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Absence prolongée, destitution du Pan, … : Le secrétaire général du Parlement dit tout sur le cas Soro ...

Absence prolongée, destitution du Pan, … : Le secrétaire général du Parlement dit tout sur le cas Soro
Cyrille Djedjed
Le secrétaire général de l'Assemblée nationale, Latte Ahouanzi, était face à la presse le vendredi 13 octobre 2017, à la rotonde de ladite institution, au Plateau, pour faire ''le bilan des activités parlementaires''.

Occasion toute trouvée pour les hommes de médias pour en savoir davantage sur l'absence prolongée du chef du parlement ivoirien et surtout sur la rumeur de destitution récemment annoncée par la Lettre du continent. A ces interrogations, M. Ahoua n'a pas confirmé une destitution de M. Soro. Il a plutôt invité les uns et les autres à '' ne pas aller vite en besogne et à savoir raison garder'', tout en les renvoyant la Constitution ''pour les appréciations''. Poursuivant, le conférencier a fait savoir que le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, est ''régulièrement en mission''.

«Actuellement, à l'invitation du parlement russe, il prend part à la 137è réunion de l'Union interparlementaire. Ensuite, il se rend au Burundi en tant que premier vice-président de l'Association des parlements francophones dans une délégation des parlements francophones pour participer à une mission de bons offices auprès du Burundi qui est membre de la Francophonie. Donc il y va ici actuellement à titre officiel puisque premier vice-président du parlement francophone», a-t-il éclairé.

Pour le secrétaire général de l'Assemblée nationale, malgré cette absence du président Guillaume Soro, l'Assemblée nationale est ''au travail'' même si les séances de questions orales avec débat prévues pour le jeudi 12 octobre 2017 ont été reportées. Il fait savoir que ce n'est pas la première fois que cela arrive dans le fonctionnement de l'institution, précisant que pour que les activités puisent se tenir, il faut que les membres du gouvernement soient disponibles. «Nous arrêtons le calendrier de commun accord. Mais il peut arriver que pour une raison ou une autre le gouvernement saisisse l'Assemblée nationale pour indiquer l'indisponibilité du représentant du gouvernement à cette activité. Nous en prenons note et nous proposons une autre date pour tenir cette activité. Nous avons été saisis de l'indisponibilité des ministres qui devaient passer et nous avons convenu de reporter ces activités. Elles ne sont pas annulées, elles sont reportées pour trouver avec le gouvernement la meilleure date pour les réaliser», a-t-il expliqué.

Revenant sur le bilan des activités parlementaires, le secrétaire général de l'Assemblée nationale a rappelé que l'institution a débuté ses activités législatives le 13 avril avec une conférence des présidents qui lui a permis de disposer d’un calendrier de travail pour la session. Toutefois, en raison de la durée de la session, qui s’étend sur 09 mois, dit-il, la périodicité des travaux a été séquencée. Ainsi, fait savoir le conférencier, le 1er calendrier a couvert la période qui part d’avril à fin juillet avec l'examen de 7 projets de loi, dont 5 ont été adoptés. Poursuivant, M. Ahouanzi a indiqué que pour la reprise des travaux depuis le 21 septembre 2017,les projets de loi qui n’ont pu être examinés lors de la 1ère phase, ainsi que les séances de questions orales avec débats qui n’ont pu se tenir, sont reprogrammés. «Ce sont 20 projets de loi et 2 propositions de loi qui sont sur le bureau de l’Assemblée nationale, au nombre desquels nous comptons le budget de l’Etat pour l’année 2018», a-t-il précisé, ajoutant que l’Assemblée nationale a aussi une action en direction de l’international qui s’exprime au travers la diplomatie parlementaire. Cette session unique ouverte le 3 avril prend fin le dernier jour ouvrable du mois de décembre, soit le 29.

Cyrille DJEDJED

L’existence matérielle d’armes de guerre en soi-même, en dehors des institutions de la Républiques habilitées à les posséder légalement, sans autorisation de l’autorité administrative et militaire, constitue une violation flagrante à la Loi interne (

L’absence de raison critique, est-elle devenue un principe général de philosophie politique en Côte d’Ivoire ?
PIERRE SOUMAREY·MERCREDI 11 OCTOBRE 2017

