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Adama Diomande

Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

URL du site internet: http://www.addl-association.info

CIV/ Alassane OUATTARA "Vous pouvez me faire confiance. Nul ne sera en mesure de troubler cette paix tant que je serai à la tête de la Côte d’Ivoire"

« Je voudrais vous assurer de ma ferme détermination à rassembler toutes les filles et tous les fils de notre beau pays Je tiens à la stabilité et à la paix dans notre pays. »

Discours du Chef de l’État lors de la présentation des vœux de nouvel An aux Chefs traditionnels et aux Guides religieux

- Monsieur le Vice-Président de la République ; - Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ; - Monsieur le Président du Sénat ; - Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ; - Madame et Messieurs les Présidents d’Institutions ; - Mesdames et Messieurs les Ministres ; - Monsieur le Président du Directoire de la Chambre Nationale des Rois et Chefs Traditionnels ; - Monsieur le Président du Forum des Confessions religieuses ; - Monsieur le Président du Conseil Supérieur des Imams ; - Monsieur le Président de la Conférence des Évêques Catholiques de Côte d’Ivoire ; - Honorables Chefs traditionnels, - Éminents Guides religieux, - Mesdames et Messieurs, Je voudrais, pour commencer, vous exprimer la joie qui m’anime de me trouver en votre compagnie, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de nouvel an.

 Je voudrais également vous remercier pour les mots choisis et les vœux que vous venez de former à mon endroit, à celui de ma famille et de mes proches.

En retour, je souhaite que 2019 soit pour chacun de vous, ainsi que pour vos familles respectives et tous ceux qui vous sont chers, une année de santé, de joie, de paix et de réussite. 

Majestés ; Honorables Chefs Traditionnels ; Éminents guides religieux ; Mesdames et Messieurs ; Je suis heureux de noter, dans vos interventions, votre satisfaction pour le travail effectué par le Gouvernement, notamment en ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens. 

Comme vous l’avez souligné, le chantier est très vaste. Nous en sommes conscients et chacun des membres du Gouvernement est à la tâche.

Je me dois de souligner que 2018 a été une très bonne année, après les difficultés que nous avons connues en 2017. Elle a été une bonne année au plan économique mais également au plan social avec la prise d’une loi d’amnistie qui a été fortement appréciée par chaque Ivoirien. 

2018 a également été une année apaisée au plan de la sécurité. Je salue donc nos Forces de défense et de sécurité pour l’important travail accompli. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est en paix et les Ivoiriens sont rassurés.

Je voudrais remercier mes compatriotes pour la confiance qu’ils m’ont toujours témoignée et qui a été le socle du travail et de la détermination qui m’ont toujours animé.

C’est pourquoi, nous ne ménagerons aucun effort, aucune énergie pour améliorer le bien-être de nos concitoyens. C’est tout le sens du programme social du Gouvernement qui sera mis en œuvre sur la période 2019 - 2020 et qui abordera toutes les problématiques sociales avec plus de pragmatisme. 

Ce programme, d’un montant de 727,5 milliards de F CFA, couvrira les secteurs prioritaires de la santé, de l’éducation, de l’électricité, de l’eau potable, de l’autonomisation des jeunes et des femmes, des logements sociaux...

Vous m’avez invité à davantage de concertations, afin de rassembler, encore plus, les fils et filles de notre chère Côte d’Ivoire. Je voudrais vous assurer de ma ferme détermination à rassembler toutes les filles et tous les fils de notre beau pays ; car il ne peut y avoir de développement sans paix durable.

C’est fort de ce constat que j’ai instruit le Premier Ministre, à rencontrer les responsables des Partis politiques et de la Société civile en vue de réexaminer la composition de la Commission Électorale Indépendante, conformément aux recommandations de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

Mais, je voudrais rappeler que la Commission électorale actuelle est le fruit d’un large consensus de tous les acteurs politiques de premier plan, après la période de crise et c’est l’Institution qui a organisé l’élection de 2010.

Cette Commission a aussi organisé sept élections : deux élections législatives, deux élections locales, une élection présidentielle, une élection sénatoriale et le référendum.

Ces sept élections organisées par la Commission Électorale Indépendante se sont globalement bien passées. Je voudrais donc saisir cette opportunité pour féliciter le Président de la Commission Électorale Indépendante. 

