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Politique (335)

CIV/ Politique: attaques de Bédié contre le RHDP, Adjoumani répond au président du PDCI

Le Ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, était face à la presse ce mardi 29 janvier à Abidjan. Le porte-parolat du tout nouveau parti politique RHDP tenait a réagir "aux attaques portées par le président du PDCI-RDA à l’encontre de son parti". L’intégralité de son intervention.

Mesdames et Messieurs les journalistes 

Le samedi 26 janvier dernier, le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a organisé au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Plateau, son premier Congrès Ordinaire. Ce rassemblement d’envergure exceptionnelle a connu un succès franc, à tous les niveaux. Le RHDP a, en effet, enregistré à l’occasion une mobilisation extraordinaire qui dépasse de loin tout ce que nous avons pu voir de pareille dans notre pays depuis des années. Une mobilisation gigantesque à faire pâlir de jalousie tous ceux qui avaient parié sur l’échec du RHDP et particulièrement de ce grand rendez-vous historique.

Les Ivoiriens se sont levés comme un seul homme. Ils sont venus de toutes les contrées du pays et même de l’extérieur, pour répondre à l’appel au rassemblement, à l’unité nationale, à la paix, à la stabilité et au développement lancé par le Président Alassane Ouattara.

Le RHDP voudrait profiter de l’opportunité que lui offre cette conférence de presse pour leur manifester toute son admiration, son infinie reconnaissance et ses très vifs remerciements.

Ils ont démontré de manière fort éloquente qu’ils sont un peuple viscéralement attaché au Président Félix Houphouët-Boigny et aux valeurs de la paix, de l’unité, de la stabilité, du dialogue et de la concorde qui incarnent sa philosophie politique. 

Mesdames et Messieurs les journalistes, 

S’adressant aux militants de son parti réunis le samedi 26 janvier dernier à Daoukro, le Président Bédié a dit entre autre :

« L’esprit de Félix Houphouët-Boigny se trouve ici et nulle part ailleurs

Les membres du RHDP sont des fils adultérins de l’houphouétisme

Le RHDP est le rassemblement des détourneurs de deniers publics ». 

Le RHDP a tenu à organiser la présente conférence de presse pour se pencher spécifiquement sur ces propos tenus par le Président Henri Konan Bédié, en réaction à son congrès ordinaire.

Des propos choquants et d’une gravité inouïe qui n’honorent pas celui que nous avons toujours considéré comme un sage.

Certes, nous sommes en politique, mais le jeu politique n’autorise pas toutes les dérives langagières, les discours haineux et mensongers qui traduisent tout le mépris qu’un homme d’Etat de la stature du Président Henri Konan Bédié peut avoir pour le peuple Ivoirien.

En effet, comment le président du PDCI-Daoukro que nous avons toujours placé sur un piédestal, que nous considérions comme un sage, un référent politique, un homme respecté, peut-il descendre dans l’arène en disant que cette mobilisation a été possible parce qu’on aurait distribué de l’huile, du riz et des chiffons aux congressistes ?

L’utilisation du mot « chiffon » à la place de « pagne » est l’expression la plus achevée du mépris qu’il a pour le peuple Ivoirien.

Si tant est que l’huile, le pain, les chiffons et le riz, cités plus haut, constituent la panacée pour mobiliser le peuple Ivoirien, pourquoi le Président Bédié n’en avait-il pas fait usage, au moment où il lançait son appel en 1999, pour emmener les Ivoiriens à descendre dans la rue quand il avait été débarqué du pouvoir ? 

Alors, que le Président Bédié sache que le RHDP n’a forcé personne à faire le déplacement du stade Félix Houphouët-Boigny. C’est fort de leur conviction et de leur foi en la paix en Côte d’Ivoire, que tous les militants, militantes et sympathisants du RHDP ont effectué ce grand pèlerinage qui suscite déjà la jalousie chez nos adversaires. 

Devrions-nous nous taire, face aux attaques perpétrées par le Président Bédié, qui deviennent de plus en plus récurrentes ces derniers temps ?

Non, chers amis de la presse, le président du PDCI-Daoukro ne devrait pas descendre aussi bas.

Mais qu’il sache, comme aimait à le rappeler le Père fondateur, le crachat jeté en l’air vous retombe toujours sur le front.

Quand on aspire à reconquérir le pouvoir d’Etat, on prend de la hauteur. Quand on s’autoproclame dépositaire authentique de l’Houphouétisme, on ne tient pas des propos qui ne sont pas dignes du Président Houphouët-Boigny et de sa philosophie politique, surtout quand on s’adresse à une assemblée constituée de la jeunesse de son parti. Le Président Henri Konan Bédié a le devoir d’éduquer les jeunes du PDCI-RDA au respect des valeurs qui incarnent cette philosophie politique.

En outre, dans sa volonté de faire mal, il va jusqu’à tenir des propos offensants pour la mémoire du Président Houphouët-Boigny, en taxant ce dernier d’avoir laissé à la postérité des « fils adultérins ». Le dire, c’est accuser implicitement le Père-fondateur, cette illustre personnalité de notre pays, d’avoir entretenu des relations politiques extraconjugales ou parallèles desquelles seraient issus des « fils adultérins ». 

Mesdames et Messieurs les journalistes, le RHDP s’interroge.

Entre un prétendu fils légitime qui a commis le parricide, dès son avènement au pouvoir, en retirant les posters d’Houphouët-Boigny de tous les bureaux, en supprimant les pensées du jour publiées par Fraternité Matin et diffusées sur les antennes de la RTI, en laissant tomber en ruine et dans la broussaille, la maison du PDCI-RDA de Yamoussoukro, en poussant le rubicon jusqu’à vouloir remplacer le PDCI-RDA par le Cercle National Bédié et un « fils adultérin » qui a choisi d’immortaliser Houphouët-Boigny en créant un parti qui porte son nom, entre les deux dis-je, qui est, en réalité le fils légitime ?

En d’autres termes, ce prétendu fils légitime d’Houphouët-Boigny, qu’a-t-il fait de l’héritage à lui légué par le père ?

De grâce, que le Président Bédié n’engage pas la Côte d’Ivoire dans un autre concept nocif, plus dangereux que celui de l’ivoirité dont il est le père légitime et qui a fait tant de mal au pays. En effet, Houphouët-Boigny a toujours été le père de la nation toute entière. Il ne faisait aucune distinction entre ses enfants, qu’ils soient du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest en passant par le centre.

Une telle façon de faire de la part du Président Bédié en parlant « d’héritiers légitimes » et de « fils adultérins » est révélatrice de sa volonté de réveiller encore les vieux démons de la division en catégorisant les Ivoiriens. En effet, en traitant les membres du RHDP de « fils adultérins », c’est une véritable insulte que M. Bédié leur administre. Car, si l’on se réfère au concept d’ « enfant adultérin », il est conçu comme enfant né hors mariage, donc un enfant illégitime.

Mais, qui a dit que l’esprit d’un père ne se trouve pas sur l’enfant qu’il a conçu hors mariage ?

Qu’il soit entendu du Président Bédié et de ses suiveurs que dans le contexte qui nous préoccupe, les enfants de Félix Houphouët-Boigny ne sont pas ceux qui sont issus de sa famille biologique, mais plutôt ceux qui se réclament de son héritage spirituel dont n’ont jamais fait partie, les militants du Front Populaire Ivoirien (FPI) qui sont aujourd’hui adulés par M. Bédié. 

En tout état de cause, quel qualificatif le Président Bédié trouvera-t-il pour la dénomination de ces opposants irréductibles d’Houphouët-Boigny avec lesquels il négocie, par opportunisme, une plateforme politique ? 

Acceptera-t-il de brader l’héritage d’Houphouët-Boigny avec ses nouveaux alliés qu’il appelait naguère des « hypocondriaques endurcis », au détriment de ses supposés frères « adultérins » ? 

N’est-ce pas une façon de s’attaquer à l’héritage d’Houphouët-Boigny que le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix veut sauvegarder ?

Nous comprenons aujourd’hui que le Président Henri Konan Bédié voulait être un autre Houphouët qu’il n’a jamais été. Que le Président Bédié sache qu’il a échoué et c’est ce qui explique son agacement.

Poursuivant son envolée, le Président du PDCI-Daoukro a osé déclarer, par ailleurs que la mobilisation exceptionnelle du stade Félix Houphouët-Boigny serait le fait d’un « rassemblement des détourneurs de deniers publics ».

Pour le respect que le RHDP manifeste au Président Bédié qu’il continue de considérer comme un acteur essentiel de la vie politique en Côte d’Ivoire, il s’est toujours abstenu de lui répondre du tac au tac. Toutefois, face à la gravité singulière des propos qu’il a tenu à Daoukro et compte tenu du fait que la plupart des Ivoiriens ont une parfaite connaissance de l’histoire récente de notre pays, le RHDP voudrait ici élever juste quelques interrogations. 

Mais avant, dire que le RHDP est le « rassemblement des détourneurs de deniers publics » nous semble un peu fort et n’est même pas digne d’un militant lambda du PDCI-RDA, à plus forte raison sortant de la bouche de son chef pour qui chaque mot, en son temps, avait une valeur pédagogique. 

Pour en venir aux questions, est-ce de cette façon que le Président Bédié entend rassembler tous les fils de Félix Houphouët-Boigny en traitant ceux qui refusent de le suivre dans sa nouvelle aventure, de voleurs et de « détourneurs de deniers publics » ?

Pourquoi en 1977, le Président Houphouët-Boigny a-t-il bruyamment relevé le Président Henri Konan Bédié de ses fonctions de ministre de l’économie et des finances ?

Pourquoi au soir de son règne, en 1998-1999, avant le coup d’Etat, tous les bailleurs de fonds lui avaient fermé tous les robinets ? 

Que dire de cette scabreuse affaire des 18 milliards de l’Union Européenne ?

M. Guikahué qui était tout heureux lorsque le Président Bédié prononçait son discours à Daoukro, oublie-t-il qu’il était l’épicentre de ce scandale financier, qui a fait trembler le Gouvernement Bédié ?

