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PDCI / la victoire des « 6 voix contre », la proclamation de la défaite des « 14 voix pour »lors de la Réunion du Bureau politique du PDCI-RDA du 17 Juin dernier et, au final, la déclaration de la victoire des « 6 voix contre »

Spécial PDCI / la victoire des « 6 voix contre », la proclamation de la défaite des « 14 voix pour »lors de la Réunion du Bureau politique du PDCI-RDA du 17 Juin dernier et, au final, la déclaration de la victoire des « 6 voix contre »

«  Autrement dit une minorité aurait imposé son choix lors de cette réunion en utilisant des moyens anti-démocratiques ».

PAR : Alexis DIETH / La fraction ethno-nationaliste du PDCI, une menace contre la démocratie républicaine en Côte d’Ivoire.

 14 voix pour le RHDP parti-unifié et  6 voix contre le RHDP parti unifié sur un total de 20 votants, lors de la Réunion du Bureau politique du PDCI-RDA du 17 Juin dernier et, au final, la déclaration de la victoire des « 6 voix contre », la proclamation de la défaite des « 14 voix pour ». Autrement dit une minorité aurait imposé son choix lors de cette réunion en utilisant des moyens anti-démocratiques. Par la violence, les hués et la confiscation de la parole, une fraction idéologique minoritaire à l’intérieur PDCI-RDA a disqualifié de manière organisée une majorité démocratique. Ce serait la victoire volée de la dictature contre la démocratie à l’intérieur du parti en vue de la présidentielle 2020.

S’il s’avérait que cette accusation est fondée, il faudrait alors s’inquiéter de la prétention de cette fraction du PDCI, à se réapproprier l’Etat ivoirien et à exercer le pouvoir à partir de 2020 car elle fut l’architecte de l’ethno-nationalisme qui rompit l’unité nationale de la Côte d’Ivoire dans les années 1995. La dénonciation contestatrice de voix d’autorités au PDCI-RDA, telles celles de l’Ambassadeur et ancien Ministre Bernard Ehui-Koutoua, pour ne citer que lui, contre ce déni de démocratie, atteste de la gravité de ce scandale politique majeur dans notre pays. L’épisode de ce déni interne de démocratie véhicule un message sans équivoque : la pulsion antidémocratique qui pousse la fraction ethno-nationaliste du PDCI vers le FPI extrémiste et nationalitaire et ses divers satellites, relève d’une attraction de type idéologique et programmatique. L’anti-houphouëtisme minoritaire d’une fraction oligarchique au sein du PDCI-RDA tente d’en dévoyer l’esprit à des fins mercenaires.

L’alliance potentielle du PDCI ethno-nationaliste et du FPI national-populiste et de ses satellites qui se dessine à l’horizon  est, selon toutes les évidences, une coalition opportuniste explosive de dictateurs et d’autocrates en herbe ou déjà confirmés dans l’exercice du pouvoir. Cette interprétation est certifiée par le ralliement quasi-assuré de la fraction  du leader générationnel en rupture de ban non-assumée  avec le RDR.

C’est un front antirépublicain et anti-démocratique qui se dresse contre le Front républicain et démocratique RHDP afin de renverser les conquêtes démocratiques du peuple ivoirien. Analysant les discours et les pratiques des divers protagonistes de l’échiquier politique ivoirien, j’avais anticipé et dénoncé cette évolution à plusieurs reprises. J’avais appelé à une nouvelle coalition RHDP éclairée  par l’esprit de l’houphouëtisme, expression ivoirienne de la démocratie républicaine. (Cf. « Pour une nouvelle coalition politique éclairée par l’esprit de l’houphouëtisme », cedea.net, Février 2018.)

La chute des masques qui révèle à l'opinion publique ivoirienne  le visage grimaçant de la dictature dans une fraction  du parti, prouve éloquemment que le passage indiscriminé du témoin au profit du PDCI au sein du RHDP, ne va pas de soi. Cette alternance indiscriminée représenterait un danger mortel contre la démocratie républicaine car le PDCI est grevé par une fraction ethno-nationaliste activiste et virulente.  Le déroulé de l’imposture démocratique au sein du parti démontre que cette fraction est encline à recourir à des moyens antidémocratiques pour se réapproprier le pouvoir d’État afin d’appliquer son programme nationaliste d’exclusion fondé sur le « Nous ou Eux ». Une vision autocratique du pouvoir s’est dévoilée en cette imposture.