La Côte d’Ivoire a réussi à organiser sept élections, qui se sont bien déroulées. Les quelques problèmes intervenus lors des dernières élections locales et qui portent sur moins de 5% des communes, ne doivent donc pas nous amener à décrier cette Commission qui a été mise en place de manière consensuelle, avec tous les acteurs politiques. 

Néanmoins, j’ai demandé au Premier Ministre de procéder au réexamen de la Commission Électorale Indépendante conformément aux recommandations de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

Le consensus qui a été obtenu ne saurait être remis en cause. Je respecte les libertés fondamentales. Je considère que la démocratie ne peut se construire sans liberté fondamentale.

Honorables Chefs Traditionnels ; Éminents guides religieux ; Il ne peut y avoir meilleurs messagers, que vous les Chefs traditionnels au niveau du pays profond, et les Guides religieux au niveau des religions. 

Je suis en phase avec vous. Il nous faut la paix dans notre pays. Les acteurs politiques doivent en être conscients. Depuis le décès du Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, c’est la première fois que la Côte d’Ivoire est en paix pendant une période continue, depuis 7 ans. Cela est dû à plusieurs facteurs, notamment à votre sagesse et à votre contribution à cette paix.

Je compte sur vous pour continuer de répandre ce message de nécessité de paix, de considération et de respect de l’autre. Je compte sur les Chefs traditionnels qui sont le premier maillon de la médiation pour aider nos populations, dans le milieu rural et dans nos villages, à s’accrocher à la paix.

Ne perdons pas cette paix que nous avons pu acquérir depuis sept ans, sans interruption ! Si j’ai pris la loi d’amnistie, c’est parce que j’ai considéré qu’elle contribuerait largement à la cohésion nationale, à la paix et à la stabilité de notre pays.

J’entends beaucoup d’inquiétudes au sujet des élections de 2020. Pour ma part, je suis confiant et je peux vous dire que les élections de 2020 se passeront très bien. Je vous en donne l’assurance.

Je fais confiance aux Ivoiriens et à nos Institutions. Les élections de 2020 se passeront très bien.

Arrêtons de nous faire peur et de dire qu’il y aura des problèmes en 2020 !

Je tiens à la stabilité et à la paix dans notre pays. Vous pouvez me faire confiance.

Nul ne sera en mesure de troubler cette paix tant que je serai à la tête de la Côte d’Ivoire.

Majestés ; Honorables Chefs traditionnels ; Éminents Guides religieux ; Mesdames et Messieurs ; Tout en vous exprimant à nouveau mes vœux les meilleurs pour l’année 2019, je voudrais vous exhorter aussi, à vous engager davantage dans vos traditionnelles missions de médiation, de conciliation entre les fils et les filles de la Côte d’Ivoire, afin que notre pays continue son inéluctable avancée vers son Émergence.

Je vous remercie.

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CÔTE D'IVOIRE / États généraux de la Jeunesse ivoirienne : Voici le programme détaillé

Les États généraux de la Jeunesse ivoirienne (EGJ) débutent dans 48 heures à Abidjan. Un rendez-vous qui se tiendra du 9 janvier au 11 janvier au Palais de la Culture de Treichville. Les échanges auront lieu autour du thème « La jeunesse ivoirienne au centre du nouveau pacte social ».

Un programme riche et dense Le lancement des Etats généraux de la jeunesse ivoirienne est prévu pour l’après-midi du Mercredi 9 janvier au Palais de la Culture à partir de 15h. Mais avant la cérémonie d’ouverture, débuteront dès 9h jusqu’à 13h les panels portant sur les thèmes suivants :

« Migration des jeunes ivoiriens : quelles réalités ?

» et « de la détection à la reconversion : Comment accompagner les jeunes sportifs ?

», « Regards croisés sur la violence et la drogue en milieu scolaire et estudiantin » et « les comportements sexuels à risques chez les jeunes : comment protéger leur vie et leur avenir ?

».La journée du Jeudi 10 Janvier 2019 sera consacrée aux ateliers et à trois panels ministériels. Ce jour-là, il y aura pour ce qui est des ateliers, l’analyse du cadre juridique de la jeunesse en Côte d’Ivoire et du statut, organisation et fonctionnement du CNJ-CI. Les débats porteront aussi sur l’examen des mesures fiscales et code d’investissement en faveur de la création d’emploi pour les jeunes, sur l’optimisation du dispositif de l’Agence Emploi Jeunes, sur les conditions et modalités de la relance de la Carte jeune, sur l’Entreprenariat des jeunes et l’accès au financement, etc.

