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La Vidéo/ Le dernier entretien de Papa Wemba à Claudy Siar dans Couleurs tropicales /Koffi Olomidé demande «un jour de deuil africain» pour Papa Wemba Par Christophe Boisbouvier (RFI)

 

Tant que je serai un homme debout, tant que j'aurai ma belle voix, je serai toujours sur scène", confiait, le 21 avril dernier, Papa Wemba, à Claudy Siar dans Couleurs Tropicales sur RFI. Un ultime entretien filmé au Femua, Festival des Musiques Urbaines d'Anoumabo, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. /En VIDEO-Le 10 mars sur Telesud Papa Wemba‬ évoquait une mort sur scène./"Un malaise sur scène./***Sur un air de rumba / https://www.youtube.com/watch?v=DF1YvaXoxaw

Papa Wemba, le roi de la rumba congolaise, le « pape de la Sape », est décédé dans la nuit de samedi à dimanche au Festival des musiques urbaines d'Anoumabo (Femua). A l'initiative des organisateurs du festival, une soirée du recueillement et d'hommage lui a été dédiée devant son épouse et les membres de son groupe. Une cérémonie en musique, émaillée de nombreux témoignages. Reportage.

C’est dans une salle archicomble que l’hommage à Papa Wemba a commencé, sur les coups de 22h. Face à une demi-douzaine de ministres - dont le chef du gouvernement - et la famille éprouvée du chanteur congolais, Asalfo, l’organisateur du festival du Femua, a pris la parole sous les encouragements et les vivats de la foule : « Quand Papa Wemba commençait la musique, moi je n’étais pas de ce monde. Si on me disait un jour que Papa Wemba - je ne dis même pas venir chanter - allait passer à Anoumabo, je ne l'aurais pas cru. Jusqu’à venir mourir à Anoumabo, Papa Wemba nous a respectés. »

« Papa Wemba, c’est notre collègue, c’est notre frère, c’est notre papa, c’est la famille, a témoigné, émue, à RFI, la chanteuse ivoirienne Monique Séka, reine de l'Afro Zouk. Si nous sommes là, c’est pour chanter, chanter Papa Wemba. Papa Wemba, on ne doit pas l’oublier comme ça. On est là pour qu’il soit toujours dans la mémoire de toute l’Afrique. Il y a tellement de tubes. C’est tellement beau. »

Tout le monde pleure Papa Wemba qui a marqué, à sa manière, toutes les générations, avec sa rumba./Koffi Olomidé demande «un jour de deuil africain» pour Papa Wemba /En VIDEO-Le 10 mars sur Telesud Papa Wemba‬ évoquait une mort sur scène./"Un malaise sur scène./***Sur un air de rumba /  Papa Wemba était apparu en bonne forme samedi matin, lors de la conférence de presse du Femua. On le disait fatigué après les ennuis de santé qu’il avait eus à Paris en mars dernier.

Interview KOFFI OLOMIDE / Par Christophe Boisbouvier/Diffusion : mardi 26 avril 2016 RFI 

Koffi Olomidé demande «un jour de deuil africain» pour Papa WembaCe mardi 26 avril, c'est l'appel de Koffi Olomidé. Le dernier géant de la rumba congolaise (auteur-compositeur-interprète, chanteur et producteur congolais) demande à tous les pays africains de choisir ensemble un jour de deuil pour rendre hommage à Papa Wemba, qui est mort sur scène, à Abidjan, dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 avril. En ligne de Kinshasa, celui qui s’appelle Le petit frère de Papa Wemba, répond aux questions de Christophe Boisbouvier. 

RFI : Quelle est votre réaction après le drame de ce samedi 23 avril 2016 en Côte d’Ivoire ?

Koffi Olomidé : C’est une catastrophe. La musique congolaise a perdu beaucoup de sa substance et beaucoup de sa saveur. Il n’en reste pas grand-chose. Celui qui vient de partir n’était pas un pion dans un jeu, mais le jeu lui-même. C’était la plaque tournante de la musique congolaise. On ne sait pas imaginer Papa Wemba mort. Il y a des gens comme ça, Michaël Jackson, Miriam Makeba, Whitney Houston, on a du mal à croire qu’ils sont morts. Et aujourd’hui, la musique congolaise est laminée, la musique africaine ne vaut plus la peine sans la voix de Papa Wemba. Moi, j’ai une souffrance terrible. Je suis abasourdi et davantage que ça. Mais je demande à l’Afrique, à toutes les personnes qui m’écoutent de partout, de demander aux dirigeants de leur pays que l’Afrique toute unie accorde un jour de deuil africain à Papa Wemba. Donc, Papa Wemba, je suis certain que personne ne me contestera, il mérite que nous tous les Africains, en partant du Congo-Kinshasa, nous fassions un deuil unanime, un deuil africain. Donc moi, je souhaiterais que l’Union africaine, par téléphone, et que nos dirigeants conviennent d’un jour dans les jours à venir pour qu’au même moment tout le monde observe un deuil pour honorer Papa Wamba, pour tout ce qu’il a fait.

Papa Wamba était fatigué ces derniers temps et, pourtant, il était encore jeune, 66 ans. Est-ce que la vie que vous menez, vous et tous ces musiciens congolais, n’est pas épuisante ?

Oui effectivement, nous avons des vies tout à fait épuisantes. Mais regardez Manu Dibango, regardez Alpha Blondy, regardez aux Etats-Unis, tous ces artistes-là, Al Jarreau, Stevie Wonder, c’est épuisant. Mitterrand a dit : « Rien de ce qui est grand n’est facile ». Papa Wamba pour moi, c’était un grand, donc sa vie ne peut être facile. La mort de Papa Wemba, -une belle mort d’ailleurs si j’ose dire, sur scène, je pense qu’il ne peut pas arriver mieux-, il était en arrêt maladie. On lui avait demandé de se reposer. Et apparemment, il a voulu honorer son contrat qu’il avait signé quand il était fringant, quand il était en bonne santé. Je pense que l’histoire c’est celle-là. Mais c’est le destin.

Tabu Ley, Franco, Pepe Kalle, Papa Wemba, aujourd’hui tout le monde est mort sauf vous. C’est terrible ça, non ?

Ils vivent tous dans mon cœur. Vous avez oublié Madilu [System ; Ndlr], vous avez oublié [King Kester ; Ndlr] Emeneya, vous avez oublié Whitney Houston, Michael Jackson. Ils sont déjà dans mon cœur. Et je pense que c’est peut-être plus important parce que, vous savez, quand nous sommes sur cette terre avec notre pseudo vie, avec nos emmerdes, avec nos bêtises, avec nos erreurs, avec nos ratés, on n’est pas souvent si honorables que quand on n’est plus là.

Vous parlez de vos erreurs et de vos ratés. C’est vrai qu’il y a eu une petite rivalité entre Papa Wemba et vous. Et pourtant, il y a vingt ans, vous avez enregistré un très beau duo. C’était Wake up, c’est ça ?

Exactement. Nous avons enregistré Wake up, qui restera peut-être le duo le plus légendaire en Afrique. Je suis heureux d’avoir fait ça pour la postérité, je suis vraiment, vraiment heureux.

Et après, vous vous êtes disputés ?

Non. Disputés, non. Incompris, oui. On s’est incompris comme ça arrive souvent. L’époque Antoine, en France, avec Hallyday, « les cheveux longs et les idées courtes », c’est la même chose. C’est ça la vie des gens. Il n’empêche que Papa Wemba est, et restera, mon grand frère. Moi, j’étais son fan à l’origine. A la base, il était chanteur chez Zaïko Langa Langa [un des groupes les plus populaires au Zaïre, aujourd’hui RDC ; Ndlr]. Moi j’étais étudiant. J’adorais ce qu’il faisait. J’étais un fan comme on dit. Puis après les études, je me suis hasardé à faire un peu la musique parce que j’étais connu comme parolier, je faisais des chansons pour les gens.

Est-ce qu’on ne peut pas reprocher à Papa Wemba, comme à vous d’ailleurs, d’avoir été les griots du régime de Joseph Kabila ?

Non. C’est injuste de nous dire ça. C’est injuste de nous répéter tout ce refrain-là. C’est vraiment injuste. Alors qu’est-ce que vous dites des cuisiniers des chefs d’Etat ? Qu’est-ce que vous dites de leurs chauffeurs ? Qu’est-ce que vous dites des médecins qui soignent les chefs d’Etat en Afrique ? Qu’est-ce que vous dites des gens qui repassent leurs habits, leurs lavandiers ? Nous, on fait notre métier, et puis c’est tout. Vous savez, même les épouses des chefs d’Etat ne sont pas forcément de leur avis, politiquement parlant. C’est injuste ce débat-là, ce procès qu’on nous fait régulièrement de façon récurrente. C’est vraiment injuste vis-à-vis de nous, les chanteurs. On ne fait que faire notre métier. On ne fait que « prester » pour gagner notre vie. C’est tout. Ce n’est parce qu’on a chanté que l’on est forcément de cet avis-là, qu’on est contre le peuple ou contre le bien-être en général. C’est faux et injuste.

Quand vous dites que Papa Wemba était la substance de la musique congolaise, qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Ce n’était pas seulement un grand chanteur, c’était aussi un très grand musicien ?

C’était un mélodiste. C’était quelqu’un qui aimait les nuances. Il jouait avec sa voix. Il faisait tout ce qu’il voulait avec sa voix. Il avait une voix haut perchée qui tenait bien les notes, et longtemps, encore que, comme tous les êtres humains, il n’était pas parfait, mais il excellait dans son art.

Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, connu sous le nom de Papa Wemba, a dit définitivement adieu à la scène ce dimanche 24 avril. Le musicien congolais (RDC) avait été victime d'un malaise lors d'un concert en Côte d'Ivoire samedi. Ce sont les organisateurs du Femua, le Festival des musiques urbaines d'Anoumabo, qui ont annoncé son décès ce dimanche matin. Papa Wemba était âgé de 66 ans. L'émotion est énorme en Afrique centrale et ailleurs.

Papa Wemba a été victime d’un malaise lors d’un concert à Abidjan, samedi 23 avril, dans le cadre du Femua 2016, le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo. Il est décédé à son arrivée à l'hôpital d'Abidjan au petit matin. Sa mort a été annoncée à la mi-journée par les organisateurs du Femua.

Un malaise sur scène

Grandes émotion et tristesse à Abidjan aujourd'hui, rapporte notre envoyé spécial, Olivier Rogez. Le musicien, qui clôturait la soirée, était sur scène vers 5 heures du matin. Il faisait une chaleur intense et Papa Wemba présentait des signes de fébrilité. Il a demandé à plusieurs reprises d'augmenter le volume sonore, pourtant déjà très conséquent. A la quatrième chanson, le musicien s'est écroulé devant ses musiciens.

Papa Wemba est sorti de scène conscient, quoique très affecté. Il a été pris en charge par des équipes de secours, rapporte Olivier Rogez, et transféré vers l'hôpital le plus proche, mais le musicien n'a pas survécu. « Tant que je pourrai chanter, je chanterai », disait il y a encore quelques jours le chanteur, témoigne Claudy Siar, depuis Abidjan où il suit également le Femua pour RFI.

