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La francophonie grande oubliée de la «Macronie» ? Comment expliquer le choix d’Emmanuel Macron ? Omission ? Revirement ? Changement de cap ?

Aucun portefeuille ne lui est consacré dans le gouvernement, un fait qui constitue une rupture avec les us et coutumes politiques des trente dernières années.

Résultat de recherche d'images pour "La francophonie"La francophonie grande oubliée de la «Macronie» ?

Le nouveau président de la République Emmanuel Macron écarte la francophonie de son option gouvernementale. Les défenseurs de la langue française sont perplexes. Le président Macron n’a réservé aucun portefeuille à la francophonie dans son gouvernement. Pas de secrétariat d’Etat, pas de ministère !

Alors en campagne, le candidat d’En marche avait pourtant fait l’éloge de cette cause, au cœur de l’action gouvernementale de ses prédécesseurs. Dans une lettre adressée au président de l’Association francophone d’amitié et de liaison (AFAL), il avait indiqué : «Je considère comme vous que notre langue est une chance pour notre pays et qu’il est indispensable de fixer des objectifs ambitieux et des propositions concrètes dans le domaine de la promotion de la langue française. […] Je souhaite, comme l’association que vous présidez, développer la francophonie économique et solidaire et veiller à l’usage du français dans le secteur de la recherche ainsi que dans les organisations internationales.»

Comment expliquer le choix d’Emmanuel Macron ? Omission ? Revirement ? Changement de cap ?

Fin d’une tradition politique vieille de trente ans. Depuis 1986, la francophonie était devenue une pièce maîtresse des gouvernements successifs de droite comme de gauche, se voyant dotée, suivant les différentes majorités, d’un ministère ou d’un secrétariat ad hoc. En plaçant cette ambition politique dans l’agenda de l’exécutif, le Premier ministre Jacques Chirac voulut inscrire son action dans une continuité gaulliste. Une orientation que poursuivirent de manière consensuelle ses successeurs.

C’est sans doute sous le gouvernement d’Edouard Balladur que l’engagement en faveur de la francophonie atteignit son point culminant. Rattachée au ministère de la Culture – un ministère à part entière –, elle fut portée avec panache par Jacques Toubon. Ce ministre téméraire œuvra ardemment pour la défense de la langue française en limitant l’impact concurrentiel de l’anglais et en imposant aux radios privées de diffuser 40% de chansons d’expression française.

Rompre avec la «Françafrique» ?
Après tout, la francophonie n’a pas besoin d’un maroquin pour exister. De nombreux secrétaires d’Etat s’y succédèrent sans avoir amélioré d’un iota le sort du français. Fort de son pragmatisme, Emmanuel Macron a, sans doute, voulu mettre un terme à cette logique des apparences consistant à donner à voir la figuration comme un principe d’action. En tout état de cause, cette décision de ne pas doter la francophonie d’une prérogative gouvernementale constitue, indiscutablement, une rupture avec les us et coutumes politiques des trente dernières années. Elle valide la stratégie de disqualification de l’héritage gauche-droite échafaudée par le chef d’Etat.

Soucieux de marquer sa différence et d’imprimer son style, ce dernier entend-il, probablement aussi, prendre ses distances, davantage encore que ne le fit François Hollande, avec l’approche traditionnelle de la francophonie que les détracteurs se plaisent à associer à la «Françafrique». Si la politique africaine d’Emmanuel Macron est encore illisible, il n’en demeure par moins que son interview à Alger, dans laquelle il déclara que «la colonisation fait partie de l’histoire française et c’est un crime contre l’humanité», laisse à penser qu’elle s’emploiera à faire tomber les tabous du contentieux colonial.
http://www.liberation.fr/debats/2017/07/04/la-francophonie-grande-oubliee-de-la-macronie_1581290

Maxime AIT KAKI est l'auteur de La France face au défi de l’identité paru aux éditions du Cygne, 2017.

Nicolas Sarkozy - Simone Veil reste immortelle Simone Veil est morte. La France se désole et s’étonne qu’elle ait pu mourir tant son image, malgré le temps qui passe, était restée inaltérable.

Pourtant Simone Veil aurait pu mourir beaucoup plus tôt car elle avait été condamnée à mort, il y a soixante douze ans, par le nazisme. Elle était juive, elle avait seize ans, elle n’avait donc pas le droit de vivre aux yeux de ceux qui avaient planifié la solution finale pour pouvoir exterminer tout un peuple à une échelle industrielle. Simone Veil aurait dû mourir, elle aurait pu mourir comme elle avait vu mourir ces femmes et ces enfants que l’on envoyait prendre des douches dont on ne revenait jamais. Elle aurait pu mourir, comme son père, comme son frère ou encore comme sa mère, de fatigue, de froid et d’épuisement sur le bord des chemins empruntés par des millions de déportés dans les marches de la mort.

Simone Veil n’est pas morte, elle a survécu, puis elle a fait mieux, elle a vécu et elle a choisi de consacrer au bien commun cette vie qu’elle avait gagnée contre le mal absolu à force de courage, de volonté, de ténacité et d’intelligence. Simone Veil n’est pas morte, elle s’est mariée, elle a fondé une famille, elle a travaillé, elle s’est engagée.

A une époque où les gouvernements français étaient encore des clubs politiques réservés aux hommes, elle est devenue ministre de Valéry Giscard d’Estaing et s’est imposée dans un combat qui a marqué l’Histoire de notre société. Elle ne s’est pas élevée contre un dogme ou des convictions religieuses qu’elle respectait profondément mais elle s’est levée pour combattre la souffrance et une souffrance qui lui était particulièrement insupportable, la souffrance silencieuse des femmes. Simone Veil, en effet, n’était pas une idéologue car elle avait payé du prix le plus élevé la folie des idéologues. Du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale, Simone Veil a simplement dit que la République ne pouvait pas continuer à fermer les yeux sur 300 000 avortements qui se pratiquaient chaque année clandestinement. Elle a simplement dit que la République ne pouvait plus accepter que des femmes meurent dans des souffrances abominables parce qu’elles n’avaient pas les moyens de prendre un avion et de se payer un séjour dans une clinique privée à l’étranger. Simone Veil a fait ce qu’elle croyait juste et même si elle a essuyé des insultes qui déshonoraient ceux qui les lui lançaient en pleine face, elle a su trouver une majorité qui allait au-delà des clivages politiques. Ce jour-là, elle a fait ce qu’elle considérait être son devoir. Rien de plus et ce fut sa grandeur.

Simone Veil s’est aussi engagée dans la vie politique pour défendre une idée, une idée qui lui paraissait plus grande qu’elle-même, plus importante que son propre destin politique dont elle n’a jamais fait un objectif. Cette idée, ce combat, c’était la construction européenne. Cette femme qui aurait pu entretenir à l’égard de l’Allemagne une méfiance instinctive et même un ressentiment inextinguible a été élue Présidente du Parlement Européen par des députés français et allemands. Simone Veil avait la conviction profonde, une conviction forgée par le drame de sa vie, -cette vie qui a donné le titre de son plus beau livre-, que seule la construction européenne permettrait au continent d’échapper aux démons de la guerre et de la haine et que sans une amitié franco-allemande sans faille, il n’y aurait de place ni pour la paix, ni pour l’Europe. Dans les années 1990, le retour de la guerre dans les Balkans, au cœur même du continent européen, fut pour elle comme un coup de semonce. Il rappelait que le combat pour une Europe politique, forte, efficace et gouvernée, était le seul rempart contre le retour du passé.

Simone Veil n’est pas morte car après s’être retirée de la vie politique, elle a consacré son énergie au devoir de mémoire. Mémoire des siens et mémoire de l’holocauste qui les avait dévorés. J’ai été heureux, comme une immense majorité de Français, de la voir entrer à l’Académie Française pour y devenir, là encore, une des rares immortelles de sa génération comme j’ai été fier, je l’avoue, d’obtenir une modification du code de la Légion d’Honneur pour qu’elle puisse être élevée à la dignité de Grand officier sans avoir reçu les grades inférieurs. La France de Claudel, de Racine et de Napoléon rendait hommage à cette femme qui, même dans les camps de la mort, n’avait jamais abdiqué et avait toujours défendu la dignité humaine en refusant de baisser les yeux. Simone Veil avait la dimension d’une femme d’Etat car son humanité ne lui interdisait jamais d’être, lorsque la situation l’exigeait, d’une très grande fermeté.

J’ai connu Simone Veil, j’ai admiré Simone Veil et je veux l’écrire ici, j’ai aimé Simone Veil dont l’amitié ne m’a jamais fait défaut. Son regard bleu pouvait exprimer l’autorité et même la colère mais il y brillait toujours une grande bonté et la lueur de l’espoir.

Simone Veil est partie rejoindre son mari Antoine avec lequel elle formait un couple hors du commun mais elle n’est pas morte car son action comme son souvenir oblige tous ceux qui l’ont admirée et aimée. En effet, ce souvenir aujourd’hui nous oblige, comme il oblige l’Europe qu’elle a servie à rester à la hauteur du témoignage de courage et de volonté qu’elle nous laisse.

