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Par : Venance KONAN / L’art de mal poser les problèmes "On a vu ce que ce genre de propos a produit en Afrique du sud où de véritables pogroms ont été organisés contre les étrangers africains, accusés de tous les maux qui minent le pays de N Mandela"

Mon premier reportage sur l’orpaillage en Côte d’Ivoire date de 1994. C’était dans les environs d’Odienné. Un peu avant cela, j’en avais réalisé un au Burkina Faso.

Depuis cette date il y a eu beaucoup de reportages sur l’orpaillage dans nos journaux. Ces dernières années, Fraternité Matin a consacré de nombreuses pages à cette activité qui est source de nombreux problèmes dans nos régions.

Non seulement elle détruit les terres agricoles, pollue les cours d’eau, mais elle entraîne aussi dans son sillage la prostitution et toutes sortes de criminalités. Dans la région de Daoukro par exemple où cette activité est très présente, de nombreux cas de viols et d’agressions sur les biens des populations sont régulièrement signalés. Et il est vrai qu’il y a beaucoup d’armes sur les sites d’orpaillage. Là où l’on cherche de l’or, il y a toujours des aventuriers et des armes, sous tous les cieux. Parce qu’il y a toujours des personnes qui veulent voler leur or à ceux qui en trouvent, et ces derniers ne veulent pas se laisser voler.

 Le phénomène de l’orpaillage existe partout où l’on soupçonne la présence de l’or, à savoir, dans notre région ouest-africaine, au Burkina Faso, au Mali, en Guinée, au Ghana, partout.

 Les différents reportages que nous avons réalisés sur ce sujet visaient à attirer l’attention, non seulement de nos autorités, mais aussi des populations et des forces de l’ordre qui souvent, pour un peu d’argent, se rendent complices de ces orpailleurs.


Peut-on pour autant dire que des personnes ont fait venir ces orpailleurs pour préparer un hold-up sur la Côte d’Ivoire, une guerre ou quelque chose de ce genre ?

C’est à voir. Doit-on en parler ?

 Bien sûr ! Mais sereinement.

 Y a t-il un trafic sur les pièces d’identité ivoiriennes ?

De nombreux journaux en ont plusieurs fois fait état. Et depuis très longtemps. Depuis la réinstauration du multipartisme pour être plus précis.

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avait été accusé d’organiser ce genre de trafic lorsqu’il était au pouvoir, et aujourd’hui c’est au tour du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui est au pouvoir d’en être accusé. Il est certain qu’en raison de nos mentalités, de certaines tracasseries policières et du sésame que la nationalité ivoirienne représente dans de nombreuses situations, on ne peut douter qu’il existe un tel trafic.

 Cela se passe-t-il seulement à Abobo ?

 On peut en douter. Est-ce pour fausser nos futures élections ?

 La question alimente beaucoup de fantasmes. Mais un observateur a fait remarquer que depuis que l’on agite le chiffon rouge des étrangers qui s’enrôleraient sur nos listes électorales, on n’a pas constaté un accroissement significatif des électeurs au fil de nos différents scrutins. Selon lui, si des gens cherchent à acquérir illégalement la nationalité ivoirienne, c’est surtout pour circuler et vivre sans subir des tracasseries, pour des raisons administratives ou économiques, ou simplement pour émigrer.

 Mais il n’est pas impossible que des fraudeurs participent aussi à nos élections. Doit-on en parler ?

 Bien sûr ! Mais sereinement.

 Il y a aussi la très vieille question des travailleurs étrangers dans nos plantations. Cette question a été le sujet de trois de mes livres, à savoir « Robert et les Catapila », publié en 2005, « les Catapila ces ingrats » et « Catapila chef du village » qui a obtenu le prix Rabelais en France. La question des terres ne concerne pas que les étrangers.

 Elle touche aussi aux relations entre Ivoiriens ayant émigré dans certaines parties du pays et populations du terroir. Elle provoque régulièrement des conflits parfois meurtriers entre populations dites autochtones et celles appelées allogènes ou allochtones. Tous les pouvoirs depuis Houphouët-Boigny ont tenté de trouver des solutions définitives à ces conflits, mais le problème persiste.

 Y aurait-il actuellement des étrangers qui tenteraient d’arracher leurs terres à des Ivoiriens en les agressant ?

 C’est à voir. Doit-on en parler ?

 Bien sûr, mais sereinement.

Lorsque dans un discours de quelques minutes l’on aligne les problèmes évoqués plus haut les uns après les autres en accusant à chaque fois les étrangers, et que l’on conclue que tout est fait pour que les Ivoiriens se sentent étrangers chez eux, on veut clairement livrer les étrangers à la vindicte populaire.

 On a vu ce que ce genre de propos a produit en Afrique du sud où de véritables pogroms ont été organisés contre les étrangers africains, accusés de tous les maux qui minent le pays de Nelson Mandela.

On en a vu un aspect dans notre pays durant la crise postélectorale de 2010-2011. Nous avons eu beaucoup de chances à cette époque. Il n’est pas certain qu’une seconde chance nous soit accordée si nous embouchons à nouveau la même trompette qui nous avait conduits à cette situation. Mais ce qui est intéressant à noter est que celui qui boit du petit lait en ce moment est le Front populaire ivoirien (FPI). Pendant qu’il tente de résoudre ses contradictions internes, à savoir les dissidences et antagonismes entre différents courants (courant Affi, courant Assoa Adou, courant Simone Gbagbo, courant Don Mello qui pointe le bout du nez), les palabres entre les différents foyers du grand chef, la question de son retour, le FPI a trouvé quelqu’un pour porter son message.

« Comme tu es très occupé et que je tiens à faire alliance avec toi, prête moi ta palabre. » C’est ce que le PDCI semble avoir dit au FPI. Et ce dernier compte les points en soufflant de temps en temps sur les braises allumées par le PDCI.

 En attendant de ramasser la mise. Le PDCI n’a pas encore compris que si le FPI l’aide à faire tomber le pouvoir actuel, ce ne sera certainement pas pour l’y installer. Affaire à suivre.

Venance Konan

Par / Pierre Aly SOUMAREY : Le PDCI de DAOUKRO (celui-ci n’a plus rien à voir désormais avec le PDCI-RDA d’Houphouët-Boigny dont il a trahi les principaux idéaux)

« Les derniers propos du Président Henri Konan Bédié interpellent notre conscience collective. »

J’ai longtemps hésité à réagir aux derniers propos du Président Bédié, parce que je ne souhaite pas participer à leur publicité. J’avais déjà dit précédemment qu’il s’était discrédité moralement et disqualifié politiquement en laissant prospérer au sein du PDCI de Daoukro (celui-ci n’a plus rien à voir désormais avec le PDCI-RDA d’Houphouët-Boigny dont il a trahi les principaux idéaux) un ensemble de discours de forme ethno-nationaliste, xénophobe et populiste.

