Bannière

Log in

Politique (340)

Du bon usage des mots : y a-t-il eu génocide du « peuple WÊ » ? Cette thèse n’a pas laissé de marbre la Ministre Anne OULOTO / Par : Mamadou MEITE Docteur en droit

« Madame Simone GBAGBO, qualifiait, de but en blanc, les violations massives des droits de l’homme, commises dans la région de l’ouest, pendant le conflit armé non international de 2010-2011, de génocide du peuple WÊ. Cette thèse n’a pas laissé́ de marbre la Ministre Anne OULOTO, … 

Par / Mamadou MEITE Docteur en droit Assistant à l’Université Félix Houphouët-Boigny 

Dans son essai, L’homme révolté, Albert CAMUS affirmait ce qui suit : « La logique du révolté est de vouloir servir la justice pour ne pas ajouter à l’injustice de la condition, de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel (...). Cet impératif catégorique, posé par CAMUS et puisé dans le kantisme, doit nous servir de boussole dans l’appréhension que nous nous faisons des réalités factuelles tragiques et complexes.

Venant au fait, dans une sortie récente, l’ancienne Première Dame de la République, Madame Simone GBAGBO, qualifiait, de but en blanc, les violations massives des droits de l’homme, commises dans la région de l’ouest, pendant le conflit armé non international de 2010-2011, de génocide du peuple WÊ. Cette thèse n’a pas laissé de marbre la Ministre Anne OULOTO, car elle semble avoir affirmé, en réplique, « qu’il n’y a pas eu de génocide WÊ, mais plutôt des tueries massives ». Une telle opposition de thèses de nos deux responsables politiques appelle de rapides observations. 

En premier lieu, il convient de préciser qu’il n’existe pas de peuple WÊ. Notre Constitution, qui demeure notre seul contrat social, ne connait qu’un seul peuple : le peuple de Côte d’Ivoire. En second lieu, les massacres tirés du conflit armé post-électoral relèvent de faits incontestables. Cela est si vrai que selon la Commission d’enquête internationale et indépendante, mise en place par le Conseil des droits de l’homme le 25 mars 2011, lesdits massacres ont fait de nombreuses victimes dans les régions de l’ouest, du sud-ouest et d’Abidjan. 

En l’espèce, il s’agit de s’intéresser à la question de savoir si les violations massives des droits de l’homme perpétrées à l’ouest peuvent être qualifiées de génocide. Là-dessus, on a entendu beaucoup de choses déterminées, essentiellement, par des constructions politiques ou simplement idéologiques qui, par la subjectivité qui les caractérise, n’appréhendent guère, ce faisant, la qualification juridique des massacres du grand ouest. Cette liberté prise avec la rigueur juridique, quoique déconcertante, n’en demeure pas moins récurrente dans les discours politiques, car comme l’écrivait le regretté Professeur Anthony d’AMATO, le génocide est une notion prisée des journalistes, en ce qu’elle donne une dimension sensationnelle à leurs écrits. Cette remarque d’Anthony d’AMATO pourrait servir, également, à caractériser les postures hâtives de certains de nos responsables politiques. 

Rappelons que la notion de génocide a été utilisée, pour la première fois, en novembre 1944, par l’avocat Raphaël LEMKIN dans son ouvrage Axis Rule in Occupied Europe : Laws of Occupation, Analysis of Government, Proposals for Redress. La force éthique et l’humanisme de ce juriste polonais ont été, tellement, déterminants dans l’adoption de la Convention pour la prévention et la répression du génocide, en date du 9 décembre 1948, que Samantha POWER, l’ancienne ambassadrice américaine aux Nations Unies, qualifiait ladite Convention, qui fait désormais partie du droit international coutumier, de « Loi Lemkin » dans son ouvrage « A Problem of Hell. America and the Age of Genocide », pour lequel elle a obtenu le prix Putlizer en 2002. Ici, pour ce qui nous intéresse, il suffit d’invoquer l’article 2 de ladite Convention pour définir le génocide. Cet article dispose comme suit : « Dans la présente Convention le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : 

a) Meurtres des membres du groupe ; b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale du groupe ;

c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique ;

d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;

e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe ».

Aux termes de l’article précité, la notion de génocide comprend une dimension matérielle (actus reus) et une dimension intentionnelle (mens rea). La première dimension fait référence aux actes matériels infractionnels : meurtres de membres du groupe, atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale du groupe, soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique, transfert forcé d’enfants du groupe à un groupe. Cette dimension constitue la première condition pour que le génocide soit établi. À l’ouest du pays, il est incontestable qu’il y a eu, malheureusement, des meurtres et des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe WÊ.

Mais cela suffit-il à qualifier ces actes de génocide ?

Certainement pas. En effet, pour que lesdits actes, constitutifs de l’actus reus, puissent être qualifiés d’actes génocidaires, il est impératif que l’élément intentionnel (mens rea), qui est la deuxième condition de caractérisation du crime génocidaire, existe.

Les juristes qualifient cet élément intentionnel, en matière de génocide, de dol spécial. À fin d’explicitation, il suffit de reprendre, à notre compte, un passage pertinent du jugement Jean-Paul AKAYESU, en date du 2 septembre 1998, rendu par le Tribunal pénal pour le Rwanda (ci-après, TPIR) : « La deuxième condition est que ces meurtres et atteintes graves à l’intégrité physique aient été commis dans l’intention de détruire, en tout ou partie, un groupe particulier ciblé comme tel ». Ainsi, pour que le génocide soit établi, il est impératif que les actes matériels aient, spécifiquement, eu pour objet d’attenter à la vie et à l’intégrité physique voire mentale des personnes, en raison même de leur appartenance réelle ou supposée à un groupe déterminé. À cet effet, le TPIR précisait la portée de cette deuxième condition en ces termes : 

« Aussi, la victime de l’acte est choisie non pas en fonction de son identité individuelle, mais bien en raison de son appartenance nationale, ethnique ou raciale ou religieuse ». Dans le cas des violations massives des droits de l’homme constatées dans l’ouest du pays, aucune preuve ne vient attester de ce que les WÊ aient été visés comme tels en tant que groupe. À tout le moins, il appartiendra, exclusivement, à une juridiction ou quasi-juridiction compétente de faire ressortir cette infraction intentionnelle visant spécifiquement ce groupe ethnique aux fins de qualifier les massacres dont il a été victime de génocide. En attendant, il n’appartient ni aux hommes politiques ni aux journalistes de se hâter pour, finalement, mal nommer les choses au risque d’ajouter aux malheurs, déjà vécus par les WÊ et autres groupes ethniques, que la République n’aimerait plus revivre.

Mamadou MEITE Docteur en droit Assistant à l’Université Félix Houphouët-Boigny

Chercheur associé au Centre de droit international de l’Université Paris Nanterre.

Pierre Aly SOUMAREY répond au ministre Alain Lobognon sur la composition du Bureau de l’Assemblée Nationale.

Les chiffres et pourcentages que nous donne M. ALAIN LOBOGNON et certains députés ne nous renseignent ni sur les modalités de fonctionnement de l’Assemblée en cette matière (composition et vote du bureau), ni sur les principes et critères de répartition des postes. 

Invité à apporter la démonstration de mes dires, relativement à l’inexistence d’une tradition invariable dans la durée et d’une règle proportionnelle intégrale d’attribution.

Supposons une représentation proportionnelle intégrale, pour chaque poste, pris un à un, pour adopter la thèse défendue par ce dernier. Qu’est que cela pourrait nous donner comme résultat ? Par la suite on pourrait comparer successivement ce résultat à ce qui a été dans le passé et à ce qui est aujourd’hui, pour mettre en évidence la pratique, mais surtout la rupture et son ampleur, si l’on voulait vérifier le bien-fondé de la critique et de la protestation qui s’élèvent actuellement de la part de certains députés (réalité, surenchère, stratégie, falsification ?). Ceci peut constituer une méthode démonstrative conduite rationnellement et avec objectivité, donc acceptable par tous. L’alignement de chiffres ne veut rien dire en l’absence d’une méthode de calcul de la proportionnalité suivie d’une étude comparée, pour permettre d’en tirer des conclusions objectives.

