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Monde (219)

France / Côte d'Ivoire : Jeannot Ahoussou et Gérard Larcher signent un accord de coopération entre Sénats

Poignée de main chaleureuse entre Gérad Larcher et Jeannot Ahoussou Kouadio, respectivement présidents du Sénat français et Sénat ivoirien dans la cour du Palais du Luxembourg

08 Novembre 2018 à 01:17 Afrique France Voir la Galerie Un important accord de coopération parlementaire a été signé ce mercredi 7 novembre au Palais du Luxembourg, à Paris, entre le président du Sénat ivoirien, et son homologue français.

Au premier jour de la visite en France du président du Sénat ivoirien, Jeannot Ahoussou Kouadio, un accord de coopération en six points a été conclu et signé avec son homologue français, Gérard Larcher. Cet accord constate l’utilité d’une coopération commune bénéfique pour le tout nouveau Sénat de Côte d’Ivoire en vue de partager l’expérience du Sénat français qui, lui, a déjà un peu plus deux siècles d’histoire. Dans le cadre de cette « diplomatie parlementaire », les deux Sénats s’engagent à « nouer un partenariat approfondi fondé sur les principes de confiance et de bénéfices mutuels »

Les deux institutions s’engagent à organiser des échanges d’expériences et savoir-faire en matière juridique, de procédures législatives, de contrôle, d’administration, de communication parlementaire (…) et sur toute forme thématique relevant de leurs compétences notamment dans le domaine de l’organisation territoriale, de la décentralisation ou de la coopération décentralisée.

Cet accort prend également en compte différentes formes de coopération techniques. A savoir des rencontres périodiques (conférences, séminaires, colloques…), des coordinations accrues lors des réunions d’organisations parlementaires internationales dont les deux pays sont membres, des visites d’études et d’information, des programmes de formation.

Enfin, les deux assemblées sénatoriales soutiennent le développement des relations parlementaires à travers les groupes d’amitié parlementaires.

Un large tour d’horizon de l’actualité africaine Au cours de cette audience, les présidents Jeannot Ahoussou Kouadio et Gérard Larcher ont également fait un large tour d’horizon de l’actualité africaine. Ils ont fait le point sur l’aide au développement, évoqué la situation au Mali et au Burkina Faso, où des opérations militaires françaises et africaines – Barkhane et la Munisma - sont menées pour enrayer le terrorisme dans cette partie de la bande sahélo-saharienne.

C’est à juste titre que le président du Sénat français a indiqué que «la responsabilité du Sénat est d’observer la continuité de la paix. » Dans le cadre du renforcement de cette nouvelle coopération parlementaire, le président Larcher a invité son homologue ivoirien à venir assister à l’assemblée des Sénats européens qui se tiendra à Paris du 13 au 15 juin prochain.

A sa sortie d’audience, le président du Sénat de Côte d’Ivoire, Jeannot Ahoussou Kouadio, s’est dit satisfait de la signature de cet accord de coopération parlementaire qui devrait, un tant soit peu, permettre de renforcer les capacités des sénateurs ivoiriens et du personnel du nouveau Sénat de Côte d’Ivoire.

Après le déjeuner de travail servi en l’honneur du président du Sénat ivoirien et de sa délégation, composée de sénateurs et de fonctionnaires, une visite guidée a été organisée dans les endroits les plus emblématiques du Palais du Luxembourg chargés de l’histoire de France à travers les siècles.

Côté français, le président Gérard Larcher était entouré des vice-présidents, de sénateurs et de collaborateurs. Au nombre desquels on notait la présence du président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, le président du Groupe d’amitié France-Afrique de l’Ouest, le président délégué pour la Côte d’Ivoire.

La délégation ivoirienne a même eu droit d’assister à une séance de discussion des sénateurs français sur un projet de loi présenté par le nouveau ministre de l’Ecologie.

La mission de travail, plus technique, des deux Sénats se poursuit ce jeudi 8 novembre.

Par Clément Yao / SOURCE </phttps://www.lafriqueaujourdhui.net/france-cote-d-ivoire-jeannot-ahoussou-et-gerard-larcher-signent-un-accord-de-cooperation-entre-senats?fbclid=IwAR0aJmDA0-3ZtnsHpx2kS70ZsNYmK4GiaV8skWb16OLO_k9vMo6Gcex0Fno

 

La lettre de Macron à Biya n’est pas fausse... mais devait rester privée

Plusieurs jours après l’annonce de sa réélection, Paul Biya a reçu une lettre de félicitations d’Emmanuel Macron, en date du 25 octobre. Le président camerounais l’a publiée sur sa page Facebook officielle, dimanche 29 octobre au soir. Très vite, des internautes et des médias camerounais ont jugé qu’elle était fausse. Or, le document est authentique... mais n’avait aucunement vocation à être rendu public. :::: Paul Biya a été officiellement réélu président de la République pour la septième fois, le 7 octobre avec 71,28 % des voix, une victoire très large. Son dauphin, Maurice Kamto, est crédité de 14,23 % et ne reconnaît d’ailleurs toujours pas les résultats du scrutin. Les résultats officiels ont été proclamés le 22 octobre. 

La lettre est brève. Emmanuel Macron y évoque en trois paragraphes ce qui constitue selon lui les grands enjeux du Cameroun : le défi de la jeunesse, la crise en zone anglophone, la lutte contre Boko Haram. Il assure que la France se tient aux côtés du Cameroun. A peine publiée, la lettre a été vivement critiquée : beaucoup d’internautes nous ont ainsi contactés, certains questionnant, d’autres remettant directement en cause son authenticité. Un site camerounais résume les trois points qui sèment le doute : la lettre ne comporte pas les emblèmes officiels de la République française comme on pourrait s’y attendre ; la signature d’Emmanuel Macron ne ressemble pas aux signatures qu’il utilise habituellement (ce qu’un rapide coup d’œil sur Google images tend à confirmer) ; enfin, la missive est datée du 25 octobre, et elle n’a été publiée par la page de Paul Biya que quatre jours après, le 29, un délai qui interroge certains.



 President Paul Biya lundi 

 A l'occasion de ma réélection, le Président Emmanuel Macron a le plaisir de m’adresser toutes ses félicitations. Il exprime sa volonté d'œuvrer au renforcement des relations anciennes de confiance et d'amitié entre le #Cameroun et la #France.

CheckNews, le service de vérification des faits de Libération, a contacté l’Élysée pour y voir clair : la présidence de la République française affirme que cette lettre-là est authentique, mais qu’elle n’avait pas vocation à être rendue publique. Contacté par la rédaction des Observateurs de France 24 pour savoir pourquoi la page officielle de Paul Biya avait alors décidé de publier le document, le ministre de la Communication, Issa Tchrioma, estime que "c’est une question éminemment diplomatique, relevant exclusivement de la compétence du président de la République" et dit n’avoir aucun commentaire à faire. Il se félicite néanmoins que "l’Élysée ait confirmé l’authenticité de la correspondance, c’est un pied-de-nez parfait aux détracteurs de la politique du président qui affirmaient que cette lettre était fausse ". 

Si la lettre d’Emmanuel Macron est authentique, le fait qu’elle ait eu vocation à rester privée et n’ait été envoyée que tardivement peut s’expliquer par l’embarras de Paris face à la gestion de la crise en zone anglophone par le président réélu, comme le notait RFI après l’officialisation des résultats. De fait, Paul Biya avait dû se contenter dans un premier temps d’un simple communiqué du ministère des Affaires étrangères français, le 23 octobre dernier. Emmanuel n’avait pas appelé Paul Biya, comme cela est de coutume.

