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Politique (342)

COTE D’IVOIRE : Amadou Gon Coulibaly, un lion qui choisit de ne pas rugir /« Il n’y a que sa loyauté et sa compétence qui justifient la longévité à des postes stratégiques »

 

A l’occasion de l’an III de son accession à la primature, Afrika Stratégies France lève une petite part de voile sur l’immense mystère que constitue Amadou Gon Coulibaly.

Longtemps dans l’antichambre des technocrates du système, Amadou Gon Coulibaly a été nommé Premier ministre en janvier 2017. Ce notable du nord, profondément humaniste a très vite imposé la dynamique sociale à un gouvernement longtemps influencé par une trajectoire macro-économique. Pour son troisième anniversaire à la primature et alors que 2020 pourrait être décisif pour lui, c’est un homme ouvert et intransigeant, compétent et ferme, parfois incompris mais toujours cohérent qui se révèle aux ivoiriens. Un lion qui a fait le choix de ne pas rugir, dans l’ombre d’un président qui n’a de cesse de lui donner carte blanche. 

Il a enchaîné ces derniers mois quelques rituels qui semblent annoncer un dernier virage. Sinon un grand rendez-vous. Quelques contacts avec les forces de l’ordre dont il reçoit, à la primature, un détachement d’officiers, une visite de Franck Paris, le patron de la cellule Afrique de l’Elysée, une audience avec un hyper cadre du Vatican et proche du pape François, Mgr Bruno-Marie Duffé et une implication des plus actives dans la visite, décembre dernier, de Emmanuel Macron à Abidjan. Quelques mois plus tôt, une visite, avec le président ivoirien, à l’Elysée et depuis, de multiples délégations de pouvoir pour représenter, toujours au nom d’Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire ici et là. Les médias locaux et internationaux n’ont-ils pas raison d’y voir des signes qui ne trompent pas ? Faisant, à tort ou à raison de lui un dauphin putatif ? Même si nous en sommes encore loin, le président sortant pouvant se représenter, ces actes successifs alimentent rumeurs de rue et supputations de médias à Abidjan, pendant que le principal intéressé n’aura jamais été aussi attaché à sa mission. S’efforçant de rattraper, chaque jour un peu plus, les retards de la politique sociale du gouvernement. 

A l’occasion de l’an III de son accession à la primature, Afrika Stratégies France lève une petite part de voile sur l’immense mystère que constitue Amadou Gon Coulibaly. 

Des échelons avalés patiemment 

C’est sans aucun doute son trait de caractère le plus fort et qui fait encore qu’aujourd’hui, alors que tout le monde le voit en successeur de Ouattara, Gon Coulibaly préfère « rester le plus Premier ministre possible » pour paraphraser un ministre devenu l’un de ses proches depuis le dernier remaniement. La patience. « Rien ne le presse » résume Henriette Diabaté. L’actuelle vice présidente du Rassemblement des Houphouêtistes pour la Démocratie et la Paix (Rhdp), alliance présidentielle s’en souvient encore. Le 27 Octobre 1999, elle est interpellée au siège du parti lors d’une manifestation. Spontanément et sans réfléchir, Gon Coulibaly se constitue prisonnier par solidarité, son acte sera suivi par tous les membres de la direction présents. Un acte de bravoure discret mais qui aurait marqué à jamais Laurent Gbagbo. Celui qui deviendra un an plus tard président de la Côte d’Ivoire en dira, « ce type est différent« . Quelques années plus tôt, un autre chef d’Etat ivoirien l’aura remarqué. Henri Konan Bédié. Alors que dans les années 1990, un scandale financier lié au sulfureux ministre de la santé Maurice Kakou Guikahué secoue son régime, l’ancien président fut saisi par la méthodique et convaincante stratégie de communication utilisée par Gon Coulibaly pour enflammer les manifestations dites de Treicheville.

Depuis, le Sphinx de Daoukro s’en méfie selon divers témoignages concordants même s’il lui voue une profonde admiration. Et c’est ainsi que dans l’abnégation et la rigueur, le futur Premier ministre construit son mythe, presqu’involontairement comme si, tout pour lui était naturel. Car, que ce soit dans les coulisses du pouvoir ou du parti, il aura gravi, l’un après l’autre, sans jamais risquer la tentation de la précipitation, les échelons. On oublie sans doute très vite que l’ancien maire de Korhogo (poste qu’il a occupé pendant près de deux décennies) fut aussi ministre, notamment celui de l’agriculture, poste auquel il aura le plus duré, plus de 7 années et qui l’aura aussi le plus passionné.

On se souvient trop de ce que cet obstiné et discret homme de terrain fut aussi, au milieu des années 1990, député avant de devenir secrétaire général de la présidence avec rang de ministre d’Etat, poste où il battra de nombreux records, près de 7 années, là encore. « Il n’y a que sa loyauté et sa compétence qui justifient la longévité à des postes stratégiques » murmure l’un de ses amis d’enfance. Mais avant le gouvernement, ce pilier du Rassemblement des républicains connaîtra un parcours similaire dans son parti où il fut, dès 1995, secrétaire nationale chargé du développement économique et membre du bureau politique. Secrétaire général adjoint et secrétaire général délégué, il finira premier vice président, avant de devenir le président du directoire du Rhdp à sa création, poste exécutif le plus élevé. C’est donc avant tout, un homme de terrain et de machine partisane qui a régulièrement été élu à tous les postes où il a été candidat. Une symbolique anecdote pour 2020 qui pourrait être l’année de tous les enjeux pour celui qui ne se préoccupe jamais de demain. « A chaque jour suffit sa peine » aurait-on pu le caricaturer. 

Parcours prédestinant 

Le sens de responsabilité et un culte exigeant de la République et de ses symboles ont toujours animé l’esprit trop cartésien de cet ingénieur si sélectif qu’on le dit sectaire. Ce qui, de rien n’en est. Un épisode aura marqué les esprits en Côte d’Ivoire. Alors qu’il est détenu à la suite de la manifestation d’octobre 1999 cité plus haut et qu’un procès de trouble à l’ordre public lui est collé, survient un coup d’Etat qui, à la fin de l’année, occasionnera sa libération. Pourtant, au lieu de prendre l’événement comme une grâce, il a tout de suite pris position contre cette atteinte à l’ordre constitutionnelle malgré la dure rancune qui opposait son parti au chef de l’Etat déchu notamment sur les relents ivoiritaires. Son intransigeance sur les questions liées aux intérêts de l’Etat, sa rigueur parfois excessive aussi bien vis à vis des autres que de lui-même, son obstination à être un modèle au risque de perdre des opportunités politiciennes en ont fait un homme politique qui ne veut pas être applaudi pour le devoir accompli. Ce qui en fait encore aujourd’hui un mystère pour beaucoup d’ivoiriens. Pourtant, son arrivée à la primature était presque inscrite dans l’ADN de son parcours politique.

Au dernier trimestre de 2016, les rumeurs sur sa possible nomination à la primature allaient bon train. Jusque là, Amadou Gon Coulibaly était secrétaire général de la présidence, stratégique poste auquel il a donné un flamboyant rayonnement dès sa nomination. Avant et après le conseil des ministres, les membres du gouvernement défilaient dans son bureau comme si une part du pouvoir y gisait. « Parce qu’il n’était pas que compétent, il bossait dur sans faire du bruit, de jour comme de nuit » lâche Patrick Achi, son successeur au poste qui en dit « un travailleur infatigable« . C’est aussi là, qu’en jouant le rôle de tous les ministres en miniature, on apprend sans doute à être Premier ministre. Sa nomination, le 9 janvier 2017 répond au besoin d’un homme à la forte sensibilité humaniste et sociale pour assouplir une politique trop axée sur la macroéconomie. L’intéressé l’a compris et a saisi, avec cette soif de réussir sans crier gare, la trajectoire du social qui a vu naître plusieurs projets. Les logements sociaux, le Programme social du gouvernement Psgouv, l’accès aux soins pour tous, la gratuité de l’école primaire et secondaire, le renforcement du pouvoir d’achat pour les plus vulnérables, l’accès à l’eau et à l’électricité, la réduction drastique de l’extrême pauvreté et bien d’autres. Des défis qui, aujourd’hui encore, tiennent particulièrement à cœur à ce père de famille sympathique et pudique. Mais s’en tenir à ses apparences, c’est occulter cette immense sensibilité que dissipe une carrure froide et intransigeante.

Apparences trompeuses

C’est aussi un peu l’une de ses forces dont il cultive presque volontairement le mystère. Car Gon Coulibaly a sans aucun doute quelque chose de mystérieux. Inaccessible aux premiers contacts, il sait se laisser aller au fur et à mesure que croît la confiance. « Les débuts sont délicats avec lui » avoue un ancien ministre. « Il peut se montrer prudent au début, il aime cultiver, au fil des années, les affinités et la complicité » insiste la même source qui décrit un homme « qui sait faire l’unanimité« . Son apparence alimente les fantasmes de détracteurs et fait que nombre de ceux qui ne le connaissent pas l’ont vite présenté pour quelqu’un de « froid et d’effacé« . Mais plus discret que timide, Amadou Gon Coulibaly n’a aucune raison de s’agiter sous les leurres du pouvoir car il s’y frottait depuis sa tendre enfance. Péléfero Gbon Coulibaly, son arrière grand père ne fut pas seulement le chef suprême des Sénoufo et le plus influent que la dynastie ait connu, mais aussi un très proche du premier président ivoirien, Félix Houphouêt Boigny. Dès le départ, une part de l’histoire de la Côte d’Ivoire a été écrite en lettres d’or dans sa maison familiale à Korhogo, 600 km d’Abidjan. Son père aussi aura été député pendant une trentaine d’années. Les germes du pouvoir ont ainsi bercé sa tendre enfance, sans jamais prendre la tête à ce grand croyant qui a toujours su entretenir une certaine distance avec la vanité.