Illustration, puisqu’il existe 11 postes de vice-présidents à repartir entre 255 députés constitués en un ensemble, il nous faut donc atteindre un quorum de 255/11 = 23, 18 députés pour avoir droit à l’obtention d’un des postes concernés. Suivant ce critère que l’on peut juger d’équitable et d’objectif (rapport mathématique) le PDCI devrait obtenir 68/23,18 = 2.93 soit 3 postes de vice-présidents et le RHDP 153/23,18 = 6, 60 soit 7 postes. Les autres groupes étant inférieurs à 23,18 députés, ils ne sauraient en avoir, car ils ne disposent pas d’un seuil de représentativité suffisant pour y prétendre. Il en resterait alors 11 – (3+7) = 1 qui est attribué automatiquement à la majorité, pour conforter celle-ci, selon l’esprit de nos institutions et la logique de notre régime électoral (scrutin majoritaire ou règle de la majorité). Ce qui donne au RHDP 7+1= 8 contre 9 actuellement et au PDCI 3 contre 2 actuellement.

On observe que VOX POPULI ET RASSEMBLEMENT QU’ON ENTEND ICI ET LÀ, NE SONT NULLEMENT LESES PROPORTIONNELLEMENT A LEUR POIDS REEL DANS L’INSTITUTION. Le traitement des arrondis et des restes peut donner lieu à différentes méthodes de traitement. J’ai appliqué la méthode de la décimale la plus proche du nombre entier naturel et celle du report du reliquat en faveur de la majorité. Appliquons maintenant la même méthode aux législatures 2000-2010 par exemple, avec une Assemblée de 225 députés et 11 postes de vice-présidents à distribuer. Le droit à un poste de vice-président serait de 225/11= 20.45 députés. Avec 101 députés le FPI avait droit à 101/20,45 = 4,93 députés, soit 5 députés contre 6 en réalité. Le PDCI 98/20,45= 4, 79 soit 5 députés contre 4. L’UPDCI et SOLIDARITE n’ayant pas chacun respectivement 20,45 députés n’ont pas droit à un poste de vice-président, alors que le premier a néanmoins obtenu un poste en réalité. Il resterait théoriquement 11 – (5+5) = 1, attribué au courant politique majoritaire soit au FPI, ce qui donne à son profit 5+1= 6. Ici encore, seul le PDCI a été lésé d’un poste de vice-président et l’UDPCI a manifestement bénéficié d’une largesse. 

Ceci démontre que nous ne sommes pas dans une proportionnelle intégrale et que la marge de variabilité est voisine d’une législature à une autre, avec toujours un bonus en faveur de la majorité lorsqu’il existe, et que l’attribution de postes aux groupes minoritaires est plus une question de magnanimité et de négociation que de règle. Exemple, de 1990 à 1999, le FPI qui n’a jamais atteint le quorum requis pour disposer d’un poste de vice-président dans une Assemblée de 175 députés pour 12 vice-présidents, soit 12/175 = 14, 58 en eu par générosité ou volonté politique du pouvoir, alors qu’il ne disposait que d’un groupe de 9 et de 12 députés. Dès lors, seul le PDCI est fondé à se plaindre, cependant sur aucun fondement sérieux (textuel et coutume), car il est lésé depuis près d’une vingtaine d’années pour l’attribution des postes de vice-président. C’est un fait, pas un jugement. Aussi, peu importe que cela soit bien ou mauvais, qu’il soit consentant ou pas. C’est un fait du reste consommé. Existe-il un système compensatoire se reportant sur les autres postes (Questeurs et Secrétaires) pour permettre de rééquilibrer la balance ? Cette possibilité est à analyser également pour mieux comprendre l’opération d’attribution de postes dans la composition du Bureau de L’Assemblée Nationale, en poursuivant cette méthode poste par poste. 

CONCLUSION : Les chiffres et pourcentages que nous donne M. ALAIN LOBOGNON et certains députés ne nous renseignent ni sur les modalités de fonctionnement de l’Assemblée en cette matière (composition et vote du bureau), ni sur les principes et critères de répartition des postes. Le raisonnement par lequel ils veulent parvenir à établir une vérité est très nettement insuffisant pour démontrer ce qu’ils défendent. Il y a à l’évidence une variabilité d’une législature à l’autre, qui reste contenue dans une marge très voisine. Aussi, il est difficile de parler de rupture et de bouleversement en 2019, lorsqu’on est objectif, neutre et de bonne foi, comme il est difficile de se référer à une coutume constante, en raison du caractère de cette variabilité, bien que très faible comme je l’ai souligné. On ne peut pas évoquer une règle ou un usage de proportionnalité intégrale. 

Seul le caractère inclusif constitue une tradition constante à laquelle se référer. Suivant quelle proportionnalité? Les textes sont muets et la méthode utilisée n’est pas nettement identifiée à travers l’histoire. En revanche, il est clairement démontré que nous n’avons pas affaire à un système proportionnel intégral, comme le laissent entendre certains députés. Il est remarquable que seul le PDCI se l’ait appliqué à lui-même sous son propre régime de 1990 à 1999, à l’égard du poste de vice-président. Depuis cette date on note un changement de méthode. La tradition est un usage répétitif ancré dans la durée, de manière invariable sur une longue période (une fois n’est pas coutume). Peut-être qu’il convient d’y réfléchir à présent et de proposer une méthode de calcul à inscrire dans le règlement intérieur de l’institution, par voie d’amendement des dispositions déjà existantes portant sur cet objet.

Pierre Aly SOUMAREY

Interview de Doumbia Major accordé à fraternité matin « J’ai été très critique vis-à-vis du Président Alassane Ouattara à un moment donné ».

‘’J’ai vu les choses évoluer. Pour l’observation que je fais, il y a eu beaucoup d’amélioration. Il y a encore des divergences, mais on ne peut pas dire que ce bilan-là est négatif. Des efforts sont faits. Ils sont à saluer. Cette capacité de l’acceptation de la critique et de l’autocritique nous sied. Aujourd’hui, on a la liberté d’expression en Côte d’Ivoire. Il y a quelques années, je n’aurais pas pu rentrer dans ce pays. Il suffisait de critiquer le régime pour qu’on envoie la Fesci attaquer les rédactions, bastonner les juges, etc. C’était un régime de terreur qui dirigeait la Côte d’Ivoire. Le discours officiel, c’était la démocratie, mais dans les faits, on vivait dans la terreur. Aujourd’hui, les gens peuvent circuler du nord au sud, de l’est à l’ouest sans avoir peur des escadrons de la mort. Aujourd’hui, on ne viole pas des femmes à l’Ecole de police pour que la Première dame dise que c’est bien fait pour elles, comme on a entendu Simone Gbagbo le dire par le passé. Entre hier et aujourd’hui, il y a de l’amélioration. Aujourd’hui, on n’arrête pas quelqu’un pour lui réclamer ses pièces. Le discours polluant, stigmatisant d'autres citoyens qu'on présentait comme des sous-ivoiriens a cessé. Ce temps où on utilisait la télévision publique pour rabaisser les gens est un souvenir lointain. Personne n’insulte un autre Ivoirien pour son ethnie ou le catégorise comme sous-ivoirien. Quoique des choses restent critiquables…

Interview de Doumbia Major accordé à fraternité matin

Doumbia S. Major (président du Congrès pour le renouveau): ‘’Tout le monde parle de réconciliation, même ceux qui appellent à la haine’’ Il est connu pour son franc-parler et ses positions tranchées. L’ancien fesciste, devenu leader politique, analyse l’actualité.

1/Vous êtes le président du Congrès pour le renouveau africain (Cpr), un parti, dites-vous, d’obédience socialiste.

Dire donc qu’on est d’obédience socialiste, c’est affirmer son amour pour l’humain et pour ses compatriotes, surtout pour les plus faibles. Le Cpr défend des valeurs de partage et de redistribution des ressources et richesses nationales. Nous partons du principe que ce que la nature donne aux nations et à l’humanité appartient à tous. Et que ce qui est collectif doit être utilisé pour le bonheur des peuples.

2/Pour un Ivoirien, qui n’a pas gardé une très bonne opinion du pouvoir socialiste de Laurent Gbagbo, ne craignez-vous pas de prêcher dans le désert ?

Laurent Gbagbo a clamé le socialisme sans le mettre en pratique. Il n’était pas, pour nous, un socialiste. Le socialisme a plusieurs déclinaisons : le maoïsme, le léninisme, le marxisme, etc. Dans l’idéologie socialiste, il y a une vision de classes et une vision qui transcende les nations. Parce que l’impérialisme et le capitalisme ne trient pas et n'ont pas de frontière. Tant qu’ils peuvent faire du profit sur vous, ils vous utilisent. Le socialisme amène les masses à être unies. Mais quand on voit Laurent Gbagbo, dont le parti embouche le discours d’ivoirité, d’autochtonisme, identitaire, etc., le discours d’hiérarchisation des ethnies, en poussant même à la xénophobie contre les étrangers, on se convainc qu’il ne peut être socialiste. Les socialistes vrais appellent à l’unité des forces des masses sans distinction d'ethnies ou de religions. Ils ne divisent pas le peuple sur la base ethnique.

