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Afrique (201)

Ali Bongo Ondimba prête serment devant la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, qui a préalablement rappelé la décison des neuf juges constitutionnels rendue dans la nuit de vendredi à samedi:

 Le président gabonais Ali Bongo Ondimaba a prêté serment mardi pour un deuxième septennat, quatre jours après la validation de sa réélection par la Cour constitutionnelle qui a rejeté la requête de son rival Jean Ping. "Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais, en vue d'assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l'Etat de droit", a récité le chef de l'Etat, 57 ans, main gauche sur la Constitution et main droite levé vers le drapeau vert-jaune-bleu du Gabon. Pour saluer son investiture, des coups de canon ont alors été entendus près du palais présidentiel siège de la cérémonie. M. Bongo a prêté serment devant la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, qui a préalablement rappelé la décison des neuf juges constitutionnels rendue dans la nuit de vendredi à samedi: Ali Bongo a été élu avec 50,66% des suffrages (172.990 voix) face à Jean Ping (47,24%, 161.287 voix). Le chef de l'Etat devait ensuite prononcer une allocution devant les corps constitués du Gabon (Parlement, cour constitutionnelle...) et ses invités étrangers. Quatre chefs d'Etat africains (Mali, Niger, Togo, Sao Tomé) assistaient à la prestation de serment ainsi que les Premiers ministres du Sénégal, du Tchad, du Congo, de la Centrafrique et du Maroc. La France était représentée par son ambassadeur à Libreville, tout comme les Etats-Unis.

Jean Ping : "La Cour constitutionnelle a retiré aux Gabonais le droit de choisir"/Une décision "inique" pour le camp Ping, "satisfaisante" pour le camp Bongo

Samedi, au cours d'une conférence de presse, Jean Ping a qualifié d'"inique" et de "terrorisme démocratique" la décision de la Cour constitutionnelle du Gabon de valider la réélection d'Ali Bongo à la présidence.

"La Cour constitutionnelle a retiré au peuple gabonais le droit de choisir". Quelques heures après que la Cour constitutionnelle gabonaise a validé la réélection du président Ali Bongo Ondimba, l'opposant Jean Ping a rejeté samedi 24 septembre 2016 cette décision en la qualifiant de "déni de droit". 

"En déposant un recours devant la Cour constitutionnelle, j’ai voulu être légaliste. Une fois de trop, une fois de plus, devant l’évidence du verdict des urnes, la Cour a montré ses limites à travers son incontestable parti pris. Ce faisant, elle a manqué l’opportunité de s’inscrire positivement dans l’Histoire de notre pays", a déclaré Jean Ping. "La nation a assisté à un déni de droits à travers une parodie de procédure qui s’est achevée par une grossière manipulation des chiffres. Cette décision ne rassemble pas les Gabonais et ne les apaise pas", a-t-il ajouté.

"Je ne reculerai pas", a-t-il poursuivi avant d'affirmer sa détermination "à faire triompher l’alternance et l'idéal démocratique". Il s'est également adressé au peuple gabonais et à la communauté internationale : "J’invite le peuple Gabonais à rester vigilant en ce jour de deuil. J’invite la communauté internationale à prendre toute la mesure de la situation du Gabon". "Battons-nous pour faire respecter le choix du peuple gabonais", a-t-il conclu.

Dans la foulée de cette allocution de Jean Ping, le président Ali Bongo, dans une interview à Reuters, a déclaré que le nouveau gouvernement comprendrait très vraisemblablement des personnalités de l'opposition. Il n'a pas non plus exclu que Jean Ping soit convié à faire partie du futur gouvernement, assurant  que "tout est possible".

Une décision "inique" pour le camp Ping, "satisfaisante" pour le camp Bongo

Sur France 24, un peu plus tôt dans la journée de samedi, Séraphin Moundounga, ancien ministre de la Justice d'Ali Bongo réfugié en France, s'était insurgé contre la décision de la Cour constitutionnelle, la qualifiant d'"inique".

Le même jour sur France 24, Arnauld Engandji, conseiller spécial auprès d'Ali Bongo, s'était, lui, félicité de la décision de la Cour constitutionnelle : "La Cour constitutionnelle a pu procéder au recomptage des voix et nous nous en satisfaisons. Elle a permis de montrer que le camp d’en face n’était pas beau joueur", a-t-il dit.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a regretté samedi que l'examen des recours n'ait pas levé "tous les doutes" sur la réélection du président Ali Bongo tout en appelant l'opposition à "récuser l'action violente".

Crainte de violences

Dans la nuit de vendredi à samedi, la Cour constitutionnelle, tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin du 27 août, a indiqué qu'Ali Bongo gardait une avance sur son rival, qui s'était proclamé élu après l'élection. Lors de l'audience à Libreville, dans une salle quasiment déserte, la Cour a indiqué qu'Ali Bongo avait recueilli 50,66 % des suffrages contre 47,24 % à Jean Ping.

Dans une allocution télévisée après la déclaration de la Cour constitutionnelle, Ali Bongo, 57 ans, élu une première fois en 2009 à la mort de son père, resté au pouvoir 41 ans, avait alors déclaré : "J'appelle tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux à l'élection du 27 août, à un dialogue politique".

Un dispositif policier et militaire très important était déployé samedi dans le centre de la capitale. Les accès au centre-ville étaient parsemés de barrages de police, de gendarmerie et de l'armée, alors que les accès au palais présidentiel, sur le front de mer étaient bloqués par la Garde républicaine (GR). Les rues de Libreville étaient toutefois quasiment vides selon un journaliste de l'AFP. Signe de nervosité, des files d'attente s'étaient formées vendredi devant des banques et des guichets automatiques dans la matinée à Libreville.

Le 31 août, la proclamation de la réélection d'Ali Bongo avait provoqué des émeutes meurtrières et des pillages massifs à Libreville et dans plusieurs villes de province, traumatisant un pays plutôt habitué à la paix.

Le Gabon, petit pays de l'Afrique de l'ouest équatoriale (1,8 million d'habitants) regorge de richesses naturelles (pétrole, bois, manganèse, mines...) mais plus d'un tiers de la population est très pauvre. (Avec AFP et Reuters)

Gabon : : les réactions après la validation de la réélection d'Ali Bongo

Après l'annonce de la réélection du président Ali Bongo à la tête du Gabon par la Cour constitutionnelle, l'Union africaine, dont le président tchadien Idriss Déby assure la présidence en exercice, a fait savoir qu'elle avait «pris acte» du verdict. Du côté des capitales influentes, la France, les Etats-Unis et le Maroc se sont aussi exprimés. Des réactions formulées en termes choisis.

La première grande capitale à s'être exprimée a été Washington par la voix de son ambassade à Libreville. La délégation américaine au Gabon « note la décision de la Cour constitutionnelle ». Elle appelle par ailleurs celle-ci à « publier les détails de ses procédures, par souci de transparence ». Les Etats-Unis appellent les deux parties au dialogue pour « panser les blessures d'un pays divisé ». Enfin, Washington s'inquiète des arrestations signalées dans les rangs de l'opposition, ainsi que de la perturbation du réseau Internet.

A Paris, la formule est savamment pesée : le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault « regrette » que l'examen des recours n'ait pas « levé tous les doutes » sur la réélection d'Ali Bongo. La France demande toutefois à l'opposition de « récuser l'action violente » et au gouvernement de « prendre des initiatives » pour « restaurer la confiance des Gabonais en leurs institutions ».

Au Maroc, un allié fidèle du Gabon, la diplomatie a dit « prendre acte » de la réélection du président sortant et se dit confiante dans le fait que les Gabonais choisiront la voie du dialogue pour résoudre la crise.

Idriss Déby appelle à un « dialogue politique »

C’est par un communiqué que le chef de l’Etat tchadien de retour de New York a pris acte de la réélection d’Ali Bongo Ondimba. Il invite « le président réélu à créer les conditions nécessaires et propices à un dialogue politique regroupant tous les fils du Gabon, gage de paix et de stabilité, exhorte l’opposition politique à plus de responsabilités ».

Idriss Déby, dont la présence a été annoncée à Libreville il y a quelques semaines au début de la crise post-électorale, n’a finalement pas fait le déplacement. Il a préféré attendre, les voies de recours n’étant pas épuisées, indique un de ses proches.

Le Tchad était tout de même à Libreville pour la fin du contentieux post-électoral. Nagoum Yamassoum, président du Conseil constitutionnel a fait partie de la délégation de l’Union africaine qui a assisté le Conseil constitutionnel gabonais. (RFI)

 

 

L’Afrique dans les années 90 a déjà vécu ce type de calculs cyniques et macabres mais à l’arrivée, celui qui paye c’est toujours le peuple.

ALLOCUTION D'ALI BONGO ONDIMBA· MIS EN LIGNE LE  MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2016

Mes chers compatriotes,   

J'ai souhaité m’adresser à vous afin de vous tenir informés de l’état d’avancement du processus électoral concernant l’élection présidentielle du 27 Août 2016.       

Le candidat malheureux à la présidence, a déposé un recours devant la Cour constitutionnelle.  J’ai également déposé devant la cour constitutionnelle, des éléments démontrant la violation de notre code électoral.       

La Cour rendra ses conclusions conformément à la loi et aux délais constitutionnels.       

J’ai donc décidé, comme je l’ai toujours fait depuis que ce processus électoral a été engagé, de faire confiance à nos institutions et à la démocratie.         

J’ai déjà eu l’occasion de vous dire que la démocratie est un exercice de tous les jours, difficile et exigeant. Pourquoi ? Parce que la démocratie n’offre ni solutions, ni pratiques magiques ; elle dépend des gens et de leurs comportements.     

La démocratie a le rythme de ses échéances, et celui que nous devons respecter cette fois ci, est celui de la cour constitutionnelle. Et ceux à qui cela poserait problème, doivent apprendre à le respecter. L’histoire nous a appris des choses. À travers les siècles, ceux que la démocratie gêne agissent et ont toujours agi de la même façon. Ils ont créé des événements dramatiques pour rendre son exercice impossible. 

Alors je veux appeler les Gabonais à l’extrême vigilance. Je regarde que dans les événements récents que nous avons vécus, les mots ont toujours précédé les faits, comme une prophétie que l’on voulait voir se réaliser. On a crié au putsch ? Et on a attaqué l’Assemblée Nationale.     On a crié au bâillonnement de la liberté d’expression ? Et on a attaqué la télévision nationale et des télévisions privées. On a incendié un quotidien et saccagé une imprimerie. On a parlé de peuple en colère ? Et on a retrouvé dans la rue des éléments armés, infiltrés et téléguidés, qui ont tiré sur nos forces et dont le but ultime, est de semer le chaos. Les paroles ont toujours précédé les actes pour tenter de justifier ces mêmes actes, et les rendre légitimes.     Alors quand j’entends employer le mot charnier, je ne peux rester sans m’interroger, sans être inquiet.  

