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Monde (206)

POINT DE VUE / Par Achille Mbembé et Felwine Sarr / « Africains, il n’y a rien à attendre de la France que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes ! »

Avant le discours du président Macron à Ouagadougou, les philosophes Achille Mbembé et Felwine Sarr estiment que la France reste un problème pour le continent.

Emmanuel Macron accueillis à l’aéroport de Ouagadougou par le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kabore, le 27 novembre. Fermons un instant les yeux sur ces spectacles d’un autre âge que nous offrent les chefs d’Etat africains accueillant parfois jusqu’à l’obséquiosité le locataire de l’Elysée du moment. Figure obligée et sempiternelle de telles cérémonies : la foule massée au bord des routes, haute en couleur et tambours battant, attendant des heures sous un soleil de plomb ; certains pays allant même jusqu’à fermer leurs écoles pendant quarante-huit heures pour honorer comme il se doit cet invité de marque au nom d’une hospitalité africaine de légende. Fermons-les encore sur cette autre scène : ces sommets France-Afrique ou Afrique-France, où un chef d’Etat d’une puissance moyenne réunit une cinquantaine de ses homologues africains et leur administre des leçons de démocratie, de sécurité, d’économie, de droits humains et de bonne gouvernance, quand il ne les rabroue pas purement et simplement.

Que les Africains et ceux qui les dirigent se le tiennent pour dit. Ils sont sur le point d’en recevoir une énième. Le dernier locataire de l’Elysée, que la presse de son pays surnomme Jupiter, s’apprête en effet à prononcer son discours sur l’Afrique à Ouagadougou, mardi 28 novembre. Comme il l’a d’ores et déjà montré s’agissant des Africains, il a la condescendance facile.

Aversion, lassitude et appels à la rupture.

Tout cela, oublions-le un instant. Mettons de côté les éventuels malentendus, les affects colériques, voire l’indignation. Un fait néanmoins demeure : la relation avec la France a été et reste problématique pour les Africains.

A ce titre, elle doit faire l’objet d’un examen sans complaisance, d’une réflexion approfondie et indépendante tournée vers le futur. En effet, plus d’un demi-siècle après les indépendances, la France n’est-elle pas, de tous les Etats occidentaux, celui dont les interventions dans ses anciennes colonies, multiformes et répétées, prêtent le plus à controverse ?

N’est-elle pas, de toutes les grandes et moyennes puissances, celle qui subit de plein fouet l’aversion d’une part importante de l’opinion africaine ?

Au demeurant, ne l’accuse-t-on pas de tout et de son contraire, ce qui ne la condamne guère a priori, mais ne la disculpe en rien non plus ? Sa présence sur le continent constituerait, dit-on, une menace pour l’autonomie de nos peuples et leur soif d’autodétermination. Tantôt elle entraverait le rythme et la direction que devraient prendre les transformations dont nous avons tant besoin, tantôt elle imprimerait, de par ses actions, un cours paroxystique à ce processus, comme ce fut le cas hier lors du génocide des Tutsi au Rwanda, et comme cela risque d’être le cas demain, à la faveur de ce qui se trame en ce moment dans la bande sahélo-saharienne.

Puissance parasitaire, elle vivrait sur le dos de l’Afrique et ne devrait son rang dans le monde qu’au rapport d’extraction scellé avec les élites locales au moment de la décolonisation – rapport sans cesse reconduit sous des formes qui ne trompent plus personne. D’où, au sein des classes éduquées et de la jeunesse politisée, lassitude, raidissement et appels stridents à la rupture et au désengagement. Vieux fond négrophobe.

Il y en a qu’étonne encore cette perception négative. L’arrogance inconsciente du mépris aidant, d’autres nient l’existence même d’un problème et préfèrent tout balayer du revers de la main.

Le recul est pourtant indubitable, et de veau d’or, il n’en est plus. L’aversion, récemment, ne s’est-elle pas cristallisée sur le franc CFA, précipitant des mobilisations transnationales contre cette monnaie désormais prise dans les mailles d’un procès en illégitimité qui n’est pas prêt d’être clos ? Devons-nous, par ailleurs, faire semblant de ne point entendre la clameur qui monte, s’agissant du rôle qui lui est imputé dans la destruction de l’Etat libyen, laquelle aurait accéléré les dynamiques de désagrégation dans l’espace sahélo-saharien ? Ou encore les dénonciations répétées de sa politique migratoire et l’établissement de centres de triage humain à l’intérieur même des frontières de pays africains formellement souverains ?.