3/Serait-ce votre leitmotiv pour 2020 ?

Le Cpr aura-t-il un candidat à la future élection présidentielle ?

Notre leitmotiv, c’est la redistribution équitable des ressources. Le Cpr a déclaré effectivement qu’il est candidat pour 2020. Quand on met en place un parti politique, on se dote d’un appareil et on a une idéologie. La nôtre est le socialisme. On a aussi un projet de société qu’on présente aux électeurs. Nous avons dit aussi que notre engagement pour 2020 peut se faire dans le cadre d’une coalition. Cette coalition se fera avec des gens qui sont contre le discours identitaire, la division ethnique du peuple, pour le développement et pour le partage de la croissance. Nous sommes opposants, mais être opposant ne veut pas dire qu'il faut rejeter tout ce qui est fait par le pouvoir en place. Aujourd’hui, il faut reconnaître ce qui est fait en Côte d’Ivoire. On parle de socialisme et aujourd'hui il y a les filets sociaux mis en place par le gouvernement du Premier ministre Gon Coulibaly. C'est quelque chose que nous saluons. Alassane Ouattara est certes libéral, mais ça c’est du socialisme. On ne l’a pas vu sous Laurent Gbagbo. Nous ne sommes pas dans les idéologies tranchées. Nous pouvons toujours nous entendre avec les uns et les autres autour d’un minimum. C’est ce qui doit être fait. Aujourd’hui, il s’agit de faire ce qui arrange le peuple.

4/Que pensez-vous du bilan du Président Ouattara ?

J’ai été très critique vis-à-vis du Président Alassane Ouattara à un moment donné. J’ai vu les choses évoluer. Pour l’observation que je fais, il y a eu beaucoup d’amélioration. Il y a encore des divergences, mais on ne peut pas dire que ce bilan-là est négatif. Des efforts sont faits. Ils sont à saluer. Cette capacité de l’acceptation de la critique et de l’autocritique nous sied. Aujourd’hui, on a la liberté d’expression en Côte d’Ivoire. Il y a quelques années, je n’aurais pas pu rentrer dans ce pays. Il suffisait de critiquer le régime pour qu’on envoie la Fesci attaquer les rédactions, bastonner les juges, etc. C’était un régime de terreur qui dirigeait la Côte d’Ivoire. Le discours officiel, c’était la démocratie, mais dans les faits, on vivait dans la terreur. Aujourd’hui, les gens peuvent circuler du nord au sud, de l’est à l’ouest sans avoir peur des escadrons de la mort. Aujourd’hui, on ne viole pas des femmes à l’Ecole de police pour que la Première dame dise que c’est bien fait pour elles, comme on a entendu Simone Gbagbo le dire par le passé. Entre hier et aujourd’hui, il y a de l’amélioration. Aujourd’hui, on n’arrête pas quelqu’un pour lui réclamer ses pièces. Le discours polluant, stigmatisant d'autres citoyens qu'on présentait comme des sous-ivoiriens a cessé. Ce temps où on utilisait la télévision publique pour rabaisser les gens est un souvenir lointain. Personne n’insulte un autre Ivoirien pour son ethnie ou le catégorise comme sous-ivoirien. Quoique des choses restent critiquables.

5/Et le bilan du point de vue des infrastructures…

Pour moi, il ne peut y avoir de développement sans route. La route, comme on le dit, précède le développement. Mais nous disons que concomitamment, il faut prendre en compte le volet social. Il faut une politique sociale hardie. C’est en cela que nous avons salué les filets sociaux qui s’apparentent aux Rmv que nous avons proposés. Il faut penser au coût de la vie. Il faut relever le Smig de 60 000 à 100 000 ou 110 000 FCfa. Cela peut se faire dans le cadre d’une concertation nationale avec les syndicats et le patronat.

6/Peut-on imaginer une alliance du Cpr, avec le Comité politique mis en place, avec votre ancien ami de la Fesci?

 On ne fait pas la politique avec des slogans. Un comité politique n’est pas un parti politique. Quand on veut faire la politique, on la fait avec un parti et une idéologie qu’on met en pratique pour le bien du peuple. On ne va pas en politique en faisant abstraction de son passé. Il y a des valeurs et des pratiques démocratiques. Notre ancien ami du syndicat étudiant a un bilan de la gestion du Nord et des zones CNO. Personnellement, je pense que ce bilan, sur les plans humain et économique, ne mérite pas que je lui accorde ma confiance pour l’extension de ce qu’il a fait au nord sur toute l’étendue de la Côte d’Ivoire. Je crois que c’est un véritable danger pour la Côte d’Ivoire que de lui confier l’avenir de nos enfants. Quelqu’un qui a géré le nord et qui, dans sa gestion, a mis en place une régie financière-La Centrale-qui a littéralement mis en coupes réglées cette zone-là, et qui l’a pillée sans reverser un franc dans les caisses de l’Etat. L’argent a été utilisé à des fins personnelles. Cela s’appelle crime économique. Quand tu prends l’argent qui appartient à tout le monde, c’est pour travailler au profit de tout le monde. Il n’y a pas eu de dispensaire dans le nord, il n’y a pas eu de forage, ni d’école et de route. Alors qu’on a pompé l’argent de cette partie du pays. Aujourd’hui, on se promène pour constater l’étendue des dégâts, qui ne sont rien d’autre que la résultante de ce qu’on a posé comme acte dans la zone. Notre ami agit comme un criminel qui revient sur les lieux de son crime et qui veut se faire passer pour une personne charitable qui a de la commisération, de la compassion pour ses victimes.

7/En mettant à nu les pratiques de votre ancien camarade dans le nord, ne craignez-vous pas d’être pris à partie par ses partisans?

Rien ne peut me faire peur, quand je suis dans la vérité. Les personnes payées pour injurier sur les réseaux sociaux le sont par des individus qui ne supportent pas la vérité. Ils attaquent d’honnêtes citoyens. Et je voudrais saluer votre directeur général, qui en a été victime récemment à la suite d’un éditorial qu’il a publié et qui rappelait l’incongruité de la démarche de notre ami. Venance Konan est à saluer parce qu’il a reconnu ses erreurs dans l’histoire et s’est mis du côté des forces de défense des valeurs républicaines. Il a dit qu’on ne doit pas diviser les fils de la nation avec des discours identitaires. Ceux qui le critiquent aujourd’hui sont ceux-là mêmes qui embouchent le discours d’ivoirité. C’est cela la vérité. Il faut qu’on dise la vérité dans ce pays pour éviter l’imposture. Des gens qui ont eu à gérer une partie du pays, qui ont pris des gens qui étaient en prison et qui les ont exécutés de manière sommaire, sans que ces derniers aient droit à un procès équitable. Un démocrate respecte la justice, la vie humaine, la liberté d’expression, le bien commun. Je parle avec des preuves, sur la base de faits. Quand je dis qu’ils ont pris Koné Morel, un étudiant, qu’ils ont mis en prison, puis extrait de la prison pour le tuer, c’est la vérité. Il ne faut pas s’attaquer à ma personne, il faut plutôt démentir les faits. Quand je dis que Koné Moussa Barbu a été pris en prison à Bouaké et qu’ils sont allés l’exécuter sommairement (Amnesty International en a parlé), c’est avéré. Des gens ont été arrêtés et mis dans des conteneurs. Ils ont été exposés au soleil pour qu’ils meurent déshydratés et par asphyxie. Ce sont des faits. Quand vous avez été à la tête du commandement de toutes ces actions, vous ne pouvez pas venir dire aux Ivoiriens que vous êtes un démocrate. Loin de là. Quelqu’un qui a été capable de prendre les biens communs pour s’enrichir, acheter des maisons. Quelqu’un qui dit qu’il est socialiste comme nous, mais qui accepte des rentes viagères cumulées jusqu’à 24 millions de FCfa dans un pays où le Smig est de 60 000 FCfa, je ne le vois pas comme un socialiste, à plus forte raison comme quelqu’un qui pourrait parler au nom du peuple.

8/Vous n’êtes donc pas disposé à lui apporter un sac de riz, vu qu’il est au chômage, comme l’ont fait nombre de ses amis ?