Source http://observers.france24.com/fr/20181031-lettre-macron-biya-pas-fausse-vraie-facebook-devait-rester-privee?fbclid=IwAR1rKZrdd3NHk8bY8UjR6RQaje5LpqCMT7DyWvkfysrNzME82--KtVH_OXQ 

A lire aussi : Le président camerounais Paul Biya a-t-il diffusé une fausse lettre d'Emmanuel Macron? Par Pauline Moullot et Fabien Leboucq 30 octobre 2018 à 14:56 

Le président camerounais Paul Biya a-t-il diffusé une fausse lettre d'Emmanuel Macron?Capture d'écran Twitter 

PARTAGER  TWEETER Beaucoup d'internautes ont assuré que la missive de félicitations du président français à son homologue camerounais était un faux. A tort. Bonjour,::::::: La nouvelle est tombée le 22 octobre : pour la septième fois d’affilée, Paul Biya est élu président du Cameroun. Un poste qu’il occupe depuis 1982. Depuis cette réélection, le compte Twitter @PR_Paul_Biya partage des lettres de félicitations venues d’autres chefs d’Etat étrangers. Ce compte n’est pas «certifié» mais il serait bien celui de Biya. Du moins, il communique de la même manière que la page Facebook du président camerounais, qui est elle «certifiée», donc authentique. Une lettre - publiée à la fois sur les pages Facebook et Twitter de Paul Biya - a attiré l’attention des internautes. Elle porte la signature d’Emmanuel Macron, et félicite le président camerounais pour sa réélection. Voir l'image sur Twitter

A l'occasion de ma réélection, le Président Emmanuel Macron a le plaisir de m’adresser toutes ses félicitations. Il exprime sa volonté d'œuvrer au renforcement des relations anciennes de confiance et d'amitié entre le #Cameroun et la #France.#PaulBiya#237Vote 19:16 - 29 oct. 2018 Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Des internautes doutent de la véracité de cette missive. D’abord, selon eux, parce que la signature ne ressemble pas à celle que l’on connaît d’Emmanuel Macron. Aussi parce qu’elle ne comporte par les armoiries de la République française. Enfin parce qu’il n’y a pas de trace d’une telle communication sur les sites de la diplomatie ou de la présidence françaises. Contacté par CheckNews, l’Elysée confirme pourtant l’authenticité de la lettre. On précise qu’elle n’avait pas vocation à être rendue publique, ce qui explique qu’on n’en trouve pas trace ailleurs.

La présidence apporte quelques précisions «Ce n’est pas une simple lettre de félicitations. Comme dans tous les courriers protocolaires, il y a aussi un message adressé au destinataire.» Il se résume en trois points, chacun tenant en un paragraphe. L’Elysée insiste sur le «renouvellement dans la continuité» dont il est question dans la lettre, pour «répondre aux aspirations de la jeunesse». Le Palais souligne aussi l’évocation, dans la missive, de la «lutte contre […] Boko Haram», et de la «préoccupation profonde» de la France à propos des la zones anglophones au Cameroun.

De son côté, la présidence camerounaise n'a pas répondu aux sollicitations de CheckNews. Cordialement Pauline Moullot , Fabien Leboucq

Après 533 jours à l’Élysée, Emmanuel Macron "a pris cher"

Selon ses proches, Emmanuel Macron accuse le coup après 533 jours au pouvoir. Le Président maigrit, selon eux, à vue d'œil alors qu'il a enchaîné les déplacements en France et à l'étranger.  Emmanuel Macron semble accuser le coup après 533 jours à la tête de la France, raconte ce lundi Le Parisien. Après plus d’un an et demi au sommet de l’Etat, le Président "a pris cher", assure un de ses proches cité par le quotidien.

Et pour cause, en un an et demi, Emmanuel Macron a effectué 170 déplacements en France et 66 à l’étranger. L’agenda est serré.

Lors du sommet de la francophonie en Arménie, le Président de la République avait écourté son séjour pour rentrer en France et préparer le remaniement. Attendu dans l’Aude dévasté par les inondations ce lundi, il doit se rendre à Bratislava la capitale slovaque, puis à Prague en République Tchèque vendredi et samedi. De retour en France, il doit ensuite se rendre dans le Grand-Est et les Hauts-de-France pendant huit jours.

SMS tardifs

 "Il maigrit à vue d’œil", assure un ministre, alors qu’Emmanuel Macron dort très peu. "Il lui arrive de ne pas se rendre compte qu’il est sur un autre fuseau horaire", explique un conseiller élyséen, étonné de recevoir des sms à des heures inattendues.

"Ils gèrent la France à deux avec Alexis Kohler. C’est normal qu’il soit usé", enchérit un autre conseiller. Résultat, la fatigue se fait ressentir, même à 40 ans. Le temps du président débordant d'énergie et toujours souriant semble révolu.

Pour se reposer, le Président de la République profite de la résidence officielle de la Lanterne dans le parc du château de Versailles, où il se rend certains week-ends en compagnie de Brigitte Macron.

Il boxe de temps en temps avec ses officiers de sécurité pour évacuer un peu de pression, assure également Le Parisien.

SOURCE  phttps://www.bfmtv.com/politique/apres-533-jours-a-l-elysee-emmanuel-macron-a-pris-cher-1549317.html#page/contribution/index

 

Ock Soo PARK : les pays qui savent éduquer leur Jeunesse dirigeront le monde demain

"Nous sommes petit à petit des relatons avec les autorités Ivoiriennes pour travailler ensemble pour la Jeunesse. Les problèmes politiques que rencontre la Côte d’Ivoire ne permettent pas au gouvernement de se pencher sérieusement sur les questions liées à la Jeunesse et un mandat de 5 ans n’est pas suffisant pour faire un travail efficace. Si l’on plante le blé, on pourra récolter dans six mois, en trois mois on récolte la pomme, mais la culture des Jeunes prend beaucoup plus de temps. Nous voulons former les présidents d’universités, nous voulons donner des cours sur le changement de mentalité dans les écoles, etc. la Jeunesse ivoirienne peut devenir le fer de lance du développement de la Côte d’Ivoire. Faites venir vos enfants à IYF et ils changeront le pays."

Ses cheveux gris et ce large sourire qui ne le quitte presque jamais nous font rappeler un grand-père bienveillant. Le révérend Pasteur Ock Soo PARK est un éducateur hors pair de la Jeunesse mondiale. Fondateur d’IYF, l’une des plus grandes Organisations de cette frange de la population, Pasteur Park ne trouve sa joie que dans celle des jeunes. À l’occasion du Camp Mondial IYF de la Jeunesse 2016 qui s’est tenu à Abidjan, Tomorrow Magazine l’a rencontré. Interview exclusive. Tomorrow Magazine :

Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

 Ock Soo PARK : Je suis le révérend pasteur Ock Soo PARK et je travaille pour planter l’espoir dans le cœur des Jeunes du monde entier. Pour tout dire, je suis un peu comme un cultivateur, mais je ne cultive pas des fruits, ni des légumes, mais le cœur de la Jeunesse mondiale. Vous savez, dans le cœur des Jeunes il y a tellement de mauvaises pensées. Alors je travaille à retirer ses mauvaises pensées de sorte à ce qu’il ait des cœurs sains et purs. Je suis un éducateur de la Jeunesse mondiale.

 TM : Partout dans le monde, l’on parle de l’Organisation Internationale de Jeunesse IYF (International Youth Fellowship) que vous avez créé. De quoi s’agit-il concrètement ?