« DANS QUELLE MESURE L’EXTERNALISATION DES FRONTIÈRES DE L’EUROPE A-T-ELLE TRANSFORMÉ LES ETATS MAGHRÉBINS EN GARDE-CHIOURMES DE L’OCCIDENT ? ».

Plus grave encore, dans quelle mesure l’externalisation des frontières de l’Europe a-t-elle transformé les Etats maghrébins en garde-chiourmes de l’Occident, attisant par là même le vieux fond négrophobe et non interrogé de leurs sociétés, puis canalisant et détournant leur propre ressentiment contre le mauvais objet, les Négro-Africains que ces Etats enferment dans des camps de fortune, dont ils se débarrassent en plein désert à la manière de déchets, lorsqu’ils ne les exposent pas à des pogroms et aux trafics d’un autre âge ?

Très nombreux, ces griefs ne sont donc pas que symboliques et tout ne se ramène pas a une affaire d’affects contrariés. Dans la plupart des cas, c’est l’ordre géopolitique sorti tout droit de la colonisation et la place subalterne qu’y occupe l’Afrique qui sont remis en cause. L’on ne saurait comprendre autrement la dénonciation des accords secrets et inégaux qui autorisent l’implantation de bases militaires chez nous et ratifient l’immixtion de la France dans les affaires internes de ses ex-colonies. Dans d’autres cas, la condamnation porte sur le soutien forcené qu’apporte le pays des Lumières aux potentats les plus obscurantistes de la région.

Pour le reste, grossie, déformée ou non, la présence française en Afrique fait l’objet d’une dispute objective et il ne sert a rien de prétendre le contraire.

Ne pas se tromper de diagnostic Que disent les Africains sinon que certaines modalités de l’action de la France sur le continent créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent ? Qu’en règle générale, ce sont les Africains qui paient le prix le plus élevé de ces aventures ? Et que cela doit cesser si tant est que le projet consiste à se frayer des chemins nouveaux ?

 Reste à savoir pourquoi il en est ainsi et pourquoi, plus d’un demi-siècle après la décolonisation, il est si difficile d’infléchir cette logique.

Encore faut-il ne pas se tromper de diagnostic.

 Un antagonisme caricatural voudrait faire passer la France pour un ennemi du continent. Comme d’autres puissances, elle y défend ses intérêts. En auraient-ils, il appartient aux Africains de définir clairement les leurs et de les défendre avec la même détermination, chez eux comme partout ailleurs dans le monde, en France y compris. Mais en ont-ils la volonté et s’en donnent-ils les moyens ? Sauront-ils convoquer toute l’intelligence nécessaire à cette fin et s’organiser collectivement ?Dans la poursuite de ses intérêts en Afrique, la France a, depuis l’époque coloniale, clairement choisi ses alliés locaux. En règle générale, il s’agit non pas des peuples eux-mêmes ou encore des sociétés civiles, mais de potentats souvent cruels et sanguinaires

« LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS D’AFRICAINS REPROCHENT À LA FRANCE D’AVOIR LIÉ SON SORT À CELUI DE CLASSES DIRIGEANTES QUI N’HÉSITENT PAS À SPOLIER L’ESSENTIEL DE CE DONT LEURS PEUPLES ONT BESOIN POUR ENTRETENIR LES CONDITIONS DE LEUR DIGNITÉ »

Entourés d’une caste servile déterminée à se reproduire indéfiniment au pouvoir, il s’agit, dans la plupart des cas, de tyrans disposés à traiter les leurs comme des captifs de guerre.

L’un des procès les plus significatifs intentés contre la France par les nouvelles générations d’Africains est d’avoir lié son sort à celui de classes dirigeantes qui n’hésitent pas à spolier l’essentiel de ce dont leurs peuples ont besoin pour créer et entretenir, chez eux, les infrastructures d’une vie humaine libre de toute humiliation, qu’il s’agisse des richesses de leurs sols et sous-sols, des ressources nécessaires à la production artistique et symbolique, ou des conditions anthropologiques de leur dignité.