Ces histoires-là sont des injures au peuple. Déjà, vous êtes député, vous avez des rentes que vous cumulez et vous lancez un appel trompeur au peuple pour dire que vous êtes au chômage. C’est de l’imposture. Je ne prendrai pas mon argent pour le donner à quelqu’un qui a un salaire supérieur au mien. Il y a de la tromperie dans cette démarche. Il faut respecter le peuple. La politique, ce n’est pas que de la communication, du marketing, etc. Elle repose sur le socle de la vérité, de la constance et de la cohérence. Quand on dit qu’on ne partage pas les idéaux d’un groupement dont on est le porte-parole à l’Assemblée nationale, sous prétexte qu’on a des convictions, on ne doit pas attendre qu’on te dise de partir. On ne peut pas non plus demander à être chef d’un groupe dont on ne veut pas être membre. C’est de l’incohérence. Il s'est chassé lui-même de la présidence de l'Assemblée nationale. C'est donc dégoûtant de voir cette démarche malhonnête qui consiste à se pavaner après pour dire que tel est ingrat, tel n’est pas reconnaissant. C’est l’hôpital qui se moque de la charité. C’est le chef des ingrats qui parle de l’ingratitude, surtout quand on sait comment il a remercié IB qui l'a appelé auprès de lui en 2000.

9/Il prône aussi la réconciliation. Il demande pardon à toute la nation. Qu’en dites-vous ?

Tout le monde parle de réconciliation en Côte d’Ivoire, même ceux qui appellent à la haine tous les jours sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas de tenir un discours, les actes sont plus parlants. Quand on garde les biens des gens par devers soi, on ne peut pas parler de réconciliation sans les avoir, au préalable, restitués. Tu refuses de donner le corps de mon enfant, comment je peux être réconcilié avec toi ? Jusqu’à ce jour, les corps de Koné Moussa et de Koné Morel sont gardés par ces personnes. Si Guillaume veut montrer qu’il est sincère dans son désir de réconciliation, qu’il restitue ces corps à leurs familles. Nous-mêmes, lui avons tendu la main. Mais il a la rancune tenace. La réconciliation de Guillaume Soro est une réconciliation purement politique. Comment approcher le peuple bété pour avoir quelques voix là-bas, comment aller vers tel ou tel peuple pour piocher des voix, tout cela est purement politique, une instrumentalisation du discours de la réconciliation.

10/Vous avez également critiqué la ‘’vieille’’ classe politique qui doit passer la main...

Le problème s’est posé au niveau de la Commission électorale indépendante (Cei), où on peut dire aujourd'hui que le plus difficile a été résolu. Le gouvernement a, en effet, accepté le principe de l’équilibre, comme souhaité par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Pendant ce temps, un certain nombre de partis politiques, notamment le Pdci-Rda, qui ont choisi comme porte-parole Bamba Moriféré, disent qu’il faut qu’il y ait une concertation nationale comme en 1999-2000. Une concertation où le gouvernement se met de côté et laisse les associations et les partis politiques décider. Ils exigent qu’il faut changer la Constitution, la Cours suprême, la Cei. Dans un autre sens, ces mêmes mettent à l’écart les nouveaux partis dans le débat. Pour eux, la condition pour être membre de la nouvelle Cei, est d’avoir des députés à l’Assemblée nationale. J’en ai rigolé, puisque je trouve qu’ils ne sont pas cohérents. Ils critiquent la Cei qu’ils qualifient d’incompétente, en mettant en doute la régularité des élections qu'elle a organisées, et utilisent les députés obtenus lors des élections passées comme élément de légitimité pour écarter les autres partis. Il est inconcevable que ces personnes parlent en notre nom. Concernant le Pdci-Rda, le pays lui a été confié sous le Président Houphouët-Boigny, qui a réalisé de nombreux travaux. Lorsqu’il leur a légué l’héritage, qu’en ont-ils fait ?

Pour nous, la politique s’identifie par une vision, une idéologie et la pratique qui doivent donner des résultats. Le résultat indiscutable est que notre pays est aujourd'hui un pays sous-développé et c'est le résultat de leur politique. Notre pays était au même niveau que la Corée et la Chine dans les années 1960, il resté en arrière au niveau du développement. Au niveau de l'unité nationale, on constate tous que le pays est aujourd’hui divisé. C’est le fruit de leur gestion. Avec ces échecs, ils veulent aujourd’hui parler encore en en notre nom ! Bamba Moriféré était notre formateur politique. Il m’a formé. Aujourd’hui, je suis président d’un parti politique. Sa fille Affoussiata Bamba est responsable dans le parti de Soro Guillaume. Et il veut continuer de discuter des postes politiques avec nous ? Il y a un temps pour la retraite ! Bamba Moriféré, votre temps est passé, vous êtes dépassé ! A ces aînés, je dis : nous vous avons confié le destin de notre pays et le résultat est négatif parce qu’il est resté sous-développé et divisé.

11/Beaucoup souhaitent que la Cei soit uniquement composée de membres de la société civile ? Croyez-vous à sa crédibilité ?

Quelle est votre opinion sur la question ?

Le problème de légitimité de la société civile est une réalité. En 2000, j’étais membre de la Commission consultative constitutionnelle. Nous avons constaté que des partis politiques ont créé des associations satellites pour faire écho de la ligne de leur parti. Ce sont donc ces associations qui ont contribué à la rédaction de la Constitution dont la majorité était la ligne de certains partis politiques majoritaires. Aujourd’hui, il y a débat sur la neutralité de la société civile en Côte d’Ivoire. Mais nous avons dit qu’il peut avoir un contrebalancement. C’est-à-dire prendre les associations de diverses idéologies, les mettre ensemble pour qu’elles puissent se neutraliser en interne. C’est pour cela que nous avons proposé les chrétiens, les musulmans, le patronat, les associations caritatives, la Chambre des rois et chefs traditionnels, les transporteurs, la chambre des métiers, la chambre d’agriculture, la magistrature. Nous sommes contre l'idée d'une concertation ou conférence nationale sur la Cei, c'est une idée saugrenue et anachronique venant de Moriféré et du Pdci-Rda. Ils se braquent juste pour faire croire que le pays est à feu, donc il faut une concertation nationale, cela ne peut pas marcher. Le pays n’est pas comme en 2000 où il y a eu concertation nationale parce que le pays était en crise, la Constitution était suspendue, il n’y avait pas d’Assemblée nationale et le régime qui était là en 1999 était militaire. Il n’avait pas de légitimité. D’où la mise en place de la constituante. Aujourd’hui, le régime qui est en place est issu d'élections auxquelles le Pdci-Rda a participé, donc pourquoi mettre en place une constituante pour écrire les textes de la Cei ?

12/Pour vous, le débat est donc ailleurs et non sur la Cei… ?

Je leur ai dit qu’on peut faire une concertation nationale avec toutes les organisations citées plus haut pour discuter de problèmes en rapport avec le développement social. Cela va commencer par les rentes viagères parce que beaucoup d’entre eux, se revendiquant de partis d’opposition, bénéficient de rentes viagères pharaoniques dans un pays où le Smig est à 60 mille F cfa. C’est injuste. Ces personnes se sont fixés, depuis l’Assemblée nationale, des salaires énormes et à vie dans un pays où lorsque les autres perdent leur emploi, ils ne bénéficient pas d’assurance chômage. Nous devons y mettre fin. Ils n’abordent pas cette question parce qu’elle les concerne personnellement. Nous allons parler des salaires parce qu’il faut qu’il y ait une justice salariale en Côte d’Ivoire. En France, le Smig est à 1200 euros, donc le président de la République ne touche pas plus de dix fois le plus bas salaire du pays. Alors que chez nous, des gens sont payés à sept, huit, neuf millions Fcfa avec un Smig de 60 mille Fcfa, soit plus de 100 fois le Smig. Ce n’est pas acceptable. Nous voulons que le Smig soit à 100 ou 110 mille, mais aussi que le plus gros salaire ne soit pas plus de trente fois ce montant. C’est-à-dire trois millions de F cfa au maximum. Dans ce contexte, si ceux qui dirigent le pays veulent augmenter leur salaire, ils devront également augmenter le Smig étant donné qu’il y a un rapport entre les deux. Nous estimons, en effet, qu’il faut sortir du Smig et passer au Smic (Salaire minimum interprofessionnel de croissance), qui est indexé sur le coût de la vie. Nous devons parler de l’assurance chômage. Lorsque des personnalités, je viens de faire allusion à une, perdent leur poste, ils ont automatiquement des rentes, tandis que des travailleurs qui totalisent des années de fonction ne bénéficient de rien lorsqu’ils perdent leur emploi. Nous voulons parler de la réorganisation du système de santé, de la mise en place des agences régionales de santé et de la prévention sanitaire. Nous souhaitons qu’il y ait un numéro identifiant unique. Nous avons aussi proposé de parler de la création d’un certificat de citoyenneté qui permettra d’attester qu’un citoyen est assidu, qu’il vote régulièrement, etc. Ce document lui permettra de bénéficier d’aides sociales s'il est pauvre. Cette carte va lui être exigée à l'instar de la carte de position militaire lorsqu’il voudra se présenter à des concours. Parce qu’on ne peut pas apporter des aides sociales à quelqu’un qui refuse de voter. Pour nous, la question de l’adressage, du numéro identifiant unique, de la bancarisation des citoyens, de l’école gratuite, sont autant de questions qui méritent d’être débattues au cours d’un dialogue national. Pour nous, ce sont ces questions qui doivent être au cœur du débat et non les questions de la Cei portées par une vieille classe politique qui ne pense qu’à ses rentes et ses privilèges. Nous voulons mettre au centre du débat national les vraies préoccupations du peuple.