Réservé face aux honneurs, le jeune Amadou se consacra à de brillantes études notamment au Lycée de Dabou où il décroche une bourse pour l’Ecole des travaux Publics de Paris d’où il sort ingénieur en 1982. De ce parcours de combattant d’obstination, il tire son sens du mérite. C’est sans doute aussi ce qui justifie le choix des hommes et femmes qui, depuis son ascension au cœur du pouvoir, le côtoient. « Il déteste l’esprit courtisan » insistent la plupart des personnes qui le connaissent. N’ayant d’agenda politique autre que servir, aux côtés d’Alassane Ouattara son pays, Gon Coulibaly a cultivé un excès de discrétion qui a pu le desservir parfois. Le Premier ministre ivoirien est aussi porté par une grande foi, musulmane et une générosité qui, camouflée par le souci de la discrétion, ne fait l’objet d’aucune propagande. Et il n’a pas de cesse d’encourager son épouse à multiplier, comme elle l’a fait ces deniers mois, des actions humanitaires dans le pays, privilégiant, le plus souvent d’autres régions que celle de ses origines.

Tout au long du dernier trimestre de l’année dernière, Assétou Gon Coulibaly a été aperçue dans le centre, l’est et même l’ouest du pays où elle a été pompeusement accueillie à Gagnoa, ville natale d’un certain… Laurent Gbagbo. Grand orateur et harangueur de foules, le Premier ministre est aussi un tribun qui ne fait du bruit que lorsque c’est utile. Même si c’est sa solidité technocratique qui lui vaut plus que toute la sympathie des bailleurs de fonds et des chancelleries occidentales, sa loyauté en a fait un homme affable et sans prétention. 

Ses trois années n’auront pas que permis de déclencher le plan social de la politique gouvernementale mais aussi auront donné à la Côte d’Ivoire l’occasion de maintenir le cap de l’émergence. Un endettement maitrisé à 43%, une croissance attendue de 9% cette année, un taux de pauvreté en nette baisse et une inflation sous contrôle ainsi qu’un budget 2020 en augmentation de 10%, Gon Coulibaly aura maintenu les signaux au vert, tout en redynamisant la diplomatie, sous l’influence du président, un diplomatie longtemps mise à mal par une décennie de crise (2002-2011).

Si le destin en fait un dauphin de Ouattara, la continuité aura été garantie, avec un penchant toujours plus fort pour le social, sa marque de fabrique.

Par MAX-SAVI Carmel Ce Jan 12, 2020 Dernière mise à jour Jan 13, 2020 MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France

Diomandé Adama, membre du BP du RHDP: ‘’Que Soro arrête de se croire plus intelligent que le reste des Ivoiriens . Amadou Gon ne va pas s’auto désigner’’

Interview Alassaniste convaincu et indécrottable, comme il se définit lui-même, Diomandé Adama, membre du Conseil politique et du Bureau politique du RHDP, par ailleurs, président de l’Association pour la Défense de la Démocratie et des Libertés (ADDR) basée en France, se prononce sur l’actualité politique. De la tentative de putsch attribuée à l’ancien PAN Guillaume Soro, à la rencontre Gbagbo-Affi, en passant par l’éventuelle candidature du président Alassane Ouattara, il n’a éludé aucune question. Entretien.

L’actualité est dominée par la tentative de déstabilisation imputée à l’ancien PAN Guillaume Soro. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

C’est regrettable. Doublement regrettable, parce que monsieur Soro Guillaume a été président de l’Assemblée nationale, il fut aussi Premier ministre. Et je me rappelle que la loi a été modifiée pour permettre à monsieur Soro, qui n’avait pas l’âge requis, d’être président de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, le fait qu’il soit impliqué dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire passe mal. Et ce qui aggrave la situation, c’est que dans cette tentative, on devine aussi qu’il n’est pas étranger à la mutinerie des 8400 ex-combattants des Forces nouvelles intervenue, justement en 2017. Franchement, je n’ai jamais pensé que Soro pouvait faire ça à la Côte d’Ivoire et, surtout, à Alassane Ouattara qui l’a toujours considéré comme un fils et qui l’a donc protégé en conséquence.

Vous l’accusez d’emblée, alors que lui, il soutient que c’est une entreprise qui relève du contre-espionnage, puisqu’il dit qu’il était espionné par le régime en place… 

N’oubliez pas que ce n’est pas un enfant de chœur à qui on impute des choses aussi graves. Il a quand même été chef d’une rébellion qui a duré plus de 7 ans. A supposer même, pour abonder dans son sens, qu’il soit espionné, mais la manière dont il s’est exprimé dans la bande audio devant un espion signifie qu’il avait au moins l’intention de faire quelque chose. De plus, nulle part, dans la bande, on n’entend l’espion supposé le mettre en garde contre un éventuel danger pour qu’il prenne des dispositions. En tout cas, rien ne laisse penser à du contre-espionnage. Qu’il arrête de se croire plus intelligent que le reste des Ivoiriens. Ce n’est pas une ligne de défense crédible ; au contraire, il s’enfonce. Je prends un autre exemple, il est accusé de détournement de deniers publics. Monsieur Soro Guillaume ne trouve pas d’autres moyens de défense si ce n’est de dire qu’il s’est servi du fonds de souveraineté mis à sa disposition pour payer sa maison. Vraiment, on souhaite aujourd’hui, un changement de mentalité des Ivoiriens. On veut une nouvelle génération de politiciens ; mais si cette génération a toutes les tares de l’ancienne et même plus, cela laisse à désespérer. Je crois sincèrement que la Côte d’Ivoire a besoin d’hommes politiques modernes et modèles pour inspirer les jeunes qui ont besoin de repères. L’émergence, c’est cela aussi, la mentalité doit émerger. En clair, la Côte d’Ivoire a encore du chemin à faire sur le chemin du changement de mentalité. C’est pour cela que le président Alassane Ouattara est en avance, puisque tous les hommes politiques d’ici et même d’ailleurs, en Afrique, sont en retard. Le président Emmanuel Macron a d’ailleurs lui-même reconnu que le président Alassane Ouattara est un homme de grande qualité, ce n’est pas moi qui le dis. Il ne le dit pas sur le plan économique seulement, il le dit aussi sur le plan politique.

L’avocate Affoussiata Bamba, proche de Soro Guillaume, a reconnu certes que la voix est celle de l’ancien PAN, mais, elle ajoute que cette bande date de 2017 et a été remise au président Ouattara. Que dites-vous ?

Vous êtes d’accord avec moi que le fait qu’elle ne démente pas, n’est pas à l’avantage de son ‘’client’’. Elle ne lui rend pas service. Cependant, que ce soit depuis 2017 ou 2012 ne change rien au fond de l’affaire : cette bande est celle d’un conspirateur ! On ne nous fera pas avaler autre chose. La justice doit donc faire son travail et si Soro Guillaume veut un jour être président de la République, il doit commencer par respecter la justice. Maintenant, s’il compte sur un coup d’Etat, je suis au regret de lui apprendre que le temps des coups de force est révolu. Définitivement. La communauté internationale ne transige plus là-dessus et je ne pense pas que les Ivoiriens pourraient à nouveau accepter de souffrir en laissant prospérer un coup d’Etat. Les Ivoiriens sont conscients d’une chose, qu’ils soient du côté du pouvoir ou de l’opposition, ils ne veulent pas revenir en arrière. Ils ne veulent ni de rébellion, ni de coup d’Etat. Au surplus, Soro Guillaume prend la rébellion comme son affaire personnelle. Avec la rébellion, il dit avoir fait émerger certains hommes politiques, mais il oublie que cette rébellion a fait de nombreuses victimes directes et collatérales. Au nord où la rébellion s’est ‘’enkystée’’, les gens ont beaucoup souffert mais, ils l’ont accepté pour pouvoir vivre libres aujourd’hui. Moi-même qui vous parle, j’ai défendu la cause de la rébellion puisqu’elle se battait pour que les droits des ressortissants du nord ne soient plus bafoués et niés. Lorsque la rébellion a éclaté, Tuo Fozié faisait ses déclarations mais, cela ne suscitait aucun engouement. Il a fallu l’intervention d’un homme politique d’envergure qui a toujours su rester discret.

C’est le ministre André Louis-Dakoury Tabley qui a fait la première déclaration politique et c’est moi, Diomandé Adama, qui l’ai accompagné à la chaine LCI (la chaine continue de l’information) où il a été interviewé par un journaliste français. C’est la déclaration de Dakoury qui a alerté la presse internationale et bloqué l’élan du président français de l’époque Jacques Chirac qui ne savait pas de quoi tout cela retournait et qui s’apprêtait à faire intervenir l’armée française pour faire taire la rébellion. Alors Soro Guillaume se bombe le torse après avoir trahi IB (le sergent-chef Ibrahim Coulibaly) et bénéficé de tout, c’est regrettable. Cette rébellion, il ne l’a rejointe pour son égo personnel et dire ‘’je’’ chaque fois, nous pensions qu’il l’a ralliée pour une cause que nous trouvons noble, celle de la reconnaissance des droits des nordistes alors considérés comme des Ivoiriens de circonstances ou de seconde zone.

On va clore le chapitre Soro et passer à autre chose ; notamment le RHDP. 2020, c’est bientôt, que pouvez-vous dire par rapport à cette importante échéance ? 

Je vous l’ai dit, je suis régulièrement en Côte d’Ivoire et j’ai eu la chance de parcourir le pays avec les cadres du parti, notamment, mon jeune frère Zoro Bi Ballo Secretaire d'Etat au Renforcement des Capacités et le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani. J’ai pu assister à tous les grands meetings du RHDP et le constat que je fais, c’est qu’il y a beaucoup d’engouement de la part des Ivoiriennes et des Ivoiriens qui migrent par centaines vers ce parti. J’entends les Ivoiriens dire : ‘’enfin, on a un parti politique qui réunit tout le monde, sans tenir compte de l’ethnie ou de la religion voire la région’’. Je souhaite le renforcement du RHDP pour en faire un parti politique solide. Aujourd’hui, je pense que le RHDP est un appareil politique bien rodé et bien structuré. Je peux dire que nous allons gagner les élections (la Présidentielle 2020, ndlr) et même dès le premier tour.