Est-ce le même Président Bédié qui hier réclamait un second mandat pour le Président Alassane Ouattara, au regard de ses prouesses de grand bâtisseur à la tête de l’Etat, lors de l’inauguration du pont qui porte son nom ?

Est-ce encore le même Bédié, qui faisait l’éloge de la bonne gouvernance du Président Alassane Ouattara dans tous ses discours ? Depuis qu’il est passé du statut d’allié à celui d’opposant, a-t-il subitement changé les lunettes avec lesquelles il ausculte désormais la gouvernance du Président Alassane Ouattara, au point de voir en noir aujourd’hui ce qui était blanc hier ? 

Manifestement, ces propos qui transpirent la haine et la rancune relèvent d’un adversaire politique en déroute qui dit et se dédit. 

Pour le RHDP, le Président Henri Konan Bédié dont le parti, le PDCI-RDA a pris une part effective à la gestion des affaires de l’Etat, de 2011 à juin 2018, ne saurait se dérober de celle-ci, en taxant, le RHDP de « rassemblement des détourneurs de deniers publics ». En d’autres termes, si par extraordinaire, il y a eu détournement effectif de deniers publics, comme il le prétend, le PDCI-RDA et son président doivent accepter d’assumer leur part de responsabilité. Ils sont co-auteurs ou à tout le moins receleurs, surtout que c’est le Président Henri Konan Bédié, lui-même, qui avait affirmé que « le parti unifié est dénommé RHDP ». 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Au regard de ce qui précède, le RHDP voudrait élever ici une vive protestation contre toutes ces attaques et accusations gratuites qui relèvent de la seule imagination de M. Bédié et de ses suiveurs, comme il se plaît à les qualifier. 

Le RHDP en appelle à la responsabilité du Président Henri Konan Bédié qui doit éviter d’inoculer le venin de la violence, de la division et de la stigmatisation à la jeunesse.

Pour le RHDP, la paix est une œuvre, une construction perpétuelle. Comme le dit le Président Félix Houphouët-Boigny, « la paix, ce n’est pas un mot mais un comportement ». Tachons donc d’agir en homme de paix en désarmant nos langues. Cultivons l’amour et la concorde malgré nos divergences politiques et religieuses, pour nous rendre dignes des héritiers du Président Félix Houphouët-Boigny qui n’a jamais fait de différence entre ses enfants, parce que pour lui, la Côte d’Ivoire, une et indivisible, doit demeurer le pays de la vraie fraternité. 

Pour terminer, le RHDP voudrait spécialement féliciter et encourager le Président Alassane Ouattara dans sa quête inlassable de rassemblement de tous les Ivoiriens, de toutes les forces vives de la nation, autour de l’idéal de paix, de pardon et de réconciliation, dans le droit fil des enseignements du Père-fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, le Président Félix Houphouët-Boigny dont il est aujourd’hui, le digne héritier. 

Le RHDP voudrait enfin remercier les militantes, militants et sympathisants du RHDP qui ont eu foi en notre chef et qui ont adhéré de façon délibérée à ce parti.

Le RHDP prie le Président Alassane Ouattara de poursuivre ses efforts en faveur du développement, de la paix et de la cohésion sociale et de ne point se laisser distraire par ces agitations et attaques, qui n’ont pour seul but que de le détourner des objectifs nobles qu’il s’est fixés. ///// Vive le RHDP, parti créé pour servir et bâtir la Côte d’Ivoire. 

Pour le RHDP 

Le Porte-parole Principal

KOBENAN Kouassi Adjoumani

La vidéo intégrale du discours pour du Président de la République président du RHDP pour ceux d’entre nous qui avons souffert de la mauvaise sonorisation de ce grand moment.

Extrait des Propos du Président de la République, Président du RHDP  « C’est le jour de notre jour, c’est notre moment. Aujourd’hui, le 26 janvier, c’est notre jour. Nous sommes dans une alliance politique et cette alliance qui nous a permis de gagner les élections de 2010. Je me rappelle les moments que nous avons passé à l’hôtel du Golf. C’est à ce moment que l’union et le vivre ensemble se sont resserrés. Mais aujourd’hui nous avons décidé le vivre ensemble et c’est ensemble nous avons remporté les élections démocratiquement en 2015.  Depuis la mort d’Houphouët, nous n’avons pas eu de tranquillité jusqu’à ce que je vienne au pouvoir. Nous avons donné la parole aux ivoiriens pour qu’il soit ensemble, toujours ensemble, hier ensemble, aujourd’hui ensemble et ensemble pour toujours. Je veux vous remercier et vous dire que vous êtes formidable. Je félicite le comité d’organisation avec à sa tête adama bictogo. » 

’’pas moins de 150.000 personnes étaient attendues’’ à ce ’’Rassemblement pour la paix et la cohésion sociale’’

une page de notre Chère Côte d'Ivoire est tournée J'y étais et j’ai participé et j'ai apporté ma modeste contribution je suis fier d'être Alassaniste vive le RHDP dans une Côte d'Ivoire réconcilier et paisible je reste serein et confiant pour 2020 dans la perceptive de l'émergence en horizon 2020

Ce sont plusieurs dizaines de milliers de militants qui ont pris d’assaut le Stade Félix Houphouët Boigny d’Abidjan et ses abords pour participer au 1er Congrès du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), ce samedi 26 janvier 2019.

Venus d’Abidjan et de toutes les régions du pays, ces militants pour certains ont passé la nuit aux abords du stade Félix Houphouët Boigny, afin d’être parmi les premiers à avoir accès au stade. Contrairement au dernier meeting du RHDP dans le cadre de la campagne pour le OUI à la Constitution de la 3eme République, en 2016, c’est un stade Houphouët Boigny archi-comble refusant du monde qu’il a été donné de voir ce samedi. Débordés les organisateurs ont dû fermer les portes du stade pour empêcher que ne surviennent des incidents.

Selon le président du Comité d’organisation du Congrès, Adema Bictogo, ’’pas moins de 150.000 personnes étaient attendues’’ à ce ’’Rassemblement pour la paix et la cohésion sociale’’.

De nombreux écrans géants ont été installés aux abords du stade Houphouët Boigny et dans plusieurs artères de la commune du plateau pour permettre aux militants n’ayant pas eu accès au stade de pouvoir suivre le déroulement du Congrès. 

CÔTE DIVOIRE/L’ÉDITORIAL DE VENANCE KONAN: VOEUX ET ALLÉGEANCE / J’ai cru comprendre à travers ses propos et ceux de certains de ses proches qu’il veut être candidat en 2020 ...

J’ai cru comprendre à travers ses propos et ceux de certains de ses proches qu’il veut être candidat en 2020 et il en voudrait beaucoup au Président de la République de ne pas le soutenir dans ce projet.

"Je persiste à croire et à dire que c’est une erreur de la part de M. Bédié, et que cela risque d’être le combat de trop. Et sur ce chemin-là, je ne le suivrai jamais. Que les choses soient bien claires. J’estime qu’avec le parcours qui est le sien, sa place n’est plus dans l’arène, mais au-dessus de la mêlée. J’aurais voulu qu’il fût celui qui réconcilie Alassane Ouattara et Guillaume Soro, Affi N’Guessan et Simone Gbagbo, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, plutôt que celui qui prend position pour l’un contre l’autre. " 

CÔTE DIVOIRE/L’ÉDITORIAL DE VENANCE KONAN: VOEUX ET ALLÉGEANCE

Le 1er janvier dernier, j’ai eu la surprise de recevoir un sms du président Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda), qui me souhaitait la bonne année. J’étais surpris, parce que c’était la première fois de ma vie que je recevais ses voeux de cette façon. Je l’en ai remercié et lui ai dit que je viendrais volontiers lui présenter les miens de vive voix. Il m’a répondu : « Tu es le bienvenu. » Plus tard, son service de communication m’a convié au déjeuner qu’il offrait à la presse le jeudi 10 janvier à Daoukro. À Daoukro, rappelons-le, vivent ma mère et plusieurs autres membres de ma famille. Aussi, me suis-je retrouvé dans cette ville le jeudi 10 janvier, et ai-je présenté mes vœux au président Bédié, avec des présents comme je le fais chaque année. J’ai également participé au repas qu’il a offert à la presse auquel il m’avait lui-même convié à la fin de notre rencontre. Le lendemain matin, j’ai constaté que son service de communication avait envoyé la photo de notre rencontre à plusieurs personnes et journaux, et certains se sont demandé si j’étais allé faire allégeance au président Bédié.

J’ai un grand respect pour le président Bédié, en raison de tous les postes qu’il a occupés dans ce pays, et aussi parce que je suis ressortissant de Daoukro dont il est quelque peu le patriarche. Je fais partie de la première promotion à avoir passé le baccalauréat au lycée moderne de Daoukro en 1978, et notre promotion s’appelait justement Henri Konan Bédié. Il était notre parrain. Lorsqu’il était Président de la République, je fus l’un de ses plus grands laudateurs, pour ne pas dire l’un de ses sofas. Je l’avais suivi dans son combat contre Alassane Ouattara et avais soutenu son concept d’ivoirité. Je me suis démarqué de lui lorsque j’ai constaté tout le mal que ce concept faisait à notre pays. Plus tard, j’ai applaudi lorsqu’il s’est réconcilié avec Alassane Ouattara. J’ai versé une petite larme à Yamoussoukro en novembre 2010, lorsqu’il a appelé ses partisans à voter pour Alassane Ouattara. Et j’ai constaté avec joie, comme beaucoup de nos compatriotes, que le tandem qu’il formait avec le Président de la République avait permis à notre pays de retrouver sa stabilité et de renouer avec la croissance. Et j’ai été malheureux, et je le suis toujours, lorsque j’ai vu M. Bédié devenir un irréductible opposant à M. Ouattara.

