Bannière

Log in

Politique (336)

DAGO-KOUAME Paul, délégué général MFA France : prend position. "Nous ne pouvons pas sortir du Rhdp"

« Le Mfa est toujours membre du Rhdp. Les militants du Mfa France sont sous l’autorité des nouveaux responsables du parti désignés, à la suite du congrès du 12 avril 2015. A l’issue du récent congrès extraordinaire, M. Moutayé a été élu président du Mfa »

Dans la crise qui secoue le Mouvement des forces d’avenir (Mfa), le délégué général de France, Paul Dago Kouamé, prend position. Comment va le Mfa dans l’hexagone? Le Mfa se porte bien. Nos adhérents sont toujours à la tâche. Sauf que nous avons été quelque peu perturbés par ce qui se passe à Abidjan, avec cette guéguerre entre le Président Anaky et Moutayé. Néanmoins, force est de reconnaître que Azoumana Moutayé a pris le pouvoir.

Récemment, Anaky a fait une déclaration pour se désolidariser du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Quelle est votre position face à cette situation ?

Notre position est claire. Le Mfa est un parti membre du Rhdp, (un parti) signataire des statuts de ce mouvement. L’objectif du Rhdp était l’accession au pouvoir d’État. Aujourd’hui, c’est chose faite avec l’élection du Président Ouattara. C’est vrai qu’il s’est passé un certain nombre de choses qui n’ont pas toujours été en faveur du Mfa, dans la mesure où ce qui avait été décidé et accepté n’a pas été entièrement respecté. Nous n’en savons ni les raisons ni les complications entre Anaky et le pouvoir. Mais nous ne pouvons pas nous désolidariser de ce que nous avons construit ensemble. Tout en acceptant les idées de Anaky, nous ne pouvons pas sortir du Rhdp. Vous dites bien que je suis le délégué général du Mfa en France, et non le représentant de Anaky en France. Dès lors qu’Aanaky n’est plus notre premier responsable, il ne peut, de façon unilatérale, prendre une décision aussi importante. Le Mfa est toujours membre du Rhdp. Les militants du Mfa France sont sous l’autorité des nouveaux responsables du parti désignés, à la suite du congrès du 12 avril 2015.

A l’issue du récent congrès extraordinaire, M. Moutayé a été élu président du Mfa. Avez-vous un message à l’endroit des militants ?

Notre position est non seulement factuelle, mais ce qu’il convient de retenir, c’est que la légalité est avec M. Moutayé. Nous nous alignons derrière cette légalité. A cet effet, les militants doivent retenir que le Mfa est un parti, une structure. Nous sommes dans la structure et non derrière une personne. Je pense que les choses s’arrangeront avec le temps et que M. Anaky reviendra certainement à la raison. Pour l’instant, M. Moutayé a la légalité du Mfa. Et donc nous devons nous mettre derrière cette légalité. La première force d’un parti politique est la discipline de ses membres. M. Moutayé est notre président statutaire, donc nous sommes à sa disposition, pour lui apporter notre sincère collaboration, pour le conseiller et pour suivre ses instructions. Nous devons donc nous mettre derrière cette légalité.

Le nouveau chef a-t-il la carrure pour faire du Mfa, le parti dont vous rêviez ?

Un parti, ce n’est pas l’affaire d’un homme. Pour qu’il aille de l’avant et atteigne les objectifs qui peuvent participer à sa croissance et permettre à ce parti d’exister sur le plan national et international, le Mfa regorge de cadres et de gens qui pourront accompagner M. Moutayé. Il ne sera pas le seul à diriger le parti. Il y aura certainement autour de lui des personnes qui pourront l’encadrer.

Il a été ministre après son élection à la tête du Mfa. Cela ne jette-t-il pas le discrédit sur le parti?

Si on prend la chose sentimentalement, cela peut dénoter d’un certain nombre de choses. Je ne veux pas y revenir. Mais en politique, ce n’est pas le sentiment personnel qu’il faut prévaloir. Il fallait que le Mfa revienne dans ses droits au sein des partis signataires du Rhdp. Je trouve tout à fait normal que le Mfa ait un ministre. Que ce soit Moutayé ou une autre personne, je suis content que notre parti participe au gouvernement. Le Mfa est un parti membre du Rhdp, et, à ce titre, il est normal que notre parti participe à la gestion du pouvoir d’Etat. S’il se trouve que le premier responsable de notre parti est d’accord avec la direction du Rhdp au point qu’on l’appelle à la tâche gouvernementale, nous ne pouvons que nous en féliciter. Je ne vois pas de quel discrédit vous voulez parler. Sortons du jeu des egos et des querelles de personnes et allons à l’essentiel.

Comme si justice était faite ?

Oui, c’est comme si justice était faite. Après, nous réglerons nos problèmes en famille. Mais pour l’instant je crois que justice est faite. Alors un mot à l’endroit du chef de l’Etat pour ce geste de reconnaissance ? Je tiens véritablement à remercier le chef de l’Etat, le Président Alassane Ouattara, d’avoir tenu parole. Même si c’est avec beaucoup de retard. Mais je le disais tantôt, je ne voulais pas rentrer dans les détails qui ont provoqué ce retard pendant que le Président Anaky avait les rênes du parti. Ce qu’il faut saluer, c’est que l’homme a reconnu que le Mfa fait partie intégrante de l’alliance Rhdp, et je ne peux que lui dire merci.

Comment voyez-vous l’avenir du Mfa, du gouvernement, et votre réaction face à l’Appel de Daoukro?

L’Appel de Daoukro, c’est vrai qu’on peut le critiquer. Il y a plusieurs raisons pour qu’il soit critiqué. Mais il faut être conséquent avec soi même. A partir du moment où on fait partie d’une alliance et que la majorité accepte de partir dans une direction, je pense qu’il faut la suivre. Il faut faire absolument confiance, non seulement à la sagesse du Président Bédié, mais également à ce dont le Président Ouattara a fait preuve depuis qu’il est à la tête du pays. Je pense que mes camarades et moi ne pouvons que leur emboîter le pas. Le Président Bédié est la sagesse politique à la tête du Rhdp.

Notre pays a connu des moments difficiles dont il se relève à peine, grâce à la bonne gouvernance mise en œuvre par M. Ouattara. Au Rhdp, nous devons rassembler nos forces pour servir la nation, plutôt que de nous diviser à l’approche des élections. Nous nous battrons pour un second mandat à Ouattara, afin qu’il puisse donner encore de son expérience à l’Etat. Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas voir la différence entre la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui et celle des années avant avril 2011, faites de désordre, d’insécurité et de dégradation sociétale. Nous nous engagerons dans la campagne de Ouattara, conformément à l’Appel de Daoukro que le Mfa soutient sans réserve…

Les élections approchent. Il est absolument nécessaire que nous faisions bloc pour les regagner. Je souhaite également que le camarade, président et ministre Moutayé gère le Mfa afin que tout soit remis sur les rails et que ses cadres aient aussi leur place au sein du pouvoir du Rhdp, parce que nous l’avons gagné ensemble. Nous devons faire bloc pour gagner les élections de 2015.