Fort de l’observation des semaines que nous venons de vivre, je ne veux pas que certains créent ces actes pour les rendre réels. J’appelle donc les Gabonais à la vigilance et à l'esprit critique. Je ne veux pas que la vie de nos compatriotes devienne un argument politique instrumentalisé par des désespérés prêts à tout. Je ne veux pas que l’on tue des Gabonais ou toute autre personne vivant au Gabon, pour prouver que l’impensable existe.      

L’Afrique dans les années 90 a déjà vécu ce type de calculs cyniques et macabres mais à l’arrivée, celui qui paye c’est toujours le peuple. 

Avant d’être Président de la République, j’ai occupé des fonctions qui ont mis la sécurité des Gabonais sous ma responsabilité, notamment en tant que Ministre de la Défense nationale. Jamais je n’ai mis la vie d’un Gabonais en danger, jamais je n’ai attenté à leur liberté. Je sais que la violence ne laisse qu’une chose derrière elle ; cette chose c’est le malheur.  

Dans ce cadre, j’ai demandé aux autorités compétentes de prendre toutes les dispositions pour que d’un coté, la sécurité des Gabonais soit assurée dans les gestes les plus simples de leur vie quotidienne et que, d’un autre coté, nous puissions mener toutes les vérifications possibles pour faire la lumière sur ces propos irresponsables qui visent à discréditer le Gabon et imposer une stratégie de la peur et de la terreur.    

Pour moi, la vie des Gabonais vaut plus que tout. L’idée qu’elle soit l‘objet d’un sordide calcul politicien mortifère me révulse. Soyez vigilants. Prenez soin de vous. Ne vous laissez pas embarquer dans des aventures désastreuses, menées par des hommes qui ne respectent ni nos institutions, ni la vie humaine. Au contraire, faites confiance, comme j’ai décidé de le faire moi-même à nos institutions et à la démocratie. Une démocratie exigeante et claire. Une démocratie qui demande de la responsabilité.    

Que Dieu bénisse le Gabon.     

Allocution d’Ali BONGO ONDIMBA, le 13 septembre 2016

 

GABON / Des élections truquées ?"Ali Bongo ne pliera pas".Par Glaser "Je suis un petit Blanc des bords de Seine, mais...

Antoine Glaser, journaliste et écrivain, spécialiste de l'Afrique, a réagi au micro d'Europe 1 à la violente crise politique que traverse actuellement le Gabon. Alors que le Gabon plonge dans une violente crise politique, Antoine Glaser, journaliste, écrivain et spécialiste de l'Afrique a livré son analyse jeudi au micro d'Europe 1. Selon lui, c'est avant tout une "affaire psychologique, familiale et de rancœurs personnelles". Des élections truquées?"Je suis un petit Blanc des bords de Seine, mais quand vous pensez que Bongo remporte ces élections...", lance Antoine Glaser. Et le spécialiste de l'Afrique*, de développer : "Ali Bongo remporte les élections à 6.000 voix alors qu'il faut savoir qu'il y 620.000 électeurs inscrits. C'est un tout petit pays avec 1.8 million d'habitants. Dans son fief, Ali Bongo a remporté l'élection à 95% des voix [...] c'est une région qui sert toujours d'ajustement électoral".

Ali Bongo Ondimba"Ali Bongo ne pliera pas"."Ali Bongo ne pliera pas, il s'est bunkerisé, il n'a pas l'intention de quitter le pouvoir", affirme le journaliste qui décrit un homme isolé : "On n' a pas entendu l'Union africaine appeler au calme et Ali Bongo n'entretient pas de bonnes relations avec ses voisins le Congo et la Guinée Équatoriale". "Jean Ping a la société civile de son côté"."Ali Bongo, qui a succédé à son père Omar, n'a jamais été dans les réseaux français, au contraire de Jean Ping". Décrit comme un ancien baron aujourd'hui soutenu par la jeunesse (40% de la population gabonaise a moins de 15 ans), Jean Ping est "aujourd'hui soutenu par la société civile qui aspire au changement", selon Antoine Glaser. Le journaliste estime qu'il existe "une rancœur" d'Ali Bongo vis à vis de Jean Ping. "Ali Bongo a toujours été marginalisé", explique Antoine Glaser avant de conclure : "Il a une revanche à prendre".

*auteur notamment de Africafrance : Quand les dirigeants africains deviennent les maîtres du jeu (Fayard, 2014) ancien patron et redacteur en chef est aussi le fondateur de la lettre du continent

Gabon : comment truquer une élection présidentielle pour 75 000 euros ?

Jeudi 8 septembre, quelques minutes seulement avant la fin du délai légal, Jean Ping a finalement déposé un recours devant la Cour constitutionnelle afin de contester le résultat de la présidentielle du 27 août qu’il dit lui avoir été volée.

Son dossier paraît solide. Pourtant, l’ancien cacique du régime gabonais passé dans l’opposition et ex-président de la Commission de l’Union africaine a longuement hésité. Il préjuge de la partialité de cette instance présidée par l’une des belles-mères de président Ali Bongo Ondimba, déclaré vainqueur, dans le tumulte d’émeutes meurtrières, par la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap).

Réajustement brutal

Dans cette région d’Afrique centrale où les présidents sortants sont passés maîtres dans l’art de frauder les élections, n’importe quel opposant rêverait sans doute d’avoir entre les mains le dossier déposé par le Gabonais Jean Ping. En effet, n’était la défiance envers la Cour constitutionnelle – surnommée par l’opposition « la tour de Pise » parce qu’elle penche toujours du côté du pouvoir –, les chiffres présentés par la Cénap pour assurer in extremis, et fort maladroitement, la victoire au président sortant résistent mal au moindre test de crédibilité.

Le nœud du problème porte sur la région du Haut-Ogooué, dont le résultat « officiel » a permis à Ali Bongo Ondimba de rattraper le retard constaté après compilation des votes dans les huit autres provinces du pays. Le problème ne date pas d’hier. « Par le passé, au temps du père [Omar Bongo Ondimba qui dirigea le pays de 1967 jusqu’à sa mort en 2009], mais aussi lors de la première élection, controversée déjà, d’Ali Bongo en 2009, ce fief familial a toujours servi de variable d’ajustement pour leur assurer la victoire. Mais là, ils [le pouvoir] ont été dépassés. Ils ne s’attendaient pas au score de Jean Ping, dopé par l’union de l’opposition et l’effritement de la majorité. Ils n’ont pas mesuré le niveau de rejet du pouvoir au sein de la population », analyse Pascal Oyougou, originaire du Haut-Ogooué, membre d’Héritage et modernité, un groupe formé par des dissidents du parti au pouvoir.

Cette année, le réajustement a donc été brutal. Un chiffre concentre tous les soupçons : 99,83 %. Soit le taux de participation astronomique publié par la Cénap. En d’autres termes, cela signifie que seulement 50 électeurs sur les 71 786 inscrits sur la liste électorale du Haut-Ogooué publiée en avril ne sont pas allés voter. « Fantaisiste », lâche un diplomate européen. Grâce aux 95,46 % des voix qui lui sont attribuées dans cette province, le candidat Ali rafle les suffrages qui lui manquaient pour finalement dépasser Jean Ping de quelque 6 000 voix au niveau national. Miracle.

Participation « nettement supérieure »

Comment en est-on arrivé à une manipulation si grossière ? Au lendemain du scrutin, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne avait jugé « satisfaisantes » les conditions du vote et la conduite du dépouillement dans les quelque 5 000 bureaux du pays où l’opposition disposait de représentants. De même en avait-elle au sein des commissions de centralisation des résultats aux niveaux départemental, régional et national.

La chef de cette mission, l’eurodéputée bulgare Mariya Gabriel, notait certes que la gestion du processus avait « manqué de transparence », soulignant que « les organes de gestion des élections omettant de mettre à la disposition des parties prenantes des informations essentielles telles que la liste électorale et la liste des centres de vote ». Elle pointait aussi « un déséquilibre des moyens en faveur du président sortant ». Les chiffres du Haut-Ogooué n’étaient pas encore tombés.

Les ennuis du pouvoir ont commencé lorsque les gouverneurs de chaque province, chargés de transmettre les procès-verbaux de dépouillement à la commission centrale, ont commencé à publier les résultats, dès le dimanche soir, soit vingt-quatre heures après le vote. Progressivement, il est alors apparu que le candidat Ali Bongo Ondimba enregistrait 60 000 voix de retard sur Jean Ping dans huit des neuf provinces du pays. Un écart quasiment impossible à rattraper alors que seul le Haut-Ogooué n’avait pas encore annoncé ses résultats.

Afficher l'image d'origineImage/ Un partisan de l’opposant Jean Ping, à genoux face aux forces de sécurité qui bloquent l’accès à la Commission électorale, le 31 août 2016.

Il fallut alors attendre quarante-huit heures supplémentaires pour que le Haut-Ogooué transmette ses résultats hautement controversés. La mission d’observation de l’UE, appelant au recompte des voix bureau par bureau, a alors parlé d’« une anomalie évidente » dans la province, où « les résultats n’ont pas été annoncés publiquement », contrairement au reste du pays. Elle souligne aussi que le taux de participation, de 99,93 % rappelons-le, y est « nettement supérieure » à la moyenne, « estimée à 48 % », dans les huit autres provinces.

« 50 millions de francs CFA contre notre silence »

Il semblerait que le pouvoir s’y soit repris à deux fois pour arriver à ce chiffre. Un proche de Jean Ping nous a affirmé « disposer d’un enregistrement audio du gouverneur de la province du Haut-Ogooué sur lequel il annonce une participation de 95 % », un score insuffisant qu’il aurait ultérieurement modifié.

Un autre témoignage jette le doute sur la sincérité des résultats de la province. Selon René Ndémézoo Obiang, directeur de campagne de Jean Ping, trois représentants de l’opposition au sein de la commission électorale provinciale du Haut-Ogooué auraient été « achetés » pour fermer les yeux sur le décalage existant entre les PV arrivant des départements et ceux finalement annoncés au niveau de la province. L’un d’eux, Fabrice Simba, commissaire provincial pour le compte de l’opposition à la Cénap du Haut-Ogooué, joint au téléphone, affirme avoir « reçu 50 millions de francs CFA [environ 75 000 euros] en échange de notre silence ». « Nous avons partagé cette somme à trois : Marius Mbourou [vice-président de la CEP désigné par l’opposition], Josaphat Azzibrouk et moi ».

