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Adama Diomande

Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

URL du site internet: http://www.addl-association.info

Cei, Cpi, Ouattara candidat en 2020 : ce qu’a dit le secrétaire d’État américain David Hale à Abidjan

Suite à des propos attribués au sous le Sous-Secrétaire américain David Hale, lors de sa rencontre avec des étudiants à l’Ecole nationale d’administration, nous publions la transcription transmise par par Daniel Langenkamp, Conseiller de Presse et des Affaires Culturelles, à l’Ambassade des États-Unis d’Amérique, à Abidjan.

[ Les élections municipales ]

Le monde suit de près la Cote d’Ivoire. Nous sommes intéressés par le progrès de la démocratie et de la bonne gouvernance. Les élections municipales visaient à tester les institutions, tester l’attitude de divers éléments de la société civile.

Nous sommes inquiets parce que nous avons constaté des intimidations de votants, des irrégularités, et des cas de violence et cela est particulièrement néfaste pour la Côte d’Ivoire qui a connu des violences liées au élections.

Donc notre avis est que la Côte d’Ivoire tire des leçons de cette expérience au moment où vous préparez 2020, et que les hommes politiques s’engagent à ne pas accepter la violence sous toutes ses formes, travailler à la réconciliation pour surmonter le passé et cela est important, s’assurer que tout citoyen qui en a le droit est inscrit sur la liste électorale et peut voter, car si vous n’êtes pas inscrits, vous ne pouvez voter et votre voix ne peut être entendue. C’est l’essence de la démocratie.

[ La Corruption ]

Je ne connais aucun pays qui soit immunisé contre la corruption. La question est donc de savoir quelles sont les mesures pour lutter contre la corruption lorsque celle-ci se produit ?

Est-ce des standards de transparence, des enquêtes agressives ou de juger et punir ceux qui y sont impliqués ?

Le public a-t-il une attitude cynique ou est-il plutôt choqué lorsqu’il entend un cas de corruption ?

Ce sont ce genre de question clés. Pensez-vous que vous avez ce genre d’attitude et des institutions qui peuvent les empêcher de se reproduire, ou les gens disent tout simplement qu’il n’a rien que l’on puisse faire ?

C’est plutôt terrible car il a y a des choses que peuvent être faites. J’ai servi dans ma carrière au Moyen-Orient dans plusieurs pays avec des sérieux problème de corruption. Et certains dirigeants me posaient la question, « en tant qu’ami que conseillez-vous ? Car nous voulons faire quelque chose contre ça ». 

Et ma réponse a toujours été : poursuivez en justice les auteurs, faites des enquêtes, jugez-les justement, sur la base de preuves. Il y a des cas où nous voyons l’engagement des dirigeants à lutter contre cela et j’espère que vous pourriez en trouver ici en Côte d’Ivoire.

Il est aussi important de garder à l’esprit le coût de la corruption. L’un des coûts le plus évident est moins d’argent pour le gouvernement, l’argent du contribuable allant ailleurs, alors qu’il aurait pu aller à l’éducation, à la santé ou autre. Il y a un autre coût – celui de l’érosion de confiance vis à vis du gouvernement.

C’est terrible lorsque le peuple n’a plus confiance au gouvernement. Il se trouve alors ailleurs vers d’autres pouvoirs. En troisième lieu, c’est un frein aux investissements étrangers, surtout américains. Nous avons une loi qui dit que les entreprises américaines ne peuvent pas payer des pots-de-vin à des dirigeants étrangers pour faire des affaires et les entreprises américaines quitteront tout pays où la corruption est endémique, et c’est pareil pour tout gouvernement étranger.

[ Réforme de la CEI ]

Je pense c’est absolument essentiel. Si la Commission électorale elle-même n’est pas perçue comme juste, en dehors du contrôle de toute faction en course dans les élections, si la commission semble être influencée par le pouvoir, tout le processus manquera de crédibilité, et dans ce cas pourquoi avoir des élections ?

Qui d’autre qu’une commission indépendante peut garantir la crédibilité des élections ? Il y’a plusieurs modèles dans le monde donc nous n’avons pas la réponse parfaite, mais la Cote d’Ivoire devra s’en trouver une. ;;

[ La question du 3ème mandat du chef de l’État ]

Vous savez que ce n’est pas une décision américaine. C’est au peuple ivoirien de faire ces choix, mais je dirai quelques mots. Je sais que le président Ouattara a fait une déclaration – je crois en août- dans laquelle il a appelé à une transition du leadership vers une nouvelle génération, et je pense que c’est une déclaration louable.