Par ce silence approbateur et cette attitude compromettante, on pouvait le soupçonner d’adhérer à nouveau à la version politique de l’idéologie ivoiritaire dont il est l’initiateur du reste. Finalement, l’histoire le rattrape, en confirmant par des actes de langage positifs sa position à travers ses dernières déclarations. Emmuré dans un système de pensée qui s’oppose au rassemblement de tous les fils de la Côte d’Ivoire et dessert la paix, contrairement à l’humanisme social et à la philosophie politique du Président Houphouët-Boigny, le Président Henri Konan Bédié se trompe d’époque, de stratégie et de vision.

L’idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes ethniques en Côte d’Ivoire suivant l’antériorité de leur implantation sur son territoire, nie la dynamique de l’histoire des migrations et la sociologie de la carte culturelle des populations qui le peuplent, en la fixant artificiellement à la post-colonialité, aux seules populations présentes sur le territoire conformément au tracé des frontières coloniales, au moment du transfert des compétences de “souveraineté” auxdites populations (accession à l’indépendance). Cette compréhension est d’une part erronée, car l’histoire ne se fige pas à cette date, elle ne s’arrête pas à cet instant, et d’autre part, dangereuse, parce qu’elle inspire un comportement de mépris à l’endroit de certains groupes ethniques venus tardivement sur son territoire et nourrit un complexe de supériorité chez d’autres, alors qu’en réalité il n’en est rien objectivement sur un plan strictement scientifique.

Ce concept globalisant mal fondé, mal compris et surtout instrumentalisé par des politiques faillis, peut conduire des esprits faibles, ignorants et haineux, dans un pays comme la Côte d’ivoire, où le taux d’analphabétisme est encore très élevé (43 %) à fabriquer des préjugés, des stéréotypes et des rumeurs défavorables à l’égard des étrangers internes (allogènes) et externes (extra-nationaux), sur la simple base d’une différence de mœurs, d’appartenance politique, d’origine géographique, d’époque d’installation, ou encore d’une homonymie lexicale de patronymes, alors que la notion de nationalité est exclusivement juridique et que la notion d’identité est strictement culturelle.

L’identité d’un individu est celle définie sur sa Carte d’Identité Nationale, selon les mentions qui y figurent, et rien d’autre, et le caractère commun de toutes ces individualités est d’abord la nationalité Ivoirienne. Le lieu géographique de naissance (village comme on dit chez nous) et la filiation (de père et de mère ivoiriens) sont secondaires, pour parvenir à définir la nationalité d’un individu. (Exemple BOLI Basile, est né à Abidjan, appartient à l’ethnie Béthé, mais est Français).Toute autre définition de l’identité ivoirienne est inopérante, et le Code de la Nationalité, voté par la représentation nationale, prévoit plusieurs conditions et modes d’acquisition de la Nationalité.

Dès lors, les critères xénophobes de la nationalité sont très restrictifs, réducteurs et déformateurs de la réalité. Toute autre démarche constituerait la négation des autres liens (juridiques, culturels, géographiques et historiques) que nous pouvons avoir en commun avec ces personnes stigmatisées d'”étrangers”, et nierai notre histoire commune avec des peuples voisins, qui ne formaient naguère qu’une seule entité socio-culturelle. Exemple: un mongole d’origine mongolienne par filiation, né en Côte d’Ivoire, n’ayant du reste rien à voir avec la Mongolie, qui a acquis la nationalité ivoirienne, et qui a pour univers culturel et pour cadre de vie la Côte d’Ivoire, est Ivoirien au plan juridique, culturel, géographique et de son histoire, de notre histoire commune avec lui. 

Exemple Sam l’Africain, Barack Obama de père Kenyan, hier Duvallier en Haïti d’origine martiniquaise, ou encore plus près de nous, le nouveau ministre de la forêt du Gabon, Lee White, britannique d’origine, naturalisé gabonais en 2008. Nous avons changé d’époque et de monde. De nombreux Ivoiriens ont la nationalité d’autres pays. D’où nous vient notre réticence aux évolutions du temps, notre volonté passéiste et d’immobilisme.

De la même manière, le Baoulé en pays Wê n’est pas étranger, pourtant il connait aussi des conflits fonciers. Le Wê en pays Sénoufo n’est pas étranger, et vice versa et ainsi de suite. Un Coulibaly, un Koffi, un Doh ont des patronymes qu’on retrouve dans des pays voisins parce qu’ils ont la même histoire, la même culture, et peut-être la même origine lointaine. Il n’y a pas de début absolu en matière de migration et les peuplements se font à raison de ce mouvement continu. Preuve les Yacouba (venant de YACUB en langue sémitique, pour dire JACOB) ont une origine juive, en tant que afro-descendant de la tribu des Dan (dannite) ou encore l’existence d’une diaspora Africaine ou des Ivoiriens de l’étranger.

Au plan sociologique le concept de l’ivoirité dans sa version politique et populiste, est pernicieux et xénophobe en considération de son discours implicite et de son influence sur les instincts grégaires, qui tend ” …à désigner de façon injustifiée l’étranger comme un problème, un risque ou une menace pour la société d’accueil et à le tenir à l’écart de celle-ci, que l’étranger soit au loin et ou susceptible d’y venir, ou y est déjà arrivé ou encore y soit depuis longtemps installé” (J. Valluy, “Rejet des exilés – Le grand retournement du droit de l’asile”, Éditions Du Croquant, 2009. P. 2.).

Autrement dit, ce discours véhicule techniquement dans le subconscient collectif des représentations implicites, des associations, des imaginaires et une charge psychologique qui entrainent des préjugés négatifs (idées d’agression, de dépossession, d’envahissement et de criminalité), des discriminations dans les actes quotidiens de la vie communautaire nationale (conflits inter-communautaires, réticences à des unions), des accusations infondées ( exemple il y a des Ivoiriens impliqués dans les activités clandestines de l’or et du diamant, en tant qu’acteurs et complices). 

En effet, cette situation est grave lorsque de tels discours sont tenus par des partis de gouvernement, des élites morales et intellectuelles, des leaders politiques et d’opinion dans un pays. Lorsque l’ethno-nationalisme et la la xénophobie deviennent les éléments centraux d’un discours politique, de la vie nationale, ils ouvrent la perspective d’un programme gouvernemental, plus ou moins avoué à mettre à place dans l’éventualité d’une élection gagnante. 

L’histoire nous a démontré l’existence effective de ces “pratiques et attitudes” en Côte d’Ivoire, sous différents gouvernements, notamment sous celui du PDCI de Daoukro et du FPI, aux fins d’un succès populaire, de conquérir ou de conserver le pouvoir. L’ostracisme et la catégorisation ethnique qui en découlent s’accompagne d’une dévalorisation symbolique des populations concernées. Ce sont celles-ci qui ont été contestées et ont permis à la révolte qui en a résultée de s’organiser sous la forme d’une rébellion armée. Ensuite, nous avons fait rentrer dans le champ politique toutes sortes de justifications intellectuelles et théoriques, pour tenter de justifier l’injustifiable, mais le tort était hélas déjà fait. 

