus tard, et ouvert un boulevard aux autorités de transition pour accuser les soldats ivoiriens d'être venus déstabiliser le Mali. Le feuilleton durera six mois, les Nations unies appelant à la libération des 49 sans jamais préciser clairement leur statut réel. Selon plusieurs documents internes onusiens que RFI a pu se procurer, c'est pourtant bien la Minusma qui a fait venir les 49 militaires ivoiriens, et plus précisément le contingent allemand de la mission onusienne.

 Les vols qui avaient permis aux soldats ivoiriens d’effectuer leurs rotations le 10 juillet dernier ont été soumis aux autorités maliennes comme devant servir au transport de troupes du contingent allemand. Depuis juillet 2019, date de la signature d'une convention entre Abidjan et les Nations unies (un MOU, Memorandum of Understanding), sept contingents ivoiriens s'étaient succédé à Bamako et étaient considérés comme des NSE.

 Les 49 soldats arrêtés constituaient la huitième relève. Or, selon les documents consultés par RFI, c’est le contingent allemand de la Minusma stationné à l'aéroport de Bamako qui a fait les demandes de cartes d’identification de ces soldats ivoiriens. Dans certains cas, des noms allemands et ivoiriens apparaissent même sur la même liste. Et c'est à la demande du contingent allemand que les prédécesseurs des 49 avaient été décorés, par le commandant de la force onusienne lui-même, le 10 juin dernier, un mois tout juste avant l'arrivée des 49 qui devaient leur succéder. Une cérémonie dont les images avaient été diffusées comme preuve de leur bonne foi par les autorités ivoiriennes qui n'avaient cependant pas précisé l'origine de la demande de décoration.

 471 NSE en soutien au contingent allemand

Dès le début de l'affaire, la Côte d'Ivoire avait mentionné un contrat liant son armée à la compagnie privée SAS (Sahel Aviation Service) qui avait alors précisé être « mobilisée » sur le cas des soldats ivoiriens, sans donner davantage de précision. Le contrat portait, selon Abidjan, sur la sécurité et la logistique d'un site à l'aéroport de Bamako. De source onusienne, ce site abrite les NSE du contingent allemand et n'est pas géré par la Minusma elle-même.

 En juin 2022, le contingent allemand déclarait auprès de la Minusma que 471 soldats soutenaient ses activités avec le statut NSE, sans préciser leur nationalité. Un chiffre pléthorique, largement supérieur aux 50 théoriquement autorisés par les règles onusiennes (« Policy on NSE » de 2015), sauf raison exceptionnelle.

Comment l’Allemagne justifie-t-elle le recours à 471 NSE ? Les soldats ivoiriens étaient-ils comptabilisés dans ce chiffre ? Existe-t-il un lien contractuel entre l'Allemagne et la compagnie Sahel Aviation Service ? Dans une note adressée aux autorités maliennes, la Minusma indiquait fin juillet ne pas être informée d’un contrat passé entre l’Allemagne et des tiers pour la sécurisation de ses NSE basés à Senou (aéroport de Bamako).

La Minusma était-elle informée du contrat signé entre Abidjan et la société Sahel Aviation Service ?

Jusqu'ici, seule la partie ivoirienne a reconnu « des manquements et des incompréhensions » dans l'arrivée au Mali de ses 49 militaires, sans pour autant en préciser la nature. C'était en septembre dernier, lors de la libération de trois soldates parmi les 49 arrêtés. En dépit de ce qui avait alors été présenté comme un « geste humanitaire » consenti par Bamako, ces trois soldates ont finalement été condamnées à mort par contumace le mois dernier par la Justice malienne.

Ni confirmé ni démenti par l'ONU

 Sollicitées par RFI, les Nations unies n'ont ni confirmé, ni démenti toutes ces informations. Dans sa réponse, le siège onusien à New York estime qu'« il ne serait pas approprié pour les Nations unies de transmettre des informations relatives à des sujets opérationnels et administratives (sic) internes ainsi qu’aux correspondances diplomatiques afférentes avec les autorités maliennes et les autorités des États membres qui ont fourni du personnel à la Minusma. » Quant aux autorités allemandes – ambassade à Bamako et ministère de la Défense à Berlin –, elles n'ont pas donné suite.

Ces nouvelles informations confirment à la fois que les soldats ivoiriens arrêtés, condamnés puis libérés sont bien venus au Mali dans le cadre de la Minusma, mais avec de nombreuses irrégularités administratives dont ni le contingent allemand, ni la Mission onusienne elle-même, n'ont pris leur part de responsabilité. Du moins publiquement. Le 14 juillet dernier, quatre jours après l'arrestation des 49 soldats ivoiriens, le Mali avait suspendu tous les vols de la Minusma. Ces vols n'avaient pu reprendre qu'un mois plus tard, après une remise à plat entre les deux parties du protocole d'autorisation des rotations par les autorités maliennes.

Source RFI  /  Des soldats ivoiriens, lors de l'inauguration de l'académie militaire de Jacqueville près d’Abidjan, le 10 juin 2021 (image d'illustration).

 REUTERS - Luc Gnago 17/01/2023 - 06:25

Le Président OUATTARA s'est félicité du choix de la voie diplomatique pour trouver une issue à ce qu'il a qualifié de "terrible incompréhension".

𝐀𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐥𝐢𝐛𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐥𝐞𝐬 𝟒𝟔 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐢𝐯𝐨𝐢𝐫𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐮𝐬 𝐚𝐮 𝐌𝐚𝐥𝐢 𝐨𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞́ 𝐀𝐛𝐢𝐝𝐣𝐚𝐧, 𝐚𝐜𝐜𝐮𝐞𝐢𝐥𝐥𝐢𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 Alassane Ouattara 🇨🇮

Abidjan, le 07 janvier 2023 - Les 46 militaires ivoiriens arrêtés le 10 juillet 2022 à l'aéroport de Bamako, au Mali et condamnés par la justice malienne à vingt ans de réclusion criminelle le 30 décembre 2022, ont regagné Abidjan, le samedi 07 janvier 2023, après leur libération la veille. Ils ont été accueillis à leur descente d'avion par le Président de la République, Alassane Ouattara, qui avait à ses côtés le Vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, le Premier ministre Patrick Achi, le Président de l'Assemblée nationale, Adama Bictogo, des membres du Gouvernement ainsi que la haute hiérarchie militaire. Le Président Alassane Ouattara a salué le courage, la résilience et le patriotisme des soldats.

"Je garderai ce drapeau, en souvenir de votre courage et de votre patriotisme", a-t-il lancé à l'entame de ses propos. Le Chef de l'Etat, chef suprême des armées a tenu à réassurer les soldats quant au fait qu'ils n'avaient rien à se reprocher, bien au contraire, qu'ils devraient être fiers d'avoir accompli leur mission. "Merci d'avoir fait honneur au drapeau", a dit le Chef de l'Etat. Le Président OUATTARA s'est félicité du choix de la voie diplomatique pour trouver une issue à ce qu'il a qualifié de "terrible incompréhension". "La diplomatie a payé. Nous avons préféré cela. Nous avons estimé qu'avec un pays frère, il n'y a pas autre issue que celle-là. Quelques soient les incompréhensions, les frères arrivent toujours à se comprendre et à se retrouver", a expliqué le Chef de l'Etat. Il a indiqué que la Côte d'Ivoire continuera d'apporter son soutien à tous les pays frères qui en exprimeront le besoin. "Je souhaite que ce pays frère (Mali) retrouve la paix. Il fallait tout faire pour maintenir ces liens séculaires. Maintenant que cette crise est derrière nous, nous pourrons reprendre nos relations normales avec le pays frère du Mali qui a besoin de nous et dont nous aussi avons besoin", s'est exprimé le Président Alassane OUATTARA.