Sur un air de rumba

Ecoutez dans cet hommage à Papa Wemba les explications de Ray Lema sur l'apport de la «caisse claire» de Zaïko Langa Langa à la rumba

25-04-2016 - Par Chantal Lorho

Né en 1949 juin dans le Kasaï-Oriental (RDC), Papa Wemba est un musicien charnière pour le continent africain. Initié au chant et à la musique par une mère pleureuse professionnelle, il chante d'abord dans une chorale paroissiale avant de faire le tour des groupes de rumba de Kinshasa dans les années 60. Dans les années 1950, la rumba congolaise dominait le continent et si elle est toujours aussi présente sur la scène africaine, c'est notamment grâce à Papa Wemba qui, avec le groupe Zaïko Langa Langa - qu'il intègre en 1969 - a dépoussiéré une rumba un peu languissante, notamment en l'électrisant.

Papa Wemba se revendiquait aussi de la musique anglo-saxonne et admirait le rock américain, lui qui se faisait appeler Jules Presley au début de sa carrière musicale, rappelle Claudy Siar. Papa Wemba fait donc entrer la guitare électrique dans la rumba. Il dynamise les rythmes, évacue les instruments à vent et accélère le tempo. Il s'est aussi essayé au soukouss, au ndomgolo jusqu'à la «world music», dont il devient une star grâce au coup de pouce de l'anglais Peter Gabriel, avant de revenir à la rumba.

Tout le monde pleure Papa Wemba qui marqué, à sa manière, toutes les générations, avec sa rumba...

La Côte d’Ivoire va dire une dernière fois adieu à Papa Wemba ce mercredi soir. Le chanteur congolais, victime d'un malaise, s'est effondré sur scène dans la nuit de samedi à dimanche au Festival des musiques urbaines d'Anoumabo (Femua). Pour la circonstance et compte tenu de la dimension de cet immense chanteur, la Côte d'Ivoire a décidé de lui rendre un dernier hommage au palais de la Culture d'Abidjan.

Les préparatifs sont en cours au palais de la Culture d’Abidjan : la sono, les caméras qui permettront de vivre et de suivre en direct à la télévision cet hommage rendu à Papa Wemba. La capitale ivoirienne est en ébullition.

Le blanc sera de rigueur pour cette cérémonie d’hommage au grand Papa Wemba. Les organisateurs de cette soirée demandent à ceux qui voudront saluer une dernière fois « le roi de la sape » de s’habiller entièrement de blanc. Blanc, comme la chemise que portait Papa Wemba le soir de son dernier concert à Anoumabo, un quartier d’Abidjan.

Les artistes et proches de Papa Wemba seront présents

Bon nombre de musiciens, chanteurs et amis de Papa Wemba sont attendus lors de cette veillée. A commencer par Koffi Olomidé qui, dit-on, doit venir de Kinshasa pour ce dernier rendez-vous au palais de la Culture d’Abidjan. Mais aussi Abou Nidal, Yabongo, N'Guess Bon Sens et bien sûr Nash.  La chanteuse a été particulièrement choquée par le décès de Papa Wemba, d’autant plus que samedi soir lors du Femua, elle devait le rejoindre sur scène avant que celui-ci ne s’écroule.

Salif Traoré dit Asal'fo, le patron du Festival des musiques urbaines d'Anoumabo, sera également présent. Tout comme la famille de Papa Wemba : sa veuve Marie Rose et Ulungu Lukata Bertholdeux, le gouverneur de la région de Sankuru d’où est originaire le chanteur. On s’attend aussi à un hommage du créateur Alphadi, le couturier nigérien grand ami du musicien et chanteur congolais.

 → A (RE)LIRE : Disparition de Papa Wemba, emblème de la musique africaine

A partir de 20 heures et jusqu’à l’aube se succéderont témoignages, prestations de différents artistes et diffusions de clips ou de films ayant trait à la carrière de l’immense chanteur congolais.

La dépouille de Papa Wemba sera ensuite transférée à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny pour s’envoler vers Kinshasa jeudi matin à l’aube. Le corps du défunt devrait être transféré à l’hôpital du Cinquantenaire, dans l’attente de funérailles qui devraient, annonce-t-on, durer deux jours au stade Tata-Raphaël, dans la commune de Kalamu de Kinshasa.

Par RFI Publié le 27-04-2016 Modifié le 27-04-2016 à 16:43

J’ai toujours dit que l’Afrique doit se prendre en charge, l'Afrique doit pouvoir organiser sans l'aide de qui que ce soit et je suis très content parce que cette 9e édition [le] prouve... c'est vraiment encourageant... quand A’Salfo m'a appelé, je n'ai pas hésité !

Papa Wemba témoignait de sa joie à participer à la 9e édition du Femua

25-04-2016 - Par Olivier Rogez

Le chanteur congolais Papa Wemba est mort à l'âge de 66 ans après un malaise sur scène à Abidjan. Mondialement connu, il était l'une des plus grandes figures de la musique africaine. On lui doit des dizaines d'albums, il a découvert et formé des générations de musiciens africains comme Koffi Olomidé. Quelle image garderez-vous du «roi de la rumba congolaise» ? Quel titre de son répertoire vous a le plus marqué ?

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JUAN GOMEZ  http://www.rfi.fr/emission/20160425-vos-questions-actualite

La capitale ivoirienne se prépare au rapatriement du corps de Papa Wemba et souhaite organiser une grande veillée artistique en hommage au musicien mercredi soir. Des membres de sa famille sont arrivés dans la matinée à Abidjan. Le roi de la rumba congolaise est mort dans la nuit de samedi à dimanche. Il avait 66 ans. Il s’est effondré sur scène en plein concert samedi soir. C’était à Abidjan en Côte d’Ivoire, pendant le Festival des musiques urbaines. Aujourd’hui l’émotion est très vive dans le monde de la musique et en Afrique.

Un avion s’est posé à Abdijan aux alentours de dix heures ce lundi matin, avec à son bord, l’épouse de Papa Wemba, et trois membres de la famille, son manager ainsi que des autorités politiques congolaises. La délégation est ensuite partie se recueillir devant la dépouille mortelle du chanteur, rapporte notre envoyé spécial à Abidjan, Olivier Rogez.

On connaîtra dans la journée les vœux de la famille en ce qui concerne le rapatriement du corps de Papa Wemba. Les organisateurs du Femua souhaiteraient qu’il reste jusqu’à mercredi à Abidjan afin que les Ivoiriens puissent organiser une veillée artistique.

Asalfo, commissaire du Femua et leader du groupe ivoirien Magic System, voudrait réunir une centaine de chanteurs et de musiciens pour une nuit d’hommage sur la scène du Femua. Une soirée qui serait l’occasion pour le ministre de la Culture ivoirien de décorer à titre posthume la star congolaise. Mais tout déprendra du souhait de la famille insistent les organisateurs du Femua. D’ores et déjà l’Etat ivoirien a confirmé qu’il mettrait un appareil à disposition des congolais pour rapatrier sur sa terre natale le chanteur disparu.

Papa Wemba était apparu en bonne forme samedi matin, lors de la conférence de presse du Femua. On le disait fatigué après les ennuis de santé qu’il avait eus à Paris en mars dernier, mais il n’en a rien laissé paraître. Samedi, Papa Wemba ne cachait pas sa joie d’être ici et de jouer au Femua, un festival de renom, organisé, disait-il, en terre africaine.

 

 

Obama apprend à Curry à shooter... L'initiative vise en particulier à réduire l'illettrisme et l'échec scolaire. Obama espère s'y investir

Les deux hommes figurent dans une vidéo publicitaire pleine d'humour tournée par l’association MBK ("My Brother's Keeper"), chargée de promouvoir les vocations de tuteurs à travers le pays. Après avoir corrigé le CV du meneur de jeu, Obama le bat ensuite au jeu du Puissance 4 et enchaîne avec un cours sur le geste à adopter au shoot. Sur les images diffusées par la Maison Blanche, on les voit s’adonner ensuite faire un peu de lecture puis un cours de sciences. L'initiative vise en particulier à réduire l'illettrisme et l'échec scolaire. Obama espère s'y investir sous une forme différente après son départ de la Maison Blanche. Il y a un an, il expliquait que certaines communautés sont toujours désavantagées, évoquant des taux de chômage de 40%, 50% ou 60% dans certaines zones. Selon lui, les jeunes qui y vivent ont besoin d'un coup de pouce pour inverser la tendance.  "My brother's keeper" ("Le gardien de mon frère") fait référence à un passage de la Genèse, et M. Obama a eu recours à cette expression de nombreuses fois lors de ses discours électoraux pour illustrer son credo de solidarité.

 

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La villa de Myriam Makeba, star planétaire sud-africaine, à Dalaba en Guinée, son pays d’adoption, est à l’abandon

Myriam Makeba a vécu la moitié de son exil en Guinée.Dans ce pays, elle était tombée sous le charme de la ville de Dalaba où elle avait construit sa résidence privée. Bâtie sur un domaine luxuriant au décor féerique avec des fleurs roses, la "Villa Makeba", quoiqu'en décrépitude de nos jours, laisse entrevoir des signes qui montrent que celle qu'on appelle "Mama Africa" avait un amour certain pour la nature. Dans la villa, des objets laissés par la chanteuse sont intacts mais en mauvais état.Le gardien de la résidence, Oumar Téli Diallo, a bien connu Myriam Makaba.


Il était en charge de tous les travaux dans la villa lorsque la chanteuse, contrainte à l’exil par le régime de l'Apartheid à cause de ses chansons engagées, séjournait dans sa villa. Elle y passait des jours entiers de repos après ses tournées internationales. Mais, c'est aussi dans le jardin de cette villa que la chanteuse sud-africaine préparait ses concerts internationaux.C’est en 1968 que Myriam Makeba qui se trouvait dans une délégation officielle que conduisait l'ancien président guinéen Sékou Touré, foule le sol de Dalaba. 
La Sud-africaine ne tarda pas à tomber amoureuse de cette petite ville au climat exceptionnel et à la végétation attrayante. Aussitôt elle émet le souhait d'y couler des jours tranquilles loin du vacarme de la capitale Conakry. Sékou Touré présente la Sud-africaine à Mamadou Alpha Bah, le responsable en charge du patrimoine bâti de Dalaba de l’époque en demandant à ce dernier de trouver un terrain et d'y construire une villa pour Makeba. Il avait supervisé la construction de la villa Makeba.

Aujourd'hui âgé de 70 ans, il témoigne de sa première rencontre avec la star. "Le Président m'a appelé, il m'a dit « Bon, cette dame est venue à Dalaba. Elle a choisi Dalaba. Donc, on vous la confie. Il faut chercher un lieu pour construire sa villa. Elle était satisfaite de l'accueil, sur tout. Elle venait avec ses amis, l'orchestre qui l'accompagnait, elle faisait les répétitions ici. C'est elle-même qui faisait la cuisine. Pour servir tout le groupe. Les pommes de terre, les choux. Comme il y a des légumes à Dalaba, elle se contentait de cela. A de rares occasions, elle préparait du riz", témoigne M. Ba. Selon le retraité, Myriam Makéba était une femme simple. "Elle n'a jamais accepté le maquillage. Très simple, son teint est resté tel. Elle a dit qu'elle est noire et elle aime sa couleur. Que c'est Dieu qui lui a donné ce teint et qu'elle s'en contente" ajoute-t-il. Lieu de pèlerinage Depuis la mort de la diva, sa villa est en décrépitude.Elle a été pratiquement abandonnée.Quelques rares touristes s'y rendent pour visiter les lieux. Mais, souvent quand ils arrivent, ils sont partagés entre joie et regret.