C’est pourquoi nous ne devons pas jouer avec le feu, sinon les phénomènes dénoncés par le Président Bédié (l’orpaillage clandestin avec toute son économie mafieuse, ses méfaits sur les mœurs, l’écologie et la santé publique; ainsi que la fraude à la nationalité avec sa corruption, son commerce lucratif et ses implications politiques) sont réels, mais ne datent pas d’aujourd’hui, ni de 2011.

Pourquoi ne les a-t-il pas combattu ainsi que ses “alliés” d’aujourd’hui quand ils étaient au pouvoir ?

Pourquoi ne les a-t-il pas dénoncé quand il était le tout-puissant PCA du pays et au RHDP ?

Qu’est-ce qui explique objectivement que c’est toujours dans certaines configurations socio-historiques, socio-politiques, seulement que la xénophobie réinvestit le registre du langage politique ivoirien et tend à redevenir le point focal de la vie politique ?

Deux choses : la manipulation et la mauvaise foi.

Ces phénomènes sont plus complexes qu’il ne les décrit et ne sont pas le fait uniquement de l’étranger.

Pour finir avec cette thématique frelatée de l’ivoirité, il faut dire la nouvelle version politique qu’il introduit en cette circonstance, a le mérite de faire se rencontrer, frères jumeaux, le PDCI de Daoukro et le FPI-Canal historique. C’est une ligne de démarcation et un programme commun. 

Pour revenir à l’aspect juridique, qui me paraît essentiel dans le traitement de cette affaire, le Président Bédié affirme au moins cinq choses dans sa déclaration :

1) – L’entrée clandestine et le stockage d’armes de guerre sur le territoire national. 

2) – La volonté des étrangers de déposséder les Ivoiriens de leurs biens, notamment de leurs terres

3) – La distribution frauduleuse et massive de la nationalité à des non ayant-droits.

4) – La complicité ou l’implication du Gouvernement dans l’accomplissement de ces actes faisant courir un risque et une menace à la communauté nationale.

5) – L’invitation lancée aux Ivoiriens de ne pas accepter cela et de se tenir prêt à se mobiliser et à répondre à ses mots d’ordre le moment voulu, pour un soulèvement populaire en vue d’un changement par la force et le désordre public.

Premièrement, les propos xénophobes sont constitutifs d’une violation des droits de l’homme et réprimés, comme tels au même titre, que les attitudes racistes et discriminatoires, par la Loi Ivoirienne qui interdit toute forme de discrimination fondée sur la race, le sexe, la religion, l’origine ou l’ethnie (Cf. Constitution Art.4, mais également l’Art. au regard la reconnaissance de la personnalité juridique des individus. 

Par ailleurs, la déclaration et le programme d’action de Vienne admis par l’Assemblée générale des Nations unies en 1993, au visa de son Article 15, indique que « Le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales sans distinction aucune est une règle élémentaire du droit international en la matière. Dès lors, l’éradication de ces comportements et propos est une tâche prioritaire de la communauté internationale qui invite instamment tous les gouvernements nationaux à prendre des mesures fermes et efficaces pour les prévenir et les combattre. 

A ce titre le Président Bédié, contre qui je ne nourrit aucune hostilité, devrait faire l’objet d’une procédure compte tenu de son statut, visant à l’entendre sur la responsabilité pénale des propos qu’il a tenu.

Deuxièmement, dans la mesure où les faits visés dans la déclaration du Président Bédié sont passibles de sanctions judiciaires de la part des commettants et de leurs complices, il s’agirait de dénonciations calomnieuses, si les faits étaient totalement ou partiellement inexacts.

Dès lors, le Gouvernement doit inviter l’intéressé à démontrer la véracité de ses déclarations, sous peine de plainte et de sanction, fusse-t-elle symbolique.

On ne peut pas accuser un Gouvernement de faits aussi graves sans en avoir la moindre preuve, et le Gouvernement ne peut pas se contenter seulement de taxer l’intéressé de xénophobe, sans s’expliquer sur l’inexactitude des faits qui lui sont reprochés, ou plus exactement sans démontrer à l’opinion publique, qu’il combat ces phénomènes et n’y est nullement associé, de près ou de loin. 

Troisièmement, l’incitation à la haine et au trouble à l’ordre public sont condamnés par notre Code Pénal. Certaines personnalités ont été poursuivies pour ces motifs.

La loi n’étant pas individuelle, sélective et variable, il convient de la mettre en œuvre dans le cas qui nous occupe. Il faut des symboles forts et des signaux clairs à envoyer à la société, pour bien montrer qu’il n’y aura pas d’impunité et d’irresponsabilité politique dans la perspective de 2020, afin que la dissuasion joue pleinement et que faute de raison, que les velléités incendiaires soient brisées très tôt pour préserver la paix publique.

Il est temps que la société politique soit responsabilisée, car nous avons connu une crise qui a fait près de 20.000 morts sans responsables au sens juridique du terme et cela doit s’arrêter. 

Il s’agit bien évidemment en ce qui concerne le Président Bédié d’envisager une procédure symbolique pour aboutir à un rappel à la Loi et calmer ses ardeurs, alors qu’il y sera représenté par son conseil. La haine, le désordre et la violence ne constituent pas un horizon viable pour un peuple. 

Pierre Aly SOUMAREY

On peut pardonner à nos enfants et petits frères de moins de quarante ans de ne pas savoir où ils mettent les pieds en engageant aujourd'hui ce débat nauséabond, mais certainement pas toi, Bédié !

Par Venance KONAN /

En avril 2011, c'est-à-dire il y a environ huit ans, prenait fin ce qui ressemblait à une guerre civile dans notre pays. Au finish, l'Onu a dénombré trois mille morts. Je ne sais plus combien de blessés il y a eu, combien de maisons ont été détruites, et quelle est l'ampleur des blessures psychologiques. Sur le plan économique, nous savons tous que notre pays a fait un formidable bond en arrière à cause de cette crise qui avait duré plus de dix ans. 

Aujourd'hui nous avons oublié comment toute cette histoire est arrivée et nous avons recommencé à agiter des foulards rouges pour exciter des sots. Essayons de faire un devoir de mémoire. A la mort de Félix Houphouët-Boigny, le premier président de notre pays, M. Henri Konan Bédié devint son successeur. 