Il a réitéré sa gratitude et celle du peuple ivoirien au Président Faure Gnassingbé qui a assuré la médiation dans cette crise. "Je salue le Président Faure Essozimna Gnassingbé qui s'est totalement dévoué pour que nos enfants soient de retour au pays", a dit le Chef de l'Etat. Ses remerciements sont allés également au Président de la Guinée Bissau, Umaro Sissoco Embaló, président en exercice de la CEDEAO, au Secrétaire général de l'ONU, António Guterres et aux chefs religieux musulmans Maliens qui se sont tous impliqués dans la résolution de cette crise. Intervenant au nom des soldats, le lieutenant Kouassi Adams a dit la joie des soldats de retrouver la mère patrie et leur reconnaissance au Président de la République qui a œuvré à l'aboutissement d'une issue heureuse.

"Nous sommes très heureux et soulagés de retrouver la mère patrie. Je voudrais remercier toutes les autorités ivoiriennes avec à leur tête le Président de la République, Chef suprême des armées", s'est-il exprimé. Au nombre de 49 au départ, les trois femmes du contingent avaient été libérées 53 jours après leur détention, à la suite de la médiation togolaise. Les 46 autres soldats avaient été condamnés par la justice malienne pour attentat et complot contre le gouvernement ; atteinte à la sûreté extérieure de l’État ; détention, port et transport d’armes et munitions de guerre ou défense intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle et collective ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur. Les 46 militaires avaient été condamnés à vingt ans de prison ferme et les trois soldates, à la peine de mort par contumace.

C’est le vendredi 06 janvier 2023 à Bamako, que le Président de la Transition au Mali, Colonel Assimi Goïta, a accordé la grâce avec remise totale de peines aux 49 soldats ivoiriens condamnés par la justice malienne. Ces 49 militaires ivoiriens, il faut le rappeler, constituaient le 8e contingent d’Éléments de Soutien Nationaux (NSE). Ils remplaçaient le 7e contingent dont les éléments étaient rentrés en Côte d’Ivoire le 10 juillet 2022, après une mission de six mois à Bamako.

Source #CICG #GouvCI

UNION DES FEMMES SOLIDAIRES DE SINFRA / CONFERENCE PRONONCEE PAR L’INSPECTEUR GENERAL LAURENT OULOTE

THEME : UN ELEVE, UN AVENIR. CEREMONIE DE DISTRIBUTION DE KITS SCOLAIRES AUX ELEVES ISSUS DES FAMILLES DEMUNIES LE SAMEDI 10 SEPTEMBRE 2022, SOUS LE HAUT PRATRONAGE DE MONSIEUR ZORO EPIPHANE, MINISTRE DE LA PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE ET DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET SOUS LA PRESIDENCE DE MONSIEUR CHRISTOPHE KACOU BREDOUMOU, PREFET DU DEPARTEMENT DE SINFRA CONFERENCE PRONONCEE PAR L’INSPECTEUR GENERAL LAURENT OULOTE THEME : UN ELEVE, UN AVENIR.

 Monsieur le Ministre de la Promotion de la Bonne Gouvernance et de la Lutte contre la Corruption, Patron de la présente Cérémonie de distribution des Kits, Monsieur le Préfet, Président de ladite cérémonie, Mesdames et messieurs, Lorsque j’ai été approché par le Comité d’Organisation de l’Union des Femmes Solidaires de SINFRA pour ma petite contribution à cette cérémonie de distribution de kits scolaires aux élèves issus des familles démunies, mon premier réflexe a été de demander à la Présidente ce qu’elle attendait de moi à travers le thème proposé suivant : UN ELEVE, UN AVENIR. La réponse sans équivoque a été celle-ci : une communication qui puisse s’accommoder de la présente cérémonie. Ce thème est certes vaste, mais compte tenu des attentes de l’Union des Femmes Solidaires de SINFRA, la communication va se limiter aux conseils à prodiguer à une partie de la communauté éducative. Ce qui aide au choix de la problématique suivante : QUELLE RESPONSABILITE FAMILIALE POUR UN AVENIR RADIEUX DE L’ENFANT ? Monsieur le Ministre, Monsieur le Préfet, Mesdames et messieurs, Echanger autour de ce thème, dans ce contexte précis, impose une approche en deux grandes parties : dans un premier temps nous allons échanger sur la responsabilité parentale et dans un second temps nous parlerons de l’implication ou de la responsabilité de l’enfant pour son propre avenir.

 1-La responsabilité parentale Contrairement à l’entendement de nombre de nos compatriotes, l’école ne saurait se substituer à l’autorité voire à la responsabilité parentale pour garantir un avenir radieux à l’enfant. Des parents d’élèves trouvent souvent malin plaisir en déposant leurs enfants dans les structures de formation en début d’année scolaire, sans créer les conditions idoines d’apprentissage et attendent à ce que le miracle se produise en terme de résultats à la fin de cette année. Finalement, on se rend à l’évidence d’une désillusion totale qui, si l’on n’y prend garde du fait de la récurrence de celle-ci, impacte négativement l’avenir de l’enfant. Afin d’éviter cette situation malencontreuse, que doit faire un parent d’élève ? Monsieur le Ministre, Monsieur le Préfet, Mesdames et messieurs, Loin de donner la panacée pour un avenir certain de l’enfant, nous vous proposons une recette parmi tant d’autres, nécessaire à la réussite scolaire devant déboucher sur l’insertion socio-professionnelle de celui-ci. Ainsi, tout parent d’élève doit savoir qu’il y a, dans l’année scolaire, trois grandes périodes pour l’éducation et l’instruction de l’enfant : la période de la pré-inscription, la période de l’inscription et la période post-inscription.

1-1 La période de la pré-inscription Cette période est généralement soit méconnue, soit peu considérée par la plupart des parents d’élève. En tout état de cause, elle est l’objet d’inattention démesurée de la part d’une frange importante de la communauté éducative. Or, c’est au cours de cette période qu’il faut préparer la rentrée scolaire et surtout l’inscription. La responsabilité du parent est d’autant plus importante que personne ne doit en principe se laisser surprendre par la rentrée. S’inspirant des réalités de l’année scolaire écoulée, le parent d’élève ne doit logiquement pas attendre la vente des produits de rente ou les prêts scolaires avant de penser à l’inscription de son enfant ; car ce dernier une fois inscrit, peut commencer les cours en attendant de réunir les autres moyens nécessaires à sa prise en charge totale. 1-2 La période de l’inscription Chaque année, sur proposition du Ministre de tutelle, la date de la rentrée des classes est fixée en Conseil des Ministres. Par rapport à cela, la période des inscriptions est connue de tous. Malheureusement, des parents d’élèves ne se bousculent pas pour l’observation du calendrier établi à cet effet. Ce qui occasionne des désagréments de tout genre. Entre autres, on note le retard du démarrage effectif de l’année académique et ses conséquences comme l’apprentissage tronqué et les mauvais résultats scolaires.

