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Afrique (201)

Mali: des jihadistes présumés prennent le contrôle d'une ville proche de la Côte d'Ivoire

Mali: des jihadistes présumés prennent le contrôle d'une ville proche de la Côte d'Ivoire Des hommes armés soupçonnés d'être des jihadistes ont pris dimanche le contrôle d'une partie de la ville malienne de Fakola, près de la frontière ivoirienne, a-t-on appris de sources concordantes. Au cours de leur attaque, les assaillants ont mis à sac le principal bâtiment administratif de la ville, située à une vingtaine de kilomètres de la Côte d'Ivoire, ont précisé ces sources. "Les jihadistes ont attaqué ce matin la ville de Fakola. Ils ont fait des dégâts et ils contrôlent actuellement une bonne partie de la ville", a déclaré à l'AFP un élu de cette localité située à 300 km au sud de la capitale Bamako. "Ils sont arrivés très armés. Ils étaient enturbannés. Ils avaient le drapeau noir et scandaient des versets du Coran.

Ils ont d'abord attaqué le camp de la gendarmerie et ensuite le camp militaire", a ajouté la même source. Un véhicule de l'armée a été brûlé par les assaillants qui ont également saccagé le siège de la sous-préfecture, a indiqué à l'AFP un habitant dont les propos ont été confirmés par le sous-préfet. "Ils ont saccagé la sous-préfecture et pris ma moto. J'étais caché, Ils ne m'ont pas vu", a déclaré à l'AFP ce responsable administratif. Un agent du service local des Eaux et forêts, chargé de la protection de l'environnement, a indiqué à l'AFP que "les jihadistes sont actuellement également positionnés dans le camp (des agents) des Eaux et forêts". "Ils contrôlent une bonne partie de Fakola. Ils ne sont pas dans l'autre partie de la ville mais l'armée malienne n'est pas aussi là", a ajouté la même source.

"Ils ont également pris position en face de la frontière ivoirienne. Ils sont vraiment armés. Les populations ont peur. Mais les jihadistes ont dit qu'ils ne (leur) feront rien" et que "leur problème, (c'est) avec les militaires" a déclaré à l'AFP un autre habitant de Fakola. Une source militaire a confirmé l'attaque et annoncé un renfort de l'armée. C'est la deuxième fois en moins d'une vingtaine de jours que cette partie Sud du Mali est touchée par des attaques jihadistes. La ville de Misséni, près des frontières ivoirienne et burkinabè, avait été attaquée le 10 juin par des islamistes qui avaient tué un militaire et en avaient blessé deux autres, selon le ministère malien de la Défense. Les attaques jihadistes étaient jusqu'ici limitées au nord et au centre du pays. Samedi, au nord du Mali, une attaque imputée à des islamistes a fait trois morts parmi les soldats du camp militaire de Nara, près de la frontière mauritanienne.

(AFP 28/06/15)

Bénin : Lionel Zinsou nommé premier ministre

On en sait davantage sur la composition du nouveau et probable dernier gouvernement du Président Boni Yayi.  Le banquier et neveu de l’ancien président Emile Derlin Zinsou,  vient d’être nommé par le président Boni Yayi comme Premier ministre de son nouveau et probable dernier gouvernement.

En voici la composition

- Premier ministre : Lionel Zinsou

- Vice-Premier ministre : François Abiola

- Ministre d’Etat, chargé de l’Economie et des Finances : Komi Koutché

- Ministre d’Etat chargé de l’Enseignement secondaire : Alassane 

Soumanou

- Ministre d’Etat chargé des OMD : Gero Amoussouga

- Ministre de la Défense : Théophile Yarou

- Ministre de l’intérieur : Placide Azandé

- Ministre des Affaires Etrangères : Saliou Akadiri

- Ministre de la Santé : Dossou Togbé

- Ministre de la Fonction Publique et du Travail : Aboubakar Yaya

- Ministre de la Communication : Etienne Kossi

- Ministre de la Culture : Paul Hounkpè

- Ministre de l’Enseignement primaire : Eleonore Yayi

- Ministre de l’Energie : Spero Mensah

- Ministre du Commerce : Ibrahim Kombieni

- Ministre de la Microfinance : Naomi Azaria

- Ministre de la Jeunesse, des Sports et Loisirs : Idrissou Affo

- Ministre de l’Emploi des Jeunes : Nadine Dako

- Ministre des Transports : Gustave Sonon

- Ministre chargé des Relations avec les Institutions : Thomas Yombo

- Ministre de l’Agriculture : Rufin Nassounon

- Ministre de la Justice : Evelyne da Silva

- Ministre de la Famille : Honorine Atikpa

- Ministre de l’Environnement : Théophile Worou

- Ministre de la Décentralisation : Véronique Brun Hachémè

- Ministre de l’Economie Maritime : Patrick Yerima

- Ministre de l’Urbanisme : Noël Fonton

Deux enseignements sont à tirer de la composition de cette nouvelle équipe. C’est d’abord l’entrée en force de Lionel Zinsou au gouvernement. Le banquier d’affaires et PDG du plus grand fonds d’investissement français (PAI Partners) est nommé Premier ministre. Ensuite, il faut retenir la création d’un poste de vice Premier ministre dont hérite l’ancien ministre d’Etat François Abiola. Et la promotion de plusieurs autres ministres importants du gouvernement précédent au rang de ministre d’Etat.

(Avec Ortb)

La gestion des infrastructures d’eau potable en milieu rural au menu d’une rencontre à Bouaké

Un atelier gouvernemental destiné à trouver une stratégie nationale de gestion et de maintenance des infrastructures d’eau potable en milieu rural, s’est ouvert, mardi, à Bouaké (379 km au Nord d’Abidjan), en présence des spécialistes du secteur de l’eau. Des administrateurs et des représentants des collectivités locales des régions du Bélier (Centre, Toumodi), de Gbêkê (Bouaké) et du Hambol (Centre-Nord, Katiola), de l'Iffou (Cetre-Est, Daoukro), du N'zi (Centre, Dimbokro) et du Morounou (Centre-Est, Bongouanou) participent également à ces travaux. A travers cet atelier, le gouvernement ivoirien dans le cadre du Programme hydraulique et assainissement pour le millénaire (PHAM), veut non seulement faire le diagnostic du secteur de l'eau potable dans le pays mais aussi, voir comment transférer à l'avenir la maîtrise d'ouvrage aux collectivités territoriales.

Cette première étape de quatre ateliers régionaux prévus pour sillonner le territoire ivoirien, vise à rassembler les acteurs du secteur afin de discuter des insuffisances et des mesures à mettre en œuvre pour améliorer la situation en matière d'eau potable dans le pays. Financé par l'Union européenne (UE), à hauteur de 25 millions d'euros (16,3 milliards F CFA), le PHAM vise à permettre à la Côte d'Ivoire de réduire de moitié la proportion de personnes qui n'ont pas accès de façon durable à l'eau potable et à l'assainissement. Ce programme, en offrant l'accès à de meilleurs services sociaux de base en matière d'eau et d'assainissement aux populations vivant dans ses zones d'intervention, contribuera ainsi à termes, à la réduction de la pauvreté et à l'amélioration de leur santé. Le PHAM a été officiellement lancé depuis le 13 juin 2013 à Abidjan par la ministre ivoirienne auprès du Premier ministre, chargée de l'économie et des finances, Mme Nialé Kaba accompagnée à cette occasion de son collègue de la Construction, du logement, de l'assainissement et de l'urbanisme, Mamadou Sanogo.

CK/ls/APA

FOFANA Youssouf : Interview / Pour éviter un bain de sang, Blaise COMPAORE a tiré sa révérence en rendant sa démission.

 "Contrairement à ceux qui parlent de chute de Blaise COMPAORE, moi je dirai plus tôt de retrait de Blaise du pouvoir...

Bonjour, Monsieur FOFANA Youssouf. Vous êtes Juriste et Diplomate de formation : Directeur Général  de Synergie Consulting. Spécialiste en Géopolitique et Géostratégie.

Q : Quand on vous rencontre, la première question qui nous vient est de savoir votre opinion sur votre continent l’Afrique.

FOFANA Youssouf :  Sans me dérober, je dirai que, a priori, vu les statistiques sur l'Afrique, ce continent a une croissance très élevée. Qu’est-ce à dire ? En regardant les statistiques, en général, les chiffres de croissance sur l'Afrique sont très prometteurs. Il y a des pays qui envoisinent même aujourd'hui les deux chiffres. En clair, la première perception sur l’Afrique, c’est qu’elle est en train d’amorcer sa croissance économique au plan statistique. En revanche, lorsque l’on y regarde de près, on voit que l’Afrique s’enfonce. D'abord cette croissance n'a aucune repercussion réelle sur le quotidien des populations.Les mêmes problèmes économiques demeurent.Ensuite, Sur le plan politique, l'Afrique se sent très mal. Les dirigeants ne sont plus en phase avec les dirigés.

