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Adama Diomande

Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

URL du site internet: http://www.addl-association.info

CIV/Dominique Ouattara : DISCOURS LORS DE LA SIGNATURE D’UN ACCORD ENTRE LE CNS ET NORC DE CHICAGO (Publications Officielle)

Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous retrouve aujourd’hui, à l’occasion de cette cérémonie de signature de l’accord de collaboration entre la Côte d’ivoire et l’Institut de recherche NORC de l’Université de Chicago.

Je voudrais tout d’abord saluer la présence de Madame Clarisse DUNCAN, Epouse de Monsieur le Vice-Président, ainsi que toutes les personnalités et les Epouses de Ministre ici présentes. ::::::: Mes salutations vont également à Monsieur Sangafowa COULIBALY, Ministre de l’Agriculture et du développement rural, et à Madame Mariétou KONE, Ministre de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité et Vice-Présidente du Comité Interministériel.

Je salue également Monsieur Kevin HONG, Chargé des Relations Internationales au Département du Travail des Etats-Unis d’Amérique (USDOL) ; et Monsieur Kareem KYSIA, Directeur de recherche principale et chef de projet de l’enquête de NORC, ainsi que les membres de la délégation qui les accompagnent à Abidjan dans le cadre de cette signature d’accord.

Je souhaiterais aussi saluer tous les ambassadeurs et les membres du corps diplomatique, qui ont répondu présents à notre invitation, particulièrement Monsieur David MOSBY, Premier Secrétaire, Chef de la section politique et économique de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire, qui sont en charge de ce dossier.

Je voudrais enfin, adresser mes salutations au Conseil du Café Cacao ; plus particulièrement son Directeur Général Monsieur Yves KONE, ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires des organisations du Système des Nations Unies, des ONG Nationales et Internationales, de l’industrie du cacao et du chocolat, et des organisations d’employeurs et de travailleurs, qui sont engagés à nos côtés dans cette lutte.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, depuis la création en 2011 du Comité National de Surveillance et du Comité Interministériel, et grâce au soutien de ses partenaires, la Côte d’Ivoire est résolument engagée pour l’élimination de la traite, l’exploitation et les pires formes de travail des enfants dans notre pays.

 Dans cette optique, de gros investissements ont été réalisés en vue d’améliorer le niveau de vie des producteurs de cacao et d’importants budgets ont été alloués à la construction d’écoles dans les régions cacaoyères. D’autre part, des campagnes de sensibilisation ont été menées, afin d’informer et de sensibiliser les populations quant à la lutte contre les pires formes de travail des enfants.

Toutes ces actions ont pu être soutenues par le renforcement du cadre légal et règlementaire, qui permet de combattre et réprimer avec plus d’efficacité, la traite, l’exploitation et le travail des enfants.

En outre, la coopération sous régionale a été renforcée grâce à la signature, de plusieurs accords sous régionaux, et tout dernièrement, en octobre 2017 la conférence des Premières Dames qui s’est tenue à Abidjan, s’est penchée sur cette importante question et a permis d’avoir un cadre formel de concertation et de coopération sur la lutte contre la traite transfrontalière.

J’ai la ferme conviction que l’ensemble de ces actions contribue grandement à faire évoluer les mentalités et les pratiques en ce qui concerne la lutte contre l’exploitation et les pires formes de travail des enfants dans notre pays.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, les Gouvernements de Côte d'Ivoire et du Ghana, l’USDOL, le Sénateur américain Tom Harkin, le Congressman Eliot Engel et l'Industrie internationale du cacao et du chocolat, ont signé une déclaration d'action commune pour soutenir la mise en œuvre du Protocole Harkin-Engel. Cette déclaration a été assortie d’un plan d'action pour réduire les pires formes de travail des enfants dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana à l’échéance 2020.

C’est dans ce contexte que l’Université de Chicago à travers l’agence NORC, mènera en Côte d’Ivoire et au Ghana pour la période 2018 - 2019, des recherches sur l’incidence du travail des enfants dans les zones de production cacaoyère. Il s’agit de la troisième enquête financée par l’USDOL pour la lutte contre le travail des enfants. Je tiens à cet effet, à saluer l’engagement des États-Unis d’Amérique aux côtés de la Côte d’Ivoire, qui témoigne d’une ferme volonté d’agir durablement en faveur de la réduction des pires formes de travail des enfants d’ici 2020. Et je me félicite de ce partenariat fort entre nos deux pays.

