Bannière

Log in
Adama Diomande

Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

URL du site internet: http://www.addl-association.info

Le président ivoirien Alassane Ouattara défend le CFA. La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est l’Institut d’émission commun aux huit (8) États membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA).

28 octobre 1988 Nomination de M. Alassane Dramane OUATTARA aux fonctions de Gouverneur de la BCEAO 

« Je voulais vous dire une chose, le FCFA est une monnaie solide gérée par la BCEAO et uniquement par les Africains. 

C’est une monnaie qui est en circulation non seulement dans les 8 États membres de l’UEMOA mais dans toute l’Afrique de l’Ouest y compris la Mauritanie, le Ghana, le Nigeria, la Sierra Leone, le Liberia, la Gambie… qui sont des États non membres de l’UEMOA. 

Dans tous ces pays, les populations acceptent et utilisent le franc CFA.

La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est un établissement public international dont le siège est fixé à Dakar, au Sénégal. Elle est l’Institut d’émission commun aux États membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA).

A sa création le 12 mai 1962 elle réunissait les Républiques de la Côte d’Ivoire, du Dahomey, de la Haute-Volta, du Mali, du Niger, de la Mauritanie, du Sénégal et la République Togolaise.

Si cette monnaie était autant décriée pourquoi voulez-vous que des pays qui ne sont pas membres du franc CFA que populations iraient chercher des francs CFA ?» La BCEAO jouit du privilège exclusif de l’émission monétaire sur l’ensemble des États membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine. Elle émet des signes monétaires, billets et pièces de monnaie, qui ont cours légal et pouvoir libératoire dans l’ensemble des États membres de l’Union. La création, l’émission et l’annulation des signes monétaires sont décidées par le Conseil des Ministres. Nonobstant le développement des moyens de paiement scripturaux, l’utilisation de billets et pièces de monnaie continue d’occuper une place relativement importante dans les transactions des agents économiques. Les mouvements de billets entre les États sont favorisés par l’unicité des signes monétaires. En matière d’impression, la Banque Centrale mène des recherches permanentes relatives à l’authentification des signes monétaires, en vue de renforcer la sécurité des billets qu’elle émet.

 La gestion de la politique monétaire des États membres de l’Union par la Banque Centrale consiste à ajuster la liquidité globale de l’économie en fonction de l’évolution de la conjoncture économique, pour assurer une stabilité des prix, d’une part ; et promouvoir la croissance économique, d’autre part. La Banque Centrale définit la réglementation applicable aux banques et établissements financiers et exerce à leur égard des fonctions de surveillance. Dans ce cadre, la Commission Bancaire de l’UMOA, créée le 24 avril 1990 et présidée par le Gouverneur de la BCEAO, est chargée de veiller à l’organisation et au contrôle du système bancaire dans l’UMOA. La BCEAO assure le Secrétariat Général de la Commission Bancaire. 

La Banque Centrale assiste, à leur demande, les Gouvernements des États membres de l’Union dans leurs relations avec les institutions financières et monétaires internationales et dans les négociations qu’ils entreprennent en vue de la conclusion d’accords financiers internationaux. Elle peut être chargée de l’exécution de ces accords dans les conditions fixées par les conventions approuvées par le Conseil d’Administration. S’agissant en particulier des relations des États avec le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale assure le rôle d’agent financier, en vertu des dispositions de la Convention du 24 septembre 1981, signée entre elle et les États membres.

L’Institut d’émission assiste aussi les États dans les domaines de la définition et du suivi de l’exécution des programmes d’ajustement ainsi que de la gestion de la dette.

En particulier, il assiste les Gouvernements dans les négociations de rééchelonnement de leur dette extérieure. L’Institut d’émission apporte également son concours dans la conception, l’harmonisation et l’application de textes relatifs à la réglementation des relations financières extérieures. C’est dans ce cadre notamment qu’il assure, pour le compte des États, l’établissement de leurs balances des paiements.

19 septembre 1989 Le Conseil des Ministres de l’UMOA adopte les « Nouvelles Directives de Politique Générale de la Monnaie et du Crédit », ainsi que les règles d’intervention de la Banque Centrale ::: 10 juin 1989 Inauguration de l’Avenue Abdoulaye FADIGA à Dakar 

22 décembre 1988 Prestation de serment de M. Alassane D. OUATTARA, Gouverneur de la BCEAO 11 octobre 1988 Décès du Gouverneur Abdoulaye FADIGA 15 septembre 1988 A la suite de la Conférence des Chefs d’État, tenue les 7 et 8 août 1988 à Cotonou, le Conseil des Ministres de l’UMOA décide de modifier les Statuts de la BCEAO.