Nicolas Sarkozy

Législatives en France : pourquoi Sylvie Fofana et Rami Zouaoui sont candidats

Législatives en France : pourquoi Sylvie Fofana et Rami Zouaoui sont candidats Les élections législatives françaises se tiennent le 11 et 18 juin prochain. Chacune des 577 circonscriptions électorales élira un député qui siégera à l’Assemblée nationale pour un mandat de 5 ans. Selon un communiqué du ministère de l’intérieur, « les candidatures devront être déposées au service du représentant de l’État chargé de les recevoir, à partir du lundi 15 mai 2017 et jusqu’au vendredi 19 mai 2017 à 18h00. La campagne électorale, quant à elle, sera ouverte du lundi 22 mai au 10 juin veille du 1er tour ». Ces élections concernent aussi les français établis hors du territoire. Sur les 577 circonscriptions, se trouvent 11 établies hors de la France. Ils sont donc 11 députés à représenter les français de l’extérieur résidant dans les quatre continents en dehors de l’Europe. La 9e circonscription sur les 11 concerne les pays du Maghreb et certains de l’Afrique de l’Ouest à savoir : Algérie, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Libye, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Tunisie. Pour les législatives de juin 2018, ils sont 27 à postuler avec leurs suppléants. C’est bien dans cette circonscription que compte se présenter la franco ivoirienne, Sylvie Fofana et son colistier Rami Zouaoui, un franco-algérien.

Issus de la société civile, Rami et Sylvie militent depuis plusieurs années au sein des associations d’aides aux plus démunis. À cheval entre l’Afrique et la France, Sylvie Fofana s’apprête à organiser un grand forum des métiers du secteur du service à la personne, communément appelés (boys, servantes, femmes de ménage, gardes d’enfants, jardiniers, répétiteurs, chauffeurs du particulier, nounous etc...) à Abidjan en juin prochain.

« Je suis française d’origine ivoirienne. Je connais les problèmes de nos compatriotes français établis hors de la France qui souvent rencontrent les mêmes problèmes qu’un immigré africain en France. Il faut défendre leurs intérêts à l’Assemblée nationale mais aussi les assister en plus des ambassades et consulats français qui eux sont parfois débordés par les sujets d’ordre diplomatique. Notre candidature est guidée par l’esprit du changement. Nous sommes proches du mouvement En Marche du président Emmanuel Macron, mais nous irons en indépendants. J’invite tous les ivoiriens qui ont la nationalité française mais aussi tous les africains et français de souche résidant dans les 16 pays de notre circonscription à voter pour la liste Zouaoui Rami-Sylvie Fofana » a dit Sylvie Fofana rencontrée à Paris, avant son retour en Côte d’Ivoire ce vendredi.

« La justice sociale est la variable d'ajustement de mon programme, car je crois que l’honneur de la politique c’est d’agir pour l’égalité des chances » lit-on sur le blog de Rami Zouaoui qui a dans son projet tous les volets d’un vrai programme présidentiel de société. Citoyenneté et égalité des chances, démarches administratives et fiscales pour les français de l’étranger simplifiées via l’internet, l’éducation, la culture, l’économie, l’aide aux séniors, droit des femmes, sécurité et la francophonie figurent parmi les chantiers de Rami Zouaoui et Sylvie Fofana.

Philippe Kouhon 

Présidentielle 2017 : le big data donne Fillon au second tour, pas les sondages. Qui aura raison ?

Sale temps pour les sondages. Paniqués à l'idée de « rater » le premier tour de l'élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l'analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l'opinion. Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite.

Et aussi l'élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages. Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l'algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d'annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l'accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l'exercice. Retour sur ces trois trublions de la campagne, leur méthodologie, leur crédibilité, leurs prédictions. Puis celles, très différentes, des tout derniers sondages. Filteris : un second tour Fillon / Le Pen Qu'est-ce que c'est ? Filteris est une société canadienne créée en 2002 par Jérôme Coutard et Isabelle Dornic, tous deux doctorants en sciences sociales. L'entreprise est spécialisée dans l'analyse d'image, la gestion et la sécurisation de l'identité numérique des entreprises, institutions et personnalités. Depuis 2007, Filteris a développé une expertise dans l'analyse du buzz généré sur le web et les réseaux sociaux dans des contextes électoraux, baptisée BuzzPol. Quelle méthodologie ? BuzzPol réalise, comme les sondages, des mesures régulières de l'opinion. Mais contrairement aux sondeurs, BuzzPol ne se base pas sur le recueil d'intentions de vote auprès d'un public représentatif, mais de l'analyse à grande échelle des perceptions, avis et opinions exprimés sur le web et les réseaux sociaux. Son algorithme permet d'analyser ces points de vue de manière quantitative et qualitative, puis de générer un score sur 100, réparti entre les candidats. Quel est son pronostic ? Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09% des voix. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche. C'est la 16è mesure d'opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon. Quelle crédibilité ? Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine. L'entreprise n'a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l'entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c'est Alain Juppé qui s'est qualifié. Elle s'est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg. Vigiblobe : Fillon probablement qualifié, Macron et Mélenchon en embuscade, Le Pen hors de l'équation Qu'est-ce que c'est ? Vigiglobe est une startup française dirigée par Leendert de Voogd, un ancien directeur mondial de l'institut de sondage TNS. Son credo : l'analyse des réseaux sociaux Twitter et Facebook pour repérer les tendances émergentes afin d'orienter la communication de ses clients, les marques. La startup a aussi développé des outils d'analyse spécialement conçus pour les élections, afin de repérer les signaux faibles qui traduisent des dynamiques qui échappent aux sondeurs - ou que ces derniers perçoivent trop tard. Quelle méthodologie ? Vigiglobe utilise des algorithmes, développés en interne, de machine learning (apprentissage par la machine à base d'intelligence artificielle), capables d'analyser à la fois quantitativement (qui suscite le plus de réactions ?) et qualitativement (quelle tonalité ?) les messages postés sur les réseaux sociaux. Grâce à des partenariats exclusifs avec Facebook et Twitter, la startup a accès à l'ensemble des contenus publiés. La moitié des Français sont sur Facebook et Twitter revendique 15 millions de comptes en France. Quel est son pronostic ? Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d'analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu'elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l'attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents. Quelle crédibilité ? Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche. | Pour aller plus loin, lire l'interview exclusive de Leendert de Voogd. Présidentielle : "Pourquoi Fillon pourrait se qualifier au second tour et pas Le Pen" Predict My President : Le Pen et Fillon au second tour Qu'est-ce que c'est ? Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l'école Télécom Paris tech pour l'hebdomadaire Le Point. L'objectif est de pallier aux « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d'opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile. Quelle méthodologie ? Les élèves ont bâti un logiciel nourri à partir des données numériques issues du réseau social Twitter et des recherches des internautes sur Google, pour déceler la popularité des candidats et analyser le contenu des messages les concernant. Ces data sont croisées par des données socio-économiques remontant jusqu'à 1981 (taux de chômage par département, résultats des élections locales, etc.), issues des plateformes gouvernementales et de l'Insee. Un algorithme pondère les différentes analyses et aboutit à des prédictions de vote. Ou quand le big data et l'analyse socio-économique remplacent les sondages. Quel est le pronostic ? Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%. Quelle crédibilité ? Verdict dimanche. | Pour en savoir plus. Présidentielle : Le Pen et Fillon qualifiés pour le second tour ? Et les sondages ? Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Voici les résultats des derniers sondages publiés le vendredi 21 avril: Odoxa pour Le Point Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%. BVA pour La Dépêche du Midi Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%. OpinionWay-ORPI pour Les Echos et Radio Classique Emmanuel Macron (23%) vs Marine Le Pen (22%). François Fillon est troisième avec 21%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18%. Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (22,5%). François Fillon est troisième avec 19,5%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18,5%. Elabe pour BFMTV et L'Express Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (21,5%). François Fillon est troisième avec 20%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 19,5%. SYLVAIN ROLLAND Sylvain Rolland @SylvRolland DU MÊME AUTEUR Yahoo ! se livre à Verizon en meilleure santé que prévu Présidentielle 2017 : "Fillon pourrait se qualifier au second tou... Présidentielle 2017 et numérique : demandez le programme ! Abonnez-vous à partir de 1€ SUR LE MÊME SUJET macron mélenchon le pen fillonPrésidentielle 2017 : Fillon et Mélenchon restent décrochés (sonda... 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http://www.latribune.fr/economie/presidentielle-2017/presidentielle-2017-le-big-data-donne-fillon-au-second-tour-pas-les-sondages-qui-aura-raison-693731.html

LA CÔTE D’IVOIRE ET LE GHANA AU CŒUR D’UNE REUNION DE HAUT NIVEAU SUR LE CACAO ET LES FÔRETS

 (Sustainable Trade Initiative-IDH) et l’Unité pour la Durabilité Internationale (International Sustainability Unit-ISU)

Une réunion de haut niveau sur le cacao et les forêts s’est tenue, le jeudi 16 mars 2017, à Londres, sous la houlette de Son Altesse Royale le Prince de Galles dans le but d’examiner les moyens de mettre fin à la déforestation et à la dégradation des forêts dans la chaîne d’approvisionnement mondiale du cacao, avec une attention initiale sur la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux plus grands producteurs.

