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Foyers de contamination de la grippe aviaire en Afrique de l’Ouest : « C’est l’une des pires crises depuis 10 ans » Préoccupation

Spécial Foyers de contamination de la grippe aviaire en Afrique de l’Ouest : « C’est l’une des pires crises depuis 10 ans » Préoccupation

Un troisième foyer de grippe aviaire découvert en Côte d’Ivoire.Les autorités ivoiriennes ont annoncé avoir découvert un troisième foyer de la grippe aviaire H5N1 à une trentaine de kilomètres d'Abidjan, la capitale économique du pays. La FAO demande 20 millions de dollars contre la grippe aviaire en Afrique

Faut-il avoir peur du retour de la grippe aviaire en Afrique de l'Ouest ?

Faut-il avoir peur du retour de la grippe aviaire en Afrique de l'Ouest ?

Un foyer de grippe aviaire H5N1 a été découvert en Côte d’Ivoire, dans une ferme dans le village de Modeste, à environ 30 km à l’est d’Abidjan la capitale économique et la ville la plus peuplée du pays, a rapporté Reuters le vendredi 14 août. C’est le troisième foyer de cette grippe découvert dans le pays au cours des derniers mois, après les cas observés fin avril à Bouaké, la deuxième ville du pays, et fin mai dans le district d’Abidjan.

Selon le propriétaire de la ferme, cité par Reuters, 27 000 volailles ont été perdues dans ce foyer, y compris environ 7 000 volailles abattues par des agents vétérinaires. La souche H5N1 du virus peut être transmis à l’homme, mais ces cas sont rares.

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 Jonas Oulai, vice-directeur de la santé animale au ministère de la Faune et de la Pêche, a indiqué aux journalistes que la propagation du virus, qui a frappé la Côte d’Ivoire en avril dernier, était une source de préoccupation. « Nous avions pensé être en mesure de contenir le virus à Bouaké (une centrale de la ville), mais nous sommes submergés, » a-t-il dit.

Le Nigeria, le Burkina Faso, le Niger et le Ghana ont aussi été touchés par l’épidémie de H5N1 au cours des six derniers mois. Le 20 juillet dernier, l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a demandé 20 millions de dollars pour combattre des foyers de crise de grippe aviaire en Afrique de l’Ouest.

 Foyers de contamination de la grippe aviaire en Afrique de l’Ouest : « C’est l’une des pires crises depuis 10 ans »

L'épidémie de grippe aviaire en Afrique de l'Ouest inquiète l'organisation de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Après le Nigeria et le Burkina Faso, trois nouveaux pays ont été touchés par le virus H5N1, hautement virulent, au cours des trois derniers mois. Cartographie des foyers de contamination.

Les experts avaient vu juste : le virus H5N1 a traversé les frontières gonflant ainsi le nombre de foyers de crise de la grippe aviaire en Afrique de l’Ouest. « La situation est très inquiétante et c’était prévisible », soulève d’entrée de jeu Modou Moustafa Lo, virologiste à l’Institut sénégalais de la recherche agricole. Aujourd’hui, en plus du Nigeria et du Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Ghana sont infectés.

Pour l’instant, aucun décès humain lié à la grippe aviaire n’a été rapporté aux autorités en 2015. Cependant, cette épidémie ouest-africaine qui bouleverse le marché du « poulet bicyclette » risque de porter un dur coup à l’économie. Lundi, la FAO a demandé 20 millions de dollars pour l’aider à combattre les foyers du virus.

Nigeria, le pays le plus touché 

Le Nigeria jongle avec une série d’éclosions de cas de grippe aviaire sur son territoire depuis décembre dernier. À la mi-mars, la moité du pays était touchée par le virus. Depuis, la situation s’est stabilisée, selon la FAO. La grippe aviaire est toujours présente dans plus de 70 localités et en plus, trois nouveaux foyers ont été officiellement rapportés aux autorités à la mi-juillet. « C’est un pays en conflit, il est donc plus difficile de gérer les contrôles sanitaires », explique le virologiste. En moins de sept mois, 1 470 000 oiseaux ont dû être abattus.

