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L’avenir de l’alliance du RHDP et l’alternance 2020 à la tête de l’État / Débat entre Franklin Nyamsi et Fouad Vanie sur le réseau Facebook

Franklin Nyamsi /Professeur agrégé de philosophie Paris, France- "Quand on a gouverné ensemble pendant près de cinq ans, un pays, on ne saurait en faire porter le bilan à une partie des gouvernants, mais à l’ensemble. Les succès du premier mandat du président Ouattara sont donc à mettre au compte de l’ensemble du RHDP, PDCI-RDA et RDR d’abord, bien entendu. Pourtant, telle ne semble pas être la ligne discursive retenue par le président Bédié... (Fouad Vanie) un grand militant RDR à Paris-/ "Le rôle du philosophe n’est-il pas d’éclairer les consciences en dissipant les méfiances liées à l’incompréhension des bienfaits de l’alternance ou de la fusion des Partis politiques frères et non de conforter les résistances en pondant un charabia intellectuel, où chacun puise ce qui l’intéresse et participe à déconstruire ce qui a été savamment construit pour assurer la concorde sociale... L’avenir de l’alliance du RHDP et l’alternance 2020 à la tête de l’État : par (Franklin Nyamsi) L’analyste politique ne peut manquer d’être en partie questionné par les raisons invoquées par le président Bédié pour justifier le soutien du PDCI-RDA au candidat Alassane Ouattara. D’emblée, on se serait attendu à des raisons classiques: la co-gouvernance du RHDP en est la plus évidente. Quand on a gouverné ensemble pendant près de cinq ans, un pays, on ne saurait en faire porter le bilan à une partie des gouvernants, mais à l’ensemble. Les succès du premier mandat du président Ouattara sont donc à mettre au compte de l’ensemble du RHDP, PDCI-RDA et RDR d’abord, bien entendu. Pourtant, telle ne semble pas être la ligne discursive retenue par le président Bédié. Il attribue volontiers les succès de la période 2011-2015 au Président de la république Ouattara, qu’il encourage à poursuivre par un second mandat son œuvre de bâtisseur exemplaire de la modernité ivoirienne. Ce faisant, Bédié voit en Ouattara, comme un prolongateur de sa propre théorie des Douze Chantiers de l’Éléphant d’Afrique, calquée par ses conseillers sur le mythe grec des Douze Travaux d’Hercule. Cependant, la démarche de reconnaissance des succès de Ouattara se paie, chez le président Bédié, de la contrepartie d’une revendication du droit du PDCI-RDA de détenir en 2020, à son tour, le poste de président de la république, pour continuer la construction harmonieuse du pays, avec le soutien supposé de celui qui sera alors l’ex-président Alassane Ouattara. Ainsi, Ouattara jouerait pour un candidat du PDCI-RDA en 2020, le rôle que l’ex-président Bédié a joué en 2010 et 2015 pour le candidat du RDR, Alassane Ouattara. Cela peut certes, sembler de bon sens, mais il reste encore beaucoup à en dire. Premièrement, chaque fois que la clause de l’alternance 2020 pour le PDCI-RDA est invoquée, c’est par la bouche du Président Bédié et de lui-seul qu’elle l’est, jamais par une autre personne. Qui accordera sérieusement de la valeur à une clause non-validée par les deux parties qu’elle invoque? Comment comprendre cette constante? Au minimum, on doit reconnaître qu’il s’agit d’une clause de communication interne au PDCI. Et dans cette perspective, le PDCI-RDA a parfaitement le droit de se faire des promesses… Deuxièmement, le président Bédié, qui n’est plus candidat à rien dans le pays, a lui-même reconnu que tous les Ivoiriens qualifiés pour la présidentielle étaient libres de concourir en 2015 comme après, ce qui constitue un bémol à l’idée que le poste de président de la république en 2020 serait déjà préempté par une quelconque hypothèque venue de 2015. Bien comprendre le sens de la lutte engagée dès les années 90 par le RDR de Djéni Kobina et d’Alassane Ouattara, n’est-ce pas se saisir