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Adama Diomande

Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

URL du site internet: http://www.addl-association.info

Alassane D. Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, a salué le mardi 12 mars 2019 « la mémoire de Bernard Dadié, grand écrivain et père de la littérature ivoirienne »

 Ah ! si Bernard Dadié avait tapé dans un ballon plutôt que d’écrire des pièces de théâtre par Jean-Pierre Béjot, fondateur de La Dépêche Diplomatique

Je m’attendais à un raz de marée. Ce n’est pas tous les jours que meure une personnalité africaine plus que centenaire, appartenant à une famille qui a largement marqué de son empreinte l’histoire de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique de l’Ouest. Une personnalité africaine qui a été le témoin des bouleversements du XXè mais aussi d’un XXIè siècle déjà bien entamé et qui a témoigné de ces bouleversements dans des pièces de théâtre, des romans, des essais, des articles… Une personnalité qui, du fait de son engagement politique, a eu à subir l’emprisonnement sous la colonisation mais aussi l’ostracisme au temps de l’indépendance. Jusqu’à aujourd’hui. Bernard Dadié est mort le samedi 9 mars 2019. Il avait fêté son 103è anniversaire le 10 janvier précédent. Il était présenté depuis bien des décennies comme « un des pères fondateurs de la littérature ivoirienne ». Mais si la presse africaine s’est faite l’écho de sa mort, elle n’a pas été au-delà de l’information. Et les hommages ont été, sur le continent, bien timides tandis que les médias de l’ex-puissance coloniale ont reconnu que Dadié avait su lier étroitement tout au long de son existence, comme l’a écrit l’universitaire NicoleVincileoni, « vie, action, écriture ». Ah ! si Dadié avait été footballeur plutôt qu’auteur, l’Afrique, sans doute, en aurait plus appris sur lui, sa vie et son « œuvre ». 

Alassane D. Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, a salué le mardi 12 mars 2019 « la mémoire de Bernard Dadié, grand écrivain et père de la littérature ivoirienne » soulignant que « son œuvre riche et variée [est] enseignée dans les écoles et universités à travers le monde ». Service minimum. Henri Konan Bédié, président de la République de Côte d’Ivoire de 1993 à 1999 et qui a été le compagnon de Dadié au sein des gouvernements de Félix Houphouët-Boigny, a souligné qu’il avait été un « homme politique » et même un « homme d’Etat, ministre de la République et combattant de la liberté et de l’émancipation des peuples noirs ». Propos guère plus chaleureux que ceux de Ouattara ! Il n’est que Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire de 2000 à 2010, pour avoir insisté sur l’engagement politique de Dadié. « A titre personnel, a-t-il écrit dans son hommage, je te sais infiniment gré de l’amitié dont tu m’as honoré et qui s’est exprimée par ton soutien à mon endroit quand, à peine parvenu au pouvoir, après des décennies de lutte pacifique, des forces réactionnaires et violentes se sont liguées contre moi et mon gouvernement pour barrer notre chemin vers la liberté de nos peuples. En effet, il ne t’a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre que lesdistes forces sont les mêmes que toi et tous nos illustres devanciers, aviez combattues naguère ».

Respect et dignité pour l’Afrique 

Le tutoiement de l’un, la distanciation des autres. C’est chez Christine Binlin-Dadié, la fille de Bernard Dadié, qu’il faut chercher l’explication à ce comportement. Son père, disait-elle en 2018, a mené le combat pour « la souveraineté de la Côte d’Ivoire, le respect et la dignité de l’Afrique », quand le régime en place actuellement à Abidjan est celui des « descendants des colons » avec « la France au devant de tout cela ». Un combat dans lequel s’est engagé Bernard Dadié très tôt. Et qui lui vaudra d’être arrêté et emprisonné pendant un an à la suite des manifestations du 6 février 1949. Ce jour-là, Dadié fait partie du groupe des « Huit », les victimes du « péchoutage » (du nom du gouverneur de l’époque, Laurent Elisée Péchoux qui, en 1948, avait pris la suite de André Latrille jugé trop conciliant à l’égard du RDA). Dadié, sous le blaze de Mourou Ben Daouda, incarcéré à la prison de Grand-Bassam, écrira des vers restés célèbres : « Nous vivrons parce que toujours sur la brèche. Nous nous battrons pour la paix. Nous nous battrons pour la liberté. Nous saisirons les bellicistes au collet. Et sur leurs méfaits ferons le jour, un jour cru ». 

