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Mise à jour 11:05 AM UTC, May 16, 2022
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Hommage à Amadou Soumahoro : Adama Bictogo et Le Pr. Maurice Kakou Guikahué

Tchomba à Bictogo « Adama, tu iras à l’Assemblée parce que tu devras surveiller mon tabouret. Je parle à mon jeune frère. Je ne parle pas au secrétaire exécutif ».

Adama Bictogo, "Conscient que l’on ne peut vivre sans heurter son semblable" Le Pr. Maurice Kakou Guikahué,"Nous avons vécu des moments intenses de complicité" Adieu cher ami.

Adama Bictogo, conscient que l’on ne peut vivre sans heurter son semblable, s’est excusé auprès d'Amadou Soumahoro pour des paroles proférées ou actes posés qui auraient contrarié le défunt président de l’Assemblée nationale. Devant le grand monde rassemblé, il a crié haut et fort, la voix larmoyante : « Si par mon engagement, l’homme de mission que je suis, par le caractère que j’ai, lié à mon engagement, je t’ai offensé, Tchomba, devant les parents, je te demande pardon ; pardon, au nom de tous ceux qui t’ont offensé. Et à toi aussi, pardonne-nous parce que ici sur la terre, dans la vie des hommes, il arrive de nous tromper », s’est-il excusé.

 Le secrétaire exécutif du Rhdp, poursuivant son témoignage émouvant, qui a fait pleurer presque toute l’assistance, a soutenu qu’en dépit de ce qui se raconte, Amadou Soumahoro et lui ont été complices, partageant ensemble des moments inoubliables, parfois passionnants et difficiles, dans la lutte pour l’accession au pouvoir de leur parti. En guise d’exemple, il a confié qu’au soir de sa vie, presque affaibli par la maladie, Amadou Soumahoro l’a invité à deux reprises chez lui à son domicile pour parler avec lui. Cette première rencontre, selon Adama Bictogo, a porté essentiellement sur le souvenir de la lutte glorieuse et des moments de braise dans la vie du Rdr.

 Lors de la seconde entrevue, le secrétaire exécutif des Houphouétistes a laissé entendre que ce jour-là, c’est un Amadou Soumahoro luttant vainement avec la maladie qui s’est adressé à lui : « Bictogo, je suis fatigué. C’était la première fois, dans son combat contre la maladie, que Tchomba me recevait seul pour me dire Bictogo, je suis fatigué. J’ai commencé à couler des larmes. Je lui ai dit : Tchomba, repose-toi, laisse nous faire. Il a répondu, je vais me reposer », a-t-il révélé. Puis de confesser : « Je suis parti de chez lui et j’ai dit au Président que je viens de prendre un coup. Et que n’eut été la mission que vous me confiez, je n’ai plus la force, parce que ce que je viens de vivre est difficile à supporter ».

Fort de ces confidences, Adama Bictogo a affirmé qu’il était dans l’intimité du fils de Séguéla qui avait confiance en lui et en ses capacités de meneur d’hommes, au point qu’il l’avait chargé de veiller sur son fauteuil à l’Assemblée nationale. Et il a repris mot pour mot ce que le Tchomba lui a demandé à cette occasion : « Adama, tu iras à l’Assemblée parce que tu devras surveiller mon tabouret. Je parle à mon jeune frère. Je ne parle pas au secrétaire exécutif ». Bictogo a argué que le disparu était un homme fort de caractère qui ne laissait personne indifférent. Ce qui le rendait atypique. Il a salué l’ancien secrétaire général par intérim du Rdr. Il a pris l’engagement de veiller sur sa famille. Avant de prier le Ciel de faciliter son passage de la terre vers le paradis.

 Par Mamadou Kanate Source / fratmat.info

A lire aussi : Hommage du SGE du PDCI à Amadaou Soumahoro: "Nous avons vécu des moments intenses de complicité"

Le Pr. Maurice Kakou Guikahué, Député de Dougroupalegnoa, Doukouyo, Gnagbodougnoa Commune et S/ P et Gagnoa S/P a rendu un hommage, le 12 mai 2022 à feu Amadou Soumahoro. L’intégralité de cette oraison funèbre.

Après la brillante oraison funèbre faite par le Président de la Cour des comptes et l’intervention du vice- président Basile FREGBO, lors de la cérémonie d’hommage à Amadou SOUMAHORO, le mardi 10 mai 2022, au Palais de l’Assemblée nationale.

 Après les divers témoignages et les interventions de personnalités outillées qui vont succéder à la mienne, je vais témoigner de ma fraternité avec Amadou SOUMAHORO et faire quelques réflexions sur la fraternité, l’amitié et la politique.

 Né le 31 octobre 1953, à Séguéla, ancien Maire de la ville de Séguéla de 1996 à 2013 et Député de Bobi-Diarabana, Séguéla commune et Sous- préfecture depuis 2011, l’honorable Amadou SOUMAHORO, Président de l’Assemblée nationale n’est plus.

Depuis le samedi 7 mai 2022, Amadou SOUMAHORO, notre Président, mon frère, mon ami nous a quittés.

En ces moments de tristesse et de recueillement, le silence est d’or mais le devoir m’appelle et je vais m’acquitter, au nom de mes pairs, de ce devoir; parler de Amadou SOUMAHORO, en ma qualité de Député de Dougroupalegnoa, Doukouyo, Gnagbodougnoa Com et S/P et Gagnoa S/P.

 Mesdames et Messieurs

Il est de notoriété publique que l’occasion d’une oraison funèbre est un moment particulièrement difficile pour celui à qui il est demandé de faire l’éloge de l’illustre disparu.

J’ai cependant accepté de me livrer à ce dur exercice que m’ont confié mes pairs, pour une raison fondamentale; démontrer que : "on peut avoir des divergences politiques, être des adversaires politiques, mais la fraternité doit toujours demeurer au-dessus de tout".

 Avant de continuer mon propos permettez-moi de présenter les condoléances des Députés de la Nation à Madame SOUMAHORO, à ses enfants, à ses parents, aux populations de Séguéla, du Worodougou et du Woroba.

Mesdames et Messieurs

Notre rencontre, Amadou SOUMAHORO et moi, se fait en 1991, quand le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, me confie la charge avec des amis de la mise en place de la JPDCI, suite à la dissolution du Mouvement des Étudiants et Élèves de Côte d’Ivoire (MEECI), au 9eCongrès Ordinaire du PDCI-RDA. Amadou SOUMAHORO sera membre de la Coordination de cette activité. Il sera ensuite membre du Bureau Politique du PDCI-RDA, membre du Groupe de la Rénovation avant de rompre les bancs avec le PDCI-RDA, en 1994.

Nos chemins vont se croiser à nouveau à la faveur de la mise en place du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).