définitivement de l’idée que c’est le peuple réel de Côte d’Ivoire, et non les arrangements classiques d’appareil ou les héritages claniques qui choisiront désormais le Chef de l’État de Côte d’Ivoire? Comment comprendre la lutte d’un Guillaume Soro et de ses camarades du MPCI/FN pour la démocratie en Côte d’Ivoire, si ce n’est pour que l’élection démocratique et elle seule, décide des dirigeants de ce pays exemplaire et emblématique? Troisièmement, les présidents Bédié et Ouattara se sont publiquement engagés à créer un seul parti avant 2020, le PDCI-RDR, qui investira alors le candidat unique de ce nouveau parti en 2020. Comment accéder à la lisibilité et à la cohérence du président Bédié si d’une part, il espère que le président Ouattara soutienne un candidat du PDCI-RDA en 2020, mais de l’autre côté, veut réaliser de son vivant l’union PDCI-RDR qui choisira alors son candidat en 2020 sans considération de son ancienne formation politique PDCI-RDA ou RDR? Tout plaide pour dire qu’après la présidentielle 2015, on passera résolument en Côte d’Ivoire de la politique des Anciens (Arrangements), à la politique des Modernes (Compétition sans présupposés). Dans cette hypothèse, l’alternance 2020 à la tête de ce pays sera générationnelle et non tout simplement partisane. Je l’ai dit à moult reprises et je ne me priverai point de le répéter aux entendements lents. /Franklin Nyamsi /Professeur agrégé de philosophie Paris, France Le zèle des conseillers dans la sphère politique ivoirienne : le cas Franklin Nyamsi : par (Fouad Vanie) Le rôle du philosophe n’est-il pas d’éclairer les consciences en dissipant les méfiances liées à l’incompréhension des bienfaits de l’alternance ou de la fusion des Partis politiques frères et non de conforter les résistances en pondant un charabia intellectuel, où chacun puise ce qui l’intéresse et participe à déconstruire ce qui a été savamment construit pour assurer la concorde sociale. Car il ne faut pas se mentir. Sans le PDCI, le RDR ne pourra pas conserver la magistrature suprême et sans le RDR, le PDCI restera un parti minoritaire, lassant la porte ouverte aux démagogues sanguinaires prêts à bruler le pays de nouveau pour satisfaire leurs ambitions élitistes. ADO est dans la posture du chef d’Etat au dessus des mêlées. Il ne peut se prononcer pour l’instant sur ce sujet. Les ivoiriens attendent de lui qu’il gouverne et rend des comptes sur l’état du pays sans parti pour le bien du pays. Bédié en tant que chef de parti est dans son rôle légitime de se projeter en affichant un idéal qui répond aux attentes de ses partisans. Cet idéal, fut-il pour certain utopique, n’en demeure pas moins nécessaire de l’exposé, à l’issu d’un congrès aux effets imprévisibles. En bon philosophe qu’il se prétend, Franklin Nyamsi sait en quoi L’utopie est utile à la pensée philosophique voire politique. Et en bon conseiller philosophique qu’il aspire être, Il ne peut pas s’étonner du silence d’ADO qui attise des curiosités et laisse libre court à des affublassions les accords d’alternance politique entre le PDCI et le RDR. Le PDCI est en droit de considérer qu’il a joué sa partition pour la cohésion sociale et la sauvegarde de la concorde. Il peut aussi se prévaloir d’une réserve d’électeurs avoisinant le 1/3 de l’électorat ivoirien. Dans le discours prononcé à KHOROGO, lors de sa tournée dans le Nord, ADO, étant conscient des bienfaits de l'alliance avec le PDCI RDA, a dressé un message subtile mais clair à Ham Bak pour pour lui faire comprendre que la nécessaire unité avec le PDCI et donc de la bonne entente entre les leaders. Cela fait allusion à la sortie télévisée de Ham Bak où ce dernier a lancé une attaque frontale contre BILLON, à propos de sa position sur le monopole des terminaux par le groupe BOLLORE. Certains demandait la démission de BILLON. Et BILLON est toujours là et bien Là