On prêta à M. Alassane Ouattara qui était le Premier ministre d'Houphouët-Boigny d'avoir voulu conserver le pouvoir en dépit de la constitution qui prévoyait qu'en cas de décès c'était au président de l'Assemblée nationale, en l'occurrence M. Bédié, que devait revenir le pouvoir. M. Ouattara partit travailler au Fonds monétaire international (FMI) en faisant toutefois savoir qu'il pourrait revenir briguer le pouvoir plus tard. M. Bédié fit alors adopter une loi qui réservait la présidence aux Ivoiriens nés de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens de naissance. M. Ouattara était soupçonné d'avoir un de ses parents originaire d'un autre pays. 

Dans le même temps se développa un concept appelé ivoirité qui se voulait un concept culturel pour désigner ce qui était spécifiquement ivoirien. Mais ce concept, et cette loi se télescopèrent, se fondirent, se mélangèrent pour donner quelque chose qui fit que nous commençâmes à nous distinguer entre « vrais » et « faux » Ivoiriens, entre Ivoiriens de « souche multiséculaire » et Ivoiriens « de circonstance », entre Ivoiriens « 100% » et autres Ivoiriens, etc. Et de fil en aiguille, on en vint à faire la chasse aux populations du nord, accusées globalement de venir d'ailleurs, mais surtout de soutenir M. Ouattara.

On les accusa d'avoir des papiers falsifiés, d'avoir fraudé sur la nationalité. Ils étaient harcelés à tous les barrages de police et certains virent leurs papiers déchirés par des policiers. Il y eut des conflits intercommunautaires un peu partout, dans les zones forestières, sur les lacs Kossou et Ayamé. On parla de ces étrangers qui voulaient voler notre belle nationalité et nos si riches terres.

Chacun sortit son anecdote sur tel pan de notre économie occupé par tel groupe d'étrangers, et sur tel pays où l'Ivoirien n'avait même pas le droit de conduire un taxi. On parla de ces gens que l'on enrôlait pour fausser notre élection, et aussi de ces hommes armés que l'on convoyait chez nous. Dans la région de Tabou, l'on chassa des dizaines de milliers de paysans Burkinabé, Lobi et d'autres ethnies assimilées à des Burkinabés, au motif que l'un des leurs aurait tué un autochtone. Et qu'une loi tribale prescrivait le bannissement du coupable pendant sept ans. Là, on choisit de punir toute une collectivité pour un crime imputé à une seule personne, et l'Etat ne réagit pas. 

C'est à cette époque que l'on connut les mots autochtone, allogène, allochtone. Notre pays se trouva divisé. Des amis arrêtèrent de se parler parce que l'un soutenait l'ivoirité et l'autre pas. La haine se répandit dans tout le pays. De nombreuses personnes nous mirent en garde contre la destruction de notre nation que nous étions en train d'orchestrer ; mais nous étions devenus sourds et aveugles. Et un jour de Noël, il y a vingt ans, un coup d'Etat balaya le pouvoir de M. Bédié. Il n'y eut pas grand monde à l'extérieur pour le regretter. Le général Guéï qui prit le pouvoir fustigea l'ivoirité dans un premier temps, puis l'endossa lorsqu'il décida de conserver le pouvoir. Nous avons oublié tout cela aujourd'hui.

Laurent Gbagbo balaya le général Guéï en 2000, mais continua d'appliquer l'ivoirité sans employer le mot. Deux ans après son avènement, une rébellion éclata au nord. De nombreux jeunes gens qui s'estimaient exclus par l'ivoirité la rejoignirent. Elle dura huit longues années et s'acheva après l'élection présidentielle de 2010 qui fut suivit d'une guerre. Une guerre qui nous coûta au moins trois mille morts. Nous avons oublié tout cela ! Ô peuple amnésique, quel sera ton châtiment ? Celui qui ne tire aucune leçon de sa propre histoire se condamne à la revivre. Oui, plus de vingt ans après, nous voici en train de rééditer la même histoire. Le même Bédié, celui qui inventa l'ivoirité, nous parle à nouveau de hold-up sur la Côte d'Ivoire.

Il nous parle sans avancer le moindre élément de preuve, de personnes à qui l'on confectionnerait des papiers dans la commune d'Abobo, certainement pour fausser notre future élection. Il nous parle également de ces étrangers que l'on a fait venir dans nos plantations et qui se sont installés à leur propre compte et agressent même les planteurs ivoiriens à qui ils disputent la propriété des terres. Et il conclut en affirmant que l'on fait en sorte que l'Ivoirien soit étranger chez lui, ce que les Ivoiriens « n'accepteront jamais ».

Pauvre peuple de Côte d'Ivoire qui ignore que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Les mêmes débats d'il y a plus de 25 ans ont refait leur apparition sur les réseaux sociaux.

On nous ressort les mêmes vieilles histoires pour nous démontrer que les autres pays sont pires que nous en matière de xénophobie. Notre pays est à nouveau en train de se diviser, et la haine pointe encore une fois le bout de son nez.

Des conflits intercommunautaires éclatent à nouveau un peu partout. Pauvres de nous !

On peut pardonner à nos enfants et petits frères de moins de quarante ans de ne pas savoir où ils mettent les pieds en engageant aujourd'hui ce débat nauséabond, mais certainement pas toi, Bédié !

On peut pardonner à ceux qui avaient mené ce débat il y a vingt-cinq ans de n'avoir pas su où il allait conduire le pays. Aujourd'hui personne ne peut dire qu'il ne le sait pas.

Venance Konan

PDCI-RDA / Un véritable souci de méthode. Je m’attendais à quelque chose de plus costaud et carré pour un potentiel candidat à la magistrature suprême. Mais bon…

Source : Yves Roger Claver / Lu pour vous sur un forum du PDCI : La Conférence de Presse du PDCI / CR d’un néophyte. J’ai pris la conférence de presse en cours. J’avais essayé de la suivre via le net. Quasi impossible. Son exécrable. Pensais trouver mieux sur place. Malheureusement ce ne fut pas le cas.

Le premier sentiment qui se dégage c’est à priori une sorte de grande précipitation quant à l’organisation de cette conférence de presse. La conséquence immédiate était une piètre qualité d’écoute. Pour un sujet aussi important, c’était me semble-t-il, une des premières choses à gérer convenablement. Même installé à l’intérieur de salle de conférence, entendre ce qui était dit, relevait de l’exploit.

Pourquoi un tel rush qui se ressentait tant, dans l’organisation de cette conférence ?

À mon arrivée, une projection sur un écran se faisait. Le sujet l’orpaillage. Je reconnu des éléments de F24 que j’avais vus sur les réseaux. Un extrait du rapport de l’ONU sur l’orpaillage datant de 2014 ou 2015 fut également en projection. Ces infos, je les avais déjà lues et vues sur les réseaux sociaux. A priori rien de bien nouveau. Après la diffusion de ce rapide reportage, la parole fut donnée aux journalistes présents. 

 

Que pouvons-nous retenir ? 

L’orpaillage clandestin ?

