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Adama Diomande

Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

URL du site internet: http://www.addl-association.info

Absence prolongée, destitution du Pan, … : Le secrétaire général du Parlement dit tout sur le cas Soro ...

Absence prolongée, destitution du Pan, … : Le secrétaire général du Parlement dit tout sur le cas Soro
Cyrille Djedjed
Le secrétaire général de l'Assemblée nationale, Latte Ahouanzi, était face à la presse le vendredi 13 octobre 2017, à la rotonde de ladite institution, au Plateau, pour faire ''le bilan des activités parlementaires''.

Occasion toute trouvée pour les hommes de médias pour en savoir davantage sur l'absence prolongée du chef du parlement ivoirien et surtout sur la rumeur de destitution récemment annoncée par la Lettre du continent. A ces interrogations, M. Ahoua n'a pas confirmé une destitution de M. Soro. Il a plutôt invité les uns et les autres à '' ne pas aller vite en besogne et à savoir raison garder'', tout en les renvoyant la Constitution ''pour les appréciations''. Poursuivant, le conférencier a fait savoir que le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, est ''régulièrement en mission''.

«Actuellement, à l'invitation du parlement russe, il prend part à la 137è réunion de l'Union interparlementaire. Ensuite, il se rend au Burundi en tant que premier vice-président de l'Association des parlements francophones dans une délégation des parlements francophones pour participer à une mission de bons offices auprès du Burundi qui est membre de la Francophonie. Donc il y va ici actuellement à titre officiel puisque premier vice-président du parlement francophone», a-t-il éclairé.

Pour le secrétaire général de l'Assemblée nationale, malgré cette absence du président Guillaume Soro, l'Assemblée nationale est ''au travail'' même si les séances de questions orales avec débat prévues pour le jeudi 12 octobre 2017 ont été reportées. Il fait savoir que ce n'est pas la première fois que cela arrive dans le fonctionnement de l'institution, précisant que pour que les activités puisent se tenir, il faut que les membres du gouvernement soient disponibles. «Nous arrêtons le calendrier de commun accord. Mais il peut arriver que pour une raison ou une autre le gouvernement saisisse l'Assemblée nationale pour indiquer l'indisponibilité du représentant du gouvernement à cette activité. Nous en prenons note et nous proposons une autre date pour tenir cette activité. Nous avons été saisis de l'indisponibilité des ministres qui devaient passer et nous avons convenu de reporter ces activités. Elles ne sont pas annulées, elles sont reportées pour trouver avec le gouvernement la meilleure date pour les réaliser», a-t-il expliqué.

Revenant sur le bilan des activités parlementaires, le secrétaire général de l'Assemblée nationale a rappelé que l'institution a débuté ses activités législatives le 13 avril avec une conférence des présidents qui lui a permis de disposer d’un calendrier de travail pour la session. Toutefois, en raison de la durée de la session, qui s’étend sur 09 mois, dit-il, la périodicité des travaux a été séquencée. Ainsi, fait savoir le conférencier, le 1er calendrier a couvert la période qui part d’avril à fin juillet avec l'examen de 7 projets de loi, dont 5 ont été adoptés. Poursuivant, M. Ahouanzi a indiqué que pour la reprise des travaux depuis le 21 septembre 2017,les projets de loi qui n’ont pu être examinés lors de la 1ère phase, ainsi que les séances de questions orales avec débats qui n’ont pu se tenir, sont reprogrammés. «Ce sont 20 projets de loi et 2 propositions de loi qui sont sur le bureau de l’Assemblée nationale, au nombre desquels nous comptons le budget de l’Etat pour l’année 2018», a-t-il précisé, ajoutant que l’Assemblée nationale a aussi une action en direction de l’international qui s’exprime au travers la diplomatie parlementaire. Cette session unique ouverte le 3 avril prend fin le dernier jour ouvrable du mois de décembre, soit le 29.