Je me suis parfois demandé au regard de l’actualité, si l’absence de raison critique était devenue en Côte d’Ivoire, un principe général de philosophie politique, qui se présenterait comme une incapacité à penser et juger rationnellement et objectivement les faits, ayant une implication ou une conséquence politique. Cette inconsistance tragique de la parole publique, masque en réalité une absence de justification à certains actes condamnables, qu’on cherche trompeusement par tous les moyens, sous le couvert d’un idéal, d’une cause, d’un combat, du bien public, d’une génération et que sais-je encore, à expliquer en dépit d’une base factuelle contraire. Ce faisant nous avons pris la fâcheuse habitude de violer le droit et les valeurs fondamentales de la société. Cette situation a conduit à la banalisation du mal, à la déresponsabilisation, à la criminalité politique, à l’impunité et la déliquescence des mœurs. Quand l’esprit et la conscience d’un peuple sont corrompus, c’est son âme même qui est atteinte. Or, une société malade sécrète nécessairement médiocrité, désordre, violence et atrocités. Il suffit de constater ces symptômes dans notre société, de considérer les migrations politiques et de regarder la floraison des clubs de soutien de ceci et de cela, calque d’un temps révolu, de véritables mange-mils fanatisés, robotisés et désubstantialisés, obéissant aveuglement aux mots d’ordre et instructions d’imposteurs et de démagogues politiques que l’on retrouve ici et là.
Ainsi, la dernière actualité judiciaire a contribué à alimenter un débat qui témoigne par les vives et nombreuses réactions qu’elle a suscité dans le microcosme politique et sur les réseaux sociaux, d’une absence totale d’impartialité. Dans les soutiens, on parlait au début d’accusation mensongère, puis de secret défense, et enfin comme aujourd’hui, de relation personnelle, de solidarité générationnelle, de combat idéologique ( ???). On observe une mutation thématique et une certaine évolution du discours. Aussi, dans ce prolongement on parle désormais de volonté politique d’affaiblissement, de calcul électoral, de chasse aux sorcières, d’ingratitude et …… de légitimité historique d’une certaine catégorie de personnes. Cette dernière référence à la page la plus sombre de notre histoire peut surprendre, surtout qu’elle est formulée sous la forme d’un titre de créance sur la République ou d’une immunité contre le Droit. De l’autre côté, l’on parle d’immaturité, de ruse, de trahison, de trouble au jeu politique, mais surtout beaucoup plus grave, de volonté de déstabilisation et d’atteinte à l’autorité et à la sureté de l’État.
Qu’en est-il exactement ? Quelle est la réalité factuelle ? Quelles en sont les implications et les conséquences ? La question qui se pose, eu égard au type de critiques et de commentaires qui nous sont servis, est celle du rapport entre l’absence de raison critique et la responsabilité. Le modèle de raisonnement ou de pensée, ainsi proposer implicitement à la jeunesse, peut-il constituer un fondement sérieux pour la notion de responsabilité ? Dans quelle mesure l’évidence des faits, qu’on occulte volontairement, implique-t-elle l’imputabilité des actes à la charge d’une responsabilité individuelle ou collective ? Ce questionnement interpelle la pertinence de ces déclarations et commentaires, souvent partisans, desquels l’analyse critique semble absente à l’évidence. Il s’agit le plus souvent de mécanismes de défense, de solidarité et de récriminations de la part de certains esprits chagrins, qui éclipsent à la fois les faits et la responsabilité. Rien d’objectif et de sérieux. Il est remarquable que certains retournements et propos n’inspirent pas la considération, pour dire le moins. Un peu de retenue et de dignité seraient plus favorables à la sérénité nécessaire à une analyse critique, procédant d’un esprit critique et non d’un esprit de critique. Dès lors, nous avons affaire à la facilité, à des dogmatismes, des idées arrêtées ou figées, des partis pris, des cultes de personnalité, des affects, des préjugés, des à certitudes, des stéréotypes, à la mauvaise foi, la déformation qui altèrent gravement la capacité d’analyse.
C’est cette perversion que je dénonce avec force, tant de la part de certains politiques et intellectuels, que de certains médias et commentateurs. Nous voulons tout politiser, alors que nous savons tous, que l’esprit critique est consubstantiel à l’esprit scientifique, et qu’en conséquence, il a des exigences à satisfaire dans la démarche et l’expression d’un jugement, la formulation d’une opinion ou d’un commentaire. Penser, c’est remettre en cause méthodiquement et systématiquement, c’est refuser de se laisser enfermer dans un moule de raisonnement ou un schéma idéologique ou encore une théorie, c’est ne pas accepter sans réflexion et investigation personnelle ce qui est dit et présenter. Ceci autorise à dire que nous gagnerions à mieux penser le débat politique en Côte d’Ivoire, pour réduire la passion, le fanatisme et le populisme, qui ont servi de terreau à notre folie meurtrière pendant la crise, tout comme il est indispensable que les Pouvoirs apprennent à écouter, à accepter la critique et à se remettre en cause.
Aussi, pour revenir au centre de notre préoccupation du moment posons nous les bonnes questions. Les différents protagonistes de cette affaire d’armes de guerre peuvent-ils tout divulguer publiquement, au risque de mettre à mal leurs desseins ou trahir certaines informations jusque là tenues secrètes ? Tout peut-il être avoué publiquement sans susciter, récrimination, résistance, opposition et réprobation publique contre tel ou tel ? Dès lors, que nous n’avons pas une réponse certaine et complète à ce questionnement, il ne nous reste plus qu’à interroger les faits eux-mêmes, et c’est tant mieux car en procédant ainsi, la politique s’en trouve évacuée. Quid des politiques et de leurs auxiliaires, qui tentent de justifier les décisions prises en secret pour les uns, et les actions entreprises en secret pour les autres, sous le couvert fallacieux d’agir pour le respect de la Loi et la sécurité de l’État pour les uns, de mener le combat pour la démocratie et la liberté pour les autres. Ces moralistes et propagandistes politiques font montre de duplicité. La compatibilité entre la morale et la politique n’existe qu’en théorie. Dans la pratique, les acteurs politiques trouvent toujours le moyen de violer les lois selon les contraintes imposées par les circonstances et suivant leurs intérêts personnels. Ceci est une tradition bien implantée ici et ailleurs. Trêve donc des moralistes politiques. Pourquoi vouloir commenter ce qu’on ne sait pas ou qu’on cache. « le secret est l’âme des affaires publiques » suivant le mot de Richelieu. Dès lors, pour établir un lien entre l’absence de pensée critique et la responsabilité avérée ou présumée de Soul to Soul, nous solliciterons deux points de vue.
A – Le point de vue moral et juridique :
L’existence matérielle d’armes de guerre en soi-même, en dehors des institutions de la Républiques habilitées à les posséder légalement, sans autorisation de l’autorité administrative et militaire, constitue une violation flagrante à la Loi interne (Code Pénal, Code de la Sécurité Intérieure, Code de la Défense) en ce qu’elle se heurte à des dispositions d’ordre public, puis à la Loi Internationale en ce qu’elle viole l’embargo Onusien sur les armes qui frappait la Côte d’Ivoire au moment de la commission des faits reprochés. À ce stade, peu importe le contexte, les motifs, les buts, la destination finale, les circonstances et les conditions de leur acquisition et de leur dissimulation. L’aspect matériel du délit est établit et suffisant (flagrant délit), sous la qualification de détention illégale d’armes et de minutions. Reste l’élément intentionnel, pour les autres qualifications (menace et tentative d’atteinte à la sureté de l’État).
S’agit-il d’une détention illicite par une personne ou en bande ? S’agit-il d’un dépôt non enregistré ou d’un dépôt enregistré et non restitué ? S’agit-il d’armes dissimulées ou soustraites frauduleusement à l’État, ou encore, d’armes entrées clandestinement sur le territoire national avant ou après la crise post-électorale, à l’insu des autorités d’alors ou actuelles ? Si la détention illégale de ces armes était parfaitement connue de l’autorité, leur entreposage ou leur possession comportait-il une limitation dans le temps et dans l’espace, et ont-elles fait l’objet d’un inventaire ayant permis de constater des écarts significatifs ? La prolongation de leur possession en temps de paix, en dépit d’un appel solennel à les rendre, plutôt que direct et personnel comme il eut été plus efficace, répondait à quel but ? Quels sont les sources d’approvisionnement desdites armes, les acteurs principaux et les financements ? La sécurité de l’état peut-elle être menacée par un seul individu et un civil ? À quelle organisation appartient-il ? Quelles sont ses complicités ? Qui lui lui a fourni les moyens, à défaut, qui a utilisé son domicile avec son consentement éclairé, pour y stocker des armes ? Pourquoi après le rapport de l’ONU, l’État Ivoirien n’a pas entrepris des investigations en exploitant les informations et éléments précis qu’il contenait ? Qui a voulu aider les mutins et dans quel but, en leur relevant l’existence de ces armes ? Pourquoi avoir attendu cette circonstance pour agir ?
Nous nous apercevons tout de suite que l’élément intentionnel n’est pas encore parfaitement établi, pour caractériser le délit sous d’autres qualifications juridiques. Sans identifier et poursuivre clairement tous les acteurs qui ont rendu possible l’existence de ce fait délictueux, et sans parvenir à établir clairement la finalité de cet acte, en tirant toutes les conséquences de cette incrimination, la justice joue sa crédibilité, d’autant plus qu’elle s’est montré prompte à agir, dans des affaires similaires, sur la base d’indices et de preuves, parfois plus faibles.
Au total, c’est à la Justice de trancher. Tout le reste est purement spéculatif. Un rien de plus. Peut-on ignorer l’extrême gravité de ce fait et le laisser sans suite ? Le plus surprenant est la réaction de certains représentants du peuple et de certains anciens Ministres de la République. Peut on aller contre la légalité, la Justice, l’Ordre Public et la sécurité de l’État dans une République, au nom de je ne sais quel alibi et autres fadaises ?
B- Le point de vue historique et politique
Que le parcours du Président Guillaume, soit semé d’embuches et d’épreuve, est le lot de tout politicien qui a de hautes ambitions. Ce n’est pas une novation. Jusqu’à preuve du contraire rien n’est fait pour l’empêcher de se présenter en 2020, selon qu’il avisera. Son parcours est pour lui un bien et un mal à la fois, parce que en avançant nous laissons des traces par lesquelles l’on peut nous rattraper, pour nous servir ou nous nuire. Cependant, chaque fois que nous sommes sortis du Droit, par une rupture avec la légalité et une défiance à l’autorité de l’État, nous avons eu droit à la guerre. Notre longue et meurtrière crise dont nous peinons encore à sortir, trouve pour partie son origine, dans notre refus de respecter le Droit, notre propension à le manipuler au gré de nos calculs, de nos ambitions, de nos intérêts personnels et de le fouler au pied dans son application. Ce n’est pas le lieu de jeter de l’huile sur les braises chaudes qui couvent encore. En dépit de nombreuses violations du Droit et d’une impunité multiforme, nous devons néanmoins persévérer à faire du Droit notre boussole. Son application doit être générale, impersonnelle et équitable. La politique n’offre pas une impunité. Quel que soit notre appartenance et notre rang social, nous restons soumis au Droit. Il faut arrêter avec les abus de droit, la victimisation, l’invective et le parapluie politique. Nous devons nous battre pour construire un véritable état de droit, où nul n’en est au-dessus. C’est le fait de toujours vouloir placer coute que coute, un homme, notre champion, notre favori, au-dessus des lois, qui nous a entraîné dans l’abyme où nous sommes. Aucun homme quel qu’il soit, et quelle que soit sa valeur, ne peut oblitérer le destin d’un peuple, ou entrainer celui-ci dans une autodestruction, pour la conquête, l’exercice, la conservation du Pouvoir. Il y a une morale publique et l’intérêt supérieur de la Nation, que nous ne devons jamais perdre de vue, si nous voulons gouter à la paix et être une Nation forte
C – Conclusion :
L’examen du fonctionnement de la pensée et du jugement auquel nous nous sommes livré permet de distinguer ce qui relève de la règle de droit et de ce qui révèle de notre capacité proprement humaine à dépasser nos appartenances, pour ne considérer que les faits objectifs et l’intérêt supérieur de la Nation. Il est de la responsabilité personnelle de chacun de l’exercer ou non. Cependant, lorsqu’on est un leader d’opinion, un acteur politique, un intellectuel ou un homme public, cette responsabilité est une obligation, qui indique non seulement notre qualité, mais notre degré de maturité politique et notre sérieux. Il s’agit enfin de comprendre comment cette responsabilité personnelle s’incarne en droit, et dans quelle mesure le rapport à soi, peut constituer un critère fiable d’appréciation de la responsabilité juridique.
SOUMAREY PIERRE

