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Mise à jour 4:30 AM UTC, Jan 29, 2022
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Par / Idriss Dagnogo: " Nous pensons qu’il serait opportun d’épingler certains dangers que recèle un recours aux émotions dans la sphère politique, de soulever des procès semble-t-il à tord ou à raison.

Spécial Par / Idriss Dagnogo:  " Nous pensons qu’il serait opportun d’épingler certains dangers que recèle un recours aux émotions dans la sphère politique, de soulever des procès semble-t-il à tord ou à raison.

RÉINTÉGRATION DES SÉDITIEUX PAR LE P.R OUATTARA / COLÈRES ET ÉMOTIONS DES MILITANTS RHDP

Par Idriss Dagnogo  /  La nomination de AMON Tanoh au Secrétariat Exécutif du conseil de l'entente, une organisation sous régionale a engendré une vive polémique au sein des militants des partis politiques. Avant lui, il y a eu AFFI N’Guessan qui fut envoyé après sa sortie de prison au Ghana en qualité de représentant du Chef de l'Etat aux funérailles de Jerry Rawlins.

En effet, ces personnalités politiques ont contribué de loin ou de près à la mise en place d'une organisation séditieuse criminelle en vue de faire tomber le pouvoir en place. Parmi ces leaders figuraient le Président BEDIÉ, Mabri TOIKEUSSE, Kakou GUIKAHUÉ etc. La mise en liberté de ces prévenus et leur réintégration à la vie politique sans passer par la case justice crée l’émoi et l’effroi chez les militants RHDP.

Nous pensons qu’il serait opportun d’épingler certains dangers que recèle un recours aux émotions dans la sphère politique, de soulever des procès semble-t-il à tord ou à raison. Mais également de s’interroger sur la stratégie à adopter à l’égard de toutes velléités fictives ou réelles, et de remettre un peu plus de nuances dans nos assertions. 

Et face à certaines mises en scène par notre classe politique, force est de constater que les militants se perdent en conjectures. La complexité du suivi et de compréhension des faits politiques conduit parfois à un recours aux émotions.

Ce recours aux émotions pourrait-il changer le cours du jeu politique enfreint de déceptions et colères ? Non, nous ne le croyons pas avec le Président Alassane OUATTARA. Sa politique à l'effet de réconcilier les ivoiriens lui tient tellement à cœur qu'il n’ose recourir ni prendre en compte les affects de ses adversaires et partisans qui risquent de nuire à son plan d'action. Ses appels à l'union et à la réconciliation furent des appels raisonnables depuis sa prise du pouvoir d'Etat.

En effet, les émotions doivent être utilisées comme déclencheurs, mais seuls les outils de la raison critique, en venant s’y arrimer, permettent de promouvoir et de mener à bien un projet émancipateur de cohésion sociale et politique. Il faut procéder à une reconfiguration politique autour d’un nouveau rêve républicain. 

Cependant, une amnistie éventuellement justifiée dans un contexte donné, ne relève en aucune façon du pardon, quand elle n’est pas un défi à la justice. Car il importe de rappeler que la sphère politique est d’abord structurée par l’exigence de la justice. Tel est le concept central. La justice permet de désigner le mal, de nommer le coupable, de sanctionner les délits, donc d’opérer des gestes indispensables pour les victimes et nécessaires en prélude à une réconciliation des parties en cause. Ainsi la justice a une place indispensable, et comme on dit, « il faut que justice passe » sous peine de perpétuer la violence ou des frustrations lourdes de conflits ultérieurs. 

En revanche si le Président de la République veut éventuellement la réintégration des criminels dans la société politique, il doit s’assurer de la bonne foi des instigateurs criminels, du pardon sincère avant de réinscrire les coupables dans le circuit de la vie sociale et économique. Le pardon n’aura de portée réelle que sur la base et la présupposition de l’exercice de la justice.

D’où l’importance d’instituer ou de fortifier les tribunaux qui puissent se saisir ou être saisis des crimes comme ceux qu’on a connus.

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AMON-TANOH A PEUT-ÊTRE OBTENU UN POSTE POUR ASSURER SA POPOTE MAIS IL N'A PLUS DE CRÉDIBILITÉ POLITIQUE Il suffit de faire un petit retour en arrière pour se rendre compte que ce n'est pas la première fois que Alassane Ouattara procède à des NOMINATIONS AUSSI INATTENDUES que celles de dissidents à l'instar de Marcel Amon-Tanoh.

Mais que sont-ils devenus après, politiquement parlant ?

Souvenez-vous de Jacqueline Lohoues Oble. Elle a avait fait défection à la vielle d'un important congrès du RDR en 1999. Et plus tard c'est à dire en 2010, elle se signalera dans le gouvernement fantôche de Laurent Gbagbo en tant que ministre de l'Education. Malgré tout, elle siège au Conseil Constitutionnel sous la présidence de Alassane Ouattara. Quant à Professeur Ouraga Obou, le farouche défenseur de la citoyenneté ivoirienne de Alassane Ouattara pendant ses années d'opposition était devenu à la dernière minute un virulent défenseur du projet de gouvernance de LMP au moment de la campagne présidentielle en 2010. Mais c'est lui qui avait été désigné par le chef de l'Etat, président du comité d'expert chargé de rédiger la Constitution de 2016.

Il est donc clair que le Président de la République n'a jamais eu l'intention de PUNIR qui que ce soit pour des DIVERGENCES POLITIQUES.

Marcel Amon-Tanoh s'est excusé comme d'autres avant lui, et s'est dit disposé à servir son pays. Cela lui vaut à nouveau la confiance de Alassane Ouattara pour assurer les fonctions de secrétaire exécutif du conseil de l'Entente. C'est aussi ça le nouveau visage de cette Côte d'Ivoire. Il faudra désormais prendre en compte l'importance de la RÉCONCILIATION dans le fonctionnement normal de la JUSTICE et le PARDON qui donne lieu à des scènes surréalistes en politique classique. Amon-Tanoh a peut-être obtenu un poste pour assurer sa popote, mais il n'a plus de crédibilité politique. C'est aussi ça la réalité !

Dernière modification lejeudi, 06 janvier 2022 04:39