Cyrille DJEDJED

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L’existence matérielle d’armes de guerre en soi-même, en dehors des institutions de la Républiques habilitées à les posséder légalement, sans autorisation de l’autorité administrative et militaire, constitue une violation flagrante à la Loi interne (

L’absence de raison critique, est-elle devenue un principe général de philosophie politique en Côte d’Ivoire ?
PIERRE SOUMAREY·MERCREDI 11 OCTOBRE 2017

Je me suis parfois demandé au regard de l’actualité, si l’absence de raison critique était devenue en Côte d’Ivoire, un principe général de philosophie politique, qui se présenterait comme une incapacité à penser et juger rationnellement et objectivement les faits, ayant une implication ou une conséquence politique. Cette inconsistance tragique de la parole publique, masque en réalité une absence de justification à certains actes condamnables, qu’on cherche trompeusement par tous les moyens, sous le couvert d’un idéal, d’une cause, d’un combat, du bien public, d’une génération et que sais-je encore, à expliquer en dépit d’une base factuelle contraire. Ce faisant nous avons pris la fâcheuse habitude de violer le droit et les valeurs fondamentales de la société. Cette situation a conduit à la banalisation du mal, à la déresponsabilisation, à la criminalité politique, à l’impunité et la déliquescence des mœurs. Quand l’esprit et la conscience d’un peuple sont corrompus, c’est son âme même qui est atteinte. Or, une société malade sécrète nécessairement médiocrité, désordre, violence et atrocités. Il suffit de constater ces symptômes dans notre société, de considérer les migrations politiques et de regarder la floraison des clubs de soutien de ceci et de cela, calque d’un temps révolu, de véritables mange-mils fanatisés, robotisés et désubstantialisés, obéissant aveuglement aux mots d’ordre et instructions d’imposteurs et de démagogues politiques que l’on retrouve ici et là.
Ainsi, la dernière actualité judiciaire a contribué à alimenter un débat qui témoigne par les vives et nombreuses réactions qu’elle a suscité dans le microcosme politique et sur les réseaux sociaux, d’une absence totale d’impartialité. Dans les soutiens, on parlait au début d’accusation mensongère, puis de secret défense, et enfin comme aujourd’hui, de relation personnelle, de solidarité générationnelle, de combat idéologique ( ???). On observe une mutation thématique et une certaine évolution du discours. Aussi, dans ce prolongement on parle désormais de volonté politique d’affaiblissement, de calcul électoral, de chasse aux sorcières, d’ingratitude et …… de légitimité historique d’une certaine catégorie de personnes. Cette dernière référence à la page la plus sombre de notre histoire peut surprendre, surtout qu’elle est formulée sous la forme d’un titre de créance sur la République ou d’une immunité contre le Droit. De l’autre côté, l’on parle d’immaturité, de ruse, de trahison, de trouble au jeu politique, mais surtout beaucoup plus grave, de volonté de déstabilisation et d’atteinte à l’autorité et à la sureté de l’État.
Qu’en est-il exactement ? Quelle est la réalité factuelle ? Quelles en sont les implications et les conséquences ? La question qui se pose, eu égard au type de critiques et de commentaires qui nous sont servis, est celle du rapport entre l’absence de raison critique et la responsabilité. Le modèle de raisonnement ou de pensée, ainsi proposer implicitement à la jeunesse, peut-il constituer un fondement sérieux pour la notion de responsabilité ? Dans quelle mesure l’évidence des faits, qu’on occulte volontairement, implique-t-elle l’imputabilité des actes à la charge d’une responsabilité individuelle ou collective ? Ce questionnement interpelle la pertinence de ces déclarations et commentaires, souvent partisans, desquels l’analyse critique semble absente à l’évidence. Il s’agit le plus souvent de mécanismes de défense, de solidarité et de récriminations de la part de certains esprits chagrins, qui éclipsent à la fois les faits et la responsabilité. Rien d’objectif et de sérieux. Il est remarquable que certains retournements et propos n’inspirent pas la considération, pour dire le moins. Un peu de retenue et de dignité seraient plus favorables à la sérénité nécessaire à une analyse critique, procédant d’un esprit critique et non d’un esprit de critique. Dès lors, nous avons affaire à la facilité, à des dogmatismes, des idées arrêtées ou figées, des partis pris, des cultes de personnalité, des affects, des préjugés, des à certitudes, des stéréotypes, à la mauvaise foi, la déformation qui altèrent gravement la capacité d’analyse.