Côte d'Ivoire: mission économique belge de plus de 200 personnes dont la princesse Astrid

Une importante mission économique de la Belgique, deuxième importateur européen de produits de Côte d'Ivoire, est attendue lundi prochain à Abidjan, pour raffermir les échanges commerciaux entre les deux pays qui ont atteint un milliard d'euros en 2016.

"C'est une mission économique exceptionnelle sous la direction de la princesse Astrid (soeur du roi des Belges Philippe) par son ampleur, pas moins de cinq ministres, 214 femmes et hommes d'affaires représentant 135 sociétés et entreprises belges présentes" a déclaré l’ambassadeur de Belgique à Abidjan, Hugues Chantry.

La visite, la deuxième en Afrique subsaharienne de la princesse Astrid, après l'Afrique du Sud et l'Angola, entend "aider des entreprises belges à trouver en Côte d'Ivoire, des opportunités qu'elles recherchent, notamment des échanges commerciaux ou des investissements" a expliqué Guillaume De Bassompierre, conseiller économique à l'ambassade de Belgique.

La Belgique est le deuxième importateur européen de produtis de Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire est le 65e client de la Belgique et son 45e fournisseur pour des échanges qui ont atteint un milliard d'euros en 2016, selon les chiffres officiels.

La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao vend la fève à la Belgique qui abrite la plus grande usine du groupe suisse Barry Callebaut. Elle lui vend aussi de la banane et de l'ananas.

La Belgique exporte vers la Côte d'Ivoire des machines agricoles, des engrais et des services d'ingénierie.

La délégation belge sera reçue par le président ivoirien Alassane Ouattara, après une cérémonie de signature de contrats entre les entreprise belges et le secteur public ivoirien.

David contre Goliath Épiphane Zoro Bi-Ballo (Côte d’Ivoire)

« Je pense que l’histoire de la “Cour Pognon” a été une source d’inspiration pour moi dans l’acte que j’ai posé en 1999 », confie aujouurd’hui Épiphane Zoro Bi-Ballo. En septembre 1999, ce petit juge de Dimbokro, dans le centre du pays, a fait scandale en signant le certificat de nationalité ivoirienne d’Alassane Ouattara, alors que l’opposant était traité d’« étranger » et de « Burkinabè » par le camp du président Henri Konan Bédié. « Cette décision, je l’ai prise seul et je savais que cela provoquerait le courroux du chef de l’État, mais j’avais le droit avec moi, affirme-t-il. En fait, j’ai été très marqué par mon père, instituteur, et par l’un de mes professeurs de droit à Cocody, Ouraga Obou [membre du Conseil constitutionnel de 2011 à 2014]. Tous deux plaçaient l’indépendance au-dessus de tout. »

« Parce qu’ils ont dit le droit, les juges de Nairobi ont épargné à leur pays une très grave crise », affirme Épiphane Zoro Bi-Ballo
Convocations par sa hiérarchie, coup de fil du ministre de la Justice, Jean Brou Kouakou, un farouche défenseur de l’« ivoirité »… En octobre 1999, Épiphane Zoro Bi-Ballo subit de nombreuses pressions afin qu’il renie sa signature. Mais il ne cède pas et, comme Élisabeth Pognon, il admet avoir été bien entouré. « À l’époque, j’étais soutenu par l’Association syndicale de la magistrature [ASM]. En revanche, l’Union nationale des magistrats de Côte d’Ivoire [Unamaci] s’est alignée sur le pouvoir. » À force d’être menacé, il prend peur et s’enfuit. « Je suis parti au Mali par la route. J’ai passé la frontière de nuit avec un officier de l’armée que je connaissais bien. »

Après la chute de Bédié, il rentre en Côte d’Ivoire et cofonde, en octobre 2000, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH). Mais il devient très vite la cible de la « presse bleue » pro-Gbagbo et doit repartir en exil. Depuis 2011, il vit de nouveau dans son pays et travaille aujourd’hui au cabinet du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

« Parce qu’ils ont dit le droit, les juges de Nairobi ont épargné à leur pays une très grave crise, veut-il croire. En matière de construction d’une société démocratique, ils ont indiqué la voie. »


Quand la justice défie le pouvoir : qui sont ces juges africains qui ont décidé de s’opposer à la loi du plus fort ? – JeuneAfrique.com

 

Quand la justice défie le pouvoir : qui sont ces juges africains qui ont décidé de s’opposer à la loi du plus fort ?
Christophe Boisbouvier Publié le 10 octobre 2017 à 11h50

C’est parfois au péril de leur vie que certains magistrats africains ont choisi de dire le droit. Portrait de ces juges courage qui, comme leurs homologues kényans, ont refusé de se plier aux injonctions du pouvoir.

« Ce juge kényan, lui, au moins, a eu le courage de dire le droit », lance sa collègue congolaise Chantal Ramazani, admirative. Le 1er septembre 2017, en annulant la réélection du président Uhuru Kenyatta pour « irrégularités », le juge en chef David Maraga et ses collègues de la Cour suprême du Kenya ont soulevé une vague d’enthousiasme en Afrique. Est-ce une décision sans précédent ? À notre connaissance, oui.