Que les parents d’élève sachent que les épreuves des examens à grand tirage sont les mêmes sur toute l’étendue du territoire ou dans chaque zone. Il n’y a pas d’épreuves à part pour les enfants retardataires dont les parents n’ont pas vite vendu les produits de rente ou dont les géniteurs n’ont pas eu de prêt scolaire à temps. Nous sommes alors tous interpellés quant au respect des instructions de la hiérarchie pour la reprise des cours à la date indiquée. C’est du reste pour cette raison que l’Union des Femmes Solidaires de SINFRA met des kits à disposition ce jour. Il importe pour nous, dès cet instant précis, d’emboiter le pas à ces Femmes généreuses en mettant des articles scolaires à la disposition de nos enfants pour la reprise effective du chemin des classes le lundi 12 septembre 2022. 1-3 La période post-inscription Elle est incontestablement la plus longue et la plus délicate. Le parent d’élève doit alors être plus responsable en terme de vigilance, de suivi et de disponibilité dans la collaboration avec l’administration scolaire de l’élève ; en un mot, il doit tout mettre en œuvre pour la création des conditions idoines à l’apprentissage de son enfant. C’est pourquoi, il ne doit pas abandonner l’enfant au tuteur, à l’école, à lui-même. Il doit savoir et comprendre les besoins de l’enfant et faire spontanément face aux charges subséquentes. Aussi, est-il important de souligner que le parent doit avoir une autorité positive sur son enfant de sorte que ce dernier ait un comportement exemplaire partout où il se trouve. C’est pourquoi, un parent qui est surpris de ce que son fils, qui est sous son toit, est en congé anticipé ou que ce dernier conduit un mouvement de grève injustifiée n’est pas exempt de reproche. Monsieur le Ministre Monsieur le Préfet Mesdames et messieurs, Voilà, de façon sommaire, les responsabilités des parents devant garantir un apprentissage sans faille pour un avenir certain de l’élève. Qu’en est-il aussi de l’implication ou de la responsabilité de l’enfant ?

 2- La responsabilité de l’enfant A l’instar du parent, l’enfant a une très grande responsabilité pour la garantie de son propre avenir. Succinctement, nous allons nous attarder sur quelques aspects de sa responsabilité, à travers ses différentes attitudes. 2-1 L’attitude de l’élève en salle de classe En plus de certaines conditions de l’apprentissage ne dépendant pas de l’élève, il s’impose à l’apprenant d’être assidu, ponctuel, attentif aux cours, studieux et respectueux. Ces qualités ne sont ni facultatives, ni dissociables car l’élève qui en manque une seule des cinq ou qui n’en a rien du tout s’expose à une formation tronquée ; d’où la prise de raccourci, dans nombre des cas, comme la fraude et la tricherie qui sont règlementairement proscrites et qui exposent leurs auteurs à des situations désagréables.

 2-2 L’attitude de l’élève en dehors des salles de classe 2-2-1 En famille Le premier environnement d’éducation est incontestablement la famille. L’enfant a par conséquent l’obligation d’écouter et de respecter ses parents. Un enfant non respectueux en famille n’a donc pas de repère pour une attitude exemplaire dans la société en général et à l’école en particulier. 2-2-2 En dehors de la famille et de l’école Cette catégorie d’environnement est de nos jours très dangereuse pour une jeunesse moralement fragile, eu égard aux différents vices qui la minent. C’est dans cet environnement précis que se trouvent souvent les mauvaises compagnies friandes des pratiques très peu ou non recommandables. Entres autres, la consommation abusive de l’alcool, des stupéfiants et particulièrement de la drogue, le visionnage des films obscènes, le développement des pensées associables sont monnaie courante. Toutefois, un enfant exemplaire en famille et à l’école arrive facilement à se démarquer de ces attitudes sus-indiquées, frappées du sceau de la pseudo-modernité ou de la pseudo-civilisation.

Monsieur le Ministre, Monsieur le Préfet, Mesdames et messieurs, Voilà en quelques mots, notre contribution en guise de renforcement des capacités à la bonne gouvernance parentale ; et ce, de nature à aider les enfants à la réussite scolaire et par ricochet à un avenir certain et non à un certain avenir non souhaité pour une Cote d’Ivoire dans le processus irréversible de l’émergence.

JE VOUS REMERCIE

INSPECTEUR GENERAL LAURENT OULOTE

Routes Daloa-Issia et autres : précisions après la vidéo de GuyGuy le grouilleur (Côte d’Ivoire)

Que peut-on dire de la réalité des travaux de réhabilitation projetés sur des routes en Côte d’Ivoire, à la suite d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le mardi 1er novembre 2022 ?

Dans une vidéo publiée et partagée de bonne foi aussi bien par l’auteur que par d’autres internautes, un citoyen se faisant appeler GuyGuy Le Vrai Grouilleur a parlé de l’état dégradé et déplorable de la route Daloa-Issia. La vidéo n’est pas à l’état brute. Elle a été montée, et tournée en plusieurs séquences.

 Interpelant le président de la République, l’auteur de la vidéo a plaidé pour la réhabilitation du tronçon sur lequel les usagers font deux heures de route pour 41 km à parcourir.

 Des travaux de réhabilitation déjà envisagés sur plusieurs routes

Routes Daloa-Issia et autres : précisions après la vidéo de GuyGuy le grouilleur (Côte d’Ivoire) Selon des informations recueillies par Afrikipresse, ce dossier est déjà connu des autorités ivoiriennes, qui n’ont pas attendu la vidéo pour engager des travaux de réhabilitation sur ce tronçon, ainsi que sur d’autres routes.

C’est ainsi qu’Afrikipresse a appris que dans le but de faciliter la circulation des biens et des personnes, le Gouvernement ivoirien a entrepris des travaux de construction et de réhabilitation de plusieurs routes sur tout le territoire national.

 Il s’agit notamment des routes :

1) Yamoussoukro – Bouaflé – Daloa,

2) Daloa – Duékoué – Man – Zouan-Hounien,

3) Dimbokro – Bocanda – Ananda,

4) Daoukro – Ouellé – Koffi Amonkro,

5) Agnibilekrou – Bondoukou,

6) Kanawolo – Korhogo, etc…

Le cas de la route Daloa-Issia Routes Daloa-Issia et autres : précisions après la vidéo de GuyGuy le grouilleur (Côte d’Ivoire) Capture d’écran de la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Il a été également rapporté que relativement aux axes Man – Biankouman – Touba – Odienné et San-Pedro – Issia – Daloa – Séguéla – Kani, la recherche des financements est en cours en vue des travaux de renforcement.

En réalité, un programme est en cours, avec des interventions qui suivront sur cet axe au même titre que ceux déjà enregistrés sur

: 1- Yamoussoukro- Bouaflé – Daloa,

2- Daloa – Duekoué – Man – Danané – Zouan-Hounien, etc… Traitement provisoire des zones difficiles dans l’attente

 Routes Daloa-Issia et autres : précisions après la vidéo de GuyGuy le grouilleur (Côte d’Ivoire) «Toutefois, dans l’intervalle, les zones difficiles seront traitées afin de favoriser la circulation des usagers», a rassuré une source qui laisse entendre qu’avant même la vidéo en question, le gouvernement ivoirien était déjà saisi de la question, et qu’il est pleinement à l’écoute des préoccupations des populations.

