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FRANCE / Remaniement : Benjamin Griveaux porte-parole, Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann entrent au gouvernement

Spécial FRANCE / Remaniement : Benjamin Griveaux porte-parole, Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann entrent au gouvernement

A l’Elysée, petit remaniement et grandes manœuvres Soignant une posture rassembleuse, le chef de l’Etat se montre désireux de désamorcer les grognes. Il devrait procéder lundi ou mardi à un mini-remaniement pour pallier le départ de Christophe Castaner.

Après l’élection, samedi 18 novembre à Lyon, de Christophe Castaner à la tête de La République en marche (LRM), censée redonner corps et vie au parti dans la perspective des prochains scrutins, Emmanuel Macron continue à dérouler ses plans.

Sans surprise, il procédera en tout début de semaine – vraisemblablement lundi après-midi, quoi qu’il en soit avant mercredi – à un remaniement de son gouvernement, pour pallier le départ de l’omniprésent porte-parole du gouvernement. L’Elysée devait opérer par simple communiqué, comme c’est l’usage quand le gouvernement n’a pas présenté sa démission. Or le chef de l’Etat n’a pas l’intention de chambouler son équipe. « Rien ne plaide pour un remaniement d’ampleur, car il n’y a pas d’erreur de casting », justifie-t-on à Matignon.

A la tête du parti de la majorité, M. Castaner devra alimenter la « réflexion » pour « l’après-2018 », estime-t-on dans l’entourage du premier ministre, Edouard Philippe, où l’on est bien conscient que le programme présidentiel ne suffira pas à occuper le quinquennat. Il devra aussi réarmer le parti en perspective des prochaines échéances électorales. Lundi et mardi, le chef de l’Etat recevra d’ailleurs les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, François de Rugy (LRM) et Gérard Larcher (LR), ainsi que les responsables des partis, pour les consulter sur les élections européennes de mars 2019. 

Les européennes, test crucial M. Macron est favorable à un retour à une circonscription nationale, comme dans les trois quarts des pays de l’Union européenne (UE), alors que la France est divisée depuis 2004 en huit circonscriptions. Un moyen de donner plus de visibilité à la future campagne, à l’heure où M. Macron entend réformer l’UE en profondeur, même si la situation politique délicate dans laquelle se trouve sa principale partenaire Angela Merkel risque de lui compliquer la tâche. Le chef de l’Etat souhaiterait aussi changer le mode de scrutin afin d’introduire.

FRANCE / Remaniement : Benjamin Griveaux porte-parole, Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann entrent au gouvernement La promotion de Benjamin Griveaux au poste exposé de porte-parole marque le retour en grâce de l’un des fidèles de la première heure d’Emmanuel Macron.

Une techno, un socialiste et un fidèle de la première heure. Le remaniement annoncé depuis le début de semaine a livré un casting représentatif de la méthode Macron. Avec la promotion de Benjamin Griveaux au poste exposé de porte-parole à la place de Christophe Castaner, il marque le retour en grâce de l’un des fidèles de la première heure du président de la République. Il avait pourtant été mal servi en juin, héritant, avec un secrétariat d’Etat auprès du ministre de l’économie et des finances, du dernier poste dans l’ordre protocolaire du gouvernement.Le nouveau patron de La République en marche (LRM), M. Castaner, conserve pour sa part, à l’occasion de ce deuxième remaniement sous l’ère Macron, son poste de secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. 

Sa double casquette, chef de parti et responsable des relations avec les autres formations politiques au Parlement, était pourtant critiquée au sein de la majorité. Elle l’a été aussi par l’opposition. « Le maintien de M. Castaner au gouvernement, chargé des relations avec le Parlement, est un scandale démocratique. C’est le symbole ultime de la caporalisation du Parlement », a ainsi dénoncé le député Les Républicains (LR) du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont sur Twitter.

Olivier Dussopt, un proche de Manuel Valls .