C’est cette perversion que je dénonce avec force, tant de la part de certains politiques et intellectuels, que de certains médias et commentateurs. Nous voulons tout politiser, alors que nous savons tous, que l’esprit critique est consubstantiel à l’esprit scientifique, et qu’en conséquence, il a des exigences à satisfaire dans la démarche et l’expression d’un jugement, la formulation d’une opinion ou d’un commentaire. Penser, c’est remettre en cause méthodiquement et systématiquement, c’est refuser de se laisser enfermer dans un moule de raisonnement ou un schéma idéologique ou encore une théorie, c’est ne pas accepter sans réflexion et investigation personnelle ce qui est dit et présenter. Ceci autorise à dire que nous gagnerions à mieux penser le débat politique en Côte d’Ivoire, pour réduire la passion, le fanatisme et le populisme, qui ont servi de terreau à notre folie meurtrière pendant la crise, tout comme il est indispensable que les Pouvoirs apprennent à écouter, à accepter la critique et à se remettre en cause.
Aussi, pour revenir au centre de notre préoccupation du moment posons nous les bonnes questions. Les différents protagonistes de cette affaire d’armes de guerre peuvent-ils tout divulguer publiquement, au risque de mettre à mal leurs desseins ou trahir certaines informations jusque là tenues secrètes ? Tout peut-il être avoué publiquement sans susciter, récrimination, résistance, opposition et réprobation publique contre tel ou tel ? Dès lors, que nous n’avons pas une réponse certaine et complète à ce questionnement, il ne nous reste plus qu’à interroger les faits eux-mêmes, et c’est tant mieux car en procédant ainsi, la politique s’en trouve évacuée. Quid des politiques et de leurs auxiliaires, qui tentent de justifier les décisions prises en secret pour les uns, et les actions entreprises en secret pour les autres, sous le couvert fallacieux d’agir pour le respect de la Loi et la sécurité de l’État pour les uns, de mener le combat pour la démocratie et la liberté pour les autres. Ces moralistes et propagandistes politiques font montre de duplicité. La compatibilité entre la morale et la politique n’existe qu’en théorie. Dans la pratique, les acteurs politiques trouvent toujours le moyen de violer les lois selon les contraintes imposées par les circonstances et suivant leurs intérêts personnels. Ceci est une tradition bien implantée ici et ailleurs. Trêve donc des moralistes politiques. Pourquoi vouloir commenter ce qu’on ne sait pas ou qu’on cache. « le secret est l’âme des affaires publiques » suivant le mot de Richelieu. Dès lors, pour établir un lien entre l’absence de pensée critique et la responsabilité avérée ou présumée de Soul to Soul, nous solliciterons deux points de vue.
A – Le point de vue moral et juridique :
L’existence matérielle d’armes de guerre en soi-même, en dehors des institutions de la Républiques habilitées à les posséder légalement, sans autorisation de l’autorité administrative et militaire, constitue une violation flagrante à la Loi interne (Code Pénal, Code de la Sécurité Intérieure, Code de la Défense) en ce qu’elle se heurte à des dispositions d’ordre public, puis à la Loi Internationale en ce qu’elle viole l’embargo Onusien sur les armes qui frappait la Côte d’Ivoire au moment de la commission des faits reprochés. À ce stade, peu importe le contexte, les motifs, les buts, la destination finale, les circonstances et les conditions de leur acquisition et de leur dissimulation. L’aspect matériel du délit est établit et suffisant (flagrant délit), sous la qualification de détention illégale d’armes et de minutions. Reste l’élément intentionnel, pour les autres qualifications (menace et tentative d’atteinte à la sureté de l’État).
S’agit-il d’une détention illicite par une personne ou en bande ? S’agit-il d’un dépôt non enregistré ou d’un dépôt enregistré et non restitué ? S’agit-il d’armes dissimulées ou soustraites frauduleusement à l’État, ou encore, d’armes entrées clandestinement sur le territoire national avant ou après la crise post-électorale, à l’insu des autorités d’alors ou actuelles ? Si la détention illégale de ces armes était parfaitement connue de l’autorité, leur entreposage ou leur possession comportait-il une limitation dans le temps et dans l’espace, et ont-elles fait l’objet d’un inventaire ayant permis de constater des écarts significatifs ? La prolongation de leur possession en temps de paix, en dépit d’un appel solennel à les rendre, plutôt que direct et personnel comme il eut été plus efficace, répondait à quel but ? Quels sont les sources d’approvisionnement desdites armes, les acteurs principaux et les financements ? La sécurité de l’état peut-elle être menacée par un seul individu et un civil ? À quelle organisation appartient-il ? Quelles sont ses complicités ? Qui lui lui a fourni les moyens, à défaut, qui a utilisé son domicile avec son consentement éclairé, pour y stocker des armes ? Pourquoi après le rapport de l’ONU, l’État Ivoirien n’a pas entrepris des investigations en exploitant les informations et éléments précis qu’il contenait ? Qui a voulu aider les mutins et dans quel but, en leur relevant l’existence de ces armes ? Pourquoi avoir attendu cette circonstance pour agir ?