Amadou SOUMAHORO sera mon 1er vice-président en ma qualité de Président du Directoire du RHDP de 2013 au 16 février 2016, date à laquelle, il prendra la présidence du Directoire et moi à mon tour, son 1er vice-président, dans le cadre de la rotation décidée par nos Présidents.

Nous cheminerons ensemble jusqu’en juillet 2018, quand nos chemins vont encore se séparer.

 Oui, j ‘ai cheminé avec Amadou SOUMAHORO, fils de Losseni SOUMAHORO, figure de proue du PDCI-RDA dans le Worodougou et avons vécu des moments intenses de complicité et de fraternité au cours de nos différentes collaborations. Nous avons réalisé de grandes choses. Mon frère Amadou SOUMAHORO avait un caractère trempé et il était souvent impatient. ==== Hommes de fidélité, de conviction et d’engagement que nous sommes, nous avons été loyaux chacun à son chef.

Aussi, voudrais-je présenter les condoléances des Députés de la Nation à SEM Alassane OUATTARA, Président de la République qui perd un grand et fidèle compagnon et à SEM Henri KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA, un jeune frère qu’il estimait bien.

 Mesdames et Messieurs

 Souvent la densité et la qualité des actes posés au cours d’un mandat, valent mieux que la durée de celui-ci.

Amadou SOUMAHORO, Président de l’Assemblée nationale, seulement de 2019 à 2022, a gravé son nom dans les annales de cette Institution par l’adoption et la promulgation de la loi organique portant Statut des Députés dont il a fait l’épine dorsale de sa gouvernance dès son accession à la présidence de notre Institution.

Le choix porté sur ma personne pour rendre cet hommage à notre Président va dans le sens de la consolidation de la fraternité qui doit être au dessus de nos divergences idéologiques et politiques. Peut- on vivre une fraternité quand nos opinions divergent ? C’est la mission d’éducation que doit s’assigner la représentation nationale ; l’Assemblée nationale qui est par essence le lieu de l’expression de la pluralité des idées, le lieu par excellence de la tolérance car tout Député quoique élu d’une circonscription ou soutenu par une obédience politique, demeure Député de la Nation.

Nos comportements, la gouvernance de notre institution dans la convivialité, l’équité doivent transformer la vision des populations par rapport à la démocratie.

Nous qui légiférons, notre ambition doit être de voter des lois dans l’intérêt général des populations dans toutes leurs composantes et diversités.

Enfin, par notre tolérance, notre institution sera le creuset de la démocratie naissante de notre Pays.

Que cette disparition du Président Amadou SOUMAHORO qui nous rassemble, soit le levain de la nouvelle vision de la politique dans notre pays, loin de tout manichéisme. Vas en Paix, cher Ami rencontrer ton géniteur Losseni SOUMAHORO Que la terre de tes ancêtres te soit légère.

ADIEU CHER FRÈRE, CHER AMI !

Par Patrick N'Guessan Le 14/05/22 à 09:49

Tentative de déstabilisation : Pourquoi l’aide de camp de Soro a été arrêté 5 mai 2022 Il s’appelle Abdoulaye Fofana.

Il avait le grade de commandant dans l’armée ivoirienne. Il en a été radié depuis 2019 pour « désertion ». Il prêtait régulièrement son image aux incessantes tentatives de déstabilisation des institutions de la République aux côtés de Guillaume Soro, dont il était l’aide de camp.

Jusqu’à une date récente, il était aux côtés de Soro dans son exil européen. Abdoulaye Fofana a été arrêté le mardi 3 mai 2022 à Abidjan dans le cadre d’une enquête des services de renseignements ivoiriens sur de nouvelles tentatives d’atteinte à la sûreté de l’État.

Les faits. Nos sources établissent que l’homme de main de Guillaume Soro faisait l’objet d’une surveillance étroite de longue date. Les services de renseignements l’ont inscrit sur une grille de priorités dès qu’il est rentré sur le territoire ivoirien le 25 avril 2022, sous une fausse identité. Il avait pris pied avec son patron en Suisse, à Genève. C’est de là, qu’avec de faux documents, il réussit à se faire établir un laissez-passer de voyage au consulat du Burkina Faso à Genève avec sa fausse identité. Désormais, son nouveau nom, c’est Sondé Amadou. Avec cette nouvelle identité, il quitte Genève pour Paris.

Là emprunte un vol à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, le 23 avril, vraisemblablement sur la compagnie Air France, à destination de Casablanca au Maroc. De Casablanca, il prend un autre vol de la Royal Air Maroc (RAM), cette fois, en direction de Ouagadougou. Il atterrit au Burkina Faso à 1 heure du matin le 24 avril. Il fait une pause de quelques heures. Le lendemain, il prend la direction de la Côte d’Ivoire, cette fois, par la route, à bord d’une voiture.

Depuis le 25 avril 2022, Abdoulaye Fofana est en terre ivoirienne. De Ouaga, il met le cap sur Bouaké, la capitale du centre de la Côte d’Ivoire. Après une pause de quelques jours, il rallie Yamoussoukro. Pour une raison inexpliquée pour les enquêteurs, il retourne à Bouaké. De l’ancien fief de la rébellion ivoirienne où il était aux côtés de Guillaume Soro, il remet le cap sur Yamoussoukro. Cette fois, destination finale : Abidjan. Dans la capitale économique ivoirienne, il prend ses quartiers dans plusieurs hôtels. Il se déplace constamment. Pour brouiller les pistes.

Il est si bien suivi par les services de sécurité que dans la journée du mardi 3 mai, il a été appréhendé dans le quartier de la Riviera à bord d’un véhicule de type 4X4 de marque BMW de couleur blanche. Nos sources indiquent qu’il a été pris avec 4 autres individus. Dans son véhicule, les enquêteurs ont retrouvé sa tenue militaire bien apprêtée. Et pas moins de 7 téléphones portables et autant de numéros. Les enquêteurs travaillent à faire parler ses téléphones portables. Les choses ne s’arrêtent pas là : De sources bien introduites, pas moins d’une vingtaine d’arrestations ont été opérées.

Qui sont-ils exactement ? Que préparaient-ils ? Les jours prochains nous situeront. Mais déjà, des sources crédibles proches de l’enquête sont formelles : Guillaume Soro, à travers ses chiens de guerre lancés sur le terrain, voudrait attenter à la vie du Président Alassane Ouattara. Un dessein sinistre, qui plus qu’une menace, ressemble aux derniers soubresauts d’un être désespéré.

