Bannière

Log in

CÔTE D'IVOIRE / André Silver Konan cherche à comprendre ce qui motive la grève des instituteurs, opposés au retour des cours les mercredis en Côte d’Ivoire.

Spécial CÔTE D'IVOIRE / André Silver Konan cherche à comprendre ce qui motive la grève des instituteurs, opposés au retour des cours les mercredis en Côte d’Ivoire.

Pourquoi la grève des instituteurs en Côte d’Ivoire est amorale  / J’ai cherché à comprendre ce qui pouvait bien motiver la grève de certains instituteurs opposés au retour des cours les mercredis en Côte d’Ivoire. Ce que j’ai découvert me laisse sans voix. Ce pays devient de plus en plus le labo de la paresse et de l’argent facile. Démonstration. En effet, les grévistes amenés par Mesmin Comoé, secrétaire général du MIDD et (je n’entrerai pas dans les débats personnels qui consistent à soutenir que presque tous les syndicalistes usent de grèves justifiées ou non, pour se faire un nom et entrer dans les conseils d’administration des structures étatiques) déclarent s’opposer aux cours les mercredis en Côte d’Ivoire, pour la raison suivante, lue dans Soir Info : « Avoir plus de 80 élèves par classe et demander 5 jours de travail par semaine, c’est trop ». Et c’est tout. Sérieusement ?

EN UN AN, L’INSTITUTEUR IVOIRIEN PASSE PRÈS DE LA MOITIÉ DE SON TEMPS, À LA MAISON

Cours les mercredis en Côte d’Ivoire Argumentaire peu crédible / De tous les fonctionnaires en Côte d’Ivoire, les instituteurs sont les seuls qui bénéficient le plus de repos hebdomadaire : 3 jours sur 7. Ils sont les seuls à avoir entre 2 à 3 mois de vacances annuelles, contre une moyenne nationale d’un mois. Ils sont les seuls, avec les enseignants du secondaire, à bénéficier de pas moins de quatre congés dans l’année (4 jours pour la Toussaint, 2 semaines pour Noël, 7 jours en février, 2 semaines pour Pâques). En clair, en un an, l’instituteur ivoirien passe près de la moitié de son temps, à la maison. Selon ce que je lis, Mesmin Comoé et son groupe déclarent qu’ils ne sauraient accepter les 5 jours de classe sur 7, pour la simple raison que certains instituteurs ont « plus de 80 élèves par classe » (sic). En tout cas, jusque-là, c’est le seul argumentaire crédible qu’ils avancent. Je note qu’autant certaines classes comptent 80 élèves, autant certains instituteurs encadrent à peine 20 élèves, ceci est un fait et ce n’est pas contesté, d’autres courent même après les élèves, dans certaines contrées du Nord du pays. Si on s’en tient donc à l’argumentaire du MIDD, les enseignants du secondaire devraient eux aussi revendiquer le repos les mercredis, de même que les professeurs d’université, puisqu’il est de notoriété que de nombreuses écoles et universités publiques sont en sureffectif.

ALLEZ DIRE À MESMIN COMOÉ ET À SES GARS, QUE LEUR GRÈVE EST IMPOPULAIRE ET MANQUE DE SAGESSE

Ma position sur la grève des instituteurs en Côte d’Ivoire /  Certes, je suis un syndicaliste dans l’âme et je me suis très souvent rangé du côté des grévistes, quand leur cause me paraissait juste. Mais je le dis, avec toute la sincérité du parent d’élève et de la personne qui recherche la justice avant tout (sans chercher à personnaliser le débat). Cette grève, lancée par un groupe d’instituteurs, choque la morale professionnelle (il faut mériter son salaire), défie la conscience morale (user de violences pour empêcher des enfants d’avoir accès à leurs classe est vraiment répugnant) et n’a aucune base légale (à notre temps, nous allions à l’école les mercredis, ça ne nous a pas rendus bêtes et ça n’a pas tué nos maîtres).  Bref.Allez dire à Mesmin Comoé et à ses gars, que leur grève est impopulaire et manque de sagesse. Elle consacre la paresse professionnelle et révèle à quel point notre société est influencée par la philosophie de l’argent facile, du « broutage » : nous voulons tous devenir riches, sans avoir à fournir le moindre effort.  / André Silver Konan / http://www.andresilverkonan.com