Le mouvement insurrectionnel qui va enflammer la colonie de Côte d’Ivoire en 1949-1950 (Laurent Gbagbo évoquera une « deuxième pacification » après celle menée par le gouverneur Gabriel Angoulvant en 1910) va être marqué par la Grande Marche sur la prison de Grand-Bassam organisée par les femmes ivoiriennes le 24 décembre 1949 et le boycott du commerce français. Bouaflé, Dimbokro, Séguéla vont se soulever. Félix Houphouët-Boigny sera dans le collimateur de l’administration coloniale, sauvé par la mobilisation des Ivoiriens qui convergeront alors vers Yamoussoukro (c’est lors de ces événements que le sénateur Biaka Boda sera enlevé, torturé et décapité par des gendarmes non loin de Bouaflé). L’année 1950 s’achèvera sur un bilan officiel de plus de cinquante morts, des centaines de blessés et 5.000 détenus. 

L’histoire de Dadié est celle-là, celle de ce combat pour « la souveraineté de la Côte d’Ivoire, le respect et la dignité de l’Afrique ». Il y a quelques jours, à l’occasion des cérémonies célébrant le centenaire de la Haute-Volta, le président du Burkina Faso, Roch Kaboré, a affirmé : « Il n’y a pas d’avenir pour un pays si cet avenir n’est fondé sur l’histoire et les leçons que nous devons tirer de cette histoire ». Que le pays qui a vu naître (et combattre) le professeur Joseph Ki-Zerbo, un des plus prestigieux des historiens africains, soit dans cette démarche ne saurait étonner. Que la Côte d’Ivoire, qui a eu pour président un historien non négligeable en la personne de Gbagbo, préfère le ressentiment à la vérité historique ne peut que désoler ceux qui se refusent à penser que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

Dadié a été, pendant dix ans (1977-1986), ministre de la Culture de Houphouët. Sans jamais être, dira-t-il, ni houphouëtiste ni anti-houphouëtiste « mais RDA ». Et quand la Côte d’Ivoire va basculer dans la crise, il présidera le Congrès national de résistance pour la démocratie (CNRD) dont la secrétaire générale n’était autre que Simone Gbagbo. C’est pourquoi, sans doute, quand Rosalie Binlin-Dadié Koutoua, l’épouse de Bernard Dadié et sa compagne dans le combat pour une indépendance totale de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, est morte en janvier 2018 ceux qui sont au pouvoir à Abidjan ont laissé penser qu’ils n’entendaient pas participer à ce deuil. Ce qui n’avait pas été le cas, quelques mois auparavant, en septembre 2017, quand est morte Hortense Aka-Anghui, la sœur de Bernard Dadié et l’épouse de Joseph Aka-Anghui, une figure majeure du PDCI tandis que son mari a été un des chefs d’entreprises emblématiques de la Côte d’Ivoire de Houphouët. Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, Daniel Kablan Duncan, Amadou Gon Coulibaly, Guillaume Kigbafori Soro, Henriette Dagri Diabaté, etc. étaient en tête des personnalités citées dans l’avis de décès. 