Avant cette date, jamais, en Afrique, une élection présidentielle n’avait été annulée par un tribunal. Mais David Maraga n’est pas le premier magistrat du continent à affronter le pouvoir de son pays. Avant lui, quelques juges ont résisté aux pressions politiques, parfois au péril de leur vie. Voici quelques cas emblématiques.

 

La dame de fer

Élisabeth Pognon (Bénin)

Cette magistrate a tellement marqué les esprits béninois que la Cour constitutionnelle, qu’elle a présidée pendant cinq ans, est devenue la « Cour Pognon ». En mars 1996, après l’annonce de la défaite du chef de l’État sortant, Nicéphore Soglo, face au revenant Mathieu Kérékou – qui avait déjà dirigé le pays entre 1972 et 1991 –, la « Cour Pognon » a refusé de donner suite aux recours déposés par le camp présidentiel.

Elle a même publié un communiqué dénonçant « les pressions exercées sur elle » – notamment « le mitraillage du domicile du Pr Glèlè Ahanhanzo », l’un des juges constitutionnels. « Une hirondelle ne fait pas le printemps, relate aujourd’hui la magistrate à la retraite. Seule, je n’aurais pas pu faire grand-chose, pour ne pas dire que je n’aurais rien fait. » Élisabeth Pognon a la modestie des grands. Et de fait, lors du bras de fer avec le camp Soglo, les sept juges de la cour béninoise ont fait bloc.

 

David contre Goliath

Épiphane Zoro Bi-Ballo (Côte d’Ivoire)

« Je pense que l’histoire de la “Cour Pognon” a été une source d’inspiration pour moi dans l’acte que j’ai posé en 1999 », confie aujourd’hui Épiphane Zoro Bi-Ballo. En septembre 1999, ce petit juge de Dimbokro, dans le centre du pays, a fait scandale en signant le certificat de nationalité ivoirienne d’Alassane Ouattara, alors que l’opposant était traité d’« étranger » et de « Burkinabè » par le camp du président Henri Konan Bédié. « Cette décision, je l’ai prise seul et je savais que cela provoquerait le courroux du chef de l’État, mais j’avais le droit avec moi, affirme-t-il. En fait, j’ai été très marqué par mon père, instituteur, et par l’un de mes professeurs de droit à Cocody, Ouraga Obou [membre du Conseil constitutionnel de 2011 à 2014]. Tous deux plaçaient l’indépendance au-dessus de tout. »

« Parce qu’ils ont dit le droit, les juges de Nairobi ont épargné à leur pays une très grave crise », affirme Épiphane Zoro Bi-Ballo

Convocations par sa hiérarchie, coup de fil du ministre de la Justice, Jean Brou Kouakou, un farouche défenseur de l’« ivoirité »… En octobre 1999, Épiphane Zoro Bi-Ballo subit de nombreuses pressions afin qu’il renie sa signature. Mais il ne cède pas et, comme Élisabeth Pognon, il admet avoir été bien entouré. « À l’époque, j’étais soutenu par l’Association syndicale de la magistrature [ASM]. En revanche, l’Union nationale des magistrats de Côte d’Ivoire [Unamaci] s’est alignée sur le pouvoir. » À force d’être menacé, il prend peur et s’enfuit. « Je suis parti au Mali par la route. J’ai passé la frontière de nuit avec un officier de l’armée que je connaissais bien. »

Après la chute de Bédié, il rentre en Côte d’Ivoire et cofonde, en octobre 2000, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH). Mais il devient très vite la cible de la « presse bleue » pro-Gbagbo et doit repartir en exil. Depuis 2011, il vit de nouveau dans son pays et travaille aujourd’hui au cabinet du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

« Parce qu’ils ont dit le droit, les juges de Nairobi ont épargné à leur pays une très grave crise, veut-il croire. En matière de construction d’une société démocratique, ils ont indiqué la voie. »

 

Le tazartché ? Pas question !

Salifou Fatimata Bazeye, (Niger)

Beaucoup parlent, mais pas elle. La juge Bazeye est une icône au Niger, mais elle reste très discrète sur les motivations qui l’ont conduite, un jour de mai 2009, à dire non au projet du président Mamadou Tandja de rester au pouvoir au-delà de la fin de son mandat – le fameux « tazartché ».

Femme énergique et indomptable, la présidente de la Cour constitutionnelle du Niger, aujourd’hui à la retraite, a puisé aussi son courage dans un collectif. Comme la « Cour Pognon », la « Cour Bazeye » a fait bloc. Et l’avis du 26 mai 2009 a été rendu à l’unanimité des sept juges constitutionnels. Pour se venger, Mamadou Tandja a dissous la cour le 29 juin. Mal lui en a pris. Quelques mois plus tard, il sera renversé et la juge courage reprendra sa place…

L’incorruptible

Gilbert Schlick (Cameroun)

Comme sa collègue du Niger, ce juge métis – de père allemand et de mère camerounaise – préfère l’action à la parole. Dans l’opération Épervier, tous les procès de présumés corrompus finissent par de lourdes condamnations. Tous sauf un. En mai 2012, à la surprise générale, l’impassible Gilbert Schlick, dit « l’incorruptible », acquitte l’ancien secrétaire général de la présidence, Jean-Marie Atangana Mebara, pour « faits non établis » dans l’affaire Albatros – l’achat d’un avion présidentiel.

Aussitôt, le parquet fait appel et bloque l’ordre de remise en liberté de Mebara. Quant au magistrat, il reçoit de la présidence camerounaise une demande de « note explicative », avant d’être muté. Regrette-t-il sa décision de mai 2012 ? « Non, a-t-il soufflé un jour à l’un de ses proches. J’ai pris cette initiative en accord avec ma conscience. »

 

Boni ne lui dit pas merci

Angelo Houssou, (Bénin)

Au Bénin, on l’appelle le « juge des non-lieux ». En mai 2013, ce magistrat a prononcé deux non-lieux au bénéfice de l’homme d’affaires Patrice Talon, qui était accusé dans des affaires d’empoisonnement et de tentative de coup d’État contre le président Boni Yayi. Fureur de celui-ci. « Après cette décision, j’ai réellement craint pour ma vie », affirme le juge, qui s’est enfui au Togo en traversant le fleuve Mono en pirogue.

Après deux ans d’exil aux États-Unis, il retrouve son pays et publie, en 2015, un livre-témoignage, Je ne suis pas un héros, dans lequel il écrit : « Nous, gens de justice, avons trop souvent une propension à nous recroqueviller et à vivre notre mission comme un angle mort. » Après l’élection de Patrice Talon, il est nommé à la tête de l’administration pénitentiaire béninoise (un joli poste très convoité). En tant que magistrat, il est désormais rattaché au Bureau d’analyse et d’investigation, le nouveau service de la présidence dirigé par Johannes Dagnon, cousin et conseiller spécial de Patrice Talon.


Contre vents et marées

Chantal Ramazani (RD Congo)

« Je suis mère de famille et j’ai eu peur. » En quelques mots, elle dit tout. En juin 2016, la présidente du tribunal de paix de Lubumbashi a reçu l’injonction de condamner l’opposant Moïse Katumbi et de le rendre ainsi inéligible. La magistrate raconte aujourd’hui que l’affaire de spoliation immobilière imputée à l’ex-gouverneur du Katanga était prescrite depuis longtemps, mais que le premier président de la cour d’appel de Lubumbashi, Paulin Ilunga, l’a convoquée et lui a dit, entouré de militaires : « Mettez-lui trois ans de prison et demandez son arrestation immédiate. »

Elle précise que son supérieur a ajouté : « Si vous ne faites pas cela, on vous révoque et on vous condamne à dix ans de prison. » Mêmes menaces contre les deux autres juges chargés du dossier. Comme elle traînait des pieds, Chantal Ramazani affirme que le chef de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Kalev Mutond, l’a lui-même appelée d’une voix cassante pour l’intimider.