Nous avons eu une expérience dans notre propre pays. Vers 1945 ou 1944, lorsqu’un président vénéré de notre pays, le Président Roosevelt, a été élu pour un quatrième mandat, cela a brisé toutes les traditions. Il n’y avait pas de loi, mais il y’avait une tradition de deux mandats.

Notre pays était en crise, et il a remporté une victoire écrasante pour un troisième et quatrième mandat. Et il est décédé peu de temps après son élection pour un quatrième mandat. Il y’avait une atmosphère bipartisane après cela. Pas contre lui, mais un bipartisme [des deux principaux partis politique aux États-Unis] contre le concept d’un président qui siégerait dans un environnement démocratique aussi longtemps.

Ce n’était pas sain. Il fallait du sang frais, des idées neuves, un leadership nouveau. Donc nous avons modifié la constitution, ce qui est inhabituel dans notre pays. Ce qui nécessite un très haut niveau de soutien, mais il y avait un assez fort soutien pour revenir à la tradition et la rendre loi. Qu’il n’y aurait que deux mandats dans notre pays. 

Voilà donc notre loi depuis lors. Vous avez votre propre expérience. Nous vous souhaitons bonne chance, mais je pense que ce sont là les points que je voudrais aborder.

[ La question sur la décision de la CPI à propos de l’ancien President Gbagbo ]

La CPI a bien pris sa décision après une longue période et c’est là où ils se trouvent. J’espère, et je pense que c’est important, c’est que nous évaluions tous notre avenir. Pour la Côte d’Ivoire, vous avez un processus de réconciliation, c’est vrai, et c’est absolument essentiel, c’est ce qui est arrivé. La CPI a rendu son jugement et c’est bien. Où est-ce que vous voulez aller? Comment approfondissez-vous la réconciliation? Parce que c’est la vraie réponse.

Ce n’est pas ce que disent ou ne disent pas les forces extérieures. Qu’est-ce qui se passe dans ce pays? Quelles sont les personnes qui ont un passé – comment vont-elles interagir les unes avec les autres dans le futur ? Et encore une fois, il y a tellement de sociétés qui ont abordé cette question de tant de manières différentes.

L’Afrique du Sud est souvent citée comme un très bon exemple de vérité et de réconciliation après ses nombreuses années de conflits internes et d’inégalités – et même pire. J’ai vécu au Liban pendant de nombreuses années. Le Liban n’a jamais mis en place un processus de réconciliation et continue de se battre même si sa guerre est finie. Ils sont toujours comme ça [gestes avec les mains] et ils sont constamment en tension les uns avec les autres et ils courent toujours le risque de guerre.

J’espère mieux pour la Côte d’Ivoire. Je pense que mieux se passe. C’est donc là que je concentrerais l’attention sur l’avenir. Alors, comment pouvez-vous aller au-delà de ce point vers un processus de réconciliation réel et approfondi ?

Source : Assé Alaphé11/02/2019 :

L'Intelligent d'Abidjan Dernère publication 11/02/2019 à 23:01 min NB : le titre et le chapeau sont de la rédaction

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INVITÉ AFRIQUE Alassane Ouattara: «Il n’est pas question d’empêcher la candidature de qui que ce soit» / Par : Christophe BoisbouvierDiffusion : lundi 11 février 2019

Alassane Ouattara: «Il n’est pas question d’empêcher la candidature de qui que ce soit» :

(Podcas) : http://www.rfi.fr/emission/20190211-alassane-ouattara-il-est-pas-question-empecher-candidature-soitAlassane Ouattara, président de la Côte d'Ivoire: «C’est très clair. Je peux me représenter si je...

Exclusif: le président ivoirien Alassane Ouattara, présent au 32e sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, est l'invité Afrique de RFI. Pour la première fois, il revient sur la démission de Guillaume Soro à la présidence de l'Assemblée nationale ivoirienne, sur l'acquittement de Laurent Gbagbo par la CPI, ainsi que sur l'élection controversée de Félix Tshisekedi en RDC.

La démission de Guillaume Soro de la présidence de l’Assemblée nationale, est-ce la fin d’une longue amitié entre lui et vous ?

Alassane Ouattara : Ah non, pas du tout. Guillaume Soro estimait qu’il était plus d’une idéologie politique qui n’était pas celle du RHDP [Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix], puisque le RHDP, les Houphouëtistes, nous sommes un parti libéral ; libéral social, lui se considère marxiste. Donc, je comprends que de ce fait ce ne soit pas compatible avec ses convictions.

Vous êtes des compagnons de longue date, depuis les années 2000, depuis notamment la crise postélectorale de 2010-2011. Guillaume Soro a été votre premier Premier ministre après votre arrivée au pouvoir. Ce n’est quand même pas rien cette brouille aujourd’hui.