 Source / Bakayoko Youssouf du quotidien. Nord sud

Arrestation des barons présumés de la récente saisie de drogue en Côte d’Ivoire

Après la découverte d’une importante cargaison de drogue à Koumassi et à San Pedro, les autorités mettent au jour les ramifications d’un réseau international qui a fait de la Côte d’Ivoire une véritable plaque tournante. les enquêteurs ont pu identifier et interpeller les principaux membres du réseau, dont les Espagnols Picabea Carnes Aitor et Miguel Angel Devesa Mera. C’est au domicile de ce dernier, âgé de 51 ans et officiellement directeur financier, que la saisie de San Pedro a eu lieu. 

Parmi ses lieutenants, figurent Gustavo Alberto Valencia Sepulveda, de nationalité colombienne, interpellé à Koumassi et José Maria Muniz Cadabal, un Espagnol de 47 ans. Ce dernier, connu sous le pseudonyme de « Virus » par les services français et espagnols, fut impliqué dans une tentative de transbordement de drogue au large du Golfe de Guinée à bord d’une embarcation dénommée « La civelle », appartenant à la société de Devesa Mera. Helbert Perez Garcia dit « Hector », un autre Colombien, a également été arrêté, ainsi que deux Ivoiriens.

Le premier se nomme Koné Dramane. C’est lui qui a géré la location de l’appartement et de la villa abritant la cocaïne et qui s’est procuré le matériel de conditionnement. Le rôle du second, César Ouattara, est plus flou. Tout juste sait-on qu’il était très proche de Devesa Mera, qu’il était présent sur les lieux à Koumassi et qu’il a fui lors de l’arrestation de ce dernier pour se rendre à San Pedro, où il a été arrêté. Venez par là.

  • Publié dans Divers

Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon peuvent-ils devenir Premier ministre ?

Emmanuel Macron tout juste réélu, ses principaux adversaires souhaitent déjà prendre leur revanche aux élections législatives. Mais à quoi ressemblerait une cohabitation avec Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre ? Éléments de réponse.

"Je demande aux Français de m'élire Premier Ministre." Jean-Luc Mélenchon n'a même pas attendu le second tour de l'élection présidentielle pour repasser à l'offensive. Son rêve ? Voir "le bloc populaire" tout rafler aux législatives lui permettant d'obtenir une majorité à l'Assemblée nationale et de contraindre le Président Macron à une cohabitation.

Et même si leurs responsables ne sont pas allés aussi loin que leur homologue des Insoumis, du côté du Rassemblement national aussi tout le monde voit les législatives comme un véritable "troisième tour" de la présidentielle. 

"Le Premier ministre doit avoir la confiance du Parlement" Si elle paraît pour l'heure peu probable, une éventuelle cohabitation pourrait être très houleuse. Comme l'indique à France Info le professeur de droit public à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Dominique Rousseau, Emmanuel Macron n'aurait aucun moyen d'imposer son choix pour la nomination du Premier Ministre. 

"L'article 49 de la Constitution précise que le Premier ministre doit avoir la confiance du Parlement. S'il (Emmanuel Macron) nommait Richard Ferrand, par exemple, ce dernier serait immédiatement renversé par l'Assemblée nationale", via une motion de censure. 

La seule arme présidentielle resterait dans ce cas-là la dissolution de l'Assemblée nationale en espérant que l'issue du nouveau vote lui soit plus favorable. Mais en cas de nouvel échec, "il serait obligé de s'y soumettre ou de se démettre", résume Dominique Rousseau.

Dans l'histoire de la Ve République, la France a connu trois cohabitations : François Mitterrand (PS) avec Jacques Chirac (RPR) de 1986 à 1988 puis François Mitterrand (PS) avec Édouard Balladur (RPR) de 1993 à 1995, et enfin Jacques Chirac (RPR) avec Lionel Jospin (PS) entre 1997 et 2002.

Un président plus effacé aux décisions "court-circuitées" Dans ces cas-là, "le président de la République joue un rôle moins important, plus effacé que lorsqu'il a une majorité parlementaire derrière lui", ont résumé nos confrères de RTL dans un article consacré au sujet. "Le chef de l'État pourrait ainsi voir une partie de ses décisions court-circuitées par son gouvernement."

Ainsi, avec Lionel Jospin à Matignon, Jacques Chirac n'avait pu éviter la mise en place des 35 heures ou de la Couverture maladie universelle (CMU). Car le Président ne peut pas empêcher le gouvernement de gouverner. S'il refusait de promulguer les lois votées, "il pourrait faire l'objet d'une procédure de destitution, pour manquement grave à sa charge", estime Dominique Rousseau.

Pour Emmanuel Macron, la menace semble malgré tout assez lointaine : depuis la mise en place du quinquennat et la programmation des élections législatives dans la foulée de la présidentielle, jamais un Président élu n'a été mis en minorité à l'Assemblée nationale. 

BORIS BOUTET suivre ce journaliste

https://www.midilibre.fr/2022/04/26/lp> Publié le 27/04/2022 à 06:01

  • Publié dans Monde

Adama Diomandé, (Pdt ADDL) : «Gbagbo démontre chaque jour depuis son retour, qu’il est un revanchard»

L’actualité récente en Côte d’Ivoire marquée par la nomination d’un vice-président de la République ainsi que la reconduction du Premier ministre Patrick Achi, a fait réagir le président de l’Association pour la défense de la démocratie et des libertés (ADDL). Adama Diomandé dont le mouvement est proche du RHDP, a commenté l’actualité dans les colonnes de notre confrère Le Rassemblement.

Vous êtes le président d’un mouvement proche du RHDP. Quelle lecture faîtes-vous des dernières sorties de l’ancien président Laurent Gbagbo qui s’est, entre autres, attaqué au bilan du président Alassane Ouattara en disant que les dispensaires étaient baptisés CHU?

L’ancien président Laurent Gbagbo démontre chaque jour depuis son retour, qu’il est un revanchard. Parce que ses critiques ne sont pas objectives. Personne ne lui a dit que les centres de santé construits étaient considérés comme des CHU. C’est très grave qu’un ancien chef de l’Etat fasse preuve de tant de légèreté. Il roule sur du bitume pour aller dans son village à Mama et voit d’autres réalisations de son successeur, mais cela ne lui inspire rien. Il préfère plutôt amuser la galerie, parce que finalement, c’est ce sentiment qu’on a lorsqu’on l’écoute. Il veut faire plaisir à ses partisans connus pour leur extrémisme et leur manque de discernement, de sorte qu’ils sont dans une logique d’opposition systématique. C’est bien dommage. Je voudrais quand même rappeler que son élection fut la pire chose qui soit arrivée à ce pays. D’ailleurs, il n’a pas manqué de reconnaitre lui-même que son élection a été calamiteuse. Lorsqu’on a été élu dans de telles conditions, on fait tout pour rapprocher ses compatriotes. Mais, au contraire, lui, il a accentué la catégorisation des Ivoiriens en reprenant à son compte le concept de l’ivoirité qui a divisé ce pays. Et il a gouverné comme ça. Lorsque certains lui ont envoyé des signaux pour attirer son attention sur les risques de déflagration qui guettait son pouvoir, il a dit qu’il voyait le dos du nageur. Conséquence, son pouvoir a été attaqué. Il y a tellement d’éléments qui démontrent que ce monsieur n’était pas apte à diriger la Côte d’Ivoire. Ce fut une erreur monumentale qu’il soit arrivé à ce niveau, je le répète. Pour preuve, un autre à sa place, après tout ce qu’il a vécu, serait devenu sage. Mais, il se promène et parle de choses et d’autres qui n’ont aucun rapport avec la vie des Ivoiriens. C’est clair que c’est un revanchard, et notre pays n’a pas besoin de ça.