Le Gouverneur est assisté désormais par deux Vice-Gouverneurs dont les mandats sont renouvelables 19-21 octobre 1987 Commémoration du 25e anniversaire de la BCEAO 17 février 1984 Signature de l’Accord d’adhésion du Mali à l’UMOA

12 mai 1982 Commémoration du 20e anniversaire de la BCEAO 1er juillet 1979 Création de la Caisse de Retraite par Répartition des Agents d’Encadrement de la BCEAO (CRRAE-BCEAO), devenue CRRAE-UMOA en janvier 1985, puis Caisse de Retraite par Répartition avec Épargne de l’UMOA, en février 2006

26 mai 1979 Inauguration à Dakar du Siège de la BCEAO en présence des Chefs d’État et de Gouvernement des pays de l’Union 4 avril 1979 Signature de l’Accord entre le Gouvernement de la République Française et la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest relatif à l’établissement à Paris d’un Bureau de la BCEAO et à ses privilèges et immunités sur le territoire français

18 mai 1978 Début des opérations de transfert du Siège de la BCEAO de Paris à Dakar qui s’achèveront le 1er juillet de la même année.

5 août 1977 Par Décision n° 32/77 du Gouverneur de la BCEAO est créé le Centre Ouest Africain de Formation et d’Études Bancaires (COFEB) qui ouvre ses portes le 3 octobre 1977, à Dakar 21 mars 1977

Signature à Dakar de l’Accord de Siège entre le Gouvernement du Sénégal, représenté par M. Assane SECK, Ministre d’État chargé des Affaires Étrangères et M. Abdoulaye FADIGA, Gouverneur de la BCEAO 14 mai 1976 Pose de la première pierre de la Tour du Siège de la BCEAO à Dakar par M. Abdou DIOUF, Premier Ministre du Sénégal 1er octobre 1975 Entrée en vigueur du Statut du personnel de la BCEAO

2 mai 1975 Le Conseil des Ministres de l’UMOA, réuni à Dakar, adopte les « Directives de politique générale de la monnaie et du crédit » qui entreront en vigueur le 1er juillet 1975 10 février 1975 Prestation de serment et installation officielle du Gouverneur Abdoulaye FADIGA

15 décembre 1974 Nomination de M. Abdoulaye FADIGA aux fonctions de Gouverneur de la BCEAO 4 décembre 1973 Signature à Dakar d’un nouvel Accord de Coopération et d’une nouvelle Convention de Compte d’opérations par les Ministres chargés des Finances de l’UMOA

28 novembre 1973 Signature du Traité de l’UMOA par le Président Gnassingbé EYADEMA du Togo 14 novembre 1973 Signature d’un nouveau Traité de l’UMOA 30 mai 1973 Retrait de la Mauritanie de l’UMOA et de la Zone franc avec la création de la Banque Centrale de Mauritanie et d’une monnaie nationale (l’Ouguiya)

1er décembre 1972 Mise en place du Comité ministériel, sous la présidence de M. Tiémoko Marc GARANGO, chargé d’étudier les aménagements nécessaires au fonctionnement de l’UMOA 1er novembre 1972 Commémoration du 10e anniversaire de la BCEAO Octobre 1971

Le Centre de formation de la BCEAO à Abidjan a été complété par le Centre d’Application Technique et de Perfectionnement (CATEP) devant former en deux ans des agents d’encadrement de la Banque 2 juin 1967 Signature d’un avenant à la Convention de Compte d’opérations du 20 mars 1963 12 mai 1967 Commémoration du 5e anniversaire de la BCEAO

22 novembre 1965 Ouverture de la première session du Centre de formation de la BCEAO, créé à Abidjan à la fin de l’année 1963 27 novembre 1963 Signature à Nouakchott (Mauritanie) de la Convention d’adhésion du Togo à l’UMOA qui entrera en vigueur le 17 décembre 1963 20 mars 1963 Établissement d’une Convention de Compte d’opérations entre le Trésor français et la BCEAO

1er novembre 1962 Entrée en vigueur du Traité de l’UMOA 28 septembre 1962 Première réunion du Conseil d’Administration de la BCEAO au cours de laquelle M. Robert JULIENNE a été nommé Directeur Général de l’Institution 30 juin 1962 Adoption de la loi portant réforme monétaire en République du Mali.