Avec le choix de Delphine Gény-Stephann pour renforcer le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin et son collègue de l’économie et des finances Bruno Le Maire, Emmanuel Macron fait à nouveau appel à une personnalité de la société civile, ancienne de Saint-Gobain et de Bercy. Il l’a préfèrée à la députée (LRM) de l’Essonne Amélie de Montchalin, dont le nom avait circulé cette semaine. 

Delphine Gény-Stephann photographiée en 2016 lorsqu’elle était vice-présidente du plan et de la stratégie du groupe industriel Saint-Gobain. Emmanuel Macron fait également un geste politique avec la nomination comme secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique du député socialiste de l’Ardèche Olivier Dussopt. Proche de Manuel Valls mais toujours encarté au PS, il offre une caution de « gauche » au chef de l’Etat, mis en cause par l’opposition socialiste pour sa politique budgétaire jugée trop à droite et son choix de confier les clés de Bercy à deux figures issues de LR. 

Juste après l’annonce de son entrée au gouvernement le numéro un du PS et sénateur du Val-d’Oise Rachid Temal a annoncé sur son compte Twitter que M. Dussopt « n’est plus membre du PS » évoquant « la cohérence politique ». Une annonce confirmée par un communiqué du parti d’Epinay, qui souligne que cette nomination survient trois jours après le vote de M. Dussopt contre le projet de loi de finances 2018 du gouvernement. 

« Finalement Macron fait comme Sarkozy : du débauchage individuel #NouveauMonde ? », a complété, vendredi soir, le trésorier du PS, Jean-François Debat, sur Twitter. Le député de Seine-et-Marne Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale, a usé des mêmes termes dans un communiqué pour dénoncer des « nominations opportunistes » et « l’écran de fumée » des ralliements. En revanche, Manuel Valls s’est réjoui de la nomination de son « ami » M. Dussopt. « Il a l’expérience du terrain, le sens de l’Etat et il veut la réussite de la France. Il fait le bon choix », a écrit sur Twitter l’ancien chef du gouvernement. De même, Gérald Darmanin, s’est dit « heureux de l’accueillir à [ses] côtés dès demain pour travailler ensemble ». 

Lire aussi : Le retour en grâce de Benjamin Griveaux, nommé porte-parole du gouvernement .

Le retour en grâce de Benjamin Griveaux, nommé porte-parole du gouvernement L’ambitieux secrétaire d’Etat, mis de côté depuis le début du quinquennat, remplace Christophe Castaner, qui prend la tête de La République en marche.

Benjamin Griveaux et Christophe Castaner le 1er mai à Paris. Annoncé depuis plusieurs jours, provoqué par l’élection samedi 18 novembre de Christophe Castaner à la tête de La République en marche, l’Elysée a procédé vendredi 24 novembre à un remaniement – le deuxième depuis le début du quinquennat – du gouvernement. Le poste de porte-parole, jusque-là occupé par Christophe Castaner, échoit à son collègue Benjamin Griveaux. Le poste de secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, que M. Griveaux occupait jusqu’ici échoit désormais à Delphine Gény-Stephann. 

Ce remaniement, annoncé en début de semaine, a pris plus de temps que prévu, l’exécutif se laissant le temps de vérifier la situation fiscale et patrimoniale des nouveaux entrants, afin d’éviter les mauvaises surprises. 

Lire aussi : A l’Elysée, petit remaniement et grandes manœuvres .

Pour remplacer M. Castaner au poste stratégique de porte-parole, le chef de l’Etat a décidé de faire confiance à Benjamin Griveaux, un autre « marcheur » de la première heure qui retrouve ainsi un peu de lumière, après avoir été mis dans l’ombre depuis l’élection de M. Macron. 

Le président a semblé hésiter un temps entre M. Griveaux, qui était opérationnel pour avoir occupé cette fonction de porte-parole pendant la campagne présidentielle, et le fidèle secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie, plus discret mais en qui M. Macron a entièrement confiance. « Julien est un homme de dossiers, qui maîtrise à la perfection les sujets complexes et techniques, Benjamin est plus généraliste et plus politique », résume le député LRM Aurélien Taché.