Réalisée par Eugène Yobouet à Paris, Correspondance particulière: M. Dago-Kouamé.

Alassane Ouattara: réaffirme sa volonté de voir Simone Gbagbo jugée en Côte d'Ivoire (AFP): cette élection présidentielle sera «transparente» (RFI) Côte d’Ivoire : l’ONUCI reste (BBC)

Comme le réclame la Cour pénale internationale, le président ivoirien Alassane Ouattara a réaffirmé sa volonté de voir l'ex-première dame, Simone Gbagbo, jugée en Côte d'Ivoire, pays qui, selon lui, "répond aux normes internationales", a-t-il déclaré aujourd'hui lors d'une interview accordée à plusieurs médias nationaux et internationaux. La Côte d'Ivoire dispose désormais d'"un code pénal qui est totalement conforme à tout ce que nous voulons pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité", a poursuivi le chef de l'Etat ivoirien lors de cet entretien. "Il n'est pas question de remettre en cause notre coopération avec la CPI", a toutefois précisé le chef de l'Etat. Simone Gbagbo a été condamnée en mars à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État, au terme d'un procès à Abidjan critiqué pour ses "insuffisances préoccupantes" par la Fédération internationale des droits de l'Homme.

Mais elle demeure citée dans une enquête judiciaire en Côte d'Ivoire pour crimes de sang tandis que la Cour pénale internationale (CPI) la réclame pour des "crimes contre l'humanité". La CPI, qui a lancé un mandat d'arrêt contre l'ex-Première dame, qu'elle soupçonne de crimes contre l'humanité commis lors de la crise postélectorale de 2010-2011, a de nouveau demandé fin mai son transfert à La Haye. La Côte d'Ivoire a de son côté soulevé une "exception d'irrecevabilité" pour contester la compétence de la CPI, qui ne peut poursuivre un suspect que si la justice nationale ne veut ou ne peut pas le poursuivre. Les juges de la CPI avaient estimé en décembre, dans une décision confirmée fin mai, que les autorités ivoiriennes "ne prenaient pas de mesures tangibles" pour juger Simone Gbagbo pour les mêmes crimes que ceux allégués par la CPI. L'ex-président Laurent Gbagbo, lui, est emprisonné depuis trois ans à La Haye en attente de son procès pour crimes contre l'humanité, qui doit s'ouvrir en novembre. (AFP 26/06/15) Alassane Ouattara: cette élection présidentielle sera «transparente» (RFI 26/06/15)

A quatre mois de la présidentielle en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a accepté de répondre aux questions de la presse internationale et nationale. Il répond aux questions d’Anna Sylvestre (RFI et France 24) de Valérie Bony de la BBC, de David Mobio de la Radio-télévision ivoirienne (RTI) et de Venance Konan de Fraternité Matin.

« Cette décision du RHDP[1] donne de la stabilité à la Côte d’Ivoire sur les 10, 15, 20 ans à venir. Avec la paix et la stabilité sur une génération, la Côte d’Ivoire sera totalement transformée. Et donc, je rends hommage au président Bédié parce qu’il aurait pu dire : “Mais après tout, je n’ai pas été élu en 2010, je vais être candidat en 2015”, rien ne l’en empêchait, mais il a décidé de me soutenir. Moi, j’en suis très heureux, mais cela ne veut pas dire que l’élection est gagnée d’avance. Nous allons faire campagne et ces élections devraient avoir lieu à bonne date. Et je suis persuadé qu’elles seront apaisées, qu’elles seront démocratiques, qu’elles seront transparentes et vous pourrez considérer que cette fois-ci, je pense qu’il n’y aura pas de difficulté d’acceptation des résultats. […] Oui, mon objectif c’est d’être élu dès le premier tour pour que l’on puisse continuer le travail. Parce que s’il y a un deuxième tour, cela fait un mois de moins. J’ai déjà perdu 4 mois et demi avec la situation passée. »[1] Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Côte d’Ivoire : l’ONUCI reste (BBC 26/06/15) A quatre mois de la présidentielle d’octobre 2015 en Côte d'Ivoire, l’ONU y proroge ses opérations jusqu'au 30 Juin 2016. Le conseil de sécurité a décidé d’étendre le mandat de l'opération de l’ONU en Côte d'ivoire pour un an, et d’ajouter à cette mission un volet assistance électorale. Les autorités ivoiriennes ont indiqué que la sécurisation des élections demeure une de leurs grandes préoccupations. Le conseil de sécurité a également décidé de renforcer la coopération entre l’ONUCI et la mission des Nations Unies au Liberia (MINUL) pour une surveillance plus accrue de I’embargo sur les armes légères et de petit calibre. Les autorités ivoiriennes se sont engagées à être plus attentives aux questions des droits de l'homme, au dialogue politique, et à parvenir à la réconciliation nationale.

Le gouvernement ivoirien réitère son engagement à créer les conditions pour permettre à l'opposition de mener "librement" ses activités politiques sur le terrain.

L'information a été donnée lundi par le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, au sortir d'une rencontre avec des leaders de partis de l'opposition réunis au sein de la Coalition nationale pour le changement (CNC). "J'ai dit à la délégation de la CNC notre engagement afin qu'ils puissent faire librement leurs activités", a déclaré Hamed Bakayoko. La rencontre fait suite à un meeting de la CNC encadré par les forces de l'ordre et mené sans casses et sans violences samedi à Abidjan.

Une dizaine de jours plus tôt, des manifestations éclatées de jeunes se réclamant de cette coalition à Abidjan et à l'intérieur du pays, non autorisées par le gouvernement, avaient été marquées par des arrestations, des blessés et un mort. Le ministre de l'intérieur a insisté sur l'obligation pour les partis politiques d'organiser leurs manifestations publiques selon "les règles".

"Ces manifestations se déroulent dans des cités gérées par des maires et des préfets et il faut des échanges pour s'assurer que la place est disponible et que les services de sécurité aient des réunions avec les organisateurs pour voir le cadre et l'environnement de la manifestation afin d'avoir un plan de sécurité approprié", a-t-il expliqué. Pour Hamed Bakayoko, le gouvernement doit favoriser "à travers le dialogue politique, l'animation au sein de la classe politique afin que chacun puisse porter son message".

Le porte-parole de la délégation de la CNC, Mamadou Koulibaly, a dit son espoir de "pouvoir continuer ces discussions pour que les élections se déroulent sans qu'aucune goutte de sang ne soit versée, sans qu'il n'y ai de crise post-électorale". La Côte d'Ivoire organise en octobre une élection présidentielle cruciale pour le retour de la paix et la normalisation de la vie politique après la meurtrière crise post-électorale de 2010.