Quant aux panels ministériels, ils porteront sur « Quelles formations pour une insertion durable des jeunes dans des emplois décents ?

» « Apport des ministères sectoriels à la création d’emplois pour les jeunes », « Apport des ministères sectoriels à la création d’emplois pour les jeunes ». A côté de ceux-ci, les Partenaires techniques et financiers et le secteur privé présenteront leurs initiatives en faveur des jeunes et les ministères déclineront leur apport à la création d’emploi pour les jeunes.

Pour la dernière journée, c’est-à-dire le vendredi 11 janvier, il est prévu un panel ministériel spécial au cours duquel les anciens ministres de la jeunesse viendront partager leurs expériences. Ce panel sera suivi par la présentation des résultats de la revue annuelle du Plan sectoriel Éducation/Formation.

La Cérémonie de clôture est prévue le vendredi 11 janvier pour 15 h.

Des experts de valeur Pour ces États généraux de la jeunesse, les participants seront face à des experts qui ont fait leur classe dans les différents domaines.

On peut citer entre autres, Asalfo, lead vocal du groupe magic système et initiateur du FEMUA qui avait pour thème en 2018

« Jeunesse Africaine et immigration clandestine », Sindou Bamba jeune migrant revenu au pays partagera son expérience, Bonaventure Kalou, ex- footballeur international et Hamza Gamal, président de Centre de football (OSA).

Jacob Bleu, artiste visuel, Ben Aziz Konaté, PDG Volaille d’or, Jean Marie Ackah, président de la CGECI, etc.

L'histoire continue….

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Un papier de. Mamadou Habib Karamoko à l’adresse d’Alassane OUATTARA & d’Henri KONAN BEDIE / Oui, l’esprit de FHB est porteur de paix !

« Chers aînés, Je remarque aussi que lorsque l’esprit de FHB vous est revenus et que vous avez enterré la hache de guerre, la Côte d'Ivoire a retrouvé la paix, la stabilité et la croissance. »

Par : Mamadou Habib Karamoko #MonPays 

Chers aînés,

Vous avez eu chacun, la chance et le privilège d’être des proches collaborateurs du Président Félix Houphouët-Boigny auprès de qui, vous avez certainement beaucoup appris. Voyez-vous, toute sa vie, le sage de Yamoussoukro a prôné la PAIX et le DIALOGUE. C’est pourquoi, en témoignage de ses actions devant Dieu et pour la postérité, il a fait bâtir dans son village natal, notre DAME DE LA PAIX, cette œuvre architecturale dont le gigantisme et le raffinement se la disputent à la splendeur. Aussi, l’UNESCO, pour perpétuer l’esprit, les efforts et la philosophie de FHB, a créé un prix international pour la recherche de la paix. Et il vous plaît chacun, d’assister fièrement à la remise de cette distinction. N’est-ce pas ? Chers aînés,

Je remarque comme de nombreux ivoiriens que dans un passé récent, alors que l’esprit du père de la nation vous avait quittés, vos divergences et vos incompréhensions avaient profondément divisé les enfants du même pays. Certains parmi ceux-ci continuent malheureusement encore à se regarder en chiens de faïence, au lieu de s’accepter comme des frères et sœurs ayant la même communauté de destin. Oui, vos divergences avaient fini par exposer le pays à la haine, l’insécurité et au désordre. 

Je remarque aussi que lorsque l’esprit de FHB vous est revenus et que vous avez enterré la hache de guerre, la Côte-d’Ivoire a retrouvé la paix, la stabilité et la croissance.

Oui, l’esprit de FHB est porteur de paix !

Mais depuis quelques temps, des sons de cloche stridents et de plus en plus discordants se font entendre ; ils me disent que l’esprit de FHB est en train de vous quitter ; ils me rappellent les heures sombres de notre jeune histoire.

Ces sons de cloche ne sont pas ceux de NOTRE DAME DE LA PAIX....mais plutôt de vos différentes chapelles où les officiants ne sont que de vulgaires opportunistes et des lugubres sicaires !