Nous nous apercevons tout de suite que l’élément intentionnel n’est pas encore parfaitement établi, pour caractériser le délit sous d’autres qualifications juridiques. Sans identifier et poursuivre clairement tous les acteurs qui ont rendu possible l’existence de ce fait délictueux, et sans parvenir à établir clairement la finalité de cet acte, en tirant toutes les conséquences de cette incrimination, la justice joue sa crédibilité, d’autant plus qu’elle s’est montré prompte à agir, dans des affaires similaires, sur la base d’indices et de preuves, parfois plus faibles.
Au total, c’est à la Justice de trancher. Tout le reste est purement spéculatif. Un rien de plus. Peut-on ignorer l’extrême gravité de ce fait et le laisser sans suite ? Le plus surprenant est la réaction de certains représentants du peuple et de certains anciens Ministres de la République. Peut on aller contre la légalité, la Justice, l’Ordre Public et la sécurité de l’État dans une République, au nom de je ne sais quel alibi et autres fadaises ?
B- Le point de vue historique et politique
Que le parcours du Président Guillaume, soit semé d’embuches et d’épreuve, est le lot de tout politicien qui a de hautes ambitions. Ce n’est pas une novation. Jusqu’à preuve du contraire rien n’est fait pour l’empêcher de se présenter en 2020, selon qu’il avisera. Son parcours est pour lui un bien et un mal à la fois, parce que en avançant nous laissons des traces par lesquelles l’on peut nous rattraper, pour nous servir ou nous nuire. Cependant, chaque fois que nous sommes sortis du Droit, par une rupture avec la légalité et une défiance à l’autorité de l’État, nous avons eu droit à la guerre. Notre longue et meurtrière crise dont nous peinons encore à sortir, trouve pour partie son origine, dans notre refus de respecter le Droit, notre propension à le manipuler au gré de nos calculs, de nos ambitions, de nos intérêts personnels et de le fouler au pied dans son application. Ce n’est pas le lieu de jeter de l’huile sur les braises chaudes qui couvent encore. En dépit de nombreuses violations du Droit et d’une impunité multiforme, nous devons néanmoins persévérer à faire du Droit notre boussole. Son application doit être générale, impersonnelle et équitable. La politique n’offre pas une impunité. Quel que soit notre appartenance et notre rang social, nous restons soumis au Droit. Il faut arrêter avec les abus de droit, la victimisation, l’invective et le parapluie politique. Nous devons nous battre pour construire un véritable état de droit, où nul n’en est au-dessus. C’est le fait de toujours vouloir placer coute que coute, un homme, notre champion, notre favori, au-dessus des lois, qui nous a entraîné dans l’abyme où nous sommes. Aucun homme quel qu’il soit, et quelle que soit sa valeur, ne peut oblitérer le destin d’un peuple, ou entrainer celui-ci dans une autodestruction, pour la conquête, l’exercice, la conservation du Pouvoir. Il y a une morale publique et l’intérêt supérieur de la Nation, que nous ne devons jamais perdre de vue, si nous voulons gouter à la paix et être une Nation forte
C – Conclusion :
L’examen du fonctionnement de la pensée et du jugement auquel nous nous sommes livré permet de distinguer ce qui relève de la règle de droit et de ce qui révèle de notre capacité proprement humaine à dépasser nos appartenances, pour ne considérer que les faits objectifs et l’intérêt supérieur de la Nation. Il est de la responsabilité personnelle de chacun de l’exercer ou non. Cependant, lorsqu’on est un leader d’opinion, un acteur politique, un intellectuel ou un homme public, cette responsabilité est une obligation, qui indique non seulement notre qualité, mais notre degré de maturité politique et notre sérieux. Il s’agit enfin de comprendre comment cette responsabilité personnelle s’incarne en droit, et dans quelle mesure le rapport à soi, peut constituer un critère fiable d’appréciation de la responsabilité juridique.
SOUMAREY PIERRE

