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CIV/Dominique Ouattara : DISCOURS LORS DE LA SIGNATURE D’UN ACCORD ENTRE LE CNS ET NORC DE CHICAGO (Publications Officielle)

Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous retrouve aujourd’hui, à l’occasion de cette cérémonie de signature de l’accord de collaboration entre la Côte d’ivoire et l’Institut de recherche NORC de l’Université de Chicago.

Je voudrais tout d’abord saluer la présence de Madame Clarisse DUNCAN, Epouse de Monsieur le Vice-Président, ainsi que toutes les personnalités et les Epouses de Ministre ici présentes. ::::::: Mes salutations vont également à Monsieur Sangafowa COULIBALY, Ministre de l’Agriculture et du développement rural, et à Madame Mariétou KONE, Ministre de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité et Vice-Présidente du Comité Interministériel.

Je salue également Monsieur Kevin HONG, Chargé des Relations Internationales au Département du Travail des Etats-Unis d’Amérique (USDOL) ; et Monsieur Kareem KYSIA, Directeur de recherche principale et chef de projet de l’enquête de NORC, ainsi que les membres de la délégation qui les accompagnent à Abidjan dans le cadre de cette signature d’accord.

Je souhaiterais aussi saluer tous les ambassadeurs et les membres du corps diplomatique, qui ont répondu présents à notre invitation, particulièrement Monsieur David MOSBY, Premier Secrétaire, Chef de la section politique et économique de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire, qui sont en charge de ce dossier.

Je voudrais enfin, adresser mes salutations au Conseil du Café Cacao ; plus particulièrement son Directeur Général Monsieur Yves KONE, ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires des organisations du Système des Nations Unies, des ONG Nationales et Internationales, de l’industrie du cacao et du chocolat, et des organisations d’employeurs et de travailleurs, qui sont engagés à nos côtés dans cette lutte.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, depuis la création en 2011 du Comité National de Surveillance et du Comité Interministériel, et grâce au soutien de ses partenaires, la Côte d’Ivoire est résolument engagée pour l’élimination de la traite, l’exploitation et les pires formes de travail des enfants dans notre pays.

 Dans cette optique, de gros investissements ont été réalisés en vue d’améliorer le niveau de vie des producteurs de cacao et d’importants budgets ont été alloués à la construction d’écoles dans les régions cacaoyères. D’autre part, des campagnes de sensibilisation ont été menées, afin d’informer et de sensibiliser les populations quant à la lutte contre les pires formes de travail des enfants.

Toutes ces actions ont pu être soutenues par le renforcement du cadre légal et règlementaire, qui permet de combattre et réprimer avec plus d’efficacité, la traite, l’exploitation et le travail des enfants.

En outre, la coopération sous régionale a été renforcée grâce à la signature, de plusieurs accords sous régionaux, et tout dernièrement, en octobre 2017 la conférence des Premières Dames qui s’est tenue à Abidjan, s’est penchée sur cette importante question et a permis d’avoir un cadre formel de concertation et de coopération sur la lutte contre la traite transfrontalière.

J’ai la ferme conviction que l’ensemble de ces actions contribue grandement à faire évoluer les mentalités et les pratiques en ce qui concerne la lutte contre l’exploitation et les pires formes de travail des enfants dans notre pays.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, les Gouvernements de Côte d'Ivoire et du Ghana, l’USDOL, le Sénateur américain Tom Harkin, le Congressman Eliot Engel et l'Industrie internationale du cacao et du chocolat, ont signé une déclaration d'action commune pour soutenir la mise en œuvre du Protocole Harkin-Engel. Cette déclaration a été assortie d’un plan d'action pour réduire les pires formes de travail des enfants dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana à l’échéance 2020.

C’est dans ce contexte que l’Université de Chicago à travers l’agence NORC, mènera en Côte d’Ivoire et au Ghana pour la période 2018 - 2019, des recherches sur l’incidence du travail des enfants dans les zones de production cacaoyère. Il s’agit de la troisième enquête financée par l’USDOL pour la lutte contre le travail des enfants. Je tiens à cet effet, à saluer l’engagement des États-Unis d’Amérique aux côtés de la Côte d’Ivoire, qui témoigne d’une ferme volonté d’agir durablement en faveur de la réduction des pires formes de travail des enfants d’ici 2020. Et je me félicite de ce partenariat fort entre nos deux pays.

Mesdames et Messieurs,

En vue de mener à bien cette recherche, le Comité National de Surveillance et l’Institut NORC ont décidé de définir un cadre formel de collaboration pour la réalisation de cette nouvelle étude d’évaluation. A travers cet accord, les parties conviennent de travailler conjointement sur tous les aspects de la méthodologie de l’enquête, et d’apporter leur expertise commune à chacune des étapes. Je me réjouis de la signature de cet accord de coopération, qui permettra d’impliquer nos experts nationaux dans cette enquête, tout en respectant les normes internationales en vigueur.

Cette enquête permettra également d’évaluer tous les efforts réalisés par notre pays, pour éliminer le travail des enfants. A cet effet, j’invite les parties prenantes à tenir compte des normes ivoiriennes, particulièrement les deux arrêtés autorisant les enfants dont l’âge varie entre 13 et 16 ans, à effectuer des travaux légers dit socialisants. Ces arrêtés nous ont été recommandés par le BIT et, il est important d’en tenir compte dans le dénombrement des enfants travailleurs.

Je reste convaincue que grâce à cet accord, nous parviendrons à travailler dans un cadre de collaboration clairement défini, qui permettra d’obtenir une représentation plus fidèle de la prévalence des enfants encore victimes des pires formes de travail des enfants dans la cacaoculture. Les résultats de cette recherche, ses conclusions et ses recommandations, pourront ainsi nous aider à orienter nos campagnes de sensibilisation en direction des parents, afin de leur expliquer que les enfants sont autorisés à faire des travaux légers dits socialisants, et non des travaux dangereux qui mettent en péril leur santé et leur survie.

Je voudrais pour terminer, réitérer mes remerciements à l’USDOL et à NORC, ainsi qu’à nos partenaires institutionnels parmi lesquels, l’UNICEF, le BIT, la WCF, la Fondation ICI, pour le soutien significatif qu’ils nous apportent dans le cadre de la lutte contre le travail des enfants dans notre pays.

Je vous remercie.

  (1) Dominique Ouattara Page Officielle - Publications 

 

Alphonse Djédjé Mady : son appel à Ouattara (Nous devrons soutenir le président Alassane, père de la nation de tous, président de tous, à continuer ses efforts en comptant sur nous-mêmes )

 " Le démon ne dort toujours pas et nous voici encore dans des perturbations du climat sociopolitique, avec ce qui est arrivé. Coup d’Etat en 1999, rébellion en 2002. Et voici, la Côte d’Ivoire en guerre contre elle-même et ce que le pays n’a jamais connu, nous le vivons aujourd’hui. C’est pourquoi, du Haut-Sassandra, je vous invite à apporter un soutien sans faille au président Alassane Ouattara, fils d’Houphouët-Boigny, et à son aîné Henri Konan Bédié, pour que tirant les leçons que Boigny nous a laissées, cette Côte d’Ivoire reste unie malgré les difficultés."