Formaté par Maran et McKay 

Nul ne peut oublier cependant que, étant né en 1916, Dadié, dès lors qu’il se consacrera à l’écriture, aura été un des pionniers de l’Afrique francophone en la matière. Il le doit à Charles Béart et à son épouse, un couple de Français « pédago ». Lui est normalien (ce qui, à cette époque, signifiait quelque chose) et a combattu pendant la Grande Guerre dans l’aviation. Au début des années 30, il va diriger l’Ecole primaire supérieure (EPS) de Bingerville avant de s’installer au Sénégal où il sera le directeur de la prestigieuse école William Ponty, à Gorée. Fou de théâtre – il va faire construire le premier théâtre à l’italienne d’Afrique « noire » francophone – il va rapidement percevoir les potentialités de Dadié (élève de « Ponty ») et s’efforcer de les promouvoir. Le monde « noir » est alors en pleine effervescence. Un Français d’origine guyanaise, René Maran, a décroché en 1921 le Goncourt pour son livre « Batouala, véritable roman nègre » qui fera de lui le premier prix Goncourt « noir ». Batouala, que Béart fera lire à Dadié, était considéré comme la « dénonciation des méfaits de la colonisation » ; sa publication signifiera d’ailleurs la fin de la carrière administrative de Maran dans les colonies françaises. Dix ans plus tard, en 1931, se tiendra à Vincennes, L’Exposition coloniale qui, en s’efforçant de faire la propagande de « l’œuvre coloniale française », ne manquera pas de placer sous les projecteurs celles et ceux qui, appartenant à la diaspora africaine dans le monde, avaient lancé La Revue du Monde noir ici, Harlem Renaissance ailleurs. Le « nègre » est alors, nécessairement « Américain » ; et s’il n’est pas « Américain » c’est qu’il est « Antillais ». Et s’il n’est pas « Antillais », c’est qu’il est « Sénégalais » quelle que soit sa terre d’origine. C’est le temps du « Nouveau Noir » qui entend marquer la fin du temps du « bon Nè-Nègre ». Dadié va découvrir cet univers en Noirs et Blancs dans « Banjo », écrit en 1928 par Claude McKay, un romancier jamaïcain. « Banjo » se passe à Marseille, une ville plurielle à l’histoire singulière où, au sein de La Fosse, le Quartier Réservé, cohabitent Noirs américains, Sénégalais, Martiniquais. Ray, un Noir américain personnage clé de « Banjo », dit : « Vous, les Noirs instruits, vous êtes perdus et vous ne pourrez vous retrouver que dans les racines de votre peuple. Vous ne pouvez pas prendre pour modèles les jeunes Blancs, instruits et arrogants, dans une société qui établit sa prospérité sur la conquête impériale. Ces jeunes Blancs si dorlotés peuvent se permettre de mépriser les brutes de leur race qui s’échinent au bas de l’échelle sociale ».

Difficile de ne pas penser à Dadié quand on lit ces lignes, un Dadié qui, né dans une famille d’Africains « assimilés » (son père, Gabriel Dadié, a été le premier citoyen français d’origine ivoirienne, un proche de Félix Houphouët avec lequel il fondera le Syndicat agricole africain/SAA), basculera tout naturellement du côté de Gbagbo plutôt que de celui de Bédié et de Ouattara. « Dès le début, et avec constance, il a opté pour l’émancipation totale dans et par l’indépendance » a écrit Nicole Vincileoni qui, au-delà de l’œuvre théâtrale et littéraire de Dadié, a eu accès à ses écrits journalistes dans La Communauté, Le Réveil, Le Démocrate d’Abidjan… mais aussi à ses textes publiés par Présence africaine. 

On peut ne pas apprécier l’engagement politique de Dadié auprès de Gbagbo (tout en saluant les fondamentaux politiques et sociaux qui l’ont conduit à ce choix), on peut penser que son œuvre théâtrale et littéraire est trop souvent empreinte de sentiments humanistes qui parfois confinent à la morale « révolutionnaire », on ne peut nier que Dadié est, par sa vie et son œuvre, une personnalité qui, au-delà de la Côte d’Ivoire, au-delà de l’Afrique, aura été le témoin de son siècle. Et qu’il convient de ne pas oublier !

Par : Jean-Pierre Béjot La Ferme de Malassis (France) 17 mars 2019

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Côte d'Ivoire / Privatisation des CHU ? Non !!! Il s'agit d'un changement de statut conférant désormais une obligation de résultats aux dirigeants.