"C'est dans ce cadre que nous continuons de parler, c'est notre première option, le dialogue, la négociation", a souligné le porte-parole de la délégation de la CNC. La CNC regroupe des "petits" partis politiques tels que Liberté pour la démocratie et la république (Lider) de Mamadou Koulibaly, ex président de l'Assemblée nationale sous Laurent Gbagbo, mais également des opposants à Pascal Affi N'guessan, le président statutaire du Front populaire ivoirien (FPI, de Laurent Gbagbo), des cadres du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, principal allié du parti au pouvoir), Charles Konan Banny et le député Bertin Kouadio Konan dit KKB, farouches opposants à la candidature unique d'Alassane Ouattara pour l'alliance au pouvoir à la présidentielle d'octobre. Mamadou Koulibaly, Charles Konan Banny, Pascal Affi N'guessan sont des candidats déclarés à l'élection présidentielle d'octobre face à Alassane Ouattara qui part favori pour un second mandat. La CNC annonce un autre meeting samedi dans la commune abidjanaise de Koumassi avant une "grande" manifestation au Plateau, le quartier administratif et des affaires de la capitale économique ivoirienne. (Xinhua)

Côte d’Ivoire : tiraillements à la CNC (Jeune Afrique)

Alors qu'elle vient d'annoncer une première série de meetings à Abidjan, la Coalition nationale pour le changement (CNC), la plateforme d'opposition lancée le 15 mai, qui regroupe plusieurs cadres de l'opposition et les « frondeurs » du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) d'Henri Konan Bédié et du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, est en proie à des divergences.

Les partisans des candidats déclarés à la présidentielle (Charles Konan Banny, Amara Essy, Kouadio Konan Bertin, Mamadou Koulibaly) avancent leurs pions et tentent de prendre le leadership du mouvement. Mais les uns et les autres s’opposent surtout sur des questions de fond et de méthode. Par exemple sur le nom de la coalition, auquel certains voudraient ajouter le terme « démocratique ».

D’autres s’y opposent, parce qu’ils voient là une référence trop explicite au vieux PDCI. Autre sujet de discorde : l’article 35 de la Constitution relatif aux conditions d’éligibilité à la présidence de la République. Certains, les membres du FPI en premier lieu, voudraient attaquer le pouvoir en place sur ce point.

D’autres, comme l’ancien ministre d’État Amara Essy (qui n’a d’ailleurs toujours pas signé la charte de la coalition), ne voient pas l’intérêt de relancer ce débat.

Guillaume SORO: Quand courtoisie républicaine rime avec fraternité religieuse!

En politique, les symboles ne manquent pas. Mais celui-là est spécial dans sa configuration car teinté de spontanéité humaine, de discrétion savante, d'humilité sincère, de respect culturel et j'allais dire, de fraternité religieuse et de courtoisie républicaine.

 Le dimanche 21 juin 2015 restera une date historique et vraisemblablement le plus beau souvenir pour le Doyen de la communauté ivoirienne du Nord de France, le patriarche Touré et à travers lui, un message d'or pour tous les musulmans de la diaspora ivoirienne en ce début de mois de ramadan.

 En effet, de passage à Paris, le Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire, S.E.M Guillaume SORO, a posé un acte d'une grandeur immuable en rendant une visite de courtoisie au doyen de la communauté du Nord de la Côte d'Ivoire en France au quatrième jour du mois de ramadan, bien que chrétien de confession. Et il l'a fait en toute discrétion sauf qu'une caméra discrète et cachée d'Addl- IvoirSgoma  Informations était présente.

 Ce fut une immense surprise et un bonheur incommensurable pour le patriarche de la Diaspora ivoirienne de France de voir monsieur Guillaume SORO franchir le seuil de son domicile dans un enthousiasme pieux et naturel, quelques instants avant la rupture du jeûne. Visite quil a su apprécier à juste mesure, sans pouvoir dissimuler son émotion débordante, un peu comme on se réveille d'un rêve joyeux.

 Ne dit-on pas que la qualité la plus importante d'un leader c'est cette spontanéité qui lui permet de très vite juger les situations et surtout de savoir chercher à pénétrer dans les pensées des autres afin de déchiffrer leur caractère et leurs attentes...? Oui, le bon leader a un véritable intérêt pour les gens et c'est ce que monsieur Guillaume SORO vient encore de nous démontrer et de façon inédite, en France.

 Ce monsieur est vraiment une sentinelle: qu'Allah veille sur lui et guide ses pas pour qu'il soit davantage au service de la Côte d'Ivoire...!

Guillaume SORO: Quand courtoisie républicaine rime avec fraternité religieuse!

 Adama Diomandé

 

Editorial: Démonstration de force : Par Venance Konan

L’opposition au Président Alassane Ouattara a donc montré ses muscles, samedi dernier, lors d’un meeting organisé à la place Ficgayo de Yopougon, commune réputée être le fief de Laurent Gbagbo, l’ex-Chef de l’Etat dont l’électorat est très courtisé par cette opposition. Les images de ce meeting qui ont circulé sur les réseaux sociaux nous montrent une mobilisation plutôt maigrichonne, quand Radio France internationale (Rfi), que l’on peut difficilement accuser de partialité en faveur du pouvoir ivoirien, nous parle de 3000 à 5000 personnes. Sur ces mêmes réseaux sociaux, les opposants à M. Ouattara se montrent plutôt satisfaits de leur démonstration de force. Alors, tant mieux ! L’essentiel est que l’opposition ait pu s’exprimer librement, sans que le pouvoir lui ait opposé aucune entrave et qu’elle ait atteint ses objectifs.

Mais si cette opposition, réunie en une coalition, ne réussit à mobiliser, tout au plus, que 5000 personnes dans le fief de Laurent Gbagbo, elle devrait s’interroger sur sa représentativité et sur sa stratégie de conquête du pouvoir. Mamadou Koulibaly qui, malgré tout, a les pieds sur terre, a tout de même reconnu que ce n’est pas avec une telle mobilisation que l’opposition fera peur au Président Ouattara. C’est peut-être les têtes d’affiche de cette coalition qui ne captivent pas beaucoup les foules… Essy Amara, qui avait, lui aussi, annoncé sa candidature à la présidentielle, n’était pas présent à ce meeting du samedi. D’ailleurs, on ne l’entend plus guère.

Il a dû comprendre que cette histoire risquait de finir en eau de boudin. Je le soupçonne d’être en train de rétropédaler, en ce moment, et je ne serai pas surpris de le revoir parmi les soutiens au Président Ouattara. Charles Konan Banny, qui croyait jusque-là que les fameux 44% de voix de Laurent Gbagbo lui étaient automatiquement acquis, simplement parce qu’il s’appelle Banny et avait rendu visite à Gbagbo dans sa prison, doit être en train de réaliser que les choses ne sont pas aussi simples. Les partisans de Gbagbo ne sont pas aussi dupes que cela. Ils savent très bien de quel parti vient Banny et pourquoi il en est parti. Ce n’est certainement pas pour les beaux yeux des militants du Front populaire ivoirien (Fpi), tendance « Gbagbo ou rien ». S’il tient vraiment à avoir leurs voix, il devrait commencer par démissionner de son parti et prendre la carte du Fpi. Banny a dit aussi, lors du meeting du samedi, qu’il faudrait tout faire pour libérer Gbagbo. On pourrait se demander pourquoi il n’a pas eu de phrase aussi forte lors du transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye, surtout qu’il était alors le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), et aussi ce qu’il compte faire concrètement pour le libérer.