Alphonse Djédjé Mady, ex-secrétaire général du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et président du Conseil régional du Haut-Sassandra, s’exprime à travers cette déclaration faite, à la faveur de la présentation des vœux, au sein du Conseil, sur la situation politique de la Côte d’Ivoire. Larges extraits. Suite et fin.

 « Le démon ne dort toujours pas et nous voici encore dans des perturbations du climat sociopolitique, avec ce qui est arrivé. Coup d’Etat en 1999, rébellion en 2002. Et voici, la Côte d’Ivoire en guerre contre elle-même et ce que le pays n’a jamais connu, nous le vivons aujourd’hui. C’est pourquoi, du Haut-Sassandra, je vous invite à apporter un soutien sans faille au président Alassane Ouattara, fils d’Houphouët-Boigny, et à son aîné Henri Konan Bédié, pour que tirant les leçons que Boigny nous a laissées, cette Côte d’Ivoire reste unie malgré les difficultés. Allons à la réconciliation et pour que nous puissions apporter notre soutien ferme et déterminant en tant que région à l’effort du président de la République, nous devons nous-mêmes être en paix avec nous-mêmes, être réconciliés avec nous-mêmes »

« Nous lançons un appel, au nom de l’Ouest, au nom du Grand Ouest, à la mobilisation pour la paix sans laquelle tout le reste est vain. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui un des rares pays africains à avoir des détenus en international. Nous avons des détenus à La Haye, nous avons une multitude de réfugiés qui se trouvent encore dans les pays environnants malgré, je suis sûr, les efforts que le président de la République Alassane Ouattara faits pour que la paix revienne. Oui, la Côte d’Ivoire est l’un des rares pays où les journaux peuvent encore, quelques matins, titrer la condamnation à 10 ans, 20 ans, de tel ou tel cadre, dans cette crise politique.

Nous devrons soutenir le président Alassane, père de la nation de tous, président de tous, à continuer ses efforts en comptant sur nous-mêmes pour que les éléments et la base de la vraie paix, de la vraie réconciliation se fassent en cette année 2018. Oui comme tout pays, nous sommes à l’image de notre bouche qui renferme la langue et les dents. La langue a son utilité, les dents également. Elles se mordent mais ne déménagent pas »

 « Ce qui est horrible doit être oublié par les efforts de tous. La chose la plus solide que le président Ouattara pourrait nous laisser, c’est une Côte d’Ivoire réconciliée, fondamentalement réconciliée où personne n’est détenu pour des raisons politiques. Même si cela a dégénéré et que nous avons connu beaucoup de morts, nous n’avions pas le choix. Nous devrons nous réconcilier et le père de cette réconciliation doit être et est le président de la République, qui a besoin que nous, populations, partagions cet effort qu’il veut faire. Je suis sûr qu’il veut faire cet effort de réconciliation de tous les Ivoiriens.

 C’est pourquoi, je me permets à mes risques et périls et c’est ça la vie, à partir de Daloa, de lancer cet appel. Et, c’est pourquoi, je lance cet appel au président de la République. Les connotations diverses, les interprétations diverses du climat sociopolitique, que cette zone du Grand Ouest dont est originaire Gbagbo Laurent, des gens penseraient que les plus grandes rancœurs se trouveraient dans cette zone. Non, nous sommes pour la réconciliation totale de tous les enfants. Quelle que soit notre opinion politique, nous devons vivre et travailler ensemble. Rien n’est tout à fait blanc, rien n’est tout à fait noir. Nous devons conjuguer blanc et noir pour sortir la couleur médiane qui en découle, œuvre de tous les Ivoiriens. Confortons cette idée, je suis sûr, qui est au centre de préoccupations du président Ouattara ».

 « Si chacun attend son heure, pour réagir et croire prendre sa revanche, ce n’est plus la vie d’un pays. Vous avez parlé des réalisations que nous avons faites qui nous encouragent. Dieu merci. Mais que seraient ces réalisations demain si la Côte d’Ivoire n’est pas en paix, la vraie paix, la paix des cœurs et des esprits ? Aucun enfant n’irait à l’école, vous n’aurez même pas le temps de fréquenter les centres de santé. Il n’y aurait pas de routes. Vous vous souvenez, au niveau de notre zone, de notre région, la zone CNO et la zone de confiance. On ne pouvait pas passer facilement pour aller de l’autre côté, à Vavoua. C’est ça la guerre.

Rien, absolument rien ne peut nous amener à oublier ce que nous devons faire comme sacrifice pour que des filles et fils de Côte d’Ivoire, malgré leurs imperfections, puissent vivre car aucun d’entre nous à ce que je sache, n’a choisi de naitre Ivoirien. Dieu a permis que nous naissions sur cette parcelle terrestre et que nous vivions ensemble sur cette parcelle qu’il nous a donnée malgré nos différences ».

16 février 2018

CIV : Gon Coulibaly, un Premier ministre concentré sur «son job»« je suis concentré sur ce que le président de la République m’a confié et je ne me déroberai jamais de cette logique de faire le job pour;

 Conférence de presse ce mercredi 14 février du Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly. Le chef du gouvernement a longuement exposé tous les défis qui il doit relever en terme d'accès à la santé, de routes et de ponts à construire, de bonne gouvernance (loin d'être satisfaisante) et de lutte contre le chômage. Une conférence de presse où il y avait plus de membres du gouvernement et de partenaires techniques et financiers que de journalistes même si ceux-ci, nombreux, ont presque pu poser toutes les questions qu'ils souhaitaient.

C'était presque une conférence meeting où le gouvernement faisait la claque aux bons mots ou aux déclarations choc du Premier ministre, Amadou Gon Coulabaly, porteur d'un discours empreint de satisfaction pour le chemin parcouru depuis un an et conscient des défis à relever pour les prochaines années.

