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COMPTE RENDU En Libye, des migrants vendus sur des « marchés aux esclaves » une vidéo de migrants subsahariens vendus comme esclaves suscite colère et indignation

Spécial COMPTE RENDU En Libye, des migrants vendus sur des « marchés aux esclaves » une vidéo de migrants subsahariens vendus comme esclaves suscite colère et indignation

Selon l’Organisation internationale pour les migrations, la traite d’êtres humains est une pratique de plus en plus fréquente chez les passeurs. Un nombre croissant de migrants transitant par la Libye sont vendus sur des « marchés aux esclaves » avant d’être soumis au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle, selon un rapport publié mardi 11 avril par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Des migrants originaires d’Afrique de l’Ouest interrogés par l’organisation disent avoir été achetés et revendus dans des garages et des parkings de la ville de Sabha, localité du sud de la Libye par laquelle passent de nombreux candidats à l’exil.

Ils sont vendus entre 200 et 300 dollars (entre 190 et 280 euros) et retenus deux à trois mois en moyenne, a déclaré Othman Belbeisi, qui dirige la mission de l’OIM en Libye. « Les migrants sont vendus sur le marché comme s’ils étaient une matière première, explique-t-il. La traite d’êtres humains est de plus en plus fréquente chez les passeurs, dont les réseaux sont de plus en plus puissants en Libye. »

Des migrants africains rassemblés par les services libyens de lutte contre l’immigration illégale, le 23 mars, à Tripoli. « Prostitution forcée ».

Originaires surtout du Nigeria, du Sénégal et de Gambie, les migrants sont capturés alors qu’ils font route vers le nord de la Libye, d’où ils comptent gagner l’Europe en traversant la Méditerranée. Tout au long de ce périple, ils sont la proie de groupes armés et de réseaux de passeurs qui tentent parfois de leur extorquer de l’argent.

La plupart des migrants sont utilisés comme travailleurs journaliers dans les secteurs de la construction et de l’agriculture. Certains sont rémunérés, mais d’autres sont contraints de travailler sans percevoir de salaire. « En ce qui concerne les femmes, on nous a signalé beaucoup de mauvais traitements, de viols et des cas de prostitution forcée », rapporte Othman Belbeisi. L’OIM explique s’être entretenue avec un Sénégalais qui dit avoir été retenu dans un logement de Sabha avec 100 autres migrants. Régulièrement battus, ils ont dû contacter leurs familles pour obtenir les fonds exigés par leurs ravisseurs pour les relâcher. Incapables de réunir les rançons, certains migrants auraient été tués ou affamés. Lorsque des migrants mouraient ou étaient libérés, ils étaient immédiatement remplacés par d’autres.

« Des charniers dans le désert » « Ce que l’on sait, c’est que les migrants qui tombent entre les mains des passeurs sont exposés à la malnutrition, aux abus sexuels, voire au meurtre, affirme Mohammed Abdiker, directeur de l’OIM pour les opérations et situations d’urgence. On nous a parlé de charniers dans le désert. ».

La Libye est la principale porte d’entrée vers l’Europe pour les migrants. Ces trois dernières années, 150 000 d’entre eux sont parvenus à traverser la Méditerranée. Depuis le début de l’année, on estime à 26 886 le nombre de migrants arrivés en Italie, soit plus de 7 000 que le nombre enregistré l’année dernière sur la même période. On sait que 600 autres sont morts en mer, mais on ignore le nombre de ceux qui périssent en tentant d’atteindre les côtes libyennes.

Le Monde.fr avec Reuters Le 12.04.2017 à 11h42 • Mis à jour le 13.04.2017 à 08h37 En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/04/12/en- Libye :

une vidéo de migrants subsahariens vendus comme esclaves suscite colère et indignation Les images viennent d'être rendues publiques par la chaîne américaine CNN. Après une enquête de longue haleine, celle-ci a pu prouver l’existence d'un marché aux esclaves subsahariens en Libye. Les commentaires de colère et de soutien affluent en masse sur les réseaux sociaux.

En août 2017, CNN prend connaissance d’une vidéo tournée quelque part en Libye où l’on voit des Africains vendus aux enchères. « Huit cents », dit celui qui fait office de commissaire-priseur. « 900… 1 000… 1 100… » Vendu. Pour 1 200 dinars libyens – soit l’équivalent de 800 dollars, un homme est « acheté » par un Libyen. Les journalistes mènent alors l’enquête et se rendent en Libye afin de vérifier l’authenticité de la vidéo. En octobre, la chaîne parvient à filmer en caméra cachée une vente similaire en pleine nuit, à Tripoli. L’équipe de télévision constate alors qu’une douzaine de personnes sont vendues au plus offrant en l’espace de six ou sept minutes. BFMTV a repris les images de CNN pour en faire une version courte en français. Après la vente aux enchères, les journalistes américains ont cherché à rencontrer deux des hommes qui avaient été ainsi achetés par des esclavagistes des temps modernes. « Ils étaient tellement traumatisés par ce qu’ils avaient traversé qu’ils ne pouvaient pas parler, et ils avaient tellement peur qu’ils se méfiaient de tous ceux qu’ils rencontraient », explique CNN.

Ces images n’ont pas tardé à faire réagir sur les réseaux sociaux. Le producteur et animateur Claudy Siar a notamment enregistré une vidéo où il ne mâche pas ses mots, partagées plusieurs centaines de milliers de fois sur Facebook. Révoltés, d’autres internautes évoquent « un triste retour en arrière » et demandent le soutien des dirigeants africains. Par Sonia Amirat.

16 novembre 2017 à 15h31 — Mis à jour le 17 novembre 2017 à 09h54 vidéo YouTube ‎@YouTube Mikaella Rojas Fanon @Mikaella972 Cauchemar au réveil : en #Libye, ces migrants sont vendus comme #esclaves aux enchères https://youtu.be/z08zUFaF740 12:38 - 16 nov. 2017

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