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Quand André Silver KONAN se trompe dans son analyse et la conforte en prétendant écrire un éditorial pour Jeune Afrique ...

Spécial Quand André Silver KONAN se trompe dans son analyse et la conforte en prétendant écrire un éditorial pour Jeune Afrique ...

Il s'était tellement habitué à écrire des billets d'humeur qu'il s'est planté dans son dernier éditorial, où l'on attendait de lui qu'il nous publie son avis inspiré en amont par un véritable travail journalistique. En effet, le billet d'humeur, c'est en quelque sorte l'électron libre des genres journalistiques. Quand on se situe dans le cadre du billet d'humeur, on se place résolument du côté du commentaire, et même dans son aspect le plus subjectif. c'est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Le problème est que ASK nous a fait la promotion de son article publié dans la dernière édition de l'hebdomadaire Jeune Afrique en le présentant comme un éditorial qui nous permet de décrypter le conflit entre Soro et les membres historiques du RDR.

Nous aurions pu passer sous silence cette arnaque intellectuelle qui consiste à donner des lettres de noblesse à un billet d'humeur si l'actualité assez brulante, que nous suivons, ne souffrait de la mauvaise foi des journalistes.

Même si la majorité de ses lecteurs ne feront pas la distinction entre un billet d'humeur et un éditorial, il est en revanche utile de préciser que contrairement à l'éditorial, où celui qui écrit marque traditionnellement la position de "l'éditeur", du propriétaire du journal (plutôt du directeur de la publication en France) et, en général, de la rédaction, le billet d'humeur n'engage que son auteur. Le billet d'humeur ne s'interdit rien, y compris la mauvaise foi. C'est donc le genre transgressif par excellence, le seul à ne pas toujours respecter - par obligation de genre - les règles qui s'imposent à tous les autres genres journalistiques : recoupement des informations, impartialité dans l'analyse des faits, modération des propos, langue soutenue. ASK est un journaliste qualifié qui connait les démarches nécessaires et se doit de les effectuer pour traiter au mieux le sujet, fut-il d'actualité.

Ces précisions utiles étant faites, son billet d'humeur (et non éditorial) mérite qu'on s'y attarde dans une critique constructive. Je vous soumets ma perception des choses et donc vous propose une autre analyse des faits.

Beaucoup pensent décrypter les stratégies politiques dans des comparaisons avec ce qui se passe ailleurs, oubliant deux paramètres fondamentaux.

Le premier est la psychologie des protagonistes ADO n'est ni François Hollande, ni Abdoulaye Wade, ni Blaise Compaoré. Et Soro est encore moins Emmanuel Macron, non plus Macky Sall, et surtout pas Roch Marc Christian Kaboré.

Le deuxième est que la configuration de la géographie politique en Côte d'Ivoire n'a rien avoir avec celle de la France, ni du Sénégal.

Soro, jeune soit-il, a adopté des schémas stratégiques archaïques. On en riait si n'est pas le fait qu'ils perturbent la quiétude des ivoiriens, sans pour autant menacer la concorde nationale. Autrement dit c'est beaucoup de bruit pour rien.

Dans ce combat, de lion et de coq, qui reste pour l'instant poli, on a un affrontement très marqué par des oppositions idéologiques. Pour mieux me faire comprendre, prenons l'exemple d'une entreprise où un responsable syndical se pensant fort dans ses revendications corporatives, use des techniques démonstratives pour montrer ses capacités mobilisatrices afin d’établir un rapport de forces nécessaires aux revendications des droits pour ne pas dire des avantages sociaux et financiers. Le chef d'entreprise joue le jeu de la concertation tant qu'il a un intérêt à gagner, puis lassé par les revendications irréalistes et infondées du responsable syndical, il lance un plan de restructuration de sa société mettant en mal le pouvoir syndical et fragilisant les solidarités corporatives au sein de l'entreprise.

Certains crieront à l'ingratitude du chef d'entreprise qui s'est enrichi par la production des salariés, mais d'autres auront la sagesse de comprendre que sans la mise en œuvre du projet d'entreprendre il n'aurait pas eu des créations d'emploi et donc pas de source de revenus salariaux pour ces personnes employées.

Soro, le coq dans ma métaphore a beau chanté, il n'a pas pu démontrer qu'il est majoritaire au sein de l'entreprise RDR, il a royalement échoué dans sa tentative de prendre la présidence de ce Parti. et a fini par se rabattre sur son joker, le groupe des anciens de la FESCI, un plan mûrement réfléchi mais d'une telle naïveté que le résultat ne peut être que sa marginalisations de l’échiquier politique ivoirien.

ADO tranquillement met en pratique sa stratégie favorite : laisser ses adversaires s’entremêler dans leur stratégie et tomber tous seuls comme des fruits pourris. Ainsi, ils ne pourront plus se relever et se remettre à troubler la quiétude des ivoiriens.

Trop d'investissements ont été consentis à la Côte d'Ivoire, pour laisser ce pays dans les mains d'un aventurier instable qui confond le combat politique avec la lutte syndicale

Avoir un destin national demande beaucoup plus de moyens financiers, logistiques et de ressources humaines que de s’activer dans des shows de propagande sur le net, Mamadou Coulibaly, Affi Nguessan, Mabri Toikeuse, etc en savent quelque chose.

par / FOUAD VANIE·JEUDI 26 OCTOBRE 2017

 

Dernière modification lejeudi, 26 octobre 2017 11:51
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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