 Avant ces précisions qui laissent entendre une ignorance des travaux envisagés par les autorités ivoiriennes de la part de l’auteur de la vidéo, il est à noter que les allusions de celui-ci à l’ethnie bethé dans la vidéo, (même si l’auteur a dit être lui-même bethé), ont été critiquées par des observateurs qui ont mis en garde contre la stigmatisation ethnique.

Philippe Kouhon Routes Daloa-Issia et autres : précisions après la vidéo de GuyGuy le grouilleur (Côte d’Ivoire)

Côte d’Ivoire: Kineden Commodities séduit les investisseurs internationaux

Le négociant de cacao créé en 2014 vient de lever 40 millions de dollars sur les marchés internationaux pour produire de l’or brun certifié « durable ». Kineden, négociant de cacao du premier producteur mondial, a levé sur les marchés financiers internationaux 40 millions d’euros pour investir dans un « cacao durable », exigence notamment de l’Union européenne (UE), a annoncé son directeur général le 4 novembre. « Kineden va investir sur trois ans 40 millions d’euros » pour améliorer la chaîne de transformation et « se préparer à intégrer les meilleures pratiques en matière de durabilité, de certification, de traçabilité du cacao », a déclaré à la presse à Abidjan Stéphane Apoque, directeur général de Kineden Commodities. 

Bras de fer entre l’Opep du cacao et multinationales « Un cacao durable est un cacao qui rémunère mieux le paysan, et Kineden, étant un acteur local proche des paysans », va être à même de le faire, a-t-il encore assuré. Ce financement intervient alors que la tension est montée d’un cran entre, d’un côté, la Côte d’Ivoire et le Ghana, représentant environ 60 % de la production mondiale de cacao, et, d’autre part, les géants du chocolat.

Les deux pays exigent l’application d’un nouveau mécanisme de fixation des prix visant à améliorer les revenus des producteurs de cacao, tandis que les chocolatiers veulent s’approvisionner en « cacao durable », « sans déforestation ou travail d’enfants ».

100 milliards de dollars par an Le cacao de Côte d’Ivoire, qui représente 45 % de la production mondiale, compte pour 14 % du PIB national et nourrit 24 % de la population de ce pays d’environ 27 millions d’habitants. La Côte d’Ivoire et le Ghana ont instauré en 2021 un « Différentiel de revenu décent » (DRD), une prime de 400 dollars par tonne (en sus du prix du marché) destinée à mieux rémunérer les planteurs (qui sont des millions à vivre dans la misère en Afrique de l’Ouest) et à « assurer une durabilité à l’économie cacaoyère ».

À lire Quel bilan pour l’usine Cémoi, petit Poucet de l’or brun ivoirien ?

Les planteurs sont les parents pauvres du secteur: ils ne perçoivent que 6 % des 100 milliards de dollars annuels que génère le marché mondial du cacao et du chocolat, verrouillé par les grands industriels. En Côte d’Ivoire, plus de la moitié des planteurs vivent sous le seuil de pauvreté, selon une étude de la Banque mondiale. La situation est comparable au Ghana, où quelque 800 000 familles vivent du cacao.

(avec AFP)

 Quel bilan pour l’usine Cémoi, petit Poucet de l’or brun ivoirien ? Avec son chocolat « made in Côte d’Ivoire », Cémoi relève le défi de la transformation locale. Mais pas encore celui de la rentabilité.

 Unité de production de chocolat en pâte, dans une usine Cémoi, à Abidjan. © Jacques Dans ce dossier

Depuis 2015, l’usine du chocolatier français Cémoi, installée dans la zone industrielle de Yopougon, à Abidjan, produit des tablettes de chocolat à partir de cacao récolté dans le pays. Alors que tous les mastodontes du secteur (Cargill, Barry Callebaut, Olam…) sont présents en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de fèves, seuls deux acteurs ont franchi le cap de la confection locale de produits finis : Cémoi, racheté en juillet 2021 par le groupe belge Sweet Products, et Professional Food Industry (PFI), filiale du groupe ivoirien Satoci. Certes, les volumes sont modestes puisque le pays ne transforme (au premier stade du broyage, majoritairement) qu’un tiers de sa production annuelle, laquelle s’élève à 2 millions de tonnes. Pourtant, le gouvernement a rappelé en juin son ambition de voir, d’ici à 2025, au moins 50 % de la production locale être transformée sur place. Dans ce contexte, l’expérience Cémoi peut-elle servir de référence ? Aussi encourageante soit-elle, elle témoigne des défis que doit relever un secteur obligé de se réformer s’il veut être plus durable, mieux résister aux variations des cours mondiaux des matières premières et être davantage rémunérateur pour les producteurs. Nous sommes un petit acteur, mais nous maîtrisons toute la chaîne de valeur Modèle de proximité

Cacao en poudre, carrés pour le café, bâtons boulangers, pâte à tartiner, et peut-être bientôt noix de cajou et mangue confite enrobées : la principale réussite de Cémoi est de démontrer qu’il est possible de réaliser sur place toute une gamme de produits chocolatés. Il y a sept ans, au moment de l’ouverture de l’usine (qui représentait un investissement de 8 millions d’euros), beaucoup en doutaient. Mais les chiffres sont là : des 70 000 tonnes de fèves broyées annuellement sur le site sortent 10 000 tonnes de chocolat. À Lire Côte d’Ivoire-Ghana : « l’Opep du cacao » doit-elle croire aux primes de Nestlé ? L’usine, qui emploie 1 000 salariés et mobilise un réseau de 60 000 planteurs, réalise environ 230 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. « Nous sommes un petit acteur, le volume de nos achats de fèves ne représente que 3% du marché national, mais nous maîtrisons toute la chaîne de valeur », souligne Lona Ouali, directeur général de Cémoi Côte d’Ivoire depuis bientôt trois ans.

Il nous faut augmenter considérablement nos ventes Implanté dans le pays depuis 1996, le groupe y a développé un modèle de proximité éprouvé en Amérique du Sud par sa filiale Kaoka. Il est ainsi présent sur le terrain aux côtés de coopératives affiliées et partenaires, assurant soutien technique, formation et paiement d’une prime de qualité de 120 F CFA le kilo (0,18 euro). Cela lui permet de garantir la traçabilité des fèves qui arrivent à son usine avant d’être traitées et transformées en pâte, beurre et poudre de cacao.

Si la majeure partie de cette production est exportée en Europe pour alimenter les autres sites du groupe, le reliquat continue son chemin dans la chocolaterie (aux normes internationales) qui jouxte l’usine et ressort sous forme de produits finis, vendus en Côte d’Ivoire ainsi qu’au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali, au Bénin, au Gabon et en République centrafricaine. « Notre modèle combine transparence de l’approvisionnement, qualité du produit et juste rémunération des producteurs, le maillon faible de la chaîne aujourd’hui. Il répond ainsi aux exigences des autorités locales, qui souhaitent redonner du pouvoir aux planteurs, et à celles de l’Europe, qui appelle à la construction d’une filière plus durable », reprend Lona Ouali, ancien de Barry Callebaut qui a rejoint Cémoi en 2008.

