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INTERVIEW - JEUNE AFRIQUE « ADJOUMANI dit ses vérités : On ne peut pas empêcher les uns et les autres de rêver »

Spécial INTERVIEW - JEUNE AFRIQUE  « ADJOUMANI dit ses vérités : On ne peut pas empêcher les uns et les autres de rêver »

Le RHDP dit être majoritaire. Dans ce cas, pourquoi le gouvernement ne s'engage-t-il pas à réformer en profondeur la commission électorale indépendante (CEI) afin que les résultats des prochains scrutins soient incontestables ? 

Qu'entendez-vous par «réforme en profondeur » de la CEI ? Les négociations sont en cours pour rendre la Commission électorale conforme aux recommandations de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. C'est ce qui avait été réclamé au départ. En cours de chemin, l'opposition demande autre chose et veut qu'on se soumette à ses exigences. Se soumettre à la volonté de la minorité, ce n'est pas cela la démocratie. Les partisans de Laurent Gbagbo et ceux de Guillaume Soro semblent confiants pour la présidentielle de 2020. Qu'en pensez-vous ?

On ne peut pas empêcher les uns et les autres de rêver … 

Ministre des Ressources animales et halieutiques depuis 2011(portefeuille qu'il avait déjà dirigé de 2002 à 2005), membre depuis 2001 du bureau politique du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), dont il fut longtemps le porte-parole, Kobenan Kouassi Adjoumani n'a pas voulu suivre Henri Konan Bédié dans sa rupture avec Alassane Ouattara. Après avoir créé Sur les traces d'Houphouët-Boigny (qu'il préside), un mouvement de soutien au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le professeur de français a été exclu du PDCI en aoüt2018.Il a définitivement tourné le dos à son ancienne formation le 26 janvier, en rejoignant, lors de son congrès constitutif, le RHDP Parti unifié, dont il est désormais le porte-parole.

Jeune Afrique: À un an et demi de la fin du deuxième mandat d'Alassane Ouattara, quelles sont, selon vous, les actions qui resteront dans l'Histoire commune des symboles de sa présidence?

Kobenan Adjoumani : J'ai l'embarras du choix. Le président Alassane Ouattara a construit des infrastructures modernes et a posé des actes qui auront un impact sur la vie des Ivoiriens pendant longtemps. Je crois qu'il faut davantage parler du leadership, de la capacité de cet homme d'État exceptionnel à transformer un pays totalement affaissé, à tous les niveaux, au moment où il a accédé au pouvoir, en 2011, en un pays qui fait aujourd'hui rêver. Quels sont les principaux chantiers à mener à bien d'ici à octobre 2020 ?

Pour avoir une idée précise des actions que le chef de l'État doit mener d'ici à 2020, il faut consulter le Plan national de développement (PND) 2016-2020. C'est la matrice. Le président Alassane Ouattara est un homme organisé, méthodique, travailleur, tout comme son Premier ministre, Amadou Gan Coulibaly, qui fait preuve d'une évidente maîtrise dans la coordination des activités du gouvernement. Avant la fin de 2020, il y a en effet encore d'importants projets à réaliser ou à parachever, notamment la paix à consolider, et un programme social d'envergure conduit par le gouvernement sur la période 2019-2020. 

Comprenez-vous les critiques d'une partie des Ivoiriens, qui remettent en question le bilan du président Ouattara, notamment en ce qui concerne la répartition des fruits de la croissance ? Critiquer est une chose tout à fait normale, surtout dans une démocratie. Par ailleurs, tout le monde veut être candidat, mais personne n'a encore proposé de projet de société aux Ivoiriens... Pour ce qui est de la répartition des fruits de la croissance, depuis l'élection du président Alassane Ouattara, les investissements dirigés vers les populations les plus démunies ont connu un bond remarquable, puisque, de 2012 à 2019, ils sont passés de 1080,3 milliards à 2505 S milliards de F CFA [de plus de 1,65 milliard à près de 3,8milliards d'euros]. La redistribution des fruits de la croissance est donc une réalité.

En tant que dissident du PDCI, pourquoi refusez-vous d'intégrer le mouvement PDCI-Renaissance du vice-président, Daniel Kablan Duncan?

Le mouvement Sur les Traces d'Houphouët-Boigny, que je préside, a été créé avant l'avènement de PDCI-Renaissance. Dès lors, je ne vois pas comment je pour¬ rais intégrer un mouvement qui nous emboîte le pas dans la promotion du RHDP. Il y a juste une divergence au niveau de notre démarche: notre mouvement Sur les Traces d'Houphouët Boigny a rompu les amarres avec le PDCI; le PDCI¬ Renaissance, lui, garde un certain lien avec le PDCI. 

Vous déclarez vouloir soutenir le président Alassane Ouattara s'il se portait candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat. Est-ce réellement souhaitable ? 

Le président Ouattara ne s'est pas encore prononcé dans ce sens. Il a le dernier mot, et nous sommes prêts à le soutenir quelle que soit sa décision. 

Le RHDP dit être majoritaire. Dans ce cas, pourquoi le gouvernement ne s'engage-t-il pas à réformer en profondeur la commission électorale indépendante (CEI) afin que les résultats des prochains scrutins soient incontestables ? 

Qu'entendez-vous par «réforme en profondeur » de la CEI ?  Les négociations sont en cours pour rendre la Commission électorale conforme aux recommandations de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. C'est ce qui avait été réclamé au départ. En cours de chemin, l'opposition demande autre chose et veut qu'on se soumette à ses exigences. Se soumettre à la volonté de la minorité, ce n'est pas cela la démocratie. 

Les partisans de Laurent Gbagbo et ceux de Guillaume Soro semblent confiants pour la présidentielle de 2020. Qu'en pensez-vous ?

On ne peut pas empêcher les uns et les autres de rêver. 

©Source : Jeune Afrique N° 3047 du 2 au 8 juin 2019 #KKA #RHDP

Dernière modification lemercredi, 05 juin 2019 14:29
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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