Qu’est-ce qui peut faire libérer Gbagbo avant qu’il n’ait été jugé et éventuellement acquitté ? Rien. Banny le sait, les militants du Fpi aussi. S’ils ne se sont pas déplacés en masse pour aller l’écouter, samedi dernier, c’est sans doute parce qu’ils ne veulent pas qu’on les prenne pour des idiots. Banny devrait aussi savoir que parmi ceux qui avaient voté pour Gbagbo en 2010, beaucoup disent qu’il n’y a pas de mal à reconnaître que le lièvre court vite. Cela dit, l’un des points sur lesquels l’on accuse le Président Ouattara d’avoir échoué est celui de la réconciliation. Chaque fois que je rencontre un confrère étranger, il me parle toujours des succès du Président Ouattara sur le plan économique et de la construction du pays, mais aussi de son échec sur le plan de la réconciliation. Et c’est ce point que nos opposants brandissent, de leur côté, pour fustiger le pouvoir. J’avoue que ce débat me laisse toujours perplexe, parce que je n’ai pas encore compris le critère ou l’élément à partir duquel l’on pourra dire que la réconciliation est une réussite. Banny et Essy disent qu’ils sont candidats pour réconcilier les Ivoiriens.

Je leur dis bravo et leur adresse tous mes encouragements. Mais quand saurons-nous que nous sommes réconciliés ? Quel élément me permettra-t-il de dire que mon pays est réconcilié ? Les partisans de Gbagbo dont Banny traque les voix clament partout qu’il n’y aura pas de réconciliation dans ce pays tant que leur mentor sera en prison. Est-ce de cela qu’il s’agit ? Faut-il donc libérer Gbagbo et tous ceux qui ont provoqué la crise post-électorale de 2010 pour qu’il y ait réconciliation ? La réconciliation viendra-t-elle automatiquement aussitôt qu’ils auront été libérés ? Est-ce vraiment de cela qu’il s’agit, messieurs Banny et Essy ? Dites-le nous pour que nous soyons fixés.

Venance Konan

Le fait politique: Attention aux bruissantes fidélités ! Par : Pascal ROY

<<>><<>>

Ni raideur, ni immobilisme : la fidélité, la loyauté et la confiance, en fait, cest la vie Elles ont besoin d'être régulièrement entretenues, nourries et protégées.

<<>><<>> Docteur Pascal ROY

Ne jamais oublier qu'en politique, la fidélité est rare. Je préfère la fidélité aux idées, aux convictions, aux programmes, aux projets politiques à la fidélité aux individus ou acteurs politiques. Quand on est fidèle à l'engagement pris pour soutenir tel projet de l'acteur poli-tique parce qu'on y croit, l'avantage c'est que le jour où l'homme politique se démarque de cette vision, on peut aisément se détourner de lui. Par contre, quand la fidélité est liée à la personne de l'acteur politique et non à un programme ou à une vision, s'il lui arrive de trahir nos idéaux au point de commettre les pires atrocités, on se verra dans l'obligation de continuer à soutenir cet acteur politique par fidélité à sa personne sur l'autel des malheurs du peuple. En politique, il n’y a pas grand sens à s’engager à être définitivement fidèle à une cause ou à des valeurs ou à des individus. Ce serait là renoncer à sa liberté de penser – et plus précisément de changer d’avis – et, si l’on veut rester fidèle quoi qu’il arrive, risquer de l’être un jour sans sincérité : si l’on doit être constant dans ses valeurs, ce n’est pas parce qu’on s’est engagé dans le passé à leur être fidèle, mais parce qu’elles restent dignes d’être suivies. La fidélité en politique doit cesser d'être une déclaration pompeusement circonstancielle et à la mesure des besoins alimentaires et des ambitions promotionnelles. 

La fidélité en politique est la valeur la moins partagée qui soit, car c'est dans les déclarations de confiances bruissantes et les fidélités ostentatoires que naît la trahison. Mais en scrutant l'histoire, on peut avoir l'honneur de mesurer qu’il existe des exceptions et elles sont de vrais bonheurs. Ma plume me reste toujours une occasion formidable de questionnement et d’échange sur le fait politique, sur l’art et la manière de lui donner davantage d’efficacité. 

L’actuelle période, pré-électorale pour les uns et électorale pour les autres, est un judicieux prétexte épistémologique pour se poser quelques questions sur les concepts de fidélité, de trahison et de loyauté. En cette mouvance électorale, on entend toutes sortes de dévotions aussi cinéastiques que raisonnables. La philosophie nous apprend que la fidélité est une vertu relative : on peut se montrer fidèle et complètement ridicule voire dangereux. Seules les idées engendrent ce type de comportement fondé sur la fidélité. Les nostalgiques d'une idéologie extrémiste ne peuvent être loués de leur fidélité, fusse-t-elle durable, voire sincère. Il peut en être de même avec certaines marques : les nostalgiques du vélo-solex ne sont que des originaux aussi éloignés de la sécurité routière que de la réalité économique et environne-mentale. Ces deux comportements considèrent la fidélité comme une résurgence d'un passé révolu, comme une répétition, un hoquet de l'histoire collective ou individuelle. Ces compor-tements atypiques mais très visibles ont engendré le sentiment que fidélité rimait avec passé.

Or en consommation comme en politique, il n'en est rien; La fidélité est une valeur d'action. Les consommateurs comme les électeurs sont fidèles à l'idée qu'ils se font de leur avenir tout en conservant une cohérence personnelle. La fidélité est non seulement une vertu relative mais c'est une valeur d'avenir et d'action. La fidélité fait agir, acheter, voter, manifester… La fidélité est donc un des moteurs principaux de l'action. Elle représente la volonté d'être con-forme à l'idée que l'on a de soi-même et nous incite à une recherche exigeante et rigoureuse. Mais cette action est menée non par l'entreprise mais par le consommateur lui-même. On l'a vu en politique, où bâtir son élection sur un bilan, fusse-t-il réussi, ne suffit plus pour convaincre de se faire réélire. Les citoyens ne votent pas pour hier mais pour demain. Les consommateurs n'achètent pas des produits (sauf les "collectors" au nom significatif) pour les muséifier mais pour les consommer, demain, après demain... Il n'y a de fidélité réelle et actuelle que de fidélité "qui en vaille la peine" pour l'avenir.

