Bannière

Log in

Politique (335)

" Merci Monsieur le Président. Par votre travail vous avez réussi à repositionner la Cote d'Ivoire dans le concert des nations.

Mot de bienvenue de Madame la Maire de la commune d'Odienné Mme Nasseneba TOURE.

Merci aussi à votre grand frère Aimé Henri KONAN BEDIE pour son sens élevé de l'Etat, un grand homme de paix. "Notre fierté, nous l'exprimons aussi à l'endroit de vos géniteurs notamment feue maman Hadja Nabintou CISSE et feu votre père Dramane OUATTARA, ainsi également qu'à votre tendre et généreuse épouse.

Il s'agit de celle que nous baptisons désormais ici, "TOURE" Dominique OUATTARA." "Odienné dispose de grandes potentialités qui ne demandent qu'à être mises en lumière. Après 4 ans seulement, vous avez transformé le désespoir des populations en espérance d'un lendemain meilleur. Voyez vous même les nombreux apports du Programme Présidentiel d'Urgence dans le Denguelé avec notamment le bitumage des routes, les châteaux d'eau, l'installation et la réhabilitation des pompes villageoises, l'aéroport d'Odienné, etc." " Merci Monsieur le Président.

Par votre travail vous avez réussi à repositionner la Cote d'Ivoire dans le concert des nations. Merci aussi à votre grand frère Aimé Henri KONAN BEDIE pour son sens élevé de l'Etat, un grand homme de paix. Nous vous souhaitons la bienvenue à vous même, à votre épouse et à votre délégation. Vive le Denguele vive le Président Alassane OUATTARA." Madame la Maire de la commune d'Odienné Mme Nasseneba TOURE.

Allocution du Président Alassane OUATTARA.

"Depuis mon arrivée à Odienné, j'ai constaté votre affection à votre fils et neveu que je suis. C'est un grand moment que je vis d'être à Odienné, d'être chez moi. Et j'en suis d'autant plus heureux quand je vois votre mobilisation exceptionnelle." En revenant à Odiénné je pense très fort à un illustre fils de la région, feu le Ministre d'Etat Lamine Diabaté. J'ai beaucoup appris auprès de lui. Il fut un homme très intègre." "Je voudrais par ailleurs rendre hommage à tous les illustres cadres d'Odienné et leur demander à chacun d'investir ici dans cette région, d'y construire des domiciles et de s'y rendre assez souvent. En effet, le Denguelé a dorénavant de bonnes routes et un bon aéroport. " Merci pour avoir cru en moi. C'est grâce à votre soutien que je peux réaliser tout ce que vous voyez pour notre pays actuellement."

"Je voudrais par ailleurs rendre hommage à tous les illustres cadres d'Odienné et leur demander à chacun d'investir ici dans cette région, d'y construire des domiciles et de s'y rendre assez souvent. En effet, le Denguelé a dorénavant de bonnes routes et un bon aéroport." "Le gouvernement est au travail pour améliorer le quotidien des citoyens. La question de l'emploi des jeunes est une priorité pour nous et je peux vous garantir que très bientôt vous verrez des actions fortes comme celles du FAFCI actuellement." "Encore merci à tous les partis du RHDP qui m'ont investi comme unique candidat aux élections présidentielles d'Octobre 2015. Je voudrais exprimer ma gratitude à mon aîné pour son appel de Daoukro.

A toute la population de Cote d'Ivoire, je voudrais demander de continuer les prières pour que la paix continue de régner dans notre pays." "Je tiens à réaffirmer mon engagement à organiser des élections apaisées et démocratiques. Je vous demande de vous inscrire massivement sur la liste électorale." " En outre, Je voudrais féliciter les membres de la CONARIV et leur dire qu'ils ont mon soutien entier. Ils font déjà du bon travail et je me réjouis de leur engagement auprès des victimes." "Les élections permettront de tourner la page de la crise survenue lors de la dernière élection présidentielle. Et que chacun sache que quand on gagne on est vainqueur et quand on perd on est perdant. On ne veut plus entendre des propos comme "On gagne ou on gagne!."

"Chers parents, chers frères et sœurs ivoiriens, les campagnes électorales débuterons bientôt. Vous avez une grande maturité politique.vous devrez demander aux candidats de vous parler de leur programme, de ce qu'ils entendent réaliser pour la Cote d'Ivoire et même de ce qu'ils ont déjà réaliser. Je voudrais que chaque candidat vienne avec son programme pour faire sa campagne face à la population sans chercher à la diviser." "Nous ne devons pas tolérer les langages de division.J'en profite pour réaffirmer ici qu'il n'y aura pas d'impunité et que toutes les personnes mises en cause dans la crise grave traversée récemment par la Cote d'Ivoire seront jugées conformément à la loi." "Ici à Odienné, je ne suis pas seulement le candidat unique du RHDP, je suis le candidat un point un trait."

Présidentielle 2015: Pascal Affi N’Guessan désigné candidat pour défendre les couleurs du FPI

Affi N’Guessan aux "frondeurs": ‘‘Les portes de la maison restent ouvertes à tous’’ 

Le 4ème congrès extraordinaire du Front populaire ivoirien (Fpi) a désigné, ce vendredi 22 mai, à Abidjan-Treichville, Pascal Affi N’Guessan comme son candidat à la présidentielle d’octobre 2015. C’est à travers des motions de soutien que les structures spécialisées (jeunesse, femmes, diaspora, etc.) et statutaires du Fpi ont demandé au président Affi N’Guessan de bien vouloir défendre les couleurs du parti à la prochaine élection présidentielle.

L’ex-Premier ministre sous Laurent Gbagbo, tout en donnant son approbation, a failli écraser des larmes tellement il a été emporté par l’émotion.