Le dévoilement au grand jour de la nature autocratique et du programme ethno-nationaliste de cette fraction du PDCI qui s’était déjà affirmé sans équivoque lors de la présidentielle de 2015, donne raison aux prévenances pragmatiques et à la prudence politique du Président de la République Alassane Ouattara. Ce démasquage certifie l’utilité politique de la formule politique RHDP parti -unifié.  Le parti-unifié est bel et bien le garant de la continuité de l’Houphouëtisme qui est, rappelons-le, un nationalisme libéral républicain et démocratique fondé sur l’alliance des identités ethniques et de la rationalité moderne. Cette coalition pérenne, qui fait de l’inclusion et de reconnaissance réciproque des identités son leitmotiv, est ancrée dans la base sociologique de la Côte d’Ivoire.

Elle la reflète politiquement. Elle  assure l’unité nationale. Elle est le bastion protecteur de la Côte d’Ivoire contre la division nationale. Elle est la garantie de la paix sociale, de la stabilité politique et du développement économique en Côte d'Ivoire. J’avais justifié argumentativement et conceptuellement ce propos dans la contribution suivante qu’il importe de revisiter. (Cf. « En quoi le RHDP parti-unifié est-il le garant de la paix sociale, de la stabilité politique et du développement économique en Côte d’Ivoire ? », cedea.net, 15 juin 2018)

Sous la personnalisation du débat politique, comme je l’ai souvent souligné, se cachent des logiques et des projets anti-démocratiques et antirépublicains. L’urgence de recentrer l’affrontement politique ivoirien sur les programmes et les projets sociétaux est confirmée par ce scandale interne qui suscite, au sein  du PDCI, un courant  de résistance d’houphouëtistes de conviction contre l'imposture démocratique.  Ce n’est pas Alassane Ouattara qui veut monopoliser le pouvoir d’État en trompant son allié Henri Konan Bedié. Ce n’est pas le RDR qui veut s’y maintenir en flouant son partenaire le PDCI–RDA.

Ce n’est pas le RHDP qui veut se transformer en parti-unique afin de tuer la démocratie et ramener politiquement la Côte d’Ivoire en arrière comme se plaisent à l’affirmer les propagandistes, les medias incorporés et les intellectuels organiques des partis intéressés.

Une grille rationnelle de lecture doit être appliquée à la problématique de l’affrontement politique ivoirien autour du RHDP parti unifié pour en révéler la logique objective interne. Elle laisse voir que le chef d’un État démocratique et  représentant d’une majorité politique libérale veut préserver le régime de démocratie républicaine pluraliste en renforçant un front républicain RHDP devant la menace ethno-nationaliste et populiste. Elle montre qu’un bloc libéral progressiste de centre-droit veut pérenniser ses acquis politiques économiques et sociaux contre des blocs antilibéraux, anti-démocratiques et antirépublicains de type extrémiste.

Les prises de position, les discours et les pratiques des protagonistes accréditent cette interprétation.

Ce ne sont pas des personnes qui luttent pour s’approprier l’Etat ivoirien afin d’en faire un usage privé. Ce sont deux visions du monde, deux programmes et deux projets sociétaux antithétiques qui s’affrontent pour conquérir le pouvoir d’Etat afin de mettre en œuvre leur vision opposée respective de la Côte d’Ivoire. C’est une vision du monde, un projet sociétal et programme politique houphouëtiste d’inclusion et d’intégration qui affronte une vision du monde, un projet sociétal et un programme politique anti-houphouëtiste d’exclusion et de désintégration. Il importe au plus haut de recentrer l’affrontement et le débat politique ivoirien sur cette contradiction programmatique et sociétale. Source http://www.cedea.net/wp/?p=3219

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COMMUNIQUÉ DU PDCI-RDA RELATIF A LA CREATION D’UN COURANT AU SEIN DU PDCI-RDA

Le mardi, 03 juillet 2018, Monsieur Adjoumani Kobenan Kouassi a fait une déclaration annonçant la création d’un mouvement dénommé « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ».