13/Avez-vous des appréhensions sur 2020, échéance de la prochaine élection présidentielle ?

Je suis très serein. C’est vrai que certains s’excitent en sillonnant le nord pour manipuler les populations. La stratégie de ceux-là, c’est de semer le chaos, inciter à des mutineries et conduire le pays dans une forme de djihadisme, prendre une partie du pays en otage. Cela ne va pas prospérer. Les Ivoiriens ne sont plus dans cette dynamique. Ils ont vu ces personnes aux affaires et savent que lorsqu’elles mangent, elles ne pensent pas aux autres. Pendant qu’elles délaissaient les gens dans la misère à Bouaké, elles scolarisaient leurs frères aux États-Unis et achetaient des maisons pour leurs deux femmes en France. Ce ne sont pas ces individus qui vont dire qu’ils parlent au nom du peuple. Notre combat est celui de l’unité nationale, du partage des richesses, de l’amélioration des conditions de vie des populations. Nous appelons les Ivoiriens à la réconciliation. Il ne faut pas que nos compatriotes se laissent manipuler par des individus qui ont dirigé ce pays pendant un demi-siècle. Nous les avons vus ici pendant cinquante ans, distribuant les richesses par famille et entre alliés. Nous avons vu d’autres, qui ont géré le pays pendant dix, sans pouvoir mettre en place un simple restaurant du cœur pour les pauvres, aucune œuvre sociale ou caritative pour les habitants des quartiers précaires alors qu’ils partaient soigner leurs dents au Maroc, pendant que nos hôpitaux étaient vides. Leurs femmes partaient faire leurs emplettes aux Usa pour faire leur petit déjeuner au moment où le peuple criait famine. On a même eu des émeutes de la faim sous leur régime et ils ont tiré sur des populations qui criaient famine à Yopougon. Ceux-là sont disqualifiés. Nous sommes là et parlons de réconciliation et de paix. Nous appelons à la réconciliation entre fils du pays. Rassemblons-nous comme ce fut le cas sous le Président Félix Houphouët-Boigny.

Interview réalisée par Amédée ASSI Doumbia S. Major (président du Congrès pour le renouveau): ‘’Tout le monde parle de réconciliation, même ceux qui appellent à la haine’’ vendredi, 26 avril 2019 13:07

Source : </phttps://www.fratmat.info

 

Côte d’Ivoire : L’inefficacité juridique du recours des groupes parlementaires qui contestent la régularité de l’élection du nouveau président de l’Assemblée

Par / Pierre Aly Soumarey 

De cette affaire qui ne concerne uniquement que les règles d’administration et de bon fonctionnement de l’Institution, nous retiendrons 3 choses

1) – Un vote préalable sur la procédure de l’élection en question, qui par parallélisme de forme, à pouvoir d’abroger la résolution de Juillet 2018, bien que cette nouvelle décision procédurale soit contestée. Il ne demeure pas moins qu’elle existe et a été adoptée à la majorité qualifiée.

2) – La tentative avortée d’un boycott de la part de certains groupes parlementaires, qui aurait pu empêcher la réalisation du quorum requis pour la validité du vote

3) – L’exercice d’un recours en annulation, pour des motifs à la fois partisans, politiques, institutionnels et juridiques.

Il existe autant de motifs d’annulation que de règles de forme ou de fond à respecter dans la conduite de la procédure de recours. En effet, celle-ci est très encadrée, notamment au regard des dispositions d’ordre public. Dans l’application du droit dans la réalité, les motifs valables d’annulation sont très limités. Il faut que la décision de contestation revête impérativement le caractère d’une efficacité juridique, qui la distingue d’une décision de principe.

On n’exerce pas un recours du chef de la possibilité qui nous est offerte de le faire. Or, il me semble précisément qu’il s’agisse dans le cas qui nous occupe d’une contestation de principe.

Il n’existe aucune violation susceptible d’engendrer la nullité de l’assemblée qui a voté, ou de remettre son vote en cause (convocation, délais, quorum, ordre du jour, tenue de l’assemblée extraordinaire). En l’absence de tels vices de forme, elle est réputée avoir été valablement et régulièrement constituée et compétente pour effectuer ladite élection querellée.

Les règles de forme ont été respectées. Dès lors, le vice allégué porte sur les actes préparatoires (résolutions contradictoires relatives à la procédure de vote, 2019 et 2018) sur lesquels s’est appuyé l’Assemblée pour le déroulement de l’élection, et non sur l’élection elle- même. La légalité de cet acte de décision (vote à bulletin multiple) n’est pas infirmée par une décision de justice séparée. Dès lors, il est réputé posséder force de Loi. Tant que cet acte préparatoire n’est pas invalidé au préalable, le vote est parfaitement régulier. Par ailleurs, l’existence d’un préjudice n’est pas démontrée de la part des plaignants qui contestent le résultat du vote. Ils ne disent pas en quoi ce vote spolient leurs droits et en quoi ils portent atteinte à leurs intérêts (nature et étendue à préciser).

Sur le fonds, il faut démontrer l’existence d’un excès de pouvoir de la part du Bureau ou du Président intérimaire (dépassement des limites du domaine de compétence de l’assemblée extraordinaire convoquée ou de ses organes dirigeants), or l’Assemblée Extraordinaire n’a pas outre-passé l’objet précis de l’ordre du jour pour lequel elle a été convoquée; ou un abus de majorité ou de minorité, or l’élection contestée n’est pas contraire à l’intérêt collectif et général de la chambre, qui n’avait plus de Président depuis la démission de M. SORO, donc qui en avait besoin d’un.

 Conclusion : si l’action en annulation peut être recevable au regard de la qualité de ceux qui l’ont engagé et de leur intérêt à agir, en tant que personnes concernées par les effets de l’élection sur le fonctionnement de l’Institution à laquelle ils appartiennent, celle-ci ne saurait prospérer en l’absence d’un préjudice manifeste et d’une absence d’efficacité juridique attachée à l’action entreprise. Dès lors, elle est parfaitement inopérante et contribue davantage à perturber le fonctionnement de l’institution et à ternir son image. Elle méconnait sur le fonds l’intérêt général de l’institution, motif suffisant pour rejeter l’action en question, d’autant plus que la reprise de l’élection ne modifierait pas le rapport de force, et par voie de conséquence son résultat, démontrant ainsi toute l’inefficacité de l’initiative.

 (Extrait corrigé et augmenté de ma discussion sur le sujet, avec des internautes de mon réseau social)

La vidéo de l’élection du nouveau PAN SOUMAHORO Amadou

Session extraordinaire de l'Assemblée Nationale pour l'élection du nouveau Président. Amadou Soumahoro a été élu nouveau président de l’Assemblée nationale jeudi 7 mars par les députés ivoiriens. succédant ainsi à Guillaume Soro. Le candidat du RHDP, Amadou Soumahoro a recueilli 153 bulletins pour, tandis que Jérémie N’Gouan, du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’Henri Konan Bédié, en a obtenu trois (deux bulletins étaient nuls).

(Adjoumani) Il ne viendra jamais à l’esprit du Président Ouattara de « débaptiser » le pont HKB

"Les grands hommes d’État ne volent jamais bas. C’est pourquoi, en dépit de toutes les attaques dont il est la cible de la part du Président Bédié, il ne viendra jamais à l’esprit du Président Alassane Ouattara de « débaptiser » le pont HKB. Un grand homme doit rester un grand, dans l’âme. Être un nouvel opposant n’est pas une licence pour s’en prendre à tort à tous ses alliés d’hier...

« Tout se passe comme si dans la tête du Président Bédié, les vrais baoulé, ce sont ceux qui sont avec lui et les faux Baoulé, ce sont tous ceux qui ne partagent plus ses orientations politiques », déplore le président du mouvement sur les traces d’Houphouët-Boigny, dans cette déclaration suite à la sortie du Président Bédié mercredi 6 mars 2019 à Yamoussoukro. Le mercredi 6 mars 2019, à l’occasion d’une rencontre improvisée avec des chefs traditionnels Baoulé à Yamoussoukro, le Président Henri Konan Bédié s’est illustré, encore une fois, à travers des propos haineux, tribalistes et choquants.