En effet, à l’origine de toutes formes de fidélité se trouve un engagement. Que ce soit en amitié ou en amour – la fidélité conjugale étant ici l’exemple typique –, ou encore dans le serment de fidélité d’un vassal à son suzerain, on ne peut en toute rigueur dire d’une personne qu’elle est fidèle ou infidèle, que si elle s’est au préalable engagée à respecter une promesse ou une certaine constance. Il se peut toutefois que cet engagement soit implicite, en amitié par exemple, ce qui peut d’ailleurs être source de malentendu. La fidélité engage ainsi sur l’avenir ; c’est pourquoi elle peut avoir la forme d’une promesse ou d’un serment explicite, c’est-à-dire de choses qui, par définition, peuvent être, comme on dit, trahies. Remarquons bien qu’il ne s’agit pas là d’une caractéristique secondaire ou "accidentelle" de la fidélité : c’est précisément parce qu’on ne peut jamais être absolument sûr qu’il sera tenu que l’engagement de fidélité a le sens qui est le sien. La fidélité est donc constamment à confirmer et peut en permanence, ou du moins régulièrement, être rompue, et un seul faux pas suffit ici : la fidélité est totale ou n’est pas.

C’est pourquoi la fidélité dans sa première forme, c’est-à-dire lorsqu’elle est fidélité à une personne, repose sur la confiance de cette personne et, comme la confiance, est en général réciproque, au moins "officiellement". Certains la poussent d’ailleurs très loin : dans le Nou-veau Testament, Jésus affirme que « quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle. » (Mathieu, 5, 28). En un autre sens, celui qu’on appelle le "fidèle" d’une religion donnée prend également un engagement envers celui qu’il considère comme une personne, à ceci près que la "personne" en question est une divinité. Notons que "l’infidélité" prend alors une forme bien particulière. On n’est donc tenu, en toute rigueur, d’être fidèle qu’à ce à quoi on s’est engagé. Certains couples – modernes diront cer-tains, dépravés diront d’autres – s’accordent sur une autorisation réciproque d’adultère, une sorte de "polygamie" mutuellement consentie, et leurs membres ne peuvent pour cette raison être qualifiés d’infidèles, quoi qu’on pense, par ailleurs, de leur conduite. Il n’y a infidélité que s’il y a rupture d’un engagement pris, et donc trahison de la confiance accordée par la personne à qui on s’était engagé à être fidèle.

Il en va autrement de la deuxième forme de fidélité : celle qui n’est pas fidélité à une per-sonne, mais à une ou des valeurs, morales ou politiques par exemple. Qu’est donc, dans ce cas, l’infidélité ? Elle peut être soit la reconnaissance d’une erreur ou d’un mauvais choix dans l’engagement initial de fidélité, et se fait alors parfois au profit d’un engagement vers de nouvelles valeurs, soit un "faux pas" qui devrait alors être regretté. Le premier cas peut être illustré par le militant politique qui quitte son parti pour un autre ; le second par un écologiste convaincu qui, par paresse et pour une seule fois, jette son verre dans une poubelle non prévue à cet effet. 

On peut alors remarquer que l’expression « être fidèle à soi-même » ne peut pas réellement signifier autre chose qu’avoir une vie, un comportement en totale cohérence avec ses pensées, même si, du fait de changements de pensées, cette cohérence implique des changements de vie ou de comportement, y compris fréquents. Ainsi le membre d’une secte qui, dans un mo-ment d’égarement ou après mûre réflexion, s’est engagé à être toute sa vie fidèle à son gou-rou et qui, devenu lucide, regrette et rompt cet engagement, peut bien être jugé infidèle à ce gourou, mais pas à lui-même, au contraire : c’est en restant fidèle à son gourou qu’il serait devenu infidèle à lui-même. Ici réapparaît le délicat problème du rapport entre fidélité et liberté : comment s’engager à être fidèle, d’une quelconque manière, sans abdiquer sa liberté ? Qui peut affirmer qu’il ne pensera jamais que l’engagement de fidélité qu’il a pris était une erreur, ne serait-ce qu’une "erreur sur la personne" ? Or, si l’on admet qu’on peut se tromper sur les personnes comme sur les valeurs auxquelles on s’est engagé à être fidèle, ne peut-on pas en conclure que la seule fidélité à laquelle on doive s’engager, et même la seule qui ait un sens, est la fidélité à soi-même ?

« Trahison » n’est pas un joli mot, pourtant, le sens en est assez clair… La trahison est un concept qui puise son sens premier dans les relations entre les personnes; on peut, par la suite, étendre la trahison à une cause ou à un idéal. Mais, avant d’avancer davantage, quelques pré-cisions s’imposent. « Trahir » est un héritage du latin « tradere » qui signifie tant « livrer » qu’« abandonner »; trahir suppose donc, dans tous les cas, un manquement. Je crois que ce manquement en est un à la parole donnée à quelqu’un; en trahissant, en manquant, on peut, et c’est un exemple classique, abandonner la personne aimée pour une autre. On peut aussi trahir quelqu’un en ne l’aidant pas, en restant passif, en retenant un geste qui aurait pu être fait (ce qui constitue un manquement d’agir). On peut également trahir en livrant un secret ou en lais-sant voir ce que la personne trahie aurait préféré taire, par exemple des éléments de sa vie personnelle, ses renseignements personnels, ce qui est un manquement à la discrétion.

La trahison suppose ainsi d’agir contre une personne ou contre un idéal auquel on était fidèle. En trahissant, on abandonne; pour la personne trahie, on passe à l’ennemi. Bien évidemment, la personne trahie s’y attend rarement; la trahison ne pouvant survenir que d’une personne en qui on a confiance ou dont on est proche. Pour être poignardé, encore faut-il être à distance de bras… C’est la principale raison pour laquelle la trahison fait mal. Aussi, il faut savoir que si l’on peut trahir quelqu’un; si l’on peut trahir une pensée ou un idéal, on peut aussi se trahir soi-même, ce qui représente le niveau le plus élevé de la trahison. À ce point, la personne qui se trahit va elle-même à l’encontre de son intégrité, de ses principes ou de ses convictions personnelles. En se trahissant, la personne consent à n’être plus rien, même pour elle… De son côté, plutôt que d’être un manquement, la fidélité représente une adhésion sans faille à la parole donnée. La fidélité est associée à la loyauté et à la continuité. Elle désigne une personne qui, devant l’adversité, choisira de garder le cap, d’affronter la tourmente, afin de se conformer à la parole donnée. La fidélité suppose une constance, elle entrevoit le futur à la manière du passé alors que la trahison suppose plutôt l’invention d’un futur sans aucun lien avec le passé. Le lien proposé entre la trahison et la fidélité serait alors celui de la parole donnée. Quelle que soit la parole, garder ou briser cette parole fait toute la différence…

Cependant, une question importante demeure : est-on traître dès lors que l’on est infidèle? Là-dessus, votre réponse vaut bien la mienne… Il est toutefois impératif de se rappeler que s’il faut plus d’une personne pour être fidèle, une seule suffit à la trahison. Trahir ce n’est pas moral, mais c’est ainsi…, disait Charles Pasqua. Ils peuvent être assez proches dans certains contextes, comme "un serviteur loyal" et "un serviteur fidèle". Mais "loyauté" est plus noble, je dirais, il y a une idée d'honnêteté, de fidélité à des engagements, sous-entendu même dans l'adversité ou la difficulté. Un employé peut simplement faire preuve de fidélité à son patron parce qu'il est resté 30 ans à son service, sans jamais changer. Mais si on parle de loyauté, on implique souvent qu'il ne l'a jamais trahi ou abandonné, même dans des temps difficiles.