Quant à M. Castaner, il se maintient comme secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. Le député des Alpes-de-Haute-Provence, qui était peu enthousiaste à l’idée de prendre la direction du parti présidentiel, a toujours souhaité garder son poste au gouvernement. 

Sa double casquette, chef de parti et responsable des relations avec les autres formations politiques au Parlement, était pourtant critiquée au sein de la majorité. Emmanuel Macron a tranché et choisi de donner raison à son fidèle lieutenant, soutenu également par le premier ministre Edouard Philippe, avec lequel il entretient les meilleures relations. 

Brillant mais cassant .

Ces dernières semaines, de nombreux acteurs de la macronie doutaient que M. Macron choisisse M. Griveaux, brillant mais cassant, pour remplacer M. Castaner, visage rond et chaleureux d’un gouvernement très technique aux personnalités encore inconnues des Français. M. Griveaux, qui s’est fait des ennemis pendant la campagne, s’est notamment vu reprocher d’avoir affiché trop tôt ses ambitions pour la mairie de Paris en 2020 après sa victoire aux législatives dans la 5e circonscription de la capitale. 

Il n’avait d’ailleurs pas été choisi en octobre par M. Macron pour prendre la direction de La République en marche. Sa dernière place du gouvernement dans l’ordre protocolaire avait aussi été analysée par certains piliers de la macronie comme un avertissement lancé par le président à son ambitieux lieutenant, qui doit fêter comme lui ses 40 ans en décembre. 

« Quand tu sers Macron, ton agenda doit être celui de Macron, point », mettait ainsi en garde récemment un très proche du chef de l’Etat. « Beaucoup ont laissé entendre que Macron se méfiait de Griveaux, c’est faux. Benjamin est de toutes les réunions stratégiques à l’Elysée, ce qui n’est pas le cas d’autres compagnons de route », rectifie une autre source dans l’entourage du chef de l’Etat.

Venu du Parti socialiste, ancien conseiller de Marisol Touraine au ministère de la santé lors du précédent quinquennat, Benjamin Griveaux a fait ses classes politiques en Saône-et-Loire. Vice-président du conseil départemental, ses relations étaient alors plus que fraîches avec Arnaud Montebourg, l’homme fort du PS local à l’époque. 

Fin 2016, ce diplômé de HEC avait quitté un haut poste au sein du groupe immobilier commercial Unibail pour rejoindre Emmanuel Macron dans sa conquête de l’Elysée. C’est par Ismaël Emelien, le stratège de M. Macron, que M. Griveaux a rencontré le futur président. MM. Emelien et Griveaux se sont connus rue de la Planche en 2006, au QG de Dominique Strauss-Kahn, lors de la préparation de la primaire du PS, entouré de politiques confirmés, de petites mains et de jeunes technos, dont ils faisaient partie. 

Quelques heures avant l’annonce du remaniement, en marge de la visite d’un centre des Resto du cœur, dans le Xème arrondissement de Paris, le chef de l’Etat avait livré un indice. Serrant la main de M. Griveaux, élu de l’arrondissement, qui l’accompagnait dans sa visite, il lui a glissé un « bravo ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/11/24/ .

Lire aussi : Olivier Dussopt, un proche de Manuel Valls, entre au gouvernement .

Avec ce député de l’Ardèche, Emmanuel Macron, régulièrement accusé par ses opposants de gauche de mener une politique fiscale trop à droite, s’offre les services d’un encarté socialiste.

Olivier Dussopt, au Congrès des maires de France, à Paris, le 20 novembre. Il est la vraie surprise de ce remaniement. Olivier Dussopt, 39 ans, a fait son entrée au gouvernement, vendredi 24 novembre, au poste de secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, auprès de Gérald Darmanin (ministre de l’action et des comptes publics). Le député socialiste accompagne Delphine Gény-Stephann également nommée secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Benjamin Griveaux récupère de son côté le poste convoité de porte-parole du gouvernement, à la place de Christophe Castaner qui reste secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. 