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Côte d'Ivoire: mission économique belge de plus de 200 personnes dont la princesse Astrid

Une importante mission économique de la Belgique, deuxième importateur européen de produits de Côte d'Ivoire, est attendue lundi prochain à Abidjan, pour raffermir les échanges commerciaux entre les deux pays qui ont atteint un milliard d'euros en 2016.

"C'est une mission économique exceptionnelle sous la direction de la princesse Astrid (soeur du roi des Belges Philippe) par son ampleur, pas moins de cinq ministres, 214 femmes et hommes d'affaires représentant 135 sociétés et entreprises belges présentes" a déclaré l’ambassadeur de Belgique à Abidjan, Hugues Chantry.

La visite, la deuxième en Afrique subsaharienne de la princesse Astrid, après l'Afrique du Sud et l'Angola, entend "aider des entreprises belges à trouver en Côte d'Ivoire, des opportunités qu'elles recherchent, notamment des échanges commerciaux ou des investissements" a expliqué Guillaume De Bassompierre, conseiller économique à l'ambassade de Belgique.

La Belgique est le deuxième importateur européen de produtis de Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire est le 65e client de la Belgique et son 45e fournisseur pour des échanges qui ont atteint un milliard d'euros en 2016, selon les chiffres officiels.

La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao vend la fève à la Belgique qui abrite la plus grande usine du groupe suisse Barry Callebaut. Elle lui vend aussi de la banane et de l'ananas.

La Belgique exporte vers la Côte d'Ivoire des machines agricoles, des engrais et des services d'ingénierie.

La délégation belge sera reçue par le président ivoirien Alassane Ouattara, après une cérémonie de signature de contrats entre les entreprise belges et le secteur public ivoirien.

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David contre Goliath Épiphane Zoro Bi-Ballo (Côte d’Ivoire)

« Je pense que l’histoire de la “Cour Pognon” a été une source d’inspiration pour moi dans l’acte que j’ai posé en 1999 », confie aujouurd’hui Épiphane Zoro Bi-Ballo. En septembre 1999, ce petit juge de Dimbokro, dans le centre du pays, a fait scandale en signant le certificat de nationalité ivoirienne d’Alassane Ouattara, alors que l’opposant était traité d’« étranger » et de « Burkinabè » par le camp du président Henri Konan Bédié. « Cette décision, je l’ai prise seul et je savais que cela provoquerait le courroux du chef de l’État, mais j’avais le droit avec moi, affirme-t-il. En fait, j’ai été très marqué par mon père, instituteur, et par l’un de mes professeurs de droit à Cocody, Ouraga Obou [membre du Conseil constitutionnel de 2011 à 2014]. Tous deux plaçaient l’indépendance au-dessus de tout. »

« Parce qu’ils ont dit le droit, les juges de Nairobi ont épargné à leur pays une très grave crise », affirme Épiphane Zoro Bi-Ballo
Convocations par sa hiérarchie, coup de fil du ministre de la Justice, Jean Brou Kouakou, un farouche défenseur de l’« ivoirité »… En octobre 1999, Épiphane Zoro Bi-Ballo subit de nombreuses pressions afin qu’il renie sa signature. Mais il ne cède pas et, comme Élisabeth Pognon, il admet avoir été bien entouré. « À l’époque, j’étais soutenu par l’Association syndicale de la magistrature [ASM]. En revanche, l’Union nationale des magistrats de Côte d’Ivoire [Unamaci] s’est alignée sur le pouvoir. » À force d’être menacé, il prend peur et s’enfuit. « Je suis parti au Mali par la route. J’ai passé la frontière de nuit avec un officier de l’armée que je connaissais bien. »

Après la chute de Bédié, il rentre en Côte d’Ivoire et cofonde, en octobre 2000, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH). Mais il devient très vite la cible de la « presse bleue » pro-Gbagbo et doit repartir en exil. Depuis 2011, il vit de nouveau dans son pays et travaille aujourd’hui au cabinet du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