Je ne sais pas si nous pouvons véritablement parler de clandestinité de cette activité dans la mesure où les installations vues à l’écran pour cette activité sont de l’ordre du visible. Du très visible. Du matériel fabriqué pour je crois, nettoyer les retours de terre ramenée des orpailleurs, pour sans doute séparer la matière première voulue de celle à rejeter. 

Des installations en file indienne. Difficile que des autorités locales, toutes confondues, n’en soient pas informées. On pourrait même penser que cela se fait forcément avec un certain aval.

Aval de qui?

Je ne saurai vous le dire. Certainement pas clandestin. Sur ces terrains d’exploitation du minerai, il semblerait qu’il y ait aussi bien des acteurs locaux que des non-locaux pour ne pas dire non-ivoiriens. Ces groupes seraient armés et instaureraient leurs propres règles. D’après les conférenciers, lorsque les populations locales ne sont pas armées, ce sont des groupes que nous appellerons ici étrangers qui étaient les véritables maîtres terriens. 

En usurpation. Une expropriation selon les règles du maquis. Ces expropriations, toujours d’après les conférenciers, se révèleraient plus délicates ou difficiles lorsque les populations locales étaient armées. Imaginez les conflits possibles et leur déroulé. Brrrrrr.... 

J’avoue être resté un peu perplexe quant à la banalisation des armes à feu sur ces territoires du pays. Notre pays. De la part aussi bien des groupes étrangers que des populations locales. Un peu comme on le verrait dans des westerns américains d’époque. La ruée vers l’or avec ses règles particulières. Aucun élément de preuves de ces assertions n’a été cependant fourni aux personnes assistant à la conférence. A priori ce serait un phénomène su de tous. Pas par moi à priori.

Les propos de HKB sur « les ivoiriens qui ne se retrouveraient plus chez eux », d’après les conférenciers faisaient référence à ces expropriations forcées.

Quid de la fraude sur la nationalité ? 

Je n’aurais pas appris grand-chose sur le sujet. Pas d’éléments de preuve fournis. D’après ce que j’ai pu comprendre, il y aurait des dénonciations de l’ONI sur le sujet. J’ai peut-être raté cette partie de l’intervention. Nous le saurons assez vite avec les retours qui seront faits. 

Le PDCI souhaiterait-il remettre en question les accords de la CEDEAO quant à la libre circulation et l’installation des populations étrangères? A priori non. Simplement, le PDCI voudrait un strict respect de ces accords. Je passe volontairement sur les questions relatives aux raisons de ces dénonciations aujourd’hui par le PDCI. Les réponses données étaient d’un grand flou. Politiciennes, je les qualifierai. Me suis éclipsé avant la fin de cette conférence de presse. Nous tournions visiblement en rond sur les raisons véritables de cette convocation de la presse. Pour résumer, le PDCI selon les conférenciers à le droit d’évoquer le vocable « étranger » sans pour autant être taxé de xénophobe ou être accusé de détester les étrangers. 

J’avoue avoir été surpris lorsque Mr Billon a laissé clairement entendre que le gouvernement devrait s’occuper des vrais problèmes des ivoiriens.

L’augmentation du prix de la viande de bœuf, du chômage est... au lieu de vouloir détourner le débat en taxant le PDCI de xénophobe ou nationaliste outrancier, pour résumer. Comme si, le lièvre qu’avait levé le président HKB était de moindre importance.

Permettez-moi de penser qu’une élection présidentielle truffée d’électeurs non nationaux ne paraît pas un simple petit problème.

Il fausse les volontés des nationaux d’un pays. Un pays dans lesquelles il faut une autorisation pour être porteur d’une arme à feu, ne peut logiquement pas laisser des groupuscules s’armer impunément. Il en va de notre sécurité à tous. Je trouve personnellement cette façon de vouloir minimiser ces sujets de la part du PDCI et de ses représentants à cette conférence, un peu incohérente. 

Pour être franc, je suis sorti cette conférence un peu dépitée. Comme si les vraies questions liées à l’acquisition frauduleuse de la nationalité ivoirienne, la sécurité des populations et aux éventuelles propositions du PDCI sur ces sujet, avaient été éludées. 

Pour quelles raisons? 

Insuffisance voire absence de preuves formelles?

Distraction?

Je n’en sais trop rien. Je garde de la part de Mr Billon et accessoirement d’une dame métisse ( casting métis pour casser l’idée d’un nationalisme exacerbé) dont j’ignore l’identité, avec qui se tenait cette conférence, un grand sentiment d’impréparation et d’amateurisme.

Un véritable souci de méthode. Je m’attendais à quelque chose de plus costaud et carré pour un potentiel candidat à la magistrature suprême. Mais bon, ça c’est moi avec mes idées de conférences de presse rondement menées et travaillées de la Maison Blanche ou de l’Élysée. Vues à la télé.

 

Vidéo : Documentaire et hommage au Grand gouverneur / Africanisation de la BCEAO sous l'ère Fadiga (1974-1988)

Le Franc CFA, la banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest. Qui est Abdoulaye FADIGA, comment la banque centrale a vu le jour, vous trouvez beaucoup de réponses dans cette vidéo historique. Partagez sans modération, il s'agit de l'histoire monétaire Ouest-africaine.

Africanisation de la BCEAO sous l'ère Fadiga (1974-1988) Premier gouverneur de la BCEAO, Abdoulaye Fadiga s'est employé entre 1974 et 1988 au transfert de l'institution de Paris à Dakar, à sa réorganisation et à l'africanisation de son personnel. Des premiers pas vers une appropriation du franc CFA par les États africains.

Côte d’Ivoire : Le gouvernement condamne les dernières déclarations du PDCI, Henri Konan Bédié

DECLARATION DU PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT 

Recevant une délégation de son parti politique, en sa résidence de Daoukro, le mercredi 5 juin 2019, Monsieur Aimé Henri KONAN BEDIE, ancien Chef de l’Etat et Président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a tenu les propos suivants :

- « … on fait venir des étrangers armés qui sont stationnés maintenant dans beaucoup de villages… » ; 

- « … il faut simplement que nous soyons conscients, car le moment venu, nous agirons, pour empêcher ce hold-up sur la Côte d’Ivoire, sous le couvert de l’orpaillage … » ; 

- « d’autres ont fait venir clandestinement … surtout dans la commune d’Abobo ; les gens rentrent, on leur fait faire des papiers … » ;

- « … nous avons fait venir des étrangers dans nos plantations de café, de cacao ; et ensuite, les gens se sont installés à leur propre compte, et aujourd’hui, ils agressent les planteurs ivoiriens et se disputent même la propriété des terres » ;

- « … il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux, car actuellement on fait en sorte que l’Ivoirien soit étranger chez lui. Mais les Ivoiriens n’accepteront jamais cela… ».

Ces propos, d’une extrême gravité, appelant à la haine de l’étranger, sont de nature à mettre en péril, au-delà de la paix et de la cohésion sociale, l’unité nationale et la stabilité du pays. 