Le problème, c’est que personne ne peut dire avec certitude, qui sera le candidat du RHDP à la Présidentielle 2020… 

Mais, le parti aura un candidat et il sera bientôt connu. Les gens se focalisent sur la candidature du chef de l’Etat, mais il a déjà donné sa position. Il n’a de cesse de dire qu’il entend passer le flambeau à une nouvelle génération. Souvenez-vous, c’était à Danané, après le vote de la nouvelle constitution, il a dit : ‘’mon souhait, c’est de ne pas me présenter en 2020 et de passer le flambeau à une nouvelle génération’’.

Croyez-vous qu’il est toujours dans cette logique ? 

Bien sûr, cependant, les choses ont évolué autrement et il n’a pas manqué de préciser que si Gbagbo et Bédié sont candidats, alors il n’hésitera pas à faire acte de candidature parce qu’il a quelque chose à préserver. En effet, il a la tranquillité des Ivoiriens à préserver, la consolidation de la construction de la Côte d’Ivoire à préserver, l’image du pays à l’international à préserver, l’économie à préserver, la paix à préserver et à tout cela s’ajoute, la stabilité de la sous-région ouest-africaine. Parce que c’est à lui qu’a été confiée la mise en place de la nouvelle monnaie, l’Eco. On ne peut pas laisser le pays courir le risque d’être déstabilisé, parce que Bédié a annoncé la couleur, il a dit que la ‘’chienlit’’ va s’installer en Côte d’Ivoire si, lui, il n’est pas candidat. C’est grave, c’est énorme ! C’est une menace à peine voilée. Vous croyez que le président va laisser faire, laisser prospérer la ‘’chienlit’’ ? Je ne pense pas et il l’a dit. Pour lui, la Côte d’Ivoire est plus importante que tout, que lui-même. Et s’il arrivait que Bédié et Gbagbo ne se présentent pas, il y a plusieurs cadres au RHDP pour porter l’étendard du parti. Je pense au Premier ministre Amadou Gon qui est prêt à poursuivre l’œuvre du président Ouattara. 

Je prends la balle au rebond, pensez-vous que le Premier ministre a le meilleur profit pour continuer l’œuvre de Ouattara, comme vous dites ?

https://i1.wp.com/iciabidjan.com/wp-content/uploads/2017/06/AGC-1030.jpg?fit=1030%2C686&ssl=1D’ici, j’entends ses détracteurs dire qu’il n’est pas populaire, qu’il n’est pas ceci, pas cela, mais est-ce qu’il a fait campagne ? Est-ce que ceux qui le critiquent l’ont déjà vu faire campagne ? Le jour où il sera candidat et qu’il commencera la campagne, vous verrez une autre dimension de l’homme et vous serez agréablement surpris parce que cet homme est un homme de challenges. Savez-vous que beaucoup doutaient de sa capacité à être chef de gouvernement ? Mais, voyez le travail qu’il abat. D’ailleurs, tout le monde est unanime à reconnaître qu’il est un bourreau de travail. Aujourd’hui, toute son énergie est au service d’un homme, Alassane Ouattara, pour bâtir la Côte d’Ivoire. S’il était candidat, je serai l’un de ses supporters. Si le parti le désigne comme candidat, vous verrez, il gagnera au premier tour.

L’opposition se structure peu à peu, on vient d’assister à la naissance de la plateforme de monsieur Bédié que beaucoup ont prise pour une Arlésienne, puisque cela faisait longtemps qu’elle était dans les limbes. Que pouvez-vous dire à ce propos ? 

(Rires…) la plateforme de monsieur Bédié, c’est pfffff…. (rires). Plus sérieusement, ça n’ira nulle part parce que c’est le PDCI-Daoukro. C’est dommage que ses proches n’aient pas le culot de lui dire certaines vérités. Quand on a été l’héritier du président Houphouët-Boigny et qu’on a cassé le canari, il ne faut pas espérer revenir en haut de l’affiche. Il semble avoir oublié que c’est Alassane Ouattara qui lui a permis de revenir à la surface, qui lui a donné du respect et comme l’homme ne connait pas lui-même sa dimension, il a mis tout ça par terre. Comme le président Alassane Ouattara est un homme élégant, il continue de le ménager pour le ramener à la raison, mais s’il persiste dans sa logique, il lui sera réservé ce qui est réservé aux personnes qui ne savent pas leurs limites. C’est tout.

On va changer de décor. Les 3 et 4 janvier derniers, on apprend que Messieurs Gbagbo et Affi se sont rencontrés à Bruxelles où réside le premier en attente d’un procès en appel. Vos impressions ?

Déjà c’est une bonne chose pour le FPI, mais aussi pour l’opposition. On peut dire qu’Affi a eu le nez creux. Parce que c’est l’un des hommes politiques que je respecte. Il a des convictions et est fidèle à ses convictions. Il n’a pas boycotté le dialogue républicain, il n’a pas boycotté les discussions sur la CEI. C’est un homme cohérent et pondéré. Il fait partie de l’opposition constructive dont tout pouvoir a besoin pour s’améliorer. Il est un peu absent sur le terrain des propositions mais, il est constructif. Je pense donc que la rencontre Gbagbo-Affi peut apaiser le climat politique.

Tout compte fait, est-ce que ce n’est pas une mauvaise nouvelle pour le RHDP que le FPI fasse son unité ? En quoi, le fait qu’un parti politique soit uni, organisé et bien structuré peut léser une autre formation ?

Au contraire, c’est une bonne nouvelle. Parce qu’on dit ‘’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire’’. Il faut donc avoir des adversaires solides pour bien savourer sa victoire. On ne dira pas qu’il n’y avait rien en face. Si le FPI est bien organisé, c’’est une bonne chose, donc le RHDP n’a pas à avoir peur. Et je ne pense d’ailleurs pas que tout soit résolu par cette rencontre. Au FPI, sans trahir de secret, je peux dire que les problèmes sont profonds. Il y a le cas Simone Gbagbo qui est entier. Je ne pense pas que tout cela puisse être résolu dans quelques mois. Et même la rencontre Gbagbo-Affi n’est pas du goût de tout le monde là-bas. Il y a des GOR (Gbagbo ou rien) qui n’apprécient guère ces retrouvailles, puisque pour eux Affi est un ‘’vendu’’, un ‘’traitre’’ avec qui ils n’ont plus rien en commun. Non, ce n’est pas encore aussi rose que vous voulez me le faire croire. En tout état de cause, nous au RHDP, on a dépassé tout ça, on avance… 

Est-ce que vous ne croyez pas, justement, que le RHDP pourrait être le premier adversaire du RHDP, en ce sens que s’il n’y a pas d’union, de cohésion, d’entente entre les cadres, cela pourrait jouer contre le parti pour 2020 ?

.Amadou Gon ne va pas s’auto désigner’’ Vous verrez, le jour où le candidat du parti sera connu. Vous verrez la discipline des militants et des cadres. Tout le monde va rentrer dans le rang. Pour le moment, vous entendez des sons discordants parce que le candidat n’est pas encore officiellement investi. Et le Premier ministre Amadou Gon, s’il est candidat, ne va pas s’auto désigner, il sera désigné ou un autre, par le parti dans des conditions normales comme ça se fait dans tout parti digne de ce nom. Le candidat du parti, ce sera donc par consensus, de sorte que personne n’aille de travers une fois le choix arrêté. En ce moment-là, vous verrez. Tout le monde va s’aligner derrière celui qui aura été choisi, que ce soit Gon ou un autre. Au RHDP, on tient à quelque chose, c’est l’image du pays, c’est l’image du président Ouattara ; c’est préserver son héritage politique, économique. Nous n’allons donc pas donner l’occasion aux gens de saborder tout cela.

Un mot sur la gouvernance Ouattara… 

Je suis Alassaniste, je l’ai dit ; je ne peux donc pas être négatif. Les opposants sont là pour critiquer ce qui ne va pas, je ne vais donc pas faire leur boulot. Je suis là pour dire ce qui va. D’abord, les infrastructures. Un pays ne peut se développer sans infrastructure ; je le dis à l’intention de ceux qui disent, avec une mauvaise foi évidente : ‘’on mange pas pont, on mange pas goudron’’. Un pays ne peut se développer sans une économie forte ; un pays ne peut se développer si les gouvernants ne prennent pas en compte la jeunesse ; un pays ne peut se développer si la santé de ses habitants est précaire ; tout ça, le président Ouattara le prend en compte. Il est en train de construire la Côte d’Ivoire. Ceux qui ont envoyé l’héritage du père de la nation dans l’abîme, il a fallu deux quinquennats pour que l’ancien DGA du FMI vienne rebâtir ce pays. Si le président d’un pays est respecté sur le plan international, cela veut dire que ce pays a sa place dans le concert des nations. Et c’est ce qui se fait avec la Côte d’Ivoire.

Le Rassemblement du 09 /01/2020

Réalisée par AMBROISE TIETIE Photo : Interview Légende : Diomandé Adama accorde sa confiance au Premier ministre Amadou Gon

SORO GUILLAUME ne peut pas et ne pourra jamais ternir l’image du président Alassane OUATTARA

Quand je pense avoir été sanctionné, par mon propre Parti d’alors, le RDR pour avoir constaté un dysfonctionnement de comportement et de discours politique de SORO Guillaume, j’ai très mal à cette injustice qui m’a été infligé par un lynchage sur les réseaux sociaux. 

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L’ex-Premier ministre et aussi ex-président de l’assemblée nationale, ravale, sa vomissure de rebelle politico-militaire, sa conviction politique , qu’il nous a fait croire contre l’injustice ,pour qu’une partie de la Côte d'Ivoire le soutienne , avec nous à l’extérieur de nos frontières nous lui avons donné son statut de respectabilité, en le soutenant avec conviction.

Et voilà que, pour une ambition surdimensionnée, une ambition précipitée, pour ça il souhaite la chienlit dans notre PAYS.