« Chers camarades, je suis avec vous. Je suis devant vous parce que moi aussi, j’ai une ambition pour le pays », a-t-il déclaré. Avant d’indiquer que c’est l’amour pour la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo qui l’a amené à le suivre.

Outre la « nouvelle alliance pour une nouvelle espérance » pour la Côte d’Ivoire, le président Affi s’est fixé pour objectif de libérer Laurent Gbagbo. « Au moment où Laurent Gbagbo se trouve là où il est, mon premier devoir, c’est de continuer sa lutte pour qu’il retrouve la liberté (...) J'ai toujours été au service de notre parti. J'ai toujours été un homme de devoir et je ne peux me dérober de cette mission. C'est pourquoi, je dis oui pour être le candidat du Front populaire ivoirien à la prochaine élection présidentielle d'octobre 2015 », a déclaré Affi N'Guessan.

CHEICKNA D. Salif/(Fraternité Matin 22/05/15)

Le 4ème congrès extraordinaire du Front populaire ivoirienne (Fpi) a ouvert ses portes, le jeudi 21 mai 2015, à Abidjan-Treichville. 

Ce, avec en point de mire la désignation du candidat du parti à la présidentielle de 2015 et l’adoption du programme de société et de gouvernement de cette formation politique, ce vendredi 22 mai 2015.

Les 6290 délégués statutaires venus de toute la Côte d’Ivoire vont désigner celui qui affrontera le Président Alassane Ouattara en octobre 2015. Le candidat du Fpi, il le faut souligner, semble être Affi N’Guessan sauf changement de dernière minute. Cette désignation marquera sans nul doute la rupture d’avec ceux pour qui il faut à tout prix désigner Laurent Gbagbo comme candidat du Fpi.

Ce congrès extraordinaire du Fpi, faut-il le signaler, est placé sous le thème: "2015, pour la paix, la réconciliation nationale et le progrès social; Le changement maintenant"

« Soyez fier d’être des militants du Fpi (…) Nous avons fait le choix de la renaissance face au repli sur soi. C’est comme cela qu’il faut situer la crise qu’a traversé le parti.» Avant d’affirmer au regard de la mobilisation que le débat sur la « légitimité » au Fpi est clos. « Elle (Ndlr : la légitimité) est ici avec nous », a-t-il martelé tout en indiquant, à l’endroit des « frondeurs » que les portes de la maison restent ouvertes à tous.

« Nous avons fait le bon choix. Le choix du bon sens et de la maturité politique. Votre présence massive en est la démonstration éloquente. Cette présence massive et joyeuse, cette effervescence militante, est un message clair et sans équivoque à tous ceux qui ces derniers mois se sont interrogés et ont cherché la demeure de la légitimité. Eh bien le débat est clos. Elle est ici avec nous. Mais les portes de la maison restent ouvertes à tous, anciens comme nouveaux membres de cette grande famille qui doit se mobiliser pour la refondation de la Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré. Très en verve, le leader du Fpi a appelé à une alternance démocratique en Côte d’Ivoire. Pour lui, « le changement, c’est d’abord l’alternance démocratique, c’est-à-dire la défaite d’Alassane Ouattara en octobre 2015 et le retour du FPI au pouvoir.»

Après avoir dépeint un tableau sombre de la situation socio-politique du pays, il a affirmé que la Côte d'Ivoire est prise en otage. Et que le peuple est prêt pour le changement. Pour Affi N’Guessan la Côte d’Ivoire a été « transformée en champ de haine ».

Aux militants et sympathisants de son parti, M. Affi a déclaré : « Comme en 2010, on gagne. On peut nous voler notre victoire, mais on ne peut pas nous battre à des élections. » « Au moment où Laurent Gbagbo, le candidat naturel est loin, la désignation de notre candidat pour battre Alassane Ouattara et libérer Gbagbo est une grande marque de responsabilité. C’est une occasion unique », a-t-il lancé.

Les partis et mouvements amis venus soutenir le parti de l’ex-chef de l’Etat, Laurent Gbagbo ont dit attendre beaucoup des conclusions de cette rencontre.

Représentant le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) à l’ouverture de ce congrès, le vice-président Akossi Bendjo a déclaré: «Nous devons rester solidaire dans notre différence (…) Sachons donc ensemble préserver notre pays ». Après quoi, il a demandé à Dieu d’inspirer les travaux du Fpi pour que ce parti retrouve sa place dans la construction du pays.

CHEICKNA D. Salif / CHEICKNA D. Salif/(Fraternité Matin 22/05/15)

Coalition nationale pour le changement: Forces, faiblesses et chances de l’opposition (Par André Silver Konan Journaliste-écrivain)

Résultat de recherche d'images pour "silver konan"

A cinq mois de la présidentielle en Côte d’Ivoire, treize partis politiques et mouvements de l’opposition ont signé une plate-forme, dont l’objectif principal est de battre le Président Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession. Voici les forces et faiblesses de la Coalition nationale pour le changement (CNC). Règle numéro un en politique : ne jamais minimiser des adversaires qui se coalisent. Le mépris donne des ailes ; ici réside la première force de la CNC. Le RHDP qui avait été victime de railleries similaires, à sa constitution, en sait quelque chose. La deuxième force de la CNC, ce sont ses fondateurs.

Tous les candidats déclarés importants contre Ouattara, hormis Pascal Affi N’Guessan, s’y retrouvent. S’ils arrivent à présenter un candidat unique, puis arrivent à contraindre le Président sortant à un second tour, ils auraient une réserve de voix, composée des électeurs d’Affi que je vois mal appeler à voter pour Ouattara. La Cnc est bienvenue, mais elle est venue tardivement. Elle en a elle-même conscience et va miser sur le gain de temps. Demander la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), alors que le processus électoral est lancé, semble être guidé par le souci d’obtenir le report de l’élection…pour mieux se préparer. D’autant plus que le débat autour d’une CEI qui pourrait user d’un algorithme pour changer des chiffres, relève du fantasme. Il suffit d’avoir des représentants dans tous les bureaux de vote, pour être en possession de tous les procès-verbaux. Cette CEI « validée » par la communauté internationale, est meilleure que celle mise en place par Laurent Gbagbo en 2001, dominée par le Front populaire ivoirien (FPI) et celle issue de Marcoussis, dominée par les rebelles et alliés.