Tout à fait. J’ai beaucoup d’estime pour Guillaume Soro. C’est un jeune homme que je considère comme un de mes fils. Vous savez, j’en ai beaucoup. Au niveau de mon parti, il a été courageux. Il a fait un travail important. Et il était engagé contre l’ivoirité, c’était la chose, je pense, qui l’a amenée vers moi comme beaucoup de jeunes qui considéraient que cette politique d’ivoirité dans les années 1990 allait totalement détruite la Côte d’Ivoire. Et je pense d’ailleurs que cela a été le cas. Tous les maux de la Côte d’Ivoire peuvent être rattachés à cette politique d’ivoirité. Maintenant que ces problèmes sont derrière nous, évidemment s’il veut mener une carrière politique conformément à ses convictions politiques, nous ne sommes pas de convictions libérales sociales. Mais écoutez, il est libre de le faire.

En fait, c’est cela : vous avez souhaité qu’il entre dans le nouveau parti unifié RHDP. Il n’y est pas entré. Vous en avez tiré les conséquences ?

Non. Il est entré à la formation du parti. Mais un peu plus tard, après réflexion, il a estimé que peut-être sa place n’était pas au RHDP et qu’il préférait engager une nouvelle aventure. Il l’a dit lui-même. Donc je n’ai pas besoin de répéter ce qu’il a dit.

Et pour vous, il y a une certaine logique à ce que le président de l’Assemblée nationale soit membre du RHDP, c’est cela ?

Mais, est-ce que le président de l’Assemblée nationale française est du Parti socialiste ? 

Donc, il y a une logique parlementaire ?

Mais évidemment. C’est la majorité présidentielle qui désigne son président qui doit être de la majorité. Le RHDP est largement majoritaire, pratiquement les deux tiers du Parlement. Il faut bien que le président du Parlement soit issu du RHDP.

Est-ce que de facto, depuis sa démission que l’on dit un petit forcée par vous-même…

Non, non. Je ne suis pas homme à forcer qui que ce soit. Nous avons eu de bons entretiens. Il m’a confirmé tout cela. Il m’a dit qu’il voulait prendre un peu de temps. Il envisage d’aller faire des études de MBA à Harvard. Et puis après, on verra, je n’exclus pas qu’il revienne à la maison d’ailleurs.

Est-ce que de facto Guillaume Soro, qui est un jeune homme politique, c’est un quadragénaire, il ne va pas être tenté de se présenter à la présidentielle de 2020 ?

Mais, je considère que c’est son choix, c’est sa liberté. J’ai dit que tout le monde peut être candidat. Par conséquent, la Constitution l’autorise à le faire et il n’est pas question pour moi d’empêcher la candidature de qui que ce soit, comme certains ont tenté de le faire par le passé.

Est-ce que de facto, il n’est pas devenu désormais pour vous un adversaire politique ? 

Ah, non. Je le considère comme un jeune qui s’était attaché à ma personne, à mon combat, à mes idées, qui m’a dit qu’il est impressionné par la manière dont nous avons géré ce pays, les transformations qui sont visibles. Et par conséquent, non, c’est un jeune homme avec qui je maintiendrai les rapports que j’ai toujours eus. Je pense qu’au niveau de la presse, vous exagérez un peu. Il n’y a pas de problème relationnel. Guillaume, je suis tout de même à un niveau où on ne peut pas considérer que Guillaume puisse avoir un problème avec moi. C’est un jeune homme qui se dit très attaché à ma personne. 

Un autre allié politique est parti. C’était au mois d’août 2018. Ce n’est pas n’importe qui. C’est l’ancien président Henri Konan Bédié.

Il est parti où ?

Il est parti apparemment dans l’opposition ?

J’entends parler d’une plateforme stratégique, mais on verra. Mais je ne sais pas qui est dans cette plateforme.

Il appelle justement Guillaume Soro à entrer dans cette plateforme ? 

Je pense que ce n’est pas dans l’intérêt de Guillaume Soro de le faire. Et je lui ai dit. 

Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? 

Non, pas plus. Il sait ce que j’en pense et il pense la même chose que moi.

Vous pensez que la proposition d’Henri Konan Bédié n’est pas pertinente, c’est cela ? 

En tout cas elle n’est pas cohérente. Un Houphouétiste est quelqu’un qui est pour le dialogue, qui est pour la tolérance, qui fait de la politique économique libérale, sociale. Et là, une plateforme avec des partis de gauche et des partis marxistes, je ne sais pas à quoi cela correspond.