Dans une déclaration faite le 30 août devant un huissier de justice, dont nous avons obtenu la copie, Fabrice Simba dit avoir été informé par M. Mbourou que celui-ci « a été approché par monsieur le président de la commission provinciale électorale du Haut-Ogooué, monsieur Nguia François qui lui a dit qu’après les résultats du vote quelqu’un nous remettra une somme de 50 millions de francs CFA ». « Je n’ai pas vu la personne qui nous a remis l’argent », ajoute-t-il. Le procès-verbal de l’huissier évoque « une personne inconnue qui serait de la majorité ». Marius Mbourou se serait évanoui dans la nature et il est difficile de confirmer les accusations portées.

Ce qui semble clair, en revanche, c’est que les PV récupérés par l’opposition contredisent les chiffres de la Cénap, que ce soit au niveau de la participation ou du score des deux candidats.

Convoyage rocambolesque / Le récit du convoyage de ces PV originaux depuis Franceville (chef-lieu du Haut-Ogooué) jusqu’à la capitale (plus de 700 km) est en soi rocambolesque. « Il a fallu faire croire qu’on les acheminait par la route », assure Pascal Oyougou, qui coordonnait la campagne de Jean Ping dans la province. « Lors d’un arrêt, nous avons discrètement échangé des mallettes. Celle qui contenait les PV est finalement partie par avion et se trouve désormais en lieu sûr », affirme-t-il. 

Pascal Oyougou affirme donc détenir les PV de dépouillement de 126 bureaux de vote sur les 297 que compte la province. D’après ces documents, portant sur 24 000 bulletins exprimés, Ali Bongo Ondimba obtiendrait 83 % des voix, 16 % pour son concurrent direct.

Image:.jpg / Un partisan du candidat de l’opposition Jean Ping attend les résultats officiels de la présidentielle gabonaise, le 31 août 2016.

Afficher l'image d'origineSurtout, la lecture de ces PV ferait apparaître plus de 10 000 abstentions, loin des 50 officiellement annoncées. Dans un communiqué publié mardi, la Mission européenne rappelait également que « l’abstention observée dans l’une des quinze commissions électorales locales est à elle seule supérieure à l’abstention déclarée par la Cénap pour l’ensemble de la province. L’intégrité des résultats provisoires dans cette province est par conséquence remise en cause ».

Dans sa requête à la Cour constitutionnelle, l’opposition réitère sa principale revendication : le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote pour le Haut-Ogooué, en présence de représentants de la majorité et de l’opposition « à parité égale », mais aussi d’« experts internationaux ».

Le pouvoir réfute toute malversation. Par la voix de son porte-parole, Alain-Claude Bilie By Nzé, il a annoncé que les avocats d’Ali Bongo Ondimba déposeront, à l’issue de l’examen du dossier de l’opposition par la Cour constitutionnelle, « des demandes reconventionnelles qui apporteront ses propres réponses aux contestations de l’opposition ». Parallèlement, ils déposeront des recours pour des « fraudes » commises, selon eux, par les amis de Jean Ping, dans les provinces de l’Ogooué-Maritime, de l’Estuaire et du Woleu-Ntem.

Christophe Châtelot Libreville, Gabon, envoyé spécial /http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/09/presidentielle-gabonaise-comment-truquer-une-election-pour-75-000-euros_4995385_3212.html

 

Elections au Gabon: communiqué de l’association des juristes africains /Seul le Droit peut garantir la stabilité et la souveraineté des Etats africains.

Dans le contexte conflictuel post-électoral du Gabon la solution qui peut garantir, dans le temps, la stabilité sociale, ne doit pas découler de prises de positions personnelles fondées essentiellement sur des appréciations qui peuvent varier au gré des circonstances.

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Depuis l’annonce de la victoire d’Ali BONGO sur son concurrent Jean PING, le Gabon vit des moments de crise politique considérables mettant toute la communauté gabonaise et internationale en alerte. Au regard de la situation, l’Association des Juristes Africains (AJA), soucieuse de la paix et de la stabilité des pays africains, lance un appel pressant aux acteurs de la vie politique gabonaise pour qu’ils fassent confiance aux institutions républicaines ainsi qu’aux dispositions constitutionnelles et réglementaires prévues pour organiser l’élection présidentielle et en administrer le contentieux.

Le Samedi 27 Août 2016, les résultats des élections présidentielles au Gabon ont proclamé la réélection du président sortant M. Ali BONGO. A la suite de cette proclamation, la société gabonaise (comme l’opinion internationale), est divisée sur la conduite à adopter pour résoudre la crise.

L’Opposition veut le recomptage des voix par bureau de vote, mais en dehors du cadre juridique prévu. Le Pouvoir en place est d’accord pour le recomptage a condition qu il soit, effectué par la Cour Constitutionnelle conformément aux dispositions réglementaires relatives au contentieux électoral. Mais, ceci pose problème à l’Opposition, qui redoute un manque de transparence.

A cet égard, dans un contexte international caractérisé par la régionalisation des solutions à apporter aux conflits dans le cadre des Etats, l’AJA tient à saluer la prise de position du Président en Exercice de l’Union Africaine son excellence Monsieur Idriss DEBY ITNO sur la crise post-électorale au Gabon.

L’AJA lance ainsi un vibrant appel à la communauté gabonaise pour plus de calme et de sérénité et demande en attendant , au Président en Exercice de l’UA d’aider à prendre le plus rapidement possible des dispositions idoines pour que le recomptage des votes puisse se faire avec le maximum de transparence et d’objectivité.

Le Secrétariat International de l’AJA  /http://www.financialafrik.com/2016/09/07/elections-

A lire aussi  / Avion militaire français

Jeudi 8 septembre 2016 -  Si l'ambassade de France au Gabon ne le confirme pas officiellement ce jeudi matin, plusieurs sources concordantes proches de la représentation françaises à Libreville laissent sous entendre qu'un plan d'exfiltration par voie aérienne vers la base militaire française de Côte d'Ivoire aurait été mis en place et proposé à Jean Ping Rechercher Jean Ping et certains de ses très proches collaborateurs.

Au dernier jour de dépôt des recours à la Cour constitutionnelle, prévu pour ce jeudi à 15HTU, le candidat malheureux de la présidentielle du 27 aout 2016 dont on se demande encore s'il en déposera ou non pour contester sa défaite selon les résultats provisoires de la Cenap, nous apprenons que Jean Ping Rechercher Jean Ping pourrait être exfiltré par les services français vers la base ivoirienne de Port Bouet.

Toujours selon nos informations, une fois à sur le sol ivoirien celui qui est suspecté par le pouvoir d'avoir planifier la fabrication de faux PV avec des réseaux notamment d'ivoiriens, pourrait partir pour Paris en France. Reclus dans sa résidence de Libreville,Jean Ping qui devait apparaitre mercredi devant la presse, n'a plus été publiquement vu depuis lundi. (Par /koaci.com)

 A lire aussi / SUR LE MÊME SUJET / Gabon : les leçons du scrutin

La division du parti au pouvoir et les attaques sur l’origine d’Ali Bongo Ondimba auraient pu le mener à la défaite. Elles ont surtout favorisé un retour du vote identitaire.

Un long chemin semé d’embûches / Déterminés à obtenir la disqualification d’Ali Bongo Ondimba par la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) et la Cour constitutionnelle, ses adversaires ne lui ont rien épargné. Sa filiation a été mise en doute, avec la troublante caution d’une partie de sa famille, une procédure a même été engagée devant un tribunal de Nantes, en France, pour déterminer la véracité de son acte de naissance… Ces attaques d’une rare violence verbale ont définitivement été mises en échec après la confirmation de l’authenticité dudit acte et la validation de son dossier par la Cenap.

« Depuis 2013, nous sommes revenus à la politique politicienne », avait reconnu ABO dans une interview à JA. Paradoxalement, l’affaiblissement de l’opposition à la suite des décès de Pierre Mamboudou (2011) et d’André Mba Obame (2015) a créé les conditions d’une crise au sein du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir). Le refus obstiné d’ABO de céder à ceux qui souhaitaient conserver leurs privilèges ont révulsé les anciens apparatchiks. L’un après l’autre, les barons ont démissionné du parti avant de passer à l’opposition : René Ndemezo’o Obiang, Jean-François Ntoutoume Emane, Jean Ping, Guy Nzouba-Ndama, Jacques Adiahénot et Léon-Paul Ngoulakia…

Le livre Nouvelles Affaires africaines, publié en 2014 par Pierre Péan, a remis au goût du jour les cyniques sornettes sur les origines nigérianes d’ABO. Regroupés au sein du courant « Héritage et Modernité », des parlementaires ont déclenché une fronde qui a ébranlé la majorité. Le président n’a pas cédé, les dissidents ont pris la porte. Pendant ce temps, le nom de Bongo est apparu à plusieurs reprises dans la rubrique « Faits divers » de la presse internationale : avion présidentiel et résidence parisienne saisis par des créanciers, directeur de cabinet arrêté par la justice française…

L’opposition issue des rangs du PDG avait fait le pari qu’ABO ne finirait pas son mandat. « Il y aura un coup d’État ou une insurrection », prédisaient les adversaires du chef de l’État en décembre 2014, lors d’un congrès organisé à Paris. Il désignèrent – déjà – Jean Ping pour conduire une éventuelle transition… Mais le temps est passé et rien n’est advenu. En revanche, le désamour des anciens camarades d’Ali est devenu irréversible. La suite est connue. Pour déloger ABO de la présidence, ils désigneront comme « général » Jean Ping, l’ex-compagnon de Pascaline, la sœur du président.

Le PDG : hors jeu ou double jeu ? Où est passé le PDG ? Le parti était quasiment absent de la campagne électorale, son sigle et ses couleurs n’étaient pas visibles. Il est vrai qu’ABO semblait avoir décidé de se faire réélire sur son seul prénom, Ali. Une partie du PDG le lui a fait payer. Double jeu, trahison, argent détourné… Chaque responsable d’arrondissement recevait de 40 millions à 60 millions de F CFA (entre 60 000 et 90 000 euros) destinés notamment à financer des « causeries citoyennes », faciliter le déplacement des militants, prendre en charge les dépenses d’alimentation pendant les meetings et les porte-à-porte. Or « beaucoup n’en ont pas dépensé le tiers », dénonce un conseiller municipal de l’Ogooué-Maritime.