La joie de faire ce petit pèlerinage mais le regret de voir que cette villa jadis resplendissante se meurt progressivement El hadj Thierno Habib, le maire de la commune urbaine de Dalaba se dit préoccupé par l'état de décrépitude avancée de la « Villa Makeba ». C’est un ancien ami de la famille Makeba. A l'époque, il jouait au basket avec Stockely Carmichael des Black Panthers, le mari de Makeba qui était aussi refugié en Guinée. "Cette villa a été construite pour elle et elle y a habité, elle y préparait ses concerts. Après son départ, il y a eu sa fille ou sa petite fille Bongui qui y a habité. Celle-ci partie, la villa est tombée en ruine. C'est même alarmant. La Préfecture a voulu restaurer, mais on a dit que ce n'était pas un patrimoine de la préfecture, que ça appartenait à Myriam Makeba", indique-t-il. Selon lui l’espoir est permis car des démarches sont entreprises pour la réhabilitation de la villa.

"Nous avons profité la dernière fois de l'arrivée d'une mission de touristes envoyées par le président de la République pour leur expliquer l'état de cette maison qu'ils ont vu. Et je crois que c'est tombé dans de bonnes oreilles parce que tout récemment, nous avons reçu une mission de l'ambassade de l'Afrique du Sud spécifiquement pour voir l'état de cette maison. C'est sûr qu'elle va la restaurer. Ou à défaut nous allons demander à la préfecture de saisir le Ministère de l’Administration du Territoire (MATAP) pour qu'on nous autorise à restaurer ce bâtiment. Nous allons nous battre, requérir même l'apport des ressortissants pour restaurer ce bâtiment" ajoute-t-il

Une diva au grand coeur. En attendant une rénovation qu'ils souhaitent de tout cœur, les habitants de Dalaba et les inconditionnels de Makeba ne ratent pas l'occasion de se rendre à la terrasse de la villa Makeba pour respirer le parfum des fleurs et pour écouter les chants d'oiseaux. C'est leur façon à eux de revivre les bons moments de Myriam Makeba à Dalaba. Ils aiment répéter, avec un éclat de lumière dans les yeux et un ton teinté de mélancolie qu'entre Myriam et Dalaba, c'est une histoire d'amour éternel. En fait c'est à juste raison que Dalaba continue de pleurer Mama Africa. « À l'époque des ballots, chaque année, elle faisait venir de friperie. Elle envoyait des habits presque à la moitié de la ville. Elle chantait et les fruits de ses chansons, elle les dédiait à Dalaba, elle les donnait aux enfants de Dalaba, l'équipe sportive, les jeunes, tout le monde. Elle faisait attention à tout le monde. Nous avons le cœur serré ici quand nous pensons que « maman Myriam » a disparu », regrette El Hadj Ibrahima Bah, un natif de Dalaba . Si Makeba a disparu, les habitants de Dalaba ne veulent pas voir mourir l'unique symbole de la présence de la chanteuse sud-africaine dans leur ville.

Boubacar Diallo BBC Afrique, Conakry

8 avril 2016

Des photos témoignent des longues années qu’elle a vécues en Guinée sous Sékou Touré.

Sous la protection de Sékou Touré

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Sékou Touré, père de l'indépendance de la Guinée

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Affaire des écoutes téléphoniques: Guillaume Soro publie un E-Book

1 Dans la troisième partie, nous avons également des articles des quotidiens « L’Expression », « L’Inter », des discours de M. Soro et des analyses du professeur agrégé de philosophie, Franklin Nyamsi sur cette affaire. Affaire des écoutes téléphoniques: Guillaume Soro publie un E-Book Le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Kigbafori Soro a publié un E-book de 78 pages sur l’affaire des écoutes téléphoniques l’impliquant dans une tentative de coup d'Etat au Burkina Faso.

Téléchargeable sur son site guillaumesoro.ci, ce document intitulé, "Affaire écoutes téléphoniques.

Démantèlement d’une cabale: les écoutes chimériques !", illustré par des caricatures, est subdivisé en trois parties. La première partie est composée des réactions des internautes sur cette affaire. De la page 3 à la page 27, l’on peut ainsi lire, entre autres, des titres tels, « Les micmacs des clochards et aventures politiques », « Isaac Zida…Si le ridicule tuait », « Écoute téléphonique entre #Soro et #Bassolé : Les propos contradictoires de Zida et Zagré, tous deux membres du gouvernement de transition » ou encore « L’acte arpagoniste II ».

La deuxième partie du document (page 30) est constituée de commentaires d’internautes acquis à la cause de Guillaume Soro et convaincus que cette affaire n’est que pure manipulation. « Il faut vraiment être cinglé pour croire à cette histoire qui vient tout droit d'un cinéma, montée et réalisée par des faibles. Comment un homme politique aussi respecté et intelligent prendra un risque de parler d'une affaire de Coup d’État, sur une ligne téléphonique non sécurisée. Réfléchissons. Dieu nous a tous donné un cerveau pour réfléchir et mieux comprendre les choses telles qu'elles sont. C'est du gros trucage fait par des amateurs non expérimentés. J'en ai fini », commente James Blond. Et Fediofe Yeo de renchérir : « Il n'est un secret pour personne qu'un putsch ne se prépare pas au téléphone. Cher honorable Président, avançons. Nous visons l'émergence à l'horizon 2020. Ces petits coups d'apprentis sorciers ne sauraient vous ébranler. » Quant à Waraba Dadji, il écrit : « (…) La médiocrité des passions et l’exagération manifeste de la propagande nocive et mensongère des réactionnaires, ennemis de notre héros national, ne pervertiront pas l'opinion. »

La troisième partie de l’E-book publié par le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro est une compilation d’articles de presse sur le sujet. Cette partie s’ouvre avec « Toute de même » paru dans Fraternité Matin du 14 au 15 novembre 2015. Un article écrit par Amedée Assi actuelle rédacteur en chef central de ce quotidien. « L’information est assez grave pour que toute la presse et les réseaux sociaux n’en fassent pas leurs choux gras. Cependant, au-delà de toute subjectivité, il importe pour chacun de nous, de faire appel à son bon sens et à son esprit critique, en dehors de tout dogmatisme », prévient le journaliste.

Et de poursuivre : « Avant de dire, honnêtement ce que je pense de cet enregistrement sonore, c’est avec beaucoup de curiosité que j’ai appris, grâce à une petite incursion sur le Net, l’existence des produits Voice Changer dont le logiciel Voice Changer Diamond 8.2.02 est l’édition la plus complète. Cette gamme, comme le fabriquant l’explique, est dédiée à la transformation et à la manipulation de la voix pour un usage en ligne et sur PC...»

L’auteur de l’article s’en remet à une enquête indépendante et sérieuse. En attendant, qu’une enquête indépendante et sérieuse ne vienne confirmer ou infirmer les propos prêtés au Président de l’Assemblée nationale et à l’ex-ministre burkinabè, Djibril Bassolé, il faut prendre l’information sur le Net avec des pincettes et beaucoup de circonspection ?

C’est la moindre des choses que chacun peut et doit s’imposer. D’autant plus que comme le dit si finement Amadou Hampâté-Ba, «ce qui, de l’obscurité, vers la lumière finira par être discerné», conclut Amedée Assi. Toujours dans la troisième partie, nous avons également des articles des quotidiens « L’Expression », « L’Inter », des discours de M. Soro et des analyses du professeur agrégé de philosophie, Franklin Nyamsi sur cette affaire.

CHEICKNA D. Salif Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Source: guillaumesoro.ci

LA FONDATION CHILDREN OF AFRICA / Pari réussi pour Madame Dominique Ouattara, Première Dame de la Côte d’Ivoire et sa Fondation.

Le 6ème Dîner-Gala de la Fondation Children Of Africa a eu lieu, le vendredi 11 mars 2016 au Sofitel Hôtel Ivoire de Cocody. Annoncé comme l’événement majeur pour ce début d’année, le gala de la Fondation de Madame Dominique Ouattara a drainé du beau monde et des sommités du monde de la politique, du cinéma, du show-business, de la santé et de l’humanitaire. Aux côtés de Madame Dominique Ouattara, la Première Dame du Mali, Madame Keïta Aminata Maïga, la Princesse Ira de Fürstenberg, l’actrice Catherine Deneuve, Madame Carla Bruni Sarkozy, l’humoriste Jamel Debbouze, le comédien Franck Dubosc et bien d’autres personnalités. Au-delà de la magie du spectacle, ce gala dont le thème est: «Mille et une nuits pour mille et un cœurs » avait pour objectif de fédérer les forces autour de la cause des enfants victimes de traite à travers la création et l’équipement des trois (3) premiers centres d’accueil pour les enfants en difficulté de Côte d’Ivoire à FERKESSEDOUGOU, à BOUAKE et à SOUBRE. La valeur de ce projet : trois (3) milliards F CFA.  Le lien photos  https://www.facebook.com/media/set/?set=a.928311890601123.1073742457.136044043161249&type=3

Photo :

Une initiative de Children Of Africa qui a permis de mobiliser dans un premier temps après la vente aux enchères la somme de 540 millions F CFA.

GALA DE LA FONDATION CHILDREN OF AFRICA DOMINIQUE OUATTARA PAGE OFFICIELLE·DIMANCHE 13 MARS 2016

LA FONDATION CHILDREN OF AFRICA / Pari réussi pour Madame Dominique Ouattara, Première Dame de la Côte d’Ivoire et sa Fondation.

Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

Avant tout propos, je voudrais vous saluer et vous remercier du fond du cœur, de votre présence à nos côtés, pour ce sixième Gala de la Fondation Children Of Africa, le troisième organisé à Abidjan. 

Mais avant d’en dire d’avantage, j’aimerais tout d’abord remercier mon cher époux, le Président de la République  Alassane  OUATTARA,

le premier membre et le premier soutien de la Fondation, merci mon chéri d’être avec nous ce soir. Je vous demande de l’applaudir bien fort. 

Mesdames et Messieurs

Pour cette soirée de Gala, nous avons le grand plaisir de recevoir ma sœur la Première Dame du Mali, Madame Amy KEITA qui a fait le déplacement depuis  Bamako, pour  une  cause  que nous  avons  en  commun, le bien-être de nos enfants. Merci chère Amy de ta présence à mes côtés.

Merci aussi à mon amie Carla BRUNI SARKOZY qui nous fait l’immense plaisir de sa première visite en Côte d’Ivoire, et que je remercie de tout cœur d’être avec nous ce soir, pour soutenir nos chers enfants. Merci chère Carla de ton amitié et de ton affection.

Je voudrais aussi saluer ma grande sœur, Madame Henriette Konan BEDIE qui est à nos côtés ce soir. Je souhaite lui dire toute ma gratitude pour le soutien formidable qu’elle m’a toujours manifesté. Merci chère grande sœur.

Merci également à ma grande amie, la Princesse Ira de FURSTENBERG, Marraine de la Fondation Children of Africa. Ira a toujours été là pour soutenir nos actions, et je la remercie pour son amitié et son affection inconditionnelle.

Je voudrais enfin saluer, leurs altesses le Prince et la Princesse Charles Philippe d’ORLEANS ; ainsi que le Prince et la Princesse Edouard DE LIGNE LA TREMOILLE, qui ont fait le déplacement pour être à nos côtés ce soir. Merci de votre distinguée présence.

Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

Je voudrais à présent, remercier toutes les stars internationales qui, dans un réel élan de solidarité, ont accepté de donner de leur temps, afin de favoriser le nouveau projet de la Fondation. 