Le député indépendant et maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko a déposé des propositions de lois à l’assemblée nationale, notamment, celle portant limitation à 75 ans, de l’âge des candidats à l’élection présidentielle. Quel commentaire suscite en vous cette proposition de loi? A-t-elle des chances d’être adoptée par le Parlement?

Je crois, pour ma part, que la question de l’âge des candidats n’est pas le vrai problème. Le vrai problème, c’est la volonté de certains hommes politiques à concevoir la vie politique au-delà de leurs intérêts et de leur personne. Cela dit, je ne vois pas d’inconvénient à cette proposition de loi pour ce qui concerne le RHDP, puisque le président du parti l’a dit, il a une demi-douzaine de cadres sous la main pour sa succession. Et la nomination du vice-président Tiémoko Meyliet Koné en est une preuve probante. Quant à savoir si elle sera adoptée par le Parlement, la question reste posée. Cependant, il faut rappeler que lors de la 5ème phase du dialogue politique, tous les partis, pouvoir comme opposition, n’ont pas vu d’inconvénient à ce que le verrou de l’âge soit levé. En clair, la non limitation de l’âge des candidats semble ne gênée personne dans les partis politiques.

Le mardi 19 avril, le président Alassane Ouattara a reconduit le Premier ministre Patrick Achi tout en nommant un nouveau Vice-président de la République. Vous attendiez vous à ces nominations?

Pour dire la vérité, personne ne s’y attendait. Cependant, pour ce qui me concerne, je puis dire que j’avais le tiercé gagnant mais pas dans l’ordre. Je veux dire que pour moi, le Premier ministre serait nommé vice-président et l’ex-gouverneur de la BCEAO atterrirait à la Primature. Mais ce fut le contraire. Ce n’est pas plus mal. Puisque les deux sont de grands bosseurs et ont déjà fait la preuve de leur sérieux.

Que pensez-vous de la reconduction du Premier ministre, est-elle justifiée, selon vous? 

Elle est amplement justifiée. Il a démontré qu’il est un grand technocrate. Le Premier ministre Patrick Achi est une personne sans histoire qui fait l’unanimité au sein de la classe politique sur ses compétences et son dynamisme. 

Avec la nomination d’un Vice-président, est-il juste de dire que le président Alassane Ouattara prépare sa succession? 

Je serais d’accord si c’était le cas. Il a déjà fait ce qu’il avait à faire. Il a tracé les sillons, il ne serait donc pas mauvais qu’il passe la main comme il en manifeste l’intention sinon la volonté depuis au moins 2018. Cela est d’autant plus souhaitable que le vice-président Tiémoko Meyliet Koné est un homme qui inspire confiance.

Justement, que savez-vous de l’ancien gouverneur de la BCEAO, un homme pas très connu du grand public? 

Je pense que c’est un homme de grande qualité. L’Afrique le connait, le monde de la finance, surtout. Sa détermination à défendre le franc CFA est connue de tous. C’est quelqu’un qui ne fait pas de bruit, mais qui avance. Je l’ai connu depuis Paris. Je pense que d’ici quelques jours, nous le verrons au travail et chacun pourra le juger sur pièce et non sur des on dit ou des préjugés. Il a prêté serment devant la nation et je ne doute pas que sa loyauté sera intacte vis-à-vis du président de la République. Tout ce que celui-ci lui dira de faire, il le fera sans problème. Et cela me rassure.

On a vu au congrès que les députés et les présidents des partis de l’opposition étaient présents dans la salle. Que vous a inspiré ce moment de communion républicaine ?

J’ai apprécié. Lorsque je voyais le député Michel Gbagbo du PPA-CI, Guikahué et les autres députés du PDCI-RDA, j’étais content. Cela prouve que la démocratie marche en Côte d’Ivoire, même si on a des critiques à faire. Il faut donc avoir l’honnêteté de reconnaitre, quand on est opposant et qu’on est sur les chaînes étrangères, que la démocratie ivoirienne marche, mais que nous nous battons pour la parfaire et l’améliorer. Etre opposant, ce n’est pas tout rejeter. Je reviens à Laurent Gbagbo pour dire que lorsqu’il va à l’Ouest et qu’il roule sur du bitume grâce à Alassane Ouattara, il devrait reconnaitre cela. Voilà pourquoi je dis qu’il est déconnecté. Même s’il ne veut pas dire merci à Alassane Ouattara, il peut au moins se réjouir de ce qui est fait pour son pays. 

En 2023, on aura les élections locales qui vont enregistrer la participation de tous les partis politiques, y compris celui de l’ancien président Laurent Gbagbo. Croyez-vous que le Rhdp réussira à conserver son hégémonie sur la scène politique? 

Le RHDP est un parti organisé et tout le démontre. Lorsque le RDR était dans l’opposition, il a remporté de nombreux sièges. Ai-je besoin de vous rappeler que le président de la République qui est le président du RHDP est un homme prévoyant ? Il a décidé d’organiser le parti dans la perspective de ces joutes électorales. Il y a des personnes très au fait des réalités politiques de notre pays qui sont au Directoire et au Secrétariat exécutif. Je veux parler du ministre d’Etat, Gilbert Koné Kafana, des ministres Adama Bictogo, Mamadou Touré, Zoro Bi Ballo dont je suis proche et bien d’autres. Je pense que nous sommes suffisamment outillés pour conserver notre hégémonie. C’est vrai qu’il y a des plaintes en interne au niveau de certains militants qui estiment qu’ils ne sont pas récompensés à la hauteur de leurs sacrifices et d’autres griefs. C’est justement ce qui a amené le président du parti à exhorter les cadres à être proches de la base. Ce sont des torts qui doivent être réparés et alors, je ne doute pas que le RHDP partira à ces joutes avec toutes les chances de son côté.

Ne pensez-vous pas que le plus grand adversaire du RHDP, c’est le RHDP lui-même, puisque la cohésion semble ne pas y être de mise lorsqu’on voit certaines choses, notamment les querelles entre cadres du même parti?