Le Mali quitte la Zone Franc CFA en créant sa monnaie, qui sera mise en circulation le 1er juillet 1962, ainsi que son Institut d’Émission.

12 mai 1962 Signature du Traité instituant l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) par les représentants de sept États ouest africains, en l’occurrence la Côte d’Ivoire, le Dahomey (Bénin), la Haute-Volta (Burkina Faso), le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal.

4 avril 1959 Transformation de l’Institut d’Émission de l’Afrique Occidentale Française et du Togo en Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest

  • 0

Alassane D. Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, a salué le mardi 12 mars 2019 « la mémoire de Bernard Dadié, grand écrivain et père de la littérature ivoirienne »

 Ah ! si Bernard Dadié avait tapé dans un ballon plutôt que d’écrire des pièces de théâtre par Jean-Pierre Béjot, fondateur de La Dépêche Diplomatique

Je m’attendais à un raz de marée. Ce n’est pas tous les jours que meure une personnalité africaine plus que centenaire, appartenant à une famille qui a largement marqué de son empreinte l’histoire de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique de l’Ouest. Une personnalité africaine qui a été le témoin des bouleversements du XXè mais aussi d’un XXIè siècle déjà bien entamé et qui a témoigné de ces bouleversements dans des pièces de théâtre, des romans, des essais, des articles… Une personnalité qui, du fait de son engagement politique, a eu à subir l’emprisonnement sous la colonisation mais aussi l’ostracisme au temps de l’indépendance. Jusqu’à aujourd’hui. Bernard Dadié est mort le samedi 9 mars 2019. Il avait fêté son 103è anniversaire le 10 janvier précédent. Il était présenté depuis bien des décennies comme « un des pères fondateurs de la littérature ivoirienne ». Mais si la presse africaine s’est faite l’écho de sa mort, elle n’a pas été au-delà de l’information. Et les hommages ont été, sur le continent, bien timides tandis que les médias de l’ex-puissance coloniale ont reconnu que Dadié avait su lier étroitement tout au long de son existence, comme l’a écrit l’universitaire NicoleVincileoni, « vie, action, écriture ». Ah ! si Dadié avait été footballeur plutôt qu’auteur, l’Afrique, sans doute, en aurait plus appris sur lui, sa vie et son « œuvre ». 

Alassane D. Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, a salué le mardi 12 mars 2019 « la mémoire de Bernard Dadié, grand écrivain et père de la littérature ivoirienne » soulignant que « son œuvre riche et variée [est] enseignée dans les écoles et universités à travers le monde ». Service minimum. Henri Konan Bédié, président de la République de Côte d’Ivoire de 1993 à 1999 et qui a été le compagnon de Dadié au sein des gouvernements de Félix Houphouët-Boigny, a souligné qu’il avait été un « homme politique » et même un « homme d’Etat, ministre de la République et combattant de la liberté et de l’émancipation des peuples noirs ». Propos guère plus chaleureux que ceux de Ouattara ! Il n’est que Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire de 2000 à 2010, pour avoir insisté sur l’engagement politique de Dadié. « A titre personnel, a-t-il écrit dans son hommage, je te sais infiniment gré de l’amitié dont tu m’as honoré et qui s’est exprimée par ton soutien à mon endroit quand, à peine parvenu au pouvoir, après des décennies de lutte pacifique, des forces réactionnaires et violentes se sont liguées contre moi et mon gouvernement pour barrer notre chemin vers la liberté de nos peuples. En effet, il ne t’a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre que lesdistes forces sont les mêmes que toi et tous nos illustres devanciers, aviez combattues naguère ».

Respect et dignité pour l’Afrique 

Le tutoiement de l’un, la distanciation des autres. C’est chez Christine Binlin-Dadié, la fille de Bernard Dadié, qu’il faut chercher l’explication à ce comportement. Son père, disait-elle en 2018, a mené le combat pour « la souveraineté de la Côte d’Ivoire, le respect et la dignité de l’Afrique », quand le régime en place actuellement à Abidjan est celui des « descendants des colons » avec « la France au devant de tout cela ». Un combat dans lequel s’est engagé Bernard Dadié très tôt. Et qui lui vaudra d’être arrêté et emprisonné pendant un an à la suite des manifestations du 6 février 1949. Ce jour-là, Dadié fait partie du groupe des « Huit », les victimes du « péchoutage » (du nom du gouverneur de l’époque, Laurent Elisée Péchoux qui, en 1948, avait pris la suite de André Latrille jugé trop conciliant à l’égard du RDA). Dadié, sous le blaze de Mourou Ben Daouda, incarcéré à la prison de Grand-Bassam, écrira des vers restés célèbres : « Nous vivrons parce que toujours sur la brèche. Nous nous battrons pour la paix. Nous nous battrons pour la liberté. Nous saisirons les bellicistes au collet. Et sur leurs méfaits ferons le jour, un jour cru ». 

