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Pascal RoY / J'appelle au civisme démocratique ... ! La sérénité d’un peuple, la stabilité d'un État, c’est aussi l’affaire de tous ses citoyens.

Spécial Pascal RoY /  J'appelle au civisme démocratique ... ! La sérénité  d’un peuple, la stabilité d'un État, c’est aussi l’affaire de tous ses citoyens.

Si tout le monde prend les dispositions intellectuelles, culturelles et morales pour ne pas dégrader l’environnement socio-politique, la République sera plus belle et ça s'appelle le civisme démocra-tique. Le civisme démocratique fait appel à un certain nombre de notions: l'intérêt public, le res-pect, la tolérance, la liberté de conscience, la morale, le citoyen, la citoyenneté, la collectivité, la civilité. 

Le civisme est un attachement à sa cité tel que les droits y sont subordonnés aux devoirs. L’histoire de Cincinnatus, racontée par l’historien romain Tite-Live puis reprise par Rousseau et Montesquieu de même que par les pères de la Constitution américaine, est la parfaite illustration du civisme. Tite-Live raconte l'histoire de Cincinnatus, le patricien paysan qui a sauvé sa patrie, sans rien lui demander en retour. Un jour (~ 485), une délégation de sénateurs est venue le rencontrer alors qu'il labourait ses terres; elle lui proposa d'être dictateur de Rome pendant quelques semaines, le temps de vaincre les Eques. Cincinnatus remplit sa mission puis revint à sa charrue sans songer à conserver le pouvoir et sans demander de récompense.

Le citoyen a d'abord des devoirs. Sa liberté c'est sa responsabilité. Jean-Jacques Rousseau, qui ap-prit le latin chez les Jésuites, et Montesquieu qui fréquenta un collège oratorien, furent tous deux élevés dans le culte du vieux modèle romain. Le premier en tira les bases de son contrat social de même que l'idée que l'homme naît bon et qu'il est corrompu par la société (quand elle est trop évo-luée). Le second en tira sa célèbre définition de la vertu tout en demeurant un défenseur des privi-lèges de la noblesse dont il était issu, et il proclama que la démocratie était le meilleur des gouver-nements. Ces idéaux romantiques combinés avec le réalisme des colons anglo-saxons d'outre-Atlantique donnèrent la constitution américaine.

Peu après la déclaration de l'indépendance, un groupe d'officiers français et américains formèrent un club: les Cincinnati. Ce mouvement aura assez d'importance pour qu'une ville de l'État de New-York lui emprunte son nom. Le président Kennedy a tenté d'enrôler tous les Américains dans ce club en leur disant: «Ne vous demandez pas ce que l'État peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour lui.».

L’histoire de la démocratie athénienne et celle de la République romaine, telle que nous la présente Tite-Live, sont exemplaires. À l’origine des démocraties, les citoyens sont les parents de l’État, ils sont disposés à payer de leur temps et de leur vie pour le protéger et assurer sa croissance; à la fin, ils en sont les enfants gâtés. Ils ne se donnent même plus la peine de voter aux élections et il est exclu qu’ils paient de leur temps et de leur personne: c’est tout juste s’ils acceptent de payer des taxes.

La plupart des démocraties occidentales en étaient à ce stade à la fin de la décennie 1920. Plu-sieurs ont disparu, celles d’Allemagne et d’Italie notamment, d’autres ont été ébranlées, celle de la France, par exemple. La guerre de 1939-45 devait ramener tous ces pays à l’esprit de l’origine des démocraties. Puis le balancier repartit en direction de la démagogie, provoquant une surenchère du côté des droits.

Aux élections législatives de juin 2002 en France, 40% des électeurs se sont abstenus de voter. Au premier tour des présidentielles, quelques mois auparavant, le taux d’abstention avait aussi été très élevé et le candidat d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, avait obtenu 17% des voix, devançant ainsi le candidat socialiste Lionel Jospin et passant au second tour. Le taux d’abstention est égale-ment à la hausse aux États-Unis: «Le droit de vote est l’élément central du système de gouverne-ment. Il y un siècle, 80% de tous les électeurs exerçaient leur droit de vote lors des élections prési-dentielles. Aujourd’hui le taux est de 50%. Les États-Unis, le phare et le rempart de la démocratie moderne, se classent maintenant derrière la plupart des autres pays libres pour ce qui est de l’exercice du droit de vote. […] La politique est devenue un sport de spectateurs.» (Lee Hamilton, représentant de l’Indiana au Congrès américain, décembre 1998). L'appel au civisme devient né-cessaire dans ces conditions, mais il est un symptôme avant d'être un espoir.

À quelles conditions l'appel au civisme peut-il être entendu? Où trouver les mobiles permettant de remplir ses devoirs de citoyen? Il est, hélas, plus facile de les trouver dans une religion et un patrio-tisme fanatiques que dans une inspiration élevée qui permet de servir son pays sans exiger en retour l'ivresse du pouvoir individuel ou collectif.

En effet, le civisme désigne le respect, l'attachement et le dévouement du citoyen pour son pays ou pour la collectivité dans laquelle il vit. Cela s'applique en particulier à l'institution qui représente cette collectivité, à ses conventions et à ses lois. Plus généralement, le civisme est le dévouement pour l'intérêt public, pour la "chose publique". Le civisme nécessite une "conscience politique" et implique la connaissance de ses droits en tant que citoyen ainsi que de ses devoirs vis-à-vis de la collectivité.

Le civisme, qui est l'état du citoyen respectueux de ses devoirs et des principes collectifs, se dis-tingue de la citoyenneté qui n'est que la condition de citoyen et de la civilité qui relève du respect des autres dans les rapports privés. 

Le civisme, c'est également l'attitude d'attachement à la communauté nationale et à ses institutions et de participation régulière à ses activités, notamment par l'exercice du droit de vote. Dans le ci-visme, la priorité est donnée par le citoyen aux intérêts de la nation sur ses intérêts particuliers. 

Ainsi l'intérêt national correspond à l'intérêt de la Nation selon la formule d'Ernest Renan: « Avoir fait de grandes choses ensemble et vouloir en faire encore ». Cette notion est au cœur des débats politiques, économiques. Elle est abondamment citée pour justifier l'existence de services publics, des actions publiques, des lois et règlements d'ordre public, ainsi que des réglementations touchant aux droits fondamentaux ( par exemple dans le cadre du Droit de propriété pour fixer le régime des expropriations et des nationalisations). Elle met en jeu la finalité même de l'ensemble des collecti-vités publiques (depuis le niveau des collectivités locales jusqu'aux échelons les plus élevés de l'État).

La civilité désigne donc l'ensemble des règles et des comportements de la vie en communauté tels que la politesse, la courtoisie, le savoir-vivre. La civilité est l'affichage du caractère pacifique d'une personne dans ses relations à autrui, notamment dans la façon d'entrer en contact, et du respect que l'on a pour son interlocuteur. Elle montre également l'appartenance à une même communauté, communauté humaine au minimum. Le mot civilité est cependant peu utilisé, tandis que son con-traire, incivilité, est de nos jours d'un usage beaucoup plus fréquent. 

L'appel au civisme devient une nouvelle forme d'expression démocratique.

Allons vers plus de démocratie pour plus de civisme....et le monde sera meilleur.

Docteur Pascal ROY

Philosophe-Juriste-Politiste-Coach politique-Analyste des Institutions, expert des droits de l'Homme et des situations de crises-Médiateur dans les Organisations-Enseignant à l'Université-Consultant 

 

Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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