J’ai cru comprendre à travers ses propos et ceux de certains de ses proches qu’il veut être candidat en 2020 et il en voudrait beaucoup au Président de la République de ne pas le soutenir dans ce projet. Je persiste à croire et à dire que c’est une erreur de la part de M. Bédié, et que cela risque d’être le combat de trop. Et sur ce chemin-là, je ne le suivrai jamais. Que les choses soient bien claires. J’estime qu’avec le parcours qui est le sien, sa place n’est plus dans l’arène, mais au-dessus de la mêlée. J’aurais voulu qu’il fût celui qui réconcilie Alassane Ouattara et Guillaume Soro, Affi N’Guessan et Simone Gbagbo, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, plutôt que celui qui prend position pour l’un contre l’autre. J’aurais voulu qu’il fût celui qui rassemble tous les fils du Pdci-Rda, même les plus turbulents, plutôt que celui qui exclut. J’aurais voulu qu’il fût l’homme des discours apaisants, et non celui aux violentes diatribes. J’aurais voulu qu’il s’entourât de colombes plutôt que de faucons. Au fait, avec qui le Pdci-Rda compte-t-il reprendre le pouvoir lorsqu’il chasse tous ses cadres ? Je pense que la place du Pdci-Rda est dans le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qu’il soit unifié ou pas. L’houphouétisme, c’est l’union, pas la division. Je voudrais rappeler que c’est le président Bédié qui a, le premier, parlé de la nécessité de créer un parti unifié dans son « appel de Daoukro. » Relisez bien son discours.

Je pense aussi que dans la vie, il arrive toujours un moment où il faut passer la main

Lorsque l’on est déjà entré dans l’histoire, il faut savoir y rester. Le Chef de l’État a invité le Président Bédié à deux reprises à passer le relais à une autre génération, en citant les exemples de plusieurs dirigeants occidentaux qui sont à peine quadragénaires. La Côte d’Ivoire a changé. Les Ivoiriens aussi. Dans leur grande majorité, ils ont moins de trente ans. Notre pays a une histoire particulière que nous avons tous contribué à écrire, et qui nous a amenés à nous battre il n’y a pas très longtemps.

Nous devons impérativement tourner cette page en passant le relais à une autre génération. Faisons attention à ne pas réveiller de vieux démons comme nous le faisons actuellement. Que tout le monde, dans tous les camps, garde en mémoire que nous avons un pays encore fragile, que des mots, de simples mots peuvent faire beaucoup de mal.

Venance Konan

Un papier de. Mamadou Habib Karamoko à l’adresse d’Alassane OUATTARA & d’Henri KONAN BEDIE / Oui, l’esprit de FHB est porteur de paix !

« Chers aînés, Je remarque aussi que lorsque l’esprit de FHB vous est revenus et que vous avez enterré la hache de guerre, la Côte d'Ivoire a retrouvé la paix, la stabilité et la croissance. »

Par : Mamadou Habib Karamoko #MonPays 

Chers aînés,

Vous avez eu chacun, la chance et le privilège d’être des proches collaborateurs du Président Félix Houphouët-Boigny auprès de qui, vous avez certainement beaucoup appris. Voyez-vous, toute sa vie, le sage de Yamoussoukro a prôné la PAIX et le DIALOGUE. C’est pourquoi, en témoignage de ses actions devant Dieu et pour la postérité, il a fait bâtir dans son village natal, notre DAME DE LA PAIX, cette œuvre architecturale dont le gigantisme et le raffinement se la disputent à la splendeur. Aussi, l’UNESCO, pour perpétuer l’esprit, les efforts et la philosophie de FHB, a créé un prix international pour la recherche de la paix. Et il vous plaît chacun, d’assister fièrement à la remise de cette distinction. N’est-ce pas ? Chers aînés,

Je remarque comme de nombreux ivoiriens que dans un passé récent, alors que l’esprit du père de la nation vous avait quittés, vos divergences et vos incompréhensions avaient profondément divisé les enfants du même pays. Certains parmi ceux-ci continuent malheureusement encore à se regarder en chiens de faïence, au lieu de s’accepter comme des frères et sœurs ayant la même communauté de destin. Oui, vos divergences avaient fini par exposer le pays à la haine, l’insécurité et au désordre. 

Je remarque aussi que lorsque l’esprit de FHB vous est revenus et que vous avez enterré la hache de guerre, la Côte-d’Ivoire a retrouvé la paix, la stabilité et la croissance.

Oui, l’esprit de FHB est porteur de paix !

Mais depuis quelques temps, des sons de cloche stridents et de plus en plus discordants se font entendre ; ils me disent que l’esprit de FHB est en train de vous quitter ; ils me rappellent les heures sombres de notre jeune histoire.

Ces sons de cloche ne sont pas ceux de NOTRE DAME DE LA PAIX....mais plutôt de vos différentes chapelles où les officiants ne sont que de vulgaires opportunistes et des lugubres sicaires !

Chers aînés,

Pendant qu’il est encore temps, faites revenir en vous l’esprit de FHB et renouer le fil du dialogue pour le bonheur de la Côte-d’Ivoire. Rentrez-en vous-même et revenez-nous avec la cohésion sociale et la quiétude.

Ne succombez point aux boniments des sycophantes, et ne cédez pas aux machinations des extrémistes de vos camps qui n’ont que faire de la patrie et de l’intérêt collectif.

Si les ambitions de pouvoir sont légitimes, la vie des ivoiriens l’est davantage ! La Côte-d’Ivoire renaît et nous devons tous l’aider à vivre, grandir et à être à nouveau notre fierté.

Je suis Mamadou H. KARAMOKO et je l’ai dit...

Récit exclusif / Dans la tête de Laurent Gbagbo :Cette nuit-là, « Seplou » est seul dans son bureau...

"Un maître d’hôtel lui a apporté un verre d’eau et un sandwich jambon-beurre. Sa large chemise Pathé’O flotte un peu" 

L’ex-président ivoirien n’a jamais envisagé sa défaite. Battu dans les urnes, dos au mur, il s’est retrouvé sans plan B. Si ce n’est le passage en force.

Récit exclusif.

Les hommes de pouvoir n’ont de secrets ni pour leur valet de chambre ni pour leur graphologue. Ceux qui pensaient que Laurent Gbagbo allait se soumettre au verdict des urnes et qui s’étonnent de le voir, quinze jours plus tard, vissé à son fauteuil présidentiel comme une huître à son rocher, submergé par la marée des condamnations internationales, en seraient moins surpris s’ils avaient en tête cette analyse graphologique, réalisée il y a quatre ans sur la base d’un manuscrit échappé du Palais de Cocody. Il y est question d’un homme qui « s’identifie complètement à son personnage sans se dévoiler pour autant à titre personnel », qui répond au doute par « l’attaque » et « l’orgueil », sur qui « l’affectif et la sensibilité n’ont pas de prise », qui ne « s’avoue jamais vaincu », qui « joue sur son autoritarisme et son besoin de puissance », dont l’ego et la détermination composent « une personnalité de style paranoïaque » avec un mode de conduite à la fois profondément structuré et définitivement inamovible. Se ment-il à lui-même, lui qui entretient avec la vérité des rapports fluctuants maintes fois dénoncés par ses adversaires et partenaires ? Rien n’est moins sûr. Mais, même s’il sait que ses probabilités de survie au pouvoir sont à terme totalement hypothétiques, cette posture de « Gbagbo contre le monde entier » est sans doute celle où il puise le plus de ressources intimes.

Dos au mur réapparaît alors Gbagbo le Bété, héritier de six siècles d’enracinement en terre d’Éburnie et d’une longue histoire de résistance minoritaire à la conquête puis à l’occupation coloniale françaises. Gbagbo l’opposant, persuadé d’incarner un « nouvel ordre » et la seconde indépendance, la seule vraie, de la Côte d’Ivoire. Gbagbo le nationaliste, contraint comme il le dit de « faire la révolution de 1789 sous le contrôle d’Amnesty International » et qui, face aux « candidats de l’étranger », aux blindés blancs de l’ONU et aux injonctions de la communauté internationale, clame que son pays « n’est pas recolonisable ». Réapparaît « Seplou », son surnom du village, l’oiseau qui avertit du danger et annonce la guerre. Comme Robert Mugabe, comme la plupart des chefs d’État quand ils sont confrontés aux diktats politiques, économiques ou judiciaires du Nord – Cour pénale internationale, critères démocratiques de la bonne gouvernance, biens mal acquis… –, Laurent Gbagbo joue donc, mi-sincère mi-calculateur, sur le registre d’un patriotisme afrocentriste qui est loin d’être obsolète auprès d’une partie de l’opinion continentale. Le problème évidemment est que plus d’un Ivoirien sur deux ne se reconnaît pas dans cette démarche, que même s’il ne s’y est résigné qu’à contrecœur, il a bien accepté que cette élection se tienne sous étroite observation extérieure, et que la Commission électorale indépendante (CEI), dont il prévoyait à l’avance qu’elle avaliserait une mesure « inévitable » mais néanmoins « acceptable » de fraudes, en dise les résultats. Le problème enfin est qu’en cas de défaite, inenvisageable à ses yeux tant cette humiliation lui est insupportable, le phacochère blessé qu’il est devenu n’a jamais eu d’autre plan B à sa disposition que le passage en force… 

Waterloo électoral Comment Laurent Gbagbo a-t-il bu le calice de son Waterloo électoral ?

Pourquoi a-t-il décidé de s’enfermer dans son Fort Chabrol de Cocody et de tenir tête à l’Histoire ?

Jusqu’où ira-t-il ?

Le récit exclusif des cinq jours qui ont fait basculer la Côte d’Ivoire, vu de l’intérieur du bureau présidentiel et reconstitué à partir du témoignage des proches du chef de l’État sortant, éclaire d’un jour singulier une fin de règne lugubre et parfois surréaliste.