Depuis début avril, toute l’Afrique de l’Ouest est sur en état d’alerte après que le Burkina Faso avait déclaré un début d’épidémie. Au total, 94 éclosions ont été rapportées dans six provinces sur 45. Certains pays, comme la Côte d’Ivoire et le Mali, avaient alors choisi de fermer leurs frontières à l’importation de la volaille burkinabè, ce qui n’a pas empêché le virus de voyager. Trois semaines plus tard, une éclosion a été rapportée au Niger, une autre en Côte d’Ivoire et ensuite, plus d’une dizaine au Ghana, principalement dans la région d’Accra.

La situation des foyers de grippe aviaire en Afrique de l’Ouest

(Cliquez sur les points rouges pour voir les détails)

Source : FAO

Problèmes de surveillance pour éviter la contagion

L’épidémie s’étend de plus en plus en Afrique de l’Ouest, confirme la FAO.  « C’est l’une des pires crises depuis 10 ans », martèle Eran Raizman, chef du système de prévention des crises de l’organisation, en faisant référence à la première crise de grippe aviaire en 2006.

De nombreuses lacunes ont été relevées dans les systèmes de surveillance sanitaire des différents pays et conséquemment, « il devient plus difficile d’éviter la contagion », explique-t-il.

De plus, il n’existe que très peu de politiques de compensation pour les producteurs de poulets touchés par le virus de la grippe aviaire. Conséquence ? Lorsqu’ils constatent des cas anormaux de mortalité de la volaille, ils évitent d’alerter les autorités de peur qu’on ne vienne détruire leur production.

Des mesures ont été prises par la FAO au Bénin, au Togo, au Cameroun, au Mali et au Sénégal pour éviter la contagion. « La mesure la plus efficace est la prévention précoce », rappelle Eran Raizman . Cependant, « pour mettre un système de surveillance efficace en place, encore faut-il que les autorités des pays fassent preuve de plus de transparence », martèle le virologiste Modou Moustafa Lo.

 

Depuis six mois, des centaines de milliers de volailles ont été abattues en Afrique de l’Ouest. Bien que difficiles à chiffrer pour l’instant, les pertes économiques sont évaluées à plusieurs centaines de millions de dollars.

Sabrina Myre

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Grippe aviaire

Par Jeune AfriqueLa grippe aviaire en Afrique de l'Ouest suscite une inquiétude croissante

La FAO réclame 20 millions de dollars pour prévenir sa propagation dans une région qui compte 330 millions d’âmes

Photo: ©FAO/ Sia Kambou

Photo: ©FAO/ Sia Kambou

Elevage de volailles au Tchad, l'un des pays à risque suite à l'apparition d'un foyer de grippe aviaire au Nigéria, pays voisin

20 juillet 2015, Rome – Sans des interventions opportunes pour endiguer les foyers de grippe aviaire hautement virulente H5N1 à travers l'Afrique de l'Ouest, les craintes augmentent de voir la maladie se répandre inexorablement dans cette région et au-delà, met en garde aujourd'hui la FAO.

L'Organisation lance un appel pour 20 millions de dollars qui serviront à financer les opérations d'intervention et de prévention.

Cet appel fait suite à l'apparition de foyers du virus H5N1 dans les élevages de volailles, les marchés et les exploitations familiales au Nigéria, au Burkina Faso, au Niger, en Côte d'Ivoire et au Ghana.

Ce phénomène inquiétant survient au moment où les pays d'Afrique de l'Ouest se remettent à peine, et dans certains cas continuent de souffrir, du virus Ebola. La grippe aviaire pourrait déclencher une hécatombe de poulets – source nutritive et peu coûteuse de nourriture pour de nombreuses personnes – avec un impact néfaste sur les régimes alimentaires et l'économie de la région, aggravant ainsi une situation déjà difficile.

Des souches précédentes du virus – connues pour être très virulentes pour la volaille et capables de provoquer des maladies et des décès chez les humains – ont circulé en Asie depuis le début des années 2000 et en Egypte depuis près de 10 ans. La souche H5N1 a causé la mort de dizaines de millions de volailles et des pertes évaluées à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

La première incursion du virus H5N1 en Afrique de l'Ouest s'est produite en 2006, mais la maladie a été éliminée en 2008. A la fin de 2014, le virus a été réintroduit au Nigéria, où il se répandit rapidement dans les trois mois qui suivirent. A ce jour, plus de 1,6 million de volailles ont été abattues ou sont mortes des suites du virus.