Je pense tout d’abord, à Catherine DENEUVE, l’une des plus grandes stars mondiales, grande amie de la Fondation depuis 1998, qui est venue nous manifester son soutien. 

Merci chère Catherine de votre présence appréciée à Abidjan. 

Je voudrais remercier Juliette BINOCHE, célèbre actrice internationale dont la sensibilité et l’engagement pour les causes les plus nobles ne sont plus à présenter. 

Merci aussi au célèbre Djamel DEBBOUZE, d’être avec nous ce soir. Il nous avait promis d’être là, et il est bien présent. Merci aussi à Franck DUBOSC, 

notre voisin de Mougins, qui est venu avec son épouse pour soutenir notre cause. 

Avec eux, je voudrais saluer également plusieurs autres personnalités de renom et des stars du monde de la musique, du cinéma et du show-business, qui soutiennent la Fondation, certains depuis de nombreuses années : 

· Adrianna KAREMBEU

· MC SOLAAR

· Gary DOURDAN

· Et ALPHADI

Ils ont été rejoints cette année par :

· Djimon HOUNSOU, qui nous vient des Etats-Unis

· Karine SYLLA PEREZ

· Sylvie TELLIER

· Daniella LOMBROSO

· Et Miss France 2016

A présent, je voudrais également saluer quelques-unes de nos étoiles nationales, qui suscitent en nous tant de fierté, et qui sont à nos côtés ce soir :

· Alpha BLONDY

· Magic System

· Aicha KONE

· Monique SEKA

· Pierrette ADAMS

· Yves ZOGBO Junior

· Jems KOKOBI

· Gilles TOURE

· James HOURA

· Isaï Biton COULIBALY

· Et notre belle Miss Côte d’Ivoire, ainsi que bien d’autres encore.  

Je vous demande de les applaudir tous bien fort.

Je salue aussi, la présence appréciée de nos sportifs ivoiriens, Yaya TOURE, plusieurs fois Ballon d’Or et Capitaine de l’équipe des Eléphants ; ainsi que notre Copa BARRY et notre jolie Murielle AHOURE. Merci d’être là pour nous soutenir, et d’avoir fait le déplacement depuis vos résidences à l’étranger.

Cette année, je suis heureuse de compter aussi, la participation à ce Gala de la Fondation,  du  talentueux  chorégraphe Kamel  WALI  et  ses  ballets, ainsi que des numéros du Grand Cabaret de Patrick SEBASTIEN.

Merci aussi au Grand Chef triplement étoilé, Yannick ALLENO et à Madame Christine DADIE, qui nous ont élaboré un menu, qui je l’espère, enchantera nos palais.

Mesdames et Messieurs,

C’est également pour nous, un grand honneur de noter la présence d’éminentes personnalités du monde médical, notamment Monsieur Michel SIDIBE, Directeur Exécutif de l’ONUSIDA ; le Professeur Marc GENTILINI, Délégué Général de la Fondation CHIRAC ; la direction de la Fondation Lalla Salma, ainsi que de la Chaîne de l’Espoir, qui accompagnent la Fondation depuis plusieurs années. 

Merci aussi à nos amis, les Présidents Martin BOUYGUES et Vincent BOLLORE et David MIMRAN, qui ont trouvé le temps de venir à Abidjan malgré leurs calendriers chargés.

Ma gratitude va enfin, à toutes les personnalités venues des quatre coins du monde pour soutenir cet évènement, mais aussi à tous nos invités résidant en Côte d’ivoire, à commencer par les chefs d’Institutions, le Gouvernement et les Ambassadeurs qui ont répondu présents à cette soirée de bienfaisance.

Mesdames et Messieurs,

Chers donateurs,

Vous avez répondu de façon exceptionnelle à l’invitation de la Fondation Children of Africa, et j’en suis très heureuse. 

Vous nous avez également démontré votre générosité au-delà de nos attentes, dans l’unique but d’atteindre l’objectif que nous nous sommes fixés : venir en aide aux enfants en détresse.

Au-delà de la magie et de la beauté du moment que nous allons partager, nous espérons surtout, grâce à votre mobilisation, fédérer des énergies positives autour du bonheur de nos enfants. 

En effet, la Côte d’Ivoire est confrontée à l’épineuse question du travail des enfants depuis plusieurs décennies. Dans ce contexte, de nombreuses actions sont entreprises avec des partenaires nationaux   et  internationaux, 

en vue d’éradiquer ce phénomène dans notre pays. Même si les résultats obtenus sont satisfaisants, il reste encore beaucoup à faire. Ainsi, l’un des objectifs à réaliser pour la lutte contre le travail des enfants, consiste en la prise en charge des enfants victimes dans les zones à risque. 

Faisant partie des organisations engagées dans la lutte contre ce phénomène, la Fondation Children of Africa, 

souhaite bâtir les premiers centres d’accueil qui serviront à apporter une assistance immédiate aux enfants  secourus, dans de bonnes conditions.

C’est pourquoi, le Gala de ce soir a pour but de permettre la construction et l’équipement de trois maisons d’accueil pour enfants en détresse à Bouaké, Ferkéssédougou et Soubré.

Ce projet d’envergure est estimé à un milliard de FCFA par centre, soit 3 milliards de FCFA au total.

Il s’agit de la somme qu’il nous faudra recueillir ce soir grâce à votre générosité.

Mesdames et Messieurs,

Chers donateurs,

Durant ces dernières années, vous avez été remarquables, en ce qui concerne vos contributions spontanées, pour la mise en œuvre des projets de la Fondation. 

En effet, l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, a pu être entièrement financé avec votre aide.

Il a pris du retard car nous avons rajouté une aile d’oncologie pédiatrique, mais il sera achevé à la fin de cette année grâce à nos donateurs, et je vous en remercie encore très sincèrement. 

Ce soir, nous avons à nouveau besoin de votre générosité. Nous vous invitons à rêver avec nous d’un monde meilleur, sans travail des enfants, ces êtres fragiles et sans défense.

J’émets le souhait que la féérie de cette soirée de Gala placée sous le thème des Milles et unes nuits, vous convainque de sauver Milles et un cœurs d’enfants. 

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais à ce stade de mon propos, remercier tous les membres de la Fondation et l’ensemble des bénévoles qui travaillent avec abnégation et dévotion, afin de permettre à la Fondation Children Of Africa, d’offrir un meilleur avenir aux enfants d’Afrique.

Merci aussi, au Comité d’Organisation du Gala, et à toutes les sociétés partenaires qui œuvrent main dans la main, pour concevoir et réaliser cette belle soirée.

Merci aux Groupes PFO, VOODOO et SOFITEL pour leur professionnalisme, ainsi qu’à Julien BRUNIE, à Claudie et Céline pour leur aide précieuse.

Merci à la société DELIGHT du Maroc, à Clémentine, à Sabine et à Aya pour leur merveilleuse décoration.

Merci enfin à vous, tous nos généreux donateurs, qui permettrez qu’à la fin de cette soirée, nous rendions le sourire à des milliers d’enfants en détresse.

Excellente soirée à toutes et à tous.

Je vous remercie

 

 

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6ème édition du Dîner-Gala de la Fondation Children of Africa

540 millions CFA ont été recolté pour la construction et l’équipement de trois maisons d’accueil pour enfants en détresse à Bouaké, Ferkéssédougou et Soubré. Ce projet d’envergure est estimé à un milliard de FCFA par centre, soit 3 milliards de FCFA au total..

Plusieurs invités :Première Dame du Mali, Madame Amy KEITA  Carla BRUNI SARKOZY  la Princesse Ira de FURSTENBERG, Marraine de la Fondation Children of Africa. La Princesse et le Prince et la Princesse Charles Philippe d’ORLEANS

Le Prince et la Princesse Edouard DE LIGNE LA TREMOILLE, 

Madame Henriette Konan BEDIE.....

Monsieur Michel SIDIBE, Directeur Exécutif de l’ONUSIDA ; le Professeur Marc GENTILINI, Délégué Général de la Fondation CHIRAC 

Au niveau local 

Yaya TOURE, plusieurs fois Ballon d’Or et Capitaine de l’équipe des Eléphants ;

Copa BARRY 

Murielle AHOURE.

. Alpha BLONDY

• Magic System

• Aicha KONE

• Monique SEKA

• Pierrette ADAMS

• Yves ZOGBO Junior

• Jems KOKOBI

• Gilles TOURE

• James HOURA

 

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De la limitation du mandat présidentiel : Par FOUA Ernest de Saint Sauveur

 "Dix ans, c’est-à-dire une gestion courant sur deux mandats de cinq ans, c’est un temps largement suffisant pour un dirigeant, d’appliquer ses idées, d’essayer de combler les manques et les attentes de ces concitoyens, de travailler à consolider les assises politiques, économiques, sociales, humaines et spirituelles de sa communauté. Le tout étant, qu’il ait du cœur, l’inclination à aimer et servir autrui. Sans compter sa peine, ni s’angoisser des saisons qu’il aura à consacrer à ce sacerdoce...

De la limitation du mandat présidentiel

Publié le Jeudi 25 Fevrier 2016 à 15:36:41/ Par FOUA Ernest de Saint Sauveur Ecrivain, Journaliste et Editeur 

Cissé Ibrahim Bacongo, est un haut cadre de la Direction du Rassemblement Des Républicains (RDR), le parti d’Alassane Ouattara. Plusieurs fois ministre, il était jusqu’au dernier remaniement survenu le 12 janvier 2016, en charge du département de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, dans le gouvernement dirigé par le Premier Ministre, Daniel Kablan Duncan. Intellectuel de gros calibre, Cissé Bacongo est dans sa voie de compétence, lorsqu’il s’avise de réfléchir à haute voix sur le devenir de son pays, la Côte d’Ivoire, comme cela a été le cas, récemment.

Dans une réflexion dense qui, retranscrite et imprimée sur feuille A4 et sous la police Times New Roman de taille 12, atteint aisément la douzaine de pages, l’homme s’est laissé aller à donner son point de vue, relativement à la révision de la Constitution annoncée par le Président Ouattara, au titre des importants chantiers que celui-ci compte engager, sous son second quinquennat. Cette révision lui apparaissant comme « la promesse d’une nouvelle espérance, dont la réalisation doit rassembler les Ivoiriens », l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a produit une réflexion riche, qui analyse en profondeur la Constitution « adoptée, dit-il, par les Ivoiriens, le fusil sous la tempe, le 23 juillet 2000, à l’issue du guet-apens qu’aura été le scrutin référendaire ». Une Constitution qui, regrette-t-il, « a précipité le pays dans le deuil et l’horreur, de cette date jusqu’au 11 avril 2011, du fait de ses dispositions, dont certaines perpétuent le souvenir douloureux du coup de force du 24 décembre 1999 et d’autres constituent une menace perpétuelle pour l’unité nationale et la cohésion sociale ».

Au-delà, la contribution de Cissé Bacongo s’étend à l’idée de la création d’un poste de Vice-président, qui plane dans l’air et qui, prévoit-il, devrait se traduire par une ultime touche à apporter à la Constitution ; notamment, en ses articles 40 (intérim du Président de la République assuré par le Président de l’Assemblée Nationale, en cas de vacance du pouvoir), et en ses articles 41 et 53, traitant, respectivement, des attributions générales du Premier Ministre et de la suppléance du Président de la République qu’il assure, en cas d’absence de ce dernier hors du territoire national. Et ce, au cas où l’option serait prise de faire coexister ces deux institutions, de la Primature et de la Vice-présidence.