« Parce qu’ils ont dit le droit, les juges de Nairobi ont épargné à leur pays une très grave crise, veut-il croire. En matière de construction d’une société démocratique, ils ont indiqué la voie. »


Quand la justice défie le pouvoir : qui sont ces juges africains qui ont décidé de s’opposer à la loi du plus fort ? – JeuneAfrique.com

 

Quand la justice défie le pouvoir : qui sont ces juges africains qui ont décidé de s’opposer à la loi du plus fort ?
Christophe Boisbouvier Publié le 10 octobre 2017 à 11h50

C’est parfois au péril de leur vie que certains magistrats africains ont choisi de dire le droit. Portrait de ces juges courage qui, comme leurs homologues kényans, ont refusé de se plier aux injonctions du pouvoir.

« Ce juge kényan, lui, au moins, a eu le courage de dire le droit », lance sa collègue congolaise Chantal Ramazani, admirative. Le 1er septembre 2017, en annulant la réélection du président Uhuru Kenyatta pour « irrégularités », le juge en chef David Maraga et ses collègues de la Cour suprême du Kenya ont soulevé une vague d’enthousiasme en Afrique. Est-ce une décision sans précédent ? À notre connaissance, oui.

Avant cette date, jamais, en Afrique, une élection présidentielle n’avait été annulée par un tribunal. Mais David Maraga n’est pas le premier magistrat du continent à affronter le pouvoir de son pays. Avant lui, quelques juges ont résisté aux pressions politiques, parfois au péril de leur vie. Voici quelques cas emblématiques.

 

La dame de fer

Élisabeth Pognon (Bénin)

Cette magistrate a tellement marqué les esprits béninois que la Cour constitutionnelle, qu’elle a présidée pendant cinq ans, est devenue la « Cour Pognon ». En mars 1996, après l’annonce de la défaite du chef de l’État sortant, Nicéphore Soglo, face au revenant Mathieu Kérékou – qui avait déjà dirigé le pays entre 1972 et 1991 –, la « Cour Pognon » a refusé de donner suite aux recours déposés par le camp présidentiel.

Elle a même publié un communiqué dénonçant « les pressions exercées sur elle » – notamment « le mitraillage du domicile du Pr Glèlè Ahanhanzo », l’un des juges constitutionnels. « Une hirondelle ne fait pas le printemps, relate aujourd’hui la magistrate à la retraite. Seule, je n’aurais pas pu faire grand-chose, pour ne pas dire que je n’aurais rien fait. » Élisabeth Pognon a la modestie des grands. Et de fait, lors du bras de fer avec le camp Soglo, les sept juges de la cour béninoise ont fait bloc.

 

David contre Goliath

Épiphane Zoro Bi-Ballo (Côte d’Ivoire)

« Je pense que l’histoire de la “Cour Pognon” a été une source d’inspiration pour moi dans l’acte que j’ai posé en 1999 », confie aujourd’hui Épiphane Zoro Bi-Ballo. En septembre 1999, ce petit juge de Dimbokro, dans le centre du pays, a fait scandale en signant le certificat de nationalité ivoirienne d’Alassane Ouattara, alors que l’opposant était traité d’« étranger » et de « Burkinabè » par le camp du président Henri Konan Bédié. « Cette décision, je l’ai prise seul et je savais que cela provoquerait le courroux du chef de l’État, mais j’avais le droit avec moi, affirme-t-il. En fait, j’ai été très marqué par mon père, instituteur, et par l’un de mes professeurs de droit à Cocody, Ouraga Obou [membre du Conseil constitutionnel de 2011 à 2014]. Tous deux plaçaient l’indépendance au-dessus de tout. »

« Parce qu’ils ont dit le droit, les juges de Nairobi ont épargné à leur pays une très grave crise », affirme Épiphane Zoro Bi-Ballo