Pas question, en revanche, de mettre la main à la poche pour contribuer à l’effort de campagne. Des barons ont refusé de payer alors que les budgets envoyés de Libreville s’étaient volatilisés. « Certains démissionnaires sont restés dans le parti pour faire perdre leur propre candidat », assure un conseiller d’ABO qui jure avoir vu de ses propres yeux un représentant du PDG inciter des électeurs à voter pour Jean Ping.

Pendant la journée décisive du vote, des rumeurs déstabilisantes pour le camp présidentiel ont annoncé le décès de Maixent Accrombessi, le directeur de cabinet du chef de l’État, hospitalisé au Maroc, et la démission du président de l’Assemblée nationale, Richard Auguste Onouviet. Faux. En revanche, le ministre de la Justice, Séraphin Moundounga, ne s’est pas rendu au conseil des ministres du 1er septembre. Ses camarades du gouvernement n’ont aucune nouvelle de lui.

« Ils ont tenté un coup d’État électoral », dénonce un membre du gouvernement, qui pointe également le silence des « poids lourds » et le peu d’impact de certains membres du gouvernement sur le terrain. ABO a perdu dans le 3e arrondissement de Port-Gentil, circonscription dont sont issus Gabriel Tchango, le ministre de la Pêche, Bernard Apérano, le maire PDG de la ville, et Séraphin Ndaot Rembongo, président d’un parti allié de la majorité. « Ali n’est passé que parce qu’il a réussi à mobiliser les jeunes », conclut notre ministre.

Les chevilles ouvrières de la campagne / Le chef de l’État sortant n’a pas nommé de directeur national de campagne. Ce choix peut expliquer les vides dans la stratégie de communication, les flottements dans la prise de décision… et la virulence de la presse gabonaise, qui couvrait la campagne en bus alors qu’avions et hélicoptères étaient affrétés pour leurs confrères étrangers. Comment soigner ses liens avec les médias de son pays quand les journalistes locaux sont logés dans des bungalows du parc national d’Ivindo alors que des hôtels confortables sont accordés à leurs confrères étrangers qui en formulent la demande ?

Au quotidien, une poignée de personnes ont travaillé à cette élection. Bien que discret, le cabinet d’ABO était en première ligne. Absent pour cause de maladie, le directeur de cabinet, Maixent Accrombessi, a été suppléé par le chef de cabinet, Liban Soleman, qui a notamment assuré la coordination globale et la liaison entre le candidat et les équipes. Pendant l’épreuve de nerfs que furent les opérations de compilation des votes à la Cenap, Alain Claude Bilie Bi Nzé, l’omniprésent porte-parole du candidat, a été solide et rassurant pour son camp.

Le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya, a lui aussi engrangé les bons points, même si on peut regretter que les émeutes qui ont éclaté après la publication des résultats aient abouti à un bilan humain et matériel considérable, alors que ces manifestations étaient prévisibles et pouvaient être mieux encadrées, même si les cènes de guérilla urbaine auxquelles nous avons assisté n’étaient guère aisées à gérer. On peut également s’interroger sur le grand nombre de jeunes électeurs qui n’ont pas été admis à voter parce qu’ils n’avaient pas de carte d’identité.

Baudoiun Mouanda pour JA 

Bon point enfin pour le sang-froid de René Aboghé Ella, le président de la Cenap, qui a subi la pression monumentale pesant sur ses épaules. En revanche, le Premier ministre, Daniel Ona Ondo, n’a pas semblé trouver sa place dans cette campagne.

Un « vote ethnique » déterminant / Selon Serge Mickoto, directeur général du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), « la remise en cause de la filiation du président et la polarisation du débat sur son état civil ont favorisé le retour du vote identitaire ». De fait, ABO a fait carton plein dans le Haut-Ogooué, la province d’origine de sa famille, frôlant les 100 % des suffrages exprimés pour un taux de participation lui aussi très élevé. Il l’a notamment emporté à Moanda, chez Marcel Abéké, ancien patron de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) passé avec armes et bagages à l’opposition, et à Mounana, fief de Zacharie Myboto, le président de l’Union nationale. Le président, qui pourfend le partage géopolitique de la richesse nationale, a donc été réélu sur le fil grâce à l’un de ses avatars, le « vote ethnique ».

Son principal concurrent, Jean Ping, a quant à lui bénéficié du vote massif des Myènè, dont il est issu par le sous-groupe nkomi : il a engrangé les suffrages d’une majorité écrasante de cette communauté dans ses différentes composantes, dont les Orungu de l’Ogooué-Maritime et les Galoa du Moyen-Ogooué. Dans l’Estuaire, les Mpongwé et les Fang, acteurs majeurs en 2009 car leurs candidats représentaient alors la majorité des adversaires d’ABO, ont majoritairement voté Ping, tandis que le vote des « flottants », ces Librevillois issus d’autres ethnies, s’est plutôt porté sur le président sortant, lui permettant ainsi d’améliorer son score d’il y a sept ans.

ABO peut également remercier Guy Nzouba-Ndama, dont le désistement en faveur de Ping n’a pas profité au rival du chef de l’État, le report de voies n’ayant pas eu lieu. En vingt années passées à la tête de l’Assemblée nationale, Nzouba-Ndama est devenu un poids lourd dans l’Ogooué-Lolo. Candidat, il aurait attiré le vote de la communauté nzebi et des peuples assimilés. Dans la province, seuls les électeurs de Koulamoutou ont voté Ping. En revanche, il s’est produit un éparpillement des voix dont l’un des bénéficiaires a été ABO.

Georges Dougueli /http://www.jeuneafrique.com/mag

INVITÉ AFRIQUE / Critiques de l’opposition, violences post-électorales: Ali Bongo répond à RFI

Au Gabon, pour la première fois depuis l’annonce des résultats de la présidentielle et les violences qui ont suivi sa victoire, le président Ali Bongo Ondimba s’exprime. Le chef de l’Etat campe sur ses positions. Alors que l’opposition demande un recomptage des voix devant la Commission électorale, Ali Bongo renvoie tout recours devant la Cour constitutionnelle. Quant aux violences, selon lui, elles ont été téléguidées par l’opposition. Une interview de Sébastien Németh avec Boris Vichith.

RFI : Une délégation de l’Union africaine s’apprête à arriver à Libreville. Qu’attendez-vous de cette visite ?

Ali Bongo : Selon la tradition de l’hospitalité gabonaise, nous allons l’accueillir.

Les violences postélectorales et le litige de la contestation électorale, notamment de l’opposition. Qu’allez-vous dire à cette délégation à ce propos ?

Il faut que l’on comprenne bien qu’à l’heure actuelle, il s’agit de respecter la loi. Certains noms ne peuvent pas prétendre méconnaitre la loi. Etre un bon démocrate, ça veut donc dire respecter les lois de son pays.

Pourtant l’Union européenne, l’ONU, la France, les Etats-Unis demandent à ce qu’il y ait un recomptage bureau de vote par bureau de vote. Vous n’êtes pas prêt à accéder à cette demande ?

Dois-je comprendre qu’on me demande de violer la loi ?

Est-ce que dans un souci de préservation de la paix du pays, ne faut-il pas essayer d’aller au-delà du texte ?

On est en train de me dire qu’il faut que je viole la loi, que l’on prononce les mots clairement. On me demande de violer la loi ? C’est quand même particulier parce que souvent, on fait le reproche aux Africains de ne pas suivre les lois de leur pays. Moi, je ne dicte pas les lois. Je les fais appliquer. Et c’est le rôle de tout gouvernant. C’est au niveau de la Cour constitutionnelle que l’on compte et que l’on fait le recomptage des bureaux de vote, c’est au niveau de la Cour constitutionnelle.

L’opposition dit qu’elle n’a pas confiance en cette institution, qu’elle la juge biaisée, et que les verdicts de la Cour constitutionnelle sont connus d’avance. Qu’est-ce que vous répondez à ça ?

Je réponds que lorsqu’un candidat de l’opposition gagne une élection qui est validée par la Cour constitutionnelle, curieusement cette Cour constitutionnelle ne pose pas de problème. Et pourquoi les résultats donc pourraient être biaisés ? Pourquoi ?

Vous avez emporté dans la province du Haut-Ogooué avec 95% des voix une participation proche des 100%. Beaucoup crient à la fraude. Qu’est-ce que vous répondez à ces accusations ?

C’est étonnant que l’on crie à la fraude les résultats dans le Haut-Ogooué et on n’entend pas crier à la fraude alors que nous venons de présenter un personnage dont la mission était ici d’organiser cette fraude. Je suis étonnée qu’on n’en parle pas…

Vous parlez du hacker ivoirien présumé ?

Pris la main dans le sac. Et c’est curieux qu’on n’en parle pas. En matière de résultats, c’est curieux aussi qu’on ne regarde pas les résultats dans d’autres endroits du territoire où monsieur Ping a fait les 100 %.

Là il ne s’agit que de localités, le Haut-Ogooué est une province très importante, très peuplée ?

Mais il y a plusieurs localités et provinces pour lesquelles il y a des choses à dire. En ce concerne le Haut-Ogooué, nous faisons ce résultat grâce à la compagne honteuse de Monsieur Ping, qui a stigmatisé les populations du Haut-Ogooué, qui nous a insultés et qui a fait en sorte qu’il y ait une réponse massive, une mobilisation sans précédent des populations du Haut-Ogooué. Maintenant, la loi est là. Si Monsieur Ping a un problème, il va à la Cour constitutionnelle.

Depuis longtemps, l’opposition accuse le pouvoir d’utiliser le Haut-Ogooué comme une variable d’ajustement dans les résultats. Est-ce que vous ne pensez pas qu’à l’avenir, les résultats du Haut-Ogooué devraient être publiés en premier, et non pas en dernier ?

C’est extrêmement fâcheux de stigmatiser une province. Ici, dans notre pays, la plupart des hommes politiques, ont un fief dans lequel il y a des résultats importants. Moi, je n’ai pas, en 2009, eu ce même genre de réaction alors qu’on sait très bien, par exemple, certains de mes concurrents en 2009 ont fait des scores étonnants et aussi dans leur province. Je ne m’en suis pas plaint.

Votre adversaire Jean Ping se considère comme président élu. Est-ce que vous n’avez pas l’impression qu’on est dans une impasse là ?