Quand on lui oppose que le récent rapport de la Banque mondiale sur l'état économique du pays n'est pas fait que de louanges à propos de l'action gouvernementale, le Premier ministre, qui ne se démonte jamais, répond: « Tous les éléments de productivité, nous allons les discuter avec le secteur privé et nous verrons ensemble ce qu’il faut faire ! Et tout ce qui apparaîtra comme objectifs, que ce soit au niveau privé comme au niveau public, nous le ferons. »

Question plus politique dans la salle : est-ce que le gouvernement ivoirien va se plier à la demande de la Cour africaine des droits de l'homme de refondre la Commission électorale indépendante, sans vraiment répondre le Premier ministre laisse entendre que l'action d'une ONG -si respectable soit le NDI [Institut National Démocratique pour les Affaires Internationales]- est plus importante que les recommandations d'une institution panafricaine dont la Côte d'Ivoire a pourtant reconnu les compétences. « La CEI est issue d’un consensus politique et ce consensus a été facilité et organisé par le NDI alors, la Cour africaine des droits de l’homme, je vous invite à aller voir comment ce jugement est arrivé et par qui la plainte a été déposée ! »

Enfin à la question: serez-vous candidat à la présidence ou la vice-présidence de 2020 si votre gouvernement atteint ses objectifs, Amadou Gon Coulibaly répond que pour le moment il est concentré, « sur son job », n'effleurant même pas la question de ses ambitions personnelles pour 2020. « Si vous m’avez écouté, vous voyez que l’agenda est quand même chargé !», a conclu le Premier ministre, « je suis concentré sur ce que le président de la République m’a confié et j’ai toujours été concentré sur les missions qu’il m’a confiées et je ne me déroberai jamais de cette logique de faire le job pour lequel il m’a chargé aujourd’hui. Je suis en train de travailler… Je vous l’ai expliqué, je peux vous dire qu’il y a du boulot.»

En savoir plus sur http://www.rfi.fr/afrique/20180215-cote-ivoire-gon-coulibaly-premier-min...

 

Côte d’Ivoire: pour une nouvelle coalition politique éclairée par l’esprit de l’houphouëtisme.  

L’équation existentielle et vitale qu’eurent à résoudre  la plupart des États africains, aussitôt  leur indépendance politique  acquise, fut d’unifier des territoires caractérisés par une grande diversité culturelle et par une faible intégration économique et administrative.

En Côte d’Ivoire singulièrement, la pluralité diversifiée des ethnies et la multiplicité  des confessions portaient à incandescence cette problématique existentielle.  Les dirigeants africains qui ne réussirent pas à combiner la pluralité des appartenances et l’unité de gestion et d’administration basculèrent dans l’unification autoritaire liberticide ou dans la diversification fédéraliste sans unité politique. Certains installèrent des dictatures personnelles, ethniques ou tribales dans des Etats marqués par l’exclusion ; d’autres instituèrent des fédéralismes sans substance menacés par les tendances centrifuges des communautés dans des territoires désintégrés. Quelques rares États parmi lesquels se comptent la Côte d’Ivoire et le Sénégal furent les exceptions qui confirmaient la règle.

 Le génie politique de Félix Houphouët-Boigny fut, comme je l’ai maintes fois souligné, d’avoir su utiliser les deux catégories fondamentales de l'Un et du Multiple comme principes d’architectonique politique. Il sut les combiner pour construire la Côte d’Ivoire. Réussir à réunir la diversité des appartenances, et à respecter les particularismes au sein d’une démocratie libérale dirigée par un parti-Etat, fut la marque de fabrique de l’houphouëtisme. La Côte d’Ivoire est née de cette unification politique et administrative de la diversité culturelle et régionale. C’est en cela que Félix Houphouët-Boigny, le fondateur du PDCI-RDA, fut un bâtisseur de cité et un démocrate.

Inspiré par le respect des principes d’unité et de diversité  conçus comme  les éléments complémentaires et structurants de toute architecture politique soucieuse d’égalité et de liberté,  le choix du parti-État ne fut pas motivé par une volonté de domination et d’homogénéisation totalitaire de la société.

Quoi qu’autoritaire, le parti-État ivoirien fut loin d’être une sanglante dictature meurtrière piétinant les droits fondamentaux de la personne. Beaucoup d’analystes y virent un despotisme éclairé. Comme tel, il fit de la modernisation économique le moyen de l’intégration nationale. Conformément au nationalisme libéral qui l’animait, la nation ivoirienne qu’entreprit de construire cet État fut conçue selon un modèle démocratique libéral. L’unification nationale mise en œuvre par le PDCI-RDA au pouvoir ne fut ni une homogénéisation communautaire de la cité et une négation de la citoyenneté, ni un anéantissement de la diversité culturelle dans la citoyenneté républicaine.

La nation qu’entreprit de construire le PDCI-RDA  en Côte d’Ivoire dès les premiers jours de l’Indépendance, ne fut inspirée ni par le modèle communautaire d’unification ethnique, ni par le modèle révolutionnaire d’unification de classe, ni par le modèle jacobin d’unification citoyenne. Prenant acte de la diversité culturelle du pays et de son besoin de modernisation et d’intégration, le parti-État ivoirien entreprit de bâtir la nation ivoirienne  comme sujet politique collectif chargé de servir de médiation entre la diversité des cultures et l’unité de l’Etat, entre les intérêts particuliers  de la société civile et l’intérêt général de la société globale dans l’État. La nation ivoirienne se construisait dans l’alliance de la reconnaissance de la citoyenneté et de la reconnaissance des identités culturelles au sein d’un projet d’intégration économique et social de la cité.

L’État ivoirien du temps du parti unique s’est pour cela défini comme État mobilisateur et s’est assigné le programme de réaliser l’intégration nationale à travers la modernisation économique et la maîtrise de la rationalité instrumentale des sciences de la nature. Conséquemment à ce choix politique, il a préféré l’action aux déclamations nationalistes et aux slogans révolutionnaires creux. Il en est résulté une politique nationale dont les axes centraux furent de construire les équipements publics, les infrastructures et de promouvoir l’investissement et l’entreprenariat dans un projet d’industrialisation basé sur l’agriculture. Cette alliance des identités et de la modernité, des cultures ethniques et de la rationalité qui portent le projet de la modernisation économique, de l’industrialisation et de l’ouverture de la Côte d’Ivoire sur le monde, constitue l’esprit de l’Houphouétisme.

Il semble qu’une partie de la postérité politique de Félix Houphouët-Boigny  ait perdu cette mémoire de l’houphouëtisme. Parlant désormais d’exhibition d’infrastructures, disqualifiant toute politique d’intégration nationale par le biais des équipements publics, révoquant le nationalisme libéral au profit du nationalisme identitaire, elle semble avoir fait le choix du modèle communautaire de la nation et de l’État dont procède toujours la désintégration des cités multiethniques et multiconfessionnelles.

Il est donc aujourd’hui d’importance existentielle de sauvegarder l’Idée de la Côte d’Ivoire à travers une nouvelle coalition politique éclairée par l’esprit de l’houphouëtisme. Cette coalition vitale, condition de la pérennité du modèle Houphouëtiste de la Nation, est requise pour la Présidentielle 2020. Elle permettra de préserver et d’assurer la continuité des acquis démocratiques de la présidentielle 2010 qui replaça la Côte d’Ivoire sur le chemin de l’intégration politique et du développement économique.  