Les annonces de l’Elysée : Benjamin Griveaux nommé porte-parole du gouvernement, Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann font leur entrée .

En rejoignant Emmanuel Macron, Olivier Dussopt, élu de l’Ardèche, achève sa transhumance politique. Proche de la nouvelle gauche de Benoît Hamon au milieu des années 2000, il s’était ensuite rapproché de Martine Aubry. Fervent soutien de la maire de Lille lors de la primaire de la gauche en 2012, il s’était peu à peu désolidarisé pour rejoindre les troupes de Manuel Valls après l’accession à Matignon de ce dernier. Lors de la primaire du Parti socialiste (PS) en 2017, il avait tenu le rôle de porte-parole du candidat finalement défait par Benoît Hamon.

Il a voté contre le budget A la suite de l’annonce de son entrée au gouvernement, le coordinateur du PS, Rachid Temal, a annoncé sur son compte Twitter que M. Dussopt « n’est plus membre du Parti socialiste » évoquant « la cohérence politique ».

Au sein du parti, nombreux sont ceux à relever depuis mercredi, au moment où les rumeurs sur sa nomination commençaient à circuler, que M. Dussopt avait voté mardi contre le projet de loi de finances pour 2018. Le député n’avait par ailleurs pas voté la confiance au gouvernement, en juillet.

« C’est une tentative dérisoire de fracturer un peu plus l’opposition », analysait jeudi un député socialiste auprès du Monde.

« C’est décevant dans ce que ça dit de la vision de M. Macron des équilibres institutionnels. Le cynisme n’est pas une vertu en politique. ».

« Fidèle aux pratiques du vieux monde, Emmanuel Macron use du débauchage individuel comme Nicolas Sarkozy avant lui lorsqu’il prétendait au titre de DRH de la gauche. Il connaîtra le même succès », prédit vendredi dans un communiqué le président du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée, Olivier Faure.

« Son âge lui offre la possibilité d’avoir l’échine souple, très souple même, dénonce de son côté Christophe Lantoine, ancien chef de cabinet d’Arnaud Montebourg à Bercy, aujourd’hui proche de Luc Carvounas. Je pense surtout aux militants socialistes de son territoire qui lui ont tout donné pour réussir. Il est l’homme politique de son temps : moins il y a de loyauté, mieux ça marche. Mais il a oublié que le temps passe très vite... ».

Signal à Manuel Valls En nommant un proche de Manuel Valls, Emmanuel Macron envoie un signal à ce dernier, qui est revenu ces derniers jours sur le devant de la scène au gré de la polémique entre Mediapart et Charlie Hebdo. L’ancien premier ministre s’est d’ailleurs réjoui de cette nomination. « Il a l’expérience du terrain, le sens de l’Etat et il veut la réussite de la France. Il fait le bon choix », a-t-il tweeté.

M. Macron s’offre également au passage les services d’un député encarté socialiste alors qu’il est régulièrement accusé par ses opposants de gauche de mener une politique fiscale trop à droite.

Lors de la campagne des législatives, Olivier Dussopt avait fait face à une candidate de La République en marche dans la 2e circonscription de l’Ardèche, l’emportant au second tour avec près de 56 % des suffrages. Frappé par le cumul des mandats, il avait dû dans le même temps abandonner les clés de la mairie d’Annonay, dont il était maire depuis 2008. Quatre jours avant sa nomination, il avait partagé sur Twitter une photo prémonitoire de lui avec Edouard Philippe, dans le cadre des discussions entre les maires et le gouvernement, en saluant le « dialogue direct et cordial » avec le premier ministre, qu’il espérait « utile et constructif » pour « les prochaines décisions du gouvernement »… auquel il appartient désormais. 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/11/24/remaniement-olivier-dussopt-un-proche-de-manuel-valls-entre-au- LE MONDE | 24.11.2017 à 19h24

• Mis à jour le 25.11.2017 à 05h10 | Par Nicolas Chapuis (avec Le Monde.fr)

Dernière modification lesamedi, 25 novembre 2017 14:43
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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