Vu que la maladie peut être transmise aux humains et qu'elle est considérée comme très létale, la FAO travaille en étroite collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les évaluations de pays et les plans d'urgence tout en offrant une assistance technique et en enquêtant sur des cas de grippe potentiels et les sources de l'infection.

Les missions d'évaluation – menées en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l'Union africaine et, dans certains cas, la Banque mondiale – au Bénin, au Cameroun, au Mali et au Togo n'ont pas identifié de cas de H5N1 chez les volailles, mais ces pays et d'autres pays de la sous-région doivent veiller à ce que les mesures de prévention et de préparation soient bien mises en place.

«Sur la base de nos connaissances, il y a un risque réel de propagation du virus. Une action urgente est nécessaire pour renforcer les systèmes d'enquête et de rapports vétérinaires dans la région et lutter contre la maladie à ses racines, avant qu'il n'y ait un débordement chez les humains», a déclaré M. Juan Lubroth, chef de la Division santé animale à la FAO.

Prévention et réponse

L'appel de la FAO pour 20 millions de dollars pour la prévention et la réponse prévoit à la fois de renforcer les systèmes vétérinaires défaillants, d'améliorer les capacités des laboratoires locaux et de dépêcher sur le terrain des experts de la FAO dans les pays touchés ou à risque.

Dans les pays qui ont connu des épizooties de grippe aviaire, les interventions comprennent la destruction des volailles infectées ou exposées au virus, la désinfection des locaux et des marchés et l'élimination sécuritaire des volailles décédées.

En attendant, les agents vétérinaires sont encouragés à utiliser les techniques de base comme le traçage en amont qui se penche sur les lieux où les animaux infectés ont été vendus ou déplacés, et le traçage en aval qui consiste à examiner les endroits où les animaux infectés ont été achetés ou les lieux d'origine. Il s'agit, en somme, de remonter aux sources du mal dans le but ultime de mettre fin aux réapparitions successives du virus et à sa propagation.

Bien que des vaccins de qualité soient disponibles, la stratégie de vaccination à mettre en œuvre pose certains défis dans quelques pays et il y a toujours le risque de créer un faux sentiment de sécurité en pensant que l'administration d'une dose de vaccin permettra d'éliminer toute menace.

Selon la FAO, les changements de comportement sont très importants, notamment l'amélioration des protocoles d'hygiène, la façon de produire de la volaille et les normes de sécurité lors du transport des animaux sains. Tout cela devrait être au cœur des plans de prévention, souligne-t-on à la FAO.

La collaboration avec le secteur privé, en particulier les coopératives de volailles et associations rurales ou de marché, est cruciale pour faire passer le message aux producteurs et aux commerçants.

Des systèmes réglementaires plus rigoureux

La production de volailles a augmenté de façon constante en Afrique de l'Ouest au cours des dix dernières années, avec certains pays, comme la Côte d'Ivoire, qui ont vu leur production grimper en flèche (plus de 60 pour cent depuis 2006).

Mais les systèmes de réglementation n'ont pas évolué pour faire face efficacement à cette augmentation de la production et il y a un besoin urgent de rendre les filières du marché plus sûres – de la production au vendeur en passant par le transporteur. Au niveau régional, la chaîne de valeur s'effectue notamment à travers les frontières, ce qui nécessite des contrôles douaniers plus stricts et une plus grande conformité avec les normes de sécurité.

Tout en collaborant avec les bureaux vétérinaires nationaux, la FAO recommande de bons plans de préparation assortis de coordination étroite avec les forces de sécurité (militaires et police), ainsi qu'avec les gouverneurs des provinces, l'OMS et les organismes régionaux comme la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), afin de mieux contrôler les foyers de grippe aviaire et prévenir leur propagation dans une région qui compte 330 millions de personnes.

«Nous sommes confrontés à une maladie - H5N1 - qui s'est déjà propagée dans cinq pays en six mois. Nous devons déployer un effort concerté pour l'arrêter net et nous devons le faire maintenant», a souligné M. Lubroth.

 

 

Dernière modification lemardi, 25 août 2015 11:52
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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