Que, sur la longue durée, la politique française de puissance en Afrique ait été un bric-à-brac de militarisme, de mercantilisme et de paternalisme n’est point pour les rassurer, encore moins la cohorte de ceux qui, n’ayant strictement rien à perdre, sont prêts à prendre toutes sortes de risques avec leur vie et celle des autres.

Héritière directe de l’ère du protectionnisme, de l’expansion coloniale et du racisme conquérant, cette politique aura surtout servi, depuis le XIXe siècle, de béquille au pirate, à l’aventurier et au bon samaritain, pour ne rien dire de la caravane armée et du chasseur d’hommes, du trafiquant d’esclaves et des compagnies concessionnaires aujourd’hui repeintes aux couleurs du jour.

Du coup, elle n’aura jamais été loin du crime, disposée comme elle l’aura sans cesse été, à fermer les yeux, chez nous, sur ce qu’à la vérité nul ne tolérerait dans le reste du monde.

 Alors que le capitalisme financier continue sa mue, ne laissant souvent derrière lui qu’un vertigineux champ de ruines et des milieux inhabitables et hostiles à toute vie, le grand risque pour l’Afrique est que, sous couvert de la rhétorique de l’entrepreneuriat, de la paix et de la sécurité, l’organisation de l’économie ne devienne inséparable d’activités guerrières, extractives et finalement prédatrices. Enfermés dans le giron linguistique francophone.

Ne pas se tromper de diagnostic signifie aussi ne point faire de la France le bouc émissaire de tant de malheurs que nous aurions pu éviter, mais que, plus que de coutume, nous nous auto-infligeons.

Ne pas se tromper de diagnostic signifie, par ailleurs, ne pas lui octroyer davantage de pouvoir qu’elle n’en a véritablement dans nos affaires. Du reste, libérer notre imaginaire de ce fardeau mental exige de reconnaître qu’elle ne dispose guère de la capacité de nous faire faire n’importe quoi, et surtout contre notre gré.

 Elle aura beau régner grâce à la crainte et à la corruption, la France n’a, dans ses ex-colonies d’Afrique, aucune puissance intrinsèque hormis celle que nous lui avons cédée. Tant que, dans ce rapport, nous lui permettrons de mettre chaque fois la plus grande part de son côté, rien ne changera.

 « LA FRANCE N’A, DANS SES EX-COLONIES D’AFRIQUE, AUCUNE PUISSANCE INTRINSÈQUE HORMIS CELLE QUE NOUS LUI AVONS OCTROYÉE. TANT QUE, DANS CE RAPPORT, NOUS LUI PERMETTRONS DE METTRE CHAQUE FOIS LA PLUS GRANDE PART DE SON CÔTÉ, RIEN NE CHANGERA ».

Etablir un bon diagnostic suppose finalement de prendre acte d’événements culturels majeurs dont on ne mesure pas encore toutes les implications pour le futur des relations franco-africaines.

Et d’abord, à supposer qu’elle se soit jamais retrouvée dans cette position, la majorité des Africains n’attend plus, aujourd’hui, grand-chose de la France. Il reste à faire le pas suivant, c’est-à-dire comprendre qu’il n’y a rien à attendre du reste du monde que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes.

De façon plus décisive encore, il n’existe plus, en Afrique, de base sociale assez large et susceptible d’octroyer une légitimité à la politique française de puissance. Le modèle qui consistait à engranger le soutien de potentats sanguinaires et à se passer de l’assentiment des peuples a atteint ses ultimes limites.

Pour son fonctionnement, ce modèle présupposait l’existence, par le haut, d’un bloc clientéliste franco-africain opérant sur la base d’un échange intensif de bons procédés, au sein d’un réseau asymétrique de protection.

Par le bas, une rente de la circulation (visas, bourses, possibilités d’aller et de venir et autres facilités) permettait aux couches moyennes et aux classes éduquées de participer à ce bloc hégémonique. Deux pilliers, le franc CFA et la langue française, en assuraient la fluidité. 