Pour ça je peux lui garantir son échec dans le dénigrement du Président Alassane OUATTARA sur le plan international, et son échec cuisant, dans son aventure dans l'élection présidentielle en 2020

"Le Président Alassane Ouattara a, à priori, parfaitement raison, de déclarer que la nouvelle Constitution l'autorise à se présenter à un nouveau mandat"

Par / SOUMAREY Pierre Aly /  (En l'absence de telles dispositions spéciales et expresses, le Président Alassane Ouattara a, à priori, parfaitement raison, de déclarer que la nouvelle Constitution l'autorise à se présenter à un nouveau mandat, dans le sens qu'elle ne s'oppose pas à une nouvelle candidature de sa part. C'est un fait incontestable qui résulte de l'analyse textuelle de la Constitution. Cette approche de la question est soutenue par la théorie selon laquelle la norme la plus récente abroge la plus ancienne. Dès lors, il n'y a plus renouvellement de mandat, mais nouveau mandat. Il peut donc se représenter en 2020 s'il le souhaite. La société Ivoirienne évolue. Ses exigences sont de plus en plus fortes. Cependant, il n'est ni dans l'intérêt des gouvernants qu'un discrédit général frappe les institutions, ni dans celui des gouvernés que l'insécurité gouverne les rapports juridiques. Il n'est pas bon non plus que la Constitution soit toujours au cour des crises en Côte d'Ivoire (insuffisance de clarté, subsistance de conflit entre les normes, pièges et volonté politique d'instrumentalisation). 

Ado peut-il se porter candidat à l'élection présidentielle de 2020? Pierre Soumarey - Publié le: 31-10-2019 - Mise-à-jour le: 31-10-2019 - Auteur: Pierre Soumarey

 *** 1 - L'article 183 relatif à la continuité législative ne fait pas obstacle aux dispositions de la Constitution elle-même. 

 Cet article stipule : «la législation actuellement en vigueur en Côte d'Ivoire reste applicable, sauf l'intervention de textes nouveaux, en ce qu'elle n'a rien de contraire à la présente Constitution ».La conservation par reconduction des lois n'entrant pas en contradiction avec la nouvelle Constitution, ne veut nullement dire conservation des anciennes dispositions constitutionnelles. La Constitution et la Loi appartiennent à des ordres et des domaines différents, consacrés par deux principes, d'une part la hiérarchie des normes qui organise l'état de droit à travers une conception qui hiérarchise les normes, et d'autre part, le principe de constitutionnalité en vertu duquel les dispositions constitutionnelles d'un État constituent la norme suprême au sein de son ordre juridique. Dès lors, les dispositions de l'ancienne et de la nouvelle Constitution ne sont pas concernées par cette disposition finale qui vise expressément dans son objet les Lois ordinaires et uniquement elles. On ne saurait outrepasser cet objet limitatif et précis. En effet, le régime d'éligibilité du Président de la République relève de la Constitution et non de la Loi ordinaire. Son respect obligatoire, s'impose non seulement à tous les sujets de droit (Citoyens, Institutions, Juges) en tant que norme au-dessus de toutes les normes dans la hiérarchie des normes, mais aux autres normes qui viennent y puiser leur légalité. Elle établit les règles qui organisent les Institutions, dont celle du Président de la République et de l'État. Or, la Loi visée par l'article 183 n'a pas compétence dans ce domaine. Dès lors, pour examiner cette possibilité d'un troisième mandat, il nous faut recourir au principe de la continuité de l'État, autrement dit aux matières traitées par la Constitution, à savoir l'organisation des pouvoirs, des institutions et de l'État. Il est convient enfin d'observer qu'en en adoptant par absurde l'argument d'un obstacle découlant de l'article 183, il est stipulé que dans le cas d'une intervention d'un texte nouveau, contraire au texte ancien, la continuité disparaît au profit du nouveau texte. Dès lors, nous avons affaire à l'entrée en vigueur d'un nouveau texte autonome, qui ne saurait être lié à l'ancien. C'est précisément le cas d'espèce puisque les conditions d'éligibilité du Président de la Républiques sont totalement différentes des dispositions précédentes : « ...Il choisit un vice-Président de la République, qui est élu en même temps que lui. Le candidat à l'élection présidentielle doit jouir de ses droits civils et politiques et doit être âgé de trente-cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d'origine.». Aucune de ces dispositions de l'article 55, n'est identique à celles de l'article 35, qu'il remplace dans l'ancienne Constitution. Elles ne sont pas substituables. Dès lors, l'alinéa 1, ne saurait suffire pour s'en prévaloir au titre d'un prolongement ou d'une reconduction des effets de l'ancienne Constitution.

2 - La Constitution de 2016 instaure un nouvel ordre juridique qui s'oppose à la continuité de l'ancien ordre. 

 « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct . Il n'est rééligible qu'une fois... ».Les dispositions de l'ancienne Constitution auront produit tous leurs effets et seront sorties de notre ordonnancement juridique en 2020. Autrement dit, elle ne sont plus aptes à en produire d'autres. Nous sommes dans la théorie selon laquelle la nouvelle norme abroge l'ancienne. La nouvelle constitution formellement adoptée par voie référendaire, conformément aux modalités prévues par l'ancienne Constitution au regard des matières qui y sont traitées (élection du Président de la République) ne saurait être une nouvelle constitution au sens matériel du terme, si toutes ses dispositions n'étaient pas effectivement appliquées. Or, elle est la volonté du constituant originaire, le seul organe dans une République, qui a compétence constitutionnelle. Autrement dit, aucun individu, aucune section du peuple, aucune Institution, ne peut aller contre la volonté du peuple, pris dans son ensemble , telle que exprimée à travers le corps électoral. Il y a eu changement formel du texte constitutionnel et non modification, dès lors, celui-ci entraîne un changement dans son application conformément aux nouvelles dispositions qu'il contient. Or, celles-ci disent clairement dans le régime d'éligibilité et inéligibilité du Président de la République, que celui-ci peut prétendre à deux mandats, sans prononcer d'exclusion ou de limitation ou encore de disqualification, par référence aux éventuels mandats qu'il aurait pu exercer antérieurement ou qu'il a effectivement exercé au titre de l'ancienne Constitution. 

3 - Le silence du régime d'éligibilité et inéligibilité et la portée des dispositions de l'Article 55. 

 L'article 55 est une disposition normative impérative et expresse, dont la « juridicité » et le caractère obligatoire ne sont point discutables. Dès lors, nous devons strictement nous en tenir à son énoncé, pour éviter de se retrouver dans le champ de l'indétermination. La Méthode consistant à interpréter le silence de cet article sur le passé (ordre juridique appartenant à l'ancienne Constitution) est un raisonnement juridique basé le plus souvent sur la subjectivité du sujet, plutôt que sur l'objectivité matérielle du texte. Il n'obéit pas à la rationalité juridique. Il ne s'agit pas de susciter, dans la mesure du possible, une adhésion à telle ou telle vision ou compréhension, mais de respecter tout simplement les termes univoques d'un texte explicite de caractère obligatoire. La question juste et rationnelle est: que dit exactement les textes ? Il ne s'agit ni d'opinion, ni de réaction, encore moins de sentiment et de souhait, mais de faits, seulement de faits.On peut lui opposer le principe de clarté, dont le défaut peut créer un désordre normatif, une crise socio-politique et une menace pour l'état de droit, en raison d'une crise de confiance institutionnelle et une crise de la loi. C'est la qualité de l'écriture du texte qui est en cause, mais pas la possibilité de briguer un troisième mandat. Il ne faut pas se tromper de débat. La critique doit porter sur un point de nature totalement différente : l'insuffisance du texte. En effet, celle-ci n'édicte pas dans ses conditions d'éligibilité et d'inéligibilité, ni que les personnes qui ont bénéficié précédemment de deux mandats continus, ne sont pas éligibles, ni qu'il est impossible pour une même personne d'assurer successivement sans discontinuité, plusieurs mandats au-delà de deux mandats. Il n'y a donc aucun rapprochement direct, aucun pont entre les deux normes sous cet angle. Elles sont totalement indépendantes, parce que la nouvelle norme ne prend nullement en compte le passé. Elle ne s'y réfère pas, et ne l'évoque aucunement. Autrement dit, elle ne se préoccupe pas de savoir si les candidats ont exercé ou pas plusieurs mandats sous la régime de l'ancienne norme, et les traite tous à égalité sans distinction. Dès lors, cette carence est confortée par la levée de la limitation d'âge, qui ouvrent de plus fort les portes à une nouvelle candidature du Président OUATTARA. Cependant qu'en est-il dans le régime transitoire ?   

4 - Le silence du régime transitoire et la règle de la continuité de l'État. 

Les dispositions transitoires ont vocation à remplir un double rôle : organiser la rupture entre l'ancienne norme et la nouvelle norme et garantir la sécurité juridique. On ne se débarrasse jamais de manière totale, des sédiments de l'ancien ordre juridique, dont hérite le nouvel ordre qui lui succède. Il existe un cordon ombilical, des passerelles, des amortisseurs dont les modalités sont organisées par la norme transitoire pour assurer le continuité de l'État sans bouleversement et sans friction . C'est la règle de la continuité de l'État.  Le régime transitoire a pour fonction d'assurer en amont la résolution des conflits qui pourraient apparaître dans le temps, du fait de l'existence de deux normes contradictoires ou concurrentes, et de résoudre les problèmes qui pourraient surgir du fait de la succession des ordres ou qui relèvent d'une situation exceptionnelle liée à l'un des ordres. C'est le cas de l'amnistie de la rébellion dans l'ancienne Constitution. Il existe plusieurs théories pour résoudre les conflits qui peuvent surgir lorsque deux normes portant sur le même objet, entrent en compétition ou s'excluent mutuellement. Or, on n'est pas en face d'un conflit entre normes, ni en face d'une rupture brutale de normes. Dès lors, le régime transitoire n'a pas jugé utile d'organiser la succession des normes, considérant qu'il sortait du champ traditionnel de son rôle. Il peut lui être reproché d'avoir omis de le faire, car il aurait pu ou du préciser, c'est selon, par exemple, que compte tenu que le mandat présidentiel issu de l'ancienne norme a été renouvelé, dans des termes identiques à celles de la nouvelle norme, qui prévoient toutes les deux la même limitation, il sera considéré exceptionnellement que celui-ci ayant consommé le bénéfice des dispositions de l'ancienne norme, qu'il ne serait pas équitable et conforme à la volonté populaire, qu'il puisse en bénéficier une seconde fois au titre de la nouvelle. Dès lors, la limitation prévue dans la nouvelle norme, s'applique à lui dans les mêmes conditions que l'ancienne. Peu importe la formulation ou la terminologie utilisée, c'est l'esprit et la portée qui importent ici.