La CEI ne fait pas gagner les élections, qu’on se le tienne pour dit. En 2000, le général Guéi qui avait nommé Honoré Guié à la Commission nationale électorale indépendante (Ceni), a perdu face à Gbagbo. En 2001, alors que Gbagbo avait nommé son ami Camille Hoguié à la tête de la CEI, le FPI avait perdu les municipales (remportées par le Rassemblement des républicains (RDR) et en 2002, les départementales remportées par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

En 2010, l’opposition présidait presque toutes les commissions locales, mais Gbagbo avait gagné dans ses fiefs traditionnels et raflé des villes à Bédié. Par ailleurs, à bien y voir, la CNC, c’est La majorité présidentielle (LMP, ex-mouvance présidentielle) moins les partisans d’Affi, de Fologo, de Mel, de Lagou.... A Yopougon, on dirait que le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui a déjà mangé la tête de la bête, ne saurait avoir peur de ses yeux. Poids des « irréductibles » Prenons Essy Amara. Depuis près de 15 ans, il est absent du terrain politique. Mon petit frère de 28 ans ne le reconnaîtrait pas dans la rue. Et ceux qui sont autour de lui, sont pour la plupart des Gbagboïstes Pdcistes qui détestent déjà Bédié. Prenons Banny. Il a certes timidement battu campagne pour Bédié en 2010, mais il ne l’a pas fait pour Ouattara et il n’était pas au Golf.

De KKB, l’on retient le sourire gêné, quand Blé Goudé, en direct à la télé, lui a demandé d’arrêter son hypocrisie sur son soutien à Ouattara. En somme, les « irréductibles » du PDCI sont à quelques exceptions près, ceux qui portaient ou cachaient leurs masques anti-Ouattara. Et toute chose étant égale par ailleurs (ceteris paribus), Ouattara qui n’a pas bénéficié de leurs voix en 2010, ne peut pas craindre de ne pas les avoir en 2015. Autre faiblesse : la CNC à la différence du RHDP, n’a pas d’appareil politique, à part un FPI divisé et un Lider (Liberté et démocratie pour la République) incapable d’avoir plus de 3% à Koumassi, les hommes qui la composent n’ont ni la carrure de Ouattara et de Bédié, ni l’aura de Gbagbo. Or en Côte d’Ivoire, on vote les hommes, pas les programmes, encore qu’Essy et Banny n’ont pas de programme de gouvernement. A la CNC, il y a les égos. Essy, 71 ans et Banny, 73 ans, seront forclos en 2020. Aboudrahamane Sangaré est réduit à « suivre » Koulibaly qu’il traitait de « Lucky Luke ».

Je ne vois pas comment il pourrait appeler les « Gbagbo ou rien », à voter Banny ou Essy, alors que c’est le fond de sa fronde contre Affi. En conclusion, je continue de penser qu’ en l’état actuel de la configuration politique, avec un RDR plus uni que jamais, un PDCI débarrassé de ses porteurs de masques, un UDPCI (Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire) qui n’a subi aucune fronde depuis les législatives, un Mouvement des forces d’avenir (MFA) scindé en deux mais compensé par un Parti ivoirien des travailleurs (PIT) lui aussi scindé en deux, ainsi que le soutien probable d’une partie de l’ex-majorité amenée par Laurent Dona Fologo, face à un FPI divisé ; Ouattara passe toujours dès le premier tour. Qui vivra verra !

André Silver Konan Journaliste-écrivain

Billet d’humeur n°29 d’André Silver Konan: “D’Affi à Gbagbo, le Wozo Tour de la moquerie”

Résultat de recherche d'images pour "silver konan"

En Côte d'Ivoire, des gens se moquent du "Wozo Tour" d'Affi N'Guessan, à l'intérieur du pays. Moi, ce sont ceux qui se moquent d’Affi (qu’ils soient des pro-Sangaré ou des pro-RHDP) qui me font plutôt sourire. Pourquoi ? Parce qu’ils font une lecture au premier degré des images d’enfants qui accueillent dans les petites localités du pays, le “président statutaire” (il y en a désormais deux, il faut bien qu’on trouve un qualificatif pour chacun, Lol) du Front populaire ivoirien (FPI).

En effet, cet homme est en train de se tailler tranquillement un costume de futur leader de l’opposition, sans éveiller la moindre inquiétude chez (ex-)partenaires et adversaires. De quoi s’agit-il ? De fait, Pascal Affi N’Guessan est en train de faire exactement le périple qu’a fait avant lui, à travers le pays, il y a un quart de siècle, Laurent Gbagbo. La réputation d’opposant historique, Gbagbo l’a gagnée dans les villages reculés du pays profond à l’ouest, dans les cases suffoquantes des vieux au Nord, dans les cours royales akan, sur les pistes rurales, dans le coeur des enfants ou adolescents que nous étions à l’époque et qui applaudissaient au passage, sans même connaître son nom, cet homme à la tignasse rebelle et à l’air impertinent. A l’époque aussi, ses ex-partenaires au sein de l’opposition (PIT, PPS, USD, etc.) et ses adversaires du PDCI, se moquaient de son “Wozo Tour”. La suite de l’histoire est connue. Je l’ai dit et je le répète: on ne va pas à une élection présidentielle (qui aura lieu dans 5 mois), sans jamais avoir été en contact direct avec les potentiels électeurs.