Les bisbilles et les inimitiés font partie du fonctionnement de toutes les structures et des partis politiques. C’est donc humain. L’essentiel étant que les uns et les autres sachent qu’ils appartiennent à un même ensemble qui ne doit pas pâtir de leurs querelles. C’est ce qu’on appelle l’intérêt général. Et je pense qu’au RHDP, tout le monde en est conscient. Même dans nos familles, il y a quelques mésententes, mais lorsqu’il s’agit de défendre cette famille, tous les membres font bloc autour du père. Je sais que vous faites allusion aux candidatures indépendantes qu’on a connues dans un passé récent. Mais d’une certaine façon, on peut comprendre ceux qui ont porté ces candidatures, puisque pour la plupart, ce sont des militants de la première heure qui ont consenti beaucoup de sacrifices pour le parti et lorsqu’il s’agit de désigner des candidats, ils sont parfois ignorés au profit de cadres souvent inconnus de la base. Il est vrai que les indépendants vont au scrutin en se disant qu’ils sont plus légitimes, mais après, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, ils reviennent à la maison. Ce ne sont donc pas des situations si alarmantes, tout compte fait. Cette fois-ci, nous devons tout faire pour garder la cohésion et la discipline, puisque 2025, c’est un moment important pour la vie de la nation et pour notre parti.

On parle de plus en plus de la succession de Ouattara, croyez-vous que c’est une bonne chose au moment où Bédié et Gbagbo n’entendent pas prendre leur retraite avant 2025?

Alassane Ouattara a tout donné à son pays. C’est un être humain et il peut être fatigué. Je pense donc que si en 2025, il dit qu’il se retire, je n’y verrais aucun inconvénient. Mais pour lui rendre hommage et honneur, nous devons tout faire, quelle que soit la personne qu’il va désigner pour sa succession, pour conserver le pouvoir. En revanche, si c’est avec le président lui-même, il n’y aura pas de problème. Si les présidents Bédié et Gbagbo veulent rebeloter, je pense que, dans leurs partis respectifs, si ces derniers fonctionnent normalement, on devrait leur dire stop ! Ce serait plus sage.

Quel message pouvez-vous lancer aux Ivoiriens, singulièrement, aux militants du parti présidentiel à ce stade la vie de la nation? 

Avant de lancer un message, je voudrais prendre l’exemple du Ghana. Ce pays compte des anciens présidents qui sont dans l’opposition, mais jamais vous ne les entendrez tourner en dérision le bilan de l’actuel président. Au Nigéria, c’est pareil. Chacun respecte les autorités en place. Les opposants ivoiriens devraient prendre l’exemple des Ghanéens. Et surtout, nous avons un problème, c’est que trois de nos voisins connaissent des situations d’exception puisqu’ils sont dirigés par des juntes militaires. J’invite donc les Ivoiriens à rester unis pour conjurer le mauvais sort et donner force à nos autorités. La Côte d’Ivoire est au-dessus de tout le monde. Je souhaiterais, pour finir, que mes compatriotes prennent conscience de l’évolution du pays sous Alassane Ouattara.

Source : Le Rassemblement Adama Diomandé, (Pdt ADDL) : «Gbagbo démontre chaque jour depuis son retour, qu’il est un revanchard» Avr 25, 2022 Adama Diomandé, Président de l'ADDL @informateur-

Lisa Cook, première femme noire pressentie pour devenir gouverneure de la Fed / Un parcours brillant et engagé

Lisa DeNell Cook a été nominée par Joe Biden pour devenir gouverneure de la Réserve fédérale des États-Unis, ici à Washington le 3 février 2022. © AFP / BILL CLARK Lisa Cook a passé sa vie à démontrer combien le racisme, la haine et la violence peuvent réduire le niveau de vie et la croissance aux États-Unis. Elle s’exprime récemment au Centre de développement équitable (Washington Center for Equitable Growth) de Washington.

« Vous n’intégrez pas toute la population, vous n’utilisez pas toutes les ressources de l'économie. Vous ne gérez pas bien l’économie. Nous estimons que le produit intérieur brut par habitant serait de 0,6 à 4,5 % plus élevé s'il y avait plus de femmes et plus d'Afro-Américains inclus dans le processus d'innovation. C’est beaucoup d’argent perdu. »

 Un parcours brillant et engagé

Les convictions de Lisa Cook ont été façonnées par son enfance à Milledgeville, dans l’État de Géorgie. « C’était le sud deségrégationiste », dit-elle, « et mes parents se battaient contre la non-violence aux côtés d’un ami de la famille, le pasteur Martin Luther King ».

 Fille d’un aumônier baptiste et d’une professeure en école d’infirmières, c’est une des premières enfants noires à intégrer une école publique, autrefois réservée aux élèves blancs. Le climat est violent et elle garde sous l’œil droit la cicatrice des agressions racistes qu’elle a subi.

Lisa Cook surmonte toutes les épreuves et suit de longues études brillantes en économie et en philosophie dans de prestigieuses universités. À Atlanta d’abord, puis à Oxford, en Angleterre, à l’université Cheikh Anta Diop à Dakar, et enfin à Berkeley, en Californie. Sylvie Matelli, directrice adjointe à l’IRIS, l’Institut de relations internationales et stratégiques. 

« C’est un haut potentiel, si vous me permettez l’expression, parce que docteure en économie, très engagée sur différentes questions, qui parle 5 langues dont le russe. Ce n’est pas n’importe qui. » Une spécialiste des effets du racisme sur l'économie  Lisa Cook est, un temps, enseignante au Centre international de développement de Harvard, avant de devenir professeure d’économie et de relations internationales à l’université du Michigan. Un parcours qui impressionne le président Joe Biden, comme l'explique Sylvie Matelli. « C’est une économiste mais ce n’est pas du tout une spécialiste de l’économie financière ou de la politique monétaire. C’est une spécialiste des effets pervers sur l’économie du racisme, donc il y a vraiment un engagement très fort, non seulement il (Biden) fait entrer une femme, mais une femme noire, je trouve qu’on est vraiment sur cette question des inégalités. »

 Lisa Cook devrait donc apporter une dimension nouvelle qui n’existe pas à la Fed. Georges Ugeux, président de Galileo Global Advisors.

« C’est vraiment une personne qui est académique. Donc ce qu’elle va apporter, c’est un angle différent qui n’existait pas à la Fed. Elle va par exemple s’assurer que quand la Réserve fédérale fait des investissements ou bien soutient un certain nombre d’institutions financières, tout n’aille pas dans une seule direction et que l’on prenne en considération l’égalité des chances dans la politique de la Fed en matière d’emploi. »

Mettre à profit son expérience de conseillère en développement pour Obama  

Le taux de chômage aux États-Unis est de 3,6 %, presque son niveau d’avant pandémie. Mais il est de 7 % pour la population noire.  En dehors de la lutte contre les inégalités raciales et de genre, Lisa Cook espère mettre à profit son expérience de conseillère en développement international dans l’administration de Barack Obama et son soutien dans l’équipe de transition de Joe Biden, explique Sylvie Matelli.