 OSP : IYF a été fondé en 2001 en Corée du Sud. La création de cette organisation remonte à l’année 1995. Cette année-là, je me suis rendu à Los Angeles pour une tournée d’évangélisation et là-bas une dame, apparemment désespérée, est venue me voir. Elle m’a raconté qu’elle vivait avec son fils unique dénommé Andy et qu’elle lui avait donné tout son amour. À l’âge de 15 ans, Andy a commencé à vivre une vie de délinquance. Il trainait avec des Jeunes drogués, cela inquiétait énormément cette femme et depuis lors il est devenu très agressif et portait même souvent des armes à feu sur lui. Elle m’a supplié de l’aider à sauver son fils de la rue. Je ne savais pas trop quoi faire, mais elle est venue à trois reprises. À la troisième rencontre, elle a versé beaucoup de larmes et m’a dit qu’elle avait chaque nuit la sensation que son fils était en train de mourir dans une fusillade. J’ai demandé à cette pauvre femme la permission d’emmener son fils avec moi en Corée du Sud. Sa vie était très misérable. Une fois en Corée, j’ai commencé à apprendre à celui-ci le monde du cœur. Après trois mois, Andy avait complètement changé. En retournant à Los Angeles, ses parents, ses amis et toutes les personnes qui l’entouraient étaient dans l’étonnement. Peu après, 28 Jeunes de cette ville nous ont été confiés. Le résultat fut le même. Un an après c’était 58 Jeunes qui nous étaient confiés. En 2001, c’était 500 Jeunes qui nous ont rejoints. Un mois durant, nous avons appris le monde du cœur à ces Jeunes. La plupart d’entre eux ont complètement changé de vie et leur vison du monde s’en est trouvé plus positif. La même année, j’ai fondé IYF et nous l’avons implanté dans plus de 200 pays aujourd’hui. Chaque année, nous organisons un programme dénommé le Camp Mondial de la Jeunesse. Progressivement, de nombreux gouvernements ont apprécié le sérieux avec lequel nous travaillons. Des présidents et anciens présidents de la République de plusieurs pays ont participé à nos camps mondiaux, une vingtaine de ministres, une soixantaine de présidents d’universités et plus de 300 pasteurs y ont déjà pris part. La première dame du Malawi est une admiratrice d’IYF et de ses programmes. En Corée du Sud, le nombre de participants au Camp Mondial peut atteindre 4 000 personnes. À ces Jeunes on apporte la Paix, la Joie et nous leur montrons la vie de Jésus-Christ, afin qu’ils s’en inspirent. Le Camp Mondial IYF a changé des milliers et des milliers de Jeunes. Il y a trois jours de cela (27 juillet 2016), le président de la République de l’Ouganda m’a invité au Palais présidentiel et m’a demandé de mettre sur pied un programme qui permettra à toute la Jeunesse Ougandaise de changer positivement sa mentalité. Quelques jours plus tôt, je rencontrais le président du Malawi qui m’a confié la même mission. Il y a quelques mois, c’est le président du Kenya qui m’accueillait à son palais et qui me demandait de sillonner les universités et de former les étudiants à la bonne mentalité. Ainsi ce sont plusieurs gouvernements qui confient leur Jeunesse à IYF. Les problèmes de la Jeunesse touchent tous les gouvernements du monde entier. Les Jeunes sont devenus très violents. Ce n’était pas le cas en Afrique il y a une dizaine d’années en arrière. Lorsque je quittais le Kenya il y a quelques mois, les élèves menaient une grève assez violente, c’était vraiment malheureux de voir ces Jeunes dans un tel état. Dans le passé, les jeunes réfléchissaient, aujourd’hui ce n’est vraiment plus le cas. Ils vivent à leur guise et ne courent que vers un sens. Ils ne pensent pas au résultat. En Corée du Sud, les Jeunes se suicident pour une raison qui n’existe presque pas. La Zambie, l’Inde et le Bénin nous ont gracieusement offert des hectares de terrains l’an passé pour construire des centres de formation, des écoles pour leur Jeunesse. Ce soir (pendant le Camp 7ème jour du Camp Mondial IYF de la Côte d’Ivoire), j’ai présenté comment le cœur peut changer à travers l’histoire biblique de la femme surprise en flagrant délit d’adultère. Il y a un mois j’ai publié un livre dont le titre est ''Le grand supermarché des cœurs’’. Dans ce livre, je montre la voie du véritable changement du cœur. Lorsque nos habits sont usés nous les changeons, n’est-ce pas ? On en fait de même lorsque nos chaussures se gâtent. Je travaille à donner un cœur brillant et utile pour la société aux personnes qui ont le cœur violent et cupide. La différence entre IYF et les autres organisations se situe au niveau du résultat du changement véritable des personnes qui la rencontre. À l’occasion du Camp Mondial IYF, je vais m’entretenir avec la Jeunesse de Côte d’Ivoire et je vais essayer de leur montrer ce que c’est que le cœur véritable d’un leader. Ne vous inquiétez plus pour vos jeunesses. Envoyez les tous à IYF.

TM : Pourquoi ce lien fort entre vous et les Jeunes ?

OSP : Mon rêve c’est que les Jeunes soient heureux. Je suis heureux lorsque les Jeunes sont heureux. Vous savez, j’ai créé la chorale Gracias qui est aujourd’hui la meilleure du monde (Grand Prix de la prestigieuse compétition internationale de chorale philharmonique Marktoberdorf en Allemagne) rien que pour qu’elle chante pour donner de la joie aux Jeunes. Les adultes ont un cœur qui change difficilement, alors que les Jeunes ont un cœur pur, qui peut changer assez facilement. J’ai 73 ans cette année (2016) et je voyage partout dans le monde pour donner des conférences aux Jeunes. L’on ne me paye pas pour ça, mais j’y tire une joie immense.

TM : Pensez-vous que la Jeunesse de Côte d’Ivoire changera aussi ?

OSP : Oui j’y crois fortement. En donnant la conférence, les plus de 2 500 Jeunes présents lors de ce Camp ont réagi favorablement à mes messages d’espoir et d’espérance. Je crois qu’ils aspirent à une vie meilleure. Je crois qu’ils veulent servir leur pays. Ils veulent vivre pour les autres. Il faut juste créer les conditions. Après l’un de mes passages au Ghana, nous avons remarqué un Jeune originaire de ce pays qui avait une très belle voix, mais qui avait un handicap à la main. La chorale Gracias l’a intégré dans le groupe et aujourd’hui il voyage partout avec elle pour apporter la joie dans le cœur de ces milliers de Jeunes que nous rencontrons. Nous avons essayé de soigner cette main en Corée du Sud, mais c’était impossible. La déformation qu’il avait depuis 23 ans ne pouvait pas se réparer. Si l’on avait traité le mal pendant qu’il était tout petit, les choses n’en seraient pas ainsi. C’est la même chose avec la Jeunesse. Si l’on s’y prend très tôt avec elle, elle change.

La Jeunesse de Côte d’Ivoire peut devenir un modèle et IYF veut y contribuer. Confiez-nous la Jeunesse ivoirienne pendant 10 ans seulement et vous verrez le résultat. Vous verrez ce que deviendra la Côte d’Ivoire. Laissez-moi vous partager une conviction, la Jeunesse IYF conduira ce monde dans 10 ans. Arrêtons de penser qu’avec l’argent on pourra changer le cœur des Jeunes. Seul le monde du cœur peut changer la Jeunesse et IYF, c’est le monde du cœur. 

 

TM : Vous êtes auteur de plusieurs livres best-seller, mais parlez-nous en particulier du livre ‘’Qui es-tu, toi qui m’entraînes ?’’