« Un collègue m’a écrit : “Vous êtes une femme forte” », raconte Chantal Ramazani

Le jour du jugement, ses deux collègues et elle se sont exécutés. Moïse Katumbi a été condamné, en son absence, à la peine préétablie. C’est alors que la juge s’est rebellée. « C’était une question de conscience, dit-elle aujourd’hui. Je ne pouvais pas vivre avec les conséquences de cette décision. » Dans une lettre ouverte, Chantal Ramazani a dénoncé « les contraintes physiques et morales » qu’elle avait subies et a demandé que sa signature « extorquée » soit « considérée nulle et de nul effet ».

La juge jouait gros. Après deux semaines de vie clandestine, elle a réussi à s’enfuir par l’aéroport de Kinshasa grâce à la complicité de quelques policiers. Aujourd’hui, elle est réfugiée politique en France, avec sa famille. « Le jour où j’ai décidé d’écrire cette lettre, j’étais seule, confie-t-elle. À l’époque, personne n’est venu à mon secours. Ni le Conseil supérieur de la magistrature, ni les syndicats de magistrats. Je n’ai eu que des encouragements en cachette, par WhatsApp et Facebook. Et un collègue m’a écrit : “Vous êtes une femme forte.” »

En toute impunité

L’agression du juge Mbuyi, le 18 juillet 2017 à Lubumbashi ? « Cela a sûrement été commandité par le pouvoir », affirme la juge Ramazani. « On ne peut pas le prouver à 100 %, mais c’est probablement une agression politique », renchérit un chercheur d’Amnesty International. Ce qui est sûr, c’est que Jacques Mbuyi, juge au tribunal de grande instance de Lubumbashi, a été victime d’une tentative d’assassinat la veille du jour où il devait présider l’audience en appel du procès contre Moïse Katumbi.

Ce 18 juillet au soir, un véhicule défonce le portail de son domicile. Huit hommes armés et cagoulés en sortent. Trois d’entre eux entrent dans la maison et violentent l’épouse du magistrat devant celui-ci et leurs enfants. Quand le juge leur propose de l’argent, ceux-ci répliquent : « Nous ne sommes pas venus ici pour de l’argent, mais pour vous tuer. » Ils tirent sur lui et le laissent pour mort.

Grièvement blessé à l’abdomen, Jacques Mbuyi survit pourtant. Il est évacué quelques jours plus tard vers l’Afrique du Sud, avec l’aide de l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) et d’Amnesty International. Aujourd’hui, le magistrat est toujours hospitalisé et se rétablit lentement. Qui sont ses agresseurs ? Les autorités semblent privilégier la piste crapuleuse. Début septembre, sur une télévision locale, le gouverneur du Haut-Katanga a présenté deux suspects au milieu d’un groupe de personnes arrêtées dans des affaires de droit commun. Selon l’IRDH, qui est basé à Lubumbashi, aucune enquête n’a été ouverte, ni par la police, ni par le parquet de la capitale provinciale. Un juge a failli être assassiné, mais la justice semble inerte…

Élections repoussées au Kenya

Au Kenya, la nouvelle élection présidentielle, initialement prévue le 17 octobre, a été reportée au 26 du même mois. Sous le coup d’une enquête, la commission électorale (l’IEBC) peut-elle tenir les délais ? Pas si sûr. La Constitution prévoit pourtant que le nouveau scrutin aura lieu au plus tard le 31 octobre.

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L’Ivoirien Aly Toure à la tête du conseil / la Côte d’Ivoire veut renforcer sa frontière occidentale pour enrayer la contrebande

Le pays hôte, troisième producteur africain derrière l’Éthiopie et l’Ouganda, est confronté à une chute importante de sa production ...

Café : la Côte d’Ivoire veut renforcer sa frontière occidentale pour enrayer la contrebande

Troisième producteur africain de café derrière l’Éthiopie et l’Ouganda, la Côte d'Ivoire est confrontée à une chute importante de sa production. le gouvernement est décidé à réagir pour relancer la filière.

Alors que la remontée des cours mondiaux de café incite les principaux producteurs, comme le Brésil, l’Indonésie, la Colombie et le Vietnam, à doper leurs volumes, la situation de la filière est examinée à Yamoussoukro, la capitale ivoirienne, où se tient la 120e session de l’Organisation internationale du café (OIC), réunissant les 43 pays producteurs et 7 États ou organisations internationales consommateurs de café.

Le pays hôte, troisième producteur africain derrière l’Éthiopie et l’Ouganda, est confronté à une chute importante de sa production : fin juin, à mi-parcours de la campagne 2017, seules 27 987 tonnes de café avaient été produites, contre 103 909 tonnes en à la même période en 2016. Une dégringolade de 73% que les experts imputent aux mauvaises conditions climatiques, qui n’ont permis qu’une seule floraison entre décembre 2016 et janvier 2017.

L’Ivoirien Aly Toure à la tête du conseil

Mais l’importante contrebande qui fait passer la production nationale vers les pays voisins, notamment la Guinée et le Liberia, explique aussi la contre-performance ivoirienne. « Des torréfacteurs se sont installés en Guinée et au Liberia, tout près la frontière, et collectent tout le café produit dans l’ouest du pays, où est récolté la majeur partie du café ivoirien », confie ainsi un membre du gouvernement qui a requis l’anonymat et évoque un « renforcement des frontières pour éviter cette saignée ».

Le gouvernement a en outre décidé de lancer un programme de relance de la filière et table sur une production de 200 000 tonnes en 2020, notamment grâce à l’introduction de nouvelles variétés. « La Côte d’Ivoire mettra en place un organisme fort pour la promotion des exportations en vue d’optimiser les productions ivoiriennes », a également promis Souleymane Diarrassouba, le ministre du Commerce, à l’occasion de l’ouverture des travaux.

Au terme de la rencontre, les membres de l’OIC procéderont à l’élection du nouveau président de l’organisation. Selon les informations de Jeune Afrique, c’est l’Ivoirien Aly Toure, actuellement vice-président de l’organisation, qui devrait remplacer l’Américaine Tanya Menchi à ce poste.

En savoir plus sur : http://www.jeune Afrique.com/478813/economie/cafe-la-cote-divoire-veut-re...

Côte d’Ivoire] L’espace public ne doit pas être un cadre de l’exhibition de ce qu’il y a de plus laid en l’homme #édito Pascal ROY

"Aucune force n'est suffisamment forte pour empêcher d'autres forces de la déforcer!" « J’appelle à un véritable cessez-le-feu sur le front du langage socio-politique! »


C’est vrai qu’en Afrique, la majorité de la population est loin d’avoir atteint l’amour du citoyen. C’est plutôt l’amour parental qui régit la plupart des institutions des pays du continent. Pour autant, l’espace public ne doit pas être un cadre de l’exhibition de ce qu’il y a de plus laid en l’homme, un choix entre le préférable et le détestable. L’espace public doit être le lieu pour faire apparaître la grandeur de la pensée. Il nous faut alors réussir à prouver ainsi qu’il est possible, encore aujourd’hui, de se mettre à une telle hauteur, chacun de nous, comme nous sommes.