Par Alexis DIEHT

Aux portes du paradis – Comment la Côte d'Ivoire peut rattraper son retard technologique"(Banque Mondiale)

"Le gouvernement de la Côte d'Ivoire, première économie francophone d'Afrique de l'Ouest, rappelle régulièrement son objectif de prendre place parmi les pays émergents dès 2020. « Les entreprises "n'utilisent pas des technologies modernes et n'investissent pratiquement pas dans la recherche et l'innovation, moitié moins que la moyenne observée dans les autres pays africains", précise l'institution…Le pays doit miser sur "l'ouverture vers l'extérieur à travers les investissements étrangers et les exportations", "deux vecteurs (qui) favorisent les transferts de technologie", selon le rapport.

La Côte d'Ivoire doit rattraper son retard technologique (Banque Mondiale)

La Côte d'Ivoire doit rattraper son retard technologique si elle veut devenir un pays émergent, a estimé la Banque Mondiale dans un rapport rendu public jeudi à Abidjan.

"Si le pays a retrouvé une forte croissance après plus d'une décennie d'instabilité politique, son objectif de devenir un pays émergent ne pourra être atteint sans des entreprises plus performantes", a jugé l'institution internationale dans son sixième rapport sur la situation économique ivoirienne.

Le gouvernement de la Côte d'Ivoire, première économie francophone d'Afrique de l'Ouest, rappelle régulièrement son objectif de prendre place parmi les pays émergents dès 2020. "En Côte d'Ivoire, la productivité du travail et du capital d'une entreprise est généralement trois à quatre fois inférieure à celle d'une entreprise en Indonésie, au Maroc ou en Chine", et ce "dans tous les secteurs de l'économie", s'inquiète la Banque Mondiale dans ce rapport intitulé "Aux portes du paradis – Comment la Côte d'Ivoire peut rattraper son retard technologique".

Les entreprises "n'utilisent pas des technologies modernes et n'investissent pratiquement pas dans la recherche et l'innovation, moitié moins que la moyenne observée dans les autres pays africains", précise l'institution.

La Banque rappelle que "le niveau actuel du revenu par habitant reste aujourd'hui inférieur à celui du début des années 1980". Le taux de pauvreté avoisine 45%, contre moins de 10% à l'aube des années 1980.

La Banque Mondiale appelle donc la Côte d'Ivoire à "changer de stratégie" en "urgence". Le pays doit miser sur "l'ouverture vers l'extérieur à travers les investissements étrangers et les exportations", "deux vecteurs (qui) favorisent les transferts de technologie", selon le rapport.

Des "partenariats intelligents" avec des entreprises étrangères permettront de "renforcer les compétences de sa main-d'œuvre ainsi que la connectivité de son économie".

Le rapport appelle aussi les autorités ivoiriennes à investir pour "abaisser les coûts de transports physiques et virtuels", citant notamment le besoin d'améliorer la performance des ports ivoiriens, "une priorité", ainsi que les coûts de la téléphonie mobile et internet, "1,5 à 3 fois plus chers qu'au Ghana", pays voisin.

de/ck/thm

La Côte d’Ivoire prépare une quatrième émission d’eurobonds Devant la frilosité du marché sous-régional, Abidjan a décidé de se tourner vers les marchés internationaux. Objectif : réaliser une partie des 1 310 milliards de FCFA d'obligations qui lui sont nécessaires pour financer les dépenses de fonctionnement de l’État.

Après des émissions de dette en 2014, pour un montant de 750 millions de dollars (550 millions d’euros), en 2015, pour un milliard de dollars et en 2017, pour un montant de 1,25 milliard de dollars, le gouvernement ivoirien prépare en coulisses une quatrième levée de fonds sur les marchés internationaux, prévue pour le mois de mars. Pour l’exercice budgétaire en cours, le Trésor public de Côte d’Ivoire a en effet un objectif d’obligations de 1 310 milliards de francs CFA (2 milliards d’euros) de titres.

Mais la frilosité du marché sous-régional a incité les autorités ivoiriennes à s’orienter vers les marchés internationaux : Abidjan n’escompte plus que 25 % de la somme annoncée – soit 330 milliards de FCFA – du marché sous-régional (des fonds qu’elle doit mobiliser avant la fin du mois d’octobre 2018, selon son calendrier budgétaire). Les 980 milliards de FCFA restant devant être trouvés sur les marchés internationaux.

Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/528295/economie/la-cote-divoire-prepare-une-...

 

Transport routier : le renouvellement du parc automobile n’est pas obligatoire ( Communiqué)

Il revient qu’un agent du Fonds de Développement du Transports routier (FDTR), au cours d’une conférence de presse, aurait déclaré que cette structure va procéder au renouvellement forcé et systématique des minicars appelés communément « Gbaka ».

Laquelle déclaration a suscité beaucoup d’interprétations au sein des transporteurs en particulier, et de la communauté nationale en général.

Le Ministre des Transports dément formellement cette information et précise qu’il n’a jamais été question d’un remplacement forcé et systématique de quelque véhicule que ce soit.

Par ailleurs, le Ministre tient à rappeler que le programme de renouvellement du parc automobile en Côte d’Ivoire repose sur une adhésion volontaire des acteurs du transport routier.

Il invite toutes les entreprises de transport routier, désireuses d’adhérer à ce programme, de prendre attache avec le FDTR, en vue d’en bénéficier.

Fait à Abidjan, le 7 février 2018 Le Ministre des Transports

Amadou KONE

 A LIRE AUSSI  : par  Bakary Cisse  
Ce Renouvellement du Parc Automobile qui fait grincer les dents ! C'est toujours d'actualité, le remplacement de nos fameux et légendaires «Gbaka» en véhicules modernes de 40-60 places fait des vagues. Une information qui fait grincer des dents et qui ne manque pas de faire bouillonner la toile ivoirienne. Tout changement devient sujet de polémique, d'émotivité outrancière et de rejet psychologique à l'heure de la modernisation de la vie socioéconomique du pays.

Ce qui est souvent étonnant, c'est d'entendre des plaintes et complaintes feintes d'hommes étrangers au secteur du transport, des experts autoproclamés en tout sauf leur activité professionnelle. Des individus dont le seul fonds de commerce est devenu la pitié hypocritement enflammée envers ceux qui, pour eux, sont les victimes des décisions du gouvernement. Et pourtant tous les ivoiriens en sont convaincus, le milieu du transport baigne depuis des décennies dans l'anarchie totale, dans un désordre violent, un lieu commun de délits et autres crimes d'agression (Gnambros, microbes, voleurs et fumoirs de drogues s'alimentent les uns les autres). Le secteur du transport a surtout la mauvaise réputation d'inscrire le pays au hit parade des accidents de circulation spectaculaires, meurtriers et quotidiens.