 OSP : Ce livre est la retranscription de mes conférences en Chine, lorsque j’ai été invité par la Jeunesse communiste de ce grand pays. Je leur ai montré comment éviter de se laisser entraîner. Plusieurs Jeunes Chinois ont changé de cœur à travers la lecture de ce livre. Beaucoup d’autres personnes dans le monde ont aussi changé de cœur grâce à ce livre.

TM : D’où IYF tire tous ces moyens pour l’organisation de ces grands événements à travers le monde ?

OSP : Plusieurs personnes posent cette question et c’est bien de le faire. IYF est une organisation à but non lucratif. Généralement ce sont les parents dont les enfants ont changé qui nous apportent l’essentiel de l’aide. Le cœur remplit de reconnaissance, ces personnes nous aident à subvenir à tous les besoins de l’organisation. À travers l’Église que j’ai aussi fondé, IYF reçoit une aide considérable. On a aussi les concerts de la chorale Gracias organisées partout dans le monde qui nous font gagner de l’argent. En décembre par exemple, cette chorale organise une trentaine de spectacles appelés Cantate de Noël. Le billet d’entrée à ce spectacle avoisine les 50 000 FCFA par personne. Cet argent, nous l’utilisons pour les billets d’avion et pour l’organisation de nos événements.

TM : L’Afrique connaît beaucoup de difficultés, comment est-ce que le monde du cœur dont vous parlez peut changer le continent ?

 OSP : Le problème d’une bonne partie du peuple Africain c’est qu’elle pense qu’elle est pauvre et toujours en difficulté. Dans son esprit, elle est faite pour souffrir et il est fait selon sa pensée. Elle demeure effectivement pauvre, malheureuse et misérable. Gardez s’il vous plaît toujours en mémoire l’exemple de la Corée du Sud. 70% du territoire de cette partie du monde est composé de montagne. La Corée a été divisée en deux et seulement une petite portion du territoire de la Corée du Sud, mon pays, sert à la construction des écoles, des usines, des hôpitaux, des plantations, etc. Il n’y existe aucune goutte de pétrole encore moins de minéraux dans le sous-sol. Des études présentent qu’il faut cent millions d’habitants à un pays pour qu’il se développe, alors que la Corée du Sud, en plus de cette faiblesse que j’ai énuméré ci-dessus, ne possède que cinquante millions d’habitants. Nous avons connu une guerre sanglante. Le PIB à la fin de la guerre était de 65 dollars. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 30 000 dollars de PIB.

Nous devrions donc être un pays misérable et pauvre. Nous devrions nous apitoyer sur notre sort, mais nous avons adopté une bonne mentalité et on a changé notre pays. Certains spécialistes affirment que dans 15 ans la Corée du Sud deviendra la troisième puissance mondiale après les États-Unis et la Chine. Avant, il était impossible de comparer l’Allemagne et la France à la Corée du Sud, mais nous créons aujourd’hui l’étonnement. Nous achetions les Trains à Grande Vitesse (TGV) à la France, mais nous en fabriquons de meilleurs désormais avec un prix plus bas que celui des Français. Avec Samsung, nous avons détrôné le Japonais Sony dans la fabrication des appareils électro-ménagers. Dans l’automobile, nous gagnons du terrain avec Hyundai et Kia. Pourtant, il y a quelques années, nous achetions nos moteurs chez Toyota. Ne considérez pas vos faiblesses, chers frères Africains. Changeons de mentalité. IYF veut faire ce travail. Les pays qui sauront éduquer leur Jeunesse, sont ceux-là qui dirigeront le monde demain. Mais la plupart des gouvernements ne savent pas comment s’y prendre. Comme je l’ai dit tantôt, de nombreux présidents de la République nous invitent et sont en train de nous confier leur Jeunesse. Nous sommes petit à petit des relatons avec les autorités Ivoiriennes pour travailler ensemble pour la Jeunesse.

Les problèmes politiques que rencontre la Côte d’Ivoire ne permettent pas au gouvernement de se pencher sérieusement sur les questions liées à la Jeunesse et un mandat de 5 ans n’est pas suffisant pour faire un travail efficace. Si l’on plante le blé, on pourra récolter dans six mois, en trois mois on récolte la pomme, mais la culture des Jeunes prend beaucoup plus de temps. Nous voulons former les présidents d’universités, nous voulons donner des cours sur le changement de mentalité dans les écoles, etc. la Jeunesse ivoirienne peut devenir le fer de lance du développement de la Côte d’Ivoire. Faites venir vos enfants à IYF et ils changeront le pays.

SOURCE http://tomorrowmag.net/index.php?page=single-post_leader&id_article=159   Interview réalisée par Yannick DJANHOUN

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Pierre Gattaz, président sortant du Medef,"Il devrait y avoir une sorte de plan Marshall européen pour aider tous nos amis africains à créer des emplois".

Pierre Gattaz, président sortant du Medef, revient sur son bilan à la tête du premier syndicat patronal français, sur les risques de guerres commerciales à l’échelle mondiale, ainsi que sur les conséquences du Brexit et des politiques protectionnistes pour les entreprises européennes. Il estime que l'Europe doit avoir une "voix économique" qui "porte", sous peine d'"imploser". Pierre Gattaz s’exprime enfin sur le développement économique en Afrique. "Il faut créer de l’emploi en Afrique, des jobs locaux. C’est souvent du gagnant-gagnant!", affirme Pierre Gattaz, président sortant du Medef, sur France 24. "Il devrait y avoir une sorte de plan Marshall européen pour aider tous nos amis africains à créer des emplois". Par Pauline PACCARD

Macron aux Etats-Unis: la rude journée du président français

"Le président français devrait retrouver le sourire en s’adressant cet après-midi au Congrès américain, un moment fort de cette visite d’Etat ; un honneur de s’adresser à l’ensemble des élus du Congrès, fait valoir l’Elysée.

Rude journée hier pour le président de la République française, Emmanuel Macron, qui s'est heurté à l'intransigeance du président américain Donald Trump sur l'accord nucléaire iranien. Malgré toutes les démonstrations d’amitié de ces dernières heures entre les deux dirigeants, les dossiers qui fâchent n’ont pas pu être soldés.

Si la journée s’est terminée à nouveau avec les costumes de gala et les autres fastes d’un dîner d’Etat à la Maison Blanche, la journée d’hier n’a pas été facile pour Emmanuel Macron alors que les présidents abordaient les sujets qui fâchent.

 Et le véritable coup de sang de Donald Trump dans le bureau ovale sur l’accord nucléaire iranien - « un désastre, une honte », a-t-il martelé - au tout début des entretiens a nettement rafraîchi l’atmosphère, et en tout cas gommé les sourires de franche camaraderie et de complicité que tous deux avaient affiché dès la descente d’avion du président français lundi après-midi.

Pas d'avancées

Emmanuel Macron, qui assurait il y a deux jours encore qu’il n’y avait pas de plan B, a finalement proposé un nouvel accord sur l’Iran aux contours encore assez flous. Pas d’avancée par ailleurs sur les autres dossiers, le commerce et les taxes douanières ou bien encore le climat. Seule concession du président américain qui n’exclut pas de laisser ses troupes un peu plus longtemps en Syrie. Pas facile pour Emmanuel Macron, malgré toute l’amitié, de convaincre un Donald Trump plus que jamais chantre de l’Amérique d’abord.