Cette déclaration intervient à un moment où plusieurs localités du pays sont secouées par des violences intercommunautaires qui se sont soldées par des morts, des blessés, des dégâts matériels importants, ainsi que par des déplacements de populations en détresse humanitaire.

Le Gouvernement tient à rappeler que l’instrumentalisation de la haine de l’étranger par le Président Henri Konan BEDIE et les dérives qui en ont résulté ont été à la base des différentes crises que notre pays a connues depuis le décès du Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, en décembre 1993.

C’est pourquoi, le Gouvernement condamne cette sortie qui n’honore pas son auteur qui ne doit pas méconnaître les obligations liées à son statut. 

Le Gouvernement tient à rappeler à tous que le racisme, la xénophobie, le tribalisme et la discrimination raciale ou religieuse sont constitutifs d’infractions prévues et punies par la loi pénale.

Fait à Abidjan, le 08 juin 2019 

Sidi Tiémoko TOURE

Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

JAK / D’autres cadres quitteront, les prochaines semaines, cette formation politique. / Mes vérités: Lucidité, raison et amour ...

« Pas pour protéger un quelconque tabouret, mais parce que le Pdci-Rda d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier. La fraternité, le rassemblement et la capacité à se remettre en cause ont foutu le camp. » 

Mercredi 22 mai, le président du Sénat, Jeannot Kouadio-Ahoussou, au cours d’un séminaire de formation des 33 nouveaux sénateurs, a annoncé qu’il rejoignait le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Dans une interview accordée à Jeuneafrique.com, celui qui avait été détaché par le Pdci-Rda pour être le co-directeur de campagne du Président Ouattara au second tour de la présidentielle en 2010 et lors de celle de 2015 a donné les raisons de son ralliement à la grande famille des Houphouétistes. 

Pour lui, ce sont les ‘’enfants’’, ‘’les héritiers’’ de Félix Houphouët-Boigny qui peuvent reconstruire, main dans la main, la Côte d’Ivoire. Ils l’ont d’ailleurs si bien démontré.

Pour nous, ce choix, le président du Sénat l’a fait en toute lucidité. Il a pris le temps de la réflexion. Comme le dit un proverbe baoulé : ‘’La vieille femme ne voyage pas de la même manière que la jeune fille’’. Après avoir fait le tour de la question, il a décidé d’embarquer dans le train du développement. 

Pouvait-il en être autrement ?

La raison ne comprendra pas qu’on ne puisse pas s’engager avec le Rhdp, lorsqu’on regarde les pas de géant posés par les Houphouétistes depuis 2011. Le Pdci-Rda qui s’est retiré du mouvement des Houphouétistes a lancé, depuis le 28 mai, une guerre contre celui qui, il n’y a si pas longtemps, était présenté comme le porte-étendard de la résistance au Rhdp. On a encore en mémoire la célébration des 73 ans du Pdci-Rda. 

Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif en chef, avait, si on peut le dire, brandi trois personnes comme des trophées. Il y avait l’ancien ministre Thierry Tanoh, le président du Conseil économique, social, culturel et environnemental, Charles Koffi Diby et celui du Sénat, Jeannot Kouadio-Ahoussou. Les deux derniers cités ont aujourd’hui adhéré au Rhdp. 

Dans des cercles proches du président Bédié, on affirme que ces deux personnalités, en réalité, ne pèsent pas, pour dire qu’elles ont adhéré sans la base au Rhdp. Et au Pdci-Rda, c’est le refrain. Après l’adhésion de Daniel Kablan Duncan et Kobenan Kouassi Adjoumani, pour les proches d’Henri Konan Bédié, c’était encore : ‘’Ils ne pèsent pas’’. 

Même rengaine, après l’adhésion de Patrick Achi, Alain Richard Donwahi, Albert François Amichia, Amedé Kouakou, Emile Ebrottié et bien d’autres cadres de valeur et proches collaborateurs d’Henri Konan Bédié.

Comment un parti peut-il avoir autant de cadres qui ne ‘’pèsent pas’’ ? 

Qui sont ceux qui pèsent au sein de ce parti ?

Soyons sérieux, même si on est libre de faire des commentaires pour parler des ‘’terribles oublis de Ahoussou Jeannot’’, il faut reconnaître que c’est un leader qui fédère. C’est ici qu’intervient la raison, cette faculté propre à l'homme, par laquelle il peut connaître, juger et se conduire, selon des principes. Ce qui nous amène à reconnaître qu’il y a bien un problème au Pdci-Rda.

Quel est donc ce parti qui se vide quasiment tous les jours ?

D’autres cadres quitteront, les prochaines semaines, cette formation politique. Pas pour protéger un quelconque tabouret, mais parce que le Pdci-Rda d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier. La fraternité, le rassemblement et la capacité à se remettre en cause ont foutu le camp.

Aujourd’hui, dans ce parti, on surfe sur des certitudes, sur une majorité sociologique, car on croit pouvoir absorber le Fpi de Pascal Affi N’Guessan et le camp Laurent Gbagbo ou encore le camp Guillaume Soro parce que, tout simplement, Henri Konan Bédié serait le plus ancien des leaders. Le concernant, il faut dire que bien souvent, il a commis des erreurs de jugement. Mais nous lui reconnaissons le rôle joué dans la réunification des ‘’héritiers’’ et à travers l’Appel de Daoukro.

Nous l’avions alors tous encensé, tout comme ceux qui nous reprochent de l’accabler avaient encensé, hier, le Président Ouattara, ‘’bâtisseur hors pair’’, qu’ils attaquent aujourd’hui. Nous avions encensé Henri Konan Bédié parce que nous croyions qu’il avait été définitivement visité par la lucidité, la raison et l’amour du pays. 

Aujourd’hui qu’il rame à contre-courant, nous devons avoir la force de lui dire qu’il se trompe de chemin. Avoir le courage de lui dire de faire un aggiornamento du Pdci-Rda. Il faut s’interroger sur les nombreux départs au sein de cette formation politique depuis 1993. 

Dire que quand ‘’quelqu’un part, quelqu’un arrive’’, ce ne sont pas, pour nous, des propos d’hommes responsables. Il faut également s’interroger sur le coup d’Etat de 1999. 

Pourquoi le Pdci-Rda a-t-il perdu le pouvoir ?

Cela pourrait être l’objet d’une grande conférence au sein de parti. 

Pourquoi Henri Konan Bédié a-t-il terminé troisième à la présidentielle de 2010 ?

Un autre sujet pour une autre grande conférence. Exit ici l’idée de vol des voix. Une réflexion en profondeur et l’on comprendra tout.

Par / ETIENNE ABOUA   https://www.fratmat.info/index.php/focus/la-matinale/mes-verites-lucidite-raison-et-amour?fbclid=

 

INTERVIEW - JEUNE AFRIQUE « ADJOUMANI dit ses vérités : On ne peut pas empêcher les uns et les autres de rêver »

Le RHDP dit être majoritaire. Dans ce cas, pourquoi le gouvernement ne s'engage-t-il pas à réformer en profondeur la commission électorale indépendante (CEI) afin que les résultats des prochains scrutins soient incontestables ? 