Cette rencontre était organisée de façon conjointe par la Fondation Mondiale pour le Cacao (World Cocoa Foundation-WCF), l’Initiative pour le Commerce Equitable (Sustainable Trade Initiative-IDH) et l’Unité pour la Durabilité Internationale (International Sustainability Unit-ISU) que dirige le Prince Charles.

La Côte d’Ivoire y a pris part à travers une délégation conduite par SEM georges Aboua, Ambassadeur de Côte d’Ivoire au Royaume-Uni, qui était, pour la circonstance, accompagné par Monsieur Aly Touré, Représentant Permanent auprès des Organisations Internationales de Produits de Base.

Au cours de son intervention, le chef de la délégation ivoirienne a indiqué que la préservation de la forêt est une priorité pour notre pays qui se traduit par plusieurs engagements dont les principaux sont les suivants :

  • la signature en 2012 du decret portant création,organisation et fonctionnement de la commission nationale pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre dues a la déforestation et a la dégradation des fôrets ;
  • la signature en 2014 de la Déclaration de New York sur les forêts dont l'objectif est d'éliminer la déforestation associée à la production agricole ;
  • la déclaration, lors de la Conférence des Nations Unies de septembre 2014, par SEM le Président Alassane Ouattara d'effectuer une transition vers un << cacao zéro déforestation>> à partir de 2017 ;
  • l'adoption, en 2015, d'un nouveau code forestier visant à retrouver 20% de couverture forestière en Côte d’Ivoire ;
  • la formulation, en 2015, d’une stratégie dénommée « cacao ami de la forêt ».

L’Agence Française de Développement (AFD), l’International Finance Corporation (IFC), la Banque Mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) font partie des organisations qui ont participé à cette réunion sur le cacao et les forêts.

FRANCE 2017-Une victoire de Fillon ou Macron relancerait la confiance-Gattaz / Sondage présidentielle : Le Pen repasse en tête, la course relancée /Emmanuel Macron s’effrite, Jean-Luc Mélenchon capitalise, François Fillon résiste...

L'accession de François Fillon ou Emmanuel Macron à l'Elysée en mai pourrait restaurer la confiance à l'égard de l'économie française, un atout pour l'attractivité de la France dans un contexte de Brexit, a déclaré jeudi Pierre Gattaz.

"Ce sont sans doute deux scénarios susceptibles de restaurer de la confiance", en fasant basculer une opinion internationale plutôt encline au "French bashing" ces dernières années pour lui laisser espérer une amélioration de la situation économique de la France, a estimé le président du Medef lors d'un entretien avec Reuters.

Le candidat de la droite et du centre dispose selon lui d'un "programme économique allant vraiment dans le bon sens", tandis que celui du mouvement En Marche ! est "assez apprécié" à l'étranger, et donne "une image de modernité, de jeunesse pour la France".

"Les élections françaises peuvent apporter des atouts supplémentaires pour drainer d'éventuel déçus du Brexit", sous réserve de régler rapidement les problèmes de l'économie en mettant en place une fiscalité plus attractive et une véritable "flexisécurité à la française", a déclaré Pierre Gattaz.

Dans ce cas-là, "ça peut fonctionner assez vite, la confiance repartira", à la fois en termes d'attractivité de la France pour les entrepreneurs étrangers et pour inciter ceux qui sont déjà présents dans l'Hexagone à y rester, a-t-il expliqué.

Tout en estimant que sur le plan économique, une victoire à la présidentielle du candidat Les Républicains ou de celui du mouvement En Marche ! serait bien accueillie, Pierre Gattaz a une nouvelle fois réaffirmé sa préférence pour le programme de François Fillon, dont il a salué la "cohérence".

"Globalement, le programme de (François) Fillon est celui qui correspond le plus à une vision, une ambition du plein emploi en France", a-t-il dit.

Il a également jugé "très intéressante" l'ambition de l'ex-Premier ministre de faire de la France la première puissance européenne dans dix ans.

En revanche, le programme d'Emmanuel Macron "ne va pas assez loin" à ses yeux et comporte encore "quelques zones d'ombre, des imprécisions comme sur les retraites et l'assurance chômage", même s'il salue le fait que l'ex-banquier d'affaires de 39 ans "assume les entreprises, il assume le capital et il assume la réussite".

Le président du Medef a également dénoncé le programme de la candidate du Front national Marine Le Pen, reposant selon lui sur une stratégie de repli "stupide, absurde, dangereuse" et "suicidaire" pour l'économie française. (Reuters) 

(Myriam Rivet avec Simon Carraud, Emmanuel Jarry, Yann Le Guernigou et Michel Rose, édité par) En savoir plus sur https://investir.lesechos.fr

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Marine Le Pen lors du deuxième débat du premier tour de la présidentielle.Marine Le Pen lors du deuxième débat du premier tour de la présidentielle.Marine Le Pen lors du deuxième débat du premier tour de la présidentielle.

Emmanuel Macron s’effrite, Jean-Luc Mélenchon capitalise, François Fillon résiste : les enseignements sont nombreux à tirer de notre dernier sondage de la présidentielle en temps réel.

Et si le second tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron n’avait pas lieu ? Dans notre dernier sondage de la présidentielle en temps réel réalisé par l’Ifop pour Paris Match, Fiducial, CNews et Sud Radio, les lignes bougent et tout semble encore possible à dix-huit jours du premier tour. Stable avec 25% des intentions de vote au premier tour, la présidente du Front National reprend la tête. Marine Le Pen peut toujours compter sur la sûreté du choix de ses électeurs à 82%. Derrière elle, désormais en deuxième position, on retrouve Emmanuel Macron, à 24,5% (-0,5%). La dynamique est brisée : le leader d’En Marche a perdu 1,5% en deux jours. Son passage très attendu lors de L’Emission politique sur France 2 jeudi soir pourrait être décisif alors que les effets positifs ou négatifs du deuxième débat de la présidentielle se feront ressentir encore un peu plus dans les jours qui viennent.

A lire aussi :Débat présidentiel : le podium de Match

Jean-Luc Mélenchon poursuit sa progression

Il y a deux jours, François Fillon comptait 9% de retard sur l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande. Le candidat de la droite a grignoté une partie de son retard pour n’être aujourd’hui qu’à 6,5% de son rival. Ce mardi, il gagne 0,5% pour revenir à 18%, preuve que ses derniers discours ont eu un écho auprès des électeurs. Sa place sur le podium du premier tour n’est pourtant pas garantie : Jean-Luc Mélenchon continue de surfer sur la vague de la popularité. Le candidat de la France insoumise est ce soir à 16% (+0,5%). Le 17 mars dernier, soit avant le premier débat, il ne récoltait que 10,5% des intentions de vote au premier tour. Lui aussi peut rêver d’une qualification pour le second tour de la présidentielle.

A lire aussi : Quand la gauche rêve d'un mariage Hamon-Mélenchon

Pour Benoit Hamon, en revanche, l’heure de la soupe à la grimace semble avoir sonnée. Il passe ce mardi sous la barre symbolique des 10% (9,5%, -0,5%) et ceux qui annoncent voter pour lui ne sont sûrs de leur choix qu’à 59%, le plus petit total des cinq candidats.  Parmi les «petits» candidats, à noter la stabilité de Nicolas Dupont-Aignan à 4,5% (=), la progression de Philippe Poutou (1%, +0,5%) et l’érosion de François Asselineau qui revient à zéro (-0,5%).Lionel BONAVENTURE / POOL / AFP

Paris Match| Publié le 05/04/2017 à 17h55 |Mis à jour le 05/04/2017 à 23h35

Yannick Vely

 

ENTRETIEN. Fatou Diome : "Défendre ma mère adoptive Marianne"L'écrivaine d'origine sénégalaise est en colère. L'objet de son ire : la tournure que prend en France le débat sur l'identité nationale.

Fatou Diome "L'Afrique n'est pas pauvre, on l'appauvrit"  "Je vis dans ce pays parce que je l’aime", dit l'écrivaine française d'origine sénégalaise Fatou Diome.

Résultat de recherche d'images pour "fatou diome et son mari son dernier livre"Attention, voilà une fine bretteuse dont les armes redoutables sont les mots. C'est en tout cas ce qui ressort du dernier livre de l'écrivaine française d'origine sénégalaise Fatou Diome : Marianne porte plainte !* Et Fatou Diome entend bien se faire son avocate indignée. Celle qui se dit "Française par choix, donc par amour mais aussi par résistance" détaille en mots bien sentis et parfois lapidaires sa colère devant certaines déclarations politiques qui font de l'identité nationale un totem médusant et sclérosé. 