Le président français devrait retrouver le sourire en s’adressant cet après-midi au Congrès américain, un moment fort de cette visite d’Etat ; un honneur de s’adresser à l’ensemble des élus du Congrès, fait valoir l’Elysée. Le président Macron devra s’exprimer pendant une demi-heure, tout en anglais, à la tribune, pour vanter notamment ce qu’il appelle la « very special relationship », « la relation très spéciale » entre le France et les Etats-Unis : 250 ans d’alliance, une amitié jamais démentie malgré parfois quelques incompréhensions.

Par RFI Publié le 25-04-2018 le 25-04-2018 à 07:58 Avec notre envoyée spécial à Washington, Véronique Rigolet

La Cour suprême du Brésil donne son feu vert à l’incarcération de l’ex-président Lula Par six voix contre cinq, les juges ont rejeté sa demande d’habeas corpus.L’ancien chef de l’Etat a été condamné à plus de douze ans de détention pour corruption...

L’ancien président brésilien Lula, à Sao Paulo, le 22 février. Il était un peu plus de 14 heures, mercredi 4 avril, quand l’ancien chef d’Etat a quitté son appartement de Sao Bernardo do Campo, ville industrielle de la banlieue de Sao Paulo au Brésil. De ce logement sans charme, typique de la petite bourgeoisie pauliste qu’il occupe depuis plus de vingt ans, Luiz Inacio Lula da Silva, 72 ans, a rejoint le syndicat des métallos. Lieu où, pour l’ancien tourneur de l’usine Volkswagen, tout avait commencé, et où tout s’est brutalement arrêté.

Après plus de dix heures de débats à la Cour suprême, le « jugement du siècle » brésilien est tombé. Lula, président de 2003 à 2010, « père du peuple », figure de la lutte ouvrière sous la dictature, condamné en janvier à plus de douze ans de détention pour corruption, n’échappera pas à la prison. Par six voix contre cinq, les juges lui ont refusé un habeas corpus – le droit de ne pas être emprisonné tant que tous les recours judiciaires n’ont pas été épuisés. Longtemps repoussée, son incarcération pourrait, à moins d’une ultime surprise, avoir lieu autour du 10 avril. Défait, Lula, habitué aux bravades n’a, cette fois, pas pris la parole.

Au syndicat des métallos, devant la télévision, Sidinci Ebraça, ouvrier métallurgiste chez Mercedes à Sao Benardo do Campo, a cru jusqu’à la dernière minute au sauvetage de son héros avant d’être submergé par le chagrin et la colère. « Avant on ne parlait que de la crise et du FMI [Fonds monétaire international]. Lula a tout changé, les enfants pauvres ont pu aller à l’université. Dans les villages reculés, l’eau courante, la lumière sont arrivées », raconte-t-il. « Lula a été victime d’un tribunal d’exception », ajoute, à ses côtés, Hajj Mangolin, vendeur de livres.

Un pays déchiré

 La Cour suprême s’est défendue de juger « le legs économique et social » d’un homme hier classé parmi les plus grands leadeurs politiques au monde. Pourtant, ce n’était pas seulement le sort de Lula qui se jouait, mercredi, à Brasilia mais aussi celui d’un pays « qui ne regarde ni ses pauvres ni ses favelas », a reconnu le juge Dias Toffoli, favorable à l’habeas corpus.

 Jamais une décision n’aura autant déchiré le Brésil, opposant ceux qui continuent de vénérer l’ancien chef d’Etat comme un demi-dieu à ceux qui le considèrent comme le pire bandit de l’humanité, responsable du saccage des comptes publics et de la perpétuelle stagnation du géant d’Amérique latine. L’ambiance, électrique, est montée d’un cran quand le chef d’état-major des armées a fait part, la veille du vote, de sa répulsion envers « l’impunité » rappelant que l’« armée restait attentive à sa mission institutionnelle ».

« La politique est-elle devenue folle ? La justice a-t-elle perdu la boussole ? La société est-elle tombée malade ? Sommes-nous tous drogués au poison de l’irrationalité ? », écrivait, le 3 avril sur le site El Pais Brasil, le journaliste Juan Arias, ajoutant, perplexe : « Comment comprendre qu’un personnage messianique comme l’ex-président Lula, qui fit la fierté de son pays, se soit soudain transformé en un homme à abattre, capable de déchaîner les pires instincts ? »

 Difficile, de fait, d’imaginer que Lula ait troqué son slogan « paix et amour » de 2002 pour un discours grognard envers « les élites », les « juges » ou « les marchés ». Que cet homme de la conciliation, qui se vantait d’avoir enrichi les banquiers, devienne la bête noire des milieux d’affaires. Que cette haine ait conduit à tirer sur sa caravane qui sillonnait, en mars, le pays en prévision de l’élection présidentielle d’octobre.

 « Lula avait su séduire une partie de la petite bourgeoisie dont la vie s’est améliorée lors de son premier mandat mais, celle-ci a commencé à s’éloigner au moment du scandale du “mensalao” », analyse Daniel Pereira Andrade, sociologue à la fondation Getulio Vargas à Sao Paulo. Cette affaire a révélé, en 2005, un système crapuleux consistant à acheter les voix des parlementaires, donnant au Parti des travailleurs (PT, gauche) l’image d’un « parti comme les autres ». C’est-à-dire, corrompu.

 Coup de grâce

L’affaire n’a pas empêché Lula d’être réélu en 2006, mais l’aura du président, multipliant compromissions et alliances avec les personnages peu recommandables de Brasilia, s’est écornée. Le coup de grâce viendra avec l’arrivée au pouvoir de sa dauphine Dilma Rousseff, en 2010, et le déclenchement de l’opération anticorruption « Lava Jato » (lavage express) mettant au jour un tentaculaire réseau de corruption impliquant entreprises publiques, groupes privés et politiciens.

 La gauche comme la droite seront visées, mais le PT en sera la première victime et Lula, le protagoniste. L’affaire, ajoutée aux maladresses économiques et politiques de Dilma Rousseff, conduira la rue à réclamer la destitution de la présidente, effective en 2016 à la suite d’une destitution polémique.

« Pour beaucoup Lula représentait l’espoir. Mais une fois au pouvoir il s’est comporté comme tous les politiciens », estime Carlos Fernando dos Santos Lima, procureur à Curitiba, ville où est née « Lava Jato ». « La corruption au Brésil, ce n’est pas Lula ou le PT, ce sont tous les partis au pouvoir », ajoute le magistrat.

 Les suites rocambolesques de « Lava Jato » ont, de fait, révélé une corruption à grande échelle infiltrée dans les petites municipalités de province comme au palais présidentiel de Brasilia occupé aujourd’hui par Michel Temer.

 « Lula conserve la reconnaissance et l’admiration des Brésiliens. La différence c’est qu’avant, la rue était toute à lui, désormais il a face à lui une opposition », commente un cacique de Brasilia. Cette opposition, formée notamment par le Movimento Brasil Livre (MBL) prônant l’ultralibéralisme économique et l’ultraconservatisme des mœurs, défilait mardi soir dans une cinquantaine de villes pour réclamer l’emprisonnement de Lula.

 Crâne dégarni et polo Lacoste recouvert d’un drapeau brésilien, Celso Bazeio, entrepreneur immobilier de 72 ans, faisait partie du cortège sur l’avenue Paulista à Sao Paulo. « Lula doit aller en prison. Et avec lui tous les autres bandits ! », réclamait-il. Mercredi soir, une partie du pays doutait : Lula ne sera-t-il pas le seul à payer ?

Le Monde | Mis à jour le 05.04.2018 à 11h38 | Par Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)

Stephen Smith : « L’Europe va s’africaniser, c’est inscrit dans les faits »

(S’il y avait assez d’emplois rémunérés pour tous les jeunes en Afrique, leur présence serait une aubaine. Tant que ce n’est pas le cas, tant qu’ils ruminent leurs frustrations dans des pays « bloqués », ils sont une source d’instabilité et font monter la pression migratoire.)