C'est-à-dire que ceux qui ont en charge la gestion des affaires publiques ne sont plus sur la même longueur d’onde que leurs administrés. Ce qui était une évidence à la veille des indépendances ne l'est plus de nos jours. À l'aube des indépendances, on avait très peu d’élites intellectuelles. On avait une majorité importante de la population qui était non instruite, voire analphabète; une population qui ne comprenait rien de la gestion de la chose étatique. Mieux, qui venait de sortir traumatisée de la gestion coloniale musclée. Cet emprunt colonial pesait encore sur nos populations. Or de nos jours les choses ont évolué. Même si nous n’avons pas encore atteint la vitesse de croisière des pays développés,  bon nombre d’enfants africains savent lire, écrire ou du moins déchiffrer l’information. Du coup, la jeunesse africaine, qui, au demeurant, est plus ou moins formée, est informée sur la situation mondiale. Donc, elle sait faire une saine comparaison entre les pays développés et les pays du continent.

Cela est un facteur d'indocilité supplémentaire. En outre, l’écart d'âge entre les dirigeants et leurs populations est très grand. Ce fossé est un facteur de déséquilibre. Très souvent, ce sont les septuagénaires, les sexagénaires qui sont au pouvoir.  Alors que la majorité de la population a moins de trente ans.Enfin, l’Afrique est très jeune. Cette ambivalence générationnelle fait que l’Afrique tangue.  Donc, pour ma part, je pense qu’il y a une certaine dichotomie entre l’Afrique statistique et l’Afrique réelle.

Q : Cet écart d’âge entre dirigeants et dirigés a-t-il des effets sur la réalité et la gestion des pays africains ?

F Y :  Oui, cette différence a une conséquence importante sur la population. Parce que les visions ne sont pas les mêmes. Les populations jeunes largement désargentées voient de façon un peu malsaine la vie extravagante de leurs dirigeants. Elles se disent qu’elles croupissent dans la misère totale alors que leurs dirigeants roulent carrosse. Malheureusement, les dirigeants n’ont pas cette lecture des choses. Aujourd’hui, beaucoup d’Africains vivent en dessous du seuil de pauvreté, moins d'un dollar par jour alors que les dirigeants ont un train de vie à faire pâlir de jalousie leurs homologues occidentaux. Il y a donc quelque chose qui cloche.Lorsque nous étions à l’époque, il y a plus de deux décennies, jeunes étudiants, nous nous offusquions de ces dérives. Mais rien n’a changé. Croyez moi, les choses vont de mal en pire. Remarquez, lorsque y a une révolte dans ces pays africains, elle prend toujours racine dans la jeunesse. Les jeunes veulent tout changer. Ils veulent le changement pour le changement. Très souvent, si vous  observez ces révoltes, elles passent toujours par des casses. On s'en prend de façon violente aux signes extérieurs de richesse. C'est une manière pour les populations d’extérioriser leur ras-le-bol.

C’est aussi une manière frontale de montrer la volonté de la jeunesse agissante, de changer la donne. Sans partage des richesses dans un pays, on va droit dans le mur. Vous verrez, plus la jeunesse africaine prendra conscience de sa force, plus il y aura de révoltes pour les changements politiques en Afrique et mieux sera la prise de conscience de gouverner d'une autre manière des dirigeants. Partout, que ce soit au nord, à l’Ouest, à l’Est, au sud et au centre de l'Afrique, on assistera à des grognes et des bouleversements. Nous avons vu le printemps arabe, c'est celui de l'Afrique qui s’amorce maintenant. L'année 2015 sera très palpitante pour les dirigeants. Sachez une chose, la jeunesse africaine est en train de prendre conscience. Il faudrait donc une grande réforme de la gestion étatique et qu'elle prenne davantage en compte les besoins des populations surtout sa frange la plus importante et la plus vulnérable, la jeunesse.

Q : En parlant de révolution, on a suivi récemment celle qui a entraîné le départ du président Blaise COMPAORE après 27 ans au pouvoir. Pour vous quelle a été l’erreur de l’ex-président burkinabé ?

F Y :   D’abord, peut-être que je vais vous surprendre. Je dirai que j’ai un grand respect pour le Président Blaise COMPAORE. Contrairement à ce que les gens disent, moi, j’ai un grand respect pour lui. C’est un ami, un grand frère, quelqu’un avec qui j’ai beaucoup échangé. Prenant à contrario  certains observateurs qui tirent à hue et à dia sur lui, moi, je dirai que tout ce que le président Blaise COMPAORE a fait ne peut pas être jeté dans la gadoue. 

Lorsqu'il a accédé à la magistrature suprême de son pays, en 1987, je laisse les historiens apprécier la manière dont il est arrivé au pouvoir, ce n'est pas à moi de la faire, cela incombe aux Burkinabés eux-mêmes et aux historiens de la politique burkinabé,il a apporté une stabilité politique dans son pays. Il y a eu, certes, quelques soubresauts durant sa gestion, mais ils ont été gérés par le président Blaise COMPAORE. 

Souvenez-vous avant son avènement à la magistrature suprême de son pays, le Burkina subissait une inflation de coups d’État. Grâce à sa politique, son pays a renoué avec la stabilité. c’est à son actif. Ensuite, ce pays  pauvre, tant sur le plan des richesses du sous-sol que sur d’autres plans, a amorcé un développement formidable sous sa Présidence. En outre, il a mis en exergue son pays sur le plan international notamment dans la gestion des crises aussi bien dans la sous-région ouest-africaine, que dans le reste de l'Afrique avec une diplomatie très active. D'ailleurs, l'activisme appréciable et apprécié de son dernier ministre des affaires étrangères, Djibril BASSOLE, forçait l'admiration et le respect de bon nombre de chefs d'Etat et d'acteurs politiques nationaux et internationaux.Cela est aussi à son crédit. 

On a beau ne pas aimer le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite. Maintenant, pour revenir à votre question à savoir ce qui n’a pas marché, je pense qu’il y a eu une mauvaise appréciation de l’aspiration du peuple. 

Qu’est-ce que cela veut dire ? 

F Y :   Les dirigeants du pays ont eu une appréciation erronée de l’aspiration du peuple au changement. Il ne faut pas oublier que plus de la moitié de la population burkinabé à moins de vingt-six (26) ans.Sur les 17 millions d'habitant, 70% a moins de 35 ans. c'est dire que le Burkina a une population très jeune. La jeunesse a toujours pour leitmotiv le changement. Comme le disait le président Félix Houphouët-Boigny, lorsque l’on est jeune, on fait la révolution. Mais si on devient vieux et que l’on continue de faire la révolution, c’est que l’on n’a rien compris. Pour ces jeunes Burkinabés, plus de 27 ans  au pouvoir, c'en était trop. 

En dépit du fait que le Président Blaise ait bien travaillé, arrangé son pays sur un certain nombre de plans, les jeunes voulaient tout simplement un changement.Voilà pourquoi ils étaient vent debout contre toute modification de quelque nature que se soit.le dernier forcing de la classe dirigeante a été celui de trop. Pour éviter un bain de sang, il a tiré sa révérence en rendant sa démission.

Contrairement à ceux qui parlent de chute de Blaise COMPAORE, moi je dirai plus tôt de retrait de Blaise du pouvoir. Il pouvait jouer les prolongations en se maintenant au pouvoir avec l'appui de sa garde prétorienne qui lui était encore fidèle et sachez qu'elle est de loin la mieux entraînée et la mieux équipée de l'armée burkinabé. En revanche, il est malheureux que l’on en soit arrivé là. C’est bien beau de le dire après les faits. 

Mais, dans l'effectivité de l'action, je me dis qu'il y a d'autres paramètres qui nous échappent que seul le Président Blaise lui-même saura mieux expliquer. Des interrogations légitimes demeurent. Pourquoi a-t-il voulu changer la constitution? Pourquoi a-t-il a voulu instaurer le Sénat? Et pourquoi a-t-il a voulu apporter un certain nombre de modifications en dépit de toutes les alertes çà et là ? Libre à lui maintenant de répondre à ces questions. Moi, ce que je pense de tout cela, c’est que c’est une sortie malheureuse à mettre sur le compte de l’histoire. Et j’ai hâte de lire les mémoires du Président Blaise pour en savoir davantage. 