Lu sur le mur Facebook d’Yves Roger Claver / Moi-même je n'aime pas Ouattara. Mais quand il y'a la vérité, il faut s'y faire... 

Jusqu'ici les CHU étaient inscrits dans les registres des centres hospitaliers universitaires avec une vocation purement administrative placés sous la tutelle directe du ministre en charge de la santé. Les dirigeants des CHU géraient ces centres sans véritables objectifs, se contentant juste de gérer le budget de l'établissement sans réelle politique de gestion. Comprenez qu'avec le changement de statut, les CHU ne seront plus administrés mais gérer au sens propre du terme. C'est dire qu'on quitte l'hôpital-administration pour être des hôpitaux-entreprises...c'est d'ailleurs la nouvelle norme internationale : on parle désormais de management hospitalier là où l'on parlait d'administration hospitalière. Ça change tout et c'est même une obligation avant la mise en pratique de l'assurance maladie universelle. Moi-même je n'aime pas Ouattara. Mais quand il y'a la vérité, il faut s'y faire...

Lu sur le mur Facebook d’ Yves Roger Claver  / Je vous le dis. Ne vous fiez pas aux informations malsaines et erronées des propagandistes de la toile. Les CHU ne sont pas privatisés et ne le seront pas (même pas partiellement). En réalité, il n'en est rien. Nos CHU changent de statut, passant de centres hospitaliers universitaires à celui d'hôpitaux publics avec un modèle de gestion calqué sur le privé. En agissant ainsi, l'État se désengage des dépenses de fonctionnement (budget) de ces hôpitaux puisque l'assurance maladie universelle prend la relève.

Les directeurs ne seront plus nommés mais choisis par appel à candidature avec une obligation de résultats vu que les hôpitaux auront un statut à part leur conférant des bénéfices à réalisés. 

Voyez-vous, notre compatriote Tidjane Thiam a été directeur du géant britannique de l'assurance "Prudential" en étant ivoirien, alors que Prudential est la maison d'assurance des anglais, à l'image de notre AMU. C'est le même principe que le gouvernement ivoirien vient d'adopter en côte d'Ivoire. Plus question de s'ingérer directement dans le fonctionnement des hôpitaux de hauts plateaux. Les hôpitaux doivent eux-mêmes s'autofinancer avec les ressources engrangées par l'AMU. Ce qui suppose aussi que désormais chaque individu vivant sur le sol ivoirien est tenu obligatoirement d'avoir une couverture maladie universelle pour être pris en charge dans les hôpitaux. Ne nous parlez pas de cas sociaux.

La couverture maladie universelle vous donne la possibilité de prendre en charge un peu plus d'une personne. De plus, les hôpitaux seront compétitifs d'autant plus qu'ils pourront signer des contrats de prestations avec des hôpitaux européens, faire intervenir les meilleurs professeurs d'ici et d'ailleurs quand cela le nécessitera, transférer des malades vers des points focaux spécialisés. Pour tout dire, l'objectif du gouvernement est de créer un meilleur cadre de prise en charge des demandeurs de soins sans être dans la contrainte d'assurer les dépenses de fonctionnement des hôpitaux publics.

Et au risque de me répéter, je vous le dis, il ne s'agit pas d'une privatisation des CHU mais d'un changement de statut ouvrant la voie à un modèle de fonctionnement calqué sur le privé. Quand Prudential coulait vers la faillite, les anglais ont redéfini le statut de cette maison d'assurance, en lui donnant un caractère de gestion fondé sur le privé, puis ont fait appel à Thiam pour la gestion. Résultat : Prudential a repris du poil de la bête et engrange des bénéfices permettant d'offrir les meilleures prestations du moment au peule anglais. En côte d'Ivoire, nous avons le chic de décrier le manque de médicaments et une prestation au rabais dans les CHU oubliant que c'est l'État qui subventionne nos soins par le système du tiers payeur.

Cela ne pouvait plus continuer puisque les ressources de l'État ne suivent pas ou ne suffisent plus à combler le budget des CHU. Maintenant, tout change avec l'AMU.