Bacongo liste les dispositions de la Constitution qui devront nécessairement faire l’objet d’abrogation. D’abord, celles qui font référence, ouvertement ou implicitement, aux événements du 24 décembre 1999, et sont contenues dans les articles 129, 130, 131, 132 et 133, que le cadre républicain assimile à « de grosses balafres hideuses et honteuses sur le visage de la République ». Puis, celles qui jurent avec l’unité nationale et la cohésion sociale ; lesquelles sont portées par l’article 35 et ses alinéas (nationalité du candidat à la Présidence de la République, durée du mandat présidentiel, disposition stipulant que le candidat ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité, résidence du candidat) ; et par l’article 54 (incompatibilité de la fonction présidentielle avec l’exercice de toute fonction de dirigeant de parti politique).

Au total, il s’agit d’une contribution intellectuelle importante qui, alors qu’elle aurait dû prospérer, retenir l’attention des Ivoiriens et être versée dans le panier d’un débat national portant sur le thème de la révision constitutionnelle à venir, a, hélas, fait long feu, s’effritant dans les embruns d’une polémique brève mais rude, entre son auteur et le journaliste et écrivain, André Silver Konan. La raison en étant que, dans cette longue réflexion produite par l’ex-ministre de la Fonction Publique, l’ex-rédacteur en chef duNouveau Réveil et éphémère employé de Jeune Afrique, n’a voulu retenir que l’abrogation de la durée du mandat présidentiel. Proposition, qui l’a fait s’écrier : « Allez dire à Bacongo d’arrêter ce petit jeu tout de suite ! La limitation du mandat présidentiel en Côte d’Ivoire est un acquis démocratique qu’il ne faut absolument pas remettre en cause, pour des intérêts personnels (personne n’est dupe) ; contrairement aux autres dispositions conflictuelles qui doivent nécessairement être reformées au cours du référendum prochain que je soutiens (…) ».

Surpris par une telle réaction, publiée qui plus est sur les réseaux sociaux et complétée, énonce-t-il rudement, « par des jappements de chacals », le Ministre Bacongo a produit, par la suite, un texte dans lequel il note que, « ceux qui crient leur indignation sélective et au scandale, sous le prétexte dérisoire de redouter une manœuvre visant, de la part du Président de la République, à se maintenir au pouvoir, à travers la présente prise de position assumée par son auteur, tentent, honteusement, de fuir un débat qui est manifestement au-dessus de leur force ». Et d’en appeler à un débat, « hors de toute hystérie et de vaines démonstrations de biceps, dans le calme et la sérénité, avec des arguments, rien que des arguments ».

Je comprends bien, pour ma part, la colère de Cissé Bacongo, après qu’il a produit et offert à ses concitoyens une réflexion d’une telle teneur, dont il n’attendait, certes pas, qu’elle fût applaudie et adoptée unanimement. Non. Mais, qu’elle connût, au moins, le sort des prises de position prospectives, dynamiques : c’est-à-dire, qu’on la pèse et la soupèse, par des contre-arguments ; qu’on l’enrichisse ou la détruise même, mais qu’elle génère le débat.

Oui, mais voilà : y avait-il lieu de débattre sur la question de la révision constitutionnelle ou sur celle de la durée du mandat présidentiel ? Je veux dire, le débat était-il opportun, nécessaire, bienvenu, à l’heure où Bacongo l’a posé ? Eh oui, même pour un ministre (et surtout, pour un ministre), il n’est pas superflu d’analyser, de flairer l’environnement, le contexte, au plan national et international, avant que de jeter dans l’espace public une idée, une information ! C’est même un réflexe salutaire. Pour tout homme politique, d’ailleurs. Mon « neveu » Bacongo l’eût fait – je l’appelle ainsi parce que, m’a-t-on dit, sa mère est Gouro ; et je peux donc, étant de cette ethnie, me « prévaloir » auprès de lui, du titre d’« oncle »… Donc, mon « neveu » Bacongo l’eût-il fait, qu’il aurait différé son adresse aux Ivoiriens, et surtout cette proposition d’abrogation de la limitation du mandat présidentiel.

Qu’il se rappelle seulement, qu’au moment où il rend publique sa contribution, dans la première quinzaine de janvier 2016, le Président Ouattara ne fait qu’entamer son second mandat, à l’issue d’une élection qui, si elle prit l’allure d’un plébiscite, n’en a pas moins été contestée par des caciques du plus vieux parti ivoirien, le PDCI-RDA ; l’un de ces caciques, Amara Essy, en l’occurrence, déniant même au Président Ouattara la nationalité ivoirienne… plus de vingt ans après l’émergence d’une ivoirité mortifère, que le RHDP a eu pour vocation de neutraliser.

Qu’il se rappelle seulement, que dans le même temps, le Burkina Faso voisin sortait d’une douloureuse épreuve dont le détonateur initial avait été la tentative, prêtée au Président Compaoré, de vouloir modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

Qu’il se rappelle, qu’un peu plus loin de nous, en Afrique Centrale, le Congo de Denis Sassou Nguesso, la RDC de Joseph Kabila, et le Burundi de Pierre Nkurunziza, étaient (et le sont encore) dans la tourmente de l’intention ou de l’action de l’Autorité, visant à faire sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel.

Qu’il se rappelle qu’en interne même, je veux dire au sein de la coalition du RHDP au pouvoir, le débat sur la succession du Chef de l’Etat n’est pas encore éteint. Pour certains, en septembre 2015, à Daoukro, Bédié a promu l’idée de soutien total du RHDP à la candidature de Ouattara, pour la présidentielle d’octobre 2015, sous la condition acceptée par son alter ego, qu’en 2020 ce serait le tour d’un cadre du PDCI. Pour d’autres, Ouattara n’a aucunement promis de faire la passe au PDCI, en 2020. Il a juste promis de ne point solliciter un troisième mandat, et que sa succession se ferait dans le cadre du RHDP. Même à cette heure, où Bédié a dévoilé le nom du parti unifié (RHDP), on entend encore des voix s’élever, au sein de son parti, pour pronostiquer le retour aux affaires du PDCI, en 2020 !!!  

Avec toutes ces contingences, la prise de position de Cissé Ibrahim Bacongo ne pouvait objectivement prospérer. Elle ne pouvait que susciter les cris d’orfraie qu’on a entendus, d’André Silver Konan et de ceux que l’auteur traite de « féroces chacals » ou de« hiboux ». Elle ne pouvait qu’être taxée d’opportunisme de mauvais aloi, de la part d’un dirigeant soupçonné de vouloir, par ce moyen, se relancer, se revaloriser, aux yeux de son grand chef, après avoir été éjecté du gouvernement. Mais, au-delà des « intérêts personnels » que lui prête un Silver Konan, combien d’observateurs, d’ici et d’ailleurs, n’ont-ils pas vu dans la sortie de Bacongo, un ballon d’essai lancé par le mentor des Républicains, afin de sonder le terrain, comme on dit ? Du reste, certains journaux et sites d’informations ne se sont pas gênés, qui ont accusé tout net le Président Ouattara, dans ce sens. On comprend, dès lors, que celui-ci ait choisi la première occasion qui s’offrait à lui – la visite de son homologue du Liberia, Johnson Sirleaf, à Abidjan, le 18 janvier dernier –, pour redire, fermement, sa volonté de ne pas briguer un troisième mandat.

Le risque de déshonneur, de manquement à sa parole, Ouattara l’a repoussé très vite. Quand, curieusement, son ancien ministre, lui, veut l’en charger. Il écrit, sans même se relire : « On a bien conscience du risque de polémique attaché à cette proposition. Elle pourrait apparaître comme une tentative, de la part du Président de la République, de se maintenir au pouvoir, à l’issue de son second mandat, malgré toutes les assurances qu’il a données en ce sens. Mais, l’auteur assume ce risque. » Comment Bacongo peut-il assumer un risque qui n’entache pas son honneur, sa crédibilité, à lui, mais ceux du Chef de l’Etat ? Ou bien celui-ci l’aurait-il mandaté de lever, en son nom, un tel risque du déshonneur et du manquement à la parole ?

Dans le second texte qu’il a produit après le tollé soulevé par le premier, Bacongo tente d’absoudre le Président Ouattara : « Est-il besoin de rappeler, sans insister davantage,relève-t-il, que le Président de la République, Alassane Ouattara, n’est pas concerné, ni visé, à un double titre, par la proposition d’abrogation de la limitation de la durée du mandat présidentiel. Premièrement, il a dit et redit qu’il ne sera pas candidat en 2020. Deuxièmement, même s’il le voulait, pour un troisième mandat, il ne pourrait pas être candidat, puisqu’en 2020, il aura 78 ans. Or, l’alinéa 2 de l’article 35 de la Constitution dispose que « le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé (…) de 75 ans au plus ».Ouattara, pas concerné, ni visé ? C’est raté, puisqu’une certaine opinion a entendu le contraire. Et puis, pourrait-on objecter : si ce n’est pour Ouattara, en faveur de qui ou pour le compte de qui, Bacongo se met-il, si hâtivement, en campagne ?     

Après toutes ces considérations, nous voudrions nous prononcer sur la question de la limitation du mandat présidentiel. Non pas tant dans l’idée de relancer ce débat qui a tourné court – à notre avis, il devrait s’éteindre ainsi, à jamais –, mais pour donner le change, du point de vue intellectuel et philosophique, au Ministre Bacongo ; en escomptant qu’à ses yeux, nous sommes éligible au « détachement, qu’un minimum de culture confère ».

Pour ce faire, commençons par dresser les arguments de l’auteur. « Dans les grandes démocraties où elle est inscrite dans la Constitution, écrit-il, la limitation du mandat présidentiel peut trouver une justification dans le fait que la classe politique regorge de cadres compétents, expérimentés et jouissant d’une légitimité nationale, qui attendent longtemps, avant d’accéder au pouvoir. D’ailleurs, certaines de ces démocraties n’ont adopté la limitation dans leur Constitution que récemment, comparativement à leur longue histoire politique : les USA, conformément au 22ème amendement ratifié le 27 février 1957 ; la France, avec la loi du n° 2008-724 du 23 juillet 2008. »

Cette limitation de la durée du mandat présidentiel, note-t-il, « résulte de la pratique, qui revêt deux modalités :

-          Soit, le président sortant décide de ne pas se présenter pour un troisième mandat, par pure élégance politique, pour soutenir un cadre de la même formation politique que lui 

-          Soit, la formation politique dont est issu le Président sortant investit, après deux mandats successifs, un nouveau candidat, qui peut être élu.

Une telle pratique, poursuit-il, est le résultat, notamment, de l’éducation et de la sensibilisation des populations à travers les associations, les ONG de la société civile et les partis politiques. Elle doit être consolidée par le renforcement de tout le processus électoral, par la crédibilisation des organes et structures de gestion, la transparence dans les procédures, le respect des règles d’égalité et d’équité… »

En soutien à sa thèse d’abrogation, Cissé Bacongo convoque deux exemples. D’abord, celui du Sénégal où, selon lui, « le peuple sénégalais a établi, avec éloquence, la vacuité de la limitation de la durée du mandat présidentiel par la Constitution », en préférant le challenger, Macky Sall, au président sortant, Abdoulaye Wade. Ensuite, celui du Rwanda, où, énonce-t-il, « le peuple rwandais, dont la mémoire du génocide reste encore vive, n’a pas éprouvé le moindre complexe, en abrogeant cette disposition de sa Constitution, pour pouvoir maintenir sa confiance au Président Kagamé, encore jeune et dont le monde entier s’accorde à apprécier le bilan à la tête du pays ».