avec des pouvoirs discrets mais très renforcés que subissent ceux qui sont dans l'entreprenariat en Côte d'Ivoire, fer de lance de la politique d'émergence d'ADO Dans son écrit magistral, qui ne satisfait que son orgueil, Franklin Nyamsi oublie de nous exposer de bienfaits de l’utopie. Faisons une pause sur ce concept pour comprendre les propos qui vont suivre. L’utopie est, en fait, une représentation d'une réalité idéale et sans défaut. C'est un genre d'apologue qui se traduit, dans les écrits ou discours, par un régime politique idéal mais pas encore réel ou qui ne sera jamais une réalité, comme par exemple un régime qui gouvernerait parfaitement les hommes, une société parfaite, sans injustice où par exemple où on trouvera une communauté d'individus vivant heureux et en harmonie. Convenons que ce n’est pas demain la veille de l’établissement d’un tel régime. De là découle cette perception qui amène certains se contenter de définir simplement l’utopie comme une réalité difficilement admissible. Souvenons nous d'une époque où la fin de l’esclavage inadmissible. C’est parce que certains ont eu le courage et la force d’exprimer cette utopie liberté et d'égalité entre les hommes, qu’aujourd’hui, nous, les noirs, nous revendiquons d’être des humains à part entière, libres et sortions du système des castes pour aspirer à la démocratie. En d’autres termes, revendiquer une utopie, c’est souvent pour dénoncer les injustices et dérives de la société dans laquelle on vit, et non simplement exprimer des idées disqualifiées car considérées comme irrationnelles. Cette polysémie, qui fait varier la définition du terme entre texte littéraire à vocation politique et rêve irréalisable, atteste de la lutte entre deux croyances, l'une en la possibilité de réfléchir sur le réel par la représentation fictionnelle, l'autre sur la dissociation radicale du rêve et de l'acte, de l'idéal et du réel. Les choses sont plus simple dans le langage courant. En effet, être « philosophe » c’est savoir faire face aux petits ou grands événements de l'existence, en faisant preuve de patience, de courage, de sérénité, et dans la recherche une existence paisible. Mais voila, dans la lignée des philosophes français comme Bernard Henri Lévy, Alain Finkielkraut, Franklin Nyamsi, veut nous s’enfermer dans une pensée conceptuelle, radicale en critiquant, systématiquement les grands principes et valeurs de la vie et de la connaissance, masquant dans son charabia intellectuelle la réalité des vérités et sans véritablement cultiver la sagesse. Il souhaite nous imposer sa grille de lecture politique. Henry Thoreau avait si compris le danger de ses philosophes opportunistes en nous prévenant " qu’Être philosophe ne consiste pas simplement à cultiver des pensées subtiles ou encore à fonder une école…Cela consiste plutôt à résoudre quelques-uns des problèmes de l'existence, non pas de façon théorique, mais pratique." Et le discours de Bédié s’inscrit dans cette logique d’apaisement, que seule l’alternance politique permet de consolider. De mon modeste point de vu, je dirai en conclusion que le travail de conseiller philosophique est d’aider le souverain à clarifier les problèmes de ses populations, à résoudre leurs dilemmes, à trouver des solutions à leurs conflits, à mettre en lumière les incohérences qui existent entre leurs pensées et leurs actions, à préciser leurs priorités et à définir leurs valeurs, et non à se comporter en avocat pour voir les failles du système qui va légitimer leur ambition ou en journaliste très réactif qui se donne le droit de se rependre systématiquement sur les réseaux sociaux pour diffuser sa grille de lecture de la réalité sociale. 5 mars 2015, 15:52 Fouad Vanie
Dernière modification lejeudi, 05 mars 2015 18:10
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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