Pour l’année 2016, l’Office de la sécurité (OSER) faisait cas de 6 856 accidents de la circulation enregistrés, uniquement à la fin du premier semestre 2016 qui ont fait 6165 victimes directes pour 5798 blessés graves et 367 décès. D'ailleurs le secteur du transport après des années de crise est totalement sinistré, les acteurs abandonnés à eux-mêmes, sans financement bancaire et épuisé par une gestion informelle. Sur les quelque 398 000 véhicules qui circulent dans le pays, plus de 80% sont vieillissants annonçait l'un des responsable Fonds de Développement du Transport Routier (FDTR).

Certains acteurs, les plus petits, font face à de redoutables nouvelles ou renouvelées compagnies d'autocars modernes, climatisés, offrant wifi et autres petits avantages au moment où les routes font peau neuve dans le pays. Le choix est vite fait par le client.

Récemment à Bondoukou, les syndicats empêchaient avec violence les compagnies de cars climatisés, protestant contre une "concurrence déloyale" dans l'hilarité générale et aussi l'énervement légitime de plusieurs ivoiriens. C'est au tour des syndicats de "massa" de Zuenoula de nous servir le même plat insipide et révoltant ce mardi 06 février 2018.

A Daloa, les "massa" on perdu la bataille du transport interurbains, se contentant de rallier les villages à la ville, transportant de gros bagages. Une pratique qui ne peut que détruire la durée de vie des véhicules donc appauvrir et l'investisseur et tuer des certaines d'emplois. Ce n'est pas un hasard si les premières entreprises de transport ayant bénéficié de programme de renouvellement du parc sont les autocars qui ont maintenant fière allure et rendent la vie dure aux petits véhicules de transport. Et l'une des réponses à ce grand désastre humains et matériel c'est le programme de Renouvellement du Parc automobile tant décrié.

Au moins 100 milliards fcfa investis pour l'acquisition de 3600 véhicules avec le partenaire indien du gouvernement Exim Bank. Cette politique de renouvellement couvre, selon le gouvernement, tous les champs tous types ou natures de transports (Marchandises, voyageurs, urbain, non urbain, transport public, transport privé, etc.) et toutes les catégories de véhicules (voitures, camions, taxis, minibus, autocars, autobus, etc.).

Et le Directeur général du Fonds de développement du transport routier (FDTR), Mohamed Kouyaté, affirmait récemment à la presse que, un apport initial de 3% seulement du coût du véhicule sera demandé au futur acquéreur pour faciliter l'acquisition de nouveaux véhicules aux acteurs du milieu.

L'expérience presque réussie de "Ivoire taxis ", qui après les folles rumeurs, sur les coûts pratiqués fait désormais partie des moeurs des Abidjanais n'est-il pas signe qu'on peut réussir à moderniser le secteur.  Qu'on reformer le secteur sans éjecter les acteurs actuels?

Qu'on peut prendre le pari de faire du neuf (automobiles) avec du vieux (transporteurs)?

Le projet global de renouvellement du Parc automobile porte sur l’acquisition de 50 000 véhicules toutes catégories confondues pour un coût global de 750 milliards de FCFA sur 5 ans soit 150 milliards de FCFA par an, annonçait en 2016, l'ex-ministre des Transports Gaoussou Touré, politique que continue d'amplifier l'actuel ministre des Transports Amadou Koné.

Et si chacun faisait le sacrifice d'essayer cette nouvelle expérience ?

L'unification PDCI/RDR C'est plutôt un impératif,une nécessité pour la consolidation de la paix sociale et du progrès amorcé depuis l'avènement du Président Allassane Ouattara.

Le PDCI de Henri Konan Bédié doit s'y atteler.

Par : Bakus Bakayoko

Après un moment d 'observation et de silence,nous demandons au PDCI et au Président Aimée Henri Konan Bédié de s'inscrire résolument dans la mise en place du parti Unifié.Le faire n'est pas un signe d faiblesse.

C'est plutôt un impératif,une nécessité pour la consolidation de la paix sociale et du progrès amorcé depuis l'avènement du Président Allassane Ouattara.

 Le PDCI de Henri Konan Bédié doit s'y atteler.Il ne faut pas oublier l histoire et son histoire.Ceux qui appellent au RHDP aujourd'hui sont ceux qui ont permis de faire du PDCI RDA hier, un parti fort et régent de la politique ivoirienne 40 environ.

Il ne faut pas oublier que ce pays a frôlé le pire.Il y a environ dix ans ,l'ivoirien lui même ne croyait plus en son pays.Il y' a environ dix ans ,l espoir avait fait place au doute et au pessimisme.

 N'Oubliez surtout pas que ce sont les grands groupements politiques qui ont bâti et donné espoir aux peuples après les fratricides ou des guerres.Des USA après la crise de 1929,du Japon,de la France,de l Allemagne à la Ruissie après la seconde guerre mondiale en 1945. Du Rwanda tout près en passant par l Afrique du Sud, l'Union politique à fait ses preuves. Les peuples qui ont fait le contraire sont dans le désespoir.

La RD Congo,le Congo,le Burundi,le Soudan du Sud etc....

Nul ne peut nier les résultats spectaculaires depuis 2011 . Aujourd'hui ce pays qui change, a retrouvé son lustre d'antan.

 À cet effet nous demandons à la jeunesse du PDCI et à certains journalistes de s'éloigner des attitudes belliqueuses.Le pouvoir n'est pas une fin en soi.Même si d'aucuns disent que" la fin justifie les moyens"Une chose est d'avoir le pouvoir et une autre est de pouvoir l'exercer .Il y 'a une paix à préserver.Et aucune ambition d'un membre du PDCI ne doit l'empêcher.Nous savons tous l histoire du PDCI RDA.

C est parce que d'autres groupements politiques, hommes politiques, ont contenu leurs volontés, leurs ambition de conquête du pouvoir que le PDCI RDA a pu régenter dans la paix la vie politique 30 ans durant.Voilà pourquoi le president Ouattara s'est inscrit dans une dynamique de rassemblement .

Et ce n'est ni un signe de faiblesse ni par peur de son propre avenir.

 Lui a déjà tout eu et tout vu.C'est pour nous les jeunes .Alors Mettons nous résolument dans la vision du Président Allassane Ouattara.Vive le RHDP

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Côte d’Ivoire : les cinq freins à une éventuelle alliance PDCI-FPI

L’éventualité d’une alliance entre le Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo, principal parti d’opposition) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, parti d’Henri Konan Bédié, membre de la mouvance présidentielle) est désormais sur la table en Côte d’Ivoire. Pour l’instant, cinq raisons rendent pourtant cette liaison hypothétique.

La rencontre le mercredi 24 janvier entre Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, et Pascal Affi N’Guessan, président de l’une des deux tendances du Front populaire ivoirien, a été un signe interprété comme une éventuelle future alliance du PDCI et du FPI.