Mais, ce n’est pas dans ces deux exemples, disons heureux à ses yeux, que Bacongo tire son vœu de voir sauter, dans notre Constitution, le verrou de la limitation du mandat présidentiel. Ce vœu qui, en réalité, résulte d’une phobie sombre, il le tire plutôt de la crise ivoirienne passée. Ecoutons-le : « Le peuple peut se trouver, au cours de son histoire, comme contraint d’élire un Président de la République par défaut, dont la gestion peut le conduire à un désastre, en l’absence de cadres politiques charismatiques, compétents, crédibles et intègres, pouvant assurer la relève. L’exemple topique, en une telle occurrence, dans notre pays, est Laurent Gbagbo, parvenu au pouvoir par une ruse du destin, qui a fait l’unanimité sur son manque total de leadership et de vision, et son incompétence affligeante associée à sa gestion burlesque du pouvoir ayant eu pour conséquence 10 ans d’enfer ».

Des cadres compétents, expérimentés, forts d’une légitimité nationale, qui attendent longtemps, dans l’antichambre du pouvoir ; des politiques fair-play, qui se passent le pouvoir en gentlemen ; des populations largement et suffisamment sensibilisées sur le processus électoral, par les associations, les ONG de la société civile et les partis politiques : voilà, selon Cissé Bacongo, les ingrédients forts qui valent que, dans les démocraties établies, l’on pratique, avec bonheur, la limitation du mandat présidentiel. Façon de dire que, chez nous, ces conditions-là n’existent point ; et que nous ne pouvons donc nous payer le ‘’luxe’’ de nous astreindre à limiter le mandat présidentiel ; surtout quand le locataire du Palais est jeune et qu’il travaille bien, à la satisfaction de tous.

Non, Monsieur le Ministre, nous ne manquons pas de cadres politiques compétents, charismatiques, crédibles et intègres, susceptibles de conduire avec responsabilité les affaires de l’Etat. Si l’on y regarde même de plus près, la zone de turbulences que notre pays a connues, de la mort du Président Houphouët, en 1993, à la crise postélectorale de 2010, correspond à une période de haute densité en dirigeants politiques d’envergure, ayant pour la plupart l’étoffe d’hommes d’Etat : Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Guéi Robert, Laurent Gbagbo, Charles Konan Banny, Guillaume Soro, pour ne citer que ceux-là, qui étaient ou sont encore au-devant de l’actualité politique. Mais, vous-même, Monsieur le Ministre, et tous ces hauts cadres du RDR, du PDCI, de l’UDPCI, du FPI, disons de tous les partis du paysage politique ivoirien ; tous ces grands chefs d’entreprise et cadres du privé ; tous ces hauts fonctionnaires et citoyens de valeur que compte notre pays ? Ne croyez-vous pas qu’il y ait dans ces groupements, des personnes aptes à gérer la nation ?

Vous vous étonnez, sans doute, qu’au sein de cette liste honorifique, je fasse figurer Robert Guéi, le Général putschiste, et Laurent Gbagbo, le « calamiteusement élu ». Mais, je persiste : oui, même eux, auraient pu conduire avec bonheur les destinées de la nation ; pour peu qu’ils fussent plus sereins, à l’écoute de leur âme personnelle, de celle de leur pays, et de celle qui guide la marche du monde.

Dans le recueil d’insuffisances que présente le Ministre Bacongo, la plus évidente et objective, c’est celle relative à l’ignorance politique de nos populations. Oui, celles-ci sont encore trop incultes, relativement aux mécanismes et enjeux réels du jeu politique. Mais cette inculture se résorbe progressivement, et ces populations sont à même, aujourd’hui, de cerner la réalité d’une limitation de mandat présidentiel.

Elles sont plus sensées qu’on ne le croit, les populations. A ce sujet, je voudrais inviter le Ministre Bacongo, à lire ou relire la prophétique pièce de théâtre d’Amadou Koné, De la chaire au trône. C’est l’histoire, pour résumer, d’un universitaire que son village et la notabilité, appellent à l’exercice de la fonction royale, pour une durée de 12 ans. Une clause, cependant, s’attache à cette sollicitation, et elle lui est notifiée clairement : celle, qu’au terme de ce temps de régence, de jouissances et d’honneurs, le souverain consente à périr, par empoisonnement, de la main de sa favorite. L’enseignant d’université accepte, quitte ses fonctions académiques et va régner au village. Douze années mirifiques, plus tard, il lui faut respecter la clause finale du pacte conclu avec les notables et le village. Mais, à la stupéfaction de tous, le roi se rebiffe. Vous n’y voyez pas un rapport avec l’actualité de nos nations ?

Non, Laurent Gbagbo n’a pas été élu comme par défaut, par manque de cadres compétents ; la preuve, Bédié et Ouattara, ainsi que d’autres candidats de valeur, se trouvaient bien présents en Côte d’Ivoire, en 2000. Ils ont été écartés de l’élection, honteusement, sur la base de grossiers artifices. On ne peut, certes, pas minimiser et passer par pertes et profits, les 3000 morts que le refus de Gbagbo de céder le fauteuil au président élu, Alassane Ouattara, a occasionnés, ni les préjudices et les douleurs que cela a générés chez les Ivoiriens… Mais qui sait si ces événements, l’avènement même de Laurent Gbagbo au pouvoir, le manque de vision, l’incompétence et la gestion burlesque que lui attribue l’auteur, n’ont pas été le moyen choisi par la Providence, pour nous faire grandir collectivement, nous détourner, à jamais, de la haine tribale, de la division, de la xénophobie, de la violence et de la guerre, comme moyens de règlement de nos différends ? S’il est vrai que le contre-exemple amène sûrement à s’ancrer dans le bon exemple.

Moi aussi, je souscris à l’idée qu’il n’y a aucune raison de brandir la limitation de mandat à un dirigeant qui conduit, avec sérénité, son peuple vers le bonheur et la prospérité. Mais, même à celui-là, son temps d’exercice est compté, arrêté, limité… par la Providence. Un temps est compté à tout ; une limite, imposée à tout. Et puis, il faut se rendre à une évidence : le temps des conducteurs de peuples d’essence divine, est passé. Le temps aussi, que les peuples avaient d’apprendre, candidement, auprès de ces grands êtres, de se soumettre, docilement, à leur autorité, sans leur compter les ans. Aujourd’hui, c’est du sein même des populations, que la Providence tire l’individu et le propulse au-devant de la nation, pour l’amener à faire son expérience de la gestion du groupe, de la collectivité. Malgré les exemples sénégalais et rwandais, la limitation de la durée du mandat présidentiel est devenue une exigence, au vu des compétences, de plus en plus nombreuses, et des ambitions (légitimes ou illégitimes, objectives ou subjectives) qui se manifestent quant à la gestion des affaires publiques. Ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui, partout, dans le monde, l’on s’y met.

Par ailleurs, il n’est réclamé à nul dirigeant de parfaire l’émancipation de son peuple. Il s’agit là, d’une œuvre générationnelle ; chaque génération apportant sa pierre à cette édification. C’est pourquoi les dirigeants qui se croient indispensables et justifient leur enracinement au pouvoir par la nécessité de sauver leur peuple, sont des affabulateurs, des attardés. La Providence n’assigne à nul guide de conduire sa communauté jusqu’à la Terre promise de la félicité. Elle désigne Jules pour agir ; s’il s’y refuse ou défaille, elle se tourne vers César. Tout simplement. En comptabilisant à chacun, ses actes et ses dires.

Dix ans, c’est-à-dire une gestion courant sur deux mandats de cinq ans, c’est un temps largement suffisant pour un dirigeant, d’appliquer ses idées, d’essayer de combler les manques et  les attentes de ces concitoyens, de travailler à consolider les assises politiques, économiques, sociales, humaines et spirituelles de sa communauté. Le tout étant, qu’il ait du cœur, l’inclination à aimer et servir autrui. Sans compter sa peine, ni s’angoisser des saisons qu’il aura à consacrer à ce sacerdoce.

Par FOUA Ernest de Saint Sauveur Ecrivain, Journaliste et Editeur / http://www.guillaumesoro.ci

 

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Gouvernance d'Alassane OUATTARA, Ennuis judiciaires de Guillaume SORO, Procès GBAGBO, Blé Goudé et Robert GUÉÏ, Terrorisme...

Le Docteur Pascal ROY (Écrivain, Philosophe, Juriste, Politiste, Enseignant-Chercheur des Universités et Chroniqueur) passe en revue toutes ces questions à l'occasion de la sortie de son 5ème livre "Flirts avec la mort". 

1 - Vous séjournez depuis trois semaines à Abidjan et avant de présenter votre 5ème livre à nos lecteurs, quel regard jetez-vous sur la Côte d'Ivoire et le deuxième mandat du Président OUATTARA qu'il vient d'entamer  ?

Je voudrais vous répondre, par un regard intellectuel libre et en restant à équidistance des émotions et passions militantes. Un intellectuel libre est, en effet, une personne dont l'activité repose sur l'exercice de l'esprit, qui s'engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs et qui dispose d'une forme d'autorité conceptuelle. Pour faire court, l’intellectuel libre ne se définit ni par la taille ni par l’usage de son cerveau, ni par sa compétence en un domaine précis (philosophie, sciences humaines, lettres…) mais par sa volonté d’agir sur le monde par "influence" sémiologique et scientifique. Vous savez que j'ai de l'affection pudique pour le Chef actuel de l'Exécutif ivoirien. Je suis, tout de même, le libre auteur de la biographie humanitaire de la Première Dame de Côte d'Ivoire, Madame Dominique OUATTARA, cette Dame au cœur fertile de socialité et de générosité solidaire et réparatrice des blessures humaines et des ratages existentiels. C'est pourquoi, je ne peux pas rester silencieux et complaisant avec un certain nombre de choses qui, à nos yeux d'intellectuels libres, sont des dévoiements de gouvernance. C'est parce que je veux voir le Docteur Alassane OUATTARA, ce brillant technocrate doublé de talents politiques, réussir sa mission de Chef d'État et s'inscrire positivement et durablement dans l'Histoire que je l'interpelle constamment avec ma plume. Car, il peut donner davantage à notre pays, bien au-delà de ce qui se fait déjà et de qualité. Parce que j'aime la Côte d'Ivoire, je suis rigoureux avec ses dirigeants. Les latins disaient : Bene amat, bene castigat, littéralement, "qui aime bien, châtie bien".