Qu'entendez-vous par «réforme en profondeur » de la CEI ? Les négociations sont en cours pour rendre la Commission électorale conforme aux recommandations de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. C'est ce qui avait été réclamé au départ. En cours de chemin, l'opposition demande autre chose et veut qu'on se soumette à ses exigences. Se soumettre à la volonté de la minorité, ce n'est pas cela la démocratie. Les partisans de Laurent Gbagbo et ceux de Guillaume Soro semblent confiants pour la présidentielle de 2020. Qu'en pensez-vous ?

On ne peut pas empêcher les uns et les autres de rêver … 

Ministre des Ressources animales et halieutiques depuis 2011(portefeuille qu'il avait déjà dirigé de 2002 à 2005), membre depuis 2001 du bureau politique du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), dont il fut longtemps le porte-parole, Kobenan Kouassi Adjoumani n'a pas voulu suivre Henri Konan Bédié dans sa rupture avec Alassane Ouattara. Après avoir créé Sur les traces d'Houphouët-Boigny (qu'il préside), un mouvement de soutien au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le professeur de français a été exclu du PDCI en aoüt2018.Il a définitivement tourné le dos à son ancienne formation le 26 janvier, en rejoignant, lors de son congrès constitutif, le RHDP Parti unifié, dont il est désormais le porte-parole.

Jeune Afrique: À un an et demi de la fin du deuxième mandat d'Alassane Ouattara, quelles sont, selon vous, les actions qui resteront dans l'Histoire commune des symboles de sa présidence?

Kobenan Adjoumani : J'ai l'embarras du choix. Le président Alassane Ouattara a construit des infrastructures modernes et a posé des actes qui auront un impact sur la vie des Ivoiriens pendant longtemps. Je crois qu'il faut davantage parler du leadership, de la capacité de cet homme d'État exceptionnel à transformer un pays totalement affaissé, à tous les niveaux, au moment où il a accédé au pouvoir, en 2011, en un pays qui fait aujourd'hui rêver. Quels sont les principaux chantiers à mener à bien d'ici à octobre 2020 ?

Pour avoir une idée précise des actions que le chef de l'État doit mener d'ici à 2020, il faut consulter le Plan national de développement (PND) 2016-2020. C'est la matrice. Le président Alassane Ouattara est un homme organisé, méthodique, travailleur, tout comme son Premier ministre, Amadou Gan Coulibaly, qui fait preuve d'une évidente maîtrise dans la coordination des activités du gouvernement. Avant la fin de 2020, il y a en effet encore d'importants projets à réaliser ou à parachever, notamment la paix à consolider, et un programme social d'envergure conduit par le gouvernement sur la période 2019-2020. 

Comprenez-vous les critiques d'une partie des Ivoiriens, qui remettent en question le bilan du président Ouattara, notamment en ce qui concerne la répartition des fruits de la croissance ? Critiquer est une chose tout à fait normale, surtout dans une démocratie. Par ailleurs, tout le monde veut être candidat, mais personne n'a encore proposé de projet de société aux Ivoiriens... Pour ce qui est de la répartition des fruits de la croissance, depuis l'élection du président Alassane Ouattara, les investissements dirigés vers les populations les plus démunies ont connu un bond remarquable, puisque, de 2012 à 2019, ils sont passés de 1080,3 milliards à 2505 S milliards de F CFA [de plus de 1,65 milliard à près de 3,8milliards d'euros]. La redistribution des fruits de la croissance est donc une réalité.

En tant que dissident du PDCI, pourquoi refusez-vous d'intégrer le mouvement PDCI-Renaissance du vice-président, Daniel Kablan Duncan?

Le mouvement Sur les Traces d'Houphouët-Boigny, que je préside, a été créé avant l'avènement de PDCI-Renaissance. Dès lors, je ne vois pas comment je pour¬ rais intégrer un mouvement qui nous emboîte le pas dans la promotion du RHDP. Il y a juste une divergence au niveau de notre démarche: notre mouvement Sur les Traces d'Houphouët Boigny a rompu les amarres avec le PDCI; le PDCI¬ Renaissance, lui, garde un certain lien avec le PDCI. 

Vous déclarez vouloir soutenir le président Alassane Ouattara s'il se portait candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat. Est-ce réellement souhaitable ? 

Le président Ouattara ne s'est pas encore prononcé dans ce sens. Il a le dernier mot, et nous sommes prêts à le soutenir quelle que soit sa décision. 

Le RHDP dit être majoritaire. Dans ce cas, pourquoi le gouvernement ne s'engage-t-il pas à réformer en profondeur la commission électorale indépendante (CEI) afin que les résultats des prochains scrutins soient incontestables ? 

Qu'entendez-vous par «réforme en profondeur » de la CEI ?  Les négociations sont en cours pour rendre la Commission électorale conforme aux recommandations de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. C'est ce qui avait été réclamé au départ. En cours de chemin, l'opposition demande autre chose et veut qu'on se soumette à ses exigences. Se soumettre à la volonté de la minorité, ce n'est pas cela la démocratie. 

Les partisans de Laurent Gbagbo et ceux de Guillaume Soro semblent confiants pour la présidentielle de 2020. Qu'en pensez-vous ?

On ne peut pas empêcher les uns et les autres de rêver. 

©Source : Jeune Afrique N° 3047 du 2 au 8 juin 2019 #KKA #RHDP

Cette année, le titre de Président de l’APF reviendrait à la Côte d’Ivoire. Poste déjà occupé par Yacé Philippe de 1979 à1982.

Que disent les textes: ARTICLE 4 : COMPOSITION 4.2 Les sections membres sont formées par des parlements ou au sein des parlements des États ou communautés où la langue française, est langue officielle, langue d’administration ou langue d’usage courant.

ARTICLE 5 : SECTIONS 5.1 Une section regroupe tout ou partie des membres du parlement dont elle émane. Sa composition politique tend à refléter celle de ce parlement. Elle désigne la délégation qui la représente à l’Assemblée plénière dans les conditions fixées à l’article 9.2. (9.2 L’Assemblée plénière est composée de délégations des sections membres et sections associées. Le nombre maximum de délégués de chaque section admis à participer à la Session est établi par le Bureau). Que dit Soro guillaume pour soutenir son argumentaire « Quand j’entrai dans le Bureau de l’APF en 2013 au poste de Vice-président Mme Andrée Champagne en était la Présidente. Elle n’était que simple sénatrice Canadienne. Un parlementaire vaut un parlementaire au-delà des Continents.» 