Ces "pirates qui menacent devant [ses] yeux [sa] mère adoptive", Fatou Diome a choisi de les affronter. Elle le fait avec la langue française, celle-là même qui l'attache, en lien d'amour, à ce pays. Fatou Diome porte plainte aussi auprès de chaque lecteur. Elle dit au Point Afrique les raisons de sa colère.

Le Point Afrique : auprès de qui Marianne porte-t-elle plainte et pour quelle raison ?

En littérature, l'ironie est permise. Marianne porte plainte contre les diviseurs, contre ceux qui falsifient son histoire, son identité. Contre ceux qui ne veulent pas admettre la diversité de ses enfants. Contre ceux qui vont à l'encontre de sa devise nationale. Je suis de nationalité française, je suis donc une des enfants de Marianne, et je me donne le droit de dire que je ne suis pas d'accord. On ne m'a pas donné la nationalité à titre provisoire mais vraiment de manière sincère. Cela signifie qu'on m'a donné le droit de m'exprimer en tant que citoyenne française.

Marianne porte plainte aussi contre ceux qui refusent de la défendre. Si elle porte plainte, elle espère être défendue. J'imagine que Marianne compte sur tous ceux qui ne sont pas d'accord avec ces propos partout entendus pour la défendre. J'en appelle à toute personne qui se sentirait mal à l'aise avec les propos qui m'ont révoltée ; que ceux qui partagent ma révolte viennent avec moi défendre ma mère adoptive Marianne.

Quels sont ces propos ?

C'est une accumulation. Les propos d'aujourd'hui ne sont graves que parce qu'ils ont été installés depuis longtemps. Voilà quelques années que l'identité est devenue une obsession. Ce sont parfois les défenseurs de l'identité de la France qui lui font le plus grand mal en la rendant tellement restrictive, crispée, inquiète. La France n'a pourtant aucune raison de s'inquiéter car partout dans le monde, les gens parlent de la France avec tant d'amour. Comment peut-on habiter un si beau pays et être si pessimiste, rancis dans sa mentalité, vouloir s'enfermer alors que la France a toujours voulu disperser ses valeurs d'une manière universelle.

À l'étranger, quand je dis "la France", les gens me parlent des auteurs, des musiciens, des poètes. Rien ne m'oblige à rester en France, je suis parfaitement libre d'aller travailler ailleurs. Je vis dans ce pays parce que je l'aime ; c'est une libre décision. Ce qui est triste est que quand on est Africain, les gens pensent qu'on reste en France pour y gagner sa vie. Je peux gagner ma vie ailleurs. Mais je reste par choix, par amour.

Vous dites que l'identité nationale est une passerelle, pas une barrière. Pourquoi pas un pont ? La passerelle a quelque chose de fragile, qui tangue aussi.

Aller vers l'autre est toujours une fragilité. Pour aller vers l'autre, il faut accepter sa propre fragilité. Il faut accepter de se décentrer de soi, de relativiser sa culture. Dès lors, on ne peut plus mépriser l'autre. On se met alors en position de comprendre et d'apprendre. C'est là la fragilité, car on transmet ce qu'on sait et reçoit ce qu'on ne sait pas. On ose. Effectivement, une passerelle tangue, mais je ne veux rien sécuriser. Ma vie n'a jamais été sécurisée. Je suis venue en France car j'ai pris le risque d'aller vers l'inconnu. Il faut en cela beaucoup d'humilité, de découvrir un pays, sa langue. Encore maintenant, je découvre des mots nouveaux qui m'émerveillent. Cette fragilité-là est nécessaire, philosophique aussi dans le cheminement d'un être humain car on n'est jamais parfaitement accompli. Dans l'idée de passerelle, il y a quelque chose de l'ordre du chemin étroit. Je viens d'une île. Parfois sur un bras de mer, il y avait une toute petite passerelle, faite de simples branchages. Cela tangue, bouge, le vent souffle, il faut s'accrocher. J'ai dû aussi m'accrocher pour rester en France, on ne m'a rien facilité.

Vous écrivez qu'on a exigé de vous "un saut d'obstacle qui aurait brisé les jambes d'une jument", que voulez-vous dire ainsi ?

Cela signifie que si vous venez en France en 1994, que vous êtes noire, et qu'en 2017 vous y êtes encore, c'est que vous êtes une combattante. Car vous aurez entendu des "rentre dans ta forêt, va manger tes bananes". Évidemment, ce sont là les mentalités les plus primaires qui parlent. Mais il y a aussi d'autres mépris qui ne disent pas leur nom. On vous regarde de haut, vous parle mal, vous tutoie, vous avez bac+5 et vous devez faire des ménages. On refuse de vous donner votre chance tout en sachant que vous n'êtes pas bête. Tout cela, je l'ai vécu. Mais cela ne m'a pas découragée. Je me suis dit qu'il fallait continuer à m'instruire, à respecter les gens, à me comporter comme une citoyenne ordinaire. Alors même les plus obtus en auront assez de me traiter en étrangère. On finit aussi par en avoir assez de traiter les autres en étranger. Peut-être verront-ils alors que ce n'est pas de la triche, que j'aime vraiment cette culture. Que je l'ai étudiée et la respecte. C'est tout. Je ne peux pas faire plus que l'aimer et la respecter. Aussi la partager.

Flammarion La couverture du livre de Fatou Diome "Marianne porte plainte !". © Flammarion

La France quand on est noir, arabe, chinois, ce n'est pas la même chose que quand on est blanc ?

Non, ce n'est pas la même chose car j'imagine que moi, la Noire, je n'aurais pas la prétention de vouloir chasser les autres. Moi, la Noire, je suis consciente d'avoir été immigrée. Je suis consciente d'avoir dû faire mes preuves. Pour être française, j'ai souffert. Mais les autres, qu'ont-ils fait pour mériter d'être mes compatriotes ? Les autres Français sont nés ici. Moi, je suis venue ici. J'ai pris un avion, déjà, il pouvait s'écraser (rires). J'ai aimé un enfant de France, il m'a laissée. Je suis quand même restée. Mais l'être humain doit rester debout, il a besoin de sa dignité. Cela aurait été plus facile de s'enfuir. J'ai étudié et j'étais femme de ménage. Je ne connais personne qui rêve de faire ce métier. Pourtant je remercie ceux qui ont eu la bonté de me faire travailler car j'ai financé ainsi mes études. Certains m'ont refusé ce simple travail. Tous ces gens ont contribué à ce que je réussis à faire aujourd'hui.

PROPOS RECUEILLIS PAR HASSINA MECHAÏ  / Publié Le 28/03/2017 à 16:11 | Le Point Afrique  

BIOGRAPHIE & INFORMATIONS Nationalité : Sénégal  Né(e) à : Niodior , 1968

 Résultat de recherche d'images pour "fatou diome"Biographie :  Fatou Diome est née sur la petite île de Niodior, dans le delta du Saloum, au sud-ouest du Sénégal. Elle est élevée par sa grand-mère.

En décalage avec le microcosme de l'île, elle décide d'aller à l'école et apprend le français. Sa grand-mère met un certain temps à accepter le fait qu'elle puisse être éduquée : la petite Fatou doit aller à l'école en cachette jusqu'à ce que son instituteur parvienne à convaincre son aïeule de la laisser poursuivre. Elle se passionne alors pour la littérature francophone.

A treize ans, elle quitte son village pour aller poursuivre ses études dans d'autres villes du Sénégal tout en finançant cette vie nomade par de petits boulots : elle va au lycée de M'bour, travaille comme bonne en Gambie et finit par entamer des études universitaires à Dakar. A ce moment, elle songe à devenir professeur de français, loin de l'idée de quitter son pays natal.

Mais à 22 ans, elle tombe amoureuse d'un Français, se marie et décide de le suivre en France. Rejetée par la famille de son époux, elle divorce deux ans plus tard et se retrouve en grande difficulté, abandonnée à sa condition d'immigrée sur le territoire français. Pour pouvoir subsister et financer ses études, elle doit faire des ménages pendant six ans, y compris lorsqu'elle peut exercer la fonction de chargée de cours au cours de son DEA, fonction qui lui apporte un revenu insuffisant pour vivre.

En 1994, elle s'installe en Alsace. Elle est étudiante à l'université de Strasbourg où elle termine son doctorat de lettres modernes sur Le Voyage, les échanges et la formation dans l'œuvre littéraire et cinématographique de Sembène Ousmane, tout en donnant des cours.

Elle se consacre également à l'écriture : elle a publié La Préférence nationale, un recueil de nouvelles, aux éditions Présence africaine en 2001. Le Ventre de l'Atlantique est son premier roman, paru en 2003 aux éditions Anne Carrière.

Son second roman, Kétala, paraît en 2006.

Depuis, Fatou Diome a publié "Inassouvies, nos vies" en 2008 chez Flammarion, et en 2010, "Le vieil homme sur la barque" un récit avec de très belles illustrations de Titouan Lamazou chez Naïve, un roman "Celles qui attendent" et un récit "Mauve" en 2010 chez Flammarion. 