Dans les débats de société comme dans les batailles politiques en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique, la dignité, la décence, les valeurs morales, juridiques, religieuses et celles des coutumes africaines nous convoquent et nous appellent à regarder l’autre avec les yeux de la raison. La lumière de l’humain sur son visage doit nous faire prendre conscience de ce que Lévinas appelle la « responsabilité sur autrui ». Les animaux ont des griffes ou des crocs, des becs ou des pinces, mais ils n’ont pas d’éthique.

L’éthique commence quand je cesse de regarder l’autre du haut de ma pseudo-puissance de mortel poussiéreux parce que j’ai découvert une puissance venue d’ailleurs, la puissance du visage.


« Il nous faut lapider cette force morale et cette audace intellectuelle, bien différentes des pompeuses parades langagières qui tentent de transformer l’espace public en un ring pour cochons dodus et de Katas de biceps de pécule«
Cette puissance du visage n’est pas la puissance des faux puissants de ce monde, une puissance mondaine nécrologique. C’est la force d’une présence, d’un regard qui se tourne vers moi et m’incline à une réaction d’humanité. Face à un visage pâle, un teint blafard, une expression faciale de tristesse, nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Nous ne pouvons pas tourner les talons de la raison théorique et passer notre chemin socio-politique. Réussir cet essai phénoménologique, c’est faire preuve de « cette vraie générosité envers l’avenir qui consiste à tout donner au présent », dont parle Albert Camus.

Il nous faut savoir être créatifs face aux adversités, aux challenges, aux maux de notre société et aux tempêtes de l’actualité.

Oui, tout donner pour préserver le débat politique en Côte d’Ivoire dans le respect des valeurs démocratiques et humaines, en évitant les comportements hasardeux et les mesquineries intellectuelles de toutes parts qui tissent les tissus des rancœurs et de la belligérance fratricide. Le faisant, nous donnerons aux proches et au monde une belle leçon de qualité de cœur politique, d’une magnifique dignité humaine et d’une inépuisable force de vie démocratique, dans un espace social et public fraternel.

Lorsque l’un de nos semblables semble frappé par la fièvre politique ou que les ingrédients semblent se concocter pour lui infliger une grippe para-politique, les moyens techniques peuvent nous manquer ou ne pas suffire pour faire front ou même lents à produire des résultats souhaités. Et pourtant, parce qu’humains, il nous faut pouvoir continuer à creuser la conscience et la pensée. Il nous faut lapider cette force morale et cette audace intellectuelle, bien différentes des pompeuses parades langagières qui tentent de transformer l’espace public en un ring pour cochons dodus et de Katas de biceps de pécule, afin de continuer de puiser dans les ressources de l’imagination, de la sensibilité et des intelligences pour faire face à la difficulté de la situation. Il nous faut savoir être créatifs face aux adversités, aux challenges, aux maux de notre société et aux tempêtes de l’actualité. Le créatif est un homme qui essaie d’épuiser le contenu même du concept d’humanité pour se positionner comme un leader, un être charismatique, un sage. Il est celui-là même qui se détache de la répétition monotone et mécanique des vieilles traditions politiques qui guident la masse pour en créer de nouvelles. C’est un être qui manifeste au maximum son humanité. C’est Nietzsche qui disait, dans « le prologue de Zarathoustra », que ce qu’il y a de grand dans l’homme, c’est qu’il est un pont et non un but.

Nous avons alors le devoir de participer à l’être du monde par la qualité de notre habitation dans ce monde, en évitant les pensées de forme qui déforment les fonds politiques.

En toutes circonstances socio-politiques, il nous faut pouvoir affirmer haut et fort que la fraternité est ce qu’il y a de meilleur pour tenter d’accomplir notre humanité́ errante et incertaine. C’est ce qu’avait proclamé la société mondiale en 1948 en promulguant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme pour faire face à la barbarie dont la deuxième guerre mondiale avait été le théâtre, révélant la face la plus sombre et la plus obscure de l’humanité. Sur quoi repose la Déclaration Universelle ? On l’oublie un peu vite mais l’article 1er de ce texte rappelle l’impératif éthique majeur : « les hommes doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Ce qui veut dire que la fraternité doit s’imposer aux hommes. Elle est, comme l’a dit le philosophe Emmanuel LÉVINAS, « un fait originel ». Autrement dit, la fraternité n’est pas une option mais une nécessité et un impératif. Les rédacteurs de la déclaration de 1948 ont eu l’intuition et l’optimisme de penser qu’il y a un potentiel humain qui doit advenir, et c’est la fraternité qui définit et circonscrit le mieux cette espérance.

Mais, bien sûr, la fraternité n’est ni spontanée ni immédiate, et il ne servirait à rien de la décréter et encore moins de l’imposer. Non, la fraternité s’apprend à travers l’éducation et la formation et c’est précisément ce que disaient les rédacteurs de la Déclaration Universelle dans le préambule de leur texte. C’est aussi ce que nous dit Martin Luther King : « Où bien nous apprendrons à vivre ensemble de façon fraternelle, ou bien nous périrons tous comme des idiots ». Il y a donc un apprentissage tout au long de la vie scolaire et non scolaire à effectuer pour reforger la fraternité républicaine en Côte d’Ivoire, par la démocratie et la morale. En réalité, l’humanité n’a de sens que si elle renvoie à un monde que nous pouvons mettre en commun, à un univers où, animés de bonté, nous pouvons vivre dans une amitié fraternelle permettant de saisir l’autre comme un rameau de la même vigne de la vie, selon les termes du Professeur Augustin DIBI. Sans cette amitié fraternelle, sans cette cohabitation fraternelle, nourrie de l’attention à ce qui est fragile et menacé, que vaudraient la vie et l’action politique, sinon simplement un métal qui résonne, une cymbale glapissante ?

Il y a donc un apprentissage tout au long de la vie scolaire et non scolaire à effectuer pour reforger la fraternité républicaine en Côte d’Ivoire, par la démocratie et la morale.

La fraternité républicaine doit alors être reforgée individuellement mais surtout collectivement, dans le ciment de la démocratie et de la politique en Côte d’Ivoire, si nous voulons nous garantir une existence de paix, préalable à toutes actions de gouvernance et de développement. Nous devons être capables de nous inventer des solutions pour nous tirer d’une situation qui se dessine bien compromise, a priori désespérée. Sachons-nous créer des outils pour nous construire des abris démocratiques de coexistence pacifique. Il est temps de nous confectionner des habits pour nous protéger des prédateurs politiques et nous draper continuellement dans notre dignité d’êtres humains ivoiriens. J’appelle à un véritable cessez-le-feu sur le front du langage socio-politique! Nous ne devons pas démissionner de toute responsabilité vis-à-vis de nous-mêmes, des autres et de notre Nation!

Comme le dit Joseph Ki-Zerbo, « N’an laara, an saara.- Si nous nous couchons, nous sommes morts» !

Docteur Pascal ROY

Juriste, Philosophe et Diplômé de Sciences politiques

Enseignant-Chercheur des Universités

Chercheur-Associé à l’Institut Catholique de Paris

Membre-Associé à la Société Française de Philosophie

Écrivain et Chroniqueur

www.docteurpascalroy.com

Monsieur Franklin Nyamsi traite le Premier Ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, de chef de Gang ! C’est inacceptable! 1

"L’Ivoirien que tu es, devrait pourtant avoir constamment à l’esprit que notre pays traverse en ce moment des périodes difficiles et dangereuses après la meurtrière crise post-électorale dont elle tente de se relever."