Est-ce que Henri Konan Bédié n’est pas en train d’essayer de fédérer tous les gens qui ne sont pas satisfaits de votre politique ? 

Je pense que vous devriez poser cette question à monsieur Henri Konan Bédié. Moi, j’ai été élu en 2015 à 83% dans des élections transparentes et démocratiques. Donc il reste très peu de gens qui ne soient pas satisfaits de ma politique. 

Henri Konan Bédié, c’est tout de même un ancien président. C’est tout de même le patron d’un parti puissant, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).

Ah bon ? (rires) 

Vous ne pensez pas que les troupes soient nombreuses derrière Henri Konan Bédié ? 

Le PDCI d’aujourd’hui n’est pas le PDCI d’hier. 

Pensez-vous que les gens du PDCI, qui ont rejoint le RHDP, peuvent affaiblir le PDCI Bédié, c’est cela ?

Ce n’est pas mon intention, mais je constate qu’ils sont les plus nombreux : présidents de région, députés, maires, conseillers municipaux, conseillers régionaux, cadres, et j’en passe. 

Donc votre pari, c’est cela. C’est que le RHDP unifié, qui a été créé il y a quelques jours, fin janvier, c’est qu’il garde l’esprit de l’alliance Ouattara-Bédié de 2005 ? 

Mais bien évidemment. Nous avons été d’accord sur cela avec d’autres partis. Nous avons signé un accord politique. Nous sommes engagés sur un calendrier. Et c’est ce calendrier que je suis en train d’appliquer. Donc il n’y a pas de changement de cap en ce qui me concerne. Je pense que le temps fera son effet, on verra bien. 

Dans l’opposition, certains parient sur l’usure du pouvoir et sur le fait qu’il y a des constats qui ne sont pas toujours positifs. On pense notamment au dernier rapport de l’Union européenne en juillet 2018 qui a dénoncé certaines mauvaises gouvernances…

Mais ce rapport par un groupe de gens, d’«experts» ne peut pas faire le meilleur rapport que le Fonds monétaire, la Banque mondiale, le gouvernement américain avec le MCC [Millenium challenge corporation], la Fondation Mo Ibrahim et ainsi de suite. C’était tout simplement du n’importe quoi. Et je l’ai dit à l’Union européenne.

Laurent Gbagbo acquitté par la Cour pénale internationale. Quand vous avez appris cette nouvelle, c’était il y a quelques semaines, comment avez-vous réagi ?

Aucune réaction de ma part. C’est un procès qui continue. 

Sur le fond, il y a plus de 3 000 morts pendant la crise postélectorale.

Exactement. Quelqu’un doit bien être responsable de ces 3 000 morts. J’espère que la justice fera la lumière sur cela. C’est ce que les victimes demandent. 

Est-ce que vous vous êtes dit, c’est un jugement injuste. Comment avez-vous réagi ? 

Non, vous savez j’ai fait toute ma carrière à l’international. La Cour pénale internationale est une structure internationale. Je n’ai pas d’avis. Ils ont donné une décision, en première instance, je vous signale. Et maintenant, il y aura sans doute appel au niveau du procureur. Mais attendons de voir comment les choses vont se terminer.

Christophe Boisbouvier, à gauche et Alassane Ouattara, à droite. RFI

 Ce que beaucoup disent dans le Front populaire ivoirien (FPI), c’est qu’en fait la Cour pénale internationale a été instrumentalisée par la Côte d’Ivoire ? 

Eh bien, dites donc, nous sommes vraiment puissants (rires). Mais au moins, ils reconnaissent que la Côte d’Ivoire est maintenant un pays puissant, moderne qui a des relations, mais interférer avec la justice internationale ou nationale, ce n’est pas comme ça que je gère mon pays.

Est-ce que de fait il n’y a pas eu des liens très forts entre le premier procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, Nicolas Sarkozy et vous-même et que cela a abouti à l’inculpation de Laurent Gbagbo, et qu’aujourd’hui, il y a des juges qui disent : finalement le dossier est difficile à prouver ? 

Je ne le connaissais pratiquement pas. Je l’ai eu au téléphone une ou deux fois.

Moreno Ocampo ? 

Moreno Ocampo. Je me suis même fâché une fois avec lui. Laissons la justice faire son travail. Ce serait plus simple. Et pensons aux victimes, à leurs proches. Pensons à ces 3 000 morts, ces 3 000 Ivoiriens qui ont quand même été massacrés. Nous, nous continuons nos enquêtes pour voir quels sont ceux qui sont responsables de ces crimes.

Et si demain, Laurent Gbagbo est acquitté également en appel, et s’il rentre en Côte d’Ivoire. Que va-t-il se passer ?