En 2013, Fatou Diome publie "Impossible de grandir", un roman d’inspiration autobiographique dans lequel l’auteure fait revivre Salie, l’héroïne de son premier roman.

Source : Wikipédia

 

CIV / Aly Touré élu ce 24 mars 2017 à Singapour Président des chefs de délégation du groupe d'Étude International sur le caoutchouc pour un mandat de deux ans

 L'Ivoirien Aly Touré a été élu président du Conseil international des céréales à Londres; Il avait été élu l'année dernière vice-président et devrait tenir ce poste deux années durant. Aly Touré est, par ailleurs, représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des organisations internationales de produits de base à Londres . Il a toutes nos félicitations car il représente avec honneur notre Pays dans cette organisation internationale stratégique économiquement pour la Côte d'Ivoire 

Résultat de recherche d'images pour "aly toure cafe cacao"A lire aussi / (archive) / La 114ème session du Conseil International du Café s’est tenue récemment à Londres, du 02 au 06 mars 2015, avec la participation de 46 pays membres dont 40 membres exportateurs et 6 membres importateurs (y compris le bloc des 27 pays de l’Union Européenne).

A cette occasion, le Conseil a accordé une attention particulière aux questions financières et à la recherche de fonds pour l’élaboration des projets de développement du café. Ainsi, la cinquième édition du forum consultatif sur le financement dans le secteur du café a eu lieu en marge de cette 114ème session.

Echanges fructueux pour le développement du café

Ce forum a permis des échanges de vues fructueux sur le thème « Comment structurer efficacement un projet en vue d’obtenir son financement », à travers des présentations d’organismes telles que la Banque Mondiale, la Banque Asiatique de Développement, le Fonds Commun pour les Produits de Base, USAID et la Banque Africaine de Développement.

Cette dernière institution a par ailleurs animé une réunion inédite pour le Partenariat sur le Café Africain qui a eu lieu, le mardi 03 mars, dans les locaux de l’Organisation Internationale du Café (OIC) en présence de représentants de l’industrie européenne du café et des pays membres de l’Organisation Interafricaine du Café (OIAC). Intervenant au nom de la Banque Africaine de Développement, Monsieur Aly Abou-Sabaa, vice-président de la BAD, a annoncé la création d’un mécanisme spécial, au sein de sa structure, dans le but de résoudre les problèmes systémiques de la filière et renforcer la capacité des petits producteurs à fournir un café de qualité.

Monsieur Aly Touré, Représentant Permanent de la Côte d'Ivoire

Enfin, la 114ème session du Conseil International du Café a poursuivi ses efforts visant à améliorer la situation financière de l’OIC en dépit des restrictions budgétaires qui lui sont imposées, à l’instar de plusieurs organisations internationales de produits de base installées à Londres. A cet effet, Monsieur Aly Touré, Représentant Permanent de la Côte d’Ivoire auprès des organisations internationales de produits de base, a été reconduit à la tête du comité des finances et de l’administration de l’OIC pour l’exercice 2015/2016.

Cette semaine de réunions intergouvernementales qui vient de s’achever à Londres a donc été riche en développements importants pour les acteurs de l'économie caféière mondiale.

 

 

François Fillon peut dire merci à Christine Angot. Elle est arrivée de noir vêtue, le regard sombre et la mine mauvaise. Elle s’appelle Christine Angot. Elle est écrivain, de gauche.

Elle était, hier soir, l’invitée surprise de l’Emission politique de France 2, face à François Fillon, le candidat aux mille affaires. 

Europe 1Et pour une surprise, ce fut une méprise, tant ce moment de télévision fut la caricature de ce qu’est un tribunal médiatique, une dictature de la bien-pensance. 

En chaisière de la morale publique, Christine Angot s’est voulue la parole du peuple, le procureur du politicien pourri. Or elle n’était qu’une marionnette ridicule, l’intolérance faite intellectuelle. 

Dans un long monologue, elle l’a assené de coups, l’accusant de toutes les malhonnêtetés. Elle voulait accabler Fillon, elle lui a rendu service. 

Pour le coup au tribunal d'Yves Thréard, elle n'a droit à aucune circonstance atténuante. 

Le ton, la posture, le texte qu’elle a lu, tout était nul. Elle se voulait Maurice Clavel quittant les plateaux de l’ORTF en lançant un magistral : "Messieurs, les censeurs, bonsoir ". Elle est sortie d’elle-même, au bord de la crise de nerfs, sous les huées du public (c’est vrai très filloniste), sans qu’elle soit censurée. Elle avait tout dit et mal dit. Son procès de Moscou était raté. 

Elle a cru faire sensation en accusant Fillon de faire un "chantage au suicide" car, peu avant, il avait évoqué pour lui une situation comparable à celle qu’avait vécue par Pierre Bérégovoy. Effet loupé, minable. Pas étonnant pour un écrivain qui s’était déjà illustré, récemment, en publiant une tribune risible dans le JDD pour demander à François Hollande de revenir sur sa décision de ne pas se représenter. 

Quand on est écrivain et qu’on prétend se mêler de politique, mieux vaut avoir du nez, des arguments et du talent.  Fillon, lui, est resté d’un calme olympien.  Il n’avait rien à craindre alors que, peu avant, les accusations très dures de Fillon se disant victime d’un prétendu cabinet noir de l’Élysée aurait mérité une vraie contre-attaque. Hier soir, les électeurs de droite peuvent dire merci à Christine Angot.  / Retrouvez "L'édito politique d'Yves Thréard" sur : http://www.europe1.fr/emissions/ledito-politique-dyves-threard  LE DIRECT : http://www.europe1.fr/direct-video

Le déontologue de l'Assemblée nationale a déclaré que les activités de la société  de conseil de François Fillon étaient conformes au code électoral.A lire aussi /2F Conseil. Le déontologue de l’Assemblée nationale absout Fillon

Le déontologue de l'Assemblée nationale a déclaré que les activités de la société  de conseil de François Fillon étaient conformes au code électoral. Le déontologue de l'Assemblée nationale a déclaré que les activités de la société de conseil de François Fillon étaient conformes au code électoral. | AFP

D’après le déontologue de l’Assemblée nationale, Ferdinand Mélin-Soucramanien, les activités de François Fillon au sein de la société 2F Conseil ne présentent rien d’illégal.

La société de conseil que François Fillon a créée en juin 2012 ne pose aucun problème juridique et le candidat de la droite n’est pas intervenu en faveur d’un de ses clients, le groupe d’assurances Axa, lors des débats au Parlement, peut-on lire dans un courrier du déontologue de l’Assemblée nationale.

Le candidat Les Républicains à la présidentielle était en effet soupçonné d’avoir créé cette société une fois redevenu député, ce qui était légalement impossible. En outre, certains députés, dont Cécile Duflot, Pouria Amirshahi ou Philippe Noguès, tous non inscrits, s’étaient interrogés sur les activités du candidat de la droite à la présidentielle et député au service de l’assureur Axa et avaient demandé une « transparence totale » sur ses clients.

Saisi par des députés de la majorité, le déontoologue, Ferdinand Mélin-Soucramanien, estime que, « sur le plan juridique, les activités de M. François Fillon au sein de la société 2F Conseil sont en conformité avec l’article […] du Code pénal » dans la mesure où elles ont été entamées avant le début de son mandat.

Sur le plan de la déontologie, il ajoute que le député LR de Paris « n’a pris aucune position, ni signé aucun amendement ». Le texte précise ensuite que François Fillon n’est intervenu « à aucun moment » dans le débat sur la transposition en droit national de la directive européenne relative aux activités d’assurance, que certains élus avaient pointée comme la source d’un possible conflit d’intérêts.

Lors de sa conférence de presse début février, François Fillon avait confirmé qu’il avait exercé une activité de conseil de 2012 à 2016 avec sa société 2F Conseil, et que l’assureur Axa figurait parmi ses clients.

Un porte-parole du groupe Axa a confirmé à Reuters que le groupe avait eu recours aux services de 2F Conseil « de mi-2012 à mi-2014 pour des missions de conseil stratégique sur les réformes structurelles aux niveaux européen et international ». Selon plusieurs sources, Axa aurait versé 200 000 € à 2F Conseil.

 

 

 

"C'est depuis le palais de l'Elysée que François Hollande a coordonné une cellule dont la mission quasi exclusive a consisté à le renseigner sur adversaires politiques,de droite... comme de gauche

Hollande mis en cause, suicide de Bérégovoy et dispute avec Christine Angot... Fillon à l'Emission politique François Fillon, invité d' Emission politique sur France 2, le 23 mars. Photo Albert Facelly pour Libération  Le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon, a dénoncé sur le plateau de l'Emission politique, un «scandale d'Etat» et demandé une enquête sur l'existence ou non d'un «cabinet noir» à l'Elysée. Il s'est ensuite âprement disputé avec l'écrivaine Christine Angot. Hollande mis en cause, suicide de Bérégovoy et dispute avec Christine Angot... Fillon à l'Emission politique François Fillon, invité sur le plateau de l’Emission politique, sur France 2, a atteint un nouveau stade dans la dénonciation du complot, mettant directement en cause François Hollande. https://www.youtube.com/watch?v=ST1-kEDzTIs

François Fillon, invité d' Emission politique sur France 2, le 23 mars. Sur François Hollande / «Je vais mettre en cause le président de la République», a d’abord averti François Fillon. «Il y a un livre qui sort ces jours-ci, dont j’ai pu lire les bonnes feuilles, qui a été écrit par des journalistes qui sont loin d’être mes amis, car deux d’entre eux sont du Canard enchaîné. […] Un livre qui explique comment François Hollande fait remonter les écoutes judiciaires qui l’intéressent à son bureau, ce qui est une illégalité totale», a-t-il affirmé. Le candidat faisait référence à Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, écrit par les journalistes du Canard enchaîné Didier Hassoux et Christophe Labbé avec Olivia Recasens, dont des extraits ont été publiés par le très droitier Valeurs actuelles. 