En revanche, dans d'autres contextes, le sens est très différent. Un adversaire peut être loyal (dur, mais correct, honnête, respectueux de certains principes) alors qu'on ne dit pas (sauf par ironie) "un adversaire fidèle". Ces deux mots ont tout de même un champ sémantique assez différent. La fidélité s'inscrit par définition dans une certaine durée: on saurait difficilement juger de la fidélité de quelqu'un après trois jours, et sans doute même pas après trois mois. Par contre, on peut trouver que quelqu'un a agi loyalement dès la première rencontre. Par exemple, je suis en compétition avec un concurrent pour obtenir un poste ou un avantage quelconque et je trouve qu'il s'est battu avec loyauté: il a défendu honnêtement ses intérêts comme moi-même je l'ai fait aussi, mais sans coups bas ou manoeuvres perfides.

Dans les faits, les deux qualités peuvent se recouvrir et se compléter ("un employé fidèle et loyal"), la fidélité étant souvent une des formes ou des conséquences de la loyauté, mais en soi ce sont tout de même des concepts assez différents. La loyauté est une qualité morale. La loyauté est le dévouement envers une cause ou une personne. La loyauté confucéenne se trouve dans le complexe fidélité-rectitude des relations sociales. Elle se rapporte aussi à la fiabilité (relation intention-réalisation) et la crédibilité. La loyauté confucéenne exclut la tromperie et le mensonge. La fidélité, c'est la qualité de quelqu'un qui est fidèle, dévoué, attaché à quelque chose, à quelqu'un : Fidélité à un principe. Qualité de quelqu'un qui est constant dans ses sentiments, ses affections, ses habitudes : Fidélité d'un ami. Fidélité d'une cliente. Qualité de ce qui est conforme à l'exactitude, à la vérité, de quelqu'un qui s'y con-forme : Fidélité d'un récit. Qualité de quelqu'un qui ne manque pas à une promesse, qui ne trahit pas un serment : Fidélité à la parole donnée. La fidélité est un attachement à ses de-voirs et ses affections, régularité à remplir ses engagements. En politique, la fidélité désigne l'obéissance d'un sujet ou d'un citoyen à son gouvernant ou à son chef politique.

Enfant savant du latin « fidelis », l’adjectif « fidèle » évoque ce qui est « digne de foi », c’est-à-dire de « confiance  ». Différent de l’adjectif « loyal », (autre beau mot de la langue), qui, lui, renvoie à la « loi », c’est-à-dire à la raison, la fidélité est de l’ordre du cœur. Elle est la permanence d’un sentiment, tandis que la loyauté, c’est le respect d’un contrat, le dévoue-ment et la sincérité dans l'exécution d'un engagement. Ensemble, ils constituent une sorte de perfection… même  s’ils ne font pas toujours équipe ! Le concept politique de "fidélité" à l'époque moderne est plus qu'une relation en soi; c'est un qualificatif caractérisant une rela-tion. Il équivaut à l'affirmation que le lien positif qui lie les intéressés résistera aux épreuves, mais il ne préjuge en rien des opérations auxquelles il servira de support. Cette qualification peut être retirée si l'une des deux parties se met en faute vis-à-vis de l'autre, et restaurée une fois la faute réparée. On peut définir le sentiment de fidélité comme un lien très fort entre plusieurs individus pouvant aller jusqu'au dévouement absolu , mais le sentiment de fidélité n'est pas codifié dans un texte solennel , il s'agit plus d'un lien qui tient plus du sentiment que d'une contrainte juridique . En conséquence , la fidélité est toujours menacée , et ne vaut que par la durée.

Naturellement la fidélité politique est conditionnelle, on peut pas être fidèle à un tyran , la rupture d'un pacte par exemple peut justifier la révolte et on ne peut plus alors parler d'infidé-lité. La fidélité est une jauge sans laquelle rien n'est possible , le milieu politique est une sorte de "jungle"  où l'individu est souvent fidèle par intérêt et à la première déception ou problème il n'y a plus personne. En principe celui qui est en dessous doit respect et conseil , et celui qui est au dessus doit respect , aide et protection . Mais comment la mesurer ? Je n'ai pas encore eu le bonheur d'y arriver , sans doute , nous y parviendrons ensemble dans le temps .

Docteur Pascal ROY

Philosophe-Juriste-Politiste-Coach politique-Analyste des Institutions, expert des droits de l'Homme et des situations de crises-Médiateur dans les Organisations-Enseignant à l'Université-Consultant en RH-Écrivain

 

LES FEMMES DE FRANCE EN ORDRE DE BATAILLE POUR LA REELECTION D’ADO

Dimanche 14 juillet 2015, a eu lieu au 177 Rue de Charonne (Paris 11ème), le lancement de la mobilisation pour la réélection du Président Alassane OUATTARA, en vue de la prochaine présidentielle d’Octobre 2015. En effet, le mouvement <>, présidé par Mme TAMBLA Nifanta, a organisé une grande cérémonie en vue de mettre en ordre de bataille, les militants et sympathisants du RHDP. Cette manifestation placée sous le haut parrainage du Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Monsieur Hamed Bakayoko et de Mme KANDIA Camara, Ministre de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique a refusé du monde.

Maintenant, nous allons répondre aux cybers candidats, cybers militants, et cybers activistes>> a conclu Monsieur Aly TOURE.

C’est Monsieur Aly TOURE, Représentant Permanent de la Cote d’Ivoire à Londres qui a eu l’honneur de représenter les deux personnalités. Après avoir félicité les organisateurs de ladite manifestation et le public, il a fait le bilan du Président OUATTARA, et donner des consignes: Il faut vous faire enrôler si vous voulez qu’ADO gagne à une écrasante majorité au premier tout. Il faut faire une campagne civilisée et propre conformément à la volonté du Président OUATTARA Quand on a un bilan comme celui du Président OUATTARA, on n’a pas besoin de confrontations inutiles Il nous faut des élections apaisées parce que le peuple de Cote d’Ivoire a trop souffert de la crise postélectorale de 2010 Il ne faut pas attaquer et/ou insulter nos adversaires politiques Il faut indiquer que cette cérémonie a enregistré la participation de Messieurs GNIZAKO Vincent, Délégué Général du RDR/France, par ailleurs Président du RHDP France, CISSE Sahindou, Président RJR France, de Mesdames HABIBA TOURE, Présidente RFR France et FATIM Camara, ainsi que les représentants des membres de la Coalition RHDP France C’est dans une ambiance fraternelle, que le public s’est séparé.