Q : Nous allons revenir à la Côte d’Ivoire où le Président Ouattara est en train d'entreprendre de vrais projets de développement. Mais pour vous qu’est-ce qui lui manque pour réussir sa politique?

F Y :    Dans un premier temps, j’aimerais saluer le leadership du Président Ouattara. Il est indéniable que l’homme est un gros travailleur. Il n’est pas donné à tous les chefs d’État de la sous-région, à tous les dirigeants du monde de relever un pays fraîchement sorti d’une crise comme celle qu’a connue la Côte d’Ivoire. Et cela, en l’espace de trois ans. C’est à son actif. C’est la marque des gros travailleurs. Dans un second temps, je dirai que l’homme fait tout pour redorer le blason de la Côte d’Ivoire sur le plan international. C’est à son crédit et cela est indéniable.

Cependant, ce qui me semble un peu gênant dans cette gestion, c’est la distance entre le Président Ouattara et son peuple. On a l’impression que le Président Ouattara est dans une bulle, qu’il n’est pas réellement en contact avec le vrai peuple. Il serait vivement souhaitable qu'on retrouve son engagement d’avant et durant sa campagne. Qu’il rende souvent visite aux simples citoyens. Qu’il partage les soucis de ses concitoyens.

En dépit de son agenda chargé, qu’il organise souvent des dialogues directs avec son peuple comme le faisait feu Félix Houphouët Boigny. Qu’il soit à l’écoute de son peuple. Qu’il tâte le pouls de son peuple. S’il le fait, Ouattara sera un très grand dirigeant africain qui rentrera dans l’histoire. Vous savez, c’est le peuple qui délègue le pouvoir pour le diriger. Lorsque cela est ignoré, il finit par se rappeler frontalement et violemment au détenteur du pouvoir suprême. Je conseille au président Ouattara d’être dans son peuple, à l’écoute de son peuple et pour son peuple même s’il travaille pour ce peuple. 

On ne peut pas diriger un pays lorsque l'on est très loin des aspirations quotidiennes de son peuple. Le Président Houphouët disait: “le capitaine hors de l'eau n'est rien. Moi, en dehors du peuple, je ne suis rien.C'est pourquoi je ne suis dans le peuple et avec le peuple”. Je souhaiterais que le Président Ouattara fasse sienne cette maxime.  

Q : Quelles sont les actions qu’il doit mener pour être en phase avec son peuple? 

F Y :  Je viens de donner quelques pistes. Celle du dialogue direct avec son peuple, des rencontres avec son peuple. C’est bien beau de faire des tournées dans les régions de la Côte d’Ivoire. Vous savez lorsque le Président va dans une région, les rues sont nettoyées, les maisons font peau neuve, la ville se met sous son 31; cela donne l’impression qu’il n’y a plus de problèmes et après c'est la litanie de doléances que l’on égraine sur la place publique. Il faut établir un dialogue direct avec le peuple. Recevoir une frange représentative de la population au palais, l'écouter, intégrer ses doléances dans un plan national. Aussi faudrait-il qu'il descende pendant ses temps libres dans des familles pour voir comment le citoyen lambda vit. Les visites impromptues. Prendre nuitamment une voiture banalisée, c’est le rôle du chef, se promener dans les quartiers et il comprendra beaucoup de choses et pourra toucher du doigt les vraies réalités. Très souvent, nos dirigeants font cette erreur de se barricader par rapport aux réalités de leurs peuples. Quand c’est comme cela les choses deviennent difficiles.

Je pense donc que le Président Ouattara doit établir des canaux de dialogue direct avec son peuple, il comprendra beaucoup de choses et il saura agir en conformité avec les vraies aspirations de son peuple et l’aspiration réelle du moment. Sinon, j’ai bien peur qu’il soit incompris de ses compatriotes.

Q : Le Président Ouattara veut briguer  un second mandat? Pour vous, s’il est réélu, quels ingrédients lui permettront de réussir ce mandat?

F Y :  D’abord, son bilan plaide pour lui. Il est indéniable que le Président, en très peu de temps, a changé la configuration de la Côte d’Ivoire.IL a changé la perception du monde extérieur sur la Côte d’Ivoire. C'est un avantage. C’est un acquis. Mais est-ce que cela suffira-t-il- à sa réélection? La question reste posée. Ensuite, je lui suggère qu’il mette dans sa future politique de gestion, une frange importante de gestion sociale. Qu’il prenne en compte la réduction de la fracture sociale, la réduction de la pauvreté en Côte d’Ivoire, l’aspiration de la population à l'éducation, relever le pouvoir d’achat des ménages, accroître l'aspect sanitaire de la population et donner une prime à la création d’emplois pour la jeunesse. 

Voici quelques piliers essentiels et non exhaustifs qui pourront permettre au Président Ouattara de réussir son second quinquennat. C’est très important. Enfin qu'il en fasse une priorité la prise en charge de la jeunesse et des populations vulnérables, car une jeunesse qui n’a pas d’emploi, une population qui ne mange pas à sa faim, qui n’arrive pas à se soigner, qui n’a pas de pouvoir d’achat, est une bombe à retardement. Il faut l'éviter. La Côte d’Ivoire ne peut se permettre une seconde crise, une seconde révolte.ça sera catastrophique pour elle et pour la sous-région. 

Q : Pour revenir à l’Afrique, nous assistons à un vent de révolte dans plusieurs pays que l’on pouvait appeler “le printemps ouest-africain”. Pour vous, qu’est-ce qui est à la base de ces mouvements révolutionnaires?

F Y :  Je pense que le déclic a commencé au Sénégal, ensuite le Mali puis le Burkina Faso. Vous vous souvenez du mouvement "Y en a marre" au Sénégal, qui a entraîné l’avènement de Macky Sall à la magistrature suprême de son pays. C’est la jeunesse qui a bravé le pouvoir de Wade.la population s’y est engouffrée et l'opposition a surfé sur la vague. Au Mali, nous avons vu presque le même phénomène avec des fortunes diverses, et au Burkina,c'est "le balai citoyen". Tous ces mouvements sont une source d'inspiration pour la jeunesse africaine. Une manière de faire partir la classe dirigeante en fonction et la remplacer par une nouvelle plus proche d'elle. 

En clair, la jeunesse africaine a besoin de nouveaux référents. Elle ressent un grand besoin de changement. Elle a besoin d’une mutation profonde de la société africaine. C’est ce qui la pousse, c'est son moteur et il se trouve qu'elle est la frange la plus importante de la population. Attention donc à elle. Elle est Innocente, manipulable et prête à faire la révolution. Les jeunes regardent les chaînes de télévisions internationales, se renseignent sur internet, communiquent sur les réseaux sociaux... etc. ce qui s’est passé dans le monde arabe les fascine. Il y a une partie de la révolution du monde arabe qui a réussi, notamment en Tunisie avec le départ de Ben Ali et En Egypte avec celui d’Hosni Moubarak. En revanche, la Syrie est un contre-exemple car Bachar El Assad s’accroche toujours au pouvoir. Conséquence, des milliers et des milliers de morts. N’en déplaisent à ceux qui pensent que la révolution arabe piétine, il faut reconnaître qu’elle a eu des effets bénéfiques dans le changement de l’establishment politique arabe. Le monde est devenu un gros village planétaire. 

Ce qui se passe de l’autre côté chez le voisin se sait immédiatement et a une répercussion à court, moyen ou long terme sur leur quotidien. Ils se disent qu’ils peuvent faire la même chose. D'où l'importation de cette révolution à la sauce africaine dans notre sous-région ouest et centre africaine. Ces jeunes veulent faire la même chose. Cela a réussi au Sénégal et au Burkina Faso, elle se prépare en Guinée, au Togo, au Bénin, elle risque de se poursuivre au Cameroun, Congo Brazzaville et la République Démocratique Congo. Tous ces pays que je viens de citer vont connaître à coup sûr, des révolutions. La jeunesse aspire au changement. Donc si les dirigeants ne comprennent pas cela, ils courent à leur perte. La jeunesse bouillonne pour plusieurs raisons. Je ne citerai que deux. Premièrement, la jeunesse manque de moyens. 

Elle ne travaille pas et est désœuvrée. Deuxièmement, elle est mal formée. Une jeunesse qui n’a ni emploi, ni formation ou mal formée et de surcroît désargentée est une bombe à retardement. Il suffit de souffler sur la braise et c’est parti. Par ailleurs lorsque vous parcourez l’Afrique, vous n’entendez que des cris de révolte. Que ce soit au Togo, au Bénin, en Guinée, au Mali et même en Côte d’Ivoire les jeunes veulent faire ce que la jeunesse burkinabé a réussi chez elle. Même si les réalités ne sont pas les mêmes; chacun dans son pays aspire au changement. 