 Ancien journaliste (1986-2005), désormais professeur d'études africaines à l'université Duke, aux États-Unis, Stephen Smith a délaissé la politique du continent pour la géographie de ses peuples le temps d'un ouvrage : « La ruée vers l'Europe ». Un livre polémique mais documenté sur les liens migratoires entre l'Europe et l'Afrique. Il répond aux questions de Jeune Afrique. 

Beaucoup le connaissent pour son livre Négrologie, paru en 2003, qui avait défrayé la chronique et alimenté les polémiques. D’autres se souviennent de sa couverture et de ses analyses du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, pour lequel il a, là aussi, été très critiqué. Passé à Libération et au Monde, Stephen Smith n’a en réalité jamais fait consensus parmi la foule des africanistes. 

Depuis 2007, il a quitté le monde de la presse pour un rôle plus universitaire. Il est désormais professeur d’études africaines à l’université Duke de Caroline du Nord, aux États-Unis. Mais Stephen Smith n’en a pas pour autant fini avec la polémique. Sans avoir peur des critiques, il a publié le 7 février dernier La ruée vers l’Europe. Il y décrit comment l’Europe va, selon lui, s’africaniser, processus normal issu d’un déséquilibre entre une Europe qui abritera 450 millions d’habitants en 2050 et une Afrique qui en comptera 2,5 milliards. 

Jeune Afrique : Dans votre livre, vous affirmez qu’une immigration massive de l’Afrique vers l’Europe est inéluctable. Pourquoi ?

 Stephen Smith : Parce que l’Afrique va faire ce que toutes les parties du monde – l’Europe, l’Amérique latine, l’Asie – ont fait avant elle en achevant leur transition démographique. Depuis 1930, quand l’Afrique comptait 150 millions d’habitants, sa population a été multipliée par 8. Aujourd’hui, il y a 1,3 milliard d’Africains, dont 40% ont moins de 15 ans ! 

Leur nombre va encore presque doubler à l’horizon de 2050 – et il ne s’agit pas là d’une spéculation hasardeuse, puisque les parents des enfants qui vont naître à cette échéance sont déjà parmi nous. En 2050, l’Europe comptera 450 millions d’habitants vieillissants. Les 2,5 milliards de jeunes Africains en face feront alors ce que les Européens ont fait quand ils sont passés de familles nombreuses à forte mortalité à des familles plus restreintes et des vies plus longues : ils vont partir en masse à la recherche de meilleurs chances de vie.

Entre 1850 et la Première guerre mondiale, 60 millions d’Européens – sur 300 millions au début du XXe siècle – ont émigré, dont 43 millions aux États-Unis. Je dis en substance que, comme chaque famille européenne avait naguère un oncle d’Amérique, chaque famille africaine aura dans deux générations un neveu ou une nièce d’Europe.

42% des Africains âgés de 15 à 25 ans déclarent vouloir partir. L’Afrique est un continent en instance de départ

 Vous faites le lien entre ce départ massif et l’aide au développement. En quoi l’aide favorise-t-elle la migration africaine ?

 Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les plus pauvres qui migrent. Ne pars pas qui veut. D’ailleurs, sinon, la pression migratoire aurait été la plus forte dans les années 1990, quand le continent était géopolitiquement à l’abandon et dévasté par de multiples guerres civiles.

 En fait, outre une certaine connaissance du monde, il faut pouvoir réunir un pactole de départ pour entreprendre un si long voyage. Ce sont donc ceux qui sortent la tête de l’eau qui se mettent en route – « l’Afrique émergente » de la subsistance. Or, le « co-développement », qui vise à fixer les Africains chez eux, contribue à faire passer ce premier cap de prospérité.

C’est un effet aussi involontaire qu’inévitable : dans un premier temps, un léger mieux économique incite au départ parce qu’il est insuffisant pour combler les inégalités entre l’Afrique et l’Europe, tout en donnant les moyens de partir. C’est seulement quand des pays en développement atteignent une prospérité plus conséquente, comme aujourd’hui la Turquie, le Mexique, l’Inde ou le Brésil, que leurs ressortissants restent – sinon retournent – au pays pour saisir les opportunités chez eux.

Certains membres de la classe moyenne ou aisée font pourtant le choix de rester ou de revenir au pays pour contribuer à son développement…

 Il y a des cas individuels mais, statistiquement, ils ne font pas le poids. Au Togo, un tiers des adultes a tenté sa chance dans la loterie américaine des permis de résidence – 55 000 green cards par an, pour le monde entier – qui sont offerts aux « candidats de la diversité » aux États-Unis.

 À l’échelle du continent, selon une enquête de l’Institut Gallup de 2016, 42% des Africains âgés de 15 à 25 ans déclarent vouloir partir. Même si tous ne passeront pas à l’acte migratoire, l’Afrique est un continent en instance de départ. ::::::: Les jeunes sont d’abord massivement partis du village pour aller en ville, pas seulement dans l’espoir de vivre mieux mais, aussi, pour échapper à la tutelle des anciens et « attraper leur bout de chance ». Puis, ils se sont installés dans des mégapoles régionales comme Lagos, Abidjan, Nairobi ou Johannesburg.

Demain, ceux qui auront les moyens et le courage feront le grand saut pour quitter le continent. Ce mouvement sera aussi irréversible que l’exode rural et l’urbanisation africaine, dont l’ampleur est sans précédent historique. Ce n’est pas parce qu’ils s’entassent dans des bidonvilles que les jeunes retourneraient au village. Toutes les tentatives de les y reconduire ont échoué. Il en ira de même, demain, de la volonté de les retenir sur leur continent.

Les migrants tournent le dos à un continent « en panne » dont les insuffisances leur semblent irréparables à l’échelle d’une vie humaine

Vous ne laissez aucune place à un sentiment national qui pousserait la classe moyenne à rester pour développer le pays ?

La migration est une perte nette pour l’Afrique parce que ses forces vives l’abandonnent. C’est profondément démoralisant pour ceux qui restent, et les Européens ont tort de penser qu’ils rendent service à l’Afrique en ouvrant leurs frontières.

 En fait, les migrants tournent le dos à un continent « en panne » dont les insuffisances leur semblent irréparables à l’échelle d’une vie humaine. Ils se sauvent. Pas seulement parce que des infrastructures ou des emplois font défaut, ou que leurs enfants n’y peuvent recevoir une bonne éducation, mais aussi parce qu’ils pensent que l’Afrique est en panne d’espoir.

Vous avez raison, l’acte civique consisterait à retrousser les manches et à investir toute cette énergie qui est aujourd’hui mobilisée pour des départs individuels dans des efforts collectifs pour changer la face du continent. Mais je constate que ceux qui y croient sont ultra-minoritaires. Pour un ingénieur kényan qui mise sur l’essor du secteur informatique chez lui, malgré une classe politique qui n’est pas au niveau, combien de cadres africains qui choisissent l’Europe, le Canada ou l’Amérique ? Je m’en voudrais de leur faire la morale alors que je ne sais pas ce que je ferais à leur place. Il est facile d’être généreux avec le sacrifice d’autrui…

L’immigration, c’est aussi une diaspora qui alimente des flux financiers considérables en direction du continent. N’est-ce pas bénéfique ?

Bien sûr, l’argent qui est renvoyé au pays, et dont les montants sont désormais souvent supérieurs à l’aide au développement, bénéficie aux parents. Il permet de payer des soins, régler des frais de scolarité, boucler des fins de mois ou construire une maison.