>>> Dimanche 28 novembre, 23 heures. Dans son QG de campagne du quartier d’Adoban, à Abidjan, Laurent Gbagbo a le sourire. Selon les informations en sa possession, la clé du scrutin – le report des voix de l’électorat d’Henri Konan Bédié – tourne dans le bon sens. Les chiffres, tout au moins ceux qui lui parviennent, le donnent en tête avec 52 % des voix, contre 48 % à Alassane Ouattara. « Vous voyez bien, lâche le président. Je savais que la greffe n’allait pas prendre. » Ce qu’il ignore, bien sûr, c’est qu’au même moment son rival a en mains des estimations radicalement inverses en provenance de la CEI (57 % en sa faveur). Et que, dans sa suite du Golf Hôtel, le Premier ministre, Guillaume Soro, est en train de basculer. Soro, qui a pourtant cru en Laurent Gbagbo avant le premier tour du 31 octobre et peut-être voté pour lui, puis senti la montée en puissance de Ouattara, est très remonté contre celui qui le qualifiait pourtant, il y a à peine deux mois, de « meilleur de [ses] Premiers ministres ». Motif : le brusque durcissement de la campagne électorale du président sortant entre les deux tours. Simone Gbagbo, qui a pris les rênes, a cru bon de fustiger à longueur de discours les « fauteurs de guerre » des Forces nouvelles, qui ont voulu « éliminer » son mari pour le compte de Ouattara. Or, les FN, c’est la base et la matrice de Guillaume Soro, lequel n’a en outre pas apprécié la proclamation unilatérale du couvre-feu. « Rien qu’en annonçant cela à la télévision, Gbagbo s’est tiré une balle dans le pied : il a perdu quatre points en cinq secondes ! » fulmine-t-il.

>>> Lundi 29 novembre, 20 heures. Devant ses proches, Gbagbo paraît un peu moins sûr de lui. Tout le monde, à l’extérieur, commente la victoire annoncée de son adversaire, mais nul n’ose lui en parler. « On devrait gagner, confie-t-il. Mais il y a des fraudes, plus graves que ce que j’avais prévu. » Un peu plus tard, il téléphone à son voisin et facilitateur de la crise, le président burkinabè, Blaise Compaoré, puis raconte sa conversation : « Je lui ai dit : “Blaise, on me signale des mouvements de tes troupes à nos frontières.” Il me répond : “Ah bon ? Quelles troupes ?” Je rétorque : “Tu n’es pas au courant ?” Il réfléchit un peu, puis me dit : “Oui, je vois ce que c’est, ce sont des petites manœuvres avant les célébrations de notre cinquantenaire le 11 décembre à Bobo-Dioulasso.” Je réponds : “Tu ne pourrais pas les faire ailleurs ? Ça m’arrangerait.” On a rigolé. » Vers 22 heures, un visiteur informel, go-between entre les deux camps, glisse à l’oreille du président que Guillaume Soro a décidé de le quitter et de rallier Alassane. « C’est impossible, il ne peut pas ! Ce serait trahir ! s’exclame Gbagbo. Dites-lui de venir me voir immédiatement.

» Trente minutes plus tard, le Premier ministre arrive et s’engouffre dans le bureau présidentiel. Rien ne filtre, mais tout laisse à penser qu’aucun des deux hommes n’a véritablement crevé l’abcès.

>>> Mardi 30 novembre, 19 heures. Nady Bamba, la seconde épouse du chef, n’en démord pas. Elle a rencontré secrètement un collaborateur très proche de Soro et en a retiré l’impression que « Guillaume ne va pas [les] lâcher. » En pleurs, elle ajoute : « Ils vont arranger les choses, Allah est avec nous ! » Arranger ? Entre nuit et brouillard, l’heure est aux intermédiaires de l’ombre. Un riche homme d’affaires de la région installé à l’hôtel Pullman, qui a ses entrées à la primature comme à la présidence, fait ainsi d’étranges propositions de compromis entre les deux hommes. « Tout est négociable », répète-t-il, et le plus étonnant est qu’il est apparemment mandaté pour le faire. Informé, Gbagbo refuse : « C’est un piège ! » Gbagbo qui, désormais, hésite et semble douter. « Nous sommes à 50-50, confie-t-il, mais je m’accrocherai. » Sans doute pense-t-il désormais à mettre en œuvre son plan de sauvetage : tout faire pour empêcher la CEI de proclamer les résultats « biaisés » et passer la main au Conseil constitutionnel. Au Golf Hôtel, Soro, lui, ne doute plus. Avec ses proches, il choisit le nom de son futur parti : ce sera le FND, Forces nouvelles démocratiques.

>>> Mercredi 1er décembre, 19 heures. Dans la cour de la présidence, à Cocody, l’entourage de Laurent Gbagbo arbore des mines renfrognées, limite agressives. Ici, l’étranger au carré des fidèles n’est pas le bienvenu. « L’Angola a connu vingt-sept ans de guerre civile, nous n’en sommes qu’à la huitième, nous tiendrons encore dix-neuf ans », lâche un officier. Il est 20 heures quand un visiteur livre enfin au chef ce que nul depuis deux jours n’a eu la volonté de lui dire : les chiffres que la CEI s’apprête à rendre publics le donnent battu : « Tu as 46 %. » Gbagbo accuse le coup, puis se reprend : « Cela ne m’étonne pas. La CEI a toujours été contre moi.

Choi et l’Onuci vont passer l’éponge sur les fraudes parce que la fraude est du bon côté, celui de Ouattara. Mais la CEI n’est qu’un outil technique. L’outil juridique, c’est le Conseil constitutionnel.

La loi prime, et la loi ce sont les Blancs qui l’ont faite. Je ne céderai pas. » Puis il décroche son téléphone : « Appelez-moi le Premier ministre. » Gbagbo à Soro : « Viens, je t’attends. » Soro : « Mais je suis avec Choi. » Gbagbo : « Laisse-le et viens me voir. » Soro est en route. Prévenue, la garde à l’extérieur fait savoir qu’elle ne le laissera pas approcher : « Pas question qu’il voit le chef ! » Laurent Gbagbo doit réitérer ses ordres. L’entretien qui suit entre les deux hommes est tendu. Ils parlent des fraudes et le président fait savoir qu’il est hors de question à ses yeux que la CEI proclame les résultats avant minuit : « Je ne les reconnaîtrai pas. » Derrière la porte entrebâillée, des proches de Gbagbo ne perdent pas une miette de la conversation et, comme s’ils doutaient de la détermination de leur chef, font non de la tête dès que Soro prend la parole. Plus tard dans la nuit, de retour à l’hôtel, Guillaume Soro expliquera que Laurent Gbagbo lui est apparu « fatigué, désorienté », et que, dans ces conditions, il n’a pas eu le courage de lui confirmer qu’il avait bel et bien perdu la partie. Les ponts sont coupés. Ils ne se reverront plus.

>>> Jeudi 2 décembre, 14 heures. Le délai imparti à la CEI pour annoncer les résultats étant théoriquement expiré depuis la veille, une course de vitesse s’est engagée entre les deux camps. Alassane Ouattara téléphone au chef de l’Onuci, Choi Young-jin, pour lui demander d’abriter dans ses locaux la conférence de presse de Youssouf Bakayoko, le président de la CEI, qui doit proclamer les résultats provisoires. Refus de Choi : « Non, pas chez moi, ce ne serait pas opportun. » Ce sera donc au Golf Hôtel – pas le meilleur endroit, symboliquement et politiquement, mais tout de même en « territoire ivoirien ». En début de soirée, on apprend que le Conseil constitutionnel va proclamer ses propres résultats le lendemain.

Ouattara à un émissaire : « Dis à Gbagbo que s’il revient à la raison il ne lui arrivera rien ; je le protégerai jusqu’au bout. » Autre pensionnaire prestigieux du Golf, Henri Konan Bédié est, lui, beaucoup plus tranchant : « Gbagbo est devenu fou ; il ne tiendra pas. Dans quelques jours, l’armée et l’Onuci l’auront balayé. » L’armée… Tard dans la soirée, Laurent Gbagbo confie à un visiteur : « Je sais que Soro et ses rebelles préparent une offensive pour prendre Yamoussoukro et descendre sur San Pedro. Ils comptent sur des divisions au sein des Forces de défense et de sécurité. Mais je n’ai aucune crainte. L’armée et moi, nous avons scellé un pacte. Pour le reste, qu’ils prennent le Nord, on peut vivre sans ! »

>>> Vendredi 3 décembre, au cœur de la nuit. Au palais de Cocody, l’atmosphère est à la mobilisation et au recueillement. Des exhortations s’échappent de petits groupes de prière réunis çà et là : « Dieu protège la Côte d’Ivoire ! » La Bible et le fusil. Laurent Gbagbo, dont l’entretien téléphonique avec Nicolas Sarkozy s’est très mal passé, reçoit l’ambassadeur de France Jean-Marc Simon. « Sarkozy, c’est Chirac II ! », tonne-t-il, « Vous devez savoir que dans le droit ivoirien, c’est le Conseil constitutionnel qui prime ! Le droit, c’est vous qui l’avez inventé n’est-ce pas ? » Même s’il se dira plus tard « impressionné » par l’extrême résolution de son interlocuteur, Simon se montre ferme. « Pas de violences, pas de sang versé, aucun Français ne doit être touché », répète-t-il. Depuis le milieu de l’après-midi, le président ivoirien a brûlé ses vaisseaux. Le Conseil constitutionnel l’a déclaré élu sans même tenir compte de l’article 64 du code électoral ivoirien, révisé en 2008 et qui prévoit qu’au cas où le Conseil « constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble », il doit prononcer « l’annulation de l’élection présidentielle » (et non pas l’identité du vainqueur), un nouveau scrutin devant être organisé « au plus tard quarante-cinq jours » à compter de la date de cette décision.

Non au Prix Nobel de la soumission 

Cette nuit-là, « Seplou » est seul dans son bureau. Un maître d’hôtel lui a apporté un verre d’eau et un sandwich jambon-beurre. Sa large chemise Pathé’O flotte un peu. Il est fatigué, amaigri, mais ses yeux s’animent d’une étrange lumière quand il se lance, devant un proche qu’on vient d’introduire, dans un long monologue.

« Eh bien quoi ?

Pourquoi céder ?

Pourquoi partir ?

Pour qu’on me décerne le prix Nobel de la soumission ?

Pour qu’on me cite en exemple devant les écoliers de France et que l’on dise : voilà la preuve que la démocratie à la française ça marche jusqu’au fin fond de l’Afrique ?