«Moi ce soir solennellement je demande qu’il y ait une enquête d’ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’Etat. Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’Etat n’est jamais allé aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lequels il ne devrait pas avoir autorité», a encore affirmé le candidat mis en cause. 

Et de suggérer pour finir, que François Hollande se trouvant en incapacité de se représenter, aurait décidé de réduire à néant les chances «d’alternance».

Plus tard dans la soirée, le président de la République a déclaré «condamner avec la plus grande fermeté les allégations mensongères» du prétendant à sa succession et jugé que ces propos apportaient «un trouble insupportable»à la campagne. Il a également affirmé ne pas avoir été «informé» des affaires entourant François Fillon. «Le seul scandale ne concerne pas l’Etat, mais une personne qui aura à en répondre devant la justice», poursuit le communiqué. 

Coup de théâtre à la fin de l’émission, quand le journaliste Karim Rissouli a rapporté que Didier Hassoux, l’un des auteurs du livre cité par François Fillon, démentait les accusations de François Fillon, estimant que ce dernier était dans une opération d’instrumentalisation. Il n’y a «pas de cabinet noir», a-t-il tranché. 

Sur la justice / Le candidat a une nouvelle fois suggéré que la justice n’était pas aveugle, s’étonnant de sa rapidité. Du «jamais vu», selon lui. Sauf que le cas Le Roux lui donne plutôt tort. Et pour cause : le parquet national financier a ouvert une enquête le visant, moins de 24 heures après la révélation par l’émission Quotidien (TMC) de l’emploi de ses filles comme assistantes parlementaires. Elle n’a donc pas été particulièrement plus lente que pour François Fillon. Outre l’exemple récent de Bruno Le Roux, dans d’autres cas, comme pour les Football Leaks, les Panama Papers et, côté politique, les affaires de Kader Arif et d’Aquilino Morelle, la justice avait montré sa rapidité. 

Evoquant «des torrents de boue» qui se déverserait sur lui, il a également déclaré : «ça m’a fait souvent penser à Pierre Bérégovoy», en référence à l’ancien Premier ministre socialiste, mis en cause dans une affaire de prêt et qui s’était suicidé en 1993. «J’ai compris pourquoi on pouvait être amené à cette extrémité», a-t-il assuré.

 Séquence sidérante entre l'invitée mystère et François Fillon sur France 2 jeudi soir.L’échange avec Christine Angot / Cette référence a visiblement agacé Christine Angot, invitée mystère venue interroger le candidat. «Le pompon de toute cette histoire, c’est le coup de Bérégovoy, que vous nous avez fait tout à l’heure. Ça, ça passe pas», s’est-elle écriée. «Est ce que vous nous faites un chantage au suicide ?», a-t-elle interrogé. «Vous ne pouvez pas comprendre que je puisse être blessé ?», a alors répondu François Fillon, alors que l’écrivaine ironisait : «oh il me fait de la peine», tout en étant copieusement huée par le public.

Le candidat lui, a au contraire été applaudi par un public visiblement acquis à sa cause, alors qu’il lançait un «le coiffeur de François Hollande, ça ça ne vous a pas choqué», comparant deux cas difficilement comparable.  Juste avant de quitter ce plateau ressemblant tour à tout à un théâtre ou un ring, Christine Angot a déclaré, à destination du public et à propos de David Pujadas : «Vous savez pourquoi il m’a fait venir ? Parce que ce que je viens de vous dire, eux, ils ne peuvent pas le dire». 

Sur les costumes / «J’ai fait une erreur de jugement, […] je les ai rendus», a assuré le candidat, en prenant soin de ne pas citer le nom du généreux donateur, l’avocat proche de réseaux de la Centrafique, Robert Bourgi. Le 16 mars, l’enquête sur de possibles emplois fictifs de l’épouse et des enfants de François Fillon a été étendue aux conditions dans lesquelles des costumes de luxe ont été offerts au candidat. Le parquet national financier a élargi l’enquête des juges d’instruction à des soupçons de trafic d’influence. 

Sur sa société de conseil / Interrogé sur les révélations du Canard Enchaîné, qui affirme François Fillon a touché 50 000 dollars (46 000 euros) pour organiser une réunion entre le PDG de Total, Patrick Pouyanné, un milliardaire libanais, Fouad Makhzoumi et Vladimir Poutine, le candidat a démenti. «Bien sûr que non», a-t-il martelé sur le plateau de France 2, dénonçant «un mensonge éhonté» et assurant avoir «effectué un travail de conseil pendant des mois» pour que l’entreprise Future Pipe Industries (FPI) «s’implante», sans plus de précision. 

Sur son patrimoine / A la question «Etes vous un homme d’argent ?», le candidat s’est contenté de répéter que son patrimoine était moins élevé que celui de Jean-Luc Mélenchon. C’est vrai (Jean-Luc Mélenchon a déclaré 982 000 euros de patrimoine net), mais justement, sa déclaration suscite des questions, celle-ci apparaissant comme relativement faible par rapport aux sommes gagnées par le couple Fillon ces dernières années.  La performance de François Fillon a convaincu 28% des Français, le score le plus faible de tous les candidats passés sur le plateau, a indiqué le journaliste Karim Rissouli. En octobre, pour son précédent passage, il faisait 38%.  LIBERATION / Par LIBERATION — 23 mars 2017 à 22:05 (mis à jour à 23:27)

 https://www.youtube.com/watch?v=ST1-kEDzTIs  A lire aussi / En couverture. Écoutes, filatures, surveillance : Un  livre révèle les manœuvres de François Hollande pour combattre ses adversaires politiques. Une enquête accablante qui achève le président sortant.

Les bonnes feuilles de Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, que nous publions, éclaboussent comme jamais auparavant la présidence de François Hollande. L’affaire est grave. Elle met en lumière les dérives de la présidence de la République, qui a cherché à s’informer et à déstabiliser, par (presque) tous les moyens, ses opposants. Trois journalistes d’investigation lèvent ainsi le voile sur la manière dont François Hollande a tenté d’utiliser le ministère de l’Intérieur et ses outils de surveillance et de collecte d’informations pour servir sans succès un intérêt politique : sa réélection. Mais aussi la presse, en n’hésitant pas à faire fuiter opportunément des informations compromettantes sur ses opposants, jusque dans son propre camp, comme ce fut le cas manifestement contre Manuel Valls et son équipe rapprochée — son chef de cabinet sera photographié au téléobjectif.

« Difficile de ne pas voir la patte de Hollande »

L’espionnage politique au sommet de l’État semble être devenu une manie, tout comme les nominations au sein de l’appareil judiciaire, pour pouvoir “être branché” en permanence avec les affaires politico-financières du moment. À lire les trois auteurs, les écoutes téléphoniques et la diffusion de leurs transcriptions sur des “blancs” se sont presque généralisées. Plus accablant : la production de ces notes blanches sur la vie privée de concurrents et sur les affaires judiciaires touchant à la politique a même explosé depuis 2012. Méthodiquement, chaque adversaire politique fait l’objet d’un traitement individuel avec une utilisation systématique de leviers variés : campagnes de presse, divulgations de procédures judiciaires, révélations et menaces sur la vie privée de candidats potentiels à la présidentielle. Les auteurs du livre ne l’affirment-ils pas ? « Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. »

SUR LE MÊME SUJET Cabinet noir - la mafia Hollande

Pas vraiment classés à droite, Didier Hassoux, journaliste au Canard enchaîné, Christophe Labbé, qui a rejoint le “palmipède” il y a quelques mois après avoir été au Point pendant de longues années, tout comme Olivia Recasens, qui a quitté l’hebdomadaire il y a quelques semaines, publient cette enquête implacable nourrie aux meilleures sources. S’ils révèlent que le chef de l’État ne s’était pas préparé à prendre en main l’appareil policier, ils racontent comment toutefois il se serait servi d’un cabinet noir pour discréditer ses concurrents à la présidentielle de 2017. Élection à laquelle il s’était préparé à concourir en duel face à Nicolas Sarkozy, avant de se prendre les pieds dans le tapis et de finalement disparaître du jeu.