Mais il introduit aussi une nouvelle inégalité dans les villages et les quartiers de ville, entre ceux qui ont un membre de leur famille « dehors » et les autres. C’est une incitation à envoyer son Argonaute chercher la Toison d’or à l’extérieur… Or, l’argent difficilement gagné par le migrant constitue une rente pour les parents aux pays. Ce n’est pas la monnaie d’échange d’une méritocratie ou un investissement productif. Cet argent n’induit pas le développement.

À tout prendre, ils préfèrent jouer et perdre plutôt que de ne rien tenter pour enrayer le destin

Vous considérez que les nouvelles technologies favorisent cette immigration des classes moyennes. Mais les technologies de l’information ne sont-elles pas plutôt un moyen de mettre à mal l’image de l’Europe comme un eldorado ? 

Si c’était le cas, le téléphone mobile aurait dû stopper l’exode rural ! Les jeunes dans les villages n’ignorent plus rien des conditions de vie dans les bidonvilles, mais ce n’est pas pour autant qu’ils cesseraient de partir. À tout prendre, ils préfèrent jouer et perdre plutôt que de ne rien tenter pour enrayer le destin.

De la même façon, ils voient dans les images d’Europe ce qu’ils veulent bien y trouver, à savoir l’espoir d’une vie meilleure sous réserve d’entrer dans cette forteresse de prospérité de l’autre côté de la Méditerranée.

Enfin, une fois qu’ils y sont, les médias sociaux leur permettent de vivre une double vie, à la fois en Europe et, virtuellement, toujours en Afrique. Les Européens qui partaient en Amérique au début du XXe siècles coupaient les ponts. Ce n’est pas le cas des migrants d’aujourd’hui, qui s’installent dans un entre-deux, un déchirement durable qui complique leur situation. Ils ne sont pleinement ni ici ni là-bas. C’est surtout un problème pour la deuxième génération, qui n’a pas choisi de quitter un pays d’origine qu’elle ne connaît pas.

Dans votre livre, vous opposez l’Afrique traditionnelle et celle des églises born again, que vous dites plus individualiste et plus sujette à l’immigration. Pourquoi ?

Les églises pentecôtistes permettent aux deux majorités « minorées » en Afrique, à savoir les jeunes et les femmes, de contester le droit d’aînesse, de subvertir le règne des « vieux sages » – la gérontocratie – et de s’émanciper des obligations traditionnelles de réciprocité.

Avec leur nouveaux « frères et sœurs en foi » en lieu et place de leur parentèle, avec « l’Évangile de la prospérité », qui transforme leur réussite individuelle en signe de grâce divine, ils peuvent résister aux pressions de leurs parents. Pour la révolution sociale qui est en cours en Afrique, ces églises jouent ainsi un rôle comparable à l’éthique protestante dans l’essor du capitalisme.

Il faudrait actuellement créer 200 millions d’emplois par an pour les primo-arrivants sur le marché du travail en Afrique. On en loin

 Vous dites également que la jeunesse de l’Afrique est un frein à sa démocratie. Pourquoi ?

 Parce que « être jeune » en Afrique – la condition la mieux partagée – est une inégalité catégorique. Cela n’est pas seulement une question d’âge. Tant que vous n’avez pas les moyens de votre indépendance économique, en gros : tant que vous ne pouvez pas fonder votre propre foyer, vous restez un « petit », privé de voix aux chapitre.

Or, du fait de sa démographie et de son incapacité à mettre la masse de ses jeunes « en situation », c’est le cas d’une grande majorité. Dépendants de leurs aînés, les jeunes n’ont pas les moyens de participer à la gestion du pays. Ils sont des citoyens de seconde zone. C’est un handicap pour la démocratie en Afrique – sans même parler du fait que la moitié de la population n’a pas l’âge de voter et, de ce fait, se trouve d’emblée exclue du processus démocratique.

La jeunesse africaine n’est donc pas un atout pour son développement ?

S’il y avait assez d’emplois rémunérés pour tous les jeunes en Afrique, leur présence serait une aubaine. Tant que ce n’est pas le cas, tant qu’ils ruminent leurs frustrations dans des pays « bloqués », ils sont une source d’instabilité et font monter la pression migratoire.

Il faudrait actuellement créer 200 millions d’emplois par an pour les primo-arrivants sur le marché du travail en Afrique. On en loin.

 Le continent a noyé ses progrès dans une masse humaine toujours plus grande Comme Emmanuel Macron, estimez-vous que la solution passe par un meilleur contrôle de la natalité ?

 Absolument, et je m’étonne qu’on puisse se poser la question. Le moyen le plus sûr pour augmenter la richesse par habitant, c’est de maîtriser les naissances. Depuis plus d’un siècle, avant et après les indépendances, c’est le contraire qui s’est produit en Afrique. Le continent a noyé ses progrès dans une masse humaine toujours plus grande.

Un exemple : à la fin de la Guerre froide, un enfant sur trois dans le monde mourant en bas âge était Africain ; depuis, la mortalité infantile a été réduite de moitié au sud du Sahara ; mais aujourd’hui, du fait de la croissance démographique, un enfant sur deux qui meurent avant l’âge d’un an est Africain.

 Vous parlez d’une Europe qui va s’africaniser et prévoyez des tensions identitaires. Est-ce inévitable ?

Je ne prévois pas, je constate. Il suffit de faire le tour de l’Europe, de l’Italie à la Suède en passant par l’Allemagne d’Angela Merkel ou la Hongrie. Est-ce inévitable ? Peut-être pas si trois principes de réalisme et d’humanité peuvent être conciliés.

 D’abord, il appartient aux Européens de décider qui entre chez eux et qui n’entre pas. Ensuite, l’Europe ne peut pas se désintéresser de son voisin africain, elle doit comprendre qu’une frontière n’est pas une barrière baissée ou levée mais un espace de négociation.

Enfin, et c’est peut-être la réalité qui est encore la moins bien perçue, la ligne de partage ne sépare plus tant les pays riches des pays pauvres mais, à l’intérieur du Nord et du Sud, les gagnants et les perdants de la mondialisation. Si les gagnants – en Afrique autant qu’en Europe – se moquent du sort des perdants, nous serons tous perdants.

N’avez-vous pas peur que ces réflexions fassent le jeu de l’extrême-droite ? :

On a toujours peur d’avoir des applaudissements du mauvais côté. Je n’en veux évidemment pas et je ne supporte pas de voir la montée des anti-Merkel en Allemagne depuis la crise des réfugiés ou la poussée du Front national en France. Mais je crois également qu’il ne faut pas se préoccuper de cela. Quand vous cherchez à éclairer un sujet, ce n’est pas pour vous faire des amis ou des ennemis. 

Mathieu Olivier http://www.jeuneafrique.com

 

 

L’ONG Transparency International a publié ce mercredi 21 février 2018 son Index annuel sur la Perception de la Corruption dans le monde en 2017. «il y a des avancées significatives» au Sénégal et en Côte d'Ivoire

La carte de la perception de la corrpution dans le monde en 2017 par Transparency International Capture d'écran : Transparency International

L’ONG Transparency International a publié ce mercredi 21 février 2018 son Index annuel sur la Perception de la Corruption dans le monde en 2017. 180 pays et territoires y sont classés selon leur niveau perçu de corruption. Un classement établi sur la base d’appréciations d’experts des secteurs privés et publics. Samuel Kaninda, coordinateur de Transparency International en l’Afrique de l’Ouest nous explique où en est le continent africain.