Eh bien non.

Cette élection démontre que la démocratie ici, ça ne marche pas encore.

Où est le vote moderne, quand l’imam donne des consignes à la mosquée et que tous ses fidèles le suivent comme un seul homme ?

Où est la démocratie, quand tout le monde triche ?

La Côte d’Ivoire est en phase d’apprentissage démocratique et c’est à moi, Laurent Gbagbo, de la guider jusqu’à ce que la leçon soit apprise. Alors, bien sûr, on va me condamner. Les Américains, les Français vont me condamner. Je ne suis pas Israël, je ne suis pas Moubarak, je ne suis pas Karzaï. Je ne suis qu’un Africain. Mais je résisterai. J’ai le cuir épais. Bédié s’est couché. Moi, je ne laisserai jamais Alassane Ouattara diriger la Côte d’Ivoire. S’il veut mon fauteuil, il faudra d’abord qu’il me passe sur le corps !

» Dehors, les crapauds-buffles qui hantent les rives glauques de la lagune Ébrié coassent à l’unisson.

La messe est dite.

Jeune Afrique 18 décembre 2010 à 17h44 Par François Soudan

« Le RHDP est un beau cadeau qu’offre le destin à Bédié » Par (Pr Dibi, pro-RHDP unifié)

LE RHDP COMME LE PDCI EN SON ESSENCE ACCOMPLIE

Le Bureau Politique du PDCI, en sa réunion du lundi 24 septembre 2018, à Daoukro, vient de confirmer que ce parti se retire définitivement du RHDP. Il est souligné qu’il envisage la « mise en place d’une plate-forme de collaboration avec les forces vives de la nation » et toute formation politique partageant « sa vision d’une Côte d’Ivoire réconciliée et pacifique ». Au plan formel, l’on peut dire que par son retrait, le PDCI vient de rejoindre l’opposition : en effet, il se pose en s’opposant au RHDP, à ce noble projet de construction de notre être-ensemble, se recueillant dans le ressouvenir du premier bâtisseur de notre pays, pour répondre aux exigences de la modernité, en réunissant ce qui est épars. Que l’opposition politique dans notre pays puisse voir la venue au jour d’une autre formation pour se renforcer, qui le pourrait refuser ? N’est-il pas d’ailleurs souhaitable au plus haut point pour la santé éthique d’une nation que ne soit pas étouffée l’opposition, que celle-ci soit vivante pour, sans cesse, par le regard critique, aider à lever la tête, à ne pas nous déposer, en un mot, à travailler à l’avènement d’un lendemain davantage humain ? 

Les grandes nations ne se sont-elles pas construites sur cette base, soucieuses que la pluralité caractérise l’existence et que c’est par aiguisement et affinement des divers points de vue que peut fleurir une société épanouissante ? 

Sur ce point, ne faut-il pas se demander ce qui réellement, essentiellement, oppose le PDCI au RHDP ? Nous ne voyons pas le PDCI s’opposer à partir d’un projet de société, d’une vision du monde, de l’homme, d’une conception de la vie historique ! Pascal souligne que toute la dignité de l’homme consiste dans la pensée. Les débats d’idées, exercice par lequel les hommes rejoignent ce qu’il y a de plus haut et de plus noble en eux, sont comme en sommeil dans le champ politique de notre pays. Le sommeil de la raison engendre des monstres. En nous contentant des préjugés, des opinions boiteuses et contingentes, notre raison tourne sur elle-même, à vide et glisse nécessairement vers ce que Platon désigne comme étant la partie bestiale de l’âme qui, déchaînée, ose tout. L’avènement d’une nation démocratique n’est possible que si nous nous exercions à aller vers des idées, à les construire et à les soutenir dans un examen parallèle, « un frottement analogue à celui de deux allume-feux », selon l’expression de Platon, afin que jaillisse une lumière susceptible d’éclairer chacun de nous, en révélant que le vrai n’est ni à moi, ni aux autres, mais qu’il est entre nous, au milieu.

Le PDCI tel qu’il est conduit actuellement, comme il va, ne gagnerait-il pas à établir conceptuellement ce qu’il vise, ce qu’il est en soi et que ne serait pas le RHDP, afin que son opposition actuelle ait un sens ? Autrement, son acte de s’opposer ressemble à cette « dispute de jeunes gens têtus » dont parle Hegel, dont « l’un dit A quand l’autre dit B, pour dire B quand l’autre dit A », et qui, par la contradiction avec soi-même, se payent la satisfaction de demeurer en contradiction l’un avec l’autre ! Dans les discours prononcés à Daoukro, il a été entendu les phrases qui suivent : « je ne sais pas ici en Côte d’Ivoire et particulièrement en cette salle qui peut souhaiter la disparition du PDCI-RDA. Peut-être que je me trompe ; si tel est le cas, que ces personnalités présentes se lèvent pour donner leurs raisons profondes ». Le Président Bédié sait bien que les partis constituant le RHDP ne veulent pas la disparition du PDCI. L’avènement du RHDP auquel lui-même de tout son cœur, de toute sa force, de toute son âme, il a contribué, ne signifie nullement la réduction à néant, la mise à mort du parti fondé par le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY. Il est simplement à rappeler que ce parti a connu une détente et une contradiction en soi pour laisser être des formations politiques n’ayant jamais renié leur source, l’âme substantielle de leur provenance. Nourries par le temps et des expériences diversement vécues, elles veulent désormais s’unifier afin de porter plus loin et plus haut l’œuvre initiée par celui qui, ami de la veuve, de l’orphelin et de l’étranger, en grand dialecticien, a poursuivi, toute sa vie durant, une synthèse élégante de la tradition et de la modernité. Cet homme était vraiment ouvert sur l’Universel, entendu comme « ce qui, unique, verse pourtant dans tous les sens », selon Michel Serres.

Le PDCI du Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY trouve en le RHDP son essence accomplie, sa vérité intrinsèque, le lieu où il est véritablement auprès de soi. Il trouve en ce rassemblement sa vie déployée en vives scintillations. La « disparition du PDCI » ne consisterait-elle pas plutôt en sa fétichisation, à dire qu’il est l’essentiel de l’héritage laissé ? L’essentiel ne saurait être un parti, quel qu’il soit, mais ce que vise ce parti, la flamme en lui appelée à se transmuter en un réservoir de vie d’où pourront s’élancer sans cesse des jets, des œuvres. Le parti n’est pas une fin en soi, mais un moyen afin de se mettre en route, quelque part dans l’inachevé. L’essentiel est dans ce qui est éternité de vie et de mouvement, non éternité d’immutabilité.

En bonne logique, si l’on tenait à tout prix à perpétuer le souvenir du Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, pourquoi se retirerait-on d’une formation politique dont le nom porte le terme "Houphouétistes" ?

Ne nourrirait-on pas le désir secret qu’en lieu et place de ce terme, il fût fait mention d’un autre mot ? Le Bureau Politique du PDCI-RDA conclut son communiqué en rassurant ses militantes et ses militants de sa « détermination à reconquérir le pouvoir d’État en 2020 ». Que le dernier mot soit cette visée n’est pas un hasard, nom qu’emprunte Dieu quand il veut rester anonyme, selon Einstein ! Qui n’aura pas compris que seule cette visée est à l’origine du retrait du plus vieux parti de notre pays du RHDP ! L’Évangile du dimanche 23 septembre 2018, un jour avant la réunion de Daoukro, nous rappelle une vérité élémentaire selon laquelle c’est ce que nous nourrissons à l’intérieur de notre être qui afflue vers l’extérieur pour devenir une nourriture indigeste : « Vous désirez quelque chose, mais vous ne pouvez pas l’avoir, et alors vous êtes prêts à tuer ; vous avez envie de quelque chose, mais vous ne pouvez pas l’obtenir, et alors vous avez des querelles et des luttes ».

Il est seulement heureux de constater que l’opposition au RHDP n’aille pas jusqu’au boycott des élections du 13 octobre 2018. C’est le signe que la bonne graine du Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY n’est pas perdue et qu’au bout de la nuit, surviendra une aube nouvelle, « pacifique, douce et bienveillante ».

DIBI Kouadio Augustin Professeur Titulaire de Philosophie Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody

A lire aussi : Le regard du Professeur Dibi Kouadio Augustin, Professeur titulaire de Philosophie à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody sur la situation politique du Pdci-Rda

Ne sentons-nous pas depuis quelques années une embellie des choses ? Pourquoi changer d’attitude et trouver subitement des vertus à des personnes que l’on a rejetées, au point de penser à initier avec elles une plateforme de collaboration ? L’ami, habitué à notre pays et venu ces jours de l’étranger pour nous rendre visite, ne manquera pas, en nous quittant, de garder au plus profond de lui-même, le sentiment suivant : ce pays, manifestement, affectionne de vivre dans l’indifférence du temps sans se soucier une seule seconde des leçons que lui donne, dans le silence et le recueillement des choses, son passé même le plus récent.

Quel est en effet ce peuple qui, lorsque tout semble le conduire à un lieu de synopse, de convergence et de rassemblement du divers, préfère effacer, de très brutale manière, ce que, dans la patience, la douleur et la persévérance, il a su construire, remettant ainsi en cause sa propre œuvre, comme s’il avait choisi d’avoir pour compagne fidèle l’obscurité ? Après tout ce que nous avons vécu et qui a profondément défiguré notre pays, comment comprendre que nous ne fassions pas l’effort de nous saisir de l’heureuse occasion de reconstruction, de restitution et de réconciliation en cours depuis quelques années ?

« POURQUOI, UNE FOIS DANS LE TRAIN, CETTE HABITUDE DE SOMNOLER ET DE NOUS ENDORMIR POUR NE NOUS RÉVEILLER QU’AU MOMENT DE LA COLLISION ? »

De l’encre noire des épreuves, pourquoi ne pas nous exercer à tirer les plus belles couleurs afin de poursuivre le chemin en le polissant et en le consolidant ? Pourquoi, une fois dans le train, cette habitude de somnoler et de nous endormir pour ne nous réveiller qu’au moment de la collision ? Dans la presse, nous avons pu lire que le PDCI RDA a décidé de se retirer du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix, et qu’il « se réserve le droit de promouvoir une nouvelle plateforme de collaboration avec d’autres personnes » !