Mesdames et Messieurs,

En vue de mener à bien cette recherche, le Comité National de Surveillance et l’Institut NORC ont décidé de définir un cadre formel de collaboration pour la réalisation de cette nouvelle étude d’évaluation. A travers cet accord, les parties conviennent de travailler conjointement sur tous les aspects de la méthodologie de l’enquête, et d’apporter leur expertise commune à chacune des étapes. Je me réjouis de la signature de cet accord de coopération, qui permettra d’impliquer nos experts nationaux dans cette enquête, tout en respectant les normes internationales en vigueur.

Cette enquête permettra également d’évaluer tous les efforts réalisés par notre pays, pour éliminer le travail des enfants. A cet effet, j’invite les parties prenantes à tenir compte des normes ivoiriennes, particulièrement les deux arrêtés autorisant les enfants dont l’âge varie entre 13 et 16 ans, à effectuer des travaux légers dit socialisants. Ces arrêtés nous ont été recommandés par le BIT et, il est important d’en tenir compte dans le dénombrement des enfants travailleurs.

Je reste convaincue que grâce à cet accord, nous parviendrons à travailler dans un cadre de collaboration clairement défini, qui permettra d’obtenir une représentation plus fidèle de la prévalence des enfants encore victimes des pires formes de travail des enfants dans la cacaoculture. Les résultats de cette recherche, ses conclusions et ses recommandations, pourront ainsi nous aider à orienter nos campagnes de sensibilisation en direction des parents, afin de leur expliquer que les enfants sont autorisés à faire des travaux légers dits socialisants, et non des travaux dangereux qui mettent en péril leur santé et leur survie.

Je voudrais pour terminer, réitérer mes remerciements à l’USDOL et à NORC, ainsi qu’à nos partenaires institutionnels parmi lesquels, l’UNICEF, le BIT, la WCF, la Fondation ICI, pour le soutien significatif qu’ils nous apportent dans le cadre de la lutte contre le travail des enfants dans notre pays.

Je vous remercie.

  (1) Dominique Ouattara Page Officielle - Publications 

 

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Alphonse Djédjé Mady : son appel à Ouattara (Nous devrons soutenir le président Alassane, père de la nation de tous, président de tous, à continuer ses efforts en comptant sur nous-mêmes )

 " Le démon ne dort toujours pas et nous voici encore dans des perturbations du climat sociopolitique, avec ce qui est arrivé. Coup d’Etat en 1999, rébellion en 2002. Et voici, la Côte d’Ivoire en guerre contre elle-même et ce que le pays n’a jamais connu, nous le vivons aujourd’hui. C’est pourquoi, du Haut-Sassandra, je vous invite à apporter un soutien sans faille au président Alassane Ouattara, fils d’Houphouët-Boigny, et à son aîné Henri Konan Bédié, pour que tirant les leçons que Boigny nous a laissées, cette Côte d’Ivoire reste unie malgré les difficultés."

Alphonse Djédjé Mady, ex-secrétaire général du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et président du Conseil régional du Haut-Sassandra, s’exprime à travers cette déclaration faite, à la faveur de la présentation des vœux, au sein du Conseil, sur la situation politique de la Côte d’Ivoire. Larges extraits. Suite et fin.

 « Le démon ne dort toujours pas et nous voici encore dans des perturbations du climat sociopolitique, avec ce qui est arrivé. Coup d’Etat en 1999, rébellion en 2002. Et voici, la Côte d’Ivoire en guerre contre elle-même et ce que le pays n’a jamais connu, nous le vivons aujourd’hui. C’est pourquoi, du Haut-Sassandra, je vous invite à apporter un soutien sans faille au président Alassane Ouattara, fils d’Houphouët-Boigny, et à son aîné Henri Konan Bédié, pour que tirant les leçons que Boigny nous a laissées, cette Côte d’Ivoire reste unie malgré les difficultés. Allons à la réconciliation et pour que nous puissions apporter notre soutien ferme et déterminant en tant que région à l’effort du président de la République, nous devons nous-mêmes être en paix avec nous-mêmes, être réconciliés avec nous-mêmes »