EN VIDÉO LE TÉMOIGNAGE EXCLUSIF SIHIFOWA YEO ACCUSÉ D'ÊTRES UN TRAFIQUANT DE DONNÉES ÉLECTORALES AU GABONNous ne sommes pas dans une impasse lorsque monsieur Ping s’est proclamé président. Il ne l’a fait que sur la base de 30% des résultats. Ensuite, lorsque ce monsieur Yao [N’Cho Yao, expert informatique ivoirien, ndlr] a été arrêté, il n’avait pu étudier que 1 500 PV à peu près. Donc Monsieur Ping n’a jamais été en possession de la globalité des PV sur l’ensemble du territoire. Pourtant il s’est proclamé président.

Néanmoins, les PV sont sur papier. Comment peut-on les hacker, les falsifier par informatique alors qu’ils existent physiquement ?

Les résultats ont été transmis à Monsieur Yao, et à partir de là, il a organisé toutes ces manipulations. C’est même pire, c’est-à-dire que Monsieur Ping n’avait même pas les PV, et pourtant il s’est déclaré vainqueur.

Est-ce qu’un dialogue est possible avec Jean Ping, avec l’opposition ?

Pour l’instant, ce qui est important et ce qui est envisageable, c’est que nous respections tous la loi.

Mais même votre ministre de la Justice Séraphin Moudounga, ex-ministre de la justice qui a démissionné lundi 5 septembre, vous avait recommandé ce décomptage des voix ?

Moi, je ne lui ai pas parlé. Donc il m’a demandé ça quand ?

Ça ne vous gêne pas qu’il ait démissionné ?

Gabon: le ministre de la Justice, Séraphin Moundounga, annonce sa démissionMais il a démissionné pour d’autres raisons qui ont trait à son passé. Et son passé, le rattrape.

Est-ce que vous n’avez pas des craintes qu’une nouvelle vague de violences survienne après le verdict de la Cour constitutionnelle ?

Je voudrais d’abord faire un commentaire. Ce qui est quand même surprenant, c’est que Monsieur Ping s’est déclaré vainqueur et ça n’a donné lieu à aucune scène de liesse et de célébration. Et par contre, quand il est déclaré battu, aussitôt nous voyons des scènes incroyables se produire dans la ville, avec la violence organisée non seulement à Libreville, mais dans d’autres villes du pays.

Vous entendez que c’est un mouvement piloté ?

Mais bien sûr. Je ne le sous-entends pas. C’est prouvé. C’est clair. Quelle est cette réaction spontanée de population qui serait mécontente et qui irait brûler l’Assemblée nationale ? Vouloir s’attaquer à la télévision, attaquer certains édifices. Les magasins, les commerces ont été pillés, cassés. Nous avons arrêté ceux qui l’ont fait. Et qu’on m’explique : quel est le lien entre perdre une élection, protester et aller attaquer une prison pour délivrer les prisonniers, et surtout les prisonniers non pas politiques - il n’y a pas de prisonniers politiques au Gabon -, mais les prisonniers de droit commun, donc les grands criminels que l’on veut relâcher et les mettre dans la nature. Expliquez-moi quel est le lien ?

Donc pour vous, ces séries de violences, de pillages, ce n’est pas un mécontentement politique face aux résultats ?

Pas du tout. Encore une fois, je viens de vous parler des prisons qui ont été attaquées. Presque en simultanée. Vous n’allez pas me dire que ce n’est pas une consigne. Nous sommes là devant des pillages qui ont eu lieu, où on est allé brûler, voler, vandaliser.

Est-ce que vous considérez qu’aujourd’hui le Gabon est toujours une démocratie ?

Mais le Gabon est une démocratie. Je rappelle encore une fois que notre code électoral est l’un des plus sévères, strictes et que notre processus a été connu jusqu’au bout, jusqu’au jour où même nous avons voté dans le calme. Vous l'avez vu. Quand un candidat perd, il a des voix de recours pour contester et il préfère envoyer des personnes aller brûler, mettre en danger, et tirer sur les forces de l’ordre.

Il y a eu également des tirs de la part de ces forces de l’ordre. Est-ce que vous ne trouvez pas que l’action des forces de l’ordre a été trop brutale ?

Je peux vous dire que si l’action des forces de l’ordre avait été brutale, nous n’en serions pas là et que les forces de l’ordre sont à recommander pour le service qu’elles ont accompli. Quand on vous tire dessus, vous vous défendez. Moi, j’ai visité l’hôpital militaire, j’ai vu beaucoup de gendarmes et de policiers blessés, touchés. J’ai vu des gens qui ont été blessés par balles. Alors qu’on ne vienne pas nous dire que c’était des manifestations pacifiques. Est-ce que la contestation politique doit mener à cela ?

Est-ce qu’il n’y a pas un message de votre part pour obtenir un apaisement ?

Mais nous ne faisons que ça. Moi, j’ai fait ces gestes. Ce ne sont pas mes militants qui sont allés dans la rue, ce ne sont pas mes sympathisants qui sont allés dans la rue pour piller et casser. On sait d’où ils viennent, on sait qui en a donné l’ordre. Et encore illustré par le dernier ordre qui demandait à ce que l’on bloque l’économiquement du pays. Est-ce que ça doit nous amener à tout cela ? C’est la question qu’on se pose.

  /  http://www.rfi.fr/emission/20160907-gabon-ali-bongo-critiques-opposition-violences-post-electorales-jean-ping

 

 

Gabon: le ministre de la Justice, Séraphin Moundounga, annonce sa démission

Le ministre de la Justice Séraphin Moudounga a annoncé ce lundi après-midi sa décision de démissionner. Il explique sur RFI vouloir « bénéficier de sa totale liberté ». Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a fait part de sa vive préoccupation quant au sort de « plusieurs de nos compatriotes » dont on est « sans nouvelles ». Du côté du pouvoir, on continue d'accuser Jean Ping d'être mêlé à un complot. Le ministre de l'Intérieur a refait le bilan des violences de la semaine dernière. Enfin, les accusations de fraudes réciproques continuent. Le point sur la situation.

 ■ Le ministre de la Justice du Gabon démissionne

Le deuxième vice-Premier ministre gabonais, Séraphin Moundounga, a annoncé ce lundi qu'il démissionnnait. Il s'agit de la première défection de haut niveau depuis le début des troubles mercredi dernier.

« J'ai redouté que le Gabon puisse basculer dans la violence si les résultats étaient rendus publics sans qu'il ne soit procédé au recomptage des résultats, procès-verbal par procès-verbal de chaque bureau de vote. Ceci n'ayant pas pas eu lieu, le pays a basculé dans la violence et cette violence se poursuit de façon latente jusqu'à ce jour. Donc la paix est gravement menacée dans notre pays, la sécurité est gravement menacée. Il a été répondu que le recomptage n'était pas prévu par la loi électorale gabonaise », a indiqué M. Moudounga à RFI.

Ayant constaté que, du côté du pouvoir, on n'apportait pas de réponse à la préoccupation de la nécessaire garantie de la paix et du nécessaire affermissement de la démocratie, j'ai pris la décision de prendre congé, d'une part, du Parti démocratique gabonais, et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que, grâce à ces deux actes majeurs que je pose, je puisse bénéficier de ma totale liberté.

Séraphin Moundounga 05-09-2016 - Par Sébastien Nemeth

Il dit vouloir « oeuvrer au côté du peuple gabonais à ce que la paix soit garantie dans le pays ». M. Moundounga est l'invité d'Afrique matin ce mardi 6 septembre.

C'est un véritable coup de poignard dans le dos pour Ali Bongo car Séraphin Moundounga était un homme clé de son dispositif. L'un des rares à l'avoir accompagné depuis 2009 et durant tout son septennat. Un homme considéré comme l'un des plus durs du régime et volontiers perçu comme orgueilleux du fait de sa proximité avec le chef de l'Etat. Au point d'être élevé au rang de second vice-Premier ministre lors du dernier remaniement en 2014.

 Voir l'image sur TwitterVoir l'image sur TwitterVoir l'image sur TwitterVoir l'image sur Twitter Suivre  Sébastien Németh @SebastienNemeth #Gabon Exclusif @RFI Lettres de démission du min de la Justice Séraphin Moundounga. Démission du PDG et gouvernement 10:02 - 6 Sept 2016

 Seraphin Moundounga était aussi un vétéran du parti au pouvoir dont il prend également congé. Membre du PDG depuis les années 70, élu député du parti en 1990, il était au bureau politique. Je prends personnellement acte de la décision du camarade Séraphin Moundounga. C'est une décision tout à fait souveraine. Faustin Boukoubi 06-09-2016 - Par Florence Morice

C'était aussi un proche de l'ancien président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama dont il était considéré comme l'un des filleuls politiques. Ses ennuis au gouvernement ont d'ailleurs commencé lorsque ce dernier a démissionné du perchoir en avril dernier pour briguer le fauteuil présidentiel contre Ali Bongo. Au sein du régime, certains s'attendaient à son départ, qui fait les affaires de l'opposition.

■ Le pouvoir gabonais refait le bilan des violences post-électorales

Le pouvoir entend afficher sa fermeté vis-à-vis des fauteurs de troubles. Un nouveau bilan a été communiqué aujourd'hui par le ministère de l'Intérieur : trois morts et 150 blessés (67 membres des forces de l'ordre et 38 civils). L'opposition parle, elle, d'un bilan plus lourd, mais le ministre de l'Intérieur estime que ces victimes supplémentaires présumées sont des morts naturelles ou des gens tués lors de rixes, et non suite à l'intervention des autorités.

Pacôme Moubelet Boubeya, ministre de l'Intérieur 05-09-2016 - Par Sébastien Nemeth

Quant aux personnes arrêtées, accusées d'être des « délinquants » et des « criminels » - il y en aurait 800 à Libreville -, Pacôme Moubelet Boubeya affirme qu'elles seront « sanctionnées avec la plus grande force ». Plusieurs dizaines ont commencé à être auditionnées au palais de justice aujourd'hui alors qu'environ 200 proches totalement désespérés attendaient dehors, ne sachant pas ce qui allait leur arriver.

Aujourd'hui, le ministre a aussi estimé que l'ordre et le calme étaient revenus dans la capitale, que les Gabonais étaient en confiance et que maintenant « la peur » était dans le camp des casseurs. Interrogé sur l'attaque du QG de Jean Ping où se trouvaient des centaines de personnes, M. Moubelet Boubeya a affirmé que des voyous avaient investi les lieux, et que pour lui, les forces de l'ordre se devaient de sécuriser les civils et les partisans de Jean Ping à l'intérieur.