 Samuel Kaninda: Il n’y a pas de progrès majeurs. Les pays qui sont toujours bien quottés, le sont toujours, à l’exemple du Botswana, des Seychelles et du Rwanda, et nous avons ceux qui sont au bas de l’échelle en termes de note, mais aussi de classement, comme la Somalie et les pays qui sont en conflit et qui sont toujours mal quottés parce que la situation ne s’est pas améliorée.

 RFI: Vous notez quand même certains progrès dans des pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Est-ce que ce sont des progrès significatifs ?

 Si on les étend sur une période plus longue, allant de 2012 pour le Sénégal ou de 2013 pour la Côte d’Ivoire, on peut dire qu’il y a eu des avancées significatives. Pour le cas de la Côte d’Ivoire – et je crois que ce même cas s’applique aux deux pays – un certain nombre de mesures ont été prises pour lutter efficacement contre la corruption. Ainsi, au Sénégal il y a un ministère de la bonne gouvernance et un Office de lutte contre la corruption. Au niveau de la Côte d’Ivoire, il y a également une Haute Autorité de bonne gouvernance.

 Nous disons par conséquent qu’il y a eu un leadership affiché au niveau chefs d’Etat de ces deux pays et c’est comme ça que, dans le temps, on peut observer cette évolution positive. Nous devons souligner qu’un investissement dans le temps a besoin de ce leadership au plus haut niveau de l’Etat qui va en fait se manifester par les moyens mis à la disposition des institutions de lutte contre la corruption et assurer une indépendance du système judiciaire. En effet, en termes de répression de la corruption, c’est le système judiciaire qui est aussi, dirions-nous, la pierre angulaire de l’Etat de droit.

Il y a des progrès mais cela demeure insuffisant. Nous avons eu des cas emblématiques comme au Sénégal, avec l’ancien ministre et aussi fils de l’ancien chef de l’Etat sénégalais, Monsieur Karim Wade ou encore le cas actuel du maire de Dakar mais nous estimons qu’il y a encore des progrès à faire au-delà de ces cas emblématiques.

 Dans le cas de la Côte d’Ivoire il y a aussi besoin, surtout au niveau de la passation de marchés, de s’assurer que les cas, par exemple, de marchés qui se font de gré à gré soient réduits et qu’il y ait plus d’efforts qui soient menés dans ce sens.

 L’important, c’est que les citoyens aient le sentiment que la gouvernance de leur pays profite à leur bien-être, dans le temps.

Des acteurs de la société civile disent que souvent, même lorsque sont mises en place des institutions de lutte contre la corruption, eh bien ces institutions sont, en quelque sorte, instrumentalisées à des fins politiques pour éliminer des opposants ou pour servir les intérêts des partis ou des personnes au pouvoir. Est-ce que ce sont des faits ou bien des problématiques qui vous sont rapportés à Transparency International ?

Absolument. Dans bon nombre de pays en Afrique - surtout, encore une fois, en Afrique de l’Ouest, voire du Centre - les institutions chargées de la lutte contre la corruption ne jouissent pas toujours d’une indépendance de l’exécutif. Ces institutions émargent des budgets, soit de la présidence de la République soit d’autres institutions comme la justice, ce qui fait qu’elles ne sont pas toujours aussi efficaces qu’on le voudrait. Par exemple, au Niger où la Haute Autorité de lutte contre la corruption et infractions assimilées répond à la présidence de la République, eh bien elle ne peut pas toujours avancer sur certains cas. Nous avons aussi la Côte d’Ivoire où la Haute Autorité pour la bonne gouvernance n’a pas forcément cette indépendance totale.

Il ne s’agit pas d’un jugement sur la compétence de ceux qui animent ces institutions mais il faudrait que les résultats soient au rendez-vous car en effet, en l’absence de la rencontre de tous ces critères, il serait difficile de renverser le constat qui nous avons fait à savoir que nous avons des lois ainsi que des institutions mais les citoyens ne sentent pas que la corruption connaît un recul dans les faits.

Pour répondre à cette problématique ou à ce défi, vous préconisez un renforcement du rôle des sociétés civiles ou en tout cas des citoyens, dans la lutte contre la corruption.

Nous estimons que la lutte contre la corruption n’est pas le seul apanage des pouvoirs publics. Les sociétés qui sont mieux quottées et donc perçues comme les moins corrompues et les plus intègres, sont des sociétés où il y a cette transparence et où les citoyens peuvent avoir accès à l’information et, le cas échéant, demander des comptes à leurs responsables publics, à tous les niveaux de l’Etat.

 Le fait que chaque citoyen puisse avoir accès à l’information et soit en mesure de demander des comptes à son conseiller municipal, aux responsables et même aux administratifs des municipalités, nous pensons que cela pourrait faire reculer considérablement les cas de corruption et même faire en sorte que, ceux qui voudraient s’engager dans des pratiques de corruption y réfléchisse à deux fois, parce qu’il y aurait toujours une société civile vigilante qui pourrait, à tout moment, dénoncer et obtenir des comptes.

 Clémentine Pawlotsky

RFI / Diffusion : samedi 24 février 2018

Abidjan et Lisbonne renforcent leur coopération dans le domaine de la défense maritime

A l'occasion de sa visite de travail à Abidjan le week-end dernier, le ministre portugais de la défense José Alberto Azeredo Lopes et son homologue ivoirien, Hamed Bakayoko, ont évoqué le renforcement de la coopération de leur deux pays en matière de défense. Cette intensification devrait permettre aux pays de faire face au défi de la sécurité maritime.

 La sécurité maritime est aujourd'hui un grand défi pour tous les pays dont une bonne partie de l'activité économique transite par la mer. Face à la montée des menaces sur les eaux, les liens se renforcent de plus en plus entre les Etats. Ce week-end, profitant d'un séjour de 48 heures en Côte d'Ivoire d'une délégation portugaise, les ministres de la défense portugais, José Alberto Azeredo Lopes et ivoirien Hamed Bakayoko, ont décidé d'intensifier les liens de coopération entre leurs deux pays dans les domaines de la défense. « Nous avons pu à l'occasion de nos échanges décider d'intensifier notre coopération dans le domaine de la défense », a confié le ministre ivoirien. Selon lui, ce nouvel engagement des deux parties fait suite à la visite du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara au Portugal en septembre 2017.

 « Le Portugal a une grande tradition de politique maritime et aujourd'hui la sécurité maritime est un vrai défi pour nos États

Nos deux chefs d'État-major de la marine vont établir un calendrier de travail qui va nous permettre d'ouvrir des axes dans le cadre de la formation, des échanges d'informations et des échanges sur la protection de l'environnement », a ajouté Hamed Bakayoko. Le responsable a indiqué que son pays profitera de l'expérience et l'expertise portugaises dans le domaine de la défense et a assuré que les échanges qu'il a eu avec son homologue portugais constituent le point de départ de leur ''coopération renforcée''.

Du côté portugais, on est convaincu que la Côte d'Ivoire joue un rôle majeur en matière de la sécurité maritime. « Nous reconnaissons que la Côte d'Ivoire est l'un des États qui s'est le plus engagé dans cette question de sécurité maritime qui est fondamentale pour notre sécurité commune », a souligné le ministre portugais de la défense, expliquant que « la mer fait autant partie du destin des portugais que de celui des ivoiriens ». Il a indiqué avoir transmis une ''invitation formelle'' à son homologue ivoirien pour une visite au Portugal.

 A l'issue des échanges, les deux responsables ont effectué un déplacement sur le port autonome d'Abidjan où ils ont visité un patrouilleur de la marine portugaise de passage à Abidjan.

 En savoir plus sur https://afrique.latribune.fr

 

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