Pendant que les gens sont assis à Abidjan à faire et à défaire des stratégies qu’on a du mal à suivre, encore moins à comprendre, d’autant plus qu’elles ne se traduisent pour l’heure, pas en actes concrets; Affi trace son chemin vers le poste de principal opposant en Côte d’Ivoire. Alors, au soir du 25 octobre 2015, les gens seront surpris de constater que même ayant lamentablement perdu les élections (à l’heure où j’écris ces lignes –en politique, les choses évoluant souvent rapidement-, je maintiens mon prononstic que le Président sortant Alassane Ouattara va gagner dès le premier tour), Pascal Affi N’Guessan se classe en deuxième position, devenant ainsi le nouvel “opposant historique”. Les gens seront encore surpris qu’aux législatives qui suivront, les hommes qu’il aura parrainés, arrivent à constituer un grand groupe parlementaire. Et les gens seront davantage surpris, que dans 5 ou 10 ans, l’homme, si ce n’est pas lui qu’on écoute, ait du moins son mot à dire dans le débat politique ivoirien.

Pour rappel, il y a plus d’un demi-siècle, Félix Houphouët-Boigny, alors bête noire des colons avec son PDCI (considéré alors comme un parti communiste) a fait ce tour. Et certainement à l’époque, les partisans du Parti progressiste et les colons, moquaient sont “Wozo Tour”. Quand Bédié, alors président de l’Assemblée nationale faisait le tour du pays chaque week-end, ses adversaires en interne au PDCI se moquaient de lui et le présentaient comme une Reine Elisabeth, condamné à de petits parainages dans les petites localités. Quand Alassane Ouattara, rentré de son exil parisien, partageait la cola avec les vieux du Nord, mangeait dans la même assiette de manioc que les vieilles de l’ouest, rendait visite aux rois et chefs traditionnels du sud, etc., ses adversaires déclarés ou non, riaient sous cape et le voyaient à peine venir. Restez donc à Abidjan, dans vos salons, et comptez sur un improbable vote sanction de ceux qui en 4 ans n’ont pas eu de boulot (Ouattara a hérité de 8 millions de personnes en situation de sous-emploi, d’emplois précaires ou de non-emplois). S’il suffisait de cela, Laurent Gbagbo n’aurait jamais eu ses meilleurs scores à Yopougon (Lol, on se comprend j’espère) et ne descendez pas sur le terrain.

Vous serez surpris que la pierre que rejettent aujourd’hui avec mépris, vous qui prétendez bâtir, devienne d’ici quelques années, la principale de l’angle. Riez seulement !

André Silver Konan Journaliste-écrivain

Visite d’Etat dans le Denguélé : Ouattara attendu à Odienné ce mercredi, un programme très chargé

Odienné - Le président Ouattara est attendu ce mercredi en fin de matinée à Odienné où il entame une visite d’Etat dans le district du Denguélé (Nord-ouest), avec un programme très chargé qui le conduira dans sept départements. Selon un programme dont copie a été transmis mardi à l’AIP,

M. Ouattara, accompagnée de son épouse Dominique Ouattara, arrivera à 11 heures à l’aéroport d’Odienné, et présidera un conseil des ministres à la préfecture de la localité en fin d’après-midi. Jeudi, le chef de l’Etat visitera la région du Folon où il animera des meetings à Minignan et à Kaniasso. Auparavant, il procédera à la mise en service du système d’adduction d’eau de Logbanasso à Odienné. Le chef de l’Etat, poursuit le programme, communiera vendredi avec les populations de Samatiguila et Gbéléban.

A l’étape de Gbéléban, le village de sa génitrice, M. Ouattara prendra part à la grande prière du vendredi en compagnie de son homologue guinéen, Alpha Condé. Avant son meeting final dimanche au stade Mamadou Coulibaly d’Odienné, le chef de l’Etat sera samedi dans les départements de Madinani et de Séguélon.

(AIP) Publié le mercredi 20 mai 2015 | AIP

Avant la visite du Chef de l`Etat, Mamadou Touré mobilise les jeunes des régions du Kabadougou et du Folon

Depuis Odienné/ Touré Mamadou répond à Banny, KKB, Essy, Koulibaly : « Ils seront surpris… » « Voici ce qu’ils préparent » Le porte-parole adjoint du Rassemblement des républicains (Rdr) Touré Mamadou a invité les jeunes à s’éloigner ‘’des marchands d’illusion qui viendront leur vendre du vent pendant la prochaine campagne électorale ’’. Il répondait ainsi à la Coalition nationale du changement (Cnc), qui regroupe des partis d’opposition.

« Le changement peut être dans deux sens. On peut changer en bien comme en mal. Comme tout le monde entier considère déjà que le président Ouattara est en train de changer la Côte d’Ivoire en bien, quel changement peuvent-ils apporter si ce n’est nous ramener en arrière ? En réalité, ils ne veulent pas aller aux élections où ils se savent battus. Ils font de la surenchère pour préparer l’opinion à leur absence aux élections. Ahipaud Martial, ex-leader de la Fesci, candidat aux législatives à Lakota, n’a eu que 114 voix soit 2,12%. Leur porte-parole de circonstance, Mamadou Koulibaly, lors des élections législatives passées à Koumassi, n’a eu que 2,35% face au ministre Cissé Bacongo et au maire N’Dohi Yapi Raymond.

Sous d’autres cieux, après toutes les fonctions qu’il a occupées (député, ministre, président de l’Assemblée nationale), il se serait retiré de la vie politique. De quelle légitimité se prévalent-ils pour parler au nom du peuple qui ne se reconnaît pas en eux ? C’est de la plaisanterie », a ironisé M Touré, par ailleurs membre du directoire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Pour lui, la démarche de la Cnc ne repose sur aucune ambition pour la Côte d’Ivoire. Au contraire, il croit savoir les intentions qui sous-tendent la création d’une telle coalition. « Ceux qui sont en train de s’agiter, qu’ils se rassurent parce qu’on sait aussi ce qu’ils préparent. Ils sont nostalgiques des temps passés, c’est-à-dire on créé un concept brumeux et fumeux en disant qu’on veut ceci ou cela parce qu’on pense que derrière, on pourra tromper les jeunes pour aller faire une révolution », révèle le conseiller à la Présidence. « C’est ça qu’ils veulent faire et qu’ils pensent pouvoir faire. J’ai reçu il y a quelques jours certains jeunes sur qui ils veulent s’appuyer.