Il reconnaît un assaut à balles réelles de la part des forces de l'ordre, mais selon lui, il s'agissait d'une réponse à des tirs au AK-47 provenant du QG. Il affirme au passage que du matériel a été saisi et que ces preuves seront données en temps voulu à la justice. Ce qui contredirait des témoignages de personnes ayant vécu l'assaut, qui  parlent de tirs durant toute la nuit de la part des forces de l'ordre.

Le ministre de la Communication a renchéri. Alain-Claude Bilie-By-Nze a parlé d'une opération juste des forces de l'ordre qui a permis une accalmie dans la capitale. Il affirme que le bâtiment était en fait le quartier général coordonnant la contestation à Libreville. Pour le ministre donc, l'Etat devait imposer la sécurité.

 ■ Les autorités gabonaises continuent d'accuser Jean Ping d'être mêlé à un complot

Il s'agirait selon elles d'un complot avec des ressortissants ivoiriens pour déstabiliser le processus électoral. Le gouvernement accuse de nouveau Jean Ping d'être un donneur d'ordres et d'avoir même impliqué des hackers ivoiriens.

Le ministre de la Communication parle d'une action destinée à « fabriquer des faux procès-verbaux de bureaux de vote » avec la mise en place d'un système de collectes de données et de falsification des résultats. Rappelons qu'Ali Bongo a été réélu notamment grâce aux voix de la province du Haut-Ogooué où il a obtenu 95% des votes. Depuis, l'opposition crie à la fraude.

Alain-Claude Bilie-By-Nze ajoute qu'un Ivoirien a été arrêté au QG de Jean Ping lors de l'assaut, que de l'équipement informatique a été saisi grâce auquel cet homme « travestissait » les chiffres. Il mêle une autre personne dans ce complot, un chargé de mission à la présidence ivoirienne, tout en affirmant que l'Etat ivoirien lui-même n'était pas en cause. L'opposition répond : Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi reconnaît qu'un Ivoirien a bien été arrêté. Il faisait partie de l'équipe informatique chargée de collecter les résultats dans le pays après le vote. Pour le responsable de la Communication du camp Ping, il s'agit d'accusations ridicules : comment modifier, se demande-t-il, des PV qui sont à la base remplis manuellement ? Selon lui, il s'agit là d'une diversion du pouvoir.

Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, responsable de la Communication du camp Ping 06-09-2016 - Par Sébastien Nemeth

En tout cas, lorsqu'on demande au ministre de la Communication si Jean Ping pouvait être arrêté, M. Bilie-By-Nze répond que ce n'est pas à l'ordre du jour, mais qu'une procédure va être engagée puisque selon lui, l'opposant serait fortement impliqué dans ce qu'il appelle « un complot contre le Gabon ».

■ Le pouvoir crie lui aussi à la fraude, mais contrairement à l'opposition, déposera des recours

Accusé de fraude massive dans le Haut-Ogooué ou Ali Bongo l'emporte officiellement avec 95% des voix pour une participation dépassant les 99%, le camp du président sortant crie également à la fraude. « Nous présenterons des recours qui vont de la question de la fraude observée dans certains bureaux de vote, à la falsification des procès-verbaux jusqu'à l'introduction de matériel illicite au Gabon », explique Alain Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du gouvernement.

En cause notamment, selon les pro-Bongo, l'Ogooué maritime, et la ville de Bitam dans la province du Woleu-Ntem. Sur notre antenne, il y a quelques jours Alain-Claude Bilie-By-Nze parlait de bourrage d'urnes à Bitam où l'on dépassait les 100% en faveur de Jena Ping. Totalement faux, répond le député de Bitam, issu de l'opposition, Patrick Eyogo Edzang : « Il n'y a eu aucun bourrage d'urnes à Bitam. Les résultats sont connus. On a parlé de 104% de score sur Bitam, alors que la réalité est que Jean Ping a eu 69,55% [des voix] pour cette circonscription. Sur le département, Jean Ping a eu 77,64% contre 21,26% pour M. Ali Bongo. »

Les partisans de Jean Ping ne déposeront pas de recours. Leur revendication reste la même : ils exigent la reprise des travaux de la commission électorale pour examiner les résultats du Haut-Ogooué dans le détail.

 ■ Le Quai d'Orsay inquiet pour une dizaine de « compatriotes »

La France est « sans nouvelles de plusieurs de ses compatriotes » après les troubles violents qu'a connus le Gabon, a fait savoir lundi le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, dans un communiqué.

« Des arrestations ont eu lieu ces derniers jours. La France est sans nouvelles de plusieurs de ses compatriotes », a déclaré le ministre, qui exprime « sa vive préoccupation ». Une dizaine de personnes, possédant toutes la double nationalité franco-gabonaise, ne peuvent être localisées, a précisé une source diplomatique à l'AFP.

http://www.rfi.fr/afrique/20160905-gabon-ministre-justice-moudounga-demission-ayrault-france

 

 

 

 

 

Ali Bongo aux opposants: "la démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement /Jean Ping : « Qu’Ali Bongo cesse de tuer le peuple gabonais ! »

[EXCLUSIF] Gabon: comment le camp Ping et l’étranger ont triché pour attribuer leur tricherie au camp Bongo / Ali Bongo aux opposants: "la démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement

Résultat de recherche d'images pour "ali bongo et jean ping"Les violences qui se passent actuellement au Gabon sont le fait exclusif des perdants et des vandales sans foi ni loi. En effet, après avoir noyé les réseaux sociaux de boules puantes, de déclarations mensongères et d’images trucidées, l’opposition gabonaise représentée par M. Jean Ping, sûre de son fait, est tombée de haut après la proclamation des résultats définitifs du scrutin de samedi dernier. Et, comme si c’était une évidence, l’ultime syncrétisme a été de dire que le Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo, était l’endroit de la fraude exacerbée qui a permis à M. Ali Bongo Ondimba, de remporter l’élection. Nous ne reviendrons pas sur les propos xénophobes et les appels à la violence qui ont précédé le scrutin tant, leurs bassesses sont stratosphériques. Concentrons-nous donc sur le Haut-Ogooué, ses électeurs et la bataille des chiffres..

Comment les ennemis de Bongo ont procédé ?

Les partisans, devrais-je dire, les hackers de M. Ping, se sont attachés les services d’une kyrielle de faussaires qui se sont rués sur Wikipédia, l’encyclopédie universelle que chacun peut triturer à sa guise, pensant que ce n’est que dans ce marigot de méconnaissance et de médisance que s’écriraient leurs preuves. Preuves ? Que nenni. Pour sûr, ils seront dégoûtés car ils auront un souvenir impérissable de leur forfaiture. Alors, en sautant tels des morts de faim sur la page du Haut-Ogooué, ils pensaient manipuler le monde entier en modifiant les données puis faire des captures d’écran, ainsi de suite. Les partisans du président élu, n’ont fait que riposter, en permettant à Wikipédia de bloquer la page tout en réinitialisant la vérité.

C’est alors qu’ils ont commencé à noyer les réseaux sociaux de leur daube insipide et malodorante. Franceville, la capitale administrative du Haut-Ogooué devenait une minuscule cité de 50 000 habitants. Or, comme nous le verrons après, ce fut une falsification reprise par des médias dits sérieux, comme la Lettre du Continent de Frédéric Lejeal, qui allait en rajouter une couche en mentant outrageusement à son tour en titrant dans un tweet: « la population du Haut-Ogooué vient subitement de passer de 50 000 à 250 000 habitants sur Wikipédia, après une modification à 11h45 ! » Rien que ça. Est-ce voulu de faire passer Franceville à tout le Haut-Ogooué à qui il attribut 50 000 âmes ? Sans doute.

image: 

Une vérité irréfragable et le déni de la réalité ethnique.

Le ton acrimonieux est la panacée des donneurs de leçons. Les mass-medias, radio, télévision, journaux papiers et même des sites Internet dit « grands » ne cessent de parler de la diffusion de ces fausses images. Wikipedia n’est hélas pas la panacée. Il y a même une crainte, celle de savoir que les Gabonais ne connaissent pas leur pays. Et pourtant, il suffisait d’aller sur…Internet pour comprendre qu’il y avait maldonne quelque part. Les partisans de M. Ping avaient oublié ce détail en se focalisant essentiellement et uniquement sur les réseaux sociaux. Même un site viscéralement anti-Bongo, GabonLibre (voir galerie photo), présentait Franceville, en 2010, comme étant une ville de plus de…100 000 âmes. Le Haut-Ogooué a connu l’accroissement de population le plus fort du pays entre 1993 et 2013, avec une hausse de 104.000 à 250.000 habitants. Les faits sont là et personne ne peut les démentir.

Il y a un détail non négligeable, au demeurant le plus déterminant quand on connaît l’Afrique. De voir les médias français inviter des expatriés habitués à rester cantonnés dans les or des Républiques africaines, et qui ne savent en réalité rien du pays où ils sont accueillis comme des rois,  ni  la géographie ni les statistiques du pays, c’est honteux. Une manière voulue d’infantiliser les Africains. Or, comme tout le monde le sait, le vote est d’abord ethnique en Afrique avant toute autre considération.  Oui, dans le Haut-Ogooué, le président élu pouvait même recueillir 100% des votes. S’il ne l’a pas fait, c’est que la démocratie gabonaise fonctionne. Le reste n’est que verbiage vaseux entre l’insistance du 95% et des déclarations tapageuses pour faire croire qu’il y a tricherie sans connaître les réalités ou faire semblant de méconnaître cette réalité africaine.

La connivence médiatique incestueuse ne peut résister à la vérité. Ce sont bel et bien les partisans de M. Ping et ses soutiens qui ont voulu amoindrir les chiffres pour faire passer la deuxième région la plus peuplée du Gabon en minuscule bourgade. Les falsificateurs, pris la main dans le sac ne pouvaient ensuite effacer les vraies données du Haut-Ogooué sur le site Encyclopaedia Britannica, qui reprend les données de la Direction Générale de la Statistique et des Etudes Economiques du Gabon, datant de…2004, et qui reconnaît comme président…Omar Bongo (clic) car, rien n’a été fait sur le Gabon depuis 2005. M. Ali Bongo Ondimba prépare donc son coup depuis 12 ans. Grotesque, n’est-ce pas ? (cliquez sur l’image pour mieux visionner).

1 de 3  Jusqu’auboutisme et ingérence Aucun leader de l’opposition gabonaise n’a lancé un appel au calme, un arrêt de la violence volontaire contre les Forces de l’ordre. Or, les manifestants n’ont fait qu’agresser ces derniers avec des pierres et des projectiles de tous ordres. Des appels à la violence se poursuivent sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, ceci, bien avant la proclamation des résultats. Étonnant, les rebelles demandent à la « communauté internationale » de les aider. Une belle blague. Les soi-disant leaders de l’opposition, une coalition de grabataires assoiffés de sang frais poursuit dans le déni et le mensonge.