Chaque ivoirien sera à même d'exiger les meilleures prestations de soins et les hôpitaux auront l'obligation de nous fournir les meilleurs soins puisque nous sommes désormais assurés. Et pour mener à bien les prestations de soins, par une utilisation rationnelle et optimale des cotisations de l'AMU, il fallait d'urgence et impérativement changer le statut des CHU pour en faire des hôpitaux publics de haut niveau dont la gestion sera calquée sur le modèle du privé, à l'image de Prudential en grande Bretagne dont la gestion avait été confiée à notre compatriote Tidjane Thiam.

Ne vous laissez donc pas étouffer par ceux qui ne savent rien d'une privatisation et encore moins de l'organisation d'une fonction publique hospitalière.

La cote d'Ivoire est même en retard dans la mise en œuvre de cette politique de couverture maladie. Ça ne pouvait plus être le cas depuis 1999 selon les statistiques de prise en charge médicale des ivoiriens.

Par : Yves Roger Claver

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Côte d’Ivoire : L’inefficacité juridique du recours des groupes parlementaires qui contestent la régularité de l’élection du nouveau président de l’Assemblée

Par / Pierre Aly Soumarey 

De cette affaire qui ne concerne uniquement que les règles d’administration et de bon fonctionnement de l’Institution, nous retiendrons 3 choses

1) – Un vote préalable sur la procédure de l’élection en question, qui par parallélisme de forme, à pouvoir d’abroger la résolution de Juillet 2018, bien que cette nouvelle décision procédurale soit contestée. Il ne demeure pas moins qu’elle existe et a été adoptée à la majorité qualifiée.

2) – La tentative avortée d’un boycott de la part de certains groupes parlementaires, qui aurait pu empêcher la réalisation du quorum requis pour la validité du vote

3) – L’exercice d’un recours en annulation, pour des motifs à la fois partisans, politiques, institutionnels et juridiques.

Il existe autant de motifs d’annulation que de règles de forme ou de fond à respecter dans la conduite de la procédure de recours. En effet, celle-ci est très encadrée, notamment au regard des dispositions d’ordre public. Dans l’application du droit dans la réalité, les motifs valables d’annulation sont très limités. Il faut que la décision de contestation revête impérativement le caractère d’une efficacité juridique, qui la distingue d’une décision de principe.

On n’exerce pas un recours du chef de la possibilité qui nous est offerte de le faire. Or, il me semble précisément qu’il s’agisse dans le cas qui nous occupe d’une contestation de principe.

Il n’existe aucune violation susceptible d’engendrer la nullité de l’assemblée qui a voté, ou de remettre son vote en cause (convocation, délais, quorum, ordre du jour, tenue de l’assemblée extraordinaire). En l’absence de tels vices de forme, elle est réputée avoir été valablement et régulièrement constituée et compétente pour effectuer ladite élection querellée.

Les règles de forme ont été respectées. Dès lors, le vice allégué porte sur les actes préparatoires (résolutions contradictoires relatives à la procédure de vote, 2019 et 2018) sur lesquels s’est appuyé l’Assemblée pour le déroulement de l’élection, et non sur l’élection elle- même. La légalité de cet acte de décision (vote à bulletin multiple) n’est pas infirmée par une décision de justice séparée. Dès lors, il est réputé posséder force de Loi. Tant que cet acte préparatoire n’est pas invalidé au préalable, le vote est parfaitement régulier. Par ailleurs, l’existence d’un préjudice n’est pas démontrée de la part des plaignants qui contestent le résultat du vote. Ils ne disent pas en quoi ce vote spolient leurs droits et en quoi ils portent atteinte à leurs intérêts (nature et étendue à préciser).