SUR LE MÊME SUJET François Hollande, la barbouze de l’Élysée / François Hollande et Jean-Pierre Jouyet, son secrétaire général de l'Elysée et ami de promotion de l'Ena. Les informations sensibles transitent par lui. La technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” se révèle d’une efficacité redoutable

En octobre 2013, lorsque Valeurs actuelles révèle l’existence d’un cabinet noir à l’Élysée, personne n’imagine ce qui va être écrit moins de quatre ans plus tard dans ce livre, qui prouve et même aggrave — si les informations sont confirmées — les charges pesant contre l’Élysée. Une cellule aux ramifications profondes, dans les plus hautes sphères de l’appareil de l’État, a été mise en place par François Hollande. Objectif : empêcher par tous les moyens que Nicolas Sarkozy puisse se présenter à l’élection présidentielle. Écoutes abusives, fuites de dossiers judiciaires (en théorie protégés par le secret de l’instruction), publication des comptes rendus de ses auditions devant les juges et de ses conversations téléphoniques. Les policiers et les magistrats qui nourrissent la presse, en violation de la loi, ne seront jamais inquiétés. Sous la pression, Nicolas Sarkozy sera même obligé d’ouvrir une ligne sous un faux nom — Paul Bismuth — afin d’échanger avec son avocat — un comble ! — pour échapper aux écoutes. Même ce téléphone finira par être identifié par la justice et finalement placé, lui aussi, sur écoute. Le système médiatique, aidé par une partie de l’appareil judiciaire et de certains fonctionnaires de police, participe ainsi au petit jeu de massacre.

SUR LE MÊME SUJET Complot anti-Fillon : Solère accuse l’Elysée d’alimenter Le Monde

Alors qu’arrive la fin du quinquennat, les langues se délient. Et les acteurs de la présidence Hollande livrent les secrets les plus inavouables. Déjà, dans l’Élysée off , Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, en 2016, confirmaient : « Oui, il y a bien un cabinet noir à l’Élysée. » Selon eux, les informations collectées transitent par Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, qui les « distille ensuite au président de la République ».

 

Sans surprise, François Fillon est depuis le début de sa campagne sous le feu nourri du même système qui ne veut pas de candidat de droite à la présidentielle. Qu’il s’appelle Sarkozy ou Fillon. Le candidat aura mis du temps à établir les liens. Il a affaire aux mêmes juges que Nicolas Sarkozy : Serge Tournaire, Aude Buresi ; au même service d’enquête, l’OCLCIFF ; au même parquet, le PNF ; les journalistes qui bénéficient de la violation du secret de l’instruction pour publier leurs scoops sont aussi précisément les mêmes. La technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” se révèle d’une efficacité redoutable : une affaire permet d’en ouvrir une autre, et ainsi de suite. Diaboliquement efficace pour convaincre l’opinion publique de la culpabilité d’un homme politique. Mais aussi, de moins en moins discrète, c’est l’objet de cette enquête : montrer comment, depuis le sommet de l’État, sont orchestrées les cabales politiques, judiciaires et médiatiques. Extraits.

4191%20SARKOZY.jpgSUR LE MÊME SUJET Le complot anti-Fillon, contre-enquête jusqu'au sommet de l'Etat

Sarkozy sous surveillance étroite / "Sarkozy, je le surveille, je sais tout ce qu'il fait". Photo © e-pressphoto.com

Seize mois après avoir quitté l’Élysée, Nicolas Sarkozy a été placé sur écoute. Pendant près d’un an, la police judiciaire a espionné ses conversations. Une première dans les annales de la Ve République. Depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, c’est comme si une malédiction judiciaire s’était abattue sur son prédécesseur. En 2017, cinq ans après sa défaite électorale, ce sont pas moins de treize affaires judiciaires qui empoisonnent Nicolas Sarkozy ou son entourage. Au point que les sarkozystes, prompts à s’afficher en victimes, y voient la main d’un cabinet noir.

Comment Hollande utilise la chancellerie et Tracfin

Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes, et dont le rayon d’action ne se serait pas cantonné au seul renseignement territorial. […] Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du président. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du IXe arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui. Chaque semaine, le patron de Tracfin prend le chemin de l’Élysée pour assister, avec les directeurs des six autres services secrets, à la réunion organisée par le coordinateur du renseignement. […] Afin d’allumer la mèche d’une affaire politico-financière, il suffit que Tracfin pêche au bon endroit, remonte dans ses filets une infraction et la transmette officiellement à la justice. Ou officieusement à un service enquêteur qui se chargera de mener “une enquête d’initiative” avant qu’un magistrat ne la reprenne à son compte.

Une fois la machine lancée, le dossier emprunte un alambic judiciaire, sous le regard d’un autre ami du président, le directeur des affaires criminelles et des grâces, Robert Gelli, qui a partagé la même chambrée que François Hollande et Michel Sapin lors de leur service militaire. […] Lorsqu’il dirigeait l’association des procureurs, Gelli en avait fait l’arme de guerre des “petits pois” (expression péjorative de Nicolas Sarkozy pour désigner les juges, qui « se ressemblaient tous ») contre Sarkozy, déclenchant même une pétition chez les parquetiers — une jacquerie sans précédent. Il avait à cette époque comme adjoint au sein de l’association Bruno Dalles, l’actuel patron de Tracfin.

Depuis la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), véritable tour de contrôle de la Place Vendôme, Gelli peut suivre en temps réel l’avancement de tous les dossiers politico-financiers. « La DACG n’est pas seulement l’oeil de la chancellerie, c’est aussi un moyen de piloter discrètement les dossiers politiquement sensibles », allègue un parquetier. Une pratique assumée par la chancellerie. Sur le papier, pourtant, c’en est fini de l’ère Sarkozy : il n’y a plus d’“affaires signalées”, ces dossiers que le pouvoir exécutif surveille de près et sur lesquels il intervient autant que de besoin, par le biais d’“instructions individuelles” adressées aux magistrats. « En fait, les choses se font plus subtilement, par exemple, sur l’opportunité d’ouvrir une information judiciaire, des consignes sont données… mais oralement », nous précise un magistrat. Chaque fois, ce sont les mêmes juges d’instruction qui sont désignés pour les affaires qui intéressent le Château. Ils sont moins de cinq, dont on retrouve le nom dans tous les dossiers qui concernent Sarkozy. Des habitués de la méthode des poupées russes.

Hollande informé par des “blancs” : Sarkozy dans le viseur /  Un dérapage verbal incontrôlé : « Sarkozy, je le surveille, je sais tout ce qu’il fait », fanfaronne le président devant dix-neuf députés socialistes qu’il reçoit, le 17 février 2014, à l’Élysée. « Hollande a toujours voulu garder un oeil sur ses ennemis et même sur ses alliés de circonstance qui pourraient devenir ses adversaires », prévient en écho un éléphant socialiste qui a pratiqué à ses dépens l’ancien premier secrétaire du PS. Un “allié de circonstance” comme Alain Juppé, fidèle de Chirac s’il en est ? François Hollande n’a-t-il d’ailleurs pas nommé Augustin de Romanet, un des soldats du maire de Bordeaux, à la tête de l’un des plus gros fromages de la République : Paris Aéroport. Est-ce pour garder un oeil sur lui que Hollande y a également placé l’ex-préfet de Corrèze Alain Zabulon [celui-ci a régulièrement été cité dans les enquêtes de Valeurs actuelles comme une pièce maîtresse du cabinet noir, NDLR], ancien coordinateur national du renseignement ? Un homme en qui le président a toute confiance et qu’il a suggéré à Augustin de Romanet comme directeur de la sûreté.

Les propos imprudents de Hollande sur la surveillance de Sarkozy, Bruno Le Roux, le patron du groupe PS à l’Assemblée nationale, s’est aussitôt empressé de les démentir : « Le président de la République n’écoute ni ne surveille personne ! » Celui qui n’était pas encore ministre de l’Intérieur avait sans doute encore à apprendre, du moins si l’on en croit un vieux routard de la PJ : « Quand on branche une personnalité, on sait que les infos récoltées ne partent pas toujours uniquement au bureau du juge. Elles peuvent aussi nourrir des “blancs”. On sait que notre hiérarchie va faire remonter ces informations en haut lieu. C’est une pratique qui a toujours existé… » Lui comme ses collègues, manifestement rompus à ces méthodes, ne croient pas une seconde au scénario servi par l’Élysée, selon lequel François Hollande aurait découvert la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy en lisant le journal le Monde. Pas plus qu’ils n’imaginent un Manuel Valls laissé dans l’ignorance.

 …] Quant à la Place Beauvau, elle est nécessairement dans la boucle dès le départ, puisque ce sont les fameux policiers de la Division nationale de l’investigation financière et fiscale, devenue l’Office central de lutte contre la corruption, les infractions financières et fiscales, qui ont branché les téléphones de l’ancien président, puis retranscrit ses conversations, tout en le géolocalisant en temps réel.