3 morts au Gabon, et l’ONU s’alarme ? Quelle ironie ! Que viennent faire l’ONU et certaines puissances dans ce dossier ? La fameuse « communauté internationale » a-t-elle oublié que ce qu’elle exige aujourd’hui au Gabon, elle l’a refusé hier en Côte d’Ivoire ? C’est quoi ce délire et cette indignation à géométrie variable ? A-t-elle financé cette élection ? Non. Alors, qu’on laisse les Gabonais tranquille, ils n’ont besoin de personne. Combien de personnes sont tuées dans le monde ici ou là, qui crient au secours, et ces mêmes institutions ou Etats ferment les yeux ? Ah, la richesse du sous-sol gabonais (nous y reviendrons dans un autre papier).

Pour finir, voici la galerie de photos qui montre cet appel inconsidéré à la violence. Après, il ne faut pas se plaindre. La force légitime passera. Il est très facile de dire aux autres « ne me brutalisez pas » alors qu’en face, on brutalise. Vous verrez aussi, les faux procès verbaux dont dit avoir l’opposition, avec des traits irréguliers, bref, des faux grossiers, des photocopies contrefaites, pour faire croire qu’on a raison. Même à l’œil nu, c’est visible…

En conclusion, il n’y a qu’en Afrique que les élections tuent. Nous avons donc des faussaires qui veulent faire passer les vainqueurs pour des faussaires. Étrangement, ils sont en majorité invités sur les plateaux télévisés en Occident. Loufoque. Le Haut-Ogooué et ses 71.786 électeurs ont donné à M. Bongo 68 064 voix dans son fief. Fait normal en Afrique. Ce que ces gens semblent oublier ou feignent d’oublier, encore une fois, c’est la force de la dimension ethnique dans chaque élection africaine, ce qui apporte toujours des troubles. Le Gabon ne doit pas céder au chantage de l’extérieur… PS: nous ne connaissons personne dans les cercles du pouvoir gabonais.

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Le président gabonais Ali Bongo a tancé jeudi l'opposition qui conteste sa réélection, jugeant que "la démocratie s'accommod(ait) mal de la prise d'assaut d'un parlement", tandis que son ministre de l'Intérieur annonçait un millier d'interpellations depuis mercredi soir.

"La démocratie s'accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement et de la télévision nationale", a déclaré Ali Bongo Ondimba au palais présidentiel lors d'une allocution à la presse de moins de quatre minutes.

"Les élections ont rendu leur verdict (...) Qui a perdu? Un groupuscule dont le seul projet était de prendre le pouvoir pour se servir du Gabon et non servir le Gabon", a encore accusé le fils et successeur d'Omar Bongo, en visant Jean Ping, son principal rival à la présidentielle, qui durant la campagne est parvenu à rallier d'autres candidats importants de l'opposition.

Le chef d'Etat - dont la réélection a été annoncée mercredi en fin de journée par la commission électorale - a été suivie dans la nuit d'émeutes meurtrières et de pillages à Libreville et dans d'autres villes du pays. Dans la capitale notamment, le parlement a été incendié par des manifestants.

"Sur Libreville, il y a entre 600 et 800 interpellations, et 200 à 300 sur le reste du pays", a déclaré le ministre gabonais de l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, lors d'une brève conférence de presse tenue jeudi à l'issue de l'allocution du président Ali Bongo au palais présidentiel. "Nous déplorons la mort de trois personnes, dont les identités seront données rapidement quand elles seront établies", a ajouté le ministre.

M. Moubelet-Boubeya a également déploré des pillages dans des supermarchés tels que Prix Import, ou encore dans les établissements de la chaîne Ckdo. Il a également fait état d'immeubles saccagés.

Le régime d'Ali Bongo se trouvait jeudi sous la pression de la communauté internationale qui appelle à un arrêt des violences et à un nouveau comptage des votes du scrutin de samedi.

"Nous faisons les élections en fonction de la loi gabonaise. Les pressions internationales doivent tenir compte de la loi gabonaise: ce ne sont pas elles qui vont la changer", a réagi jeudi le porte-parole d'Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-Bye-Nze.

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Jean Ping : « Qu’Ali Bongo cesse de tuer le peuple gabonais ! » En savoir plus sur Samedi 27 août, les Gabonais étaient appelés à élire leur président lors d’un scrutin à un tour. Depuis, tout le pays était suspendu aux résultats, qui ont finalement proclamé vainqueur, mercredi, le président sortant Ali Bongo Ondimba avec 49,8 % contre 48,23 % pour Jean Ping.

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Le soir même, l’élection présidentielle gabonaise a pris un tour dramatique. A Libreville, la capitale, des affrontements ont éclaté entre les habitants et les forces de sécurité, réprimés à coups de lance à eau et de gaz lacrymogènes. Dans la nuit, le quartier général de campagne du candidat de l’opposition Jean Ping (73 ans), qui revendiquait la victoire depuis plusieurs jours, a été pris d’assaut par des bérets verts de la garde républicaine. L’attaque conduite dans le quartier des Charbonnages aurait duré plusieurs heures au milieu de la nuit alors que de nombreux militants s’y trouvaient ainsi que plusieurs responsables politiques. « Ils ont bombardé par hélicoptères, puis ont attaqué au sol », a déclaré Jean Ping qui affirme qu’au moins deux personnes ont été tuées.

Comment allez-vous ? Etes-vous en sécurité ? Jean Ping Personne n’est plus en sécurité au Gabon. Nous avons un tyran qui tire sur sa population comme Al-Assad. Qui peut être en sécurité dans ces conditions ? Personne !

Que savez-vous de l’attaque qui s’est produite dans la nuit de mercredi à jeudi sur le quartier général de l’opposition ? Et quel en est le bilan d’après vos informations ?

Mercredi soir [31 août], nos militants, comme tous les soirs, veillaient à l’extérieur du bâtiment pour protéger des leaders importants qui s’y trouvaient. Parmi eux, il y avait Zacharie Myboto, René Ndemezo’o. Ils pensaient y être plus en sécurité que chez eux, où ils risquaient d’être enlevés. J’allais passer la nuit là-bas mais j’ai préféré regagner un autre endroit. Vers 1 heure du matin, un hélicoptère a bombardé le quartier général. Puis la police, la garde présidentielle et des mercenaires ont attaqué la résidence. Ils ont tout cassé à l’intérieur. Nous avons enregistré deux morts et plusieurs blessés. L’un des morts est toujours dans l’un des bureaux. Nous n’arrivons pas à l’évacuer car la garde présidentielle est toujours là. C’est grave un président qui tire sur son peuple. Nous devrions avoir la même indignation que quand le président Al-Assad bombarde les Syriens.

Est-ce que des leaders de l’opposition ont été arrêtés ? Oui, on me dit qu’ils sont en train d’être déferrés vers la gendarmerie.

Quel message lancez-vous aux Gabonais ? C’est à Ali de lancer un message. C’est lui qui organise la violence et l’instrumentalise. Nous, nous n’avons pas tiré sur la population. Ce sont nos partisans qui sont morts. C’est à lui de régler les problèmes.

Mais est-ce que vous appelez la population à maintenir la mobilisation, à descendre dans la rue au risque de nouvelles violences ? Comment voulez-vous que j’appelle la population à descendre ou non dans la rue ? Nos militants sont muselés, tués. Eux, je les contrôle. Je ne contrôle pas le reste de la population. C’est Ali qui détient la clé. Pas moi.

Quel message lancez-vous à Ali Bongo ? Premièrement, qu’il cesse de tuer le peuple gabonais. C’est lui qui tire, personne d’autre. Nous n’avons pas d’armes. Ensuite, qu’il accepte le verdict des urnes. Il doit accepter le recomptage des voix, bureau par bureau, en présence d’observateurs internationaux. C’est simple.

Des écoutes téléphoniques entre vous et Mamadi Diané, un conseiller du président ivoirien Alassane Ouattara, ont été rendues publiques. Celles-ci laissent penser que vous aviez préparé un plan en amont pour contester les résultats des élections. Le pouvoir gabonais vous accuse de tentative de déstabilisation du pays. Que répondez-vous ?

Vous avez écouté cet enregistrement, non ? Ce monsieur me parle et je réponds seulement « hum, hum, hum ». Qu’est-ce qu’il y a de grave là-dedans ? Et s’il y a une stratégie de contestation préparée en amont, où est le problème ? Nous sommes face à des gens qui trichent en amont. Ils font voter des Congolais, des Sénégalais, des Maliens en amont. Vous voulez que nous n’ayons pas de stratégie pour contrer cette fraude massive ? Nous avons des brigades anti-fraude.

La France et l’Union européenne demandent la publication des résultats de tous les bureaux de vote. Est-ce que cela signifie que les pays occidentaux sont en train de lâcher le pouvoir gabonais ?

Est-ce que vous croyez que les pouvoirs que vous mentionnez doivent continuer à soutenir un tyran qui tire sur sa population ? Et qui ne les écoute pas ? Aujourd’hui, quelles relations entretenez-vous avec les autorités françaises ? Je fais tout pour avoir d’excellentes relations avec les Français de gauche comme de droite.

Quelles sont vos relations avec les chefs d’Etat de la région, le Congolais Denis Sassou-Nguesso, et l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema ? Certains disent qu’ils ont financé votre campagne ? Tout cela, c’est de la spéculation. J’aurai voulu qu’Obiang Nguema me donne un penny. Il ne m’a pas donné un seul penny. S’il me le donnait par hasard, devrais-je le refuser ?

Ali n’a-t-il pas bénéficié des financements d’Obiang Nguema en 2009 ? Il a bénéficié des financements de tous ces chefs d’Etat. Moi non. Pourquoi et comment voulez-vous que Denis Sassou-Nguesso finance ma campagne ? Si vous avez des éléments, donnez-les ! Je sais qu’il a financé la campagne d’Ali à hauteur d’un milliard de francs CFA [1,5 million d’euros]. Il suffit de le leur demander.

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Est-ce que vous craignez que les appels au calme lancés par des chancelleries fassent le jeu du pouvoir ? Elles demandent à ce que la contestation se fasse par voie légale…

Est-ce qu’il y a une légalité au Gabon ? Quelle est la voie légale de la contestation au Gabon ? Nous avons épuisé tout ce qui est légal. Nous avons commencé il y a longtemps par entreprendre une action judiciaire auprès de la Cénap [la commission électorale] et de la Cour constitutionnelle. Nous savions que ces gens étaient à la solde du régime. Nous l’avons quand même fait pour ne pas qu’on nous accuse de ne pas avoir épuisé les voies dites légales.