Chers aînés,

Pendant qu’il est encore temps, faites revenir en vous l’esprit de FHB et renouer le fil du dialogue pour le bonheur de la Côte-d’Ivoire. Rentrez-en vous-même et revenez-nous avec la cohésion sociale et la quiétude.

Ne succombez point aux boniments des sycophantes, et ne cédez pas aux machinations des extrémistes de vos camps qui n’ont que faire de la patrie et de l’intérêt collectif.

Si les ambitions de pouvoir sont légitimes, la vie des ivoiriens l’est davantage ! La Côte-d’Ivoire renaît et nous devons tous l’aider à vivre, grandir et à être à nouveau notre fierté.

Je suis Mamadou H. KARAMOKO et je l’ai dit...

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Récit exclusif / Dans la tête de Laurent Gbagbo :Cette nuit-là, « Seplou » est seul dans son bureau...

"Un maître d’hôtel lui a apporté un verre d’eau et un sandwich jambon-beurre. Sa large chemise Pathé’O flotte un peu" 

L’ex-président ivoirien n’a jamais envisagé sa défaite. Battu dans les urnes, dos au mur, il s’est retrouvé sans plan B. Si ce n’est le passage en force.

Récit exclusif.

Les hommes de pouvoir n’ont de secrets ni pour leur valet de chambre ni pour leur graphologue. Ceux qui pensaient que Laurent Gbagbo allait se soumettre au verdict des urnes et qui s’étonnent de le voir, quinze jours plus tard, vissé à son fauteuil présidentiel comme une huître à son rocher, submergé par la marée des condamnations internationales, en seraient moins surpris s’ils avaient en tête cette analyse graphologique, réalisée il y a quatre ans sur la base d’un manuscrit échappé du Palais de Cocody. Il y est question d’un homme qui « s’identifie complètement à son personnage sans se dévoiler pour autant à titre personnel », qui répond au doute par « l’attaque » et « l’orgueil », sur qui « l’affectif et la sensibilité n’ont pas de prise », qui ne « s’avoue jamais vaincu », qui « joue sur son autoritarisme et son besoin de puissance », dont l’ego et la détermination composent « une personnalité de style paranoïaque » avec un mode de conduite à la fois profondément structuré et définitivement inamovible. Se ment-il à lui-même, lui qui entretient avec la vérité des rapports fluctuants maintes fois dénoncés par ses adversaires et partenaires ? Rien n’est moins sûr. Mais, même s’il sait que ses probabilités de survie au pouvoir sont à terme totalement hypothétiques, cette posture de « Gbagbo contre le monde entier » est sans doute celle où il puise le plus de ressources intimes.

Dos au mur réapparaît alors Gbagbo le Bété, héritier de six siècles d’enracinement en terre d’Éburnie et d’une longue histoire de résistance minoritaire à la conquête puis à l’occupation coloniale françaises. Gbagbo l’opposant, persuadé d’incarner un « nouvel ordre » et la seconde indépendance, la seule vraie, de la Côte d’Ivoire. Gbagbo le nationaliste, contraint comme il le dit de « faire la révolution de 1789 sous le contrôle d’Amnesty International » et qui, face aux « candidats de l’étranger », aux blindés blancs de l’ONU et aux injonctions de la communauté internationale, clame que son pays « n’est pas recolonisable ». Réapparaît « Seplou », son surnom du village, l’oiseau qui avertit du danger et annonce la guerre. Comme Robert Mugabe, comme la plupart des chefs d’État quand ils sont confrontés aux diktats politiques, économiques ou judiciaires du Nord – Cour pénale internationale, critères démocratiques de la bonne gouvernance, biens mal acquis… –, Laurent Gbagbo joue donc, mi-sincère mi-calculateur, sur le registre d’un patriotisme afrocentriste qui est loin d’être obsolète auprès d’une partie de l’opinion continentale. Le problème évidemment est que plus d’un Ivoirien sur deux ne se reconnaît pas dans cette démarche, que même s’il ne s’y est résigné qu’à contrecœur, il a bien accepté que cette élection se tienne sous étroite observation extérieure, et que la Commission électorale indépendante (CEI), dont il prévoyait à l’avance qu’elle avaliserait une mesure « inévitable » mais néanmoins « acceptable » de fraudes, en dise les résultats. Le problème enfin est qu’en cas de défaite, inenvisageable à ses yeux tant cette humiliation lui est insupportable, le phacochère blessé qu’il est devenu n’a jamais eu d’autre plan B à sa disposition que le passage en force… 

Waterloo électoral Comment Laurent Gbagbo a-t-il bu le calice de son Waterloo électoral ?