« Elle a beaucoup travaillé sur le développement économique donc ça c’est pas mal, parce que le durcissement de la politique américaine pour lutter contre l’inflation peut avoir des conséquences sur les pays du sud qui sont aujourd’hui très endettés, ce sont eux les plus vulnérables face à cette dette et le fait qu’elle soit spécialiste de ce développement économique, ce n’est probablement pas anodin. Elle avait beaucoup travaillé sur la reprise économique au Rwanda après le génocide de 1994. Donc voilà quelqu’un de plutôt empathique, ouverte sur le monde. »

La nomination de Lisa Cook fait toutefois grincer des dents dans les rangs des Républicains. Ils la jugent trop peu qualifiée en macroéconomie pour entrer à la Fed. Mais Lisa Cook n’en est pas à un combat près.

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Côte d’Ivoire : pourquoi Alassane Ouattara a choisi Tiémoko Meyliet Koné pour la vice-présidence

L’ex-gouverneur de la BCEAO devient le deuxième personnage de l’État. Ce technocrate discret et irréprochable est depuis de longues années un « conseiller de l’ombre » du président ivoirien.

Le vice-président Tiémoko Meyliet Koné salue le drapeau national ivoirien après avoir prêté serment au palais présidentiel d’Abidjan le 20 avril 2022. © ISSOUF SANOGO/AFP Main droite levée, costume sombre et fines lunettes, Tiémoko Meyliet Koné a prêté serment ce mercredi 20 avril devant les juges du Conseil constitutionnel. À 72 ans, cet homme placide est ainsi devenu le deuxième vice-président de l’histoire du pays.

La veille, devant le Congrès réuni à Yamoussoukro, Alassane Ouattara avait annoncé la nomination de celui qui depuis 2011 était le gouverneur de la BCEAO. Un choix qui n’a pas étonné les visiteurs du soir du palais présidentiel : le nom de cet homme était régulièrement évoqué ces dernières années. Déjà en juillet 2020, lors de la mort du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly puis de la démission du vice-président Daniel Kablan Duncan, on parlait de lui comme d’un recours éventuel. 

Réseaux internationaux Ce haut dirigeant a en effet tous les atouts pour séduire le président ivoirien. « Technocrate hors pair, brillant économiste et homme compétent », il a effectué un parcours sans faute.

C’EST QUELQU’UN QUE LE CHEF DE L’ÉTAT CONSULTAIT RÉGULIÈREMENT À CAUSE DE SON EXPÉRIENCE INTERNATIONALE

Diplômé de sciences économiques à l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody puis formé à la Banque centrale, il est aussi passé par le Fonds monétaire international (FMI) avant de prendre la tête de la BCEAO, deux institutions internationales où a travaillé Alassane Ouattara. Sa carrière a permis à Tiémoko Meyliet Koné d’acquérir de solides réseaux économiques et internationaux.

« C’est quelqu’un que le chef de l’État consultait régulièrement à cause de son expérience internationale. C’était un conseiller de l’ombre », souligne une source proche du président ivoirien. Un homme de confiance sur lequel Alassane Ouattara, qui souhaite être plus épaulé, pourra s’appuyer pour suivre des dossiers clés. Le premier d’entre eux sera celui de la réforme du Franc CFA.

Appelé par Soro C’est en 2007 que Tiémoko Meyliet Koné se fait connaitre des Ivoiriens. À l’époque, cet homme originaire de Ferkessédougou par son père mais qui préfère la ville de sa mère, Tafiré – il y possède un ranch, une résidence secondaire et un complexe hôtelier – , venait de quitter la Banque centrale pour lancer un cabinet de consulting. Un projet qu’il n’aura jamais la possibilité de mener à bien. 

Guillaume Soro est nommé Premier ministre de cohabitation de Laurent Gbagbo et a besoin d’un directeur de cabinet. Cardosi Koné, actuel député de Ferkessédougou, la ville de Soro, et proche ami de Tiémoko Meyliet Koné lui suggère alors de travailler avec le discret technocrate. Alassane Ouattara recommande aussi l’économiste.

ALASSANE OUATTARA, QUI SE DIT FATIGUÉ, POURRA S’APPUYER SUR CET HOMME DE CONFIANCE

Son efficacité et sa probité sont remarquées et le conduisent à prendre la tête du ministère de la Construction début 2010. Sa mission ?

Remettre de l’ordre, imposer de bonnes pratiques et de la transparence. En novembre 2010, lorsqu’Alassane Ouattara est élu, il le nomme conseiller spécial chargé des finances pour quelques mois avant d’en faire son candidat au poste de gouverneur de la BCEAO, laissé vacant par Henri Dakoury-Tabley contraint à la démission. Loyauté et expertise Onze années plus tard, Tiémoko Meyliet Koné revient à des fonctions nationales. Près de deux ans après la démission de Daniel Kablan Duncan et alors qu’il avait un temps envisagé de supprimer le poste de vice-président, Alassane Ouattara l’a désigné deuxième personnage de l’État.

Rien n’indique pourtant qu’il en fasse ainsi son dauphin en vue de la course à la présidence de 2025. C’est sur la loyauté et l’expertise que le président ivoirien semble avoir misé.

À LIRE À la BCEAO, une méthode (sans discours) nommée Tiémoko KonéSource

Source Jeune Afrique 21 avril 2022 à 19:50 Par Baudelaire Mieu Mis à jour le 21 avril 2022 à 19:50

CIV / 𝐆𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 : 𝐮𝐧𝐞 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞 𝐝𝐞 𝟑𝟐 𝐦𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞́𝐞

𝐆𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 : 𝐮𝐧𝐞 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞 𝐝𝐞 𝟑𝟐 𝐦𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞́𝐞 Abidjan, le 20 avril 2022 - Dans un communiqué signé du Président de la République Alassane Ouattara, le mercredi 20 avril 2022, le secrétaire général de la Présidence de la République, Abdourahmane Cissé, a annoncé le nouveau gouvernement composé de 32 membres, dont deux nouveaux entrants, contre 41 membres dans le gouvernement précédent.

Les deux nouveaux ministres entrants sont le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa Coulibaly en remplacement de Thomas Camara et la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck en remplacement de Harlette Badou N'guessan Kouamé. Certains ministres ont changé de ministères, notamment , Laurent Tchagba qui remplace Alain Richard-Donwahi aux Eaux et Forêts. Ce nouveau gouvernement dirigé par le Premier Ministre Patrick Achi dont la reconduction a eu lieu la veille ne comprend pas de secrétariats d'État ni de ministères délégués.