Conclusion   En l'absence de telles dispositions spéciales et expresses, le Président Alassane Ouattara a, à priori, parfaitement raison, de déclarer que la nouvelle Constitution l'autorise à se présenter à un nouveau mandat, dans le sens qu'elle ne s'oppose pas à une nouvelle candidature de sa part. C'est un fait incontestable qui résulte de l'analyse textuelle de la Constitution. Cette approche de la question est soutenue par la théorie selon laquelle la norme la plus récente abroge la plus ancienne. Dès lors, il n'y a plus renouvellement de mandat, mais nouveau mandat. Il peut donc se représenter en 2020 s'il le souhaite. La société Ivoirienne évolue. Ses exigences sont de plus en plus fortes. Cependant, il n'est ni dans l'intérêt des gouvernants qu'un discrédit général frappe les institutions, ni dans celui des gouvernés que l'insécurité gouverne les rapports juridiques. Il n'est pas bon non plus que la Constitution soit toujours au cour des crises en Côte d'Ivoire (insuffisance de clarté, subsistance de conflit entre les normes, pièges et volonté politique d'instrumentalisation). En conséquence, la Constitution et les lois qui en découlent pour en assurer l'expression, doivent avoir pour vocation première d'enregistrer et de traduire la volonté nationale, en l'encadrant et en la codifiant fidèlement, pour éviter de renforcer le fossé entre la société politique et le peuple ou de creuser davantage le décalage entre la mentalité ou l'opinion majoritaire de la société et les lois qui la gouvernent. Pareille situation ne peut que déboucher sur des tensions sociales et politiques que le droit ne sera plus en mesure de résorber, en raison des inadéquations précitées. Mais alors pourquoi présumer de la volonté populaire ? Comment la mesurer et l'exprimer, sinon en lui donnant à nouveau la parole en 2020, pour lui permettre de préciser sa volonté dans l'urne. Si le peuple ivoirien dans sa majorité veut du Président Ouattara il votera pour lui, s'il n'en veut plus, il ne votera pas pour lui. Le suffrage universel est la seule source du pouvoir, et non le Droit, comme on a pris la mauvaise habitude pour y accéder ou le conserver en Côte d'Ivoire.

SOUMAREY Pierre Aly

LE MINISTRE KOBENAN KOUASSI ADJOUMANI En venant au Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, il est vrai que j’ai une feuille de route claire, des orientations claires et des objectifs clairement définis par SEM Alassane Ouattara,"

LE MINISTRE MAMADOU SANGAFOWA COULIBAL Le jugement de l’histoire qui est le plus implacable, pour qu’il soit complet, il importe que les chantiers en cours soient conduits à leurs termes et que ceux achevés soient consolidés.
Monsieur le Ministre, c’est en cela que nous voudrions compter sur vous. Vous qui, fort heureusement, bénéficiez en ce moment d’une totale confiance du Président de la République et du Premier Ministre, aurez certainement les coudées franches pour accélérer la mise en œuvre de ces différents chantiers et consolider les acquis.

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Il s’agit de manière générale, du suivi de la mise en œuvre du Programme National d’Investissement Agricole -PNIA2 et plus spécifiquement:
- de la mise en œuvre du projet structurant des agropoles qui couvre tout le pays ;
- de la Bourse des Matières Premières Agricoles dont nous avions prévu, sous l’égide du Président de la République, l’ouverture en Avril prochain ;
- du projet de mécanisation accélérée de notre agriculture dont le lancement est prévu, sous la présidence de Son Excellence Monsieur le Président de la République, au prochain SARA avec la mise à disposition des filières de tracteurs ;
- de l’accélération de la mise en œuvre de la politique foncière rurale, maintenant que la loi sur le foncier rural a été modifiée, le cadre institutionnel réformé pour faciliter sa mise en œuvre et que les financements sont disponibles ;
- du projet SOJA en cours dont l’inauguration était prévue le week-end prochain ;
- du projet de réforme structurant de notre système de formation professionnelle agricole comportant des fermes du futur pour l’avènement d’une nouvelle génération de producteurs. Monsieur le Ministre,
La liste est loin d’être exhaustive.

LE MINISTRE KOBENAN KOUASSI ADJOUMANI En venant au Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, il est vrai que j’ai une feuille de route claire, des orientations claires et des objectifs clairement définis par SEM Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire et par le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly. Mais je voudrais aussi compter sur la disponibilité de tout un chacun, de tous les agents de la grande famille du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural. Car, c’est ensemble dans un esprit d’équipe et de collaboration franche que nous allons travailler, afin de toujours maintenir haut le niveau de l’agriculture dans la création de la richesse du pays.

Je ne suis certes pas ingénieur agronome, mais j’ai la chance de connaître le milieu agricole parce que, comme beaucoup d’entre nous d’ailleurs, je suis fils de planteur et j’aime particulièrement le contact avec le milieu rural et agricole. 

Notre devoir est de réussir, nous avons un objectif bien précis. Nous devons nous mettre au service de tous les paysans de Côte d’Ivoire, afin de leur permettre de connaître un lendemain meilleur. Nous allons y travailler pour y arriver, j’en suis persuadé, parce que nous en avons la volonté et parce que le soutien du Président de la République et du Premier Ministre nous sont acquis.

C’est sur cette note d’espoir que je voudrais clore mon propos en réitérant, une fois de plus, mes remerciements au Ministre Mamadou Sangafowa, pour le travail abattu, ainsi qu’à la grande famille du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural. Je vous remercie !

Le pouvoir, il le lui faut à tout prix. / "Pour en faire quoi ? "Mais surtout pour satisfaire son égo. Et se venger de l’autre. L’ancien petit frère".

Par Venance KONAN " 20 ans plus tard, n’ayant toujours pas digéré sa chute, il demande à nouveau à son peuple de se mettre encore à sa disposition. Il n’est pas compliqué, son peuple. Il lui suffit d’un peu de haine, de tribalisme et de beaucoup de xénophobie pour se mettre en branle. En tout cas, c’est pour le moment le seul programme proposé. Et cela suffit pour qu’on nous le présente comme le seul espoir de tout le peuple."

« Mettez-vous à ma disposition » avait-il exigé de son peuple le 7 décembre 1993, lorsqu’il accéda au pouvoir suprême. Non, ce n’était pas à lui de se mettre à la disposition de son peuple mais le contraire. Le pouvoir, il n’avait pas fait beaucoup d’effort pour l’avoir. Il s’était juste contenté d’attendre qu’il tombe entre ses mains. N’était-il pas l’héritier ? N’avait-il pas attendu treize longues années ? Et vous auriez voulu qu’il se mette à la disposition de son peuple ? Le peuple se mit donc à sa disposition et il régna en héritier, c’est-à-dire avec désinvolture. Il cassa la maison de son prédécesseur et la transforma pour s’y installer. Alors, avec la même désinvolture, il perdit le pouvoir un jour de ripailles. Alors que sa soldatesque en colère faisait tonner les armes dans sa capitale, il choisit d’aller faire bombance dans son village à la veille de la fête de la nativité. Il ne passa qu’une nuit, la dernière de son règne, dans son nouveau palais.

20 ans plus tard, n’ayant toujours pas digéré sa chute, il demande à nouveau à son peuple de se mettre encore à sa disposition. Il n’est pas compliqué, son peuple. Il lui suffit d’un peu de haine, de tribalisme et de beaucoup de xénophobie pour se mettre en branle. En tout cas, c’est pour le moment le seul programme proposé. Et cela suffit pour qu’on nous le présente comme le seul espoir de tout le peuple. Dans un pays où l’on croit qu’un pasteur peut ressusciter un mort, l’on peut tout à fait à 86 ans être l’espoir d’un peuple dont la majorité a moins de 30 ans. Il veut donc reprendre le pouvoir qu’il a imprudemment laissé filer entre ses doigts il y a 20 ans. C’est qu’il doit terminer le tunnel qui devait relier sa maison du village à celle de la ville. 20 ans que cela attend d’être terminé. Tout comme le palais des congrès inachevé de son bel hôtel qui se languit aussi depuis 20 ans. On avait commencé à creuser et à bétonner. L’on avait aussi posé les marbres du palais des congrès. Et puis ce funeste coup d’Etat du zozo est venu transformer les carrosses en citrouilles.

Il a patienté vingt ans. Et cela suffit maintenant. Car malgré les progrès de la médecine, le temps est en train de faire son œuvre. L’année prochaine est la dernière occasion pour pouvoir achever le tunnel et le palais des congrès. Sans oublier les villas des parents paysans des villages du royaume ancestral. Ne recevait-il pas assez d’honneurs de la part de celui qu’il avait contribué à couronner ? Si, mais il préfère être celui qui distribue les honneurs et les maroquins. Pas celui qui reçoit. Il est quand même prince et il a suffisamment rongé son frein comme ça.

L’année prochaine devrait être « l’année de son année » comme dirait le vieux de Mênêkrê. Il gagne ou il gagne. Tchoco-tchoco ! Alors, il ne lésine devant aucun moyen. Il faut se mettre à deux pour gagner dans ce pays ? Gbagbo mon frère, viens dans mes bras ! N’est-ce pas que tu as fait plus de 46% en 2010 ? Donne les moi et en échange je te donnerai quelques strapontins et honneurs. Tu seras l’un de mes suiveurs. Tu le sais bien, je n’ai pas d’amis, je n’ai que des suiveurs. Tu seras mon chef suiveur. Tu pourras amener ton Blé Goudé. Il aura lui aussi son strapontin et sera l’un de mes petits suiveurs. Soro, viens aussi dans mes bras et suis-moi. A trois c’est encore mieux. Je t’aime Soro, puisque tu n’aimes plus l’autre, mon ancien petit frère qui a osé ne pas vouloir me soutenir pour que je reprenne mon héritage. Je le renie. D’ailleurs je l’ai débaptisé. Voilà ! Je lui ai retiré le joli nom qu’on lui avait donné autrefois. Ouatra il est, Ouatra il restera.