« Nous lançons un appel, au nom de l’Ouest, au nom du Grand Ouest, à la mobilisation pour la paix sans laquelle tout le reste est vain. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui un des rares pays africains à avoir des détenus en international. Nous avons des détenus à La Haye, nous avons une multitude de réfugiés qui se trouvent encore dans les pays environnants malgré, je suis sûr, les efforts que le président de la République Alassane Ouattara faits pour que la paix revienne. Oui, la Côte d’Ivoire est l’un des rares pays où les journaux peuvent encore, quelques matins, titrer la condamnation à 10 ans, 20 ans, de tel ou tel cadre, dans cette crise politique.

Nous devrons soutenir le président Alassane, père de la nation de tous, président de tous, à continuer ses efforts en comptant sur nous-mêmes pour que les éléments et la base de la vraie paix, de la vraie réconciliation se fassent en cette année 2018. Oui comme tout pays, nous sommes à l’image de notre bouche qui renferme la langue et les dents. La langue a son utilité, les dents également. Elles se mordent mais ne déménagent pas »

 « Ce qui est horrible doit être oublié par les efforts de tous. La chose la plus solide que le président Ouattara pourrait nous laisser, c’est une Côte d’Ivoire réconciliée, fondamentalement réconciliée où personne n’est détenu pour des raisons politiques. Même si cela a dégénéré et que nous avons connu beaucoup de morts, nous n’avions pas le choix. Nous devrons nous réconcilier et le père de cette réconciliation doit être et est le président de la République, qui a besoin que nous, populations, partagions cet effort qu’il veut faire. Je suis sûr qu’il veut faire cet effort de réconciliation de tous les Ivoiriens.

 C’est pourquoi, je me permets à mes risques et périls et c’est ça la vie, à partir de Daloa, de lancer cet appel. Et, c’est pourquoi, je lance cet appel au président de la République. Les connotations diverses, les interprétations diverses du climat sociopolitique, que cette zone du Grand Ouest dont est originaire Gbagbo Laurent, des gens penseraient que les plus grandes rancœurs se trouveraient dans cette zone. Non, nous sommes pour la réconciliation totale de tous les enfants. Quelle que soit notre opinion politique, nous devons vivre et travailler ensemble. Rien n’est tout à fait blanc, rien n’est tout à fait noir. Nous devons conjuguer blanc et noir pour sortir la couleur médiane qui en découle, œuvre de tous les Ivoiriens. Confortons cette idée, je suis sûr, qui est au centre de préoccupations du président Ouattara ».

 « Si chacun attend son heure, pour réagir et croire prendre sa revanche, ce n’est plus la vie d’un pays. Vous avez parlé des réalisations que nous avons faites qui nous encouragent. Dieu merci. Mais que seraient ces réalisations demain si la Côte d’Ivoire n’est pas en paix, la vraie paix, la paix des cœurs et des esprits ? Aucun enfant n’irait à l’école, vous n’aurez même pas le temps de fréquenter les centres de santé. Il n’y aurait pas de routes. Vous vous souvenez, au niveau de notre zone, de notre région, la zone CNO et la zone de confiance. On ne pouvait pas passer facilement pour aller de l’autre côté, à Vavoua. C’est ça la guerre.

Rien, absolument rien ne peut nous amener à oublier ce que nous devons faire comme sacrifice pour que des filles et fils de Côte d’Ivoire, malgré leurs imperfections, puissent vivre car aucun d’entre nous à ce que je sache, n’a choisi de naitre Ivoirien. Dieu a permis que nous naissions sur cette parcelle terrestre et que nous vivions ensemble sur cette parcelle qu’il nous a donnée malgré nos différences ».