Le gouvernement précédent qui était composé de 41 membres, avait rendu sa démission le mercredi 13 avril dernier. La liste des Membres du Gouvernement :

1. Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Diaspora, 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐦𝐞 𝐊𝐚𝐧𝐝𝐢𝐚 𝐊𝐚𝐦𝐢𝐬𝐬𝐨𝐤𝐨 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚 2. Ministre d’Etat, ministre de la Défense, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐓𝐞́𝐧𝐞́ 𝐁𝐢𝐫𝐚𝐡𝐢𝐦𝐚 𝐎𝐮𝐚𝐭𝐭𝐚𝐫𝐚 3. Ministre d’État, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐊𝐨𝐛𝐞𝐧𝐚𝐧 𝐊𝐨𝐮𝐚𝐬𝐬𝐢 𝐀𝐝𝐣𝐨𝐮𝐦𝐚𝐧𝐢 4. Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐒𝐚𝐧𝐬𝐚𝐧 𝐊𝐚𝐦𝐛𝐢𝐥𝐞́ 5. Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐕𝐚𝐠𝐨𝐧𝐝𝐨 𝐃𝐢𝐨𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞́ 6. Ministre du Plan et du Développement, 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐦𝐞 𝐊𝐚𝐛𝐚 𝐍𝐢𝐚𝐥𝐞́ 7. Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐌𝐚𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐒𝐚𝐧𝐠𝐚𝐟𝐨𝐰𝐚 𝐂𝐨𝐮𝐥𝐢𝐛𝐚𝐥𝐲 8. Ministre de la Fonction publique, 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐦𝐞 𝐀𝐧𝐧𝐞 𝐃𝐞́𝐬𝐢𝐫𝐞́𝐞 𝐎𝐮𝐥𝐨𝐭𝐨 9. Ministre des Transports, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐀𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐊𝐨𝐧𝐞́ 10. Ministre de l’Économie et des Finances, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐀𝐝𝐚𝐦𝐚 𝐂𝐨𝐮𝐥𝐢𝐛𝐚𝐥𝐲 11. Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐁𝐫𝐮𝐧𝐨 𝐍𝐚𝐛𝐚𝐠𝐧𝐞́ 𝐊𝐨𝐧𝐞́ 12. Ministre du Budget et du Portefeuille de l’État, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐌𝐨𝐮𝐬𝐬𝐚 𝐒𝐚𝐧𝐨𝐠𝐨 13. Ministre des Eaux et Forêts, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐋𝐚𝐮𝐫𝐞𝐧𝐭 𝐂𝐡𝐚𝐠𝐛𝐚 14. Ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐀𝐦𝐞́𝐝𝐞́ 𝐊𝐨𝐟𝐟𝐢 𝐊𝐨𝐮𝐚𝐤𝐨𝐮 15. Ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐦𝐞 𝐌𝐚𝐫𝐢𝐚𝐭𝐨𝐮 𝐊𝐨𝐧𝐞́ 16. Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐃𝐢𝐚𝐫𝐫𝐚𝐬𝐬𝐨𝐮𝐛𝐚 17. Ministre de la Réconciliation et de la Cohésion nationale, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐁𝐞𝐫𝐭𝐢𝐧 𝐊𝐨𝐧𝐚𝐧 𝐊𝐨𝐮𝐚𝐝𝐢𝐨 18. Ministre des Sports, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐏𝐚𝐮𝐥𝐢𝐧 𝐂𝐥𝐚𝐮𝐝𝐞 𝐃𝐚𝐧𝐡𝐨 19. Ministre des Ressources animales et halieutiques, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐒𝐢𝐝𝐲 𝐓𝐢𝐞́𝐦𝐨𝐤𝐨 𝐓𝐨𝐮𝐫𝐞́ 20. Ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Porte-parole du gouvernement, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐀𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐂𝐨𝐮𝐥𝐢𝐛𝐚𝐥𝐲 21. Ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Porte-parole adjoint du gouvernement, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐌𝐚𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐓𝐨𝐮𝐫𝐞́ 22. Ministre du Tourisme, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐒𝐢𝐚𝐧𝐝𝐨𝐮 𝐅𝐨𝐟𝐚𝐧𝐚 23. Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐀𝐝𝐚𝐦𝐚 𝐃𝐢𝐚𝐰𝐚𝐫𝐚 24. Ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie universelle, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐃𝐢𝐦𝐛𝐚 25. Ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐁𝐨𝐮𝐚𝐤𝐞́ 𝐅𝐨𝐟𝐚𝐧𝐚 26. Ministre de la Promotion de la bonne Gouvernance et de la Lutte contre la Corruption, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐄́𝐩𝐢𝐩𝐡𝐚𝐧𝐞 𝐙𝐨𝐫𝐨 𝐁𝐚𝐥𝐥𝐨 27. Ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐦𝐞 𝐌𝐲𝐬𝐬 𝐁𝐞𝐥𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐃𝐨𝐠𝐨 28. Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐀𝐝𝐚𝐦𝐚 𝐊𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚 29. Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐦𝐞 𝐍𝐚𝐬𝐬𝐞𝐧𝐞𝐛𝐚 𝐓𝐨𝐮𝐫𝐞́ 30. Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐊𝐨𝐟𝐟𝐢 𝐍’𝐆𝐮𝐞𝐬𝐬𝐚𝐧 31. Ministre de la Culture et de la Francophonie, 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐦𝐞 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬𝐞 𝐑𝐞𝐦𝐚𝐫𝐜𝐤 32. Ministre de l’Environnement et du Développement durable, 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐋𝐮𝐜 𝐀𝐬𝐬𝐢 Ci-après le communiqué :

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Côte d'Ivoire: le vice-président Tiémoko Meyliet Koné a prêté serment

« Je mesure le défi qui est le mien » « Je jure solennellement et sur l'honneur de respecter la Constitution, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge, dans le strict respect de ses obligations et avec loyauté à l'égard du président de la République », a aussi déclaré M. Koné avant d'ajouter : « Que le président de la République me retire sa confiance si je trahis ce serment ».

Le vice-président ivoirien Tiemoko Meyliet Koné après avoir prêté serment au palais présidentiel d'Abidjan le 20 avril 2022, au lendemain de sa nomination à ce poste vacant depuis près de deux ans. Sa nomination au poste de vice-président a été annoncée mardi 19 avril par Alassane Ouattara. Tiémoko Meyliet Koné a prêté serment ce mercredi en fin de matinée à Abidjan, devant le Conseil constitutionnel. 

C’est lors d’une cérémonie solennelle que le vice-président a prêté serment devant les membres du Conseil constitutionnel, qui se sont déplacés pour l’occasion dans une salle de réception de la présidence de la République. 