Le mouvement insurrectionnel qui va enflammer la colonie de Côte d’Ivoire en 1949-1950 (Laurent Gbagbo évoquera une « deuxième pacification » après celle menée par le gouverneur Gabriel Angoulvant en 1910) va être marqué par la Grande Marche sur la prison de Grand-Bassam organisée par les femmes ivoiriennes le 24 décembre 1949 et le boycott du commerce français. Bouaflé, Dimbokro, Séguéla vont se soulever. Félix Houphouët-Boigny sera dans le collimateur de l’administration coloniale, sauvé par la mobilisation des Ivoiriens qui convergeront alors vers Yamoussoukro (c’est lors de ces événements que le sénateur Biaka Boda sera enlevé, torturé et décapité par des gendarmes non loin de Bouaflé). L’année 1950 s’achèvera sur un bilan officiel de plus de cinquante morts, des centaines de blessés et 5.000 détenus. 

L’histoire de Dadié est celle-là, celle de ce combat pour « la souveraineté de la Côte d’Ivoire, le respect et la dignité de l’Afrique ». Il y a quelques jours, à l’occasion des cérémonies célébrant le centenaire de la Haute-Volta, le président du Burkina Faso, Roch Kaboré, a affirmé : « Il n’y a pas d’avenir pour un pays si cet avenir n’est fondé sur l’histoire et les leçons que nous devons tirer de cette histoire ». Que le pays qui a vu naître (et combattre) le professeur Joseph Ki-Zerbo, un des plus prestigieux des historiens africains, soit dans cette démarche ne saurait étonner. Que la Côte d’Ivoire, qui a eu pour président un historien non négligeable en la personne de Gbagbo, préfère le ressentiment à la vérité historique ne peut que désoler ceux qui se refusent à penser que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

Dadié a été, pendant dix ans (1977-1986), ministre de la Culture de Houphouët. Sans jamais être, dira-t-il, ni houphouëtiste ni anti-houphouëtiste « mais RDA ». Et quand la Côte d’Ivoire va basculer dans la crise, il présidera le Congrès national de résistance pour la démocratie (CNRD) dont la secrétaire générale n’était autre que Simone Gbagbo. C’est pourquoi, sans doute, quand Rosalie Binlin-Dadié Koutoua, l’épouse de Bernard Dadié et sa compagne dans le combat pour une indépendance totale de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, est morte en janvier 2018 ceux qui sont au pouvoir à Abidjan ont laissé penser qu’ils n’entendaient pas participer à ce deuil. Ce qui n’avait pas été le cas, quelques mois auparavant, en septembre 2017, quand est morte Hortense Aka-Anghui, la sœur de Bernard Dadié et l’épouse de Joseph Aka-Anghui, une figure majeure du PDCI tandis que son mari a été un des chefs d’entreprises emblématiques de la Côte d’Ivoire de Houphouët. Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, Daniel Kablan Duncan, Amadou Gon Coulibaly, Guillaume Kigbafori Soro, Henriette Dagri Diabaté, etc. étaient en tête des personnalités citées dans l’avis de décès. 