16 février 2018

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CIV : Gon Coulibaly, un Premier ministre concentré sur «son job»« je suis concentré sur ce que le président de la République m’a confié et je ne me déroberai jamais de cette logique de faire le job pour;

 Conférence de presse ce mercredi 14 février du Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly. Le chef du gouvernement a longuement exposé tous les défis qui il doit relever en terme d'accès à la santé, de routes et de ponts à construire, de bonne gouvernance (loin d'être satisfaisante) et de lutte contre le chômage. Une conférence de presse où il y avait plus de membres du gouvernement et de partenaires techniques et financiers que de journalistes même si ceux-ci, nombreux, ont presque pu poser toutes les questions qu'ils souhaitaient.

C'était presque une conférence meeting où le gouvernement faisait la claque aux bons mots ou aux déclarations choc du Premier ministre, Amadou Gon Coulabaly, porteur d'un discours empreint de satisfaction pour le chemin parcouru depuis un an et conscient des défis à relever pour les prochaines années.

Quand on lui oppose que le récent rapport de la Banque mondiale sur l'état économique du pays n'est pas fait que de louanges à propos de l'action gouvernementale, le Premier ministre, qui ne se démonte jamais, répond: « Tous les éléments de productivité, nous allons les discuter avec le secteur privé et nous verrons ensemble ce qu’il faut faire ! Et tout ce qui apparaîtra comme objectifs, que ce soit au niveau privé comme au niveau public, nous le ferons. »

Question plus politique dans la salle : est-ce que le gouvernement ivoirien va se plier à la demande de la Cour africaine des droits de l'homme de refondre la Commission électorale indépendante, sans vraiment répondre le Premier ministre laisse entendre que l'action d'une ONG -si respectable soit le NDI [Institut National Démocratique pour les Affaires Internationales]- est plus importante que les recommandations d'une institution panafricaine dont la Côte d'Ivoire a pourtant reconnu les compétences. « La CEI est issue d’un consensus politique et ce consensus a été facilité et organisé par le NDI alors, la Cour africaine des droits de l’homme, je vous invite à aller voir comment ce jugement est arrivé et par qui la plainte a été déposée ! »

Enfin à la question: serez-vous candidat à la présidence ou la vice-présidence de 2020 si votre gouvernement atteint ses objectifs, Amadou Gon Coulibaly répond que pour le moment il est concentré, « sur son job », n'effleurant même pas la question de ses ambitions personnelles pour 2020. « Si vous m’avez écouté, vous voyez que l’agenda est quand même chargé !», a conclu le Premier ministre, « je suis concentré sur ce que le président de la République m’a confié et j’ai toujours été concentré sur les missions qu’il m’a confiées et je ne me déroberai jamais de cette logique de faire le job pour lequel il m’a chargé aujourd’hui. Je suis en train de travailler… Je vous l’ai expliqué, je peux vous dire qu’il y a du boulot.»

En savoir plus sur http://www.rfi.fr/afrique/20180215-cote-ivoire-gon-coulibaly-premier-min...

 

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Côte d’Ivoire: pour une nouvelle coalition politique éclairée par l’esprit de l’houphouëtisme.  

L’équation existentielle et vitale qu’eurent à résoudre  la plupart des États africains, aussitôt  leur indépendance politique  acquise, fut d’unifier des territoires caractérisés par une grande diversité culturelle et par une faible intégration économique et administrative.

En Côte d’Ivoire singulièrement, la pluralité diversifiée des ethnies et la multiplicité  des confessions portaient à incandescence cette problématique existentielle.  Les dirigeants africains qui ne réussirent pas à combiner la pluralité des appartenances et l’unité de gestion et d’administration basculèrent dans l’unification autoritaire liberticide ou dans la diversification fédéraliste sans unité politique. Certains installèrent des dictatures personnelles, ethniques ou tribales dans des Etats marqués par l’exclusion ; d’autres instituèrent des fédéralismes sans substance menacés par les tendances centrifuges des communautés dans des territoires désintégrés. Quelques rares États parmi lesquels se comptent la Côte d’Ivoire et le Sénégal furent les exceptions qui confirmaient la règle.