Sur le fonds, il faut démontrer l’existence d’un excès de pouvoir de la part du Bureau ou du Président intérimaire (dépassement des limites du domaine de compétence de l’assemblée extraordinaire convoquée ou de ses organes dirigeants), or l’Assemblée Extraordinaire n’a pas outre-passé l’objet précis de l’ordre du jour pour lequel elle a été convoquée; ou un abus de majorité ou de minorité, or l’élection contestée n’est pas contraire à l’intérêt collectif et général de la chambre, qui n’avait plus de Président depuis la démission de M. SORO, donc qui en avait besoin d’un.

 Conclusion : si l’action en annulation peut être recevable au regard de la qualité de ceux qui l’ont engagé et de leur intérêt à agir, en tant que personnes concernées par les effets de l’élection sur le fonctionnement de l’Institution à laquelle ils appartiennent, celle-ci ne saurait prospérer en l’absence d’un préjudice manifeste et d’une absence d’efficacité juridique attachée à l’action entreprise. Dès lors, elle est parfaitement inopérante et contribue davantage à perturber le fonctionnement de l’institution et à ternir son image. Elle méconnait sur le fonds l’intérêt général de l’institution, motif suffisant pour rejeter l’action en question, d’autant plus que la reprise de l’élection ne modifierait pas le rapport de force, et par voie de conséquence son résultat, démontrant ainsi toute l’inefficacité de l’initiative.

 (Extrait corrigé et augmenté de ma discussion sur le sujet, avec des internautes de mon réseau social)

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Par : Venance Konan /  Depuis quelque temps, Bédié a retrouvé la parole. Une parole que l'on n'a plus besoin de chercher à interpréter. Alors il parle. Oh qu'il parle ! Trop ? Oui, trop, disent certains. Vraiment trop pour un chef

"Faut-il incriminer son grand âge ? « Ô vieillesse ennemie ! » En principe en Afrique le grand âge est plutôt signe de sagesse... 

On le connaissait surtout pour ses silences énigmatiques que chacun interprétait à sa guise. Il est lui-même par nature plutôt taiseux, et puis, dans sa culture, le chef ne doit pas parler en public. Et chef, il l'est. Il est fils de chef, et il a occupé plusieurs postes de chef avant d'occuper celui de chef de l'Etat ; et aujourd'hui il est celui de son parti politique. Avant son divorce d'avec Alassane Ouattara, on disait même qu'il était le co-chef de l'Etat. Pour ses laudateurs, les silences de Bédié relevaient de la très haute stratégie, puisque chacun pouvait mettre ce qu'il voulait sur ses lèvres sans que cela ne l'engage. Depuis quelque temps, Bédié a retrouvé la parole. Une parole que l'on n'a plus besoin de chercher à interpréter. Alors il parle. Oh qu'il parle ! Trop ? Oui, trop, disent certains. Vraiment trop pour un chef. Surtout que souvent çà vole très bas. 

Où est donc passée la fameuse retenue du chef Akan ?

Qu'arrive-t-il donc à Bédié ?

Aux chefs traditionnels de sa tribu qu'il a récemment rencontrés à Yamoussoukro, il a expliqué que sa rébellion contre Alassane Ouattara serait motivée par la volonté de celui-ci de faire disparaitre le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) qu'il préside, à travers la création du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), et de ne pas laisser le pouvoir à un candidat issu de ce PDCI en 2020.

Cela justifie-t-il qu'il parle autant en descendant parfois dans la poubelle ? 

Faut-il incriminer son grand âge ?

« Ô vieillesse ennemie ! » En principe en Afrique le grand âge est plutôt signe de sagesse.

Mais les paroles que nous fait entendre le président du PDCI ne semblent pas devoir toujours être rangées sous le sceau de la sagesse. Pour revenir à ses griefs, Alassane Ouattara s'est-il opposé à cette alternance proposée par M. Bédié à travers son appel de Daoukro en septembre 2014 ? Je n'en sais rien. Mais je sais qu'après cet appel, la constitution a été modifiée et un poste de vice-président de la république a été créé et confié à un homme issu du parti de Bédié, M. Daniel Kablan Duncan en l'occurrence. Il a été également créé un sénat dont la présidence a aussi été confiée à un proche de Bédié. Il se murmurait alors que l'ambition du président Ouattara pour 2020 était de voir un tandem formé par Duncan et Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre, concourir pour le compte du RHDP qui regrouperait principalement le PDCI de Bédié et le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara. Ainsi la question de l'alternance aurait été réglée, tout en ne mécontentant pas les militants du RDR qui n'avaient pas dit qu'ils voulaient céder le pouvoir qu'ils avaient tant souffert pour conquérir après seulement dix ans de son exercice, sans l'avoir perdu dans les urnes ou autrement. 