Formaté par Maran et McKay 

Nul ne peut oublier cependant que, étant né en 1916, Dadié, dès lors qu’il se consacrera à l’écriture, aura été un des pionniers de l’Afrique francophone en la matière. Il le doit à Charles Béart et à son épouse, un couple de Français « pédago ». Lui est normalien (ce qui, à cette époque, signifiait quelque chose) et a combattu pendant la Grande Guerre dans l’aviation. Au début des années 30, il va diriger l’Ecole primaire supérieure (EPS) de Bingerville avant de s’installer au Sénégal où il sera le directeur de la prestigieuse école William Ponty, à Gorée. Fou de théâtre – il va faire construire le premier théâtre à l’italienne d’Afrique « noire » francophone – il va rapidement percevoir les potentialités de Dadié (élève de « Ponty ») et s’efforcer de les promouvoir. Le monde « noir » est alors en pleine effervescence. Un Français d’origine guyanaise, René Maran, a décroché en 1921 le Goncourt pour son livre « Batouala, véritable roman nègre » qui fera de lui le premier prix Goncourt « noir ». Batouala, que Béart fera lire à Dadié, était considéré comme la « dénonciation des méfaits de la colonisation » ; sa publication signifiera d’ailleurs la fin de la carrière administrative de Maran dans les colonies françaises. Dix ans plus tard, en 1931, se tiendra à Vincennes, L’Exposition coloniale qui, en s’efforçant de faire la propagande de « l’œuvre coloniale française », ne manquera pas de placer sous les projecteurs celles et ceux qui, appartenant à la diaspora africaine dans le monde, avaient lancé La Revue du Monde noir ici, Harlem Renaissance ailleurs. Le « nègre » est alors, nécessairement « Américain » ; et s’il n’est pas « Américain » c’est qu’il est « Antillais ». Et s’il n’est pas « Antillais », c’est qu’il est « Sénégalais » quelle que soit sa terre d’origine. C’est le temps du « Nouveau Noir » qui entend marquer la fin du temps du « bon Nè-Nègre ». Dadié va découvrir cet univers en Noirs et Blancs dans « Banjo », écrit en 1928 par Claude McKay, un romancier jamaïcain. « Banjo » se passe à Marseille, une ville plurielle à l’histoire singulière où, au sein de La Fosse, le Quartier Réservé, cohabitent Noirs américains, Sénégalais, Martiniquais. Ray, un Noir américain personnage clé de « Banjo », dit : « Vous, les Noirs instruits, vous êtes perdus et vous ne pourrez vous retrouver que dans les racines de votre peuple. Vous ne pouvez pas prendre pour modèles les jeunes Blancs, instruits et arrogants, dans une société qui établit sa prospérité sur la conquête impériale. Ces jeunes Blancs si dorlotés peuvent se permettre de mépriser les brutes de leur race qui s’échinent au bas de l’échelle sociale ».

Difficile de ne pas penser à Dadié quand on lit ces lignes, un Dadié qui, né dans une famille d’Africains « assimilés » (son père, Gabriel Dadié, a été le premier citoyen français d’origine ivoirienne, un proche de Félix Houphouët avec lequel il fondera le Syndicat agricole africain/SAA), basculera tout naturellement du côté de Gbagbo plutôt que de celui de Bédié et de Ouattara. « Dès le début, et avec constance, il a opté pour l’émancipation totale dans et par l’indépendance » a écrit Nicole Vincileoni qui, au-delà de l’œuvre théâtrale et littéraire de Dadié, a eu accès à ses écrits journalistes dans La Communauté, Le Réveil, Le Démocrate d’Abidjan… mais aussi à ses textes publiés par Présence africaine. 

On peut ne pas apprécier l’engagement politique de Dadié auprès de Gbagbo (tout en saluant les fondamentaux politiques et sociaux qui l’ont conduit à ce choix), on peut penser que son œuvre théâtrale et littéraire est trop souvent empreinte de sentiments humanistes qui parfois confinent à la morale « révolutionnaire », on ne peut nier que Dadié est, par sa vie et son œuvre, une personnalité qui, au-delà de la Côte d’Ivoire, au-delà de l’Afrique, aura été le témoin de son siècle. Et qu’il convient de ne pas oublier !

Par : Jean-Pierre Béjot La Ferme de Malassis (France) 17 mars 2019

  • 0

Côte d'Ivoire / Privatisation des CHU ? Non !!! Il s'agit d'un changement de statut conférant désormais une obligation de résultats aux dirigeants.

Lu sur le mur Facebook d’Yves Roger Claver / Moi-même je n'aime pas Ouattara. Mais quand il y'a la vérité, il faut s'y faire... 

Jusqu'ici les CHU étaient inscrits dans les registres des centres hospitaliers universitaires avec une vocation purement administrative placés sous la tutelle directe du ministre en charge de la santé. Les dirigeants des CHU géraient ces centres sans véritables objectifs, se contentant juste de gérer le budget de l'établissement sans réelle politique de gestion. Comprenez qu'avec le changement de statut, les CHU ne seront plus administrés mais gérer au sens propre du terme. C'est dire qu'on quitte l'hôpital-administration pour être des hôpitaux-entreprises...c'est d'ailleurs la nouvelle norme internationale : on parle désormais de management hospitalier là où l'on parlait d'administration hospitalière. Ça change tout et c'est même une obligation avant la mise en pratique de l'assurance maladie universelle. Moi-même je n'aime pas Ouattara. Mais quand il y'a la vérité, il faut s'y faire...