Convocations par sa hiérarchie, coup de fil du ministre de la Justice, Jean Brou Kouakou, un farouche défenseur de l’« ivoirité »… En octobre 1999, Épiphane Zoro Bi-Ballo subit de nombreuses pressions afin qu’il renie sa signature. Mais il ne cède pas et, comme Élisabeth Pognon, il admet avoir été bien entouré. « À l’époque, j’étais soutenu par l’Association syndicale de la magistrature [ASM]. En revanche, l’Union nationale des magistrats de Côte d’Ivoire [Unamaci] s’est alignée sur le pouvoir. » À force d’être menacé, il prend peur et s’enfuit. « Je suis parti au Mali par la route. J’ai passé la frontière de nuit avec un officier de l’armée que je connaissais bien. »

Après la chute de Bédié, il rentre en Côte d’Ivoire et cofonde, en octobre 2000, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH). Mais il devient très vite la cible de la « presse bleue » pro-Gbagbo et doit repartir en exil. Depuis 2011, il vit de nouveau dans son pays et travaille aujourd’hui au cabinet du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

« Parce qu’ils ont dit le droit, les juges de Nairobi ont épargné à leur pays une très grave crise, veut-il croire. En matière de construction d’une société démocratique, ils ont indiqué la voie. »

 

Le tazartché ? Pas question !

Salifou Fatimata Bazeye, (Niger)

Beaucoup parlent, mais pas elle. La juge Bazeye est une icône au Niger, mais elle reste très discrète sur les motivations qui l’ont conduite, un jour de mai 2009, à dire non au projet du président Mamadou Tandja de rester au pouvoir au-delà de la fin de son mandat – le fameux « tazartché ».

Femme énergique et indomptable, la présidente de la Cour constitutionnelle du Niger, aujourd’hui à la retraite, a puisé aussi son courage dans un collectif. Comme la « Cour Pognon », la « Cour Bazeye » a fait bloc. Et l’avis du 26 mai 2009 a été rendu à l’unanimité des sept juges constitutionnels. Pour se venger, Mamadou Tandja a dissous la cour le 29 juin. Mal lui en a pris. Quelques mois plus tard, il sera renversé et la juge courage reprendra sa place…

L’incorruptible

Gilbert Schlick (Cameroun)

Comme sa collègue du Niger, ce juge métis – de père allemand et de mère camerounaise – préfère l’action à la parole. Dans l’opération Épervier, tous les procès de présumés corrompus finissent par de lourdes condamnations. Tous sauf un. En mai 2012, à la surprise générale, l’impassible Gilbert Schlick, dit « l’incorruptible », acquitte l’ancien secrétaire général de la présidence, Jean-Marie Atangana Mebara, pour « faits non établis » dans l’affaire Albatros – l’achat d’un avion présidentiel.

Aussitôt, le parquet fait appel et bloque l’ordre de remise en liberté de Mebara. Quant au magistrat, il reçoit de la présidence camerounaise une demande de « note explicative », avant d’être muté. Regrette-t-il sa décision de mai 2012 ? « Non, a-t-il soufflé un jour à l’un de ses proches. J’ai pris cette initiative en accord avec ma conscience. »

 

Boni ne lui dit pas merci

Angelo Houssou, (Bénin)

Au Bénin, on l’appelle le « juge des non-lieux ». En mai 2013, ce magistrat a prononcé deux non-lieux au bénéfice de l’homme d’affaires Patrice Talon, qui était accusé dans des affaires d’empoisonnement et de tentative de coup d’État contre le président Boni Yayi. Fureur de celui-ci. « Après cette décision, j’ai réellement craint pour ma vie », affirme le juge, qui s’est enfui au Togo en traversant le fleuve Mono en pirogue.

Après deux ans d’exil aux États-Unis, il retrouve son pays et publie, en 2015, un livre-témoignage, Je ne suis pas un héros, dans lequel il écrit : « Nous, gens de justice, avons trop souvent une propension à nous recroqueviller et à vivre notre mission comme un angle mort. » Après l’élection de Patrice Talon, il est nommé à la tête de l’administration pénitentiaire béninoise (un joli poste très convoité). En tant que magistrat, il est désormais rattaché au Bureau d’analyse et d’investigation, le nouveau service de la présidence dirigé par Johannes Dagnon, cousin et conseiller spécial de Patrice Talon.