Si, si, si… C’est que des châteaux en Espagne. Attendons de voir. 

Il a été condamné il y a un an dans une affaire de braquage de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), c’était par la justice ivoirienne. Est-ce qu’il risque d’être arrêté à son retour en Côte d’Ivoire, en pratique ?

La Côte d’Ivoire est un Etat de droit. On avisera à ce moment-là.

Et est-ce que des discussions peuvent être envisagées entre les autorités ivoiriennes et le FPI pour que le retour de Laurent Gbagbo se passe sans encombre ? 

Pour le moment, il n’y a aucune discussion.

C’est trop tôt ?

Non, je n’ai pas été contacté par qui que ce soit. Mais je suis disponible pour discuter de toute chose concernant la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens. Sans exclusivité je suis pour la paix, je suis pour que la Côte d’Ivoire continue dans la tranquillité, que les progrès importants que nous avons vus ces sept dernières années puissent se consolider dans tous les domaines économique, social, sur le plan de la gouvernance démocratique, etc.

Quand les amis de Laurent Gbagbo disent que si demain il rentre en Côte d’Ivoire, ce sera dans un esprit de réconciliation. Y croyez-vous ?

Mais je le souhaite. Ce serait une très bonne chose.

Même si demain, il se présente à la présidentielle de 2020 ? 

Posez-lui la question. 

2020, vous y pensez monsieur le président ?

Bien sûr que j’y pense. Il s’agit de l’avenir de mon pays. On a fait de bonnes élections en 2015, après les problèmes que nous avons vécus en 2010. Je souhaite que 2020 se passe comme en 2015.

Alors en 2015, vous étiez candidat.

Bien sûr.

Vous avez gagné dès le premier tour… 

A 83%.

Est-ce que vous serez candidat en 2020 ?

On verra en 2020. Je répondrai à cette question. 

Certains disent que, dans la Constitution ivoirienne, il n’est pas très clair de savoir si vous pouvez vous représenter ou pas ? 

C’est très clair. Je peux me représenter si je le souhaite. C’est une nouvelle Constitution qui a touché non seulement à l’exécutif, avec un poste de vice-président, qui a touché au législatif avec la création d’un Sénat, qui a touché au judiciaire, avec la création de nombreuses cours plutôt que des chambres. C’est une toute nouvelle Constitution. Et tous les avis juridiques que j’ai consultés me confirment que si je veux être candidat en 2020, je peux l’être. Et ce serait conforme à la Constitution.

Est-ce qu’avec les opposants qui se multiplient, Konan Henri Bédié, peut-être Laurent Gbagbo, peut-être Guillaume Soro. Est-ce qu’il ne va pas falloir que ce soit vous le candidat du RHDP ?

Non, mais vous savez en réalité je donnerai ma réponse en 2020. Il y a beaucoup d’hypothèses que vous imaginez, mais il y a une recomposition politique qui se déroule en Côte d’Ivoire. En tant que démocrate, j’estime que c’est une excellente chose. Et je souhaite d’ailleurs qu’il y ait une clarification, que ceux d’entre nous qui sommes des libéraux sociaux, soyons d’un côté et les autres qui sont d’une autre tendance soient de l’autre côté. Et que les Ivoiriens aient un choix très clair de faire les choses en fonction des attentes de nos concitoyens. Une chose est certaine, j’ai un bilan qui est inattaquable. Cette année, une croissance moyenne par an de 8%, parmi les quatre pays du monde avec le plus fort de croissance ; un taux d’inflation de 1 à 2% quasiment jamais inégalé, pas seulement en Afrique, mais en Europe ; un déficit budgétaire autour de 3 à 4% ; une dette publique de moins de 40% du PIB. Et je pourrais continuer. Nous avons un bilan qui est remarquable. Et tout à l’heure d’ailleurs, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) l’a confirmé. Nous sommes à 82% aujourd’hui de fourniture d’eau, de fourniture d’électricité, etc. C’est dans tous les secteurs qu’il y a eu des progrès ces 7 dernières années. Donc la Côte d’Ivoire va bien. La Côte d’Ivoire est en sécurité et nous avons reformé l’armée après les problèmes que nous avons vécus en 2017.

Une mutinerie...

C’est un pays qui est tenu, c’est une économie qui va. Et les taux de croissance continueront d’être entre 7 et 8 % sur les deux, trois, cinq prochaines années. Sans hésitation, je peux vous le dire et, quelle que soit l’évolution des taux de change, parce que nous avons une bonne politique macroéconomique, nous assurons que ce soit la base de l’attraction des investissements et de l’épargne nationale. Moi, je suis confiant quant à l’avenir de mon pays. 