Q : Dans cette aspiration au changement n’oublions pas que l’Afrique a des relations avec ses partenaires internationaux. Pour vous, dans cette spirale de révolution, comment les Africains doivent orienter leurs rapports avec le reste du monde ?

F Y :  Une très bonne question. D’abord, l’Afrique doit regarder dans son partenariat avec le reste du monde, ce qui est nécessaire pour elle, ce qui est exploitable, ce qui sied bien à sa culture et à la bonne marche de sa société. Qu’est-ce à dire? Tout n’est pas importable en Afrique. Il y a des valeurs qui sont antinomiques à la réalité africaine. En revanche, il y a des valeurs qui sont bénéfiques au bon fonctionnement des sociétés africaines. Il faut libéraliser un certain nombre de secteurs vitaux pour l’économie, permettre la création d’entreprises. Il ne faut pas oublier que l’Afrique est le continent où l’initiative d’entreprendre est la plus forte.

Mais elle n'est pas canalisée, elle rencontre beaucoup d'obstacle et elle est soumise à de nombreuses pesanteurs. Le secteur informel est en quantité non négligeable en Afrique. Il suffit de donner à ce secteur les moyens en conformité avec les normes étatiques pour que cela soit créateur d’emplois. Il faut permettre aux banques d’accorder des crédits à  des taux préférentiels. Aussi l’argent coûte-t-il très cher en Afrique. Les monnaies africaines pour ne citer que le cas du CFA sont non compétitives. De sorte que les produits, sur le marché mondial, deviennent de plus en plus chers surtout dans les zones CFA où la monnaie est arrimée à l'Euro. 

Que faut-il faire?

F Y :  Je ne demande pas de faire une seconde dévaluation comme en 1994, qui a été catastrophique. Mais permettre aux produits africains d’être compétitifs en permettant aux différentes monnaies africaines d’être compétitives. Il faut donner les moyens aux Africains de se prendre en charge par une facilitation d'accès aux crédits. Les microcrédits peuvent être une piste non négligeable, mais pas à des taux élevés. Il ne faudrait pas que ce soit des crédits revolving. Cela va booster le secteur informel qui lui permettra de rentrer dans les normes étatiques. Il faut aussi emmener les jeunes africains à prendre l’exemple sur leurs homologues en Occident, c’est à dire se prendre en charge. 

Pour cela, Il faudra que l’État leur donne les moyens de se prendre en charge dans un partenariat gagnant avec l’extérieur. Cela peut booster l’économie des pays africains mais aussi permettre à l’Europe, qui est arrivée à saturation, parce que l’Europe produit plus qu’elle n’en consomme, de chercher de nouveaux marchés émergents.

Et ces marchés émergents, c’est incontestablement en Afrique qu'elle les trouvera. Donc permettre à l’Europe de nous accorder des crédits à taux préférentiels sans oublier le transfert de technologie comme l'ont fait et obtenu les Chinois. Aujourd'hui, la Chine produit ses propres avions, ses propres voitures,ses propres trains ...etc. Il faut permettre à l'Afrique de faire sa révolution tant culturelle qu'industrielle par le transfert des technologies. Cela doit être intégré à tous les contrats signés. Il faut installer des usines en Afrique et leur permettre d'y produire.  

Parce que, nous ne sommes plus au Moyen Âge.  Les produits de cueillette que l'Afrique exporte en Occident nécessitent pour l'avenir des populations leur transformation ou SÉMI TRANSFORMATION sur place. Les produits extractifs comme le pétrole, le gaz, ne sont pas transformés en Afrique. Ils sont transportés en l'état directement en Occident. De sorte que, lorsque le prix des matières premières chute, c’est fatal pour le budget des États. Des coupes sont observées dans les budgets sociaux. Ce qui est dramatique.

C'est ce qui s'est passé pendant les restructurations des années 90 où les institutions de breton Woods imposaient de tailler dans les budgets sociaux. On a vu le désordre que cela a engendré. Des pans de l’économie se sont effondrés. Des enfants sont sortis du système scolaire sans avoir eu de diplôme.  Ces conséquences sont encore visibles. Pour revenir à votre question, dans nos échanges avec le reste du monde, il faut que nous ayons en tête l’intérêt supérieur de l’Afrique dans un partenariat gagnant-gagnant. Les taux d’intérêt doivent être à la portée du budget des États africains sans qu'ils en soient un lourd fardeau. Permettre un transfert de technologie au niveau de l’Afrique et enfin permettre un accord bilatéral entre ces États africains et les Etats Occidentaux dans le cadre d’une formation de la jeunesse africaine qui est de loin la frange la plus importante de la population. C’est en cela que l’Afrique gagnera. Mais si on s’arrête aux partenariats classiques. Je pense que l’Afrique mettra beaucoup temps à se développer. Il faut accroître les partenariats entre pays africains eux-mêmes.

Q : Votre vision du futur de l’Afrique ?

F Y :  Je vais vous surprendre, moi je crois au futur de l'Afrique, n'en déplaisent aux afropessimistes. Il suffit que les Africains croient en eux-mêmes. Personne ne viendra faire le bonheur des Africains sur leur continent à leur place. Il faudrait croire en nos valeurs. Il ne faut pas oublier que l’Afrique, c’est le continent du futur. Tout est à construire et à reconstruire en Afrique. 

Combien y a-t-il d’autoroutes en Afrique? 

Combien y a-t-il de chemin de fer en Afrique? 

Combien y a-t-il de TGV en Afrique? 

Combien y a-t-il d’énergie solaire en Afrique?

Combien y a-t-il d’énergie éolienne en Afrique? 

Combien y a-t-il d’usines de construction d’automobiles, de trains et d'avions en Afrique, de transformation et de production de ciment ? 

Tout est à faire ou à refaire en Afrique. C’est le continent de l’expérimentation, c’est le continent du futur, c’est le continent du développement. Il ne faut pas oublier que la population africaine est en train de croître. Dans peu de temps, nous allons atteindre le quart de la population mondiale. L’Afrique est non seulement un futur vivier de consommation mais aussi de développement. Les Occidentaux ont tout eu. Ils sont arrivés au sommet de leur développement. Ils seront obligés de descendre, car lorsque vous arrivez au sommet, vous êtes obligés de descendre. l’Afrique n’est même pas encore au milieu de sa trajectoire vers son développement. Tout est à reconstruire. Mais cela obéit à une bonne gestion, mieux gérer les deniers de l’état, éviter le gaspillage, gérer les deniers en fonction des besoins des populations. 

Ne pas se lancer dans des infrastructures pompeuses qui ne servent à rien. Ne pas se lancer dans des projets qui ne servent à rien. Et mieux, lorsqu'un projet est réalisé, il faut toujours penser sa maintenance, c'est la grande plaie de l'Afrique. Il a été maintes fois constaté qu'en Afrique, on sublime le beau, mais on élude son entretien. On a les choses clés en main, mais on n’aime pas les entretenir. On ne sait pas comment les maintenir en l'état sur le long terme. Il faut toujours penser à la maintenance de nos infrastructures en Afrique d'où la nécessité de former des cadres en adéquation avec nos besoins.Il en résulte le problème de la réfondation de nos systèmes de formation. 

On a besoin d’ingénieurs agronomes, de financiers, de main-d’œuvre qualifiée. L'Afrique est belle, le soleil est en abondance, elle a un climat idéal, une étendue de terres arables non encore exploitées, mais elle importe encore ses produits alimentaires. Elle a un grand déficit en électricité,en eau courante; elle a une défaillance criarde en voie de communication.Pas assez de routes bitumées ou praticables, pas assez de voies de chemin de fer.Le transport aérien est peu développé.Il est plus facile de relier les capitales africaines aux grandes villes occidentales par voie aérienne que les villes africaine entre elles. Quelle dichotomie? Il faut que cela change.Nous africains en avons les moyens. 

C’est la raison pour laquelle je me dis que le propre développement de l’Afrique reste dans les mains des Africains eux-mêmes. Et je crois en l’avenir de l’Afrique. Il suffit que nous Africains prenions notre avenir en main, que nous sachions ce que nous voulons faire dans vingt, trente ou cinquante ans. À partir du moment où nous déterminerons avec exactitude, ce que nous voulons faire, où nous voulons partir, et l’objectif que nous allons nous assigner, ce sera un grand pas vers l'émergence et le développement de l’Afrique. Je crois au futur de l’Afrique.