 Le pouvoir, il le lui faut à tout prix. Pour en faire quoi ? Je vous l’ai dit plus haut. Mais surtout pour satisfaire son égo. Et se venger de l’autre. L’ancien petit frère. Mais comment parvenir à nouveau à ce pouvoir que l’ancien petit frère n’a pas voulu lui servir sur un plateau comme la première fois ? Les élections, c’est toujours risqué. L’idéal, c’est qu’il n’y en ait pas. Pourquoi pas une bonne transition où les cartes seront redistribuées ? Alors, on commence par récuser la Commission électorale. Quoiqu’il fera, on ne l’acceptera jamais. On fera des marches, ici, en Europe, partout, et on fera tout ce qu’il faut pour qu’il n’y ait pas de Commission électorale. En tout cas pas la sienne. Le président de la Commission de l’Union africaine le félicite ? O honte sur lui ! Honte sur quiconque soutiendrait cette Commission électorale ! Ce n’est qu’un début. Vous allez voir ce que vous allez voir.

Venance Konan

BEOUMI / Docteur SARAKA, le Lion de BEOUMI fait tomber la citadelle Kodè au RHDP

Dans le cadre de la grande mission initiée par le RHDP de la région du Gbèkè, Docteur Saraka Konan Adolphe, PCA de l’ARRE et par ailleurs, Membre Fondateur, Membre du Conseil Politique et Coordonnateur Régional Associé du RHDP du Gbèkè a sillonné les villages pour aller rencontrer ses parents Kodè des Sous-préfectures de Kondrobo, Andokékrénou et Béoumi les 16, 17 et 18 Août 2019 afin d’échanger avec eux sur les réalités de leur vécu et sur le RHDP. 

EX DEPUTE / Docteur Saraka Konan Adolphep (photo d'archive)

Les différentes rencontres ont enregistré la présence effective des chefs, des présidents de jeunes, des présidentes de femmes et des populations des villages desdites Sous-préfectures. 

En introduction de chaque rencontre, le Docteur Saraka Adolphe a précisé : « je suis venu devant vous aujourd’hui, sur instruction du Président de la République son Excellence Alassane Ouattara, du Président du RHDP, pour vous dire son Yako, sa compassion suite aux évènements malheureux survenus au mois de mai dernier et surtout échanger avec vous sur le RHDP et également recueillir vos difficultés et vos besoins pour les lui transmettre ». De Kondrobo à Béoumi, passant par Andokékrénou, les besoins et attentes des populations sont réels mais surtout identiques et se résument aux infrastructures essentielles de base, à savoir les constructions de châteaux d’eau, de centres de santé, d’écoles primaires, de collèges de proximité et surtout d’électrifications villageoises. 

Je constate que le président Alassane Ouattara et le RHDP ont électrifié 61 des 80 villages des trois sous-préfectures de Béoumi ; Comment peut-on trouver solutions à toutes vos difficultés et préoccupations évoquées, si nous ne réfléchissons pas ensemble pour nous déterminer sur la voie que je vous propose a demandé Docteur Saraka Adolphe à ses parents ? 

« Pour moi, dira-t-il, il est maintenant temps que le peuple Kodè pense au développement de son département car le RHDP est l’océan dans lequel affluent les fleuves et les rivières. Une digue sur une rivière n’empêchera l’océan d’étendre son envergure. Si telle est que notre volonté est le développement de Béoumi, n’avons-nous pas l’obligation de nous inscrire dans la vision du président Alassane Ouattara avec le RHDP qui fait ses preuves par la réalisation de nombreuses et grandes infrastructures modernes et criardes depuis 2011, à travers tout le pays ?»

Puis de rappeler avec émotion, cet épisode douloureux de l’histoire politique de Béoumi à ses parents en ces termes : « le peuple Kodè a été délaissé du développement de la Côte d’Ivoire depuis toujours parce que taxé de progressiste et non aux côtés du PDCI-RDA en ses débuts. Réfléchissons !»

C’est pourquoi je vous demande, conclura-t-il, de nous engager tous ensemble et dès maintenant aux côtés du Président Alassane Ouattara et du RHDP pour tracer les nouveaux sillons de développement de la côte d’Ivoire nouvelle et de Béoumi en particulier, en restant toujours sur les traces d’Houphouët-Boigny. Par des applaudissements nourris, toutes les populations rencontrées lui ont témoigné leur soutien effectif pour le RHDP. Elles ont salué et remercié vivement le Président Alassane Ouattara et son Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly et encouragé leur fils de renouveler cette initiative.

Il est à noter pour la circonstance que la délégation qui accompagnait le Docteur Saraka était composée de Konan Germain dit Trankpa ex député suppléant, Nzi Sébastien, Yao Samuel dit Gnaklé, Mathias Gossé, Kouassi Norbert, M’Bra Marcel, Addih Bénoit, Guédé Gba Jeannot et le Député Yao, tous membres des instances du RHDP.

Par : Venance KONAN / L’art de mal poser les problèmes "On a vu ce que ce genre de propos a produit en Afrique du sud où de véritables pogroms ont été organisés contre les étrangers africains, accusés de tous les maux qui minent le pays de N Mandela"

Mon premier reportage sur l’orpaillage en Côte d’Ivoire date de 1994. C’était dans les environs d’Odienné. Un peu avant cela, j’en avais réalisé un au Burkina Faso.

Depuis cette date il y a eu beaucoup de reportages sur l’orpaillage dans nos journaux. Ces dernières années, Fraternité Matin a consacré de nombreuses pages à cette activité qui est source de nombreux problèmes dans nos régions.

Non seulement elle détruit les terres agricoles, pollue les cours d’eau, mais elle entraîne aussi dans son sillage la prostitution et toutes sortes de criminalités. Dans la région de Daoukro par exemple où cette activité est très présente, de nombreux cas de viols et d’agressions sur les biens des populations sont régulièrement signalés. Et il est vrai qu’il y a beaucoup d’armes sur les sites d’orpaillage. Là où l’on cherche de l’or, il y a toujours des aventuriers et des armes, sous tous les cieux. Parce qu’il y a toujours des personnes qui veulent voler leur or à ceux qui en trouvent, et ces derniers ne veulent pas se laisser voler.

 Le phénomène de l’orpaillage existe partout où l’on soupçonne la présence de l’or, à savoir, dans notre région ouest-africaine, au Burkina Faso, au Mali, en Guinée, au Ghana, partout.

 Les différents reportages que nous avons réalisés sur ce sujet visaient à attirer l’attention, non seulement de nos autorités, mais aussi des populations et des forces de l’ordre qui souvent, pour un peu d’argent, se rendent complices de ces orpailleurs.


Peut-on pour autant dire que des personnes ont fait venir ces orpailleurs pour préparer un hold-up sur la Côte d’Ivoire, une guerre ou quelque chose de ce genre ?

C’est à voir. Doit-on en parler ?

 Bien sûr ! Mais sereinement.

 Y a t-il un trafic sur les pièces d’identité ivoiriennes ?

De nombreux journaux en ont plusieurs fois fait état. Et depuis très longtemps. Depuis la réinstauration du multipartisme pour être plus précis.

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avait été accusé d’organiser ce genre de trafic lorsqu’il était au pouvoir, et aujourd’hui c’est au tour du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui est au pouvoir d’en être accusé. Il est certain qu’en raison de nos mentalités, de certaines tracasseries policières et du sésame que la nationalité ivoirienne représente dans de nombreuses situations, on ne peut douter qu’il existe un tel trafic.

 Cela se passe-t-il seulement à Abobo ?

 On peut en douter. Est-ce pour fausser nos futures élections ?

 La question alimente beaucoup de fantasmes. Mais un observateur a fait remarquer que depuis que l’on agite le chiffon rouge des étrangers qui s’enrôleraient sur nos listes électorales, on n’a pas constaté un accroissement significatif des électeurs au fil de nos différents scrutins. Selon lui, si des gens cherchent à acquérir illégalement la nationalité ivoirienne, c’est surtout pour circuler et vivre sans subir des tracasseries, pour des raisons administratives ou économiques, ou simplement pour émigrer.

 Mais il n’est pas impossible que des fraudeurs participent aussi à nos élections. Doit-on en parler ?

 Bien sûr ! Mais sereinement.

 Il y a aussi la très vieille question des travailleurs étrangers dans nos plantations. Cette question a été le sujet de trois de mes livres, à savoir « Robert et les Catapila », publié en 2005, « les Catapila ces ingrats » et « Catapila chef du village » qui a obtenu le prix Rabelais en France. La question des terres ne concerne pas que les étrangers.

 Elle touche aussi aux relations entre Ivoiriens ayant émigré dans certaines parties du pays et populations du terroir. Elle provoque régulièrement des conflits parfois meurtriers entre populations dites autochtones et celles appelées allogènes ou allochtones. Tous les pouvoirs depuis Houphouët-Boigny ont tenté de trouver des solutions définitives à ces conflits, mais le problème persiste.

 Y aurait-il actuellement des étrangers qui tenteraient d’arracher leurs terres à des Ivoiriens en les agressant ?

 C’est à voir. Doit-on en parler ?

 Bien sûr, mais sereinement.

Lorsque dans un discours de quelques minutes l’on aligne les problèmes évoqués plus haut les uns après les autres en accusant à chaque fois les étrangers, et que l’on conclue que tout est fait pour que les Ivoiriens se sentent étrangers chez eux, on veut clairement livrer les étrangers à la vindicte populaire.

 On a vu ce que ce genre de propos a produit en Afrique du sud où de véritables pogroms ont été organisés contre les étrangers africains, accusés de tous les maux qui minent le pays de Nelson Mandela.