A vrai dire, l’observateur avisé sentait la chose venir, depuis que cette formation politique, à travers plusieurs voix dans les journaux et des textes écrits, parle de l’Alternance comme « reconquête du pouvoir », invite à libérer le pays en nous mettant en rang de bataille, note une dictature et une « dérive autoritaire » de l’actuelle gouvernance dont il assure pourtant intimement la cogestion ! Un enfant dont l’intelligence est éveillée pourrait poser à ses parents les questions suivantes : le pouvoir actuel conduit-il mal les affaires du pays ? Ne sentons-nous pas depuis quelques années une embellie des choses ? Pourquoi changer d’attitude et trouver subitement des vertus à des personnes que l’on a rejetées, au point de penser à initier avec elles une plateforme de collaboration ?

« LE PRÉSIDENT BÉDIÉ NE PEUT OUBLIER QU’IL A CONTRIBUÉ À L’ENFANTEMENT DU RHDP DONT IL EST LE GARANT MORAL »

On aura compris que rien ne justifie pareille attitude, sinon le désir du pouvoir, loin de tout débat d’idées susceptibles de proposer une vision autrement enrichissante et épanouissante. Ce désir du pouvoir se nourrit de l’idée assez obscure que l’autre par sa réussite nous fait ombrage, qu’il aurait bien fait de ne pas être là parce qu’il boucherait notre horizon ! Le prophète Habacuq révèle que « la puissance est dangereuse : les hommes orgueilleux ne sont jamais en repos, ils sont gloutons comme le monde des morts, comme la mort ils veulent toujours plus ». Après le retrait du RHDP et le ton de tous les discours utilisés pour l’accompagner, ne paraît-il pas difficile et contradictoire de se réclamer « gardiens du temple », de la maison bâtie par le président Félix Houphouët Boigny ?

Lorsque nos gestes, nos mots, nos engagements donnent la preuve de ne pas porter, comme il convient, les valeurs incarnées par le Président Félix Houphouët Boigny, comment pouvons-nous prétendre être dans son temple et en assurer la garde ? Ne serait-on pas plutôt devant le temple, ce qui se traduit par le terme profanum qui donne le mot « profane » ? L’observateur a plutôt l’impression que les gardiens manifestement sont ailleurs, si le mot temple a un sens ! Temple renvoie à un espace sacré où sont organisées des activités rituelles. Rituel vient de ritus qui signifie « action correcte ». Pour avoir accès au temple, il importe de se tenir droit, de rectifier ses pas, en un mot, d’apprendre à marcher vers un orient constant. 

Le ballet incessant des personnalités de tous ordres se rendant à Daoukro donne l’impression que le temple du PDCI RDA est certes garni d’ornements variés, mais manifestement privé de sanctuaire, d’un lieu secret le sacralisant, car y défilent des individus apparaissant comme des intrus, en terre étrangère, seulement désireux de se couvrir du manteau protecteur d’une formation politique qui a contribué à édifier notre pays et à nous nourrir utilement. 

« QUI NE GARDERAIT ENCORE DE L’APPEL DE DAOUKRO QUI A SAUVÉ NOTRE PAYS D’UN ENSABLEMENT ET D’UN OBSCURCISSEMENT, UN SOUVENIR VIVANT ? »

Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara se sont entretenus ce mercredi 8 août 2018 Le trésor du temple mérite hautement et autrement d’être entretenu : le RHDP n’en offre-t-il pas l’heureuse opportunité ? Ce ne serait point faire injure au président Bédié que de dire que le RHDP est un beau cadeau que lui offre le Destin pour rassembler les morceaux dispersés, sous son règne, de la maison du président Félix Houphouët-Boigny. Il nous a montré à un certain moment qu’il a de la hauteur, qu’il tient à voir son pays briller en myriades de scintillations, afin de devenir comme une étoile au ciel du monde. Qui ne garderait encore de l’Appel de Daoukro qui a sauvé notre pays d’un ensablement et d’un obscurcissement, un souvenir vivant ? Le Président Bédié ne peut oublier qu’il a contribué à l’enfantement du RHDP dont il est le garant moral. Il sait que la beauté d’un tapis provient de la diversité de ses couleurs et qu’il nous faut ensemble tisser la trame des choses afin de pouvoir offrir à une nouvelle génération un horizon qui, loin de rétrécir, d’enchaîner et d’obscurcir, élargit, libère et éclaire. La colombe retrouvera un beau matin le chemin du colombier afin de n’avoir pas à trahir sa propre essence, son « Ethos »

Par : Dibi Kouadio Augustin Professeur Titulaire de Philosophie Université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan.

DROIT DE REPONSE DU PDCI DELEGATION GENERALE DE PARIS ILE DE FRANCE / "n‘en déplaise à monsieur TCHETCHE"

(La Délégation Générale Paris Ile de France en accord avec est en parfaite symbiose avec le contenu de l'interview sur France24 de son Président Henri KONAN-BEDIE ADDL INFORMATIONS)

Site internet : www.addl-association.info A Monsieur Adama DIOMANDE, Président ADDL Objet : Droit de réponse relatif à l’article intitulé « Bédié doit présenter des excuses à tous les militants du PDCI-RDA ainsi qu’aux ivoiriens » écrit par monsieur Joël-Célestin TCHETCHE Monsieur, Joël-Célestin TCHETCHE ne fait partie d’aucune des représentations officielles du PDCI-RDA à l’extérieur et n’est pas non plus Secrétaire Général Exécutif du GRAPA PDCI France même si je dois lui reconnaitre d’avoir été militant de notre parti à un certain moment et de triste mémoire son activisme débordant dans les jeux troubles ont vite fait de mettre en doute sa sincérité au sein de notre parti. Au nombre de ses incohérences et sur injonction de la Haute Direction du Parti à l’époque, monsieur TCHETCHE a été démis de ses fonctions de Délégué à l’Administration dans le tout 1er Bureau de la Délégation Générale France dirigé alors par Monsieur Léon N’Guessan NZEBO, Délégué Général. Son instabilité chronique légendaire a aussi contraint les responsables du GRAPA PDCI France à le démettre du poste de Secrétaire Général Exécutif de ce mouvement proche de notre parti. Monsieur TCHETCHE était au chômage politique lorsqu’il a déposé ses valises au RHDP-Parti unifié donc libre de tout engagement vis-à-vis du PDCI-RDA.

Comment monsieur Joël-Célestin TCHETCHE peut-il demander au Président Henri KONAN-BEDIE, Président de notre grand parti de présenter des excuses à tous les militants du PDCI-RDA sans y être membre. Il n’appartient à aucun des organes officiels reconnus et ignore même royalement qu’en dehors de la Délégation Générale Paris Ile de France il y a 7 autres Délégations Générales dans toute la France. Mieux, il ne figure sur aucune des listes des membres du parti à jour de leurs cotisations ce qui leur confère la qualité de membres actifs du PDCI-RDA et ce, dans toute l’hexagone. D’où vient-il avec une idée aussi tordue de ne toujours pas comprendre que notre parti a organisé plusieurs bureaux politiques regroupant à chaque fois l’écrasante majorité des membres des Hautes Instances convoqués à DAOUKRO .

Non seulement les militants y compris ceux de l’extérieur étaient informés à l’avance de la tenue de ces rencontres de haut niveau mais ont pu suivre pour la plupart en direct de PDCI24 via les réseaux sociaux la retransmission. Et le fait le plus marquant est que la grande majorité des militants actifs fait corps avec les différentes résolutions des Bureaux Politiques. Adhérer au RHDP-Parti unifié même en création a certainement déconnecté TCHETCHE des réalités de notre parti ce qui n’est pas une excuse !

Pour information la Délégation Générale Paris Ile de France en accord avec Toutes les Délégations Générales de notre grand parti à l’extérieur est en parfaite symbiose avec le contenu de l'interview sur France24 de son Président Henri KONAN-BEDIE n‘en déplaise à monsieur TCHETCHE qui tente de répondre pour faire plaisir à ses nouveaux mandants du RHDP-Unifié surtout celle relative à la rupture définitivement consommée d’avec le RHDP.

 Enfin pour terminer, Nous, Militants Membres du Bureau de la Délégation Générale du PDCI-RDA Paris Ile de France dans une écrasante majorité restés fidèles aux idéaux de notre grand parti, n'attendons pas de conseils rien absolument rien des illuminés des temps nouveaux que sont subitement devenus TCHETCHE et consorts donnant l'impression d'avoir quitté la maison du père et de vouloir répondre systématiquement à tout ce qui se fait dans notre mouvement comme si c’était le programme de gouvernement de son nouveau parti.

Et si cela peut le rassurer à chaque fois qu’il fera une saillie similaire la réplique se fera de la même manière : graduelle, réfléchie, proportionnée et sans appel. Merci ! Cordialement, Pour la Délégation Générale Paris Ile de France KONAN Yao, Délégué Chargé de la Formation, Porte-Parole du Bureau de la Délégation Générale Paris Ile de France, Membre du Grand Conseil du PDCI-RDA Chevalier dans l’Ordre du Bélier

A lire aussi « BEDIE DOIT PRESENTER DES EXCUSES À TOUS LES MILITANTS DU PDCI-RDA AINSI QU AUX IVOIRIENS. » http://www.addl-association.info/index.php/politiques/item/2633-bedie-doit-presenter-des-excuses-a-tous-les-militants-du-pdci-rda-ainsi-qu-aux-ivoiriens

 

« BEDIE doit presenter des excuses à tous les militants du PDCI-RDA ainsi qu aux ivoiriens. »

(De la même manière qu'il a eu le courage de son regret, il doit avoir également la force de démissionner de la présidence du Parti. Parce qu’il ne peut pas ruser avec les militants et les ivoiriens sinon son regret serait perçu par tous comme purement stratégique pour 2020.)