Bonne et heureuse année 2015 à vous les journalistes la voix des sans voix, à tous les Africains dans leur ensemble et particulièrement à la jeunesse africaine fer de lance du changement et du futur développement de l'Afrique. 

Je vous remercie. 

Interview  réalisée par  L.W. Francis 

PIERRE NKURUNZIZA et LAURENT GBAGBO: LES MODÈLES DE LA PYROMANIE POLITIQUE EN AFRIQUE NOIRE 1/2 (PAR : ALEXIS DIETH )

Malgré les avancées remarquables réalisées en Afrique noire sur le chapitre crucial de l’alternance du pouvoir comme en témoigne le geste exemplaire de Goodluck Jonathan récemment au Nigeria, le syndrome de la folie du pouvoir, résidu pathologique des dictatures et des autocraties qui s’installèrent durant les trois premières décennies de l’Indépendance, constitue de nos jours la menace la plus sérieuse contre la démocratie en Afrique.

Ce syndrome africain de la folie du pouvoir, source de la pyromanie politique, se décline sous deux formes principales. La première forme est celle d’un chef d’Etat, démocrate autoproclamé, qui refuse le verdict des urnes prononçant sa défaite, décide de se déclarer lui-même vainqueur de l’élection présidentielle et décide de conserver le pouvoir en refusant le principe démocratique de la majorité du vote. La deuxième forme est celle d’un chef d'Etat prétendument démocrate mais encore inspiré par la culture des dictatures et des autocraties du passé, qui décide de s'octroyer contre la constitution ou en la manipulant, un nombre indu et non autorisé de mandats.

 Par : Alexis Dieth Rédacteur en chef : Alexis Dieth http://www.cedea.net

Ces deux impostures procèdent selon une stratégie d’accaparement similaire. Egocentré, le pyromane, shooté à la drogue dure du pouvoir, s'aménage le soutien d'une partie de l'élite politique et d'une importante partie de la haute hiérarchie militaire et sécuritaire du pays moyennant des privilèges et des avantages financiers. Il prend soin d'instrumentaliser et de manipuler les institutions, notamment la cour constitutionnelle, pour légitimer par le droit la perpétration de son imposture. Pour donner à cette imposture une assise sociale, il mobilise son ethnie, sa région, sa confession religieuse et s'appuie sur des milices constituées en grande partie de jeunes de son ethnie, et pour partie de jeunes désœuvrés des villes ou des campagnes, victimes de sa politique de prédation ! L’aménagement d’un vaste réseau de soutiens multisectoriels extérieurs comme l’avait démontré l’expertise de Laurent Gbagbo et de son camp, en ce domaine en 2010, complète la panoplie de cette stratégie de l’imposture.

Adossé sur le soutien de cette base politique, militaire, policière, judiciaire sociale et confessionnelle, sur ces réseaux intérieurs et extérieurs, l'imposteur drogué du pouvoir, le pyromane politique se lance dans l'aventure. Sourd aux appels à la raison après avoir bétonné son poste de combat, il n'hésitera pas à faire couler des flots de sang pour réduire au silence les contestataires, à faire massacrer son peuple pour réaliser ses ambitions de pouvoir absolu, quitte à livrer son pays aux flammes! Dans cette aventure funeste, le pyromane politique peut compter sur le strabisme de la justice internationale de nos jours.

Au terme de cette catastrophe, dont l’initiateur fut clairement identifié, la communauté internationale exigera pourtant que les victimes de l’aventure destructrice du pyromane politique, qui se sont bien souvent trouvées en situation de légitime défense face à son hubris meurtrier et à sa folie destructrice, soient judiciairement jugées et condamnées au même titre que l’aventurier et sa clientèle politique militaire et sécuritaire. Le pyromane politique peut, dans ces conditions, se délecter d'avoir réussi à entrainer ses victimes dans sa chute finale.

Le pyromane politique, l’irresponsable qui n'a pas hésité à sacrifier le destin et le bien-être de son peuple sur l’hôtel sanglant de son hubris personnel, peut finalement se réjouir de voir les victimes de son imposture et de ses agressions judiciairement condamnées. Le déchainement de l’hubris meurtrier du pyromane politique inaugure en effet un cycle mortel de violence et instaure un chaos qui enferme ses victimes dans un piège. Bien souvent contraints de se défendre, en opposant à la force et la brutalité démesurées du pyromane une force équivalente sinon supérieure pour survivre, celles-ci deviennent, malgré elles et à leur corps défendant, des criminels et des assassins. Ainsi, la radicalité du déchainement de violence qui permet d’impliquer les divers protagonistes dans le cycle des meurtres, constitue la garantie qui permettra au pyromane de réclamer le tribunal pour tous au terme de l’échec de son aventure. Pour s’en sortir judiciairement le pyromane politique doit déclencher une violence paroxystique.

C’est l’assurance de son éventuelle impunité qui est toujours négociée sur l’autel de la réconciliation d’une société divisée. La victoire finale du pyromane politique s’accomplit donc étrangement dans l’impunité de tous les crimes commis à la suite de son hubris ou dans la justice impartiale qui punit le délit du pyromane politique en enfermant dans les filets de la justice pénale ceux qui se sont courageusement dressés pour tenter de faire barrage au déchainement meurtrier de son hubris.

Faire porter à égalité, au pyromane politique et à ses victimes, la responsabilité pénale des torts commis constitue assurément en cela un encouragement à la pyromanie politique en Afrique, d'autant plus que l'imposteur peut se consoler dans sa triste fin de voir les victimes de son hubris être trainées devant les tribunaux au même titre que lui! Le rituel de la justice impartiale, qui se construit sur la dénonciation d’une justice des vainqueurs après la défaite militaire des pyromanes politiques, est donc problématique. Ce traitement judiciaire à égalité des criminels politiques de masse déchus et de leurs victimes, est inéquitable.

Dans une Afrique qui doit construire sa démocratie contre des autocrates prêts à tout pour conserver le statu quo de leur position de prébendiers au détriment des peuples et de l‘avenir des pays, l’équité judiciaire appelle une autre approche du jugement pénal des pyromanes politiques. Il est donc à espérer qu'une nouvelle jurisprudence pénale internationale voit le jour pour imputer selon le critère de l’équité, aux pyromanes politiques africains, toute la responsabilité judiciaire des crimes qui procèderont de leur hubris. (A suivre)

 Pierre Nkurunziza versus Laurent Gbagbo : Les mdèles de la pyromanie politique en Afrique Noire. (2ème partie)

La stratégie du pire et le problème de la justice impartiale. Au Burundi s’installe une stratégie du pire, clairement identifiable, qui rappelle furieusement le processus ivoirien d’accaparement du pouvoir en 2010 par l’ex- chef d’Etat Laurent Gbagbo et son équipe. Ce processus brutal, le coup d’Etat constitutionnel ou le hold-up électoral, perpétré par un chef d’Etat pour se maintenir au pouvoir, n’a rien à envier à la brutalité du coup d’Etat militaire. Toujours soutenu par la répression militaire et sécuritaire meurtrière et brutale des mouvements de contestation, ce processus d’accaparement du pouvoir suprême est un analogue politique du coup d’Etat militaire stricto-sensu. Comment réussir alors à prévenir politiquement et judiciairement cette pathologie politique d’un genre nouveau ? Comment rendre impartialement justice après le chaos qui en résulte? Comment mettre fin à l’impunité en Afrique Noire? Après la Côte d’Ivoire en 2010, le Burundi offre matière à réflexion sur ce sujet.

Similaire au cas ivoirien dans ses phases opérationnelles, un terrorisme d’Etat soutenant un coup d’Etat constitutionnel est en cours de perpétration. Joignant le geste à la parole, après s’être préoccupé de manière ubuesque et incongrue du danger régional constitué par les shebabs somaliens, le pyromane politique burundais à sacrifié en holocauste, sur l’autel de ses ambitions de pouvoir, quatre innocentes personnes, premières victimes expiatoires probables d’une longue série. On compte à ce jour une trentaine de morts, effet conjugué de la répression menée par la police aidée des milices du régime. Les premiers crimes, ont été perpétrés selon le modus operandi des shebabs somaliens et selon des critères confessionnels. A la manière des shebabs somaliens, une grenade offensive a été jetée au hasard dans la foule, le vendredi 23 mai dernier, tuant trois personnes. Dans un geste qui ressemble à la fois à une provocation adressée à la minorité musulmane du pays et un appel du pied à la vengeance aux shebabs, un homme politique burundais de confession musulmane a été exécuté le lendemain par un commando de tueurs vêtus, aux dires des témoins, d’uniformes de la police. Le lundi 25 mai, un manifestant a été abattu par la police.