En effet, dans son adresse aux chefs, le président du PDCI-RDA a osé demander à ces gardiens de nos us et coutumes, ces têtes couronnées qui sont l’incarnation de la noblesse de nos traditions ancestrales, de huer certains de leurs enfants, comme le Ministre Amédée Kouakou, tout simplement parce que ceux-ci auraient commis le sacrilège de défendre des opinions politiques différentes de la sienne.

Pourquoi, veut-on faire jouer à nos distingués chefs traditionnels un rôle aussi vil que déshonorant pour leur statut ? Pourquoi vouloir à tout prix obliger des chefs traditionnels qui sont en réalité des vecteurs d’unité et de rassemblement, à adopter une telle posture, si ce n’est de les rendre ridicules ?

Non Monsieur Bédié, le rôle d’un chef, ce n’est pas de huer, ce n’est pas d’insulter, de chasser ou de rejeter un fils, tout simplement parce qu’il pense et réfléchit différemment de vous. Que deviendrait en effet la Côte d’Ivoire si l’on demandait aux chefs des autres régions non acquises au PDCI-RDA de huer les envoyés du Président du PDCI-RDA si ces derniers s’aventureraient pour des besoins politiques dans leurs zones ?

Comment quelqu’un qui prétend prôner le rassemblement de tous les Ivoiriens sans exclusive, à travers une nouvelle plateforme peut-il tenir des propos aussi choquants ?

Aujourd’hui, nous comprenons mieux ce qui s’est passé lors du Bureau Politique du 17 juin 2018 où les plus hautes autorités de l’État, à savoir le Vice-président de la République, SEM Daniel Kablan Duncan, les présidents d’Institutions Jeannot Ahoussou Kouadio, Charles Diby Koffi et plusieurs ministres ont essuyé des huées au siège du PDCI-RDA, en présence du Président Bédié.

En réalité, cet acte n’était pas le fait des jeunes instrumentalisés comme on l’avait pensé. Ils ont plutôt agi sur recommandation du Président Bédié qui a affiché ce jour-là, un sourire et un silence approbateur devant ces agissements qui avaient choqué plus d’un.

Pour rappel, au moment où le Président Alassane Ouattara était baptisé « Allah Gnissan » en 2010, il y avait plus de 2000 chefs réunis dans la cour du Président Félix Houphouët-Boigny.

Hier, c’est devant, à peine 150 chefs Baoulés convoyés de toute part que le Président du PDCI-RDA aurait cassé ce baptême, signe que nos têtes couronnées du Centre n’ont pas adhéré à son acte. Pis, c’est dans une salle de la mairie de Yamoussoukro qu’il s’est exprimé en lieu et place de la cour du Président Houphouët-Boigny comme c’était le cas en 2010. Tout se passe en effet, comme si dans la tête du Président Bédié, les vrais baoulé, ce sont ceux qui sont avec lui et les faux Baoulé, ce sont tous ceux qui ne partagent plus ses orientations politiques.

Ainsi, après avoir inoculé le virus de la division dans le corps de la nation Ivoirienne à travers le concept de l’ivoirité, voilà que M. Bédié veut aujourd’hui créer une autre ségrégation entre les Baoulé, en distinguant les vrais Baoulé des faux Baoulé. Jusqu’où ira-t-il ? En demandant aux chefs Baoulé de huer le Ministre Amédé Kouakou qui est le premier Vice-président du Mouvement SUR LES TRACES D’HOUPHOUET-BOIGNY, le Président Henri Konan Bédié demande aussi à ces derniers de nous huer tous. En d’autres termes, si moi, un Abron, je me rends au pays Baoulé, les chefs doivent me huer. Or, en vertu de l’alliance qui unit nos deux peuples, un Baoulé ne peut pas huer un Abron et Vice-versa. Là encore, M. Bédié, dans son obsession à préserver son prétendu bastion, veut fouler aux pieds cette alliance entre Baoulé et Abron. Et cela est grave pour la cohésion pacifique scellée depuis des générations par nos ancêtres.

Le nouveau concept « Un Baoulé reste un Baoulé » exprimé en son nom selon son porte-parole, pour renforcer l’idée selon laquelle les Baoulé, les vrais sont ceux qui épousent de façon inconditionnelle sa ligne de pensée et sa trajectoire politique. Le RHDP ne fait rien d’autre que promouvoir l’Houphouétisme et ses valeurs. Le RHDP veut immortaliser Houphouët-Boigny et ses œuvres. Le Président Houphouët-Boigny n’a jamais fait du peuple Baoulé son bastion pour gouverner la Côte d’Ivoire. Il a toujours œuvré à rassembler les Ivoiriens de toutes les origines.

Les grands hommes d’État ne volent jamais bas.

C’est pourquoi, en dépit de toutes les attaques dont il est la cible de la part du Président Bédié, il ne viendra jamais à l’esprit du Président Alassane Ouattara de « débaptiser » le pont HKB. Un grand homme doit rester un grand, dans l’âme. Être un nouvel opposant n’est pas une licence pour s’en prendre à tort à tous ses alliés d’hier.

Au moment où le Ministre Amédé Kouakou a choisi d’emprunter les traces d’Houphouët-Boigny, pour le développement initié par le Président Alassane Ouattara, le Président Bédié décide d’être sur les traces des opposants d’Houphouët-Boigny dont il se réclame digne héritier.

Dans tous les cas, pour prouver que nous aussi, nous sommes liés au peuple Baoulé à travers Houphouët-Boigny, je lui donne rendez-vous le 23 mars 2019 à Bouaké, au cœur du pays Baoulé.

KOBENAN KOUASSI ADJOUMANI

Porte-Parole Principal du RHDP

Patrick Achi "Les circonstances de la vie politique m’ont conduit depuis à faire le choix, en tant que SG du PDCI-Renaissance, de la famille des Houphouëtistes (RHDP)...

Dans une déclaration officielle faite depuis Adzopé, le Secrétaire général de la Présidence et désormais secrétaire général de PDCI-Renaissance. 

Lors des élections régionales d’octobre 2018, la liste que nous avons conduite à la victoire, a été une liste que nous avons volontairement voulue être consensuelle. Les circonstances de la vie politique m’ont conduit depuis à faire le choix, en tant que SG du PDCI-Renaissance, de la famille des Houphouëtistes (RHDP). 

Ce choix, je voudrais vous dire à tous ici, à vous mes parents, proches et intimes, que je l’assume pleinement. 

On peut ne pas partager ces choix, mais pour ceux qui me connaissent vraiment, on ne peut pas remettre en cause le fait qu’ils ont été le fruit de réflexions mûres et de convictions profondes. 

Patrick Achi

ÉDITORIAL DE VENANCE KONAN / ÇA RESSEMBLE À LA DOT QUE SORO GUILLAUME APPORTE EN VUE DE SON PROCHAIN MARIAGE AVEC LE " SPHINX " DE DAOUKRO

Les anciens de la fédération estudiantine et scolaire de côte d'Ivoire ( FESCI ) sont allés rencontrer le président BÉDIÉ mercredi dernier chez lui à DAOUKRO pour lui demander pardon, pour toutes les misères qu'ils lui ont causées du temps où il était président de la République . (Près de 22 ans après , c'est pas trop tôt hein...). 

Et nous apprenons par notre confrère le Nouveau réveil , que le premier secrétaire général de la FESCI , Ahipeaud Martial , << la gorge nouée par l'émotion de cette rencontre, a , au nom de tous les anciens de la fédération , sollicité du président Henri Konan Bédié , d'être leur porte - voix auprès de tous les Ivoiriens dans leur démarche >> . << Monsieur le Président , je dois l'avouer , que c'est le retour des enfants prodiges ( sic)( vraiment ??? Si le ridicule pouvait tué....) , Car , je le reconnais , nous avons été parfois difficiles à gérer et têtus . >>
Difficiles à gérer et têtus , c'est peu dire . 

La FESCI , pour ceux qui ne la connaissent pas , était le bras armé de l'opposition constituée par le FPI de Laurent Gbagbo pour semer la terreur dans les écoles et universités . Gbagbo avait compris que c'était l'école et l'Université qui pouvaient réellement gêner le pouvoir dans ce pays . Au temps du parti unique d' houphouet - Boigny , la véritable opposition était constituée par les étudiants et enseignants. Ce sont les élèves , étudiants et enseignants dont les grèves peuvent susciter beaucoup d'émotions dans le pays , parce que tout le monde a , un parent proche ou lointain , enseignant , élève ou étudiant .