Ce mouvement est présenté par son initiateur comme un courant au sein du PDCI-RDA.

Sans s’attarder sur les motifs invoqués par Monsieur Adjoumani pour la création de ce mouvement, le Secrétariat Exécutif, sous l’autorité de Son Excellence Henri KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA, rappelle que :

• Le PDCI-RDA ne permet pas et n’admet pas en son sein des courants formellement constitués;

• Le débat d’idées, le dialogue, la concertation entre militants en vue du consensus sont les modes privilégiés de règlement démocratique de nos différends ou de nos contradictions internes. En conséquence, cette déclaration de création d’un courant au sein du PDCI-RDA est nulle et de nul effet. Le Président du Parti rappelle que le Bureau politique du 17 juin 2018 a démocratiquement et souverainement statué sur l’Accord Politique pour la création d’un Parti Unifié dénommé RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes Pour la Démocratie et la Paix) et demande que chacun des militants observe, de façon scrupuleuse, dans la discipline et le respect, les décisions des organes du Parti. Il est important de rappeler, une fois de plus, que les contrevenants aux dispositions de nos textes, ainsi qu’aux résolutions du Bureau Politique qui restent inviolables, seront sévèrement traduits devant le Conseil de Discipline.

Le Président du Parti en appelle au sens des responsabilités de l’initiateur de ce mouvement et ses comparses et les invite à se ressaisir pour préserver le PDCI-RDA des dérives opportunistes préjudiciables à sa cohésion, à sa stabilité et à l’unité d’action qui nous conduiront à la victoire et à la consolidation de la Démocratie en Côte d’Ivoire. Le président du parti rappelle qu’au Bureau Politique du 17 juin 2018, s’il y a eu quatorze (14) intervenants de ceux qui voulaient l’adoption des statuts et du règlement intérieur du parti unifié, c’est parce qu’il a voulu expressément que tous ceux qui défendaient ce point de vue prennent la parole. En réalité, il y’avait plus de soixante-dix (70) intervenants inscrits ; c’est pour éviter que le débat ne traîne en longueur qu’il n’a pas donné la parole à un grand nombre de ces intervenants, qui tous allaient dans le sens des résolutions adoptées par le Bureau Politique.

D’ailleurs, le communiqué final du Bureau Politique a été adopté à l’unanimité des membres du bureau politique et sans objection aucune. Le Président du Parti recommande,donc,à tous les militants la vigilance dans la discipline et le respect des mots d’ordre du Parti afin de ne pas laisser prospérer la désinformation, les intérêts personnels et les marchands d’illusions.

Fait à Abidjan, le 04 juillet 2018 P.

Le Président du PDCI-RDA p/o le Secrétaire Exécutif chargé des Commissions Techniques Nationales Porte-Parole du PDCI-RDA N’Ddri Kouadio Narcisse

A lire aussi LES TROUS DU COMMUNIQUE DU PDCI QUI PROUVE
Par Alexis DIETH / LE DÉNI DE DÉMOCRATIE PAR UNE FRACTION DU PARTI.

Dans le communiqué du PDCI qui déclare nulle et non avenue la création d'un courant favorable au RHDP parti-unifié, le soupçon de déni de démocratie est confirmé.

Des pratiques d'un autre âge qui tiennent à la fois du contrôle communautaire et de l'arbitraire autocratique et qui n'ont rien à voir avec la discipline de parti, ont disqualifié une majorité au profit d'une minorité. Nous lisons ceci dans ce communiqué éloquent :

" Le président du parti rappelle qu'au Bureau politique du 17 Juin, s'il y a eu quatorze (14) intervenants de ceux qui voulaient l'adoption des statuts et du règlement intérieur du parti unifié, c'est parce qu'il a voulu expressément que tous ceux qui défendaient ce point de vue prennent la parole.