Le 18 mai 2005 à Paris, les leaders des partis politiques se réclamant du Président Houphouet Boigny, mettaient en place une plateforme politique dénommée : le rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). J’étais présent avec des camarades de la délégation générale du PDCI-RDA France et d’Europe.

Les signataires faut-il le rappeler étaient : Mr Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA, Mr Alassane Ouattara, président du RDR, Mr Mabry Toikeuse, president de l udpci, Mr Anaky Kobena, président du mfa. Cette alliance avait un seul objectif, battre monsieur Laurent Gbagbo à l’élection présidentielle et reconquérir le pouvoir d’état.

De mon point de vu, cet objectif a été atteint. Ensuite, il y a eu une séquence majeure les relations entre les partis membres du Rhdp avec l’appel de Daoukro et qui a reçu le soutien des militants du PDCI-RDA sans aucun préalable car cet appel s’inscrivait dans la continuité du travail engagé par le président de la république son Excellence Alassane Ouattara. Dans son intervention sur France 24, le président Henry Konan BEDIE dit regretter cette alliance politique sans rendre explicite sa pensée.

Pendant 4745 jours, le président nous a vanté les mérites du Rhdp et du Président Alassane Ouattara. 

Depuis 13 ans, nous avons assisté á un tende qui a dirigé le pays. Le président Alassane Ouattara ne disait-il pas "chaque fois que je dois prendre une décision, je consulte mon ainé, le président BEDIE. Ces propos n’ont jamais été démentis par le président du PDCI-RDA. Alors la question que le PDCI-RDA et les militants se posent est de savoir à quelle séquence le président Henry Konan BEDIE fait il allusion ?

Depuis le 21 mai 2011, le PDCI-RDA en tant qu’institution politique est membre à part entière du Rhdp qui gère la Cote d’Ivoire.

Donc, monsieur BEDIE, en sa qualité de président du PDCI-RDA, ne peut pas se soustraire du bilan du gouvernement puisqu’il est consulté et donne son avis. 

Il faut rappeler que "la responsabilité du commettant du fait du proposé". Dit-on souvent que l’erreur est humaine, alors si le président BEDIE dit avoir des regrets après 4745 jours de complicité, il n’est victime mais plutôt complice et surtout partenaire de la gestion du pouvoir d’état.

C’est pourquoi, monsieur BEDIE doit présenter des excuses à tous les militants du PDCI-RDA ainsi qu aux ivoiriens. De la même manière qu’il a eu le courage de son regret il doit avoir également la force de démissionner de la présidence du Parti. Parce qu’il ne peut pas ruser avec les militants et les ivoiriens sinon son regret serait perçu par tous comme purement stratégique pour 2020.

Par Joël-Célestin TCHETCHE. Ancien Secrétaire Général Exécutif du GRAPA PDCI FRANCE et membre du grand conseil du PDCI RDA du GRAPA-PDCI Envoyé depuis mon smartphone Sony Xperia“

PS / Aussi je rappelle que je ne suis plus membre du GRAPA. Mais je suis bien membre du grand conseil du PDCI-RDA dans l’ordre du bélier du PDCI-RDA.  Président du forum pour la liberté

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"Il serait temps que cette population se lève et dise « ça suffit maintenant ! Nous ne voulons plus revivre ce que nous avons déjà connu...

 Par Venance Konan : (Tolérance, dialogue, paix. Trois mots qui caractérisent la politique et la philosophie de Félix Houphouët-Boigny. Trois mots que le président du PDCI-RDA et le Chef de l’État ont utilisés dans leur hommage à leur mentor commun olérance, dialogue et paix)

Je suis de ceux qui avaient rêvé de voir le Chef de l’Etat, M. Alassane Ouattara, et le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), M. Henri Konan Bédié, se rencontrer à la basilique de Yamoussoukro ou sur la tombe de Félix Houphouët-Boigny, le 7 décembre dernier, à l’occasion de la commémoration du 25ème anniversaire de son décès, se serrer la main, se faire l’accolade, et se retirer dans une pièce pour en ressortir en se tenant par la main, en souriant. Oui, j’ai fait ce rêve en même temps que de nombreux Ivoiriens qui ne supportent pas de savoir que les deux grands hommes de la politique ivoirienne sont en froid. Malheureusement, un malaise, nous a-t-on dit, a empêché le président Bédié de se rendre à Yamoussoukro.

Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et prions pour que le Dieu qu’il adore et l’esprit de Félix Houphouët-Boigny lui donnent la force de pouvoir aller vers son cadet qu’est le président Ouattara, ou de l’appeler auprès de lui en sa qualité d’ainé, afin qu’ils se parlent franchement pour que ce qui les divise ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Le 7 août dernier, le président Bédié a pu néanmoins rendre hommage au président Félix Houphouët-Boigny à travers une vidéo dans laquelle il a affirmé que ce dernier fut le plus grand des présidents de notre pays, un apôtre de la paix, que ses vrais disciples se trouvent au PDCI-RDA et que ceux qui militent dans d’autres partis politiques en prétendant être du PDCI ne sont pas ses vrais héritiers. Il a ajouté par ailleurs que lui, est son héritier politique (l’unique ?) et qu’il se bat pour que son parti demeure éternel.

Le Chef de l’État a pour sa part salué « l’œuvre gigantesque de Félix Houphouët-Boigny à la tête de notre pays qu’il a dirigé dans la fraternité et l’ouverture », avant de nous inviter à suivre les idéaux de tolérance, de dialogue et de paix du père de la nation.

Tolérance, dialogue, paix. Trois mots qui caractérisent la politique et la philosophie de Félix Houphouët-Boigny. Trois mots que le président du PDCI-RDA et le Chef de l’État ont utilisés dans leur hommage à leur mentor commun, et que nous aimerions tant voir en action en ce moment. Parce que ce que nous voyons en ce moment est l’intolérance, le refus du dialogue et nous savons tous que cela est de nature à compromettre la paix que connaît notre pays et nous conduire à la guerre.

En affirmant cela, nous ne faisons pas qu’énoncer une simple théorie ou émettre une simple hypothèse, mais nous parlons bien de quelque chose que nous avons déjà expérimenté.

Oui, il y a vingt ans, avec les mêmes acteurs, nous avions refusé de nous parler, nous avions pratiqué l’intolérance et cela nous a conduit d’abord à un coup d’Etat, puis, à une rébellion qui a occupé la moitié du pays pendant huit ans avec ce que tout cela nous a coûté en vies humaines et en pertes économiques, puis l’apothéose fut une vraie guerre entre nous, avec des acteurs étrangers. Il a été dénombré au finish plus de trois mille morts, nous nous sommes retrouvés avec un pays divisé, une économie en lambeaux, et notre ancien président dans une prison en Hollande. Ce dernier disait que le chien qui avait vu le lion ne courait plus de la même façon que celui qui ne l’avait jamais vu. Nous avons rencontré le lion, il nous a même griffés. Nous ne pouvons plus courir de la même façon qu’avant cette rencontre.

Les présidents Bédié et Ouattara, les principaux protagonistes de la crise qui nous a conduits à la guerre ne peuvent pas à nouveau adopter des attitudes qui sont de nature à nous y replonger.

Qui fuit le dialogue ?

Qui est devenu intolérant ?

Qui chasse ceux de son camp qui parlent de dialoguer, de tendre la main, de tout faire pour préserver la paix ?

Bien sûr les partisans de chacun pointeront le doigt sur l’autre. Mais gardons en mémoire cette phrase de feu Zadi Zaourou : « lorsque vous pointez un doigt accusateur sur l’autre, n’oubliez pas que trois de vos propres doigts sont dirigés vers vous. »

 D’un côté comme de l’autre il y a toujours des faucons et des extrémistes inconscients pour souffler sur les braises. La population, elle qui le plus souvent ne comprend rien aux vrais enjeux des crises mais en paie néanmoins toujours le prix le plus fort regarde, entend, lit et voit les déclarations et comportements des uns et des autres. Il serait temps que cette population se lève et dise « ça suffit maintenant ! Nous ne voulons plus revivre ce que nous avons déjà connu, nous voulons que nos enfants grandissent dans un pays en paix. Comme au temps d’Houphouët-Boigny. Et il est temps que vous passiez le relais à une autre génération. » 

Apparemment c’est la dernière phrase que quelqu’un ne veut pas entendre et il semble que ce soit ce qui a amené la palabre.

Venance Konan

Le serveur de bandji Actuellement c’est la foire... - Par Venance Konan

« Bédié m’a confié qu’il sera candidat » a dit l’un. « Ce n’est pas vrai ! Je suis son vrai confident et il m’a dit le contraire » a aussitôt contredit un autre. « Menteur ! A moi il a juré qu’il sera candidat » a corrigé un troisième.

Le serveur de bandji Actuellement c’est la foire aux confidents au Parti démocratique de Côte d’Ivoire- Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA).

C’est à qui affirmera le plus fort qu’il détient la vraie confidence de Bédié sur son éventuelle candidature à la présidentielle de 2020. « Bédié m’a confié qu’il sera candidat » a dit l’un. « Ce n’est pas vrai ! Je suis son vrai confident et il m’a dit le contraire » a aussitôt contredit un autre. « Menteur ! A moi il a juré qu’il sera candidat » a corrigé un troisième. Comme le dit mon voisin de quartier, « candidature, c’est comme grossesse. On ne peut pas la cacher longtemps. Tchoco tchoco ça va sortir un jour. On ne peut pas être candidat clandestin. » Tout porte à croire que le PDCI-RDA prépare les Ivoiriens à cette candidature. On en parle tellement que lorsqu’elle sera annoncée, elle ne surprendra plus personne. Et le sort en aura été jeté. Juridiquement M. Bédié peut être candidat. Ses partisans disent que physiquement et intellectuellement aussi il le peut. Il appartiendra alors aux électeurs de trancher.