On en a vu un aspect dans notre pays durant la crise postélectorale de 2010-2011. Nous avons eu beaucoup de chances à cette époque. Il n’est pas certain qu’une seconde chance nous soit accordée si nous embouchons à nouveau la même trompette qui nous avait conduits à cette situation. Mais ce qui est intéressant à noter est que celui qui boit du petit lait en ce moment est le Front populaire ivoirien (FPI). Pendant qu’il tente de résoudre ses contradictions internes, à savoir les dissidences et antagonismes entre différents courants (courant Affi, courant Assoa Adou, courant Simone Gbagbo, courant Don Mello qui pointe le bout du nez), les palabres entre les différents foyers du grand chef, la question de son retour, le FPI a trouvé quelqu’un pour porter son message.

« Comme tu es très occupé et que je tiens à faire alliance avec toi, prête moi ta palabre. » C’est ce que le PDCI semble avoir dit au FPI. Et ce dernier compte les points en soufflant de temps en temps sur les braises allumées par le PDCI.

 En attendant de ramasser la mise. Le PDCI n’a pas encore compris que si le FPI l’aide à faire tomber le pouvoir actuel, ce ne sera certainement pas pour l’y installer. Affaire à suivre.

Venance Konan

Par / Pierre Aly SOUMAREY : Le PDCI de DAOUKRO (celui-ci n’a plus rien à voir désormais avec le PDCI-RDA d’Houphouët-Boigny dont il a trahi les principaux idéaux)

« Les derniers propos du Président Henri Konan Bédié interpellent notre conscience collective. »

J’ai longtemps hésité à réagir aux derniers propos du Président Bédié, parce que je ne souhaite pas participer à leur publicité. J’avais déjà dit précédemment qu’il s’était discrédité moralement et disqualifié politiquement en laissant prospérer au sein du PDCI de Daoukro (celui-ci n’a plus rien à voir désormais avec le PDCI-RDA d’Houphouët-Boigny dont il a trahi les principaux idéaux) un ensemble de discours de forme ethno-nationaliste, xénophobe et populiste.

Par ce silence approbateur et cette attitude compromettante, on pouvait le soupçonner d’adhérer à nouveau à la version politique de l’idéologie ivoiritaire dont il est l’initiateur du reste. Finalement, l’histoire le rattrape, en confirmant par des actes de langage positifs sa position à travers ses dernières déclarations. Emmuré dans un système de pensée qui s’oppose au rassemblement de tous les fils de la Côte d’Ivoire et dessert la paix, contrairement à l’humanisme social et à la philosophie politique du Président Houphouët-Boigny, le Président Henri Konan Bédié se trompe d’époque, de stratégie et de vision.

L’idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes ethniques en Côte d’Ivoire suivant l’antériorité de leur implantation sur son territoire, nie la dynamique de l’histoire des migrations et la sociologie de la carte culturelle des populations qui le peuplent, en la fixant artificiellement à la post-colonialité, aux seules populations présentes sur le territoire conformément au tracé des frontières coloniales, au moment du transfert des compétences de “souveraineté” auxdites populations (accession à l’indépendance). Cette compréhension est d’une part erronée, car l’histoire ne se fige pas à cette date, elle ne s’arrête pas à cet instant, et d’autre part, dangereuse, parce qu’elle inspire un comportement de mépris à l’endroit de certains groupes ethniques venus tardivement sur son territoire et nourrit un complexe de supériorité chez d’autres, alors qu’en réalité il n’en est rien objectivement sur un plan strictement scientifique.

Ce concept globalisant mal fondé, mal compris et surtout instrumentalisé par des politiques faillis, peut conduire des esprits faibles, ignorants et haineux, dans un pays comme la Côte d’ivoire, où le taux d’analphabétisme est encore très élevé (43 %) à fabriquer des préjugés, des stéréotypes et des rumeurs défavorables à l’égard des étrangers internes (allogènes) et externes (extra-nationaux), sur la simple base d’une différence de mœurs, d’appartenance politique, d’origine géographique, d’époque d’installation, ou encore d’une homonymie lexicale de patronymes, alors que la notion de nationalité est exclusivement juridique et que la notion d’identité est strictement culturelle.

L’identité d’un individu est celle définie sur sa Carte d’Identité Nationale, selon les mentions qui y figurent, et rien d’autre, et le caractère commun de toutes ces individualités est d’abord la nationalité Ivoirienne. Le lieu géographique de naissance (village comme on dit chez nous) et la filiation (de père et de mère ivoiriens) sont secondaires, pour parvenir à définir la nationalité d’un individu. (Exemple BOLI Basile, est né à Abidjan, appartient à l’ethnie Béthé, mais est Français).Toute autre définition de l’identité ivoirienne est inopérante, et le Code de la Nationalité, voté par la représentation nationale, prévoit plusieurs conditions et modes d’acquisition de la Nationalité.

Dès lors, les critères xénophobes de la nationalité sont très restrictifs, réducteurs et déformateurs de la réalité. Toute autre démarche constituerait la négation des autres liens (juridiques, culturels, géographiques et historiques) que nous pouvons avoir en commun avec ces personnes stigmatisées d'”étrangers”, et nierai notre histoire commune avec des peuples voisins, qui ne formaient naguère qu’une seule entité socio-culturelle. Exemple: un mongole d’origine mongolienne par filiation, né en Côte d’Ivoire, n’ayant du reste rien à voir avec la Mongolie, qui a acquis la nationalité ivoirienne, et qui a pour univers culturel et pour cadre de vie la Côte d’Ivoire, est Ivoirien au plan juridique, culturel, géographique et de son histoire, de notre histoire commune avec lui. 

Exemple Sam l’Africain, Barack Obama de père Kenyan, hier Duvallier en Haïti d’origine martiniquaise, ou encore plus près de nous, le nouveau ministre de la forêt du Gabon, Lee White, britannique d’origine, naturalisé gabonais en 2008. Nous avons changé d’époque et de monde. De nombreux Ivoiriens ont la nationalité d’autres pays. D’où nous vient notre réticence aux évolutions du temps, notre volonté passéiste et d’immobilisme.

De la même manière, le Baoulé en pays Wê n’est pas étranger, pourtant il connait aussi des conflits fonciers. Le Wê en pays Sénoufo n’est pas étranger, et vice versa et ainsi de suite. Un Coulibaly, un Koffi, un Doh ont des patronymes qu’on retrouve dans des pays voisins parce qu’ils ont la même histoire, la même culture, et peut-être la même origine lointaine. Il n’y a pas de début absolu en matière de migration et les peuplements se font à raison de ce mouvement continu. Preuve les Yacouba (venant de YACUB en langue sémitique, pour dire JACOB) ont une origine juive, en tant que afro-descendant de la tribu des Dan (dannite) ou encore l’existence d’une diaspora Africaine ou des Ivoiriens de l’étranger.

Au plan sociologique le concept de l’ivoirité dans sa version politique et populiste, est pernicieux et xénophobe en considération de son discours implicite et de son influence sur les instincts grégaires, qui tend ” …à désigner de façon injustifiée l’étranger comme un problème, un risque ou une menace pour la société d’accueil et à le tenir à l’écart de celle-ci, que l’étranger soit au loin et ou susceptible d’y venir, ou y est déjà arrivé ou encore y soit depuis longtemps installé” (J. Valluy, “Rejet des exilés – Le grand retournement du droit de l’asile”, Éditions Du Croquant, 2009. P. 2.).

Autrement dit, ce discours véhicule techniquement dans le subconscient collectif des représentations implicites, des associations, des imaginaires et une charge psychologique qui entrainent des préjugés négatifs (idées d’agression, de dépossession, d’envahissement et de criminalité), des discriminations dans les actes quotidiens de la vie communautaire nationale (conflits inter-communautaires, réticences à des unions), des accusations infondées ( exemple il y a des Ivoiriens impliqués dans les activités clandestines de l’or et du diamant, en tant qu’acteurs et complices). 

En effet, cette situation est grave lorsque de tels discours sont tenus par des partis de gouvernement, des élites morales et intellectuelles, des leaders politiques et d’opinion dans un pays. Lorsque l’ethno-nationalisme et la la xénophobie deviennent les éléments centraux d’un discours politique, de la vie nationale, ils ouvrent la perspective d’un programme gouvernemental, plus ou moins avoué à mettre à place dans l’éventualité d’une élection gagnante. 

L’histoire nous a démontré l’existence effective de ces “pratiques et attitudes” en Côte d’Ivoire, sous différents gouvernements, notamment sous celui du PDCI de Daoukro et du FPI, aux fins d’un succès populaire, de conquérir ou de conserver le pouvoir. L’ostracisme et la catégorisation ethnique qui en découlent s’accompagne d’une dévalorisation symbolique des populations concernées. Ce sont celles-ci qui ont été contestées et ont permis à la révolte qui en a résultée de s’organiser sous la forme d’une rébellion armée. Ensuite, nous avons fait rentrer dans le champ politique toutes sortes de justifications intellectuelles et théoriques, pour tenter de justifier l’injustifiable, mais le tort était hélas déjà fait. 

C’est pourquoi nous ne devons pas jouer avec le feu, sinon les phénomènes dénoncés par le Président Bédié (l’orpaillage clandestin avec toute son économie mafieuse, ses méfaits sur les mœurs, l’écologie et la santé publique; ainsi que la fraude à la nationalité avec sa corruption, son commerce lucratif et ses implications politiques) sont réels, mais ne datent pas d’aujourd’hui, ni de 2011.

Pourquoi ne les a-t-il pas combattu ainsi que ses “alliés” d’aujourd’hui quand ils étaient au pouvoir ?

Pourquoi ne les a-t-il pas dénoncé quand il était le tout-puissant PCA du pays et au RHDP ?

Qu’est-ce qui explique objectivement que c’est toujours dans certaines configurations socio-historiques, socio-politiques, seulement que la xénophobie réinvestit le registre du langage politique ivoirien et tend à redevenir le point focal de la vie politique ?

Deux choses : la manipulation et la mauvaise foi.

Ces phénomènes sont plus complexes qu’il ne les décrit et ne sont pas le fait uniquement de l’étranger.

Pour finir avec cette thématique frelatée de l’ivoirité, il faut dire la nouvelle version politique qu’il introduit en cette circonstance, a le mérite de faire se rencontrer, frères jumeaux, le PDCI de Daoukro et le FPI-Canal historique. C’est une ligne de démarcation et un programme commun. 