Engagé opiniâtrement dans une stratégie délibérée de diversion opérée pour couvrir son imposture, Pierre Nkurunziza tente d’instrumentaliser le problème du terrorisme islamiste et d’allumer la mèche du conflit confessionnel. Ces crimes et le chaos subséquent qui iront crescendo semblent donc planifiés et mis en œuvre de manière systématique pour atteindre un objectif politique illégal autant qu’illégitime et dangereux. La coordination des séquences et des phases opérationnelles, trahit l’échafaudage d’un dispositif d’imposture politique qui s’adosse à des institutions occasionnellement dévoyées pour contrer le principe démocratique de l’alternance du pouvoir.

Des constantes émergent de l’exemple ivoirien de 2010 et de l’exemple burundais de 2015. Elles attestent la pertinence de cette lecture. En 2010, en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et sa clientèle politique, civile militaire et sécuritaire, soutenus par leurs milices tribales sanglantes et leurs réseaux extérieurs, avaient tenté de dissimuler l’imposture et la dérive criminelle subséquente de leur pouvoir sous les camouflages émotionnels de la défense du Christianisme contre l’Islam et de la lutte anticolonialiste et souverainiste contre une agression de systèmes de pouvoirs étrangers. En 2015, Pierre Nkurunziza et les siens, accompagnés de leur milices, les fameux Imbonerakure, tentent de mobiliser au Burundi le filon confessionnel, d’utiliser la ficelle de la lutte anticolonialiste et souverainiste, (cf Ja 26-05-2015) pour légitimer une imposture politique suivie d’une dérive criminelle. Pour perpétrer leur rapt, les pyromanes politiques africains provoquent et entretiennent, de manière délibérée, les clivages ethniques, instrumentalisent les confessions religieuses, s’emparent des périls de l’époque.

Ils exploitent le passif du colonialisme occidental et les failles et faiblesses du système judiciaire international. Opportunistes et rusés, ils dévoient les institutions de la République pour les utiliser à des fins personnelles tout en s’adossant à la légitimité fonctionnelle de ces institutions. Ils récupèrent à leur propre profit, en vue de servir leurs propres fins privées, la logique de l’enquête judiciaire qui sert à déterminer les responsabilités pénales individuelles sur la base de preuves factuelles, ainsi que la logique de la discussion institutionnelle entre les parties d’un conflit et enfin, celle qui définit le pouvoir légitime d’un Etat comme interlocuteur diplomatique attitré des rencontres internationales fut-il failli.

Dévoyées, les institutions servent ainsi à perpétrer et à renforcer les impostures politiques. Savamment orchestré, ce processus de travestissement du coup d’Etat politique a pu faire diversion en Côte d’Ivoire en 2010. En 2015, ce processus, qui est désormais éventé et identifié en sa spécificité, ne trompe plus personne. Pierre Nkurunziza est clairement reconnu comme un imposteur politique. En Afrique Noire, la pyromanie politique est donc désormais identifiée comme une pathologie politique grave qui menace le processus de démocratisation des Etats. Il importe en conséquence de la combattre avec les arsenaux diplomatiques et judiciaires appropriés. Outre les mesures diplomatiques actuellement en cours pour tenter d’éteindre l’incendie et circonscrire le chaos, la culpabilité politique évidente du pouvoir burundais appelle donc une réponse judiciaire appropriée à l’échelle internationale.

Sous quelle forme combattre alors judiciairement l’impunité pour ne pas donner aux pyromanes politiques l’impression qu’ils se tireront à bon compte en déployant une violence paroxystique, gage de l’amnistie pour tous ou de la sanction pénale indiscriminée de tous, des initiateurs du chaos autant que de ceux qui furent impliqués à leur corps défendant dans le maelstrom des massacres ? Pour conserver sa qualité d’impartialité et être ainsi le socle de la lutte contre l’impunité en Afrique noire, la justice impartiale contre la pyromanie politique doit être équitable. (A suivre) http://www.cedea.net

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UNE EX-MINISTRE RÉVÈLE CE QUE GBAGBO A FAIT POUR PIERRE NKURUNZIZA ET SON PEUPLE GBAGBO NKURUNZIZA

Le président Burundais, dont le peuple s’oppose à sa volonté de briguer un troisième mandat, aurait entretenu de bons rapports avec Laurent Gbagbo avant sa chute en avril 2011. Selon l’ancienne ministre de la solidarité aujourd’hui en exil en France, L’actuel prisonnier de la Haye, sûr de son homologue d’alors, aurait secouru les populations Burundaises, lorsqu’elles ont connu la famine en 2008.

« Lorsque le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) refuse, en 2008, d’inscrire le Burundi au titre des pays devant bénéficier de l’aide alimentaire internationale, alors que le pays était en proie à une famine dévastatrice, c’est Laurent Gbagbo, seul, qui, répondant favorablement à la sollicitation du président Pierre Nkurunziza, et en dépit de la grave crise politique qui minait la Côte d’Ivoire, a volé au secours du peuple frère du Burundi », a révélé ce jeudi Madame Ohouochi Clotilde ,avant d’ajouter . « J’ai eu l’insigne privilège de conduire cette mission humanitaire où 50 tonnes de vivres et de non-vivres ont été acheminées gracieusement à Bujumbura.

» Mais la conceptrice du projet de santé mort-né, l’Assurance Maladie Universelle (AMU), déplore que Pierre Nkurunziza n’est pas eu l’amabilité de soutenir Laurent Gbagbo, quand il était sous le feu de la communauté internationale après les élections de 2010. C’est en cela, qu’elle dit soutenir le peuple Burundais qui est contre le troisième quinquennat de son président. « Le président Nkurunziza qui, à cette époque, présidait la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Est, s’était muré dans un silence affligeant.

Aujourd’hui, comme en 2008, au nom du devoir de solidarité, je voudrais exprimer tout mon soutien au peuple frère du Burundi en lutte pour le respect de sa Constitution, souhaiter un prompt rétablissement aux blessés, apporter ma compassion aux familles des victimes. La Constitution est sacrée, elle est d’essence divine parce qu’émanant du peuple», a conclu Ohouochi Clotilde depuis l’hexagone. Source : Koaci Vous avez aimez cet article ? Commentez et partagez /:http://lemondealenversblog.com

 

Qui dirige vraiment le Cameroun ?

Le président règne de loin et supervise de haut, chargeant une poignée de fidèles d'appliquer - voire de déchiffrer - ses directives. Et depuis trente-trois ans, ça marche. "Paul, sur quel numéro peut-on te joindre au téléphone ?" aurait demandé sur un ton de reproche feu Omar Bongo Ondimba, le défunt président gabonais, à Paul Biya, son insaisissable homologue camerounais.Selon un ancien ministre qui fut témoin de cet aparté, l'intéressé aurait répondu par une pirouette : "Omar, gouverner le Cameroun est si compliqué !" Difficile à joindre, souvent absent des grand-messes diplomatiques, Biya, 82 ans, oblige parfois ses collègues de la sous-région à travailler sans lui. Il en a été ainsi le 5 mai : alors qu'un sommet de la Cemac se tenait à Libreville, il a chargé Philémon Yang, son Premier ministre, de le représenter.

À en croire ses détracteurs, l'attitude distante du président camerounais fait obstacle à la coopération régionale dans la lutte contre Boko Haram, alors que son pays est lui-même en guerre contre ce mouvement jihadiste. >> À lire aussi Terrorisme : Boko Haram menace Paul Biya et le Cameroun dans une vidéo De fait, Biya n'a accepté de rencontrer Goodluck Jonathan, le président nigérian sortant, que dans le cadre multilatéral d'un sommet de chefs d'État convoqué par François Hollande...

Vu de l'intérieur, ses absences et la rareté de sa parole donnent de lui l'image d'un chef qui certes règne, mais gouverne par à-coups. L'inertie semble une fatalité. Les conservatismes bloquent toute réforme audacieuse. L'inertie semble une fatalité. Les conservatismes bloquent toute réforme audacieuse. Les lenteurs administratives plombent le climat des affaires. L'économie ne crée pas assez d'emplois pour intégrer les diplômés au marché du travail. >> À lire aussi : Le Cameroun table sur 6,3% de croissance en 2015 En dépit des procès à grand spectacle, la corruption est devenue endémique.