 « En ce qui concerne une alliance avec le PDCI-RDA, c’est notre volonté, c’est notre aspiration, parce qu’en Côte d’Ivoire, le jeu politique se déroule autour de la question des alliances. Les deux partis qui se mettent ensemble sont assurés de gagner l’élection présidentielle. » Initiateur de la rencontre avec Bédié, Affi N’Guessan milite ouvertement pour cette alliance. Seulement voilà, plusieurs obstacles rendent, pour l’instant, cette alliance hypothétique.

1. Opposition historique

Historiquement le PDCI et le FPI ont toujours été opposés. Laurent Gbagbo a été le premier opposant à se porter candidat, en 1990, face à Félix Houphouët-Boigny, l’un des « pères fondateurs » du PDCI.

En 2000, après le coup d’État qui a porté au pouvoir le général Robert Gueï, les deux partis alors dirigés par Laurent Gbagbo et Laurent Dona Fologo ont tenté de créer un Front patriotique, après la mort de fait du Front républicain (alliance du FPI et du Rassemblement des républicains – RDR d’Alassane Ouattara).

Cette alliance a duré le temps d’une conférence de presse conjointe…

2. Opposition idéologique

 La deuxième raison est liée aux idéologies des deux partis. Le FPI est un parti se réclamant de la gauche socialiste, tandis que le PDCI se range dans le champs d’un centre-droit libéral.

 Seul point idéologique commun entre les deux formations : les idées nationalistes, qui ont été défendues par les deux partis au cours de leur histoire.

3. Opposition politique

La troisième raison est politique et se résume aux courants internes qui traversent les deux partis. Si la tendance du FPI conduite par Affi est prête à nouer une alliance avec le PDCI, il n’est pas sûr qu’au PDCI, tout le monde soit favorable à ce rapprochement.

Certes, certains responsables de ce parti, à l’instar de Noël Akossi Bendjo, le puissant maire du Plateau (commune d’Abidjan) ont apporté publiquement leur soutien à la rencontre début janvier, entre les jeunes des deux formations politiques, qui a précédé la rencontre entre Affi et Bédié.

« Au PDCI, de nombreux militants ne sont pas encore disposés à valider une alliance avec le FPI, j’en fais partie », confie un délégué départemental du PDCI, ancien député. :::::::::: La grande inconnue de l’équation reste la réelle position de Bédié, sur la question de l’alliance. Le vieux dirigeant (84 ans), encore combatif, a fermement rappelé qu’il est le seul qui « dicte la ligne politique du parti ». Et il n’a encore rien laissé paraître de ses intentions.

4. Opposition tactique

La quatrième raison est d’ordre tactique. Le PDCI a bien conscience que s’il noue une alliance avec la tendance minoritaire – trois députés à l’Assemblée nationale sur 255 – du FPI, au pire le RDR cherchera à nouer une alliance improbable avec la tendance, théoriquement majoritaire, du FPI conduite par Aboudramane Sangaré, au mieux il renforcera son alliance avec l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI d’Albert Toikeusse Mabri, avec ses six députés) et des petits partis de la mouvance présidentielle, comme le Mouvement des forces d’avenir (MFA d’Azoumana Moutayé).

5. Opposition stratégique

 La dernière raison est en rapport avec l’objectif stratégique des deux partis. Dans l’absolu, tous les deux aspirent à diriger le pays, en s’offrant la présidence de la République, en 2020.

Cependant, pour le FPI toutes tendances confondues, cet objectif passe par l’utilisation d’un moyen qui laisse jusque-là le PDCI indifférent : la libération de Laurent Gbagbo, détenu depuis plus de six ans à la Cour pénale internationale (CPI).

Par : André Silver Konan 31 janvier 2018 à 16h45 — Mis à jour le 31 janvier 2018 à 17h14

L'AFFAIRE DE GIFLE OPPOSANT LA POLICIÈRE AU DÉPUTÉ: UN TORT FAIT AUX INSTITUTIONS PAR TOUS LES ACTEURS DE CE MALHEUREUX ÉVÈN...

1 - La voie de fait, qualification sous laquelle le député concerné a été incriminé, ne requiert nullement comme condition, l'effectivité de l'acte matériel de la gifle, comme j'ai pu le lire ici et là. En effet, cette notion ne désigne pas en droit pénal nécessairement ou exclusivement l'accomplissement d'un acte physique positif (gifle). Elle englobe l'exercice de toute forme de violence (insulte, menace, tentative d'agression, bousculade), notamment un acte vexatoire constituant une offense. Celle-ci est d'autant plus caractérisée lorsqu'elle s'adresse ouvertement à une personne dépositaire de l'autorité publique (magistrat, policier, etc. ) dans l’exercice de ses fonctions. Dès lors, elle s'étend à tout comportement méconnaissant de manière flagrante une disposition législative ou réglementaire, justifiant de ce seul fait ( manquement, outrage ou toute offense grave, avec menace quelconque), l'intervention judiciaire pour faire cesser ce trouble manifeste à la Loi et réprimer son auteur. Conséquemment, l’arrestation du député pour flagrant délit rentre dans le champ de compétence de la police (arrestation au moment de la commission immédiate des faits, et moins de 48 hres après les faits, sur la base d'indices apparents, mais suffisants pour permettre de laisser supposer la constitution de l'infraction) et sa mise en garde à vue obéit à la légalité (information du Procureur de la République et autorisation de ce dernier), sous réserve de la régularité de la procédure mise en oeuvre par les OPJ à cette fin (vice pour méconnaissance d'une formalité substantielle dans la procédure ). 

2 - L' identification de l'auteur des voies de faits sur une personne détentrice de l'autorité publique mettant en évidence sa qualité de député, pose le problème de son immunité au regard de la Constitution. Or, cette dernière, ne fait pas obstacle à la procédure. Dès lors, l'enquête placée sous le contrôle du procureur de la République est régulière et permet de poursuivre les investigations dans les conditions prévues par les textes, notamment le délai légal de la garde à vue, aux fins de réunir les éléments de preuve nécessaires à la manifestation de la vérité (témoignages, auditions, confrontations, recueil d'indices), avant de déferrer le prévenu devant l'autorité Judiciaire (Juge aux flagrants délits ou correctionnel). A ce stade précis de la procédure l’immunité parlementaire ne joue pas, car il n’y a pas encore poursuites. Ce n’est que lorsque l’enquête est achevée et que le Procureur de la République prend connaissance du résultat de celle-ci, qu’il peut abandonner l’affaire ou au contraire engager des poursuites en confiant l’affaire à un juge d’instruction (complément d’enquête ) ou en décidant de poursuivre lui-même, au nom du Ministère Public, l'auteur présumé de l'infraction. Ce n’est qu’à ce stade, que la Constitution exige, l’autorisation préalable du Bureau de l’Assemblée Nationale, pour aller plus en avant. 