En réalité, il y avait plus de soixante-dix (70) intervenants inscrits; c'est pour éviter que le débat ne traîne en longueur qu'il n'a pas donné la parole à un grand nombre de ces intervenants, qui tous allaient dans le sens des résolutions adoptées par le Bureau politique"!

Ce propos étrange et sidérant en Démocratie soulève nécessairement les questions suivantes : comment prouver à la Nation ivoirienne qui est aussi une partie prenante de ce débat du PDCI ( nous sommes en démocratie pluraliste dans le cadre de la République) que les soixante dix (70) qui ne s'exprimèrent pas abondaient "dans le sens des résolutions adoptées par le Bureau politique".

Donnèrent-ils leur avis par conciliabules secrets?

Leurs consentements furent-ils arbitrairement présupposés ?

Pourquoi ne pas avoir laissé s'exprimer publiquement ces 70 sur un sujet aussi important d'intérêt national en prenant le temps nécessaire pour dégager une majorité claire et pour éviter tout équivoque?


Il y a là une violation du principe de publicité et du principe de liberté de parole par une fraction au sein du PDCI comme l'attestent les hués dont le communiqué officiel ne parle pas et qu'il ne condamne d'ailleurs pas. Ces pratiques dictatoriales d'un autre âge révolu doivent être vivement dénoncées. Le communiqué final du PDCI justifie le soupçon de déni de démocratie au PDCI.

Il légitime le caractère salutaire du Courant qui sauvegarde l'esprit démocratique du parti et la mémoire de l'Houphouëtisme.

 A lire aussi Larges extraits enregistrement téléphonique ministre Amédé Kouakou. « Quand on va faire la sortie à Yamoussoukro Bédié lui-même viendra s’asseoir.

S’il ne veut pas venir, c’est son problème » Ce n’est pas Gnamien Yao qui est quitté au FPI, ce n’est pas Billon qui a sa carte du RDR en poche, qui va venir nous imposer quelque chose. Dans un enregistrement téléphonique qui a fuité sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité a été reconnue par les deux interlocuteurs, le ministre Amédé Kouakou (PDCI) s’en prend violemment à Henri Konan Bédié, alors qu’il échange avec Innocent Yao, président de la JPDCI.

Nous qui sommes pour le RHDP, nous allons lancer le mouvement à Yamoussoukro avec 20 000 personnes.

Vous pouvez dire à Bédié de venir, s’il veut il peut ne pas venir. Je préfère vous prévenir, nous sommes dans le juste. Nous ne sommes pas prêts qu’il y ai un candidat en 2020 pour le PDCI, mais à l’intérieur du RHDP. Nous n’avons aucun intérêt à brûler ce pays. Nous sommes très sereins, nous ne sommes pas contre Bédié, nous le soutenons mais, nous voulons aller au parti unifié. Avant que les autres partis ne sortent il y avait le PDCI et le RDR. Donc, on peut être ensemble pour gouverner ce pays. Ce qui nous intéresse c’est la paix et pas autre chose.

 « Quand on va faire la sortie à Yamoussoukro Bédié lui-même viendra s’asseoir. S’il ne veut pas venir, c’est son problème »

Ce n’est pas Gnamien Yao qui est quitté au FPI, ce n’est pas Billon qui a sa carte du RDR en poche, qui va venir nous imposer quelque chose. Quand on va faire la sortie à Yamoussoukro Bédié lui-même viendra s’asseoir. S’il ne veut pas venir, c’est son problème. Ceux qui ont pris la parole au bureau politique, ceux qui étaient pour le parti unifié étaient plus nombreux que ceux qui étaient contre. Comme le président Bédié a dit qu’il y a des pro et des anti, nous allons nous peser pour voir qui est plus lourd.

Aller huer un vice-président de la république, aller huer des ministres, on est où là ? Nous allons nous peser, ceux qui sont pro viendront chez nous et ceux qui sont anti iront chez vous. Nous sommes convaincus de notre majorité. Comme vous voulez vous associer au FPI, je vous attends à l’ouest là-bas.

Dernière modification lejeudi, 05 juillet 2018 10:32
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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