Et justement, pour défendre ce bilan, beaucoup disent aujourd’hui en Côte d’Ivoire, que comme il n’y a pas au RHDP de dauphins qui s’affirment vraiment en dessous de vous, le meilleur pour défendre le bilan en 2020, ce sera vous…

Non, cela n’est pas vrai. Je peux vous citer deux, trois, quatre noms, de jeunes de grande qualité… 

Vous pouvez nous les citer ?

on, je ne le ferai pas. J’ai quand même mon opinion. Mais nous avons une très bonne équipe avec des gens compétents. Et c’est pour cela, j’ai toujours insisté sur le transfert du pouvoir à une nouvelle génération. Mais le moment viendra pour cela.

Quand prendrez-vous votre décision pour 2020 ? L’année prochaine. 

Début 2020. 

En 2020. Je crois que je peux prendre ma décision conformément à la Constitution fin juillet 2020, pour être plus précis. Puisque les élections auront lieu le 28 octobre 2020. Normalement, le dépôt de candidatures c’est 90 jours avant, c’est qui nous amène au 28 juillet 2020. Vous voyez que j’ai bien calculé tout ce qu’il faut.

Oui, mais si jamais vous vous voulez préparer un dauphin, il faudra le préparer avant le mois de juillet 2020 ?

Oui, le dauphine, on a vu dans d’autres pays que je ne nommerai pas, le dauphin a été nommé six semaines avant l’élection. 

Vous pensez à la République démocratique du Congo… Que vous inspire cette élection très controversée, au terme de laquelle Félix Tshisekedi a été officiellement proclamé vainqueur ? 

Non, je n’ai pas de commentaire. Nous, nous avons au niveau de la Cédéao [Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest] comme principe que les questions régionales doivent être réglées par les structures régionales. Donc il appartient à la communauté d’Afrique de l’Est [EAC] et la SADC [Communauté de développement d'Afrique australe] de régler ce problème. Je connais bien le président Kabila. Nous avons d’excellentes relations. Je connais bien également le président Tshisekedi que je recevrais d’ailleurs pendant ce sommet, et il appartient aux Congolais de trouver les arrangements pour que ce pays demeure en paix. 

Quel bilan faites-vous de la présidence Kagame à la tête de l’Union africaine ?  Ne craignez-vous pas un coup de frein à ses réformes par le futur président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi ?

Non, je ne le pense pas. D’abord, je crois que le président Kagame a un bilan exceptionnel. La réforme des institutions, la réforme du financement de l’Union africaine, ce qui nous permettra quand même de pouvoir nous financer nous-mêmes. 

Avec cette fameuse taxe…

Avec la taxe de 0,2%. Et nous, nous l’avons soutenu pour cela puisque c’est une formule que nous appliquons déjà au niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine [UEMOA], au niveau de la Cédéao. Moi, je suis heureux que nous l’ayons appliquée. La Côte d’Ivoire l’applique déjà. Et nous sommes le dixième contributeur au niveau de l’Union africaine. Et le président Kagame est venu en visite officielle en Côte d’Ivoire en décembre. Nous avons eu un très bon échange. Je le félicite pour le travail qu’il a fait.

Et je n’ai pas de doute que le président al-Sissi continuera sur la même voie. 

 

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Désormais le divorce est annoncé entre l’ex-Président Laurent Gbagbo et l’ex-première Dame Simone Gbagbo

Sery Jean Bosco est à Abidjan en ce moment.

Lorsque Atebi lui a donné l'information et confirmée par Akpa Corenthin, il est allé rencontrer Michel Gbagbo pour lui demander ce qu'il en est.

Michel Gbagbo, lui a dit qu'il a reçu un coup de fil de son père pour lui dire qu'il a appris que Simone veut aller à Mama.

Il lui a demandé de joindre le chef de village et le chef de terre de Mama pour leur dire que Simone ne doit pas avoir accès à son domicile.

Lorsqu'il a voulu l'en dissuader, il a indiqué que c'est un ordre.

C'est donc ce qu'il a fait. Lorsque Simone est arrivée à Mama elle a demandé aux chefs d'ouvrir la résidence pour qu'elle y passe la nuit.

Les chefs ont répondu que c'est pas eux qui ont la clé. 

Sery Jean Bosco a alors demandé à Michel Gbagbo s'il peut confirmer les rumeurs relatives au divorce de son père d'avec Simone.

Il a répondu que lors de son dernier voyage à la Haye, son père lui a confirmé que entre Simone et lui, il y a longtemps que c'est fini.