Pourquoi a-t-il décidé de s’enfermer dans son Fort Chabrol de Cocody et de tenir tête à l’Histoire ?

Jusqu’où ira-t-il ?

Le récit exclusif des cinq jours qui ont fait basculer la Côte d’Ivoire, vu de l’intérieur du bureau présidentiel et reconstitué à partir du témoignage des proches du chef de l’État sortant, éclaire d’un jour singulier une fin de règne lugubre et parfois surréaliste.

>>> Dimanche 28 novembre, 23 heures. Dans son QG de campagne du quartier d’Adoban, à Abidjan, Laurent Gbagbo a le sourire. Selon les informations en sa possession, la clé du scrutin – le report des voix de l’électorat d’Henri Konan Bédié – tourne dans le bon sens. Les chiffres, tout au moins ceux qui lui parviennent, le donnent en tête avec 52 % des voix, contre 48 % à Alassane Ouattara. « Vous voyez bien, lâche le président. Je savais que la greffe n’allait pas prendre. » Ce qu’il ignore, bien sûr, c’est qu’au même moment son rival a en mains des estimations radicalement inverses en provenance de la CEI (57 % en sa faveur). Et que, dans sa suite du Golf Hôtel, le Premier ministre, Guillaume Soro, est en train de basculer. Soro, qui a pourtant cru en Laurent Gbagbo avant le premier tour du 31 octobre et peut-être voté pour lui, puis senti la montée en puissance de Ouattara, est très remonté contre celui qui le qualifiait pourtant, il y a à peine deux mois, de « meilleur de [ses] Premiers ministres ». Motif : le brusque durcissement de la campagne électorale du président sortant entre les deux tours. Simone Gbagbo, qui a pris les rênes, a cru bon de fustiger à longueur de discours les « fauteurs de guerre » des Forces nouvelles, qui ont voulu « éliminer » son mari pour le compte de Ouattara. Or, les FN, c’est la base et la matrice de Guillaume Soro, lequel n’a en outre pas apprécié la proclamation unilatérale du couvre-feu. « Rien qu’en annonçant cela à la télévision, Gbagbo s’est tiré une balle dans le pied : il a perdu quatre points en cinq secondes ! » fulmine-t-il.

>>> Lundi 29 novembre, 20 heures. Devant ses proches, Gbagbo paraît un peu moins sûr de lui. Tout le monde, à l’extérieur, commente la victoire annoncée de son adversaire, mais nul n’ose lui en parler. « On devrait gagner, confie-t-il. Mais il y a des fraudes, plus graves que ce que j’avais prévu. » Un peu plus tard, il téléphone à son voisin et facilitateur de la crise, le président burkinabè, Blaise Compaoré, puis raconte sa conversation : « Je lui ai dit : “Blaise, on me signale des mouvements de tes troupes à nos frontières.” Il me répond : “Ah bon ? Quelles troupes ?” Je rétorque : “Tu n’es pas au courant ?” Il réfléchit un peu, puis me dit : “Oui, je vois ce que c’est, ce sont des petites manœuvres avant les célébrations de notre cinquantenaire le 11 décembre à Bobo-Dioulasso.” Je réponds : “Tu ne pourrais pas les faire ailleurs ? Ça m’arrangerait.” On a rigolé. » Vers 22 heures, un visiteur informel, go-between entre les deux camps, glisse à l’oreille du président que Guillaume Soro a décidé de le quitter et de rallier Alassane. « C’est impossible, il ne peut pas ! Ce serait trahir ! s’exclame Gbagbo. Dites-lui de venir me voir immédiatement.

» Trente minutes plus tard, le Premier ministre arrive et s’engouffre dans le bureau présidentiel. Rien ne filtre, mais tout laisse à penser qu’aucun des deux hommes n’a véritablement crevé l’abcès.