Je les ferai parler bientôt. S’ils pensent pouvoir instrumentaliser les jeunes, ils seront surpris. Notre jeunesse est mature et elle sait faire la différence entre les vendeurs d’illusion et ceux qui travaillent réellement », poursuit-il. Aux yeux de Touré Mamadou, au jour d’aujourd’hui, le populisme et la démagogie ne suffisent plus pour faire de la politique. « Les peuples sont devenus de plus en plus exigeants et veulent des hommes politiques qui posent des actions concrètes en leur faveur. A part, KKB qui n’a jamais travaillé dans sa vie, qu’est ce que les autres ont posé comme acte dans leur parcours professionnel qui justifie qu’ils soient une alternative crédible au président Alassane Ouattara aujourd’hui ? » S’est-il interrogé. Pour finir, Touré Mamadou a invité les jeunes à s’inscrire massivement sur la liste électorale lors de la révision de celle-ci en juin pour participer aux élections. Publié le lundi 18 mai 2015 | L’expression

La maîtrise de la bataille politique, condition de la victoire du RHDP. (3ème partie.) et ( 4ème partie ) Par Alexis Dieth Rédacteur en chef / www.cedea.net

(3ème partie.)/

Comment répondre à la charge portée par l’opposition qui accuse le gouvernement d’avoir creusé la fracture sociale, de mener une politique plus soucieuse des intérêts sectoriels des multinationales que de la population ? Quelle réponse apporter à l’impatience d’une population qui désespère d’attendre les retombées sociales des fruits de la croissance ? Cette accusation partisane qui brode sur le thème de l’inhumanité d’un gouvernement « soumis » à « l’ordre marchand » et cette impatience de la population qui en appelle à une redistribution immédiate contestent tout bonnement la légitimité du choix gouvernemental qui donne la priorité à l’investissement économique sur la redistribution de type clientéliste. Ce choix qui ne sacrifie pas pour autant la redistribution de type économique doit donc être légitimé par la médiation de la démocratie de proximité. Expliquons-nous. L’une des problématiques fondamentales en démocratie représentative consiste à distribuer équitablement les ressources. Cette distribution qui commande le développement endogène est organisée par le couple investissement/redistribution du produit national.

Les économistes et les sociologues du développement insistent cependant sur le rapport dialectique subtil et délicat de ce couple. L’une des urgences qu’affrontent les démocraties naissantes africaines étant l’accumulation des ressources et la reconstruction des infrastructures, tâche nationale à laquelle ont failli la plupart des autocraties de l’après indépendance, la priorité revient naturellement à l’investissement. Le risque serait alors d’accorder un privilège excessif à cette dimension nécessaire du développement endogène au détriment de la redistribution. Ce déséquilibre met en danger la participation sociale et provoque des tensions qui risquent de conduire à la rupture du corps social. Inversement, une contre-offensive en direction de la redistribution peut affaiblir l’investissement, mettant alors en danger le développement. Grisée par l’euphorie du boom pétrolier qui l’avait incité à choisir accorder la priorité à la redistribution, augmentant de ce fait exagérément les salaires de la fonction publique, le Ghana vient d’en faire l’amère expérience (cf.http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/23073-crise-comment-le-ghana-en-est-il-arrive-la-.html. La problématique politique consiste pour cela à engager la population dans une démocratie participative, de telle sorte qu’elle fasse sienne cette tension des deux volets indispensables du développement. Elle est aussi de réussir à intégrer dans le projet national, les acteurs sociaux et les acteurs économiques qui ont des logiques différentes, les premiers désirant la redistribution, les seconds l’accumulation des ressources. En cet affrontement contradictoire des logiques, opposées mais complémentaires, de l’investissement et de la redistribution, la démocratie trouve sa raison d’être cardinale.

La démocratie de proximité doit être mise en œuvre pour résoudre le problème de l’intégration des acteurs économique et sociaux dans la politique de développement. La démocratie comme le souligne Touraine n’est en effet rien d’autre qu’un « système de gestion politique du changement social ». Le gouvernement opérera dans ce cas, comme acteur démocratique, en résolvant les crispations sociales par une politique d’attention aux particularités et à travers le dialogue social. Il opérera de même, comme acteur de développement, en gérant démocratiquement les tensions entre l’investissement économique et la participation sociale. Car le développement n’est aussi rien d’autre que « la gestion politique des tensions sociales entre l’investissement économique et la participation sociale ». Telle est en effet la fonction démocratique de la société politique. Son rôle est de médiatiser les tensions sociales par le dialogue et le compromis. En montrant ainsi que les tensions sociales et l’affrontement des intérêts sociaux et économiques sont la substance de la démocratie, il importe de souligner, que les adversaires du gouvernement ivoirien auraient grandement tort de prendre pour contestation révolutionnaire du nouveau pouvoir, les tensions sociales qui s’inscrivent dans la logique des mouvements de revendications sectorielles légitimes. A ces revendications démocratiques doivent donc être apportées des réponses politiques démocratiques et non pas sécuritaires et militaires.