 La police judiciaire de la préfecture de police de Paris pilotée depuis l’Élysée /  Le patron de la PJ parisienne [Bernard Petit, NDLR] règne sur deux mille deux cents policiers et voit passer des dossiers politiquement très sensibles. En lien direct avec l’Élysée, véritable contre-pouvoir au ministère de l’Intérieur, la PJPP est aussi un sacré panier de crabes où les carrières se font et se défont, et les rivalités s’exacerbent.

 L’étonnante demande de Bernard Petit /  À peine arrivé, [le vallsiste Bernard Petit, patron de la PJ parisienne de décembre 2013 à février 2015, au moment des révélations contre Nicolas Sarkozy, NDLR] aurait demandé au chef de la Crim’ s’il avait quelqu’un pour faire des fadettes en toute discrétion. Une demande aussitôt ébruitée.

 Une cellule de renseignement occulte d’une dizaine de personnes /  Afin de prendre le contrôle de la boutique, Jack Bauer [surnom de Bernard Petit, NDLR] se donne six à huit mois. Et il a un plan. Dupliquer le service de renseignement criminel dont il avait fait une arme de guerre lorsqu’il était à Nanterre. […] Pour monter au 36 cette cellule rens’ d’une dizaine de personnes, Petit recrute même à la DGSE. Avec, en appui opérationnel, des hommes fiables qu’il dissémine dans différents services de la PJ sous la casquette de “documentaliste”.

 Des “Imsi-catchers” utilisés contre Nicolas Sarkozy ? / Comment le portable caché de Sarkozy, le “toc”, comme on dit dans un jargon commun aux flics et aux voyous, a-t-il été repéré ? Quand Thierry Herzog achète dans une boutique SFR, à Nice, deux puces téléphoniques prépayées, avec la carte d’identité de l’un de ses anciens copains de lycée, Paul Bismuth, les deux hommes sont persuadés d’avoir parfaitement sécurisé leurs communications secrètes d’autant qu’ils n’utilisent ces lignes que pour échanger entre eux. D’où la sidération de l’avocat, lorsque des policiers se présentent à son domicile à la recherche du toc en question. « Les collègues lui ont ordonné de présenter ses téléphones. Il leur en a donné deux ou trois. Ils ont demandé s’il en avait un autre. Herzog a répondu “non”. Ils ont alors composé le numéro du téléphone de Bismuth, qui s’est mis à sonner dans la poche de son peignoir. L’avocat était livide… », raconte avec gourmandise un officier de la PJ de Nanterre. […]

En se présentant à la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg et Benoit Hamon, persuadés d'être dans le viseur d'officines, n'ont plus communiqué que sur Telegram, la messagerie cryptée censée échapper aux grandes oreilles. 

« Savoir que la personne “branchée” utilise aussi un toc est une chose, identifier le numéro caché en est une autre, ajoute notre OPJ. […] le plus simple est d’utiliser un Imsi-catcher. » Des appareils [utilisés dans les affaires de terrorisme, NDLR] dissimulables dans un sac à dos ou une valise qui, en imitant le fonctionnement d’une antenne relais de téléphonie mobile, avalent à distance les communications de tous les portables qu’ils identifient y compris en mode veille. La plupart des Imsi-catchers sont en dotation à la DGSI et à la DGSE : les espions des deux services secrets en possèdent au moins une douzaine.

Une cellule chargée des surveillances discrètes dans les domaines sensibles

Pour placer des hommes fiables à des postes clefs dans l’appareil sécuritaire, des “flics” chiraquiens sont appelés à la rescousse. Le plus marqué est sans conteste Philippe Klayman. […] [Il] a tout de suite dit “oui” lorsque, quatre mois après l’élection de Hollande, le nouveau pouvoir lui a proposé de devenir patron des CRS. Un poste ultra-sensible parce que le maintien de l’ordre est une matière politiquement explosive, encore plus sous la gauche. Et puis les CRS ont une autre mission, plus confidentielle, celle de protéger en deuxième rideau l’intimité du président et des membres du gouvernement.

C’est cette même proximité avec la Chiraquie qui conduit la gauche à nommer directeur du renseignement territorial Jérôme Léonnet. À cette place stratégique, cet ancien conseiller sécurité de Dominique de Villepin […] a pour mission de redéployer une force susceptible de collecter autant d’infos que les ex-Renseignements généraux. […] Il dote ce nouveau service d’un bras armé, la Division nationale de la recherche et de l’appui (DNRA). Forte d’une soixantaine de personnes, la DNRA, ou “D7” pour les intimes, est officiellement chargée des surveillances discrètes dans les domaines sensibles. […] Léonnet nourrit la curiosité du Château avec des notes “qui n’ont jamais existé” sur des sujets politico-financiers.

Le chef de cabinet de Valls photographié soudainement par la police

À l’époque où François Hollande n’a pas encore renoncé à être candidat à sa propre succession, un autre rival potentiel que Sarkozy est dans son collimateur : Manuel Valls. Le chef de l’État ne va pas se priver de brider les ambitions de son Premier ministre.

Le 5 septembre 2014, Sébastien Gros et Serge Kasparian, attablés au Caméléon, un bistrot chic de la rive gauche parisienne, ne se doutent pas un seul instant qu’ils sont photographiés au téléobjectif. Les policiers des Courses et Jeux qui immortalisent la scène savent que leurs clichés vont faire date. Le chef de cabinet du Premier ministre Manuel Valls est surpris en grande conversation avec le patron de l’un des cercles de jeux parisiens visés par une opération mains propres. Sébastien Gros, trente-cinq ans, est l’homme de confiance de Valls. […] Ce jour-là, il rencontre un drôle de zigoto. Serge Kasparian, la cinquantaine, silhouette massive et visage buriné, dirige le Cercle Cadet, un établissement de jeux du nord parisien où l’argent coule à fl ots. En toute logique, le parquet de Paris [a ouvert] une enquête préliminaire le 28 décembre 2012 [concernant le Cercle Cadet]. Six mois plus tard, l’embryon de dossier [était] transmis à Serge Tournaire. Ce juge d’instruction est apprécié à l’Élysée pour son opiniâtreté dans les affaires mettant en cause Sarkozy. Star du pôle financier, il est l’un des premiers à découvrir les surprenantes photos de Sébastien Gros mais aussi à entendre ce qui se dit au cours du déjeuner. […] À la Direction des affaires criminelles et des grâces, Robert Gelli, proche de Hollande, suit avec attention le déroulé des événements.

Si la volonté de l’Intérieur est de nettoyer les cercles de jeux, considérés à juste titre comme des lessiveuses à argent sale, l’Élysée y voit sûrement un autre avantage. […] avec cette opération main propres, qui touche un proche conseiller de Manuel Valls, l’Élysée double la mise.

L’entourage de Manuel Valls en est pour sa part totalement persuadé : le Château fomente des coups bas. Comme cette fâcheuse rumeur d’une liaison entre le chef du gouvernement et sa ministre de l’Éducation qui alimente les conversations dans les salles de rédaction. L’ami Stéphane Fouks est illico appelé à la rescousse pour éteindre l’incendie médiatique. Le pape de la communication de crise, patron de Havas Worldwide, ex-Euro RSCG, est un copain de fac du Premier ministre. C’est le même qui joue le pompier volant, lorsque l’épouse de Manuel Valls, Anne Gravoin, est épinglée dans l’Obs. Un article décrit les conditions de financement de l’orchestre de la jeune femme par un curieux attelage : un mystérieux homme d’affaires algérien représentant en France un conglomérat koweitien, un marchand d’armes sud-africain, qui préside le plus grand groupe d’armement du continent, et l’homme de confiance du président congolais Denis Sassou Nguesso, un ancien de la Françafrique décoré en catimini de la Légion d’honneur par Manuel Valls. Dans les couloirs de Matignon, on fait remarquer aux curieux que cette enquête à charge a été conduite par une société d’intelligence économique proche de l’Élysée, qui travaille en sous-main avec la DGSE…

Valls à son tour victime de Hollande ?

En octobre 2016, alors que Manuel Valls caresse l’idée de se présenter à la présidentielle, sort un livre qui déstabilise un de ses amis. Dans Nos très chers émirs, consacré aux liens entre la France et les monarchies du Golfe, le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen est accusé d’avoir reçu des pots-de-vin de l’ambassade du Qatar. Le jour même de la publication, le chef du gouvernement dénonce sur les ondes de France Inter une « campagne de déstabilisation » à son encontre. Dans sa tête, les munitions contre Le Guen ont été, en partie, fournies par le Château avec l’aide d’un dévoué artificier, Bernard Bajolet, le directeur de la DGSE.

La cible était d’autant plus idéale que Le Guen, censé consacrer tout son temps aux députés et aux sénateurs, accompagne Valls dans nombre de ses déplacements à l’étranger. Avec une prédilection pour les destinations africaines. Parce qu’il se croyait intouchable, le Premier ministre n’a pas vu venir le coup…

“Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat”, d’O. Recasens, D. Hassoux et C. Labbé, Robert Laffont, 264 pages, 19,50 €. Par Auteur Louis de Raguenel / Jeudi 23 mars 2017 à 15:45 /www.valeursactuelles.com

 

 

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