«L’Assemblée Parlementaire de la Francophonie veut-elle insinuer qu’en Afrique les statuts et règlements ne sont pas importants? Que fait-on du principe de la continuité législative? Qui peut ignorer que l’Assemblée nationale Ivoirienne connaît une crise sans précédent depuis 1960?» Quelle est la pratique

Suite aux élections législatives au Québec, M. François Paradis a été réélu député le 1er octobre 2018 et élu Président de l’Assemblée Nationale du Québec, le 27 novembre 2018. A ce titre, il reprend la fonction de Président de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie à la place de Jacques Chagnon, Président de l'Assemblée Nationale du Québec, Président de l’APF depuis 2017. Les exemples de remplacement basket dans le fonctionnement de l’APF sont légions cf. le tableau de présidence de l’APF. 

Tout près de nous au Burkina Faso: Roch-Marc Christian Kaboré Président en exercice de l’APF (2011- 2012) a été remplacé par Soungalo Apollinaire Ouattara (2012-2013) lorsqu’il a eu des divergences de vu avec le Président du Faso d’alors Blaise Compaoré En résumé : 

1- La présence à l'APF ne se fait pas de façon individuelle. 2- Le fait d’avoir démissionné, lui enlève tous ses privilèges au niveau de l’APF. Cela revient de droit au nouveau PAN de Côte d’Ivoire

Le commentaire de : Yahaya Dahkandi Kounadi 

« POURQUOI GUILLAUME SORO POUSSE-T-IL DES CRIS A PROPOS DE L’APF »

Soro Guillaume ayant démissionné, aurait dû également le faire de son poste de VP de l’APF. Maintenant, il veut jouer sur le fait d’avoir été durant 7 ans VP à l’APF pour justifier le fait de prétendre au poste de Président de l’APF. Or il existe un gentleman agreement dans cette organisation qui fait que cette posture de panafricaniste et de guerrier n’est vraiment pas nécessaire a moins de vouloir se ridiculiser soit même ou la fonction qu’on a servi durant tout ce temps. 

Pour terminer, en juillet, il y aura un nouveau Président de l’APF. Comme Soro sait que les textes du parlement francophone ne lui permettent pas d’être Président de l’APF, il joue la victime encore une fois, fait du lobbying auprès des décideurs de l’APF, et joue sur son ancienneté en leur sein pour contourner les textes.

Bureau de l’Assemblée nationale en Côte-d’Ivoire: Méambly "corrige "Oula Guéladé, un proche de Soro « Faux ! », a réagi vigoureusement et énergiquement

" Evitons de dire des contres vérités à nos parents. Nos parents ont besoin de vérité"… 

Les propos tenus par le député de Duékoué commune et sous-préfecture de Guéhiebly, Oula Guéladé Éphrem Privat, lors de la fête des mères, le samedi 25 mai 2019, à Guéhiébly, son village natal, n’ont pas laissé sans réaction, Méambly Tié Evariste Edouard. Au cours d’un point-presse qu’il a animé, le mercredi 29 mai 2019, à son cabinet à Marcory, le député de Facobly et cadre du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) a apporté la réplique à son collègue parlementaire. 

De fait, Oula Privat, considéré comme un proche de Guillaume Kigbafori Soro, a fait savoir, ce samedi-là, qu’il a démissionné de la vice-présidence du Parlement ivoirien.

« J’ai été vice-président à l’Assemblée nationale grâce à vous et jusqu’avant-hier, j’ai toujours été vice-président. Après toutes ces années dans l’une des plus grandes institutions de notre pays, j’ai toujours milité pour la neutralité. Depuis deux (2) jours, chers parents, j’ai rendu ma démission de vice-président de l’Assemblée nationale. Depuis deux jours, j’ai donc rendu les clés de mes bureaux. Je ne suis plus donc vice-président, mais un simple député », a annoncé Oula Privat à ses parents (Cf, Soir Info du mardi 28 mai 2019).

« Faux ! », a réagi vigoureusement et énergiquement Méambly Evariste. « Evitons de dire des contres vérités à nos parents. Nos parents ont besoin de vérité. Dans le Procès-verbal (Pv) de la séance plénière du lundi 6 mai 2019, il est bel et bien écrit qu’il y a 11 vice-présidents, 11 Secrétaires de bureau et 3 questeurs dans le nouveau bureau du Parlement.

Donc, il n’est nullement fait mention dans le Pv de cette plénière, de la présence d’Oula Privat dans le bureau du président Amadou Soumahoro qui a été d’ailleurs voté par 151 députés pour et 3 députés contre, avec 0 abstention sur les 154 votants », a fait savoir Méambly Evariste. Et, d’ajouter : « Il est important de préciser qu’un poste de Secrétaire de bureau m’a été proposé. Mais en séance plénière, j’ai fait un plaidoyer en proposant à mon poste, le député Tia Goué, ex-trésorier du groupe parlementaire Agir pour le peuple dont j’étais le président. Faut-il le rappeler, les 7 députés sur les 9 de mon groupe parlementaire, ont intégré le Rhdp avec 3 maires ».::::: Méambly Evariste a jugé bon de rappeler la définition du mot démission à Oula Privat.

« Par contre, le Pv indique clairement que 5 députés dont Oula Privat n’appartiennent ni ne sont apparentés à aucun groupe parlementaire. Donc, ceux-là sont déclarés députés non-inscrits. La question qui se pose est de savoir comment Oula Privat peut-il être dans un tel bureau et démissionner. Pour nous, une démission veut dire renoncer volontairement à une situation, à un avantage, à un droit. Or dans le cas d’espèce, Oula Privat a été démis de sa fonction de vice-président dans le bureau du président Amadou Soumahoro. Être démis ne veut dire qu’on démissionne. On pourrait même citer la députée Trazeré Célestine épouse Koné comme étant vice-président dans le bureau de Soro Guillaume », a indiqué le président de l’ex-groupe parlementaire Agir pour le peuple, Méambly Evariste. 

« A contrario, le président Guillaume Soro a rendu sa démission, le vendredi 8 février 2019, en séance plénière, devant ses collègues députés. Je voudrais faire noter que M. Oula n’a pas pu avoir 8 députés pour constituer un groupe parlementaire à l’effet d’être consulté par le président Amadou Soumahoro dans la mise en place de son bureau. Contrairement à lui, moi j’ai réussi à le faire en 2016, 2017 et 2018 avec 9 députés ; ce qui m’a valu le poste de président de groupe parlementaire.

En clair, aujourd’hui, le Guemon est représenté dans le bureau de l’Assemblée nationale par la députée Flanizana Touré comme Secrétaire de bureau, proposée et élue. En dehors d’elle, il n’y a personne d’autre… Ce sont ces mensonges qui ont créé tous ces palabres, toutes ces mésententes aujourd’hui à l’ouest. Il faut y mettre fin hic et nunc », a martelé l’ancien président du Conseil régional du Guemon, Méambly Evariste. 

Source : Service communication du député Méambly

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