Au temps du pouvoir FPI, ces manifestations, qui n’étaient que des mouvements sociaux frappés du sceau de la défense d’intérêts corporatistes légitimes, furent pourtant accueillies à coup de roquettes, de tirs blindés et de mitrailleuses lourdes. On déplora de nombreuses pertes inutiles en vies humaines, résultats de l’incompétence politique d’un pouvoir sans vision et sans programme, qui s’abîma dans le gouffre de la dictature. Le destin funeste du pouvoir FPI fut le résultat de son incapacité à inscrire le gouvernement dans la démocratie et à projeter le développement en articulant les deux termes de l’équation/investissement dans une logique de distribution des ressources en un monde de la rareté induit par la mondialisation des échanges. Ce destin funeste éclaire donc le problème politique que le pouvoir ivoirien actuel doit réussir à résoudre. Ce problème est celui de la méthode de gouvernement permettant de gérer démocratiquement la distribution des ressources. (A suivre 11 mai 2015 Alexis www.cedea.net

La maîtrise de la bataille politique condition de la victoire du RHDP en Octobre 2015. 4ème partie

A la différence de l’ex-pouvoir ivoirien dépourvu de vision et de clairvoyance économique et politique, la problématique centrale de la distribution des ressources a été clairement identifiée par le pouvoir ivoirien actuel. Le choix politique qu’impose cette problématique est allé à l’investissement. La question est alors de légitimer politiquement ce choix économique. Or cette légitimation ne peut se faire selon l’ancienne méthode de gouvernement des démocraties du passé qui consistait pour l’exécutif à administrer l’application verticale du choix technocratique d’un pouvoir central. Il importe au contraire de légitimer le choix du Pouvoir ivoirien conformément à la nouvelle méthode démocratique d’attention à la particularité. Celle-ci appelle les gouvernements à servir l’intérêt général en étant attentif aux situations individuelles et en traitant des cas particuliers.

Ce nouvel impératif de la démocratie de proximité intègre l’inclusion de toutes les parties prenantes et la discussion des règles justes au cœur des stratégies politiques du pouvoir. En Côte d’Ivoire l’équation de la distribution des ressources doit donc être politiquement résolue à travers la méthode démocratique d’attention à la particularité. Elle doit passer par le tamis de la discussion participative qui donne à chacun des partenaires sociaux et économiques l’impression d’avoir été entendu et écouté par un gouvernement proche et attentif aux vécus des populations. Le choix gouvernemental doit apparaître comme résultant des actes finaux d’un Pouvoir qui décide et choisi après avoir écouté et arbitré. Il faut faire entrer l’exécutif en démocratie. L’ancien pouvoir avait échoué à cette épreuve de la démocratie de proximité. Il en est resté à l’agitation brouillonne du populisme qui permet en réalité à un pouvoir démagogue de se tenir à distance des besoins réels du peuple. Le virage dictatorial de ce pouvoir démagogue ne fut que la chute du masque dont il s’était affublé pour tromper tout le monde.

Son opposition au pouvoir actuel demeure articulée par cette incapacité foncière. L’ancien pouvoir dénonce comme compromission l’inclusion et la participation politique partisane. Il continue de voir dans l’adversaire politique un ennemi! Fidèle en cela à son populisme natif, il échoue tout simplement à relever la gageure de la démocratie constructive, l’arc-boutant de la démocratie de proximité. Sa critique du pouvoir se mue en conséquence « en une stigmatisation compulsive et permanente des autorités gouvernantes jusqu’à constituer celles-ci en ennemies, radicalement extérieures à la société » comme le souligne Pierre Rosanvallon décrivant les formes pathologiques de la démocratie de surveillance. Il convient en cela de réunir, sous le registre du populisme, la série des critiques que les adversaires politiques du gouvernement, qui ont refusé jusqu’à ce jour de s’inscrire clairement dans la logique d’une opposition républicaine, mobilisent actuellement dans leur bataille politique leur unique carte contre le gouvernement ivoirien.

Nous avons déjà souligné, dans nos précédentes contributions sur ce sujet, que ce populisme, modulé sur les tempos de l’accusation de rattrapage ethnique, de la partialité de la CEI, de la dictature d’un gouvernement de l’étranger, était destiné à attaquer la légitimité politique du pouvoir actuel. La dernière offensive lancée par les évêques politiques ivoiriens, qui tendent à faire croire aux Ivoiriens qu’ils se trouvent en présence d’un Etat ennemi de Dieu et des lois primordiales du monde divin, constitue le sommet d’une offensive politique orientée vers la délégitimation temporelle et spirituelle du pouvoir actuel. Le gouvernement aurait tort d’ignorer la gravité d’une stratégie populiste qui montera crescendo jusqu’à la présidentielle en préparation à une contestation des résultats des urnes en cas de défaite. Face à cette attaque sournoise, le pouvoir ivoirien doit réussir à relever la gageure de la mutation démocratique de l’exécutif pour asseoir politiquement le choix du gouvernement quant à la combinaison du couple investissement/redistribution qui conditionne le succès du projet de développement endogène dans la durée. Mais en attendant, il devra parer efficacement la stratégie adverse de délégitimation politique.

Tel est le défi que le pouvoir actuel doit réussir à affronter. Il s’agit de réussir à instituer la politique de proximité comme culture de la démocratie ivoirienne. Pour y parvenir, il faut, en dépit d’une « opposition » qui se défausse, continuer obstinément à inclure politiquement toutes les composantes de la société civile, dans la diversité de leurs obédiences partisanes et idéologiques, dans une démocratie de proximité construite sur l’attention aux particularités. Cette mutation démocratique de l’exécutif consacrera la victoire politique du RHDP. Le pouvoir actuel apparaîtra, de ce fait, comme étant le contraire absolu d’un gouvernement technocratique indifférent au vécu réel du plus grand nombre. Il apparaîtra surtout comme étant l’antithèse radicale du populisme démagogique d’une oligarchie ventriloque qui réduit la proximité avec le peuple à son avalement pur et simple par l’Etat. (Suite et fin) 17 mai 2015

Alexis www.cedea.net Rédacteur en chef : Alexis Dieth

Signature de la charte de la Coalition Nationale pour le Changement, en présence des principaux représentants de l`opposition

Abidjan- Plus d’un millier de personnes ont assisté vendredi au lancement d’une coalition composée de ténors de la majorité et de l’opposition contre le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, seul candidat d’envergure déclaré avant la présidentielle d’octobre, a constaté l’AFP.