 L’usine qu’il dirige a aussi été la première dans le pays à se lancer dans la production de cacao bio, sur une surface toutefois modeste (10 hectares). Elle a également testé avec succès le paiement par voie électronique des coopératives, une innovation que les grands acteurs du secteur se sont engagés à adopter afin de limiter les pratiques opaques. Actions de reboisement et promotion de l’agroforesterie font aussi partie de l’ADN du groupe. Créer la demande locale Malgré ces points positifs, l’expérience Cémoi a ses limites. La plus importante : les volumes de ventes, encore trop modestes pour atteindre la rentabilité. « Il nous faut augmenter considérablement nos ventes, en particulier locales, en développant des produits de qualité qui restent malgré tout accessibles », résume Lona Ouali, qui table sur le quintuplement de la consommation dans les dix prochaines années. Or, malgré l’essor de la classe moyenne et l’émergence d’une appétence pour le chocolat dans la sous-région, la consommation demeure faible, et variable d’un pays à l’autre.

Si elle atteint en moyenne 1 kilo par an et par habitant au Sénégal et au Cameroun, le chiffre tombe à 150 grammes en Côte d’Ivoire. Cémoi doit aussi inventer de nouvelles recettes adaptées au climat et aux habitudes alimentaires locales. Cela signifie, par exemple, favoriser les produits à base de poudre de cacao, plus digestes lorsqu’il fait chaud, au détriment de ceux contenant du beurre. Ou encore remplacer les noisettes par des noix de cajou dans la pâte à tartiner. Les règles douanières en vigueur, encourageant le commerce ouest-africain, ne sont pas appliquées Un important travail doit aussi être réalisé s’agissant des formats, des contenants et des canaux de distribution, un point sur lequel le groupe a investi en poussant ses produits dans les supermarchés, supérettes et boutiques de quartiers.

« C’est coûteux et difficile en raison de la forte concurrence des produits importés, qui sont de moindre qualité mais aussi moins chers », concède le directeur général de Cémoi.

 Expansion sous-régionale Autre écueil, l’essor du modèle Cémoi reste tributaire de la stratégie cacao déployée par les pouvoirs publics. Pour le chocolatier, les incitations (notamment fiscales) et les mesures prises vont dans le bon sens, encourageant les implantations d’usine et les investissements visant à augmenter les capacités de broyage. Même constat pour le travail effectué par le régulateur du secteur, le Conseil café-cacao. Néanmoins, la modernisation doit se poursuivre, en particulier dans deux domaines cruciaux pour Cémoi : la consolidation des coopératives et la suppression des intermédiaires. Une En outre, le statut particulier du groupe – un chocolatier de taille modeste évoluant sur un marché dominé par des géants du négoce – demeure un handicap. Il est par exemple soumis, comme tous les acteurs, au système de couverture des contrats à long terme alors que, pour conquérir de nouveaux marchés, il aurait besoin de flexibilité et de pouvoir honorer des contrats à court terme.

Le dernier obstacle à surmonter, et non des moindres, tient à la difficulté de construire une expansion sous-régionale. Barrières douanières, contraintes logistiques, coût de l’approvisionnement en sucre (composant indispensable des recettes) rendent l’ouverture de nouveaux marchés lente et complexe. « Force est de constater que les règles douanières en vigueur encourageant le commerce ouest-africain ne sont pas appliquées. Sinon, il n’y aurait pas autant d’obstacles qui nous empêchent, dans les faits, de vendre au Nigeria par exemple », conclut Lona Ouali.

Estelle Maussion9 août 2022 à 11:08 Torregano pour JA.

 À lire Côte d’Ivoire-Ghana : cinq questions pour comprendre la bataille autour du cacao Côte d’Ivoire-Ghana : cinq questions pour comprendre la bataille autour du cacao 

Traçabilité totale des fèves d’ici à 2024, annonce d’une première vente à un prix encourageant… Depuis 2018, Abidjan et Accra ont engagé un bras de fer avec la filière de l’or brun pour défendre la place des planteurs. État des lieux.

 Les deux plus grands producteurs de cacao du monde que sont la Côte d’Ivoire et le Ghana ont noué une alliance en 2018 pour défendre les intérêts de leurs filières cacaoyères. LE DECRYPTAGE DE JA – Les deux pays ouest-africains ont noué une alliance dans le but de faire pièce aux acteurs internationaux du secteur du cacao. Pourquoi ce partenariat était-il nécessaire ? Est-il véritablement efficace ? Comment l’axe Abidjan-Accra se positionne-t-il sur le plan international ? Quelles sont les retombées pour les planteurs ? Jeune Afrique fait le point des enjeux et défis qui se posent dans ce secteur stratégique.

 1. Pourquoi la Côte d’Ivoire et le Ghana ont-ils noué une alliance ?

 Réhabiliter la place des cacaoculteurs en augmentant leur rémunération. C’est l’objectif principal de l’alliance, surnommée « Opep du cacao », nouée en 2018 par la Côte d’Ivoire et le Ghana. Ces deux pays, premier etdeuxième producteur mondial de fèves (avec respectivement 2,2 millions et 1 million de tonnes produites lors de la campagne 2020-2021), assurent près de 70 % de l’approvisionnement de cacao au niveau international. Forts de cette position, ils veulent corriger un écueil historique qui fait des planteurs le maillon le plus faible – alors qu’il est indispensable – de la chaîne cacaoyère.

LES PAYS PRODUCTEURS NE TOUCHENT QUE 6 % DES RECETTES D’UN MARCHÉ DE 130 MILLIARDS DE DOLLARS 11 octobre 2022 à 13:47

Par Estelle Maussion Mis à jour le 11 octobre 2022 à 18:38 Mazin Rosine / Aurimages via AFP – Montage JA

Diplomatie et bonne éducation ! "A l’évidence, le Premier ministre actuel du Mali n’est pas de la caste des griots, et n’a aucune notion de diplomatie. Je dirais même d’éducation

Par Venance Konan/

***L’un de nos grands diplomates, aujourd’hui à la retraite, m’a raconté un jour que lorsque Thomas Sankara qui dirigeait alors le Burkina Faso fit sa sortie musclée devant le président français François Mitterrand, Houphouët-Boigny, le président ivoirien, l’envoya de toute urgence auprès de Sankara. Il le chargea de lui dire d’aller présenter ses excuses au président français, parce qu’on n’humilie pas le dirigeant d’une grande puissance en public. Parce qu’il réagira toujours.

Pour démontrer sa puissance et sans le crier sur tous les toits. En privé, en tête à tête ou lors d’une réunion restreinte, on peut se dire toutes les vérités ; mais en public, on utilise ce que l’on appelle le langage diplomatique. Lorsque l’on est un bon diplomate, l’on peut dire toutes les vérités, même les plus dures, à son adversaire, même le plus puissant et le plus susceptible, mais sans le blesser, sans l’humilier. Etre un bon diplomate n’est pas donné à tout le monde.