Il y a quelques années quelqu’un avait utilisé l’image du serveur du vin de palme appelé bandji qui avait cassé le canari contenant ce breuvage. Et il se demandait s’il était prudent d’envoyer à nouveau la même personne chercher le bandji. Cela avait irrité au plus haut point les partisans de M. Bédié qui avaient expliqué avec forces détails que le canari s’était cassé parce que le serveur avait été braqué, attaqué par des bandits. Soit ! Mais n’avait-il pas par imprudence ou insouciance pris le chemin où il y avait des brigands, alors qu’il aurait pu en emprunter un de plus sûr que tout le monde lui recommandait ? Ce que nous demandons au PDCI-RDA, est d’analyser froidement les six ans de règne de M. Bédié et les circonstances qui ont entraîné sa chute. Il est tout à fait légitime pour ce parti de chercher à revenir au pouvoir. Mais on n’exerce pas ce pouvoir pour faire plaisir à un homme ou pour calmer son égo. Le sort de millions de personnes dépend de la gestion de ce pouvoir. C’est pour cela que le choix du candidat est primordial. Le PDCI-RDA doit se demander, d’abord, si son candidat est celui qui a le plus de chances de gagner, et ensuite, s’il est celui qui peut gouverner durablement le pays pour le bien de son parti et des citoyens. Nous sommes convaincus pour notre part que M. Bédié ne peut être ni le meilleur candidat, ni le meilleur président pour les temps à venir.

Les partisans de M. Bédié nous diront que s’il veut revenir au pouvoir, c’est parce qu’il est d’un amour débordant pour ce pays et qu’il veut le servir jusqu’à son dernier souffle. D’autres diront pour leur part qu’il n’a simplement pas encore digéré le coup d’Etat de 1999 et qu’il cherche à prendre sa revanche. Je dirais à ses partisans que M. Bédié n’a jamais été aussi utile à la Côte d’Ivoire que dans son rôle de « sage de Daoukro » que tout le monde allait consulter, et qui d’une certaine manière, contribuait à tempérer un tant soit peu les choses. Pour ce qui est de sa revanche, je dirais qu’il l’a prise depuis longtemps, en contribuant à deux reprises à l’élection de M. Ouattara que l’on présentait comme son ennemi, et par les honneurs que ce dernier lui a rendus par la suite.

Toute la Côte d’Ivoire avait payé le prix de la mésentente entre les deux hommes. Et elle a bénéficié par la suite du fruit de leur réconciliation. Depuis qu’ils sont séparés, c’est à nouveau toute la Côte d’Ivoire qui retient son souffle. Il y a quelques jours une photo montrant mesdames Bédié et Ouattara en train de déjeuner quelque part à Paris avait ravi bon nombre d’Ivoiriens, qui ne sont pas nécessairement de leurs bords politiques, parce qu’ils y avaient vu le prélude à une réconciliation salvatrice pour notre pays entre leurs époux.

Il y a quelque temps de nombreux Ivoiriens s’étaient pris à rêver d’un tandem Daniel Kablan Duncan-Amadou Gon Coulibaly pour succéder à M. Ouattara. Ce duo avait l’avantage de réaliser cette alternance réclamée par le PDCI-RDA, tout en rassurant les militants du RDR qui rechignaient à faire la passe au vieux parti. Et de plus, ils ont chacun un CV qui fait que l’on peut fonder tous les espoirs en leur capacité à gouverner efficacement le pays. A l’époque tout le monde pensait que l’alternance dont parlait M. Bédié valait pour quelqu’un d’autre de son parti. Et ils sont nombreux à avoir pensé à celui qui fut son Premier ministre avant d’être celui de M. Ouattara et plus tard Vice-président de la république.

On comprend maintenant pourquoi M. Duncan est présenté aujourd’hui comme un mauvais militant et qu’il fut hué lors d’un bureau politique du PDCI-RDA sans que M. Bédié ne bronche. L’alternance, c’était pour lui et personne d’autre. En tout état de cause, certains militants du PDCI-RDA devraient cesser de regarder le leader de leur parti comme les membres d’une secte regardent leur gourou, et choisir avec un peu plus de discernement celui qui défendra leurs couleurs. Venance Konan

 PS :Dans ma précédente chronique j’avais utilisé le terme « taliban » qui n’a pas été apprécié par de nombreux militants du PDCI-RDA. Je leur présente mes excuses en précisant que je désignais par ce terme, non pas tous les militants du vieux parti, mais les plus extrémistes d’entre eux avec qui tout dialogue est impossible, les BOR si l’on peut dire, à savoir les « Bédié ou rien. »

 A lire aussi : Venance Konan -Pouvoir et devoIr Bédié peut-il être candidat à la présidentielle de 2020 ?

Pour notre confrère Le Nouveau Réveil, la question ne se pose pas : « la communauté internationale reconnaît en lui une capacité à rassembler les Ivoiriens autour de l’idéal de paix et de démocratie. Si en 2020, après les deux mandats de Ouattara, Bédié veut reprendre du service pour le bonheur de la Côte d’Ivoire, où est le mal ? Surtout que loin d’être un handicap, son âge se trouve être un avantage. A 84 ans, il est très lucide et vif, comme il le démontre chaque fois avec des activités politiques qu’il dirige avec maestria et vision. Il se porte physiquement très bien et l’on peut même dire sans risque de se tromper qu’il se porte mieux que beaucoup d’hommes politiques qui se disent plus jeunes…Bref, pour tout dire, Bédié est apte, il a tous les atouts. » (Le Nouveau Réveil du 12 novembre 2018).

Voilà qui est bien dit. Il est vrai que nous sommes au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) où les années n’ont aucune prise sur les corps et les esprits, et où la vraie jeunesse ne commence qu’après 80 ans. Il n’y a qu’à voir les fringants jeunes loups d’au moins 70 ans qui constituent la garde rapprochée de Bédié et qui sont appelés à assurer la relève après lui. C’est donc entendu : Bédié est celui qui a le plus d’atouts pour succéder au Président Ouattara.

Cependant, si légalement, physiquement et intellectuellement il peut être candidat dans deux ans, doit-il pour autant l’être ?

Pour ses « talibans », la question n’a pas de sens, et la poser, c’est insulter leur prophète. Certains se sont d’ailleurs déjà mis au travail pour son avènement en 2020. Ainsi notre confrère SoirInfo nous apprend-il dans son édition du 14 novembre que le président du Conseil régional de l’Iffou sillonne en ce moment sa région pour annoncer la bonne nouvelle du retour prochain de Bédié : « Le président Bédié reviendra au pouvoir en 2020. Le travail que nous faisons, nous le faisons pour lui. C’est lui qui nous envoie et c’est pour lui que nous travaillons. » On dirait Jean-Baptiste annonçant l’arrivée prochaine de Jésus.

Au PDCI l’on a sans doute découvert le secret de l’eau de jouvence. Il n’empêche qu’ils sont encore nombreux, les Ivoiriens qui restent persuadés que si les années bonifient l’homme, il arrive cependant un âge où le temps qui passe a des effets beaucoup plus négatifs que positifs sur le physique et l’intellect de l’homme. De plus, M. Bédié a quitté le pouvoir à l’aube de l’an 2000. S’il y revient en 2020, cela aura fait 20 ans.

L’histoire recèle peu de cas de personnes étant revenues au pouvoir 20 ans après et qui ont réussi leur « come back ». Surtout si l’on tient compte des conditions dans lesquelles elles ont perdu ce pouvoir. Soyons honnêtes.

M. Bédié a exercé le pouvoir de fin 1993 à fin 1999 dans des conditions, difficiles, pour ne pas en dire plus. La preuve en est qu’il l’a perdu dans un coup d’Etat que tout le monde avait vu venir, sauf lui. Avant ce dénouement, le pays était divisé entre un nord et un sud qui étaient au bord de l’affrontement, en raison du fameux concept de l’ivoirité, et la lutte contre la corruption n’était pas d’une efficacité remarquée, pour user d’un euphémisme. On peut penser et dire tout ce que l’on veut de tout cela mais c’est le constat simple que les témoins que nous avons été pouvons faire sans parti-pris.

De plus, la Côte d’Ivoire qu’avait dirigée M. Bédié vivait globalement en paix malgré quelques conflits ethniques récurrents liés à des problèmes fonciers. C’est sous M. Bédié que les Ivoiriens ont eu des problèmes avec leur identité et que le pays a connu son premier coup d’Etat ; puis l’on a connu une rébellion armée qui a occupé le nord du pays durant de longues années, des affrontements armés avec notre alliée la France, et en bouquet final, une guerre entre nous Ivoiriens. Tout cela a installé de nouvelles valeurs, malheureusement souvent négatives, chez l’Ivoirien, ainsi que de nouveaux comportements. Pour tout dire, l’Ivoirien d’aujourd’hui est totalement différent de celui que gouvernait M. Bédié il y a vingt ans.

Lorsque je demande à M. Bédié de renoncer à briguer à nouveau le pouvoir, cela irrite au plus haut point ses suiveurs, mais s’ils avaient du respect et de la considération pour leur champion, ils seraient les premiers à l’en dissuader. Pour son image et son honneur. En 2010, nous avons tous vu combien la fin de campagne fut difficile pour M. Bédié. Il ne put participer au dernier débat à la télévision.

Ses partisans veulent-ils revoir de telles scènes ou croient-ils qu’il soit possible de faire une campagne à la Bouteflika ou à la Biya en Côte d’Ivoire, c’est-à-dire une campagne où l’on ne voit pas le candidat ?

Robert Guéï qui s’était autoproclamé « candidat du peuple » l’a fait et l’on sait ce que cela a donné.

Je crois que le drame du PDCI, tout comme du Front populaire ivoirien (FPI), est qu’ils n’ont pas fait leur autocritique après la perte du pouvoir. Pour eux, la manière dont ils ont été chassés du palais présidentiel n’est rien d’autre que la marque d’une grande injustice à leur endroit.

De ce fait, c’est aux autres de s’expliquer, puisque eux n’ont rien fait, et puis des méchants sont venus les bouter hors du pouvoir. Si le PDCI s’essayait à une petite autocritique, il comprendrait que pour l’honneur de Bédié et pour le bien de la Côte d’Ivoire, il serait mieux qu’il ne cherche plus à revenir au pouvoir.

Par Venance Konan

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