Treize cadres de la politique ivoirienne, dont l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny (majorité) et l’ancien président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly (opposition), étaient présents au premier meeting de la Coalition nationale pour le changement (CNC), dans un hôtel d’Abidjan.

"Nous sommes (...) pour des élections transparentes, nous ne sommes pas contre quelqu’un", a déclaré à la presse M. Koulibaly, interrogé sur le caractère "anti-Ouattara" de cette coalition, qui selon lui "va battre" le président sortant.

"La priorité de la coalition est de dire au gouvernement qu’il va falloir négocier les conditions (des élections) et puis nous dirons quels seront nos candidats", a-t-il insisté.

La charte de la CNC, qui exige "la libération des prisonniers politiques, notamment du président Laurent Gbagbo" et "la dissolution de l’actuelle Commission électorale indépendante (CEI)", a été lue aux militants, qui ont longuement scandé "Libérez Gbagbo !"

L’ex-président ivoirien est emprisonné depuis plus de trois ans à La Haye, en attente de son procès pour "crimes contre l’humanité" le 10 novembre devant la Cour pénale internationale.

Plus de 3.000 personnes sont mortes durant la crise post-électorale de 2010-2011, liées à son refus de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara.

La coalition critique la composition, selon elle trop pro-Ouattara, de la CEI, organisatrice du scrutin, ce que les autorités nient. Elle dénonce également l’utilisation des médias publics comme des "caisses de résonance du

pouvoir".

"Ouattara ne pourra faire le dos rond sur ces revendications, à moins de vouloir passer en force, ce qui serait mal vu par la communauté internationale", observe l’analyste Jean Alabro, pour qui la coalition met à

"risque" la réélection du président sortant pourtant présentée comme acquise par le régime.

Outre MM. Banny et Koulibaly, Bertin Konan Kouadio dit KKB, un député du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI - majorité) et Aboudramane Sangaré, un "frondeur" du Front populaire ivoirien (FPI - opposition), étaient présents au meeting.

"Il ne faut pas croire que Banny est esseulé. Mamadou Koulibaly a un électorat de jeunes. Les frondeurs du FPI ont le leur. Le challenge sera d’unifier ces différents électorats. Les attentes sont très fortes. Il faut voir comment ils les transformeront", juge M. Alabro.

Opposés l’un à l’autre sur l’échiquier politique, FPI et PDCI sont en proie à de fortes divisions internes.

Un nombre croissant de militants du FPI conteste l’autorité du président du parti, Pascal Affi N’Guessan, qui souhaite conduire la principale formation de l’opposition à la présidentielle.

Fin avril, ses opposants en interne ont nommé Laurent Gbagbo "président" de cette formation qu’il a créée et ont radié M. N’Guessan, qui ne reconnaît pas ces décisions.

Au PDCI, quatre "frondeurs", dont Charles Konan Banny et Bertin Konan Kouadio, s’opposent à la stratégie visant à ne pas présenter de candidat en octobre afin d’assurer la victoire d’Alassane Ouattara.

Seul le Rassemblement des républicains (RDR), la formation d’Alassane Ouattara, présente un visage unifié à cinq mois de l’élection, qualifiée de cruciale pour la décrispation en Côte d’Ivoire, qui sort d’une décennie de crise politico-militaire.

"Les élections de 2010 ont créé un tel traumatisme que la peur s’est installée dans nos rangs", commente Bertin Konn Kouadio, qui voit dans la CNC "un instrument de combat (...) pour faire renaître l’espoir".

ck-jf/dom

La maîtrise de la bataille politique, condition de la victoire du RHDP en Octobre 2015