Il y a des personnes que l’on a qualifiées de grands diplomates parce qu’elles se sont illustrées dans le genre. C’est pour cela que dans de nombreux pays, il y a des écoles de diplomatie. Il y a ceux qui en ont le don et ceux qui l’apprennent. A l’école ou sur le tas. Généralement les vrais griots sont de grands diplomates. L’on raconte que lorsqu’il y eut une brouille entre les présidents Sékou Touré de la Guinée et Modibo Kéïta du Mali, au début de nos indépendances, c’est un griot qui, en chantant leurs louanges publiquement, arriva à les réconcilier. Thomas Sankara refusa de s’excuser et traita publiquement Houphouët-Boigny de « garde-chiourme de l’impérialisme ». Tout le monde sait comment Thomas Sankara est mort. Je ne saurais dire qu’il y a un lien entre ses propos devant Mitterrand et sa mort violente.

A l’évidence, le Premier ministre actuel du Mali n’est pas de la caste des griots, et n’a aucune notion de diplomatie. Je dirais même d’éducation. Car dans le langage courant, dire d’une personne qu’elle a le sens de la diplomatie signifie qu’elle a de l’éducation et sait comment s’adresser aux autres sans les blesser. Ce n’est vraiment pas le cas de l’actuel Premier ministre malien. A la tribune de l’ONU, il s’est attiré les applaudissements des seuls membres de sa délégation, parce que les autres personnes dans la salle qui sont des vrais diplomates savaient, elles, qu’il était en train de commettre une faute lourde, de se fourvoyer totalement. Il s’est attiré aussi sur les réseaux sociaux les encouragements des prétendus panafricanistes qui poussent la junte malienne vers l’abîme et il en est certainement très fier. Des Maliens l’ont acclamé dans les rues de New York en lui disant : « tu as bien parlé à ces colons et à leurs suppôts. Tu es un vrai Africain. » Il sera probablement reçu en héros lorsqu’il rentrera dans son pays. Le pauvre ! Il ne sait pas dans quoi il vient d’engager le pauvre Mali.

C’est notre Houphouët-Boigny qui disait que la politique est la saine appréciation des réalités du moment. Je souhaite à nos frères maliens d’avoir bien apprécié les réalités du moment et les rapports de force. C’est important, en politique, de bien apprécier les rapports de force et de bien apprécier les gains et les pertes à chaque décision que l’on prend, à chaque mot que l’on prononce. En son temps Sékou Touré avait prononcé son fameux « non » à la France. Il est devenu le héros d’une bonne partie de la jeunesse africaine d’alors. 64 ans après, nous voyons tous dans quel état se trouvent la Guinée son pays, et les Guinéens. Et pourtant ce pays regorge d’immenses richesses. Patrice Lumumba aussi avait dit ses quatre vérités au roi des Belges. Nous voyons dans quel état se trouve le Congo aujourd’hui, malgré ses immenses richesses.

 En politique comme en toutes choses, il est bon d’avoir de l’audace. Mais l’audace mal utilisée crée souvent des héros morts. Et un héros mort ne sert pas à grand’chose. Je ne vois pas bien ce que le Mali, pays enclavé, pauvre parmi les pauvres, complètement dépendant de l’aide des autres sur pratiquement tous les plans, a à gagner à se mettre tout le monde, à commencer par ses voisins les plus essentiels à dos. Surtout maintenant qu’il a à faire face à la terreur des islamistes. Il compte sur qui ? Les Russes ? J’ai bien peur qu’à l’allure où vont les choses actuellement en Ukraine, ce ne soient les Russes qui aient bientôt besoin des soldats Maliens.

 En tout cas, je souhaite beaucoup de courage à nos frères maliens en les invitant à méditer ces vers du poème « Si » du Britannique Rudyard Kipling : « si tu peux être brave et jamais imprudent…tu seras un homme, mon fils ».

Venance Konan

Côte d'Ivoire-Mali : L'ONU hausse le ton et appelle à une « libération immédiate » des 46 soldats ivoiriens injustement détenus à Bamako

Dans un communiqué rendu public, ce lundi 26 septembre 2022, le Secrétariat des Nations Unies (ONU) appelle à « la libération urgente » des militaires ivoiriens détenus par la junte militaire du Colonel Assimi Goïta. "Le Secrétariat des Nations Unies, Antonio Guterres appelle à la libération urgente des soldats ivoiriens détenus dans l'esprit des relations fraternelles entre les peuples de Côte d'Ivoire et du Mali.", relève-t-on. Le diplomate portugais y exprime "sa profonde préoccupation face à la détention continue depuis le 10 juillet des soldats ivoiriens à Bamako." et "réitère sa profonde appréciation de la contribution de la Côte d'Ivoire aux opérations de paix de l'ONU et à la MINUSMA en particulier".

Dans un communiqué rendu public, ce lundi 26 septembre 2022, le Secrétariat des Nations Unies (ONU) appelle à « la libération urgente » des militaires ivoiriens détenus par la junte militaire du Colonel Assimi Goïta.

« Le Secrétariat des Nations Unies exprime sa vive préoccupation face au maintien en détention depuis le 10 juillet de militaires ivoiriens à Bamako. Les Nations Unies réitèrent leur profonde gratitude pour la contribution de la Côte d’Ivoire aux opérations de paix des Nations Unies et à la MINUSMA, en particulier », lit-on dans la note publiée sur le site de l’Organisation des Nations-Unies (ONU).

« Le Secrétariat des Nations Unies appelle à la libération urgente des militaires ivoiriens détenus dans l’esprit des relations fraternelles entre les peuples de Côte d’Ivoire et du Mali. A cet égard, il soutient fermement tous les efforts visant à faciliter cette libération ainsi que le rétablissement de la confiance et la promotion du bon voisinage entre les deux pays », souligne le communiqué.

Qui ajoute : « Le Secrétariat des Nations Unies exprime sa profonde préoccupation concernant la détention depuis le 10 juillet de soldats ivoiriens à Bamako ». Cette annonce intervient après celle de la CEDEAO qui a demandé la libération des soldats ivoiriens que le Colonel Abdoulaye Maïga, a encore présenté, à la tribune des Nations Unies, comme des « mercenaires », alors que la justice malienne elle-même n’a pas qualifié cette infraction.

Le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait réclamé la libération des 46 militaires ivoiriens détenus par la junte malienne, depuis plus de deux mois. « Ce ne sont pas des mercenaires. C’est évident. Et je fais appel aux autorités maliennes pour que ce problème puisse se résoudre », avait-il déclaré, au cours d’une interview, en marge des assemblées générales de l’ONU.

Au Mali détention des 46-soldats ivoiriens la médiation de la dernière chance .

Assimi Goïta est désormais sur une pente raide La patience a des limites. Les chefs d'Etat de la Cedeao vont mener l'ultime médiation au Mali. Ce jeudi 22 septembre 2022, les chefs d'Etat de la sous-région ont, à l'unanimité, condamné la détention des 46 soldats ivoiriens au Mali. Ils ont relevé "un chantage" de la junte militaire malienne, qu'ils ont invitée à libérer sans délai les 46 soldats ivoiriens. Bien avant cette conférence extraordinaire, tour à tour, les présidents Sénégal, du Niger et de la Guinée-Bissau ont rappelé l'illégalité des arrestations, avant d'appeler les autorités maliennes à libérer les soldats. Le ministre des affaires étrangères du Nigeria, qui a été dépêché au Mali, vendredi 9 septembre 2022, par son président, Muhammadu Buhari, a clairement expliqué qu'il était porteur d'un message clair à Assimi Goïta, chef de la junte malienne. Pour lui, plus question de maintenir en détention les soldats maliens. "L'extradition des opposants maliens en en échange des soldats ivoiriens sont deux choses différentes", a-t-il dit en substance au micro des journalistes de RFI et France 24.