Lorsque Bédié était président de la République , c'étaient les grèves a répétition , et c'est d'ailleurs a partir de cette époque que notre système éducatif a commencé a prendre la forme qu'il a aujourd'hui , c'est - a - dire n'importe quoi . C'est sous Bédié que Blé Goudé , fut photographié enchaîné sur un lit d'hôpital pour l'empêcher de s'échapper et cette photo fit le tour du monde lorsqu'un musicien l'utilisa pour illustrer son album . Lorsqu'il est devenu président , Laurent Gbagbo a laissé la FESCI continuer à régenter l'école et l'Université , pour les mêmes raisons . Il lui fallait absolument contrôler l'école dont il connaissait la capacité de nuisance . Sous Laurent Gbagbo la FESCI était chouchoutée et elle ne permettait à aucun autre syndicat d'élèves ou d'étudiants de s'exprimer , et quiconque tentait de le faire , était tout simplement tué .

La FESCI , qui était devenue un vrai monstre , a commis de nombreux crimes sur le campus , en toute impunité . 

Des étudiants ont été rackettés , tués ; des filles violées , sans que la justice lève le plus petit doigt . Et pourtant , les tueurs et violeurs étaient connus . Le crime odieux dont nous avons eu connaissance , fut celui du jeune étudiant Habib Dodo , qui a voulu créer un autre syndicat estudiantin . Il fut " jugé " publiquement sur le campus de Cocody , condamné à mort , pendu publiquement et son corps , enfermé dans un sac , fut jeté dans la brousse au pied de la clôture de l'Université de Cocody . Un étudiant qui avait assisté à toutes ces scènes donna ces informations . Le corps d' Habib Dodo fut retrouvé mais , jusqu'à présent , personne n'a été inquiété pour ce crime . ( Dommage... ) 

C'est cette organisation dont soro et Blé Goudé furent des dirigeants , qui vient de se mettre au service de Bédié .( Donc vigilance... ) . Rappelons qu'elle s'était mise auparavant au service de l'ancien président de l'Assemblée nationale , soro Guillaume . 

ÇA RESSEMBLE À LA DOT QUE SORO GUILLAUME APPORTE EN VUE DE SON PROCHAIN MARIAGE AVEC LE " SPHINX " DE DAOUKRO , qu'il vient de rencontrer . 

<< Tu me prends sous ta protection , on fait chemin ensemble , peut être même le ticket commun , et je mets la FESCI à ta disposition pour mener la vie dure à l'autre ( Ado ) . >>

EST - CE UN HASARD SI LES ENSEIGNEMENTS , QUI SONT POUR LA PLUPART ISSUS DE LA FESCI , SONT EN GRÈVE EN CE MOMENT ET QUE LE FRONT SOCIAL EST EN ÉBULLITION ? 

( Encore une fois vigilance ).

Dans tous les cas , Bédié a accordé son pardon aux anciens de la FESCI ( a t'il le choix ? ) pour les " actes de jeunesse " selon lui , qu'ils ont posés . Bédié invite les anciens de la FESCI à s'inscrire sur la plateforme qu'il à mise en place et qui doit regrouper " tous les fils et filles qui partagent une vision de paix pour le développement du pays " . Le parti démocratique de côte d'Ivoire ( PDCI ) tendance Bédié vient donc de se doter de son bras armé. Sans doute que le PDCI se dit que la bataille pour accéder au fauteuil présidentiel risque d'être rude et qu'il n'est pas exclu que l'on se cogne un peu fort . Le PDCI dont on disait qu'il n'avait pas l'habitude des bagarres , parce qu'il était un parti de paix , EST ENTRAIN DE FAIRE SA MUE . 

On le sentait déjà a travers un certain langage entendu récemment . Lorsque LES ARGUMENTS POLITIQUES SONT FAIBLES , L'AGITATION DU FRONT SOCIAL ET LA VIOLENCE SONT D'EXCELLENTES ARMES QUI ONT DÉJÀ FAIT LEURS PREUVES DANS CE PAYS . IL RESTE AU POUVOIR EN PLACE ACTUEL A TROUVER LES MOYENS DÉMOCRATIQUES POUR Y FAIRE FACE . IL EST CEPENDANT BON DE SAVOIR QUE BON NOMBRES D'ANCIENS FESCISTES NE TRAVAILLENT PAS , SONT FATIGUÉS ET PRÊTS À ALLER VERS LE PLUS OFFRANT . PLUSIEURS D'ENTRE EUX SONT ALLÉS CHEZ BÉDIÉ , A N'EN POINT DOUTER , TOUT JUSTE POUR LUI SOUTIRER UN PEU D'ARGENT . 

Par ✍️ Venance Konan

Côte d'Ivoire : L'étrange démarche des anciens de la Fesci :c'est une perversion, pire que la précédente par son caractère opportuniste,vis à vis du Général GUEI, alors qu'il venait de prendre le pouvoir

Auteur: Pierre Soumarey /

(Le témoignage de certains sachant de cette génération, dont le Dr. DOUMBIA Major). "Le Président BEDIE ne s'y est pas d'ailleurs totalement trompé".

« L'association des anciens de la FESCI n'a pas qualité pour s'exprimer au nom d'un syndicat qui continue d'exister et qui a une représentation légale pour le faire lui-même, car l'entité morale dont il est question, subsiste et demeure toujours la même sans que l'on ne puisse opérer de distinction de périodes ou de dirigeants ».

L'activité d'un syndicat consiste à prendre en compte l'intérêt général d'une collectivité donnée en vue de corriger des dysfonctionnements, des inégalités et des injustices, de négocier l'obtention d'une amélioration des conditions de vie et de travail, et non pas de mener des actions individuelles sur le plan syndical, parce que subordonnées à des ambitions personnelles et des intérêts politiques extérieurs à la collectivité qu'on prétend défendre (monde du travail ou vie estudiantine), pour les imposer par la suite, à cette même collectivité, au besoin à la machette, à tout le moins par des moyens violents, et à la société toute entière, y compris contre les intérêts de ces dernières. C'est ainsi, que nous avons réussi à détruire l'école ivoirienne et continuons de la démolir avec la complicité passive de l'État (absence de volonté politique forte, défaillance inadmissible d'un service public prioritaire depuis de longues années). C'est la tare ou la perversion de ce type de syndicalisme que je dénonce ici avec force.

Aussi, l'association des anciens de la FESCI n'a pas qualité pour s'exprimer au nom d'un syndicat qui continue d'exister et qui a une représentation légale pour le faire lui-même, car l'entité morale dont il est question, subsiste et demeure toujours la même sans que l'on ne puisse opérer de distinction de périodes ou de dirigeants. C'est une continuité juridique formant un tout indissociable, intégré et global, et non une agrégation de personnalités distinctes. De la même façon, Il ne peut avoir de superposition de structures ou de concurrence déloyale entre elles, sans déroger aux dispositions légales qui donnent monopole et compétence aux syndicats d'étudiants, de représenter la population estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire. Les actions posées par leurs anciens dirigeants ont été engagées au nom de ces syndicats et non à titre personnel. Dès lors, seuls les syndicats concernés, dont la FESCI, peuvent collectivement se remettre en cause et demander pardon pour ses actions passées, non pas à des individus, à des personnalités politiques, comme en l'espèce, mais à la collectivité estudiantine et à la Nation, à qui appartient en définitive l'école ivoirienne et la République qui a été combattue pour des motifs démocratiques légitimes, bien qu'excédant l'objet strictement corporatiste d'un syndicat. En l'occurrence, Il ne s'agit pas d'un conflit interpersonnel qui aurait fait naître des ressentiments entre un individu, qui a été un organe incarnant l'État, et une section du peuple, comme d'une affaire individuelle, mais de l'histoire des contradictions qui se sont opposées dans la construction d'un état démocratique, dans laquelle ce syndicat a eu à participer par sous-traitance et procuration. C'est consacrer ici, un changement radical sur le plan de l'idéologie, de la méthode et de la vision de la FESCI. Ceci relève de la responsabilité des actuels dirigeants de ce syndicat et non de ses anciens dirigeants. Le cadre juridique d'une telle initiative est ignoré.