En dehors de tout parti pris idéologique ou affectif, le souhait  du  bon sens commun est que le candidat du RHDP remporte l’élection à la Présidentielle d’Octobre 2015 pour une raison toute simple : le bilan économique social et politique du FPI et de ses alliés en dix ans de pouvoir a été catastrophique et terrifiant. Battu dans les urnes en décembre 2010, le FPI a pourtant refusé de s’amender politiquement. Il a refusé de se livrer à une autocritique pour repenser et redéfinir ses objectifs politiques et économiques afin de les réorienter selon une perspective républicaine. Il a refusé de jouer sa partition dans la production du bien commun et du service de l’intérêt général. Il s’est arc-bouté sur un refus irrationnel global du gouvernement élu arguant jusqu’à ce jour, contre tout bon sens politique, avoir été exproprié d’une imaginaire victoire. Le FPI demeure, dans la mémoire de la majorité des Ivoiriens, comme un épouvantail effrayant auquel sont associées les images de violence, de guerre  de mort, de corruption, de brutalité, d’intolérance, de division, de  dictature, de régression économique, sociale et politique, de médiocrité et d’incompétence. Son prétexte d’avoir été empêché de gouverner et d’appliquer son programme par des rebellions et des séditions organisées par des puissances hostiles ne saurait nullement être reçu. Car confronté lui aussi, aux mêmes moments,  à des rebellions militaires et aux violentes manifestations de l’opposition, l’ex-président défunt vénézuélien Hugo Chavez, qui se réclamait lui aussi du socialisme, avait réussi contrairement au FPI, à mettre en œuvre une politique sociale dont les effets se firent ressentir sur l’accroissement du niveau de vie des populations les plus pauvres. Cette politique eut néanmoins ses limites en raison d’une redistribution clientéliste du produit national, d’un investissement problématique et quasi inexistant. Relativement à ce pedigree peu flatteur du FPI et de ses alliés réunis dans une coalition d’opposition, il est donc tentant de considérer que le bilan économique du nouveau gouvernement assurera sa victoire à l’élection présidentielle d’Octobre 2015. Ce serait une grave erreur. Car en démocratie électorale représentative, une élection est un choix subjectif  qui n’est pas seulement déterminé  par les intérêts bien compris des électeurs. L’élection est aussi guidée par leurs opinions, les représentations et les images qu’ils se font du pouvoir en place. L’avantage économique d’un camp n’assure donc guère sa victoire électorale dans une présidentielle, comme en témoigne la défaite cinglante inattendue de Lionel Jospin en France en 2002, malgré un bilan économique flatteur. La victoire électorale en démocratie résulte de l’addition de la victoire économique avec la victoire politique. Il faut maîtriser à la fois la bataille économique et la bataille politique. La maîtrise de ces deux termes de l’équation électorale est d’autant plus essentielle que dans l’habitus africain, à la différence de l’habitus occidental, le politique détermine l’économique et non le contraire. Telle est la raison fondamentale pour laquelle les adversaires du gouvernement s’attachent à récuser sa prétention à fonder sa légitimité sur son bilan économique. Telle est l’une des raisons pour lesquelles, ils  dénigrent les succès  économiques du gouvernement et transportent la compétition électorale de la présidentielle sur le champ politique. On pêcherait  ici gravement à croire que cette opposition cacophonique, confrontée comme au Togo à des querelles de leadership, chemine en ordre dispersé, sans cap. Tout laisse à penser, au contraire, qu’une idée directrice organise ses attaques. La stratégie du FPI et de ses alliés, réunis dans une coalition d’opposition, est de saper l’image politique du gouvernement relativement aux nouveaux réquisits de la démocratie, afin de redorer leur propre image pour reconquérir l’opinion publique. Ils ciblent la légitimité politique du gouvernement en vue de la détruire. Ils accusent, pour ce faire,  le gouvernement ivoirien de partialité, afin d’accréditer l’idée de sa faillite quant au réquisit d’impartialité, nouvel impératif démocratique. A ce travail de sape répond la mobilisation de la thématique de la justice partiale ; de la CEI favorable au pouvoir, d’une cour constitutionnelle instrumentalisée selon eux  en vue de l’élection présidentielle. Ils accusent le pouvoir d’avoir monopolisé les institutions pour accréditer l’idée de sa faillite quant au réquisit démocratique de pluralisation des lieux de décision. A ce travail de sape répond la mobilisation de la thématique du rattrapage ethnique, du monopole ethnique des postes de la haute administration et de l’armée. Ils accusent le gouvernement ivoirien d’être indifférent au sort des populations pour accréditer l’idée de sa faillite relativement à la nouvelle exigence démocratique de compassion. A ce travail de sape répond la mobilisation de la thématique de la cruauté et de l’inhumanité du pouvoir, thématique qui attaque sur ce registre, la réalisation économique phare du RHDP, le Pont Henri Konan Bédié. Ils accusent le Pouvoir d’être éloigné des préoccupations des populations pour accréditer l’idée de sa faillite quant au réquisit de proximité. A ce travail de sape répond la mobilisation de la thématique de la vie chère, du gouvernement de l’étranger et de la Présidence de l’Etat par un technocrate froid, délégué par les institutions financières internationales et à la solde des intérêts du capitalisme financier contre la Côte d’Ivoire profonde. Le FPI et ses affiliés accusent donc le gouvernement de désapproprier les populations ivoiriennes pour le mettre en porte-à faux avec l’exigence démocratique d’appropriation sociale des pouvoirs. Pour répondre à ce travail sournois de sape, qui joue sur le terrain de l’imaginaire en un registre où l’ex-régime dispose d’une expertise incontestable, à savoir celle de la manipulation de l’opinion par la propagande, la campagne présidentielle du RHDP doit donc être configurée de manière concrète, relativement à la thématique de l’appropriation sociale du pouvoir.

Comment répondre efficacement à un tel travail de sape ?

Il ne suffit pas d’opposer aux accusations d’inaccomplissements démocratiques proférées par le FPI et ses alliés envers le gouvernement, leurs propres inaccomplissements démocratiques attestés par la régression multiforme de la Côte d’Ivoire entre 2000 et 2010. Il ne suffit pas d’opposer l’incompétence économique et politique de l’ex-président et de son régime  à la compétence économique du Président actuel pour emporter le suffrage de la majorité des Ivoiriens. On tomberait dans un défaut contre-productif à célébrer les performances économiques du gouvernement comme réalisations d’un démiurge doté de pouvoirs surnaturels. Il faut abroger de la campagne présidentielle du RHDP le syndrome africain du culte de la personnalité, du démiurge aux pouvoirs surnaturels. Il faut éviter de réduire la campagne présidentielle du candidat du RHDP à la célébration griotique des pouvoirs démiurgiques d’une personne hors du commun. Cette tonalité accréditerait la stratégie du camp Gbagbo qui tente d’instiller dans l’opinion publique l’idée que la bataille électorale du candidat du RHDP est celle d’une personne désireuse conserver le pouvoir au moyen du tristement célèbre « On gagne ou on gagne » qui fut son propre leitmotiv en 2010. Que faire donc concrètement pour emporter, avec assurance, le suffrage de chaque électeur dans l’isoloir des bureaux de vote en Octobre 2015? (A suivre).

 Par  :Alexis Dieth, Docteur en philosophie de l’Université de Poitiers, est chercheurà Vienne (Autriche)Spécialiste de la philosophie morale et politique de Kant.

Rédacteur en chef  http://www.cedea.net

 

S'abonner à ce flux RSS

30°C

Abidjan

Partiellement nuageux

  • 11 Avr 2016 32°C 27°C
  • 12 Avr 2016 32°C 27°C

Banner 468 x 60 px