Source proche du Village de Gbagbo a MAMA

P S PHOTOS pour Illustrations

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INTERVIEW EXCLUSIVE /Après la sortie de Bédié à Daoukro / Adama Diomandé (Cadre du RHDP) cogne le président du PDCI : « Bédié n’est plus crédible aux yeux des Ivoiriens »

"Les Ivoiriens ont confiance au Président de république ils savent qu’il ne permettra pas la chienlit préconisée par l’ancien Président Bédié d’être effective dans notre pays. Et aussi cela est valable pour les partisans du FPI qui pensent à un match retour."

Après la sortie de Bédié à Daoukro / Adama Diomandé (Cadre du RHDP) cogne le président du PDCI : « Bédié n’est plus crédible aux yeux des Ivoiriens »

Adama Diomandé est une figure bien connue des Ivoiriens de France. Ce sexagénaire proche des idées d’Alassane Ouattara est un grand habitué des débats politiques radiotélévisés dans l’hexagone. Dans cet entretien, le président de l’Association pour la défense de la démocratie et des libertés (ADDL) également cadre du RHDP a tiré à boulets rouges sur leurs ex-alliés du PDCI tout en commentant l’actualité brûlante.

Vous étiez présent à Abidjan pour le Congrès constitutif du RHDP unifié. Quelles sont vos attentes après ce grand rassemblement ?

Je vous signale que je suis venu au Pays avant la date du 26 janvier donc j’ai participé aux réunions préparatoires de ce grand rendez-vous avec les Ivoiriens. J’ai pris part au pré-congrès éclaté à Abidjan et aussi à l’intérieur du pays. Pour revenir à votre question, le RHDP va permettre une consolidation de la fraternité entre tous les Ivoiriens. Mais également la solidarité, le progrès sur le plan social et une démocratie pluraliste favorisant un climat politique apaisé. Cela pour booster la perspective du développement en direction de l’émergence cher au Président Alassane Ouattara à l’horizon 2020.

2. Pendant que le parti unifié annonce un nombre record de plus de 200 mille participants, vos détracteurs dénoncent un mensonge grossier, ils parlent toujours de coalition de partis politiques dirigés par le Rassemblement des républicains (RDR), qu’en pensez-vous ?

A D/ Moi je m’arrête aux chiffres que le président du comité d’organisation, Adama Bictogo a donné c’est-à-dire plus 150 mille Ivoiriens ont fait le déplacement. Ils ont répondu à l’appel du Président du RHDP et ils ou elles ont adhéré à ses idées qui est une Côte d’Ivoire ressemblée dans la paix et le progrès sous le nom du plus illustre des Ivoiriens : Feu Félix Houphouët Boigny. Pour ce qui est de la réaction de nos opposants, je ne m’occupe pas de leurs états d’âmes ni de leur chagrin, de leur ‘’Goumin Goumin’’ comme cela se dit ici en Côte d’Ivoire.

3. L’absence du Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro au congrès du 26 janvier dernier anime les causeries dans les rues d’Abidjan et fait des vagues dans la presse. Comment expliquez-vous cette défection à ce grand évènement ?

AD/ Personnellement j’aurais souhaité qu’il soit présent à ce congrès mais hélas ! C’est le contraire qui a été choisi par Guillaume Soro. Je respecte ce choix même si je ne le partage pas.

Et pourquoi vous ne partager pas ce choix ?

A D / Désolé je vous dirais pas plus que ça !

4. Concernant toujours Guillaume Soro, après son directeur de protocole, Souleymane Kamaraté alias Soul To Soul, un autre de ses compagnons, l’ex-ministre des Sports et Loisirs, actuel Député de Fresco, Alain Lobognon a également maille à partir avec la Justice. Cela ne laisse pas croire à une chasse aux sorcières faisant suite au désaccord entre le président Ouattara et son ancien dauphin ?

AD / Le cas de Souleymane Kamaraté alias Soul To Soul, ne peut être comparé au cas du député Alain Lobognon. Je vous rappelle que Soro Guillaume lui-même a souhaité que son directeur de protocole collabore en lui demandant de se mettre à la disposition de notre justice. Donc, ne me demandez pas de commenter une décision de justice. Cela n’ait nullement mon rôle. En ce qui concerne le député Lobognon, je ne commenterais pas non plus la décision de la justice. Mais je donnerais mon avis sur l’acte posé par l’élu de la nation qui a voté les lois qui régissent notre société. En effet, il a affirmé dans un tweet une contre-vérité qui pouvait envenimer les choses après une élection très tendue dans la commune du Plateau. Par arrogance il ne s’est pas ressaisi. Au contraire, il a défié la justice, moi je pense qu’un simple tweet d’excuse ou de rétractation aurait suffi a calmé l’affaire. Un élu de la nation ne défie pas la justice de la nation.