La cérémonie s'est tenue en présence du président de la République, du Premier ministre, de ministres d’État, de représentants du corps diplomatique ou des chefs traditionnels. Le président du Conseil constitutionnel Mamadou Koné a pris la parole pour expliquer au nouveau vice-président les obligations liées à sa charge : « Vous demeurerez sans conteste le deuxième personnage de l’État », lui a rappelé Mamadou Koné. « Je mesure le défi qui est le mien »

Puis c’est Tiémoko Meyliet Koné lui-même qui s’est exprimé, d’abord pour remercier le chef de l’État de sa confiance, louant aussi son action politique : « Aux regards de vos ambitions, je mesure le défi qui est le mien. Je me mets à votre disposition. Vos orientations constitueront la boussole de mes actions », a encore déclaré le vice-président à l’adresse d’Alassane Ouattara.

« Je jure solennellement et sur l'honneur de respecter la Constitution, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge, dans le strict respect de ses obligations et avec loyauté à l'égard du président de la République », a aussi déclaré M. Koné avant d'ajouter : « Que le président de la République me retire sa confiance si je trahis ce serment ».

Le président ivoirien a donc désormais un vice-président sur la même ligne politique que lui. Un homme de confiance réputé peu porté sur la politique politicienne, mais compétent, de l’avis de ceux qui le connaissent. 

Source RFI / Le vice-président ivoirien Tiemoko Meyliet Koné après avoir prêté serment au palais présidentiel d'Abidjan le 20 avril 2022, au lendemain de sa nomination à ce poste vacant depuis près de deux ans. AFP - ISSOUF SANOGO Texte par : RFI

Devant les deux chambres réunies en Congrès, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé, ce mardi 19 avril, la nomination d'un nouveau vice-président. Il s'agit de Tiémoko Meyliet Koné, actuel gouverneur de la Banque centrale des États

Le poste était vacant depuis juillet 2020. La nomination de Tiémoko Meyliet Koné au poste de vice-président de Côte d’Ivoire est une petite surprise. Son nom n’apparaissait presque jamais dans les pronostics ces derniers jours.

Quoi qu’il en soit, le président Alassane Ouattara n’a pas tari d’éloges sur lui, saluant son expérience gouvernementale il y a une quinzaine d’années, parlant de lui comme d’un « technocrate hors pair », un « brillant économiste », « un homme de consensus et de probité ». À bientôt 73 ans, Tiémoko Meyliet Koné est gouverneur de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) depuis 2011. Un mandat qu’il va devoir écourter pour regagner Abidjan, la BCEAO étant basée à Dakar, au Sénégal. Cet économiste est un pur produit des institutions financières internationales, et de la BCEAO en particulier qu’il connait de fond en comble. Son expérience politique en Côte d’Ivoire est assez brève : quatre ans. D’abord entre 2007 et 2010, comme directeur de cabinet du Premier ministre Guillaume Soro, puis comme ministre de la Construction. Il sera ensuite, durant quelques mois, conseiller spécial d’Alassane Ouattara avant de repartir à la BCEAO. Vision libérale de l'économie

Carrure massive, visage placide, élocution posée, le natif de Tafiré dans le nord du pays a des allures de sphynx. Derrière des lunettes à monture métallique, se cache un tempérament austère, disent ceux qui l'ont côtoyé. Ils louent par ailleurs ses qualités de grand travailleur. La BCEAO qu'il a dirigée a représenté l'axe de sa vie professionnelle. Il partage avec Alassane Ouattara une même vision libérale de l'économie. Ce gardien de l'orthodoxie aura dirigé la BCEAO dans la continuité, mais avec un sens avéré de l'adaptation. L'agilité dont il fit preuve pour répondre à la crise engendrée par la pandémie en créant les bonds Covid a permis aux économies de la zone Uemoa de surnager.

De même, il a beaucoup soutenu le développement des fintechs, les technologiques de la finance. Sur les questions plus politiques comme l'abandon du franc CFA, il s'est en revanche montré prudent, rappelant cependant en plusieurs occasions que la stabilité monétaire était pour lui la clé de la prospérité. « Capable de tenir ce rôle »

En choisissant Tiémoko Koné, Alassane Ouattara prend les amateurs de pronostics à contre-pied. Certains dans la classe politique voient en cette nomination la propulsion sur le devant de la scène d’un successeur potentiel en vue de la présidentielle de 2025. D’autres saluent du choix d’un homme de consensus, un technocrate qui a toujours autant que possible évité les jeux politiciens, et qui ne devrait pas bouleverser l’échiquier politique. Le nouveau vice-président doit encore prêter serment. Son éligibilité a, en tout cas, été validée ce matin par le Conseil constitutionnel. Les réactions étaient plutôt positives parmi les parlementaires ce mardi. Sur le parvis de la Fondation Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro, ils ont commenté le choix d’Alassane Ouattara.

« Il aurait pu désigner n'importe qui, mais il a estimé que la personnalité qu'il a eu à désigner répondait aux critères conformes à sa vision. Il a indiqué que c'est quelqu'un qui a des compétences internes comme internationales. Moi je suis persuadé, partageant la même vision que le chef de l'État dans le cadre politique, que là où il pointe le doigt, c'est de là que jaillira la lumière », positive Abdoulaye Ben Meïté député RHDP. Avec une incursion de quatre ans dans la vie politique ivoirienne, il n’est pas un inconnu et son profil rassure certains comme le député PDCI Maurice Kakou Guikahué. « M. Koné est une personnalité qui est capable de tenir ce rôle, donc nous sommes satisfaits. Il sera dans le sillage du président. On l'a pratiqué un peu, c'est un monsieur sans problème », assure-t-il. Successeur potentiel, arbitre ou spectateur de la compétition qui s’annonce en 2025 ? Chacun attend de voir comment le nouveau vice-président habitera sa fonction. Patrick Achi reconduit

Alassane Ouattara a aussi annoncé, lors de son discours sur l'état de la Nation, qu'il reconduisait Patrick Achi au poste de Premier ministre. Cette reconduction, relativement attendue, a simplement été confirmée au détour d’une phrase. Le président faisait le bilan de l’action du gouvernement sortant. Il expliquait à quel point la lutte contre la vie chère était une priorité de ce gouvernement sortant et il a déclaré, en parlant de Patrick Achi, qu’il lui avait donné instruction de poursuivre, sous-entendant donc qu’il était reconduit. Après quelques secondes de flottement, des éclats de rires ont accueilli la déclaration.

Le gouvernement Achi 2 devrait donc être annoncé rapidement. Il sera resserré, avec une trentaine de membres, contre

Publié le : 19/04/2022 - 15:37 Modifié le : 19/04/2022 - 23:15 Source . AFP - ERIC PIERMONT Texte par : RFI