3 - Après son maintien en garde à vue et considérant les éléments apparaissant au dossier ( aveu des voies de fait par l’auteur, qualité de ce dernier) la détention provisoire ne s'imposait pas, au regard des garanties que présentait l'auteur de l'infraction alléguée. La délivrance d'une citation à comparaître était largement suffisante. Éventuellement, celle-ci pouvait même être renforcée par une ordonnance d’interdiction de sortie du territoire national, avant la date de comparution. Devant de nombreuses présomptions (flagrance par présomption, présomption d'innocence, présomption de culpabilité) seul le juge était qualifié pour trancher de la question. En préjugeant largement de l’issu d’un tel jugement, la détention provisoire dans le cas présent, se confine à une volonté de punir par anticipation, à un degré tel, qu’elle s’assimile à une condamnation ou un abus de pouvoir dans l’opinion publique. Or, il n’en est rien en réalité au plan juridique. L'émotion, le symbolique et l'empressement même pour l’exemplarité, ne servent pas une justice sereine et pertinente. Au contraire, ils peuvent lui nuire (image, crédibilité, professionnalisme). Précisons à toutes fins utiles, que ceci n’a absolument aucun caractère politique, que d’aucuns ne manqueront certainement pas d’y voir ( nous avons pris la mauvaise l’habitude de vouloir tout politiser en Côte d’Ivoire, si bien que la rationalité y trouve peu d’espace).

 4 - L'information de l'Assemblée Nationale, ne doit pas conduire nécessairement et automatiquement celle-ci à s’opposer à la procédure, au Judiciaire. Il s’agit de la violation de lois votées par elle-même. On ne peut pas voter des lois qui s’appliqueraient uniquement au peuple, et pas à nous. C’est l’instauration d’un nouveau système de classes sociales, un nouveau clivage dans la cité. C'est dans tous les cas, un mauvais signal envoyé à la société civile et une défiance exprimée à l'endroit de l'Institution Judiciaire, alors que le législateur devrait être naturellement son premier soutien, car elle ne fait qu’appliquer sa volonté. Le député pouvait faire la preuve de son innocence devant la Justice, s'il n'a rien à se reprocher, cette protection devenant de fait, inutile. A défaut, une sanction disciplinaire relevant du Règlement Intérieur de l'institution devrait pouvoir sanctionner de tels actes d'incivilité qui ne l'honore pas et donne le sentiment d'une impunité et d'une injustice. Lorsqu'on est investi de responsabilités, on doit avoir un comportement qui inspire la considération ( respect de la Loi et des citoyens) et non l'indignation (infraction à la Loi. impunité. Le refus d'un passe-droit n'est pas un crime de lèse-majesté autorisant des voies de faits. C'est inadmissible. C'est contraire à l'esprit et au but de l'immunité. En cela, c'est aussi un détournement de l'objet de la Loi.

CONCLUSION

Les militants d'un parti politique quelconque, en l'espèce du PDCI-RDA, ne peuvent pas s'opposer à l'application de la Loi par la force, et exercer à leur tour des voies de faits sur des policiers ( cf vidéo de leur agissements au Commissariat où était maintenu le député en question). Je suis surpris qu'il n'y ait pas eu d'autres interpellations et que la responsabilité de cette organisation politique (section d'Abidjan au moins) n'ai pas été engagée par la justice. Les agressions contre les forces de l'ordre ne doivent jamais restées impunies. Force doit toujours restée à la Loi. C'est un encouragement tacite au désordre et à la violence. Les politiques et les partis politiques ne sont pas au-dessus de la Loi. Il nous faut assimiler ce principe, une fois pour toutes. N'oublions jamais que l'une des sources principales de notre crise, provient de notre refus de nous soumettre à la Loi, notre refus à respecter les normes

La population n'a pas à rendre justice elle-même, ni pour son propre compte, ni pour le compte d'un tiers. Le député n'avait pas à subir de sa part des représailles punitives, si tant est qu'elles ont existé. Elle ne peut que collaborer au maintien de l'ordre et aider la Justice (filmer la scène, relever le numéro de la plaque minéralogique du véhicule, appeler le commissariat le plus proche pour l'en informer, immobiliser l'auteur d'un délit, témoigner spontanément en faveur de la victime, s’interposer dans une altercation pour empêcher des dommages comme le cas qui nous occupe). Les réseaux sociaux et les médias ne peuvent pas non plus bafouer si allègrement le principe d'innocence et l’honneur d'un mis en cause, jusqu'à preuve avérée de sa culpabilité. Une distance est nécessaire par rapport au fait juridique. Il faut attendre que la justice passe et s’abstenir d’exercer sur elle une pression.

 Les institutions (A.N. et P.R.) n'ont pas bien réagi devant l'évènement, tant sur la forme que sur le fonds. Ce sont les institutions de la Républiques qui en sortent une fois de plus affaiblies. Il est urgent que cela cesse. C'est toute la République qui est sérieusement menacée par ce type de conduites ( sociales, politiques et institutionnelles). Faisons vraiment attention, sinon nous rendrons notre pays ingouvernable à cause de notre mentalité, de notre propension à la violence, à la corruption, à l’indiscipline et notre sordide attachement aux privilèges, aux intérêts personnels et à l'impunité.

Par ailleurs, je rappelle que j'avais soulevé ce problème dans mon analyse du Projet de Constitution, en suggérant de se référer à une notion plus large que celle de "poursuite", pour éviter précisément ce type de situation, et avait demandé de préciser en contre-partie, les délits de droit commun, notamment en matière de flagrant délit, pour lesquels l'immunité pourrait ne pas prévaloir, pour que celle-ci ne conduise pas à l'impunité.

Par : PIERRE SOUMAREY·MERCREDI 31 JANVIER 2018

RHDP / Alexis DIEHT réagi a la conception de l'Houphouëtisme de Frédéric GRAH MEL "Est-il possible de faire perdurer historiquement le PDCI-RDA sans assurer la permanence de son esprit dans le temps ?

31 janvier  2018 Par Alexis DIETH

Vouloir unifier le PDCI et le RDR, est-ce vouloir liquider le PDCI-RDA et Félix-Houphouët-Boigny ou est-ce, au contraire, vouloir assurer institutionnellement la pérennité de son esprit et de son projet sociétal? Peut-on identifier la volonté d’unifier le PDCI et le RDR à une volonté de liquider le PDCI-RDA et in fine, de liquider Houphouët-Boigny, comme le suggère son biographe Frédéric Grah Mel, dans un interview à Jeune Afrique (cf : édition numérique du 29-01-2018) ? Porté par ce syllogisme effrayant, ce procès d’intention est-il politiquement fondé en raison ?