 Le génie politique de Félix Houphouët-Boigny fut, comme je l’ai maintes fois souligné, d’avoir su utiliser les deux catégories fondamentales de l'Un et du Multiple comme principes d’architectonique politique. Il sut les combiner pour construire la Côte d’Ivoire. Réussir à réunir la diversité des appartenances, et à respecter les particularismes au sein d’une démocratie libérale dirigée par un parti-Etat, fut la marque de fabrique de l’houphouëtisme. La Côte d’Ivoire est née de cette unification politique et administrative de la diversité culturelle et régionale. C’est en cela que Félix Houphouët-Boigny, le fondateur du PDCI-RDA, fut un bâtisseur de cité et un démocrate.

Inspiré par le respect des principes d’unité et de diversité  conçus comme  les éléments complémentaires et structurants de toute architecture politique soucieuse d’égalité et de liberté,  le choix du parti-État ne fut pas motivé par une volonté de domination et d’homogénéisation totalitaire de la société.

Quoi qu’autoritaire, le parti-État ivoirien fut loin d’être une sanglante dictature meurtrière piétinant les droits fondamentaux de la personne. Beaucoup d’analystes y virent un despotisme éclairé. Comme tel, il fit de la modernisation économique le moyen de l’intégration nationale. Conformément au nationalisme libéral qui l’animait, la nation ivoirienne qu’entreprit de construire cet État fut conçue selon un modèle démocratique libéral. L’unification nationale mise en œuvre par le PDCI-RDA au pouvoir ne fut ni une homogénéisation communautaire de la cité et une négation de la citoyenneté, ni un anéantissement de la diversité culturelle dans la citoyenneté républicaine.

La nation qu’entreprit de construire le PDCI-RDA  en Côte d’Ivoire dès les premiers jours de l’Indépendance, ne fut inspirée ni par le modèle communautaire d’unification ethnique, ni par le modèle révolutionnaire d’unification de classe, ni par le modèle jacobin d’unification citoyenne. Prenant acte de la diversité culturelle du pays et de son besoin de modernisation et d’intégration, le parti-État ivoirien entreprit de bâtir la nation ivoirienne  comme sujet politique collectif chargé de servir de médiation entre la diversité des cultures et l’unité de l’Etat, entre les intérêts particuliers  de la société civile et l’intérêt général de la société globale dans l’État. La nation ivoirienne se construisait dans l’alliance de la reconnaissance de la citoyenneté et de la reconnaissance des identités culturelles au sein d’un projet d’intégration économique et social de la cité.

L’État ivoirien du temps du parti unique s’est pour cela défini comme État mobilisateur et s’est assigné le programme de réaliser l’intégration nationale à travers la modernisation économique et la maîtrise de la rationalité instrumentale des sciences de la nature. Conséquemment à ce choix politique, il a préféré l’action aux déclamations nationalistes et aux slogans révolutionnaires creux. Il en est résulté une politique nationale dont les axes centraux furent de construire les équipements publics, les infrastructures et de promouvoir l’investissement et l’entreprenariat dans un projet d’industrialisation basé sur l’agriculture. Cette alliance des identités et de la modernité, des cultures ethniques et de la rationalité qui portent le projet de la modernisation économique, de l’industrialisation et de l’ouverture de la Côte d’Ivoire sur le monde, constitue l’esprit de l’Houphouétisme.

Il semble qu’une partie de la postérité politique de Félix Houphouët-Boigny  ait perdu cette mémoire de l’houphouëtisme. Parlant désormais d’exhibition d’infrastructures, disqualifiant toute politique d’intégration nationale par le biais des équipements publics, révoquant le nationalisme libéral au profit du nationalisme identitaire, elle semble avoir fait le choix du modèle communautaire de la nation et de l’État dont procède toujours la désintégration des cités multiethniques et multiconfessionnelles.

Il est donc aujourd’hui d’importance existentielle de sauvegarder l’Idée de la Côte d’Ivoire à travers une nouvelle coalition politique éclairée par l’esprit de l’houphouëtisme. Cette coalition vitale, condition de la pérennité du modèle Houphouëtiste de la Nation, est requise pour la Présidentielle 2020. Elle permettra de préserver et d’assurer la continuité des acquis démocratiques de la présidentielle 2010 qui replaça la Côte d’Ivoire sur le chemin de l’intégration politique et du développement économique.  

Par Alexis DIEHT

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