Et que dire des carences en matière d'infrastructures et d'énergie, ou de l'état des hôpitaux... "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?" Dans son livre, Le Choix de l'action, Marafa Hamidou Yaya, ex-secrétaire général de la présidence aujourd'hui emprisonné, estime que "la tentative de coup d'État de 1984 puis les émeutes de 1991 et de 2008 ont été vécues par le président Biya et son entourage comme une série de profonds traumatismes qui les ont enfermés dans une obsession unique : ne pas s'exposer, préserver le statu quo en ne prenant aucune initiative". Le président peut encore s'investir pleinement dans un dossier, mais seulement s'il l'estime nécessaire. Il en a été ainsi de la libération (dont aucun détail n'a filtré), en avril 2013, de la famille Moulin-Fournier, prise en otage deux mois plus tôt par Boko Haram.

>> À lire aussi : l'armée face à la pieuvre Boko Haram La méthode Biya, nimbée de mystère, tient donc pour une large part à la personnalité de cet homme sans faille psychologique connue, mais "qui dissimule des gouffres intérieurs insondables", comme l'affirme Marafa, qui fut son proche collaborateur pendant deux décennies. Elle tient aussi au régime qu'il a mis en place à partir de 1982 et dont la nature reste "introuvable", selon François Mattei, l'un de ses biographes.

Paré de sa légitimité de politologue et de conseiller spécial du président, Narcisse Mouellé Kombi reconnaît que définir l'ADN de ce régime est un exercice périlleux. Tout au plus suggère-t-il l'existence d'un "présidentialisme décentralisé"...

La réalité est plus prosaïque. Pour éviter de se retrouver en première ligne, le président gouverne, mais en surplomb, dans le souci de préserver son autorité, de sacraliser sa fonction, sans doute avec l'ambition de durer. Il s'appuie sur un appareil d'État centralisé et omniprésent. Aujourd'hui, à Yaoundé, ceux qui ont accès à son bureau - ou aux salons de la première dame - ont le pouvoir.

Mais qui sont ces quelques hommes qui ont pris, par procuration, les commandes de l'avion ?

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Cameroun | Qui dirige vraiment le Cameroun ? | Jeuneafrique.com -

La BAD/Le Président Alassane OUATTARA a affirmé que cette Institution financière panafricaine est le ‘’parfait exemple de l’intégration régionale’’ si chère à tous ;nul ne saurait ‘’contester le bilan positif’’ de la BAD au cours de ces 50...

Le Chef de l’Etat a présidé la cérémonie officielle d’ouverture de la 50ème édition des Assemblées Annuelles de la BAD. Le Président de la République, SEM Alassane OUATTARA, a présidé ce mardi 26 mai 2015, au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, la cérémonie officielle d’ouverture des assises de la 50 ème édition des Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de la 41ème session du Fonds Africain de Développement (FAD). Cette cérémonie a enregistré la présence de plusieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement africains ; des anciens Présidents de la BAD, du personnel de cette Institution et des Experts de la finance internationale ainsi que celle des autorités politiques, administratives et coutumières de la Côte d’Ivoire et des membres du Corps diplomatique. Intervenant à cette occasion, le Chef de l’Etat a indiqué que les présentes Assemblées de la BAD revêtent une ‘’importance particulière’’ parce qu’elles marquent le retour de la Banque à son siège, à Abidjan.

Il a salué ce retour après plus de dix ans d’absence et en a profité pour exprimer sa ‘’gratitude’’ aux autorités de la Tunisie qui ont accueilli l’Institution sur leur sol pendant plus d’une décennie. Après avoir relevé les progrès réalisés par la BAD depuis sa création jusqu’à ce jour, le Président Alassane OUATTARA a affirmé que cette Institution financière panafricaine est le ‘’parfait exemple de l’intégration régionale’’ si chère à tous ; ajoutant que nul ne saurait ‘’contester le bilan positif’’ de la BAD au cours de ces 50 dernières années ainsi que son ‘’leadership’’ sur les questions de développement de notre continent. Notamment en ce qui concerne la lutte contre le chômage, la réduction de la pauvreté et de la dette, l’amélioration des infrastructures, etc. A cet égard, le Président de la République a félicité l’ensemble du personnel de la BAD et rendu un vibrant hommage au Président de la BAD, M. Donald KABERUKA, dont le bilan à la tête de l’Institution, de l’avis du Chef de l’Etat, est ‘’tout simplement impressionnant’’. Il a souligné que la célébration des 50 années de la BAD donne une ‘’opportunité unique’’ de réfléchir et de se projeter 50 ans en avant. C’est pourquoi il s’est réjoui du thème central des présentes assises :’’l’Afrique et le nouveau paysage mondial’’. En outre, le Président Alassane OUATTARA a précisé que l’Afrique regorge de talents, de richesses et de ressources naturelles qui n’attendent qu’à être mis à profit pour ‘’accélérer le développement’’ du continent afin de subvenir aux besoins et aux attentes des populations. Toutefois, il a invité les uns et les autres à ne pas baisser les bras, d’autant que les défis à relever sur le chemin du développement sont encore nombreux. Notamment la menace de la paix et de la sécurité par le terrorisme et l’extrémisme ; l’éradication de la pauvreté. A cela, il faut ajouter, selon lui, la diversification des sources de financement et la planification du développement afin que celui-ci soit ‘’intégré et coordonné’’.

Après avoir indiqué quelques pistes de réflexion, en particulier en ce qui concerne le financement de nos économies, la bonne gouvernance, le partenariat public- privé, le Président de la République a souhaité que le développement de notre continent soit ‘’inclusif’’, et que le défi de l’emploi, en particulier, celui des jeunes, soit relevé. L’adaptation de nos systèmes éducatifs, la maîtrise des NTIC, la lutte contre certains fléaux tels que l’épidémie d’Ebola, le paludisme, la mortalité infantile, le déficit énergétique, etc, sont autant d’autres défis auquel l’Afrique doit faire face, selon le Chef de l’Etat. Pour terminer, le Président de la République a affirmé que la BAD est un ‘’partenaire incontournable’’ en Afrique, car étant l’Institution qui comprend le mieux les aspirations des Africains. La cérémonie d’ouverture a été également marquée par deux autres interventions : celles du Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement, par ailleurs, Président du Conseil des Gouverneurs du Groupe de la BAD, Dr Albert Mabri TOIKEUSSE et du Président de la BAD, M. Donald Kabéruka. Le Ministre Mabri TOIKEUSSE a mis en exergue les efforts faits par le Chef de l’Etat ainsi que le Gouvernement et le peuple ivoiriens pour favoriser le retour de la BAD à son siège statutaire. Il a révélé que cette Institution qui regroupe aujourd’hui 80 pays membres, est forte d’un effectif de 1600 personnes et d’un capital social de 100 milliards de dollars US. Quant au Président Donald KABERUKA, il a traduit la ‘’joie’’ et la ‘’fierté’’ de l’ensemble du personnel de l’institution qu’il dirige de revenir à Abidjan, son ‘’siège historique’’.

Aussi, a –t-il exprimé sa ‘’gratitude’’ au Chef de l’Etat, au Gouvernement et au peuple ivoiriens pour les efforts consentis et l’accueil qui leur a été réservé. Avant de relever les performances réalisées par la BAD durant ces 50 ans d’existence et particulièrement sous sa gouvernance, de 2005 à 2015. Notons que l’un des temps forts de ces Assemblées Annuelles sera l’élection du nouveau Président de l’Institution, le 28 mai prochain, en remplacement de M. Donald KABERUKA.

NOTE D’INFORMATION / N° 830 (Abidjan, le 26 Mai 2015) /Présidence Côte d'Ivoire

Crise au Burundi : Explosion de grenades à Bujumbura / Le chef d'un parti d'opposition assassiné

A Bujumbura au Burundi, la journée de ce vendredi a été particulièrement violente. Pour la première fois depuis le début des manifestations contre le président Nkurunziza , des grenades ont été lancées au milieu de la foule dans la capitale burundaise, faisant au moins trois morts et une vingtaine de blessés.