Pour revenir à l’aspect juridique, qui me paraît essentiel dans le traitement de cette affaire, le Président Bédié affirme au moins cinq choses dans sa déclaration :

1) – L’entrée clandestine et le stockage d’armes de guerre sur le territoire national. 

2) – La volonté des étrangers de déposséder les Ivoiriens de leurs biens, notamment de leurs terres

3) – La distribution frauduleuse et massive de la nationalité à des non ayant-droits.

4) – La complicité ou l’implication du Gouvernement dans l’accomplissement de ces actes faisant courir un risque et une menace à la communauté nationale.

5) – L’invitation lancée aux Ivoiriens de ne pas accepter cela et de se tenir prêt à se mobiliser et à répondre à ses mots d’ordre le moment voulu, pour un soulèvement populaire en vue d’un changement par la force et le désordre public.

Premièrement, les propos xénophobes sont constitutifs d’une violation des droits de l’homme et réprimés, comme tels au même titre, que les attitudes racistes et discriminatoires, par la Loi Ivoirienne qui interdit toute forme de discrimination fondée sur la race, le sexe, la religion, l’origine ou l’ethnie (Cf. Constitution Art.4, mais également l’Art. au regard la reconnaissance de la personnalité juridique des individus. 

Par ailleurs, la déclaration et le programme d’action de Vienne admis par l’Assemblée générale des Nations unies en 1993, au visa de son Article 15, indique que « Le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales sans distinction aucune est une règle élémentaire du droit international en la matière. Dès lors, l’éradication de ces comportements et propos est une tâche prioritaire de la communauté internationale qui invite instamment tous les gouvernements nationaux à prendre des mesures fermes et efficaces pour les prévenir et les combattre. 

A ce titre le Président Bédié, contre qui je ne nourrit aucune hostilité, devrait faire l’objet d’une procédure compte tenu de son statut, visant à l’entendre sur la responsabilité pénale des propos qu’il a tenu.

Deuxièmement, dans la mesure où les faits visés dans la déclaration du Président Bédié sont passibles de sanctions judiciaires de la part des commettants et de leurs complices, il s’agirait de dénonciations calomnieuses, si les faits étaient totalement ou partiellement inexacts.

Dès lors, le Gouvernement doit inviter l’intéressé à démontrer la véracité de ses déclarations, sous peine de plainte et de sanction, fusse-t-elle symbolique.

On ne peut pas accuser un Gouvernement de faits aussi graves sans en avoir la moindre preuve, et le Gouvernement ne peut pas se contenter seulement de taxer l’intéressé de xénophobe, sans s’expliquer sur l’inexactitude des faits qui lui sont reprochés, ou plus exactement sans démontrer à l’opinion publique, qu’il combat ces phénomènes et n’y est nullement associé, de près ou de loin. 

Troisièmement, l’incitation à la haine et au trouble à l’ordre public sont condamnés par notre Code Pénal. Certaines personnalités ont été poursuivies pour ces motifs.

La loi n’étant pas individuelle, sélective et variable, il convient de la mettre en œuvre dans le cas qui nous occupe. Il faut des symboles forts et des signaux clairs à envoyer à la société, pour bien montrer qu’il n’y aura pas d’impunité et d’irresponsabilité politique dans la perspective de 2020, afin que la dissuasion joue pleinement et que faute de raison, que les velléités incendiaires soient brisées très tôt pour préserver la paix publique.

Il est temps que la société politique soit responsabilisée, car nous avons connu une crise qui a fait près de 20.000 morts sans responsables au sens juridique du terme et cela doit s’arrêter. 

Il s’agit bien évidemment en ce qui concerne le Président Bédié d’envisager une procédure symbolique pour aboutir à un rappel à la Loi et calmer ses ardeurs, alors qu’il y sera représenté par son conseil. La haine, le désordre et la violence ne constituent pas un horizon viable pour un peuple. 

Pierre Aly SOUMAREY

PDCI-RDA / Un véritable souci de méthode. Je m’attendais à quelque chose de plus costaud et carré pour un potentiel candidat à la magistrature suprême. Mais bon…

Source : Yves Roger Claver / Lu pour vous sur un forum du PDCI : La Conférence de Presse du PDCI / CR d’un néophyte. J’ai pris la conférence de presse en cours. J’avais essayé de la suivre via le net. Quasi impossible. Son exécrable. Pensais trouver mieux sur place. Malheureusement ce ne fut pas le cas.

Le premier sentiment qui se dégage c’est à priori une sorte de grande précipitation quant à l’organisation de cette conférence de presse. La conséquence immédiate était une piètre qualité d’écoute. Pour un sujet aussi important, c’était me semble-t-il, une des premières choses à gérer convenablement. Même installé à l’intérieur de salle de conférence, entendre ce qui était dit, relevait de l’exploit.

Pourquoi un tel rush qui se ressentait tant, dans l’organisation de cette conférence ?

À mon arrivée, une projection sur un écran se faisait. Le sujet l’orpaillage. Je reconnu des éléments de F24 que j’avais vus sur les réseaux. Un extrait du rapport de l’ONU sur l’orpaillage datant de 2014 ou 2015 fut également en projection. Ces infos, je les avais déjà lues et vues sur les réseaux sociaux. A priori rien de bien nouveau. Après la diffusion de ce rapide reportage, la parole fut donnée aux journalistes présents. 

 

Que pouvons-nous retenir ? 

L’orpaillage clandestin ?

Je ne sais pas si nous pouvons véritablement parler de clandestinité de cette activité dans la mesure où les installations vues à l’écran pour cette activité sont de l’ordre du visible. Du très visible. Du matériel fabriqué pour je crois, nettoyer les retours de terre ramenée des orpailleurs, pour sans doute séparer la matière première voulue de celle à rejeter. 

Des installations en file indienne. Difficile que des autorités locales, toutes confondues, n’en soient pas informées. On pourrait même penser que cela se fait forcément avec un certain aval.

Aval de qui?

Je ne saurai vous le dire. Certainement pas clandestin. Sur ces terrains d’exploitation du minerai, il semblerait qu’il y ait aussi bien des acteurs locaux que des non-locaux pour ne pas dire non-ivoiriens. Ces groupes seraient armés et instaureraient leurs propres règles. D’après les conférenciers, lorsque les populations locales ne sont pas armées, ce sont des groupes que nous appellerons ici étrangers qui étaient les véritables maîtres terriens. 

En usurpation. Une expropriation selon les règles du maquis. Ces expropriations, toujours d’après les conférenciers, se révèleraient plus délicates ou difficiles lorsque les populations locales étaient armées. Imaginez les conflits possibles et leur déroulé. Brrrrrr.... 

J’avoue être resté un peu perplexe quant à la banalisation des armes à feu sur ces territoires du pays. Notre pays. De la part aussi bien des groupes étrangers que des populations locales. Un peu comme on le verrait dans des westerns américains d’époque. La ruée vers l’or avec ses règles particulières. Aucun élément de preuves de ces assertions n’a été cependant fourni aux personnes assistant à la conférence. A priori ce serait un phénomène su de tous. Pas par moi à priori.

Les propos de HKB sur « les ivoiriens qui ne se retrouveraient plus chez eux », d’après les conférenciers faisaient référence à ces expropriations forcées.

Quid de la fraude sur la nationalité ? 

Je n’aurais pas appris grand-chose sur le sujet. Pas d’éléments de preuve fournis. D’après ce que j’ai pu comprendre, il y aurait des dénonciations de l’ONI sur le sujet. J’ai peut-être raté cette partie de l’intervention. Nous le saurons assez vite avec les retours qui seront faits. 

Le PDCI souhaiterait-il remettre en question les accords de la CEDEAO quant à la libre circulation et l’installation des populations étrangères? A priori non. Simplement, le PDCI voudrait un strict respect de ces accords. Je passe volontairement sur les questions relatives aux raisons de ces dénonciations aujourd’hui par le PDCI. Les réponses données étaient d’un grand flou. Politiciennes, je les qualifierai. Me suis éclipsé avant la fin de cette conférence de presse. Nous tournions visiblement en rond sur les raisons véritables de cette convocation de la presse. Pour résumer, le PDCI selon les conférenciers à le droit d’évoquer le vocable « étranger » sans pour autant être taxé de xénophobe ou être accusé de détester les étrangers. 

J’avoue avoir été surpris lorsque Mr Billon a laissé clairement entendre que le gouvernement devrait s’occuper des vrais problèmes des ivoiriens.

L’augmentation du prix de la viande de bœuf, du chômage est... au lieu de vouloir détourner le débat en taxant le PDCI de xénophobe ou nationaliste outrancier, pour résumer. Comme si, le lièvre qu’avait levé le président HKB était de moindre importance.

Permettez-moi de penser qu’une élection présidentielle truffée d’électeurs non nationaux ne paraît pas un simple petit problème.

Il fausse les volontés des nationaux d’un pays. Un pays dans lesquelles il faut une autorisation pour être porteur d’une arme à feu, ne peut logiquement pas laisser des groupuscules s’armer impunément. Il en va de notre sécurité à tous. Je trouve personnellement cette façon de vouloir minimiser ces sujets de la part du PDCI et de ses représentants à cette conférence, un peu incohérente. 

Pour être franc, je suis sorti cette conférence un peu dépitée. Comme si les vraies questions liées à l’acquisition frauduleuse de la nationalité ivoirienne, la sécurité des populations et aux éventuelles propositions du PDCI sur ces sujet, avaient été éludées. 

Pour quelles raisons? 

Insuffisance voire absence de preuves formelles?

Distraction?

Je n’en sais trop rien. Je garde de la part de Mr Billon et accessoirement d’une dame métisse ( casting métis pour casser l’idée d’un nationalisme exacerbé) dont j’ignore l’identité, avec qui se tenait cette conférence, un grand sentiment d’impréparation et d’amateurisme.

Un véritable souci de méthode. Je m’attendais à quelque chose de plus costaud et carré pour un potentiel candidat à la magistrature suprême. Mais bon, ça c’est moi avec mes idées de conférences de presse rondement menées et travaillées de la Maison Blanche ou de l’Élysée. Vues à la télé.

 

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