Apparemment, l'alternance, Bédié la voulait pour lui-même. Et c'est là que les choses  semblent coincer. Pour le Chef de l'Etat, il est temps que Bédié et lui cèdent le pouvoir à d'autres personnes. De nombreux militants du PDCI refusent eux aussi d'envisager une nouvelle candidature de Bédié, compte tenu de son âge et de son parcours. Il aura 86 ans en 2020. Et ces militants estiment qu'après avoir eu le parcours qui est le sien, le président du PDCI devrait éviter de mener le combat de trop. Mais il y en a beaucoup d'autres, au sein de son parti, qui encouragent une telle candidature. Bédié lui-même ne l'exclut pas.

Apparemment Bédié et certaines personnes autour de lui n'ont pas encore digéré la façon dont il a perdu le pouvoir en 1999. Pour eux, il est logique qu'il termine en 2020 ce mandat écourté de manière scélérate par le coup d'Etat militaire. Ils ne se posent évidemment pas la question de savoir pourquoi une telle chose a pu arriver aussi facilement en 1999, et si le « vrai héritier » que leur champion prétend être a vraiment su protéger l'héritage qui lui avait été confié. 

Alors, Monsieur Bédié serait-il actuellement en pré-campagne ?

Cela y ressemble beaucoup. Mais pour le moment il ne propose pas de politique alternative, se contentant d'envoyer des flèches plus ou moins empoisonnées à celui qui est redevenu son adversaire, pour ne pas dire son ennemi, Alassane Ouattara. Et tous les opposants, anciens ou nouveaux de M. Ouattara sont subitement devenus des héros pour M. Bédié, nonobstant leurs passés. Ainsi Guillaume Soro est-il devenu son fils bien-aimé pour qui il esquisse des pas de danse lorsqu'il foule le sol de son village, Gbagbo est redevenu quelqu'un de très bien, et je suppose qu'il aura droit lui aussi à des pas de danse le jour où il se rendra à Daoukro, et Alassane Ouattara a perdu, de par la volonté de Bédié, le nom que les chefs Baoulé lui avaient donné en 2010, lorsqu'il s'entendait encore avec lui.

N'est-ce pas un peu enfantin ? 

Pour le moment, Bédié ne s'adresse qu'aux chefs Baoulé.

Se souvient-il que la Côte d'Ivoire va au-delà de sa seule tribu, que son parti est censé regrouper toutes les ethnies de ce pays ? 

 Je ne crois pas qu'il rende service à son parti en donnant le sentiment que le PDCI se résume au seuls Baoulé.

Qu'il aille aussi rencontrer les chefs des autres régions, au sud, au nord, à l'ouest, à l'est....Il est vrai que depuis que l'héritage est tombé entre ses mains, le PDCI a perdu son nord et son ouest, et depuis quelque temps, plusieurs cadres de plusieurs régions sont en train d'aller voir ailleurs si l'herbe y est plus verte.

Par/ Venance Konan 

P S / Le titre est de l'administrateur du site 

 

A lire aussi :  Joël N’GUESSAN  Côte d'Ivoire/ Rencontre Bédié- chefs traditionnels à Yamoussoukro:

Le Ministre Joël N’GUESSAN (Vice-président du RDR) :

« Le reniement de Henri KONAN BEDIE est choquant » Le Président Henri KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire du Rassemblement Démocratique Africain) qui prétend et clame sur tous les toits qu’il est l’unique héritier de Félix HOUPHOUET BOIGNY, est allé rencontrer les chefs coutumiers et traditionnels Baoulé le 06 mars dernier à Yamoussoukro, pour se dédire.