Mardi prochain, ce sera la mission de la dernière chance au Mali avant l'entrée dans un conflit dur où la Côte d'lvoire ne fera plus de cadeaux à son voisin"

 Le président ivoirien Alassane Ouattara a appelé, mercredi 21 septembre dernier, à la tribune des Nations unies, le Mali à libérer sans délai les soldats ivoiriens. La mission de Haut niveau est considérée, dans les chancelleries de la sous-région, comme la dernière. Selon de bonnes sources, Abidjan a préparé une série d'actions contre Bamako qui pourrait subir plusieurs mesures de rétorsion. Abidjan a étudié, depuis plusieurs semaines, les mesures susceptibles de faire plier le Mali. "Un membre de la délégation ivoirienne glissait à Rfi que le Mali ne doit pas oublier que la Côte d'lvoire fournit 20% de son électricité alors qu'il nous doit quelque 40 milliards de francs CFA de factures ď'électricité impayés. Mardi prochain, ce sera la mission de la dernière chance au Mali avant l'entrée dans un conflit dur où la Côte d'lvoire ne fera plus de cadeaux à son voisin", note Radio France internationale (Rfi).

Parce que le Mali dépend de la Côte d’Ivoire sur plusieurs plans : utilisation du port autonome d'Abidjan pour ses produits d'importation et d'exportation, fourniture en électricité, présence d'hommes d'affaires maliens avec de gros marchés. En tout cas, la Côte d'Ivoire est prête à activer des mesures coercitives. Dans la sous-région, les chefs d'Etat pourraient accompagner Abidjan dans sa réaction, puisque la quasi totalité des pays sont agacés par l'attitude de la junte militaire malienne.

Au Mali, la situation sécuritaire et sanitaire ne cesse de se dégrader, et le pouvoir d'achat des Maliens a considérablement baissé. Les prix des produits de première nécessité ont pris l'ascenseur et l'inflation galopante a largement entamé la qualité de vie des populations. Si au départ, Alassane Ouattara semblait réticent à des sanctions au regard de la situation générale du Mali, il est décidé, selon de bonnes sources, à réagir à la mesure de la provocation.

Les premières sanctions de la Cedeao ont été dures pour le Mali. De nouvelles sanctions, venant surtout de la Côte d’Ivoire mettront le Mali à terre.

Au sein de la junte malienne, des voix discordantes se font entendre. Parmi les colonels qui ont fait le putsch, il y en a qui ne partagent plus l'idée de la détention prolongée des soldats ivoiriens. Assimi Goïta aurait envisagé une libération enrobée de décision de justice. Vrai ou faux ? Difficile, pour l'instant, de le confirmer. Au sein des populations, en revanche, les guides religieux et une bonne brochette d'artistes maliens ont interpellé, en vain, Assimi Goïta sur les risques d'un conflit ouvert avec le voisin ivoirien. La junte malienne a donc le pistolet sur la tempe et un faux mouvement pourrait lui coûter chère. "Les premières sanctions de la Cedeao ont été dures pour le Mali. De nouvelles sanctions, venant surtout de la Côte d’Ivoire, mettront le Mali à terre. Le Sénégal, la Mauritanie, le Togo, le Burkina vers lesquels le Mali peut se tourner sont aujourd'hui humiliés par la junte, qui refuse de faire aboutir la médiation. Même le Nigeria est déçu ", confie un diplomate à lavenir.ci. Les jours à venir seront décisifs et la junte malienne est désormais dans l'œil du cyclone.

Publié le 24 Sep 2022 à 00:07 Yacouba DOUMBIA

Source  </phttps://www.lavenir.ci/politique/3437

« Antoine Cesareo avait un contact direct avec le président Houphouët-Boigny. Quand quelque chose, quelque part, ne fonctionnait pas comme le voulait le Président, il disait à ses collaborateurs : « allez voir Cesareo !

Ave Cesareo Antoine Cesareo. Ce nom ne dira certainement rien aux jeunes générations d’Ivoiriens, mais ils sont encore nombreux dans ce pays à avoir travaillé avec lui, à l’avoir côtoyé, ou à avoir entendu parler de lui. Son image est incrustée dans les vitraux de la basilique de Yamoussouskro, à côté de celles d’Houphouët-Boigny, de Pierre Fakoury et de tous ceux qui ont contribué à la construction de cette œuvre, selon la tradition des bâtisseurs d’édifices chrétiens.

Antoine Cesareo est décédé à l’âge de 88 ans, le lundi 19 septembre dernier, à Perpignan en France, son pays natal, où il résidait depuis son départ de Côte d’Ivoire. Je ne l’ai personnellement pas connu, mais en 1987, lorsque j’entrais dans la vie active après mes études, Antoine Cesareo était probablement l’homme le plus puissant de ce pays après Houphouët-Boigny. Il était en train de superviser la construction de la basilique de Yamoussoukro, mais il était surtout le tout-puissant directeur général de la Direction et contrôle des grands travaux (DCGTx) ou appelée tout simplement les « Grands Travaux », cette structure qui réalisait et gérait, comme son nom l’indique, tous les grands travaux de l’Etat, à savoir, la basilique, les routes, et tout ce que l’Etat considérait comme grand. Il était aussi celui qui négociait avec les institutions financières internationales, car la crise économique et financière avait déjà commencé dans le pays, et c’était le temps des ajustements structurels.

Cesareo avait la confiance, et d’Houphouët-Boigny, et des institutions financières internationales. Voici ce que feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, qui fit une bonne partie de sa carrière aux Grands travaux avant d’entrer en politique en dit, au temps de Cesareo : « au début des années 80, les Grands Travaux étaient au cœur du dispositif de l’Etat ivoirien. La DCGTx avait été rattachée directement à la présidence. Houphouët-Boigny avait compris que les grands projets devaient s’inscrire dans une approche à la fois sectorielle et globale, qu’il fallait couper court dans les divisions administratives, qu’il fallait une « centralité ». Progressivement, les Grands Travaux ont pris de l’importance. Tous les bureaux d’études intégrés dans les ministères ont été suspendus ou liquidés. » Et voici ce que l’ancien Premier disait d’Antoine Cesareo lui-même : « Antoine Cesareo avait un contact direct avec le président Houphouët-Boigny. Quand quelque chose, quelque part, ne fonctionnait pas comme le voulait le Président, il disait à ses collaborateurs : « allez voir Cesareo ! » Cesareo lui faisait alors part de ses idées, de ses souhaits, de ce qu’il jugeait bon pour le pays. Et inversement.

Les tensions étaient permanentes entre les ministères et les Grands Travaux. J’ai des souvenirs précis de certaines audiences. Nous partions voir le Président avec Cesareo pour exposer nos dossiers et nos projets. Cesareo apportait la lettre qui donnait des instructions à tel ou tel ministre, généralement celui de l’Economie et des finances. Il arrivait avec un stylo feutre, toujours neuf, qu’il tendait au Président. Le Président signait, et le secrétaire général de la présidence, Alain Belkiri, se chargeait du suivi. » Voici un peu l’homme qui vient de nous quitter, tel que décrit par l’ancien Premier ministre.