Monsieur Franklin Nyamsi, durant de longs mois, j’ai longtemps hésité avant de m’adresser à toi directement et publiquement. Je m’adresse à toi publiquement aujourd’hui car je te connais et je connais les différentes étapes de ton parcours. Nous avons été mon épouse et moi depuis 1996, tes soutiens durant de longues années, quelques temps après ton arrivée dans cette Côte d’Ivoire ébranlée par l’Ivoirité dont tu as souffert. Je me suis éloigné de toi écœuré, à la suite de ma découverte de ton insondable vacuité morale, de ton monstrueux égocentrisme et de ton abyssale ingratitude.

Cela me fait donc pouffer de rire quand je lis, dans ce tissus d’inepties dont tu as le secret, cette phrase au sujet du journaliste Kra Bernard « Encore un de ces jeunes ingrats qui se refont une vie sous les miettes du gang d’Amadou Gon, après avoir ratissé tous les râteliers disponibles ». Il m’a semblé te reconnaître dans cette phrase. N’est-ce pas de toi dont tu parles ?


Constatant tes dérives langagières qui vont crescendo, j’ai perdu tout espoir quant à ta faculté de te maîtriser. Après le Ministre Hamed Bakayoko que tu avais récemment agoni d’injures, c’est au tour du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly en attendant que vienne le tour du Président de la République en personne, selon ta logique ascensionnelle de grimpeur sans foi ni loi à l’assaut des cimes ivoiriennes.

Je t’adresse donc cette exhortation impérative : un triple « Attention ! ». Tu peux aisément en comprendre le sens. Refrène tes passions. Apprends à te limiter. Sois humble. Reconnais au dessus de toi quelque chose de plus Grand : Le respect de l’Autre, tout simplement, et le Savoir que tu ne posséderas jamais, une tâche infinie comme nous l’enseigne Socrate, le père de la Philosophie.

Plein de toi-même, campé dans le bellicisme permanent et dressé sur tes ergots, tu es resté une pierre brute. Atteint de mégalomanie et de prétention, tu es devenu, à la place que tu occupes un danger pour la Côte d’Ivoire.

L’Ivoirien que tu es, devrait pourtant avoir constamment à l’esprit que notre pays traverse en ce moment des périodes difficiles et dangereuses après la meurtrière crise post-électorale dont elle tente de se relever.

En démocratie, le rôle des conseillers, pour autant qu’ils en méritent le titre auprès des hommes politiques, n’est-il pas de contribuer à empêcher la radicalisation des politiques ? N’est-il pas de les aider, par des conseils pondérés de sagesse qui éclairent leurs choix et décisions, à gérer la particularité des situations, à représenter et à servir les intérêts de la société ? N’est-il pas de les aider à construire cette crédibilité politique dont dépend leur stature d’homme d’Etat aux yeux de l’opinion publique ?

Je t’adresse donc, Monsieur Franklin Nyamsi, cette mise en garde parce que je tiens, plus que tout au monde, à la stabilité politique de notre commune patrie qui a, en ce moment, éperdument besoin de paix sociale, d’une culture de la considération et du respect de l’Autre, fondements de la démocratie.

par / Alexis Dieth, Docteur en philosophie de l’Université de Poitiers, est chercheur à Vienne (Autriche). Spécialiste de la philosophie morale et politique d

Ouverture à Yamoussoukro de la 120e session du Conseil International du Café

Pour la première fois de son histoire, la Côte d’Ivoire, troisième exportateur de café au monde accueille la 120e session du Conseil International du Café dont la cérémonie d’ouverture à eu lieu ce jeudi à Yamoussoukro.

Prenant la parole, le président par intérim du Conseil International du Café, M. Aly Touré a remercié toutes les délégations (les 50 pays membres de l’ICCO dont 43 pays producteurs et 7 pays consommateurs) d’avoir fait confiance à la Côte d’Ivoire pour l’organisation de la 120e session du conseil international du café, espérant que les résolutions qui sortiront permettront à la Côte d’Ivoire de passer de manière effective à une économie caféière durable.

Pour lui, cette session va permettre de créer toutes les conditions pour que la chaine de valeur du café soit une réalité en mettant un accent particulier sur les prix payés aux paysans.

« La Côte d’Ivoire est activement attentive aux conclusions des travaux de la présente session desquelles elle souhaite que des stratégies et actions vigoureuses soient décidées aux fins de faire du Café une source vraie de développement économique durable » a rassuré le Ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME, Souleymane Diarrassouba, représentant le Premier Ministre ivoirien.

Dans cette perspective, le Gouvernement a pris des mesures importantes pour améliorer la gouvernance des filières agricoles, augmenter de manière significative le budget national consacré à l’investissement dans le secteur agricole à travers le Programme national d’investissement agricole (PNIA) évalué à 2.040 milliards de francs sur cinq ans, engager une profonde réforme du système de formation agricole, et lancer un vaste chantier sur la mécanisation agricole.

Le ministre a par ailleurs rappelé cette ambition politique volontariste traduite, depuis quelques années, par la mise à exécution du programme de relance caféière.

La Côte d’Ivoire vise en 2020 un niveau de production de 200.000 tonnes et un taux de torréfaction de l’ordre de 50% alors que la production nationale actuelle se situe à 106.000 tonnes.

« C’est un défi majeur que nous tenons à relever et ce, avec le concours de nos partenaires traditionnels et les appuis de tous les pays amis » a rappelé M. Diarrassouba appelant à une mutualisation des moyens et autres ressources de recherche et de vulgarisation des fruits de la recherche, la mise en place de mécanismes d’accompagnement des politiques et des programmes de modernisation de la culture du café et de renforcement des capacités des caféiculteurs, des appuis divers notamment aux programmes de promotion de la consommation des produits issus du café.

L’OIC qui existe depuis 1960, est un organisme intergouvernemental dont l’objectif est de montrer le rôle prépondérant du Café dans le développement socio-économique de l’Afrique. Il s’agit par conséquent d’un instrument d’éradication de la pauvreté auquel la Côte d’Ivoire a adhéré depuis 1960.

La Cote d’Ivoire, troisième producteur africain de Café, et par ailleurs membre fondateur de l’OIC, entend en collaboration avec les 24 autres membres de l’Organisation, participer à la renaissance du Café Africain.
Atapointe

Les ambitions de Soro passent forcément par le RDR tout ceux qui le poussent à la création d'un parti le trompent.

Diomandé Adama, président de l’Association pour la Défense de la démocratie et des libertés (ADDL) à propos du positionnement au RDHP: "Ouattara et Bédié doivent trouver un accord politique" - Abidjan.net

Politique Diomandé Adama, président de l’Association pour la Défense de la démocratie et des libertés (ADDL) à propos du positionnement au RDHP: "Ouattara et Bédié doivent trouver un accord politique"
Publié le mardi 26 septembre 2017 | Abidjan.net

Politique © Abidjan.net par Atapointe
Politique ivoirienne : Adama Diomandé, Président ADDL France propose des solutions
Abidjan le 21 septembre 2017. Le président de l’Association pour la défense de la démocratie et des libertés (ADDL) Adama Diomandé donne son avis sur les grands sujets de la politique nationale.

Président de l’Association pour la Défense de la démocratie et des libertés (ADDL), M. Diomandé Adama prenait déjà une part très active au débat politique ivoirien depuis la France où il résidait. De retour au pays depuis près de cinq mois, il a décidé de s’impliquer davantage dans les questions politiques.