Or, en partie à cause de l’aveuglement de la France elle-même, la base sociale sur laquelle s’appuyait ce dispositif n’a cessé de se fragiliser. Le nombre de ceux qui jadis bénéficiaient de cette rente s’est drastiquement amenuisé. Attirés par d’autres horizons, intellectuels, artistes, professionnels en tout genre, étudiants et classes moyennes font désormais défection. Une bifurcation culturelle s’esquisse parmi les élites. Elle oppose désormais ceux qui sont enfermés dans le giron linguistique francophone à ceux qui en sont sortis. Ces derniers parlent d’autres langues (l’anglais notamment) et s’inscrivent désormais dans d’autres faisceaux d’intérêt et de sens. 

Rejet de toutes les expressions d’un colonialisme latent .

Mais, par-dessus tout, les nouvelles générations ont pris conscience que les rapports franco-africains postcoloniaux reposent sur très peu de valeurs que la France et l’Afrique auraient en partage. Dans un contexte de tarissement des rentes de la circulation, cette vacuité morale et le défaut de légitimité qui s’ensuit expliquent, plus qu’on ne l’a laissé entendre, le recul de l’influence française en Afrique. 

Plus que leurs aînés, les jeunes Africains savent que la survie de l’Afrique ne dépend pas de la France, tout comme la survie de la France ne devrait guère dépendre de l’Afrique. Elles ont compris que le fait d’avoir eu, à un moment donné, un passé en commun ne nous condamne pas à envisager un futur ensemble, surtout si ce futur doit se construire à notre détriment. 

Entre nous, il ne saurait donc y avoir de relation que mutuellement consentie. 

Il s’ensuit que l’histoire nonobstant, la relation entre la France et l’Afrique est purement contingente. Rien ne nous empêche d’y mettre un terme. Encore faudrait-il prendre la pleine mesure de ce que cela coûte. .. Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir à un moment où le processus de décolonisation de l’imaginaire africain est en phase d’accélération. Désormais, des pans entiers de la jeunesse rejettent viscéralement les survivances du pacte colonial et toutes les expressions d’un colonialisme latent. 

« DES PANS ENTIERS DE LA JEUNESSE REJETTENT VISCÉRALEMENT LES SURVIVANCES DU PACTE COLONIAL ET TOUTES LES EXPRESSIONS D’UN COLONIALISME LATENT ».

Les structures fondamentales de cette décolonisation se donnent le mieux à voir dans la production artistique et esthétique et dans le renouveau de la pensée critique. 

Les grands déplacements culturels susceptibles de marquer durablement le paysage mental dans les années qui viennent s’articulent autour du désir irrépressible de mobilité, du refus des frontières et de la revendication, y compris transgressive, d’un droit inaliénable à la circulation. 

Voudrait-il sortir la politique africaine de la France des marais du militarisme, du mercantilisme et du paternalisme, le nouveau chef de l’Etat français dispose d’une fenêtre de tir historique. Saura-t-il faire preuve de la puissance intellectuelle et de la force morale requises ?.

Car, pour y parvenir, affairisme et économisme ne suffiront guère. Ils ne sont, ni l’un ni l’autre, des concepts. C’est, littéralement, à un autre imaginaire en gestation qu’il faut se greffer. 

Les arts du XXIe siècle seront africains .

A supposer, comme nous le croyons, qu’il y a encore quelque chose à sauver de cette relation, de quoi s’agit-il et à quel prix ? .

Nul doute, d’abord de la densité des rapports humains, de la somme des vies communes, des visages d’hommes et de femmes, tissées au long de quelques cycles de cohabitation, et qui pourraient constituer un terreau possible de coalitions fécondantes. 

Comment oublier, d’autre part, la langue, ce bien commun et en supplément, qu’il s’agit à la fois de dénationaliser et de dé-francophoniser afin d’en faire une langue-monde, la manifestation vivante de l’universalité que prône, aujourd’hui, le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne ? .

Que dire par ailleurs de la production artistique et de la création esthétique ? Puisque les arts du XXIe siècle seront africains, comment ne pas s’en servir pour faire éclore, ensemble, de nouvelles virtualités ? 