Ceux qui ont travaillé avec lui et avec qui j’ai pu discuter de lui l’ont décrit comme un homme d’une extrême rigueur, un peu rude parfois, mais d’une grande générosité dans sa vie privée. C’est peut-être cette rigueur et son côté rude qui ont fait se lever une fronde contre lui, au point d’amener Houphouët-Boigny à le débarquer brutalement, avant même la consécration de la basilique dont il avait supervisé la construction. Donnons encore une fois la parole au défunt Premier ministre sur le départ de Cesareo : « le Président Houphouët-Boigny a dû estimer que les cadres ivoiriens devaient davantage monter au front, mener le combat. Que Cesareo, malgré tous ses talents, avait fait son temps, en quelque sorte. Houphouët-Boigny a dû se dire qu’il ne pouvait pas avoir toutes ces personnalités qui sont ses ministres, dans une relation où ils sont frustrés d’être des « numéros deux » d’un Français, à un moment où tout change. Il y a un temps pour chaque chose et ce n’était plus le temps de Cesareo. Cela a dû être difficile pour lui, mais je crois que les choses se sont passées dans des conditions confortables. Et il a pu choisir son successeur. » Je ne l’ai personnellement pas connu, ni de près ni de loin comme je l’ai dit, mais je tenais à lui rendre cet hommage, parce que les témoignages que j’ai reçus de ceux qui l’ont connu m’ont conforté dans l’idée qu’il a eu à servir mon pays à une certaine époque et qu’il méritait que l’on s’incline devant sa mémoire.

Par : Venance Konan

Militaires ivoiriens détenus au Mali: Abidjan dénonce une «prise d'otage»

Les autorités maliennes de transition exigent que la Côte d'Ivoire extrade les personnalités politiques maliennes qui ont trouvé refuge à Abidjan. C’est une condition pour la libération des militaires ivoiriens arrêtés le 10 juillet dernier et toujours détenus. Cela fait plusieurs semaines que RFI a révélé cette exigence de Bamako, mais elle n'avait jamais été assumée publiquement.

Vendredi soir, dans un communiqué de la présidence malienne, le colonel Assimi Goïta lie clairement les deux dossiers : pas de libération de soldats ivoiriens sans extradition des politiques maliens en « contrepartie ». Abidjan est en colère.

« Nous considérons désormais qu'il s'agit d'une prise d'otage et d'un moyen de chantage. » Cette source proche de la présidence ivoirienne, qui préfère pour le moment s'exprimer hors micro, est outrée. « Ils veulent faire payer au président Ouattara l'embargo décidé par la Cédéao et l'Uemoa », estime cette source, en référence aux sanctions décidées par les organisations ouest-africaines et qui avaient frappé le Mali pendant six mois, entre janvier et juillet dernier, pour obtenir des engagements sur la tenue de futures élections.

 « Ces deux questions ne peuvent pas être liées, c'est du règlement de compte », juge encore cette source, qui assure que la libération des trois soldates, il y a tout juste une semaine, était censée être « le début d'un processus » et que les propos tenus vendredi par le président malien, le colonel Assimi Goïta, tiennent du « changement de discours ».

Ce haut responsable ivoirien affirme d'ailleurs que ce n'est pas la première fois : « Ils avaient promis fin juillet de ne pas judiciariser » l'affaire. Mais à la mi-août, les soldats ivoiriens détenus étaient officiellement inculpés pour, notamment, « atteinte à la sûreté de l'Etat ». Ils sont depuis dans l'attente de leur procès. Extradition exclue

 À ce stade, en tout cas, livrer les personnalités politiques maliennes qui ont trouvé refuge en Côte d'Ivoire est catégoriquement exclu par Abidjan. On parle du fils de l'ancien président IBK, Karim Keïta, de l'ancien Premier ministre Boubou Cissé et de l'ancien ministre Tiéman Hubert Coulibaly, contre lesquels la justice malienne a lancé des mandats d'arrêt internationaux dans différents dossiers.

 Toutes ces personnalités ne résident pas de manière permanente à Abidjan et ne s'y trouvent d'ailleurs pas forcément actuellement, même si elles y séjournent régulièrement. En tout état de cause, Abidjan refuse clairement de se soumettre à ce qui est considéré comme du « chantage ».

Dans sa déclaration officielle, le président malien de transition, le colonel Assimi Goïta explique qu’il s'agit d'une simple « contrepartie », sans laquelle la libération des soldats ivoiriens ne serait pas une « solution durable » mais, au contraire, « une solution à sens unique ».

Il est encore trop tôt pour dire si Abidjan pourrait durcir le ton, mais un Conseil national de sécurité devrait être convoqué en début de semaine prochaine, sur ce sujet. On sait que des moyens de pression, voire de représailles, existent : il y a trois millions de Maliens en Côte d'Ivoire et beaucoup d'intérêts économiques, puisque des milliers de camions maliens chargent chaque semaine des marchandises à Abidjan ou à San Pedro. La Côte d'Ivoire fournit aussi de l'électricité au Mali.« Nous faisons la différence entre la junte au pouvoir et les Maliens, rassure cette source ivoirienne, pour le moment, nous privilégions l'apaisement. » Mais évidemment, la question est de savoir jusqu'à quand. Autres pistes

« Nous faisons la différence entre la junte au pouvoir et les Maliens, rassure cette source ivoirienne, pour le moment, nous privilégions l'apaisement.

» Mais évidemment, la question est de savoir jusqu'à quand. Autres pistes D'autres pistes de négociation sont sur la table. Sur le plan économique, justement, le Mali souhaite que le président ivoirien Alassane Ouattara use de son influence pour obtenir des financements auprès de la Cédéao. Sur ce point, « le président Ouattara n'a pris aucun engagement, mais il pourrait plaider pour le Mali », assure notre source proche de la présidence ivoirienne, qui ajoute : « Mais seulement si les relations entre les deux pays vont dans le sens d'une normalisation, et en aucun cas en contrepartie de la libération de soldats qui n'ont rien fait. »

Pour rappel, les militaires ivoiriens avaient été arrêtés le 10 juillet dernier à leur descente d'avion, à l'aéroport de Bamako, alors qu'ils venaient au Mali dans le cadre d'un soutien à la mission des Nations unies dans le pays, la Minusma. Mais des dysfonctionnements administratifs ont conduit à leur arrestation. Des dysfonctionnements officiellement reconnus par Abidjan, lors de la libération des trois soldates la semaine dernière ; les termes « manquements » et « incompréhensions » ont été prononcés officiellement.

La Minusma a quant à elle accepté de remettre à plat ses procédures pour les rotations aériennes et de répondre aux exigences maliennes afin d'éviter de nouvelles situations de ce type. Pour autant, Bamako continue de considérer officiellement les soldats ivoiriens arrêtés comme des « mercenaires » venus déstabiliser le pays. Ce qui n'a pas empêché l'arrivée, il y a deux semaines, d'un nouveau contingent de 425 militaires ivoiriens, actuellement en poste à Tombouctou.

Photo d'Archive pour illustrer l'Article RFI

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