De l’alternance en 2020, en passant par les secousses au RDR et au RHDP, jusqu'aux ambitions du président de l’assemblée nationale Soro Guillaume, l’opérateur économique donne son avis sans tabous lors d’un entretien accordé à Abidjan.net.

Mettre de l’ordre dans la case

Parti essentiel à la cohésion au Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le Rassemblement des Républicains (RDR) traverse des moments troubles du fait des ambitions à peine masquées de certains cadres du parti.


En congrès les 9 et 10 septembre dernier, le parti compte changer de cap pour être toujours au devant de la scène politique. Mais selon M. Diomandé, la solution est simple, il faut remobiliser la base : « Je me suis battu à l’extérieur mais maintenant j'ai mis les pieds dans le plat, j’écoute les uns et les autres et je vois la situation des militants. Les dirigeants n’arrivent pas à mettre en ordre les militants, la base, qui se sent délaissé. Il faut donc mobiliser la base et avoir des dirigeants qui pensent que nous pouvons être des acteurs incontournables »


Ce qu’il déplore encore plus, c’est que certains militants oublient le parti pour leur ambition en 2020 : « De la manière on se comporte actuellement nous pouvons perdre les deux et une alliance contre nature peut également nous faire perdre nos acquis depuis 20 ans. »

RHDP : Aller au parti unifié avant de parler d'alternance

“ Si nous voulons aller au RHDP, nous devons nous consolider nous même pour être le pilier du RHDP et nous ne devons pas avoir le complexe de revendiquer cela. Le PDCI a la même ambition mais chacun se bat pour se positionner. Si des alliances se font et que nous n'arrivons pas à être d'accord, on pourrait encore avoir un président par défaut. Au RDR nous avons mis carte sur table, que le PDCI fasse de même » indique-t-il.

Allant plus loin, M. Diomandé soutient qu’il faut un accord politique entre les présidents Henri Konan Bédié Alassane Ouattara afin d’avoir une position sur un ticket unique que chaque cadre des deux partis devra entériner, mais le plus important est d’aller au parti unifié avant de parler d'alternance.

« Le président Ouattara a les moyens, comme il a dit dans son discours à l’ouverture du congrès, de faire naitre le parti unifié car il s'agit pour lui de préserver son bilan, celui de Bédié et d’Houphouët » a-t-il ajouté.

Ramener le soldat Soro

Le sujet politique phare du moment étant les ambitions, masquées ou pas (c’est selon) du PAN Soro Guillaume pour la présidentielle 2020, le président de ADDL avait un message à l’endroit de son jeune frère qu’il ne blâme pas, mais à qui il montre une voix honorable

« Les ambitions de Soro passent forcément par le RDR. Il ne peut pas se mettre en dehors des ambitions de son parti mais doit plutôt y consolider sa position en venant au congrès pour limiter et commencer à baliser son positionnement dans le parti. S'il sort sans le RDR, ce n'est pas sur que ses partisans vont le suivre compte tenu de la création du RDR et du statut du président Ouattara. Que Soro affirme son ambition au Rdr » conseille-t-il.

Néanmoins, il prévient, « tout ceux qui le poussent à la création d'un parti le trompent. Dans le discours du président Bédié à l’anniversaire de l’appel de Daoukro, il semblait lancer un appel au PAN qui disait clairement : reste là où tu es et positionne-toi. »

Atapointe

Ouattara, les deux fronts / Sur le front Soro la problématique est simple : comment garder l’enfant terrible du RHDP au RDR?

"Sur le front du PDCI, tout le monde, observateurs, responsables du RDR, militants PDCI même, a été surpris par la fermeté du Président Bedié lors du discours qu’il a prononcé pour commémorer le 3eme anniversaire de l’appel de Daoukro......

L’agenda politique du Président de la République à son retour de New York, où il participait à la traditionnelle Assemblée Générale des Nations Unies, est copieux.

Il devra, avec l’aide de la fidèle Henriette Dagri Diabaté, portée à la tête du RDR par les militants réunis en congrès il y a quinze jours, travailler sur les deux fronts politiques ouverts depuis le début de cette année : la gestion du cas Soro, qui a boudé le 3ème congrès ordinaire de son parti au prétexte qu’il n’a pas été associé à sa préparation par l’ancienne direction, et celle des relations avec le PDCI, dont le Président, Henri Konan Bedié, a rappelé avec force, le week-end dernier, lors de la commémoration de son appel de Daoukro, l’exigence d’alternance en 2020. « Je bloque ces termes!« , a -t-il dit. Fermez le banc!

D’aucuns estiment que, deux fronts politiques au sein de sa propre majorité quand l’opposition, les étudiants, la grogne sociale, les revendications des militaires et anciens combattants, ne font déjà pas de son second mandat une promenade de santé, c’est trop. Il faudra au Président déployer des trésors de subtilité et de génie politique, comme ceux qui lui ont permis de renverser la table du RDR lors de son dernier congrès, et toute l’autorité morale de la Présidente du RDR, pour redonner un semblant de calme et de cohésion à la majorité, avant les grandes échéances.

Sur le front Soro la problématique est simple : comment garder l’enfant terrible du RHDP au RDR?

Quels mots, quels gestes, pourront faire rentrer dans le rang celui qui estime que l’ancienne direction du parti l’a maltraité et que les accusations plus ou moins ouvertement portées contre lui à propos des mutineries du premier semestre sont diffamatoires? Les jours qui viennent nous diront si le Président Ouattara, qui pour l’instant a rompu le contact, voudra prononcer ces mots et poser ces gestes à son endroit. Il restera au PAN, qui n’a de cesse de publier des messages d’apaisement sur les réseaux sociaux, à saisir la balle ou non. Car, c’est plutôt à la création d’un parti politique à sa main que la multiplication récente des mouvements se réclamant de son nom (les soroistes, les parlementaires du 3 avril, l’Amicale des Forces Nouvelles), et le spectaculaire boycottage du congrès de son parti, faisaient penser ces derniers temps.

Sur le front du PDCI, tout le monde, observateurs, responsables du RDR, militants PDCI même, a été surpris par la fermeté du Président Bedié lors du discours qu’il a prononcé pour commémorer le 3eme anniversaire de l’appel de Daoukro. S’arc-boutant sur les termes de « l’accord », estimant avoir rempli sa part, il a fait savoir que l’alternance, cette idée que le prochain candidat du RHDP à la présidentielle de 2020 devra être issu de son parti, n’est plus négociable, ni discutable. Sans attendre forcément une réponse formelle à court terme puisqu’il a pris le soin de préciser qu’il fallait laisser Ouattara travailler et ne plus polluer l’atmosphère avec cette question, certes brûlante, mais selon lui déjà tranchée. Il n’empêche que tout le monde attendra, à son retour, un signe du Chef de l’Etat pour connaître la tendance. Un simple louvoiement de sa part risquerait d’être mal interprété par Bédié, avec qui, dit-on, il ne parle plus non plus depuis plusieurs mois. Difficile équation à résoudre pour éviter de mettre en danger la coalition même.

Sur ces deux fronts, la Grande Chancelière de Côte d’Ivoire et nouvelle Présidente du RDR, Henriette Dagri Diabaté, l’arme fatale d’Alassane Ouattara, aura un rôle déterminant. Les semaines qui viennent risquent d’être passionnantes.


Philippe Di Nacera
Directeur de la publication

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