« LA GRANDE QUESTION PHILOSOPHIQUE, ESTHÉTIQUE ET CULTURELLE, MAIS AUSSI POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE DU SIÈCLE EN COURS EST CELLE DE LA MUTUALITÉ, DE LA MOBILITÉ ET DE LA CIRCULATION » La réinvention des rapports entre la France et l’Afrique n’a de sens que si ces rapports contribuent à une nouvelle imagination du monde et de la planète. La grande question philosophique, esthétique et culturelle, mais aussi politique et économique du siècle en cours est celle de la mutualité, de la mobilité et de la circulation. 

Réinventer la relation avec l’ex-puissance coloniale exige de remplacer le colonialisme par de nouveaux rapports de mutualité, de réciprocité et d’égalité. Le vieux lien colonial a pour socle la reproduction structurelle de multiples asymétries – économiques, politiques, symboliques. 

Emmanuel Macron raccompagne le président guinéen Alpha Condé après une réunion à l’Elysée, le 22 novembre 2017. Pour construire ces nouveaux rapports fondés sur le respect et la mutualité, il faudra en finir avec l’ensemble des dispositifs symboliques qui assignent aux Africains une position de subalternité que l’on cherche ensuite à faire passer pour naturelle.

Dans le domaine économique, il s’agit d’en finir avec la relation d’extraction et de prédation des ressources naturelles et matières premières du continent.

Afin d’inverser un rapport économique structurellement défavorable aux pays africains, la question des flux financiers illicites rapatriés par les multinationales françaises, des exonérations fiscales indues, des contrats miniers ou pétroliers léonins imposés aux Etats africains, de l’effectivité des transferts de technologies doit être mise sur la table et faire l’objet de transparence

Un rêve d’apartheid s’est emparé du monde Au-delà des jeux de puissance, la seule discussion d’avenir avec la France, le seul débat philosophique digne d’intérêt avec ce pays qui a significativement contribué à la vie de l’esprit, c’est celui-là : comment assurer la durabilité de ce monde, le seul que nous avons en partage.

Cette durabilité exige la redistribution la plus équitable possible du droit universel à la mobilité et à la circulation. Cette politique de la circulation planétaire, il nous revient d’en imaginer les fondements éthiques, à l’heure où le rêve d’apartheid semble s’être à nouveau emparé du monde. 

Cette conversation, c’est à nous de la conduire, au-delà de la politique des Etats, avec ceux qui, des deux côtés de la Méditerranée et du Sahel-Sahara, ne sont pas satisfaits de la manière dont nos gouvernements respectifs organisent le cloisonnement des mondes et la reconduction des tutelles anciennes dans les conditions contemporaines. Achille Mbembé et Felwine Sarr dirigent Les Ateliers de la pensée de Dakar. Ils ont coédité Ecrire l’Afrique-monde (Paris, Philippe Rey, 2017).

Le Monde Afrique / En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/27/africains-

 

Première tournée africaine pour Emmanuel Macron

Le président français est attendu lundi soir au Burkina Faso, point de départ de sa première tournée africaine, qui doit aussi le mener en Côte d’Ivoire et au Ghana. Renouveler les relations entre la France et l’Afrique, quand tant de promesses ont déjà été faites en ce sens. A l’instar de ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande, Emmanuel Macron ne pourra se soustraire à l’engagement un peu vain de donner un énième coup de grâce à la « Françafrique », concept dont les contours s’estompent à mesure que l’emprise de l’ex-puissance coloniale recule au sud du Sahara. Conscient que le président « ne sera pas le premier à porter la promesse du renouvellement », son entourage assure que les actes suivront les mots, sans sous-estimer la difficulté de cette première tournée africaine : améliorer l’image de la France sur une partie du continent où son influence est tout à la fois réelle, contestée et fantasmée

 Depuis son élection, le président de la République, qui fit son stage de l’ENA au Nigeria, a effectué deux voyages express au Mali, mais ce long déplacement du 27 au 30 novembre au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire puis au Ghana sera l’occasion de « fixer le cadre de son approche de l’Afrique », de « formuler son projet » qui ira « au-delà de l’aide au développement », indique l’Elysée.