>>> Mardi 30 novembre, 19 heures. Nady Bamba, la seconde épouse du chef, n’en démord pas. Elle a rencontré secrètement un collaborateur très proche de Soro et en a retiré l’impression que « Guillaume ne va pas [les] lâcher. » En pleurs, elle ajoute : « Ils vont arranger les choses, Allah est avec nous ! » Arranger ? Entre nuit et brouillard, l’heure est aux intermédiaires de l’ombre. Un riche homme d’affaires de la région installé à l’hôtel Pullman, qui a ses entrées à la primature comme à la présidence, fait ainsi d’étranges propositions de compromis entre les deux hommes. « Tout est négociable », répète-t-il, et le plus étonnant est qu’il est apparemment mandaté pour le faire. Informé, Gbagbo refuse : « C’est un piège ! » Gbagbo qui, désormais, hésite et semble douter. « Nous sommes à 50-50, confie-t-il, mais je m’accrocherai. » Sans doute pense-t-il désormais à mettre en œuvre son plan de sauvetage : tout faire pour empêcher la CEI de proclamer les résultats « biaisés » et passer la main au Conseil constitutionnel. Au Golf Hôtel, Soro, lui, ne doute plus. Avec ses proches, il choisit le nom de son futur parti : ce sera le FND, Forces nouvelles démocratiques.

>>> Mercredi 1er décembre, 19 heures. Dans la cour de la présidence, à Cocody, l’entourage de Laurent Gbagbo arbore des mines renfrognées, limite agressives. Ici, l’étranger au carré des fidèles n’est pas le bienvenu. « L’Angola a connu vingt-sept ans de guerre civile, nous n’en sommes qu’à la huitième, nous tiendrons encore dix-neuf ans », lâche un officier. Il est 20 heures quand un visiteur livre enfin au chef ce que nul depuis deux jours n’a eu la volonté de lui dire : les chiffres que la CEI s’apprête à rendre publics le donnent battu : « Tu as 46 %. » Gbagbo accuse le coup, puis se reprend : « Cela ne m’étonne pas. La CEI a toujours été contre moi.

Choi et l’Onuci vont passer l’éponge sur les fraudes parce que la fraude est du bon côté, celui de Ouattara. Mais la CEI n’est qu’un outil technique. L’outil juridique, c’est le Conseil constitutionnel.

La loi prime, et la loi ce sont les Blancs qui l’ont faite. Je ne céderai pas. » Puis il décroche son téléphone : « Appelez-moi le Premier ministre. » Gbagbo à Soro : « Viens, je t’attends. » Soro : « Mais je suis avec Choi. » Gbagbo : « Laisse-le et viens me voir. » Soro est en route. Prévenue, la garde à l’extérieur fait savoir qu’elle ne le laissera pas approcher : « Pas question qu’il voit le chef ! » Laurent Gbagbo doit réitérer ses ordres. L’entretien qui suit entre les deux hommes est tendu. Ils parlent des fraudes et le président fait savoir qu’il est hors de question à ses yeux que la CEI proclame les résultats avant minuit : « Je ne les reconnaîtrai pas. » Derrière la porte entrebâillée, des proches de Gbagbo ne perdent pas une miette de la conversation et, comme s’ils doutaient de la détermination de leur chef, font non de la tête dès que Soro prend la parole. Plus tard dans la nuit, de retour à l’hôtel, Guillaume Soro expliquera que Laurent Gbagbo lui est apparu « fatigué, désorienté », et que, dans ces conditions, il n’a pas eu le courage de lui confirmer qu’il avait bel et bien perdu la partie. Les ponts sont coupés. Ils ne se reverront plus.

>>> Jeudi 2 décembre, 14 heures. Le délai imparti à la CEI pour annoncer les résultats étant théoriquement expiré depuis la veille, une course de vitesse s’est engagée entre les deux camps. Alassane Ouattara téléphone au chef de l’Onuci, Choi Young-jin, pour lui demander d’abriter dans ses locaux la conférence de presse de Youssouf Bakayoko, le président de la CEI, qui doit proclamer les résultats provisoires. Refus de Choi : « Non, pas chez moi, ce ne serait pas opportun. » Ce sera donc au Golf Hôtel – pas le meilleur endroit, symboliquement et politiquement, mais tout de même en « territoire ivoirien ». En début de soirée, on apprend que le Conseil constitutionnel va proclamer ses propres résultats le lendemain.