Il a remis en cause à cette occasion, sa promesse de 2010, où il a dit publiquement de soutenir Alassane OUATTARA, qui a été baptisé ce jour-là « ALLAH GNISSAN » par l’ensemble des 2000 chefs baoulés réunis à la résidence de Félix Houphouët Boigny.  Je peux comprendre que les réalités politiques du moment poussent les uns et les autres à se renier. Comme le dirait l’autre, les réalités politiques s’imposent surtout par ces temps de courses effrénées à la présidentielle de 2020.

Mais, ce qui est surprenant, c’est qu’une personnalité politique de la trempe du Président Henri KONAN BEDIE puisse se renier aussi vite. Comment comprendre qu’après avoir juré sur la tombe de Félix Houphouët BOIGNY, d’apporter un soutien sans faille à Alassane OUATTARA, il puisse venir, quelques années après dire que « je renie ce que j’ai dit en 2010 ». Il ose demander à ses quelques militants de débaptiser Alassane OUATTARA : il ne doit plus s’appeler « Allah GNISSAN » Il demande aussi de « HUER » ceux qui viennent parler de Félix Houphouët-Boigny sans son accord. Il prétend que des promesses lui ont été faite pour une alternance en 2020 ; comme si le peuple n’a rien à dire dans un système démocratique.

Nous sommes dans un délire digne des personnes qui sont devenues séniles. Il oublie que son soutien à Alassane OUATTARA lui a valu, entre autres milliers d’avantages, un pont qui porte son nom. Le troisième pont de la ville d’Abidjan, le « le Pont Henri KONAN BEDIE » après celui des illustres personnalités que sont Félix Houphouët-Boigny et Charles DE GAULE. Chez nous, le baoulé, un chef qui se renie et qui se comporte ainsi, prouve qu’il n’a pas la sagesse nécessaire pour diriger et surtout conduire son peuple sur du long terme.  Un chef ne se renie pas, il assume. Un Chef réfléchit par deux fois avant de prendre des engagements surtout devant le cercueil de Félix Houphouët-Boigny.

Le reniement de Monsieur Henri KONAN BEDIE est choquant pour nous qui avons encore quelques relents de culture baoulé malgré notre relatif jeune Age. Ce qui nous confirme comme nous l’avons déjà dit que Monsieur Henri KONAN BEDIE était une erreur de casting dans le choix du successeur de Félix Houphouët-Boigny.

Messieurs Philipe Grégoire YACE, Jean KONAN BANNY, Mathieu EKRA etc., auraient pu mieux gérer cet héritage de Félix Houphouët-Boigny qui a été détruit et galvaudé par les tenants de l’Ivoirité et de la dérive identitaire. Nous sommes en 2019, un an avant l’échéance électorale de 2020.  Ceux qui ont quelque chose à proposer aux ivoiriens doivent maintenant faire savoir leurs projets de sociétés. Rencontrer les Dioulas, le Guérés, les Attiés, les Brons, le Krous et Bété ou les Baoulés n’est pas un projet de société. Les ivoiriens veulent savoir qui peut leur apporter les centres de santé et les médicaments, les écoles et les logements de maitres, les routes et les ponts, l’électricité et l’eau, les emplois pour les jeunes et les femmes en milieu rural et urbain, la sécurité, la sérénité et la paix. 

Les débats ou actions politiciens qui consistent à se replier sur nos ethnies ne les intéressent pas. Alors, honte à tous ceux qui n’ont rien compris des aspirations profondes de nos millions de jeunes et de femmes qui sont fatigués des politiciens qui ne prospèrent que parce qu’ils sèment la division et encouragent les dérives identitaires. Je vais régulièrement rappeler ces vérités à ceux qui veulent conduire la Côte d’Ivoire sur des chemins hasardeux.

Le Ministre Joël N’GUESSAN

Vice-Président du RDR chargé de la Région du Bélier et du District Autonome de Yamoussoukro

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