Dès lors, la démarche de l'ANA-FESCI est incompréhensible au regard du statut apolitique de cette association, en tant qu'amicale des anciens d'une structure donnée visant la fraternité et la solidarité sociale de ses membres. En sortant de ce périmètre, elle s'avère contraire à la logique juridique, et contredit à postériori l'esprit de neutralité qui devait animer le syndicat qu'ils ont représenté à un moment donné de son histoire. L'aveu postérieur de cette inféodation politique ne surprend guère les esprits avertis et les observateurs, mais c'est le caractère personnel des modalités de la caporalisation syndicale qui choque encore. Sous couvert de cette nouvelle structure, il s'agit en réalité de l'instrumentalisation et du prolongement politique d'un syndicat par des anciens syndicalistes qui n'en méritaient pas du tout le nom. Peut-être attachés aux bénéfices qu'ils en tiraient à titre personnel et politique, ils souhaitent continuer à diriger en réalité une officine destinée à assurer exclusivement la représentation d'une école de pensée pour la monnayer auprès de différentes chapelles politiques, contre la promotion d'ambitions personnelles, en construisant un outil politique avec le label de la FESCI comme produit d'appel, en vue d'assurer une base sociale à un groupement ou légalement une personnalité politique.

Il serait malsain de ma part, de douter de la sincérité de l'objectif de réconciliation poursuivi, mais il est une évidence, les éléments constitutifs de la démarche posent de nombreux problèmes. :::::: En effet, c'est une perversion, pire que la précédente par son caractère opportuniste, qui réédite une démarche antérieure menée vis à vis du Général GUEI, alors qu'il venait de prendre le pouvoir (Cf. le témoignage de certains sachant de cette génération, dont le Dr. DOUMBIA Major). Le Président BEDIE ne s'y est pas d'ailleurs totalement trompé. Premièrement en datant la création de la structure qui les regroupe tous aujourd'hui, à plus de sept ans, deuxièmement en précisant l'objet de la démanche qui guide cette organisation " ......le pardon que vous demandez pour tous les actes de jeunesse que vous avez posés tout au long de l'existence de la FESCI...", alors que ce syndicat continue d'exister et est légalement représenté par d'autres personnes. On ne saurait mieux faire dans l'art de la confusion.

Par : Pierre Soumarey -

Si Ouattara et Bédié se retrouvent face-à-face, où se situera Soro? « Il n’est pas exclu qu’il retourne à la maison ». Le Didiga» de Venance Konan:

"Tout comme il n’est pas exclu que MM. Bédié et Ouattara se réconcilient."   Le Didiga» de Venance Konan: « Si Bédié est candidat, Ouattara sera aussi candidat » pour un 3e mandat

Recomposition

Tiens ! Cela fait plus de dix jours que nous n’avons pas entendu d’insultes publiques. Aurions-nous été gagnés par la sagesse ?

Espérons-le.

Le débat politique peut être dur, âpre, sans pour autant que l’on perde la bonne éducation et le bon ton. Croisons donc les doigts pour qu’il en soit définitivement ainsi, car le spectacle que nous avions donné de nous-mêmes les semaines passées ne nous avait guère honorés. Mais si le bon ton commence à régner en Côte d’Ivoire, c’est à Paris que nous avons assisté à une scène pitoyable.

Des personnes, présentées comme des supporters de Laurent Gbagbo, ayant vu des employés de la Présidence ivoirienne débarquer des bagages devant un appartement à Paris, ont décrété qu’il s’agissait de valises d’argent et décidé de s’en emparer. Elles en ont été empêchées et ont été arrêtées. Il ne s’agit ni plus, ni moins que de la misère morale dans laquelle vivent certains de nos frères et sœurs émigrés en Europe et qui y ont raté leurs vies. Ayons… une pensée pieuse pour ces personnes. Cela dit, pour parler de choses plus sérieuses, nous assistons à une nouvelle recomposition de notre paysage politique. Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale, a créé, semble-t-il, son parti et tout indique qu’il se lancera dans la bataille pour le fauteuil présidentiel en 2020, même s’il dit attendre que le peuple l’appelle d’abord. On le sait, le peuple finira par l’appeler. Parfois le peuple en question se résume à quelques amis ou parents.

Le nouveau parti, le Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (RACI), pourra-t-il rassembler une majorité d’Ivoiriens autour de l’ancien chef de la rébellion?

Pour le moment, on y retrouve surtout des personnalités dont l’ancrage politique sur le terrain reste encore à démontrer. Il est vrai que Guillaume Soro a une bonne équipe de communication sur les réseaux sociaux, et se donne en ce moment l’image de la victime d’une grande ingratitude, mais cela nous semble plutôt insuffisant pour fabriquer des électeurs. Sans doute que sa cible est constituée des jeunes dont on dit qu’ils représentent la majorité dans le pays, qui sont plus accrochés aux réseaux sociaux et qui, a priori, ne se retrouvent pas nécessairement dans les partis traditionnels de leurs parents.

Il est possible que le parcours et l’ascension de Guillaume Soro fascinent une partie de la jeunesse de notre pays et qu’elle se retrouve en lui. Mais il existe une autre frange de cette jeunesse qu’un tel parcours rebute, parce qu’il est marqué par le sang et surtout parce que ces jeunes en ont souffert, comme en témoigne la lettre ouverte adressée par une jeune journaliste à M. Soro. Oui, quoi que l’on puisse en dire, la rébellion de 2002 a foudroyé de nombreuses vies, disloqué bien des familles et brisé les ambitions de bon nombre de jeunes gens. Au-delà des jeunes, celui que ses supporters appellent le «Leader générationnel » lorgne aussi les militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et il ne cache pas sa volonté de faire alliance avec Henri Konan Bédié, le Sphinx de Daoukro.

Les ennemis de mes ennemis font souvent de bons amis. Le temps de faire tomber l’ennemi.

Verra-t-on un ticket Bédié-Soro lors de la prochaine présidentielle, avec le plus jeune dans le rôle du candidat à la vice-présidence ?

Cela n’est pas impossible.

 Et s’il arrivait à ce ticket d’emporter la mise, Soro pourrait espérer devenir président de la République avant une prochaine élection, compte tenu de l’âge de son colistier. J’ignore si une telle perspective enchanterait les militants du Pdci pour qui soutenir un tel ticket équivaudrait à envoyer directement M. Soro à la Présidence. J’ignore aussi si des militants du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) originaires de la région de Soro se laisseraient séduire par ce dernier, au point de le suivre chez Bédié dont le contentieux avec une partie de la population ivoirienne vient d’être réveillé par son ambition présidentielle.

Avec qui d’autre l’ancien président de notre parlement pourrait-il faire ticket en dehors du président du Pdci?

Laurent Gbagbo ou un candidat issu du parti de ce dernier?

Cela semble a priori irréaliste mais, ne l’oublions pas, la politique ivoirienne est du « Didiga », c’est-à-dire l’art de l’impensable.

L’autre inconnue reste la candidature du Président Ouattara à un nouveau mandat. Rappelons-nous ce que le Chef de l’Etat a dit le 16 juillet 2018 lors de l’assemblée générale constitutive du Rhdp : « Je peux vous assurer que je ferai en sorte que le Rhdp continue de gagner ces élections pour nous permettre, en 2020, de transférer le pouvoir à une nouvelle génération. C’est important que les générations se renouvellent. Nous devons, le président Bédié et moi, travailler la main dans la main pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération.» Et plus tard, dans son discours à la nation du 6 août 2018, il a précisé ceci : « Comme je l’ai déjà souligné, nous devons travailler pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération, de manière démocratique en 2020.

Notre pays est riche d’hommes et de femmes, jeunes et compétents, qui ont reçu une formation de qualité, qui ont appris à nos côtés comme nous avons appris aux côtés de nos aînés. N’ayons pas peur de passer le témoin. Faisons confiance à nos jeunes, tout comme nos aînés nous ont accordé leur confiance. »

Je crois que tout dépend de M. Bédié. Je pense que s’il renonce à être candidat, M. Ouattara n’aura aucune difficulté pour revenir sur ce qu’il a déclaré. Mais si M. Bédié persiste à vouloir être candidat, M. Ouattara le sera aussi. Et je serais étonné que Gbagbo ne cherche pas à l’être également. Mais lui, il a quelques obstacles à franchir avant de pouvoir prétendre être candidat. Mais en tout état de cause, si Ouattara et Bédié se retrouvent face-à-face, où se situera Soro? Il n’est pas exclu qu’il retourne à la maison.

Tout comme il n’est pas exclu que MM. Bédié et Ouattara se réconcilient. Ne sommes-nous pas en plein Didiga ?

Venance Konan

S'abonner à ce flux RSS

30°C

Abidjan

Partiellement nuageux

  • 11 Avr 2016 32°C 27°C
  • 12 Avr 2016 32°C 27°C

Banner 468 x 60 px