<< Bientôt, nous allons investir le terrain en vue d’éclairer le débat. Pendant presque quatre ans, nous étions occupés à remettre tous les clignotants au vert, c’est fait. Le pays est sécurisé, les grands chantiers ont été initiés, le pays est en paix et est normalisé. Maintenant, nous allons répondre aux cybers candidats, cybers militants, et cybers activistes>> a conclu Monsieur Aly TOURE.

Une correspondance particulière de Cyril Séry

Présidentielle 2015: "Nous allons lutter contre l’absentéisme", promet M. Toungara / Robert Beugré Mambé: "La victoire du RHDP doit se faire à partir de Songon''

Adama Toungara, maire de la commune d’Abobo et nouveau coordinateur du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), s’engage à réduire au maximum le faible taux de participation dans sa localité à la présidentielle de 2015. Il a pris cet engagement, le 13 juin 2015, lors de sa cérémonie d’investiture comme coordinateur du Rhdp à Abobo. L’événement a eu pour cadre le siège local du Rassemblement des républicains (Rdr).

« Notre mission sera de lutter contre l’absentéisme. J’en appelle à votre militantisme. Sortons massivement en octobre prochain pour accorder le second mandat à Alassane Ouattara », a exhorté le ministre Adama Toungara. Assurant que la tâche sera aisée pour lui et pour ses 49 collaborateurs, le nouveau coordinateur du Rhdp à Abobo recommande, toutefois, l’humilité aux républicains. Dans le cadre de la révision de la liste électorale, il a plaidé auprès de la direction de son parti pour la mise à sa disposition de moyens pouvant permettre à son équipe de faire bénéficier les nouveaux majeurs.

« Nous sommes handicapés ici. Nos militants ont du mal à obtenir le certificat de nationalité ou la carte d’identité. Faites quelque chose M. le ministre », a-t-il plaidé auprès d’Adama Bictogo, qui était le chef de la délégation pour son investiture. Ce dernier a, à son tour, donné des assurances à cet effet. Signalons que cette équipe est composée de 50 personnes dont 15 pour le Pdci, 15 pour le Rdr, Udpci 9, Mfa 7 et Upci 4. Diomandé Mémoué fratmat.info Correspondant communal

Robert Beugré Mambé: "La victoire du RHDP doit se faire à partir de Songon''

Le gouverneur Mambé, lors de son installation samedi

M. Mambé, dira Dr Ouattara, a désormais pour mission de mettre en place une stratégie efficace en vue d'assurer la victoire du candidat Alassane Ouattara à l’élection présidentielle d'octobre 2015. Robert Beugré Mambé: "La victoire du RHDP doit se faire à partir de Songon'' Le gouverneur du district d’Abidjan, Robert Beugré Mambé, à la tête d’une forte équipe composée de 50 membres, a été investi, le 13 juin 2015, comme coordonnateur du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), à Songon. Une alliance politique dont le Président Ouattara est le candidat, à la présidentielle d’octobre 2015.

"En octobre, tout le monde doit voter le Président Alassane Ouattara pour un second mandat et la brillante victoire du Rhdp doit se faire à partir de Songon", a déclaré le gouverneur Mambé après son investiture. Cette installation de Beugré Mambé fait partie d'une grande opération engagée par le Rhdp dans les 31 régions de Côte d’Ivoire. Aux populations de Songon, Dr Joséphine Ouattara, présidente des femmes républicaines et chef de la délégation, a indiqué: « nous sommes venus pour vous annoncer que celui qui préside à la destinée du Rhdp à Songon, c'est votre fils le gouverneur Robert Beugré Mambé ».

M. Mambé, dira-t-elle, a désormais pour mission de mettre en place une stratégie efficace en vue d’assurer la victoire du candidat Alassane Ouattara à l'élection présidentielle d'octobre 2015. Pour sa part, le coordonnateur Rhdp de Songon a demandé que ses parents et les populations prient pour la Côte d'Ivoire. "Les hommes de Dieu doivent fléchir les genoux et prier pour qu’il y ait la paix dans le pays."

CHEICKNA D. Salif Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Source: Dircom district d’Abidjan)

Côte d’Ivoire : le parti de Gbagbo appelle à un enrôlement massif sur la liste électorale

Le Front populaire ivoirien (FPI), de l'ex-président Laurent Gbagbo, appelle la population à participer "massivement" à l'opération de révision de la liste électorale en cours en Côte d'Ivoire en prélude au scrutin présidentiel d'octobre. Le Front populaire ivoirien (FPI), de l'ex-président Laurent Gbagbo, appelle la population à participer "massivement" à l'opération de révision de la liste électorale en cours en Côte d'Ivoire en prélude au scrutin présidentiel d'octobre. "Je voudrais inviter tous nos compatriotes, principalement les nouveaux majeurs à se faire enrôler massivement afin de participer au choix du président de la République", a appelé le président du FPI, Pascal Affi N'guessan, sur la radio onusienne à Abidjan captée lundi.

"Tous nos compatriotes, quel que soit leur bord politique, doivent participer à l'opération en cours", a-t-il insisté. Au total, 2.000 sites et 500 centres mobiles ont été ouverts sur l'ensemble du territoire national et dans 19 pays à l'étranger pour l'opération prévue pour s'achever le 30 juin. Environ trois millions de nouveaux requérants sont attendus sur la liste électorale de 2010 qui compte 5.725.722 inscrits.

L'opération concerne toutes les personnes remplissant les conditions d'âge et de nationalité ne figurant pas sur la liste électorale de 2010 et tous les requérants déjà inscrits qui souhaitent opérer des changements par rapport à leurs inscriptions. Pascal Affi N'guessan qui fait face à une fronde au sein de son parti a été investi le 22 mai candidat à l'élection présidentielle d'octobre face à Alassane Ouattara candidat à un deuxième mandat.

Pour le président du FPI, l'élection à venir revêt une " importance capitale" pour chacun des Ivoiriens et pour "l'avenir de la Côte d'Ivoire". "L'élection de 2015 aura lieu pour que la Côte d'Ivoire choisisse celui qui peut ramener la paix, la stabilité dans le pays, faire la réconciliation, procurer du travail à tous les jeunes", fait-il savoir.

A en croire Pascal Affi N'guessan, "c'est un enjeu important" et "ne pas y participer c'est choisir d'abandonner la Côte d'Ivoire, c'est ne pas exercer son droit". La Constitution ivoirienne prévoit un scrutin présidentiel le dernier dimanche du mois d'octobre de la 5ème année du mandat en cours.

(Xinhua 16/06/15)

« La présidentielle ivoirienne doit permettre d'exorciser la crise de 2010-2011 »

 À l'approche de l'élection présidentielle ivoirienne, prévue en octobre, la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU, Aïchatou Mindaoudou, répond aux questions de Jeune Afrique.