 S’adresser à la jeunesse Fort de l’atout de la jeunesse – il n’a pas 40 ans, sur un continent où l’âge médian est de 20 ans et les dirigeants souvent au pouvoir depuis plus longtemps –, Emmanuel Macron promet de placer le sujet au centre de son attention et de ses intentions. A cet effet, le chef de l’Etat doit prononcer, mardi 28 novembre, un discours à l’université de Ouagadougou, qui sera sans aucun doute le point d’orgue de ce voyage. « Il tentera de s’adresser à la jeunesse africaine avec une posture d’humilité, devant un public loin d’être conquis d’avance et qui n’a pas forcément une bonne image de la France », explique son équipe. La demande de levée du secret-défense sur l’assassinat du président Thomas Sankara en 1987, dossier dans lequel les doutes sur...

Par Cyril Bensimon .

Comment Macron a travaillé son « adresse à la jeunesse africaine » pour éviter les faux pas Le Conseil présidentiel pour l’Afrique a aidé à constituer l’ossature du discours que le président doit prononcer mardi 28 novembre à Ouagadougou.

Une adresse à la jeunesse africaine. Emmanuel Macron prononcera mardi 28 novembre devant 800 étudiants, à l’université de Ouagadougou (Burkina Faso), un long discours pour présenter sa « vision personnelle du rapport de la France avec le continent africain », selon l’Elysée. Cela fait plusieurs semaines que le chef de l’Etat travaille ce texte avec sa plume, le normalien Sylvain Fort.

 Pour ce discours inaugural, l’Elysée a voulu innover dans la méthode. M. Macron a dîné le 14 novembre avec les représentants du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), qui se réunissent chaque semaine depuis fin août pour nourrir la politique africaine du chef de l’Etat. « L’échange avec le CPA a aidé à constituer l’ossature du discours », explique un conseiller.

Autre innovation, les auteurs se sont imprégnés d’une série de micros-trottoirs réalisés par les médias locaux à l’université de Ouagadougou, afin de recueillir l’état d’esprit des étudiants, notamment leur vision de la France. « On a abondamment lu tous ces micros-trottoirs avant de rédiger le discours », explique un conseiller, qui ajoute : « C’est du brut, ça ne fait pas forcément plaisir à entendre. » .

Improvisations polémiques .

 De manière générale, le chef de l’Etat – qui a des prétentions littéraires – apporte un soin particulier à ses discours, surtout depuis son arrivée à l’Elysée, où ses textes sont plus construits que pendant la campagne. Selon le sujet abordé, un conseiller technique apporte une « base défrichée » à la plume Sylvain Fort, qui engage ensuite un processus d’allers et retours avec le président. Ce dernier se montre attentif à la dynamique du texte, à son souffle, plus qu’aux détails. Il relit et retravaille ses discours la nuit ou le week-end. « Il annote beaucoup dans la dernière ligne droite », explique un conseiller. Lire aussi : Première tournée africaine pour Emmanuel Macron Novice en politique, M. Macron, qui a une courte expérience en la matière, a évolué dans sa manière de préparer ses interventions. A Bercy, il fonctionnait par « bullet point ». Ses collaborateurs lui préparaient une fiche cartonnée au format A5 avec une introduction et une conclusion rédigées et plusieurs points synthétiques à développer. Le président réclame désormais des discours entièrement écrits sur des feuilles volantes. Même si, face au public, il décide souvent de s’écarter du texte. « Il refait 25 % des discours à l’oral, explique un conseiller. Il se nourrit des lieux ou des contacts qu’il a eus avant. » Ses improvisations provoquent parfois des polémiques, comme début septembre à Athènes, quand il avait soudain morigéné les « fainéants ».

 Mais M. Macron reste plutôt fidèle au texte écrit quand il s’agit des discours mémoriels, indique l’Elysée. Il pourrait l’être aussi s’agissant de son discours sur l’Afrique, où chaque mot comptera. Les digressions de Nicolas Sarkozy sur « l’homme africain (…) pas assez entré dans l’Histoire », en 2007 à Dakar, avaient durablement terni sa relation avec l’Afrique. Par Solenn de Royer .