Le PDCI-RDA est « le réel héritier » du père de la Nation, dit Mr Grah Mel qui accuse : « Tous ceux qui, sous prétexte de parti unifié, veulent aujourd’hui liquider le PDCI-RDA s’exposent à trahir l’héritage politique d’Houphouët. Liquider le PDCI-RDA, c’est vouloir liquider Houphouët ».

Est-il, d’abord, politiquement rationnel de définir le PDCI-RDA en termes d’héritier et d’héritage ? Voir en ce parti politique un héritier de son fondateur n’est-ce pas personnaliser ce qui n’est, comme phénomène politique, qu’une institution du régime démocratique ?

N’est-ce pas fétichiser le PDCI-RDA, autrement dit, le réduire à la personne physique de son fondateur ?

N’est-ce pas oublier les valeurs les programmes et les projets sociétaux qu’un parti est fonctionnellement destiné à défendre et à servir dans la temporalité politique ? Définir le PDCI-RDA comme héritage, n’est-ce pas en faire arbitrairement un bien immobilier réservé à l’héritier d’une filiation biologique familiale, lignagère, tribale ou clanique ? Affirmer que la volonté d’unifier le PDCI et le RDR est prétexte dissimulant une volonté de liquider le PDCI-RDA, de trahir l’héritage politique de Félix Houphouët-Boigny et in fine de liquider sa mémoire ne relève-t-il pas de la vision patrimonialiste et totalitaire du parti politique propre aux dictatures ?

Les propos de Monsieur Frédéric Grah Mel sont donc politiquement et rationnellement contestables. En démocratie, un parti politique n’est ni l’incarnation de la personne de son fondateur, ni un héritage de sa descendance, ni un bien immobilier de propriété privée. Le parti politique est une institution publique, un instrument bâti en vue de servir une certaine conception du bien public. C’est le moyen du service d’une fin politique plus haute, d’un idéal, d’un universel, qui transcende la personne de son fondateur.

Le PDCI-RDA fut construit en Côte d’Ivoire pour réaliser l’alliance des identités culturelles et de la rationalité moderne dans le combat anticolonialiste pour l’Indépendance.(Cf « Ce qu’est l’Houphouëtisme, mémoire commune du PDCI et du RDR ».cedea.net. Décembre 2017). Pour Houphouët-Boigny, cette alliance s’avère nécessaire. Elle permet à la Côte d’Ivoire de se libérer de la dépendance et de se propulser sur les fonts baptismaux du développement endogène au fil du temps.

L’houphouëtisme est l’expression ivoirienne des valeurs et du projet économique et sociétal de la démocratie républicaine. Le PDCI-RDA incarnait, en Côte d’Ivoire, ces valeurs et ce projet. Sa scission historique entre une aile républicaine et une aile démocratique met les deux nouvelles entités partisanes au défi de porter effectivement ces valeurs et ce projet par la praxis et par la confrontation idéologique, d’en assurer la pérennité dans le combat politique. Telle est, me semble-t-il, la perspective sous laquelle nous devons lire la volonté d’unification. Elle est inspirée par la mémoire de l’Houphouëtisme.

La scission historique interne du PDCI-RDA fut causée par des logiques d’affirmation de ses composantes idéologiques, de sa dimension nationaliste conservatrice et de sa dimension moderniste et progressiste. Les réalités de l’affrontement politique ivoirien dans le cadre de la démocratie multi-partisane nécessitent maintenant une coalition durable de valeurs entre ses deux composantes qui s’étaient séparées. A l’image de la coalition allemande de la CSU/CDU, l’unification PDCI/RDR est à comprendre comme coalition programmatique durable de valeurs fondée sur le respect réciproque des partenaires de l’alliance. Cette coalition programmatique de valeurs nécessairement bâtie sur des compromis est destinée à assurer, contre des périls politiques communs, la pérennité du projet politique et sociétal de l’Houphouëtisme : l’alliance de l’identité et de la rationalité moderne.

Compris dans sa signification rationnelle et politique, la volonté d’unifier le PDCI et du RDR n’est donc pas le prétexte d’une volonté de liquider le PDCI-RDA, de trahir ses valeurs et de liquider Houphouët-Boigny. Elle apparait, au contraire, comme étant une volonté de consolider le PDCI-RDA en tant que forme politique normative, de maintenir temporellement vivant l’esprit de Félix Houphouët. Sous le PDCI/RDR né des transformations historiques et politiques de la Côte d’Ivoire vivrait le PDCI-RDA comme référence idéologique et politique normative.

Loin de dissoudre le PDCI-RDA, l’unification assure sa pérennité historique à travers l’alliance idéologiquement et programmatiquement fondée de ses deux branches contre les adversaires de l’Houphouëtisme dans le combat politique. L’unification ne liquide pas Félix Houphouët-Boigny. Elle le fait revivre en garantissant institutionnellement la pérennité de sa mémoire et de son projet politique contre l’adversité : l’émancipation pérenne de la Côte d’Ivoire à travers l’alliance des identités culturelles et des diverses formes de la rationalité moderne. L’interprétation de Frédéric Grah Mel est abusive.

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Appréciation critique du propos de Mamadou Koulibaly le chef du LIDER sur l'affaire de la policière giflée et de la rébellion des députés.

Que penser de ce propos du chef du LIDER Mamadou Koulibaly, déplorant selon ses termes sur son compte Twitter "la dégénérescence de l'autorité de l’État" à la suite l'affaire de la policière giflée par le député, de l'incarcération momentanée de l'auteur et de la rébellion consécutive de ses pairs contre les pouvoirs publics? Je l'assimile personnellement à la réaction démagogique d'un pompier pyromane.

L'autorité (qualité morale et politique) de l’État repose d'abord sur la reconnaissance unanime de la légitimité du gouvernement après une élection présidentielle. Or Mamadou Koulibaly et ses pairs ont depuis 2010 refusé de reconnaître la légitimité du gouvernement ivoirien. Ils s'attachent depuis leur défaite électorales, qu'ils ont refusé d'accepter, l'attribuant à un complot international, à conspuer et à dénigrer le gouvernement et les pouvoirs publics, à rejeter toutes ses actions économiques, politiques et sociales, à appeler au boycott de toutes les élections, à en appeler au retour au pouvoir de Laurent Gbagbo.

Ce dévoiement de l'opposition qui a abandonné son rôle de critique constructive et programmatique pour sombrer dans le populisme contribue activement à nier le service gouvernemental du bien commun et à saper l'autorité de l’État.

N'était-ce pas d'ailleurs le programme majeur du FPI et de ses alliés, l'arme secrète avec laquelle ils comptent récupérer le pouvoir d’État dont ils estiment avoir été dés-approprié par un complot ?

Le propos de Mamadou Koulibaly est donc démagogique, insincère, hypocrite et électoraliste.

Il faut le prendre comme tel.

Alexis Dieth ·

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