Jeune Afrique : L’élection présidentielle aura lieu en le 25 octobre prochain. Comment abordez-vous cette échéance ?

Aïchatou Mindaoudou : Elles constituent un tournant pour la Côte d’Ivoire, un tournant qui peut démontrer, si elles se passent bien, que le pays est revenu à la normale. C’est pour ça qu’il est primordial qu’elles se tiennent dans le délai prévu, mais aussi qu’elles soient inclusives, démocratiques et acceptées par tous. Il s’agit pour les Ivoiriens d’exorciser la crise de 2010-2011. Lors de mes tournées à l’intérieur du pays, j’ai pu constater que les populations veulent tourner la page des dix années de crise. Elles ne veulent plus revivre ce qu’elles ont vécu. Elles aspirent à la paix et au développement. C’est ce que les gens me disent chaque jour. Pour ne pas revenir en arrière, il faut donc que les hommes politiques s’engagent à jouer le jeu de la démocratie et de la loi.

Qu’en est-il de la situation sécuritaire ?

Elle s’est beaucoup améliorée depuis 2010. La situation est calme, mais reste tout de même imprévisible. Les attaques qui ont eu lieu dans l’Ouest, notamment dans le triangle Grabo, Fete, Olodio, ont été réduites de manière drastique et ne sont pas en mesure de porter préjudice à l’intégrité territoriale de la Côte d’Ivoire. De plus, elles sont beaucoup plus liées aux questions foncières qu’à un aspect purement sécuritaire.

Justement, la question foncière a-t-elle été réglée ?

Non. Les conflits liés à la terre persistent, mais je pense que la loi de 1998 modifiée en 2014 pose les conditions pour la régler. Le problème est qu’elle n’a pas été suffisamment vulgarisée pour que les populations sachent comment agir lorsqu’elles sont confrontées à des problèmes de ce genre.

Le processus de DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration) touche à sa fin. A-t-il rempli sa mission ?

Oui. A l’heure actuelle, près de 80% des combattants ont été démobilisés.

La Côte d’Ivoire est l’un des pays où le processus du DDR a été le plus efficace. Ce que l’on a constaté ici est inédit. Certes, il est possible qu’à la fin du mois de juin, un reliquat de combattants manque à l’appel, mais il pourra être absorbé en quelques mois. Selon les experts de l’ONU, 3 à 5 000 ex-combattants refusent toujours de participer au processus et ont conservé leurs armes.

Représentent-ils une menace ?

Ce chiffre me surprend. Je n’en ai jamais été informée

Les efforts du gouvernement pour le dialogue politique sont-ils suffisants ?

Il y a environ deux ans, le dialogue politique s’est retrouvé bloqué. Le gouvernement a été contraint de faire beaucoup d’efforts, de concessions pour qu’il puisse reprendre. Les partis politiques de l’opposition également. Le dialogue a permis de régler des questions de fond. Le FPI, avant ses dissensions actuelles, avait posé un certain nombre de conditions relatives aux prisonniers, aux résidences occupées, aux comptes gelés, à la réintégration des agents de l’État. Beaucoup de leurs demandes ont été acceptées. Le dialogue est un processus et des efforts soutenus doivent être faits de part et d’autre pour le faire avancer.

Mais des membres du FPI, proches d’Abou Dramane Sangaré, sont détenus depuis plus d’un mois…

Il faut replacer ces événements dans leur contexte. Je peux le faire car je suis personnellement intervenue auprès du gouvernement et de cette frange du FPI. Tout est parti de la décision de Pascal Affi N’Guessan de porter plainte. La justice a tranché en sa faveur. Le gouvernement a considéré qu’il lui revenait de l’appliquer. Par contre, cette frange du FPI ne veut respecter, pour certaines raisons, ni la décision de justice ni les dispositions légales et règlementaires sur les manifestations. C’est ça le principal problème. La démocratie, c’est un ensemble de droits et de devoirs comme par exemple l’obligation pour chaque citoyen de respecter le cadre légal existant même si l’on n’en est pas satisfait. C’est ça qui garantit à chacun la jouissance des droits qui lui sont reconnus. Le respect du cadre légal est aussi valable pour le gouvernement surtout lorsqu’il s’agit des arrestations.

Quelle est votre réaction à la création de la Coalition pour le changement (CNC) ?

La CNC s’inscrit dans un cadre légal. C’est un signe de vitalité de la démocratie ivoirienne. Les Nations unies continueront toujours à appeler à un processus démocratique inclusif et pour une diversité d’expression.

Comme il y a eu un procès des pro-Gbagbo suspectés de crimes, doit-il y avoir un procès des partisans du président Alassane Ouattara qui seraient dans le même cas ?

Nous n’avons eu de cesse d’appeler le gouvernement à une justice équitable, à ce que les enquêtes soient accélérées mais aussi qu’elles soient concluantes. Selon mes confrères de la division des droits de l’homme, les autorités ont donné des instructions fermes aux juges pour qu’ils accélèrent toutes les enquêtes, y compris lorsqu’elles concernent des gens considérés comme proches du pouvoir. Le 7 mai dernier, 9 FRCI, dont des ex-comzones qui occupent aujourd’hui des positions importantes, ont été convoqués devant le juge d’instruction. Le même juge a entendu des dozos. Je constate qu’il y a une volonté politique de faire en sorte que ceux qui ont commis des crimes graves dans les deux camps répondent de leurs actes. Cette volonté politique doit se matérialiser. C’est pour l’ONU une priorité. Il faut la vérité pour les victimes. Nous appelons d’ailleurs à la publication du rapport de la CDVR rendu en décembre 2014. Il faut aussi que le gouvernement adopte mette en place une loi pour protéger les témoins.

Le chef de l’État a récemment déclaré qu’il souhaitait que l’Onuci se retire progressivement de Côte d’Ivoire. Partagez-vous son avis ?

C’est un processus qui se fait en accord avec les autorités. Les discussions sont en cours pour établir le calendrier du retrait après les élections. La réduction des effectifs de l’Onuci a débuté depuis deux ans sur la base de la résolution des Nations unies. De l’avis des membres du Conseil de sécurité, la Côte d’Ivoire est en train de redevenir stable et la présence d’une mission de maintien de la paix ne sera peut être plus nécessaire après les élections, si elles se passent bien. L’année dernière, nous avons réduit nos troupes de 1 500 militaires, le personnel civil de 10%. Idem cette année. On va réduire graduellement les effectifs jusqu’aux élections d’octobre pour arriver à une force d’à peu près 5 300 militaires et 1 500 policiers. Nous sommes passés d’une posture statique à une posture plus dynamique. Nous sommes ainsi capables d’intervenir sur n’importe quelle partie du territoire ivoirien en cas de besoin pour protéger les civils.

Vincent Duhem http://www.jeuneafrique.com

S'abonner à ce flux RSS

30°C

Abidjan

Partiellement nuageux

  • 11 Avr 2016 32°C 27°C
  • 12 Avr 2016 32°C 27°C

Banner 468 x 60 px