Par Natacha VESNITCH , Salima BELHAD Burundi:

En marge d'une journée plus apaisée à Bujumbura, la capitale du Burundi, une personnalité de l'opposition burundaise et son garde du corps ont été abattus samedi. Dans une journée paradoxalement calme dans les rues de Bujumbura, Zedi Feruzi, chef du petit parti d'opposition UPD a été tué samedi non loin de son domicile. Son garde du corps a également été abattu dans l'assaut, donc les auteurs n'ont pas été retrouvés. Membre de la minorité musulmane, Feruzi était connu parmi les Burundais. Des voisins évoquent de nombreux coups de feu dans ce quartier de Ngagara, celui-là même où depuis le 25 avril, les manifestations se succèdent contre le président burundais Pierre Nkurunziza. Le peuple s'oppose à ce que ce dernier brigue un troisième mandat à la tête du pays. La journée de vendredi avait été particulièrement violente à Bujumbura, marquée par une manifestation de plusieurs milliers de personnes et de nouveaux affrontements avec les forces de l'ordre. Une attaque à la grenade a fait trois morts en plein centre ville.

par Arnaud Racapé http://www.franceinfo.fr

L’armée nigériane annonce avoir tué des dizaines d’islamistes de Boko Haram

L'armée nigériane a affirmé, samedi, avoir tué des dizaines d'islamistes de Boko Haram, qui ont pris les armes depuis six ans et tués des milliers de personnes, lors d'un raid dans le nord-est du Nigeria. Vingt prisonniers ont également été libérés. L'armée nigériane a annoncé, samedi 23 mai, avoir tué des dizaines d'islamistes du groupe armé Boko Haram et libéré 20 prisonniers des mains des insurgés lors d'une opération dans un fief rebelle, la forêt de Sambisa, dans le nord-est du Nigeria. "Bien que nous ayons été continuellement confrontés à un grand nombre de mines qui jonchent encore la forêt de Sambisa, les soldats sont allés de l'avant (...) pendant que des dizaines de terroristes périssaient dans l'attaque de leurs bases vendredi", indiquait, samedi, un communiqué du ministère de la Défense.

"Un total de 20 femmes et enfants ont été secourus à la fin de l'opération de vendredi", ajoute le communiqué. Un soldat a également été tué et 10 autres ont été blessés dans l'assaut contre les bases rebelles, précise le document. Il n'a pas été possible de vérifier ces déclarations de source indépendante. Plus de 2 000 femmes et filles enlevées Les bilans des combats avec Boko Haram communiqués par le passé par le ministère de la Défense sont régulièrement minorés par rapport aux informations fournies par des témoins. L'insurrection islamiste et sa répression par les forces de l'ordre ont fait plus de 15.000 morts au Nigeria, dont une très grande partie dans le nord-est, depuis 2009. Ces dernières semaines, le Nigeria a enregistré une série de succès contre les insurgés.

Plus de 700 captifs, essentiellement des femmes et des enfants, ont été libérés durant l'opération militaire dans la forêt de Sambisa, que Boko Haram utilise comme base depuis plusieurs années. Selon Amnesty International, les islamistes ont enlevé plus de 2 000 femmes et filles depuis le début de l'année dernière. Beaucoup de ces captives ont été victimes de violences sexuelles. Malgré les succès annoncés, les attaques de Boko Haram ont continué, avec notamment une flambée de violences cette semaine dans l'État d'Adamawa (nord-est), relativement calme depuis plusieurs mois jusque-là. Les experts estiment que même si Boko Haram a été chassé de dizaines de villes et villages qu'il contrôlait, le groupe armé va continuer de mener des attaques de type guérilla, visant particulièrement des civils.

Texte par FRANCE 24 Avec AFP

Qui sont les deux jihadistes abattus par l’armée française au Mali?

Le ministère français de la Défense a annoncé mercredi 20 mai la mort de deux importants chefs jihadistes au nord du Mali. L'opération des forces spéciales a été menée dans la nuit de dimanche à lundi au nord-est de Kidal. Abdelkrim al-Targui était le chef d'une katiba d'Aqmi. Son groupe avait revendiqué l'assassinat de nos confrères Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Le second jihadiste éliminé s’appelait Ibrahim Ag Inawalen. Il s’agissait d’un cadre d'Ansar Dine. Nos précisions sur ces deux personnalités jihadistes. « C'est tout sauf un enfant de cœur », estime un haut gradé français au sujet d'Ibrahim Ag Inawalen, l'un des quatre individus abattus lundi au Mali, dont deux étaient des cadres. Celui que l'on surnommait « Bana » dans les rangs jihadistes serait notamment à l'origine de la lapidation d'un couple à Aguelhok durant l'occupation jihadiste en 2012. Officier de l'armée malienne, il avait déserté en 2006 pour rejoindre le jihad. « Son fief, comme celui d'al-Targui et d'Iyad Ag Ghali, c'est Kidal », indique un militaire français, qui ajoute : « Depuis deux ans et l'élimination de nombreux cadres jihadistes, son rôle a évolué. Pour nous, c'est lui l'adjoint d'Iyad, son messager, c'est lui le numéro 2 d'Ansar Dine. » Ibrahim Ag Inawalen, plutôt de taille moyenne, était donc un homme de confiance d'Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Dine. Il était un maillon capital des relations entre ce dernier et Aqmi.

Lors de la libération des derniers otages d'Arlit en octobre 2013, et celle de Serge Lazarevic en décembre dernier, il était l'intermédiaire du Nigérien Mohamed Akotey. Dernièrement, il aurait aussi obtenu la direction de la police religieuse dans toute la zone. Ce changement de statut a intéressé les services français, qui ont épié ses gestes et déplacements. Est-ce lui qui a conduit l'armée française à Abdelkrim al-Targui ? « Je ne vous dirai pas lequel nous a menés à l'autre », indique une source au sein de l'armée. Al-Targui, un gros poisson « L'autre », c'est Abdelkrim al-Targui. On le reconnaissait par sa haute taille et ses cheveux ébouriffés, ses vêtements de coupe afghane au tissu kaki. Amada Ag Hama, de son vrai nom, était surnommé Abdelkrim al-Targui parce qu’il était Touareg. Malien, originaire de Kidal et âgé d’une quarantaine d’années, il était réputé pour son radicalisme. Pour lui, jihad rimait avec le rapt de ressortissants européens et les assassinats. Sa katiba avait ainsi revendiqué le rapt de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, nos deux envoyés spéciaux enlevés en novembre 2013 puis retrouvés morts juste après non loin de Kidal. Abdelkrim al-Targui n’était pas présent pendant cette opération, mais il aurait piloté certains détails à distance. Lui et les hommes de sa katiba al-Ansar étaient d'ailleurs liés (ou soupçonnés de l'être) à quasiment tous les enlèvements de ressortissants français dans la zone : Michel Germaneau, humanitaire septuagénaire enlevé en 2010 au nord du Niger puis assassiné, mais aussi Serge Lazarevic et Philippe Verdon, enlevés en novembre 2011 - le premier sera libéré, mais le second y restera. Spécialisé dans le rançonnage, il avait été au cœur de la libération des quatre otages d'Arlit. Plus de 20 ans de jihad C'est dans les années 1990 qu'Abdelkrim al-Targui intègre la Dawa, une secte islamiste. On le voit alors prêcher dans une mosquée de la région de Kidal. Il se radicalise très tôt. Peu avant l’an 2000, il fréquente le GSPC algérien, un groupe islamiste qui s’installe dans le nord du Mali et deviendra al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Abdelkrim franchit le pas et il intègre la katiba, c'est-à-dire l’unité combattante d’un autre chef jihadiste, Abou Zeid - qui sera tué en 2013 par les militaires tchadiens et français dans le nord du Mali. Ce dernier le met tout de suite à la tête d’un petit groupe de combattants, une troupe d’élite. Al-Targui recrute alors des Maliens et tisse sa toile.

En 2003, il est aux côtés des jihadistes algériens pour négocier la libération d’otages européens. Il s’oppose à la présence de l’armée malienne dans le nord et c’est ainsi qu’il met fin, brutalement, à la construction d’un camp militaire en 2011. Il intègre les rangs d’Aqmi dès 2010, introduit dans le milieu par son oncle, Iyad Ag Ghali. Quand la crise éclate dans le nord en 2012, avec la création du groupe Ansar Dine, son chef Iyad Ag Ghali décide d’y intégrer en priorité les islamistes maliens qui étaient dans les autres katiba. Abdelkrim est le premier à répondre présent. Un coup dur pour Aqmi La mort de ces deux chefs jihadistes ne permettra pas d’en savoir beaucoup plus sur les circonstances de l’assassinat de Claude Verlon et Ghislaine Dupont. Abdelkrim al-Targui ne parlera plus, et les membres du commando responsable du rapt, dont certains ont été identifiés, n’ont toujours pas été retrouvés. Mais la mort de ces deux chefs jihadistes est un coup dur pour Aqmi et pour les autres groupes jihadistes toujours présents dans le nord du Mali. Depuis août 2014, selon la force militaire française Barkhane, les opérations antiterroristes françaises ont permis de tuer ou d’arrêter une centaine de combattants, de découvrir une soixantaine de caches d’armes et de détruire plusieurs dizaines de tonnes de munitions et d’armement. Il n'en demeure pas moins que les grands chefs que sont Iyad Ag Ghali et Mokhtar Belmokhtar courent toujours.

Par RFI

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