 LE MONDE Le 27.11.2017 à 11h03 • Mis à jour le 27.11.2017 à 11h50 En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/27/comment-macron-a-travaille-son-adresse-a-la-jeunesse-africaine-pour-eviter-les-faux-pas_5220894_3212.html#s6TjBfTzLG0rdAts.99 LE MONDE Le 27.11.2017 à 05h50 • Mis à jour le 27.11.2017 à 10h28 S'abonner dès 1 € Réagir AjouterPartager (317)Tweeter image: http://img.lemde.fr/2017/11/27/1282/597/5114/2557/768/0/60/0/234de0d_873-1rduodd.v2ql.jpg Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec le président ivoirien Alassane Ouattara au palais de l’Elysée, le 31 août. L’ACCÈS À LA TOTALITÉ DE L’ARTICLE EST PROTÉGÉ Première tournée africaine pour Emmanuel Macron Il vous reste 62 % de l’article à lire En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/27/premiere-tournee-africaine-pour-emmanuel-macron_5220743_3212.html#XWdJDslm8EKP7twi.99

 

FRANCE / Remaniement : Benjamin Griveaux porte-parole, Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann entrent au gouvernement

A l’Elysée, petit remaniement et grandes manœuvres Soignant une posture rassembleuse, le chef de l’Etat se montre désireux de désamorcer les grognes. Il devrait procéder lundi ou mardi à un mini-remaniement pour pallier le départ de Christophe Castaner.

Après l’élection, samedi 18 novembre à Lyon, de Christophe Castaner à la tête de La République en marche (LRM), censée redonner corps et vie au parti dans la perspective des prochains scrutins, Emmanuel Macron continue à dérouler ses plans.

Sans surprise, il procédera en tout début de semaine – vraisemblablement lundi après-midi, quoi qu’il en soit avant mercredi – à un remaniement de son gouvernement, pour pallier le départ de l’omniprésent porte-parole du gouvernement. L’Elysée devait opérer par simple communiqué, comme c’est l’usage quand le gouvernement n’a pas présenté sa démission. Or le chef de l’Etat n’a pas l’intention de chambouler son équipe. « Rien ne plaide pour un remaniement d’ampleur, car il n’y a pas d’erreur de casting », justifie-t-on à Matignon.

A la tête du parti de la majorité, M. Castaner devra alimenter la « réflexion » pour « l’après-2018 », estime-t-on dans l’entourage du premier ministre, Edouard Philippe, où l’on est bien conscient que le programme présidentiel ne suffira pas à occuper le quinquennat. Il devra aussi réarmer le parti en perspective des prochaines échéances électorales. Lundi et mardi, le chef de l’Etat recevra d’ailleurs les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, François de Rugy (LRM) et Gérard Larcher (LR), ainsi que les responsables des partis, pour les consulter sur les élections européennes de mars 2019. 

Les européennes, test crucial M. Macron est favorable à un retour à une circonscription nationale, comme dans les trois quarts des pays de l’Union européenne (UE), alors que la France est divisée depuis 2004 en huit circonscriptions. Un moyen de donner plus de visibilité à la future campagne, à l’heure où M. Macron entend réformer l’UE en profondeur, même si la situation politique délicate dans laquelle se trouve sa principale partenaire Angela Merkel risque de lui compliquer la tâche. Le chef de l’Etat souhaiterait aussi changer le mode de scrutin afin d’introduire.

FRANCE / Remaniement : Benjamin Griveaux porte-parole, Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann entrent au gouvernement La promotion de Benjamin Griveaux au poste exposé de porte-parole marque le retour en grâce de l’un des fidèles de la première heure d’Emmanuel Macron.

Une techno, un socialiste et un fidèle de la première heure. Le remaniement annoncé depuis le début de semaine a livré un casting représentatif de la méthode Macron. Avec la promotion de Benjamin Griveaux au poste exposé de porte-parole à la place de Christophe Castaner, il marque le retour en grâce de l’un des fidèles de la première heure du président de la République. Il avait pourtant été mal servi en juin, héritant, avec un secrétariat d’Etat auprès du ministre de l’économie et des finances, du dernier poste dans l’ordre protocolaire du gouvernement.Le nouveau patron de La République en marche (LRM), M. Castaner, conserve pour sa part, à l’occasion de ce deuxième remaniement sous l’ère Macron, son poste de secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. 

Sa double casquette, chef de parti et responsable des relations avec les autres formations politiques au Parlement, était pourtant critiquée au sein de la majorité. Elle l’a été aussi par l’opposition. « Le maintien de M. Castaner au gouvernement, chargé des relations avec le Parlement, est un scandale démocratique. C’est le symbole ultime de la caporalisation du Parlement », a ainsi dénoncé le député Les Républicains (LR) du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont sur Twitter.