Gouverner, en effet, c'est viser constamment l'excellence et le meilleur pour le peuple. Gouverner, c'est entrer en résistance perfectionniste permanente contre les méfaits de ses plus proches collaborateurs et les missionnaires de la République (Chefs des Institutions, Ministres, PCA, DG...). Il y a deux types de critiques en politique: les critiques négatives, destructives et déstructurantes, généralement menées par les opposants politiques; les critiques positives, constructives et d'orientation portées par les intellectuels libres. La démocratie et la gouvernance publique ont besoin d'un regard extérieur, lucidement dégagé de pesanteurs militantes, et républicain d'orientation et de proposition d'outils pour s'améliorer et satisfaire les attentes des populations. Et c'est ce que j'essaie de faire modestement. On ne négocie pas la voix et les mots de ma plume! L'intellectuel libre est, avant tout, un donateur de sens, un affirmateur. Être un intellectuel libre, est une épreuve, celle du dévoilement de la vérité et de la purification de l'être. Épreuve que j'essaie d'assumer dans une gravité responsabilisante. Quelqu'un me disait dernièrement, "attention, tu vas te faire arrêter à Abidjan ou refouler à l'aéroport". J'ai rétorqué avec un sourire. En vérité, si pour ma plume, je dois être contraint à un séjour carcéral par les services de sécurité intérieure, je m'y rendrai avec un cœur léger. Certainement que ce serait une occasion d'échanges de famille avec le Ministre d'État, Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, mon aîné et beau-frère Hamed BAKAYOKO. Je suis Agni d'Aboisso et Madame Dominique OUATTARA est ma "référente humanitaire". Le Ministre d'État Hamed BAKAYOKO est le fils spirituel de la Première Dame et son épouse est Agni. 

Cela dit, je profite pour saluer le travail remarquable de notre Ministre d'Etat Hamed BAKAYOKO, même si des réglages et de nouvelles impulsions sont à souhaiter, surtout dans un contexte de menace djihadiste ou terroriste. La sécurité, c'est 80% de bon sens et 20% d'expertise. Il nous faut actionner un système de campagne de sensibilisation des populations sur les réflexes de secours et de sécurité en lieux de masses. Notre pays doit également réactiver un service civique républicain performant pour les scolaires et les jeunes afin de véhiculer des valeurs humanistes. Tout ce qui est fait aujourd'hui pour trouver un emploi aux uns et aux autres doit rapidement donner des résultats perceptibles. L'embauche statistique ne sert pas beaucoup la gouvernance quand le peuple n'est pas en phase avec les chiffres. Quand de mois en mois, vous voyez le fils du voisin et la fille du cousin retrouver un emploi, ça parle plus aux citoyens lambda car c'est du concret. Quand une jeunesse n'a pas foi en son avenir, elle monnaye son destin dans l'industrie de la violence, de l'incivisme, du sexe et du terrorisme djihadiste. Il est du devoir d'un État de faire rêver sa jeunesse par l'éducation, la démocratie, la bonne gouvernance et le travail. On ne gouverne pas dans un bruit insonore. Si monsieur Alassane OUATTARA veut réellement conduire la Côte d'Ivoire à l'émergence, par la sculpture de l'Ivoirien Nouveau, il lui faut mettre de la rectitude dans la gouvernance publique en commençant par son Palais, la Primature et les ministères. La Haute autorité pour la bonne gouvernance doit avoir une direction plus énergique, avec une autorité d'actions, ce qui lui donnera plus de dynamisme et d'efficacité.

L'Ivoirien Nouveau ne se construira pas en allant saluer le drapeau chaque début de mois au plateau. Le défi de l'IVOIRIEN NOUVEAU et de l'ÉMERGENCE exige de la rectitude dans les comportements, des correcteurs dans les manières de voir autrui, de lire la société, d'écrire la République, de conduire les responsabilités de service public et de gérer les affaires étatiques. L'excellence, l'exemplarité, les "jeunes énergies" et les valeurs morales doivent être la racine et le ciment de l'Ivoirien Nouveau. La République est l’usufruit (bien commun) de tous mais n’est la propriété de personne. La République est la loi commune et non la loi de quelques groupuscules. Il est nécessaire de souligner que notre pays s’est engagé, depuis la sortie de la crise post-électorale de 2010, dans un processus de réforme globale qui a touché l’ensemble des secteurs d’activité de l’Etat ; processus encore timide, timoré et qui doit être redynamisé et approfondi par l'introduction de nouvelles actions audacieuses et opérantes, sous ce deuxièmement mandat de monsieur Alassane OUATTARA. La configuration du gouvernement actuel n'est pas moderne. Il y a besoin de le resserrer et de le rajeunir afin de le rendre plus efficace. Il nous faut favoriser l’émergence de nouveaux et vigoureux talents sur la scène gouvernementale, administrative, économique et sociale, mettre en place une économie de marché, la consécration de nouvelles libertés liées à la citoyenneté, la généralisation des nouvelles technologies de l’information et la communication devront induire des mutations profondes au sein de l’Etat et de la société. Nous devons être capables d'ériger progressivement la concurrence compétentielle en une dimension nodale dans l’organisation et l'animation de l'administration, de l’économie mais aussi de la politique.

2 - Pourquoi le livre "Flirts avec la mort" ?

Après la sortie de mes 4 premiers livres ( "Déréliction et Facticité chez Martin Heidegger", "Être et Temps et le problème du sens de l'être", "Art et technique de la prévention, gestion et résolution de crises..." et "Dominique OUATTARA, une femme des grandes causes humaines"), l'actualité mondiale m'a plongé dans l'écriture d'un 5ème livre intitulé : "Flirts avec la mort".

En effet, que nous soyons croyants, philosophes, scientifiques ou politiciens, il est toujours difficile de choisir les bons termes pour parler de la mort. Drame humain auquel tout un chacun est confronté, on désigne la mort souvent par des litotes comme disparition, perte, silence ou sommeil… comme si le mot était trop dur à prononcer, car trop cruel. Oui Vulnérables, donc humains, sommes-nous! Tel est le sens de notre vraie existence. Et les multiples événements djihadistes en France, en Syrie, en Libye, en Turquie, au Nigeria, au Cameroun, au Niger, au Mali, au Burkina Faso et ailleurs confortent cette réalité implacable: notre vulnérabilité, c'est-à-dire la conscience de la fragilité et des limites de notre condition humaine. Il n'y a plus d'espace protégé dans le monde. Prendre un bus, le train, l'avion, aller au café, au ciné, au restaurant, au supermarché, à l'hôtel, à l'école, au stade..., c'est prendre le risque de ne plus revoir les siens. Tout est précaire et mortel. Ce qui me renvoie à la vue ces mots de ce célèbre médecin, Xavier Bichât, professés en 1800 : " la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort ". 

Ô que la mort est partout, imprévisible et inévitable humainement! La mort est partout, plus que nous le croyons. Nous pouvons mourir en tous moments. Peu importe où on soit et avec qui on est. On n’est jamais à l’abri de la mort. On n’est jamais à l’abri de quoi que ce soit. Ce n’est pas parce que nous sommes au lycée, au travail, en salle de sport, dans le transport, au cinéma et que notre journée se déroule parfaitement bien que notre père ou notre mère ne peut pas crever. Ce n’est pas parce que notre petit frère joue à Spiderman dans sa chambre que demain il ne peut pas se faire renverser par une voiture. Ce n’est pas parce que nos grands parents se portent bien pour leurs âges qu’ils ne peuvent pas mourir d’une crise cardiaque. Ce n’est pas parce que nous avons au creux des yeux la lingerie de la plus belle femme ou entre les mains, la partie mythique de l’homme le plus viril, que nous ne pouvons pas mourir dans les instants suivants. Vous voyez, nous ne sommes à l’abri de rien. Alors à chaque fois que nous allons de chez nous, disons-leur tous au revoir comme si c’était la dernière fois. La mort qui appelle tout à elle, m’appelle aussi, t’appelle également, nous appelle tous... Elle est partout et on flirte avec elle.

En attendant la nôtre, mon 5ème Livre nous invite à vivre comme "une eucharistie", c'est-à-dire savoir et pouvoir dire avec pertinence, un merci vrai, gratuit et nourricier à Dieu et autour de nous, chaque fois qu'on peut aller et revenir, dormir et se réveiller sans croiser la fin, tout en professant ceci: le spectre imminent de la mort et la dangerosité de l'existence ne doivent pas édulcorer les forces de vie et la volonté de réalisation humaine et sociale. L'existence est une minuterie de la mort. Aujourd'hui, la raison s'inquiète et tremble si fort au moindre danger qui menace notre vie ou celle d'autrui. La vie est l’épiphanie de la mort, mais cette épiphanie est allégorique, non point tautégorique. La mort ne parle pas et nous plonge dans un silence absolu, ce qui angoisse. Je dédie mon 5ème Livre à toutes les victimes de toutes les lâchetés meurtrières partout dans le monde, à leurs familles, leurs proches et force de liberté à ce divers peuple de vivants à travers nos sociétés ! Soyons sages et le sage ici c’est celui qui accepte la nécessité en la comprenant, c’est en un mot, celui qui sait que la mort est un moment essentiel de la vie, mais que la mort n’épuise pas la vie.

3 - Revenons à la Côte d'Ivoire. Quelle est votre analyse des différents procès en cours ? 

La classe politique ivoirienne dans son ensemble a la prime du mensonge et de la bêtise humaine. Trop de politiciens médiocres en Côte d'Ivoire. Voilà un pays où on a tué, on a pillé, on a violé, on a traumatisé et personne n'est responsable. Des événements douloureux depuis les indépendances jusqu'aujourd'hui sont restés sans responsables limpides ou, du moins, sans aveux des auteurs: les drames du Sanwi des années 60 et du Guébié des années 70, les dérives du putsch de 1999 et de la transition militaire, les dérives de la rébellion de 2002, les présumés charniers de Yopougon et des gendarmes à Bouaké, les présumés assassinats de personnalités (Ernest Boka, Biaka Boda, Jean Baptiste Mockey, le General Robert GUÉÏ, Boga Doudou, Dagrou Loula, Camara H,  IB, Tagro Désiré....etc.), les supposés massacres des femmes d'Abobo et des populations de Nahibly. 

Révisons les procès du General Robert GUÉÏ et de messieurs Laurent GBAGBO et Charles Blé Goudé. On a l'impression que le Général GUÉÏ et les siens se sont suicidés collectivement: personne n'a le courage moral de reconnaître les faits et tout le monde n'y est pour rien. Ce qui se passe à La Haye est encore plus triste. Et comme je l'avais souligné dans un tweet du 27/01/2016, à la veille de l'ouverture du procès, le monde entier assiste passivement à l'une des grosses bourbes judiciaires du 21ème siècle et ça se passe à La Haye, en plein cœur de l'Europe. Un procès qui se construit dans un amateurisme révoltant: des témoins anonymes se dévoilent sur les réseaux sociaux avec tous les risques de sécurité inimaginables à court, moyen et long termes pour eux-mêmes, leurs familles et proches, vues les passions qui se déchaînent; des témoignages qui se dégonflent au choc du feu des questions de la défense quand certains témoins ne prennent pas leurs jambes à leur cou en désertant leurs chambres d'hôtel pour échapper aux témoignages, des prévenus qui ont occupé de hautes fonctions d'Etat et qui rigolent en pleine audience... Quelle méprise! 

Je suis incendié intellectuellement chaque fois que l'application des règles de droit semble se télécharger politiquement et de façon exclusive, surtout dans le cadre d'une justice internationale. Non à la justice cacophonique et injuste qui pervertit l'humanité. C'est ce qui est juste qui doit dicter la loi, si nous voulons renforcer les droits de l'Homme et dissuader efficacement les fauteurs de troubles politiques et les criminels de masses! Nous voulons tous la manifestation de la vérité sur ce qui s'est réellement passé en Côte d'Ivoire, principalement, entre octobre 2010 et avril 2011. Mais je crains fort bien qu'au terme de ce procès qui se montre tumultueux et dans une procédure cahoteuse, le peuple de Côte d'Ivoire ait le sentiment d'avoir frôlé la vérité. La vérité d'une telle crise se lit sur deux visages et non sur seulement un visage multiforme, aussi laid et hideux peut-il paraître. Dans notre société actuelle règne la loi du mensonge et du déni: il nous faut en sortir si nous voulons réussir la construction d'une société moderne, démocratique et émergente. Notre pays doit susciter davantage de solutions de réconciliation qui répondent à des objectifs politiques clairs, objectifs consolidant la stabilité, la pérennité et le développement de la République et de ses Institutions.