Lu sur le mur Facebook d’ Yves Roger Claver  / Je vous le dis. Ne vous fiez pas aux informations malsaines et erronées des propagandistes de la toile. Les CHU ne sont pas privatisés et ne le seront pas (même pas partiellement). En réalité, il n'en est rien. Nos CHU changent de statut, passant de centres hospitaliers universitaires à celui d'hôpitaux publics avec un modèle de gestion calqué sur le privé. En agissant ainsi, l'État se désengage des dépenses de fonctionnement (budget) de ces hôpitaux puisque l'assurance maladie universelle prend la relève.

Les directeurs ne seront plus nommés mais choisis par appel à candidature avec une obligation de résultats vu que les hôpitaux auront un statut à part leur conférant des bénéfices à réalisés. 

Voyez-vous, notre compatriote Tidjane Thiam a été directeur du géant britannique de l'assurance "Prudential" en étant ivoirien, alors que Prudential est la maison d'assurance des anglais, à l'image de notre AMU. C'est le même principe que le gouvernement ivoirien vient d'adopter en côte d'Ivoire. Plus question de s'ingérer directement dans le fonctionnement des hôpitaux de hauts plateaux. Les hôpitaux doivent eux-mêmes s'autofinancer avec les ressources engrangées par l'AMU. Ce qui suppose aussi que désormais chaque individu vivant sur le sol ivoirien est tenu obligatoirement d'avoir une couverture maladie universelle pour être pris en charge dans les hôpitaux. Ne nous parlez pas de cas sociaux.

La couverture maladie universelle vous donne la possibilité de prendre en charge un peu plus d'une personne. De plus, les hôpitaux seront compétitifs d'autant plus qu'ils pourront signer des contrats de prestations avec des hôpitaux européens, faire intervenir les meilleurs professeurs d'ici et d'ailleurs quand cela le nécessitera, transférer des malades vers des points focaux spécialisés. Pour tout dire, l'objectif du gouvernement est de créer un meilleur cadre de prise en charge des demandeurs de soins sans être dans la contrainte d'assurer les dépenses de fonctionnement des hôpitaux publics.

Et au risque de me répéter, je vous le dis, il ne s'agit pas d'une privatisation des CHU mais d'un changement de statut ouvrant la voie à un modèle de fonctionnement calqué sur le privé. Quand Prudential coulait vers la faillite, les anglais ont redéfini le statut de cette maison d'assurance, en lui donnant un caractère de gestion fondé sur le privé, puis ont fait appel à Thiam pour la gestion. Résultat : Prudential a repris du poil de la bête et engrange des bénéfices permettant d'offrir les meilleures prestations du moment au peule anglais. En côte d'Ivoire, nous avons le chic de décrier le manque de médicaments et une prestation au rabais dans les CHU oubliant que c'est l'État qui subventionne nos soins par le système du tiers payeur.

Cela ne pouvait plus continuer puisque les ressources de l'État ne suivent pas ou ne suffisent plus à combler le budget des CHU. Maintenant, tout change avec l'AMU.

Chaque ivoirien sera à même d'exiger les meilleures prestations de soins et les hôpitaux auront l'obligation de nous fournir les meilleurs soins puisque nous sommes désormais assurés. Et pour mener à bien les prestations de soins, par une utilisation rationnelle et optimale des cotisations de l'AMU, il fallait d'urgence et impérativement changer le statut des CHU pour en faire des hôpitaux publics de haut niveau dont la gestion sera calquée sur le modèle du privé, à l'image de Prudential en grande Bretagne dont la gestion avait été confiée à notre compatriote Tidjane Thiam.

Ne vous laissez donc pas étouffer par ceux qui ne savent rien d'une privatisation et encore moins de l'organisation d'une fonction publique hospitalière.

La cote d'Ivoire est même en retard dans la mise en œuvre de cette politique de couverture maladie. Ça ne pouvait plus être le cas depuis 1999 selon les statistiques de prise en charge médicale des ivoiriens.