Ouattara à un émissaire : « Dis à Gbagbo que s’il revient à la raison il ne lui arrivera rien ; je le protégerai jusqu’au bout. » Autre pensionnaire prestigieux du Golf, Henri Konan Bédié est, lui, beaucoup plus tranchant : « Gbagbo est devenu fou ; il ne tiendra pas. Dans quelques jours, l’armée et l’Onuci l’auront balayé. » L’armée… Tard dans la soirée, Laurent Gbagbo confie à un visiteur : « Je sais que Soro et ses rebelles préparent une offensive pour prendre Yamoussoukro et descendre sur San Pedro. Ils comptent sur des divisions au sein des Forces de défense et de sécurité. Mais je n’ai aucune crainte. L’armée et moi, nous avons scellé un pacte. Pour le reste, qu’ils prennent le Nord, on peut vivre sans ! »

>>> Vendredi 3 décembre, au cœur de la nuit. Au palais de Cocody, l’atmosphère est à la mobilisation et au recueillement. Des exhortations s’échappent de petits groupes de prière réunis çà et là : « Dieu protège la Côte d’Ivoire ! » La Bible et le fusil. Laurent Gbagbo, dont l’entretien téléphonique avec Nicolas Sarkozy s’est très mal passé, reçoit l’ambassadeur de France Jean-Marc Simon. « Sarkozy, c’est Chirac II ! », tonne-t-il, « Vous devez savoir que dans le droit ivoirien, c’est le Conseil constitutionnel qui prime ! Le droit, c’est vous qui l’avez inventé n’est-ce pas ? » Même s’il se dira plus tard « impressionné » par l’extrême résolution de son interlocuteur, Simon se montre ferme. « Pas de violences, pas de sang versé, aucun Français ne doit être touché », répète-t-il. Depuis le milieu de l’après-midi, le président ivoirien a brûlé ses vaisseaux. Le Conseil constitutionnel l’a déclaré élu sans même tenir compte de l’article 64 du code électoral ivoirien, révisé en 2008 et qui prévoit qu’au cas où le Conseil « constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble », il doit prononcer « l’annulation de l’élection présidentielle » (et non pas l’identité du vainqueur), un nouveau scrutin devant être organisé « au plus tard quarante-cinq jours » à compter de la date de cette décision.

Non au Prix Nobel de la soumission 

Cette nuit-là, « Seplou » est seul dans son bureau. Un maître d’hôtel lui a apporté un verre d’eau et un sandwich jambon-beurre. Sa large chemise Pathé’O flotte un peu. Il est fatigué, amaigri, mais ses yeux s’animent d’une étrange lumière quand il se lance, devant un proche qu’on vient d’introduire, dans un long monologue.

« Eh bien quoi ?

Pourquoi céder ?

Pourquoi partir ?

Pour qu’on me décerne le prix Nobel de la soumission ?

Pour qu’on me cite en exemple devant les écoliers de France et que l’on dise : voilà la preuve que la démocratie à la française ça marche jusqu’au fin fond de l’Afrique ?

Eh bien non.

Cette élection démontre que la démocratie ici, ça ne marche pas encore.

Où est le vote moderne, quand l’imam donne des consignes à la mosquée et que tous ses fidèles le suivent comme un seul homme ?

Où est la démocratie, quand tout le monde triche ?

La Côte d’Ivoire est en phase d’apprentissage démocratique et c’est à moi, Laurent Gbagbo, de la guider jusqu’à ce que la leçon soit apprise. Alors, bien sûr, on va me condamner. Les Américains, les Français vont me condamner. Je ne suis pas Israël, je ne suis pas Moubarak, je ne suis pas Karzaï. Je ne suis qu’un Africain. Mais je résisterai. J’ai le cuir épais. Bédié s’est couché. Moi, je ne laisserai jamais Alassane Ouattara diriger la Côte d’Ivoire. S’il veut mon fauteuil, il faudra d’abord qu’il me passe sur le corps !

» Dehors, les crapauds-buffles qui hantent les rives glauques de la lagune Ébrié coassent à l’unisson.

La messe est dite.

Jeune Afrique 18 décembre 2010 à 17h44 Par François Soudan

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