4- Ennuis judiciaires de Guillaume SORO

Il n'y a pas de grands chefs,  de grands leaders et de grands présidents nulle part. Il n'y a que des chefs, des présidents et des leaders bien renseignés et bien entourés. Quand on a le parcours et les ambitions de monsieur Guillaume SORO, on ne peut pas donner l'impression de manquer de prudence, de vigilance et de sous-estimer les enjeux au point d'offrir des outils de nuisance aux adversaires internes et externes. On ne peut pas rêver grand et s'envelopper de toiles d'araignées. Je ne nie pas la présence de gens brillants didactiquement et de qualité socio-politique autour de monsieur Guillaume SORO et ils se reconnaîtront, probablement mal mandatés ou qui se mandatent maladroitement, mais beaucoup de ses allocataires donnent un reflet contre-productif. On ne paie pas des collaborateurs pour déambuler dans les ruelles et recoins, goûter aux orgies et beuveries, fanfaronner dans la presse et sur les réseaux sociaux et manquer le match des éliminatoires parce qu'on savoure déjà la finale, en ignorant la dureté de la qualification et l'épreuve qui mène à la victoire. Ce n’est donc pas en vain que le père du droit constitutionnel français, George Védel, disait le 18 janvier 2001: «aujourd’hui, bomber le torse tient lieu de culture». On ne peut pas rêver avec de grands yeux et se contenter de miser sur des amis, des serveurs de thés, des allocataires de fidélités bruissantes et sur des gens pour qui vous êtes juste des ascenseurs de réussite et de promotions juteuses. La technicité est le kérosène de la politique. On peut aider des amis et c'est naturel. Mais au 21ème siècle et à l'âge de monsieur Guillaume SORO, cela se fait avec des idées modernes et dans le sillage de la démocratie, des vertus et des droits de l'Homme.

En ce qui concerne ce qu'on pourrait qualifier de crispation relationnelle entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, les frasques contentieuses doivent être traitées sous trois angles: politique, diplomatique et juridique. Il faut agir bien et très vite, sans donner l'impression d'avoir la conscience et les mains qui tremblent. En effet, politique et diplomatie sont, de toute évidence, deux choses bien différentes, puisque la diplomatie n’est qu’un moyen de faire la politique, et plus spécialement la politique étrangère. Les questions de politique intérieure peuvent être également traitées, lorsqu’il convient, par la méthode diplomatique, mais la véritable « diplomatie » acquiert ses titres de noblesse et s’épure lorsqu’elle reçoit sa véritable application, c’est-à-dire dans les rapports avec les pays étrangers. À ces pays, on ne peut imposer sa propre volonté comme on le ferait à l’intérieur, et ni l’autorité ni le prestige ne permettent de se dispenser de l’habileté. Il faut donc de l'habileté politique aux autorités de Côte d'Ivoire et du Burkina Faso pour tranquilliser les climats politiques intérieurs, surtout pour Ouagadougou, ménager l'opinion.

C'est alors qu'on pourra actionner, avec efficacité, la diplomatie comme  un simple instrument de la politique, une manière de traiter les questions qui surgissent de la coexistence internationale et de trouver, sans recourir à la force ou à des mesures de rétorsion économique, un compromis ou une ligne de traitement aux embrouilles qui enrhument les deux États. Viendra alors le cadre juridique pour traiter les mandats d'arrêt qui giclent dans le ciel ivoirien en vue d'annulation ou de retrait ou d'exercice de la justice. On peut émettre des mandats, on peut transférer des gens et les juger. Mais il faut le faire dans les règles de l'art judiciaire. Il faut vite aiguiser la méthode idoine pour obtenir des résultats et maintenir les relations bilatérales dans une atmosphère de tranquillité durable.  Car les choses peuvent glisser dans la tempête et on n'attendra pas jusqu’au moment où l’on pourra, voudra ou devra, tenter le sort des armes (pour faire fort), pour s'en rendre compte.

Concernant la page événementielle de la juge parisienne, Sabine Kheris, je me suis déjà prononcé le 8 décembre 2015 sur ma page facebook. Comme je le soulignais, le bon procédurier ne s'irrite pas pour se fourvoyer dans les latitudes que lui offrent les textes de loi, surtout quand sa matrice de travail touche la politique. Le politique est très souvent dans l'émotion et agit sous le coup de l'émotion. Mais le devoir impérieux du juge voire de l'universitaire est de prendre de la distance, même s'il y a des moments où cette distance est difficile à opérer. Le seul objectif doit être l'analytique obstinée du concept. Les émotions ne font pas partie des fils de couture du costume judiciaire. L'une des qualités essentielles d'un juge, "pilier de l'ensemble du système de justice", est de s'efforcer de faire preuve de logique et être en mesure de rendre des décisions éclairées qui résistent à un examen minutieux, en tenant compte de l'essence même de l'affaire dont il est saisi. Le juge doit simplement être juge et non paraître l'être! Le juge n'est pas un créateur de spectacle turbulent.

Intellectuellement, je ne vois pas d'inconvénient à ce que la juge d'instruction parisienne Sabine Khéris cherche à entendre Monsieur Guillaume SORO dans le cadre de la plainte déposée en 2012 par Monsieur Michel Gbagbo, fils de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, relative aux conditions de son arrestation au printemps 2011, en plein cafouillage institutionnel. Le citoyen Guillaume SORO devra, vraisemblablement, collaborer avec la justice française, représentée par la juge Sabine Kheris, par le canal de ses conseils parisiens et dans le respect de la loi française et des traités internationaux et dans la bonne méthode d'instruction. Monsieur Guillaume SORO et ses conseils doivent profiter de cet épisode douloureux pour traiter avec diligence et efficacité tous les dossiers de justice supposés, soupçonnés ou en cours partout dans le monde et peu importe les plaignants.

Je pense que la tempête des tracasseries judiciaires va se dégonfler avec le temps. Monsieur Guillaume SORO reprendra son chemin jusqu'à destination s'il sait redynamiser son équipe, redistribuer les cartes et redonner de l'étoffe à sa trajectoire, en apprenant des causes de la crevaison de ses roues en pleine course. Et il pourra alors répéter cette phrase du biologiste américain Jonas Edward Salk (1914-1995), l’inventeur du vaccin contre la poliomyélite, qui choisit de ne pas le breveter pour le rendre plus accessible. Un doux rêveur, dirait-on aujourd’hui… : « J'ai eu des rêves et j'ai eu des cauchemars, mais j'ai vaincu mes cauchemars à cause de mes rêves. ». Aucune existence, aucun système, aucun projet et aucun idéal ne sont à l'abri d'une chute brutale de tout ce qui a été fondé sur des bases instables et inadaptées. C'est pourquoi de nouvelles prises de décisions sont toujours utiles à qui veut remplir sa page existentielle, pérenniser un système, réaliser un projet et accomplir un idéal dans le renforcement de la crédibilité et un nouveau destin pour l'Humanité sont à impulser. 

Nos sociétés ont besoin d'un idéal moins matérialiste et elles doivent s'orienter vers un esprit plus collectif, des idées plus humanitaires et plus universelles. Malgré des bouleversements, des sacrifices et des efforts d'adaptation, notre existence doit s'enrichir d'enseignements de toutes sortes. Dans une réflexion d'ouverture, des pages doivent se tourner et nous devons nous inviter à faire preuve de moins d'égocentrisme, à plus de solidarité, pour construire un Monde meilleur au-delà des barrières raciales et sociales, Un Monde pour l'Homme.

Interview réalisée par Seriba Koné à Abidjan, le jeudi 18 février 2016.

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Récompense : Angélique Kidjo auréolée d’une troisième Grammy Award

Encore une Grammy Award de plus pour la diva africaine de musique, d’origine béninoise Angélique Kidjo. Elle a reçu lundi 15 février au Staples Center à Los Angeles, sa troisième récompense aux Grammy Awards dans la catégorie meilleur album de musique du monde pour « Sings », un condensé de ses chansons interprétées avec l’orchestre philharmonique du Luxembourg. C’est la deuxième fois successive que cette figure emblématique de la musique africaine dans le monde remporte cette distinction. L’année dernière, Angélique Kidjo a reçu dans une Grammy Award dans la même catégorie pour « Eve » qu’elle a réalisé en hommage aux femmes africaines.

Elle a été récompensée aux Grammy Awards pour la première fois en 2007. Cette importante distinction est en musique l’équivalente des oscars du cinéma. La béninoise auréolée de sa troisième récompense aux Grammy Awards a salué « l’ouverture d’esprit des Grammy à l’égard des créations artistiques de divers horizons ». Fière du continent africain, Angélique Kidjo dédie sa récompense aux jeunes talents artistiques africains. « L’Afrique, dit-elle, est en marche, elle est positive ». Elle appelle à la non-violence et à l’usage de la musique pour bannir « la haine et la violence ». Pour elle, « La musique est avant tout la seule forme d’art qui lie tout le monde ».

"Angelique Kidjo SINGS with the Orchestre Philharmonique du Luxembourg with Gast Waltzing" wins the Grammy for Best World Music album! "I want to dedicate this Grammy to all the traditional musicians in Africa, in my country, and all the young generation, the new African music, vibrant, joyful music that comes from my continent that you have to get yourself to discover. Africa is on the rise. Africa is positive. Africa is joyful. Let's get together and be one through music and say no to hate and violence through music. Thank you"

" Je veux dédier ce Grammy á tous les musiciens traditionnels en Afrique et dans mon pays. Et aussi à la nouvelle generation, la nouvelle musique africaine qui est joyeuse et qui vient de mon continent. Il faut la découvrir. L'Afrique est en marche, elle est positive. Regroupons nous et refusons la haine et la violence grâce à la musique. Merci"

Listen to SINGS here:

 

AFRICA NUMÉRO (1) / Le Grand Débat du Mardi 26 Janvier 2016 / Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale en ligne en MP3

Les procès couplés de l’ancien président ivoirien et de son ancien ministre Charles Blé Goudé s’ouvrent le 28 janvier à la Haye, devant la Cour pénale internationale. Deux procès attendus depuis plusieurs mois, et qui ravivent le souvenir de la crise postélectorale de 2011 en Côte d’Ivoire. Faut-il s’attendre, lors de ce double procès, à de nouvelles révélations sur la crise ivoirienne ? Quelle sera la ligne de défense des deux prévenus ? Et quel sera l’impact de cet événement judiciaire sur la vie politique en Côte d’Ivoire ? http://www.africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_26_01_16_-_pad.mp3

 Photo- Adama Diomande, Président de l’Association pour la Défense de la Démocratie et des Libertés (ADDL). Membre du Rassemblement des Républicains, (RDR)

- François Guina, Président du CAFI (Cercle pour l’Amitié Franco-Ivoirienne). Vice président national, Chargé des affaires extérieures du COJEP (Congrès pour la justice et l’égalité des peuples)

Photo

http://www.africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_26_01_16_-_pad.mp3

                               

 

 

 

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