Contre vents et marées

Chantal Ramazani (RD Congo)

« Je suis mère de famille et j’ai eu peur. » En quelques mots, elle dit tout. En juin 2016, la présidente du tribunal de paix de Lubumbashi a reçu l’injonction de condamner l’opposant Moïse Katumbi et de le rendre ainsi inéligible. La magistrate raconte aujourd’hui que l’affaire de spoliation immobilière imputée à l’ex-gouverneur du Katanga était prescrite depuis longtemps, mais que le premier président de la cour d’appel de Lubumbashi, Paulin Ilunga, l’a convoquée et lui a dit, entouré de militaires : « Mettez-lui trois ans de prison et demandez son arrestation immédiate. »

Elle précise que son supérieur a ajouté : « Si vous ne faites pas cela, on vous révoque et on vous condamne à dix ans de prison. » Mêmes menaces contre les deux autres juges chargés du dossier. Comme elle traînait des pieds, Chantal Ramazani affirme que le chef de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Kalev Mutond, l’a lui-même appelée d’une voix cassante pour l’intimider.

« Un collègue m’a écrit : “Vous êtes une femme forte” », raconte Chantal Ramazani

Le jour du jugement, ses deux collègues et elle se sont exécutés. Moïse Katumbi a été condamné, en son absence, à la peine préétablie. C’est alors que la juge s’est rebellée. « C’était une question de conscience, dit-elle aujourd’hui. Je ne pouvais pas vivre avec les conséquences de cette décision. » Dans une lettre ouverte, Chantal Ramazani a dénoncé « les contraintes physiques et morales » qu’elle avait subies et a demandé que sa signature « extorquée » soit « considérée nulle et de nul effet ».

La juge jouait gros. Après deux semaines de vie clandestine, elle a réussi à s’enfuir par l’aéroport de Kinshasa grâce à la complicité de quelques policiers. Aujourd’hui, elle est réfugiée politique en France, avec sa famille. « Le jour où j’ai décidé d’écrire cette lettre, j’étais seule, confie-t-elle. À l’époque, personne n’est venu à mon secours. Ni le Conseil supérieur de la magistrature, ni les syndicats de magistrats. Je n’ai eu que des encouragements en cachette, par WhatsApp et Facebook. Et un collègue m’a écrit : “Vous êtes une femme forte.” »

En toute impunité

L’agression du juge Mbuyi, le 18 juillet 2017 à Lubumbashi ? « Cela a sûrement été commandité par le pouvoir », affirme la juge Ramazani. « On ne peut pas le prouver à 100 %, mais c’est probablement une agression politique », renchérit un chercheur d’Amnesty International. Ce qui est sûr, c’est que Jacques Mbuyi, juge au tribunal de grande instance de Lubumbashi, a été victime d’une tentative d’assassinat la veille du jour où il devait présider l’audience en appel du procès contre Moïse Katumbi.

Ce 18 juillet au soir, un véhicule défonce le portail de son domicile. Huit hommes armés et cagoulés en sortent. Trois d’entre eux entrent dans la maison et violentent l’épouse du magistrat devant celui-ci et leurs enfants. Quand le juge leur propose de l’argent, ceux-ci répliquent : « Nous ne sommes pas venus ici pour de l’argent, mais pour vous tuer. » Ils tirent sur lui et le laissent pour mort.

Grièvement blessé à l’abdomen, Jacques Mbuyi survit pourtant. Il est évacué quelques jours plus tard vers l’Afrique du Sud, avec l’aide de l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) et d’Amnesty International. Aujourd’hui, le magistrat est toujours hospitalisé et se rétablit lentement. Qui sont ses agresseurs ? Les autorités semblent privilégier la piste crapuleuse. Début septembre, sur une télévision locale, le gouverneur du Haut-Katanga a présenté deux suspects au milieu d’un groupe de personnes arrêtées dans des affaires de droit commun. Selon l’IRDH, qui est basé à Lubumbashi, aucune enquête n’a été ouverte, ni par la police, ni par le parquet de la capitale provinciale. Un juge a failli être assassiné, mais la justice semble inerte…

Élections repoussées au Kenya

Au Kenya, la nouvelle élection présidentielle, initialement prévue le 17 octobre, a été reportée au 26 du même mois. Sous le coup d’une enquête, la commission électorale (l’IEBC) peut-elle tenir les délais ? Pas si sûr. La Constitution prévoit pourtant que le nouveau scrutin aura lieu au plus tard le 31 octobre.

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