A lire aussi /  Kandia Camara promet une "riposte sauvage et inoubliable" aux ’’perturbateurs’’ de l’école ivoirienne

Afficher l'image d'origineLa ministre de l’Education nationale, Kandia Camara a mis en garde, lundi, le syndicaliste Messmin Comoé contre la perturbation de l’école ivoirienne, lui promettant une ’’riposte sauvage et inoubliable’’ à la mesure de la ’’grève sauvage et illimitée’’ que son syndicat projette pour s’opposer à l’instauration des cours les mercredis matin dans le primaire. La première responsable de l’éducation nationale en Côte d’Ivoire était remontée contre le leader syndical Messmin Comoé, secrétaire général du Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits (MIDD) qui entend s’opposer par ’’une grève sauvage et illimitée’’ à la réforme scolaire qui institue le retour des cours au primaire dans la matinée du mercredi.

’’Messin Comoé qui est payé à ne pas travailler, doit comprendre que l’Etat de Côte d’Ivoire soucieux de l’avenir de ses enfants n’entend point se laisser distraire pour l’application de cette mesure qui vise à rapprocher notre pays des normes internationales du temps d’enseignement et du temps d’apprentissage’’, a déclaré Mme Kandia Camara, mettant en garde le syndicaliste qu’il aura en face ’’une riposte sauvage et inoubliable’’ du ministère s’il s’entête à faire cette grève. Expliquant les raisons du réaménagement de la semaine de travail dans l’enseignement primaire, elle a souligné que cette mesure ’’n’est pas une nouveauté ni une question d’heures supplémentaires mais vise à atteindre un quantum horaire pour donner une éducation de qualité aux enfants, en se confirmant à la norme de l’Unesco qui requiert entre 1000 et 1100 heures’’, de cours dans l’année.

’’Les cours dans la matinée du mercredi reviennent par rapport aux objectifs du gouvernement ivoirien relatifs à la politique de scolarisation obligatoire de tous les enfants de 6 à 16 ans’’, a expliqué Mme Camara relevant qu’il ’’faut se donner les moyens de réussite pour tous dans un système éducatif de qualité de sorte à accorder un temps de travail d’apprentissage suffisant dans l’enseignement primaire’’. Chiffres comparatifs dans le système éducatif de pays africains à l’appui, la ministre ivoirienne de l’Education nationale a démontré qu’avec ’’4 jours et demi de travail par semaine contre quatre avant la reforme, l’enseignant dispose de 200 jours de repos dans l’année’’.

’’Messmin Comoé s’agite non pas pour un prétendu repos mais parce qu’il a toujours prospéré dans les crises qu’il créé au sein de l’éducation nationale. Allez lui dire que ce sera sa dernière grève qu’il va tenter’’, a averti Kandia Camara, annonçant, publiquement, ’’la mutation de Messmin Comoé à l’intérieur du pays dans les prochains jours afin qu’il travaille’’.

Mme Kandia Camara a, cependant, rassuré tous les partenaires de l’école, parents d’élèves, élèves, enseignants que des dispositions sécuritaires sont prises pour parer à toute éventualité, en tenant pour ’’responsable’’, M. Comoé de tout ce qui ’’pourrait arriver à un élève, parent d’élèves ou enseignant’’.

Media

Dernière modification lemardi, 20 septembre 2016 20:32
Connectez-vous pour commenter

30°C

Abidjan

Partiellement nuageux

  • 11 Avr 2016 32°C 27°C
  • 12 Avr 2016 32°C 27°C

Banner 468 x 60 px