Le cas du député Lobognon ne serait-il pas un acharnement politique ?

Non ! Pas du tout et puis en quoi l’ex-ministre des Sports serait un cas de règlement de compte politique ? Il a été battu dans son propre fief par le RHDP. En plus sa démission du RDR n’a pas gêné le parti dans sa dynamique de création du RHDP. Donc pour moi, ce n’est aucunement un règlement de compte.

L’actualité politique est animée par la déferlante d’attaques verbales entre le PDCI d’Henri Konan Bédié et le RHDP Unifié cher au Président Ouattara au point que certains Ivoiriens craignent le pire en 2020. En tant que défenseur de la démocratie et des libertés, quel commentaire faites-vous ?

AD/ Je vais vous répondre en tant que militant du RHDP car vous me demandez une réaction politique à des propos prononcés par un homme politique important de notre pays, de surcroît un ancien Président de la République, Henri Konan Bédié, qui, à l’occasion d’une rencontre avec la jeunesse du PDCI à Daoukro a traité les Houphouëtistes du RHDP de ‘’bâtards’’ et indignes d’être des héritiers politique du père de notre nation au moment où se tenait le premier congrès du RHDP. Je ne trouve pas cela du tout responsable d’un homme, que la majorité des Ivoiriens a cru qu’il était devenu sage et même jusqu’à lui donné le titre de Président du conseil d’administration (PCA) de la Côte d’Ivoire. Je pense que cette sortie le discrédite aux yeux de bons nombres d’Ivoiriens. Les Ivoiriens ont confiance à Ouattara. Il rassure les Ivoiriens donc les Ivoiriens n’ont aucune crainte pour 2020. C’est l’opposition ou les nouveaux opposants qui n’ont aucun argument ni programme alternative veulent crée la chienlit pour faire peur aux Ivoiriens, en réveillant les souvenirs douloureux de leur souffrance de la crise postélectorale de 2011, mais encore une fois je le répète les Ivoiriens ont confiance au Président de république ils savent qu’il ne permettra pas la chienlit préconisée par l’ancien Président Bédié d’être effective dans notre pays. Et aussi cela est valable pour les partisans du FPI qui pensent à un match retour. En ce qui concerne l’éventualité du retour de l’ex-Président Laurent Gbagbo en temps qu’Ivoirien soucieux de la Paix dans mon Pays, je prends acte de la décision des juges de la CPI.

Nous sortons d’une crise postélectorale qui a fait plus de 3 mille morts. Après 8 ans de détention à La Haye, les juges de la Cour pénale internationale (CPI), ont annoncé l’acquittement pur et simple des principaux accusés, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. A votre avis, justice a été rendue ?

Je vous renvoie à la déclaration de la procureure de la CPI Madame Fatou Bensouda.

Pour la Présidentielle de 2020, il est de plus en plus fait cas d’une alliance entre le PDCI de Bédié et le FPI de Gbagbo. Vous qui êtes très proche du président de la République ne craignez- vous pas une telle coalition ?

La démonstration des 25 et 26 janvier dernier a fini de me convaincre que le RHDP sortira gagnant en 2020. Car le RHDP a des bilans très positifs économiquement, diplomatiquement, politiquement et avec le programme social qui sera déployé en cette année 2019 nous n’avons aucune crainte d’une éventuelle coalition politique de contre-nature qui est seulement politicienne. Et qui a un seul objectif la catégorisation des Ivoiriens et cela les Ivoiriens dans leur majorité n’en veulent pas du tout.

Cela se murmure dans tous les milieux politiques. Dites-nous, Ouattara sera-t-il candidat en 2020 ?

A D / Je ne peux que vous renvoyer aux déclarations du Président de la République lui-même. Pour parler comme lui, attendons 2020. Il a dit aussi que notre chère Côte d’Ivoire est plus importante que ses principes à lui. Sinon, il a plusieurs fois exprimé son souhait. Pour finir sur cette question, même s’il se présentait en 2020, il sera à son premier mandat de la troisième République. 

Des sources proches de la présidence de la République font état de votre prochaine nomination en tant que Sénateur issu de la diaspora. Vous confirmez ?

Je ne réagis pas aux rumeurs et cette décision est à la discrétion du Président de la République

Et si l’information était avérée ?

Merci à vous je serais heureux !

Quels sont vos souhaits à l’endroit de vos concitoyens ?

Paix et pardon mutuelle pour une réconciliation franche et sincère entre tous les Ivoiriens et tous les habitants de notre chère Côte d’Ivoire.

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