Par : Yves Roger Claver

  • 0

Côte d’Ivoire : L’inefficacité juridique du recours des groupes parlementaires qui contestent la régularité de l’élection du nouveau président de l’Assemblée

Par / Pierre Aly Soumarey 

De cette affaire qui ne concerne uniquement que les règles d’administration et de bon fonctionnement de l’Institution, nous retiendrons 3 choses

1) – Un vote préalable sur la procédure de l’élection en question, qui par parallélisme de forme, à pouvoir d’abroger la résolution de Juillet 2018, bien que cette nouvelle décision procédurale soit contestée. Il ne demeure pas moins qu’elle existe et a été adoptée à la majorité qualifiée.

2) – La tentative avortée d’un boycott de la part de certains groupes parlementaires, qui aurait pu empêcher la réalisation du quorum requis pour la validité du vote

3) – L’exercice d’un recours en annulation, pour des motifs à la fois partisans, politiques, institutionnels et juridiques.

Il existe autant de motifs d’annulation que de règles de forme ou de fond à respecter dans la conduite de la procédure de recours. En effet, celle-ci est très encadrée, notamment au regard des dispositions d’ordre public. Dans l’application du droit dans la réalité, les motifs valables d’annulation sont très limités. Il faut que la décision de contestation revête impérativement le caractère d’une efficacité juridique, qui la distingue d’une décision de principe.

On n’exerce pas un recours du chef de la possibilité qui nous est offerte de le faire. Or, il me semble précisément qu’il s’agisse dans le cas qui nous occupe d’une contestation de principe.

Il n’existe aucune violation susceptible d’engendrer la nullité de l’assemblée qui a voté, ou de remettre son vote en cause (convocation, délais, quorum, ordre du jour, tenue de l’assemblée extraordinaire). En l’absence de tels vices de forme, elle est réputée avoir été valablement et régulièrement constituée et compétente pour effectuer ladite élection querellée.

Les règles de forme ont été respectées. Dès lors, le vice allégué porte sur les actes préparatoires (résolutions contradictoires relatives à la procédure de vote, 2019 et 2018) sur lesquels s’est appuyé l’Assemblée pour le déroulement de l’élection, et non sur l’élection elle- même. La légalité de cet acte de décision (vote à bulletin multiple) n’est pas infirmée par une décision de justice séparée. Dès lors, il est réputé posséder force de Loi. Tant que cet acte préparatoire n’est pas invalidé au préalable, le vote est parfaitement régulier. Par ailleurs, l’existence d’un préjudice n’est pas démontrée de la part des plaignants qui contestent le résultat du vote. Ils ne disent pas en quoi ce vote spolient leurs droits et en quoi ils portent atteinte à leurs intérêts (nature et étendue à préciser).

Sur le fonds, il faut démontrer l’existence d’un excès de pouvoir de la part du Bureau ou du Président intérimaire (dépassement des limites du domaine de compétence de l’assemblée extraordinaire convoquée ou de ses organes dirigeants), or l’Assemblée Extraordinaire n’a pas outre-passé l’objet précis de l’ordre du jour pour lequel elle a été convoquée; ou un abus de majorité ou de minorité, or l’élection contestée n’est pas contraire à l’intérêt collectif et général de la chambre, qui n’avait plus de Président depuis la démission de M. SORO, donc qui en avait besoin d’un.

 Conclusion : si l’action en annulation peut être recevable au regard de la qualité de ceux qui l’ont engagé et de leur intérêt à agir, en tant que personnes concernées par les effets de l’élection sur le fonctionnement de l’Institution à laquelle ils appartiennent, celle-ci ne saurait prospérer en l’absence d’un préjudice manifeste et d’une absence d’efficacité juridique attachée à l’action entreprise. Dès lors, elle est parfaitement inopérante et contribue davantage à perturber le fonctionnement de l’institution et à ternir son image. Elle méconnait sur le fonds l’intérêt général de l’institution, motif suffisant pour rejeter l’action en question, d’autant plus que la reprise de l’élection ne modifierait pas le rapport de force, et par voie de conséquence son résultat, démontrant ainsi toute l’inefficacité de l’initiative.

 (Extrait corrigé et augmenté de ma discussion sur le sujet, avec des internautes de mon réseau social)

  • 0
S'abonner à ce flux RSS

30°C

Abidjan

Partiellement nuageux

  • 11 Avr 2016 32°C 27°C
  • 12 Avr 2016 32°C 27°C

Banner 468 x 60 px