Lire aussi :   Une élection présidentielle sous haute tension au Gabon

Evidemment, comme à l’accoutumée, ces instances à la solde du régime se sont prononcées en faveur du régime. Puis nous avons lancé des marches pacifiques. Les leaders politiques qui étaient en avant des cortèges ont été gazés, maltraités. Quelle est la légalité dont vous parlez ? Cela signifie que vous n’allez pas faire de recours devant de la Cour constitutionnelle ? C’est ce que nous sommes en train de faire. La Cénap a accepté de publier des résultats bidons préfabriqués par le ministre de l’intérieur. Nous avons protesté, nous avons  demandé qu’on recompte sous la supervision des organisations internationales, bureau par bureau. C’est ça la légalité qui est toujours bafouée.

Coumba Kane

A lire aussi  / Les autorités gabonaises ont annoncé vendredi la libération, réclamée par Paris, d'une vingtaine de leaders de l'opposition et de la société civile. Ils étaient retenus depuis la veille au quartier général de l'opposant Jean Ping, à Libreville. Une vingtaine de leaders de l'opposition et de la société civile gabonaise, retenus depuis jeudi au quartier général de l'opposant Jean Ping à Libreville, "peuvent rentrer" chez eux, a annoncé vendredi 2 septembre à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie By Nze, de passage à Paris. "Le représentant des Nations unies à Libreville, à la demande du président Ali Bongo, s'est rendu au QG de l'opposant Jean Ping pour dire aux personnes qui y étaient bloquées qu'elles peuvent rentrer chez elles", a-t-il déclaré. "On va sortir", a confirmé par téléphone l'une des personnes retenues, Paul-Marie Gondjout, à un journaliste de l'AFP à Libreville.

En début de soirée, la France avait demandé aux autorités gabonaises de rendre leur liberté de mouvement aux responsables de l'opposition présents au quartier général de campagne de Jean Ping, principal opposant au président Ali Bongo, dont la réélection à la tête du pays est contestée.

>> À lire sur France 234 : "Gabon : retour à un calme précaire, plus d'un millier d'interpellations" Dans une déclaration, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, s'était inquiété du "risque humanitaire" menaçant les membres de l'opposition. Le Gabon est toujours sous tension, avec deux civils tués par balles dans la nuit de jeudi à vendredi à Libreville, des troubles et des pénuries de nourriture qui menacent dans tout le pays, alors que le pouvoir refuse tout nouveau décompte des voix après la réélection contestée du président sortant Ali Bongo Ondimba mercredi 31 août.  / Avec AFP

A lire aussi / Présidentielle au Gabon: «Le président, c'est moi», affirme Jean Ping

Ce vendredi 2 septembre au soir, après avoir été retenues pratiquement 48h dans le QG de Jean Ping, 27 personnes proches de l'opposant, dont des personnalités politiques, ont été libérées. A la suite de cette libération, Jean Ping lui-même a fait une allocution à son domicile, entouré de ses alliés. Il dit comprendre les émeutes qui ont suivi l'annonce des résultats.

« Le président, c'est moi », a affirmé vendredi soir l'opposant gabonais Jean Ping, réclamant un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote, lors de sa première déclaration depuis la proclamation de la victoire du président sortant Ali Bongo.

« Le monde entier connaît qui est le président de la République : c'est moi, Jean Ping », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à son domicile de Libreville. « En tant que président élu, je suis naturellement très préoccupé par la situation de notre pays qui évolue vers un chaos généralisé. Aussi j'en appelle à la responsabilité des uns et des autres, afin que le pays retrouve le chemin de l'apaisement », a-t-il dit, avant d'ajouter: « Je sais que l'apaisement ne peut survenir que si la vérité des urnes [...] est rétablie et respectée sur la base du comptage des voix, bureau de vote par bureau de vote tel que nous le souhaitons. »

Recomptage

Il a rappelé qu'il s'agissait d'une exigence formulée par « le Conseil de sécurité de l'ONU, l'Union européenne, l'Union africaine, la France et les Etats-Unis ». Le pouvoir gabonais refuse catégoriquement ce recomptage, invoquant la loi électorale du pays, qui ne prévoit pas cette procédure. Assis en bout de table, dans une allocution très solennelle, Jean Ping s'exprimait face à des partisans et des leaders de l'opposition relâchés peu de temps avant.

Une vingtaine d'entre eux étaient retenus par les forces de l'ordre au quartier général de Jean Ping depuis jeudi matin. Le QG avait alors été pris d'assaut. A l'intérieur de l'immeuble, l'AFP a pu constater des impacts de balles et des traces de sang. Après plus de 36 heures et une intervention de la France, les autorités gabonaises ont finalement autorisé ces leaders de l'opposition - dont un ancien vice-président et deux anciens ministres - à repartir vendredi soir. Ils se sont immédiatement rendus au domicile de Jean Ping. Ce dernier a remercié « solennellement nos amis de toujours à l'extérieur comme à l'intérieur du Gabon pour leur appui au renforcement de la démocratie dans notre pays ». (Avec AFP)Audio/  Le peuple gabonais, fort de son bon droit, voyant sa victoire une fois encore volée, a très fortement manifesté sa légitime colère face à l'imposture renouvelée. http://www.rfi.fr/afrique/20160903-presidentielle-gabon-le-president-est-moi-affirme-jean-ping  03-09-2016 - Par Sébastien Nemeth

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gabon/présidentielle: l'Assemblée nationale incendiée à Libreville par des manifestants /la France demande la publication des résultats de tous les bureaux de vote Discours d’Ali Bongo à la Nation Gabonaise

La France a demandé mercredi la publication des résultats de tous les bureaux de vote du Gabon après l'annonce de la réélection du président Ali Bongo Ondimba, contestée par son rival Jean Ping et qui a déclenché des émeutes à Libreville.

"Les conditions de l’annonce des résultats de l’élection présidentielle au Gabon sont une source de préoccupation. La France réitère son souci de transparence. Nous estimons nécessaire que les résultats de tous les bureaux de vote soient publiés", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault dans un communiqué.

Un peu plus tôt, la chef de la diplomatie de l'UE, Fédérica Mogherini, avait aussi appelé à "publier les résultats par bureau de vote" et non au niveau national.

Des émeutes ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants criant "Ali doit partir" dès l'annonce mercredi de la réélection du président devant l'opposant Jean Ping, qui s'est autoproclamé vainqueur en accusant le pouvoir de fraude.

"La France demande aux acteurs gabonais d’inscrire leur action dans le cadre de la loi et de récuser toute forme d’intimidation ou de confrontation", a insisté Jean-Marc Ayrault.

"La contestation des résultats doit se faire selon les voies juridictionnelles. L’examen des recours devra être impartial et dédié à l’établissement incontestable de la sincérité du scrutin", a souligné le chef de la diplomatie française.

Selon les résultats officiels, le chef de l'Etat sortant a remporté la présidentielle de samedi avec 49,80% des suffrages devant M. Ping (48,23%), ex-cacique du régime du défunt Omar Bongo, père de l'actuel chef de l'Etat.

Il devance ainsi son rival de 5.594 voix, sur un total de 627.805 inscrits. L'opposition conteste ces chiffres et a demandé en vain un comptage des voix bureau de vote par bureau de vote.

AFP 

A lire aussi / Gabon/présidentielle: l’Assemblée nationale incendiée à Libreville par des manifestants

L'Assemblée nationale du Gabon était en flammes mercredi soir à Libreville après avoir été incendiée par des manifestants descendus dans la rue à l'annonce de la réélection du président Ali Bongo Ondimba, selon plusieurs témoins.

"Tout le bâtiment est en train de prendre feu", a indiqué à l'AFP Yannick, un Librevillois présent sur les lieux. Un panache rouge et noir se dégageait dans la nuit au-dessus du palais Léon Mba, selon des journalistes de l'AFP qui se trouvaient à distance.

"Ils sont entrés, ils ont brûlé", selon le même témoin affirmant que les forces de sécurité auraient reculé.

L'Assemblée nationale se trouve sur le prestigieux boulevard Triomphal, qui dessert de grandes institutions (siège de la télévision d'Etat Gabon Télévision, Sénat, Hôtel de Ville, Centre culturel français, ministère du Pétrole, ambassades de Chine, de Russie et du Liban...).

Les forces de sécurité s'étaient déployées à titre préventif dès mardi après-midi aux points stratégiques de la capitale à la veille de la proclamation des résultats officiels provisoires par la commission électorale.

Dès l'annonce de la victoire controversée de M. Bongo face à l'opposant Jean Ping, des troubles ont éclaté sur les grandes artères entre les forces de l'ordre et des opposants criant "Ali doit partir". L'un des axes principaux, le front de mer de Libreville, était coupé aux abords de la présidence, ont constaté des journalistes de l'AFP.

st/mda AFP  A lire aussi  / Discours d’Ali Bongo à la Nation Gabonaise

Mes chers compatriotes, 

Nous vivons un moment important. Nous vivons un moment où le changement est demandé. Nous vivons un moment où nous devons être plus solidaires et plus forts ensemble. 

A l’issue de cette élection présidentielle, une majorité de vos voix se sont portées sur ma candidature. Mais en cette heure, c’est tout le peuple gabonais qui a voté — dans la paix et dans la transparence — que je félicite. Oui, je l’ai bien entendu : le changement est attendu.

Les résultats communiqués par le Ministère de l’Intérieur après délibération de la CENAP me placent en tête de l’élection présidentielle à une très courte majorité. Cette victoire au score serré nous oblige. Tous ! Elle oblige d’abord chacun au respect du verdict des urnes et de nos institutions. Ensuite elle nous oblige aussi à prendre en compte toutes les aspirations de nos concitoyens. Je dis bien « toutes » ! Ces aspirations ne sont pas seulement économiques et sociales. Elles portent aussi sur les questions politiques et institutionnelles. 

Je félicite mes compétiteurs dans cette élection qui fut très disputée, forte et démocratique même si nous pouvons déplorer des dérives multiples pendant et après la campagne et des tentatives de déstabilisation de notre système électoral et démocratique que nous avons pu déjouer en partie. C’est le signe que nos institutions sont fortes, solides et au service de l’intérêt général. Nous resterons vigilants sur ces affaires et nous ferons en sorte que les Gabonais prennent connaissance de toute la vérité dans l’intérêt de tous.

 

 

 

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