Olivier Dussopt, un proche de Manuel Valls .

Avec le choix de Delphine Gény-Stephann pour renforcer le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin et son collègue de l’économie et des finances Bruno Le Maire, Emmanuel Macron fait à nouveau appel à une personnalité de la société civile, ancienne de Saint-Gobain et de Bercy. Il l’a préfèrée à la députée (LRM) de l’Essonne Amélie de Montchalin, dont le nom avait circulé cette semaine. 

Delphine Gény-Stephann photographiée en 2016 lorsqu’elle était vice-présidente du plan et de la stratégie du groupe industriel Saint-Gobain. Emmanuel Macron fait également un geste politique avec la nomination comme secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique du député socialiste de l’Ardèche Olivier Dussopt. Proche de Manuel Valls mais toujours encarté au PS, il offre une caution de « gauche » au chef de l’Etat, mis en cause par l’opposition socialiste pour sa politique budgétaire jugée trop à droite et son choix de confier les clés de Bercy à deux figures issues de LR. 

Juste après l’annonce de son entrée au gouvernement le numéro un du PS et sénateur du Val-d’Oise Rachid Temal a annoncé sur son compte Twitter que M. Dussopt « n’est plus membre du PS » évoquant « la cohérence politique ». Une annonce confirmée par un communiqué du parti d’Epinay, qui souligne que cette nomination survient trois jours après le vote de M. Dussopt contre le projet de loi de finances 2018 du gouvernement. 

« Finalement Macron fait comme Sarkozy : du débauchage individuel #NouveauMonde ? », a complété, vendredi soir, le trésorier du PS, Jean-François Debat, sur Twitter. Le député de Seine-et-Marne Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale, a usé des mêmes termes dans un communiqué pour dénoncer des « nominations opportunistes » et « l’écran de fumée » des ralliements. En revanche, Manuel Valls s’est réjoui de la nomination de son « ami » M. Dussopt. « Il a l’expérience du terrain, le sens de l’Etat et il veut la réussite de la France. Il fait le bon choix », a écrit sur Twitter l’ancien chef du gouvernement. De même, Gérald Darmanin, s’est dit « heureux de l’accueillir à [ses] côtés dès demain pour travailler ensemble ». 

Lire aussi : Le retour en grâce de Benjamin Griveaux, nommé porte-parole du gouvernement .

Le retour en grâce de Benjamin Griveaux, nommé porte-parole du gouvernement L’ambitieux secrétaire d’Etat, mis de côté depuis le début du quinquennat, remplace Christophe Castaner, qui prend la tête de La République en marche.

Benjamin Griveaux et Christophe Castaner le 1er mai à Paris. Annoncé depuis plusieurs jours, provoqué par l’élection samedi 18 novembre de Christophe Castaner à la tête de La République en marche, l’Elysée a procédé vendredi 24 novembre à un remaniement – le deuxième depuis le début du quinquennat – du gouvernement. Le poste de porte-parole, jusque-là occupé par Christophe Castaner, échoit à son collègue Benjamin Griveaux. Le poste de secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, que M. Griveaux occupait jusqu’ici échoit désormais à Delphine Gény-Stephann. 

Ce remaniement, annoncé en début de semaine, a pris plus de temps que prévu, l’exécutif se laissant le temps de vérifier la situation fiscale et patrimoniale des nouveaux entrants, afin d’éviter les mauvaises surprises. 

Lire aussi : A l’Elysée, petit remaniement et grandes manœuvres .

Pour remplacer M. Castaner au poste stratégique de porte-parole, le chef de l’Etat a décidé de faire confiance à Benjamin Griveaux, un autre « marcheur » de la première heure qui retrouve ainsi un peu de lumière, après avoir été mis dans l’ombre depuis l’élection de M. Macron. 

Le président a semblé hésiter un temps entre M. Griveaux, qui était opérationnel pour avoir occupé cette fonction de porte-parole pendant la campagne présidentielle, et le fidèle secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie, plus discret mais en qui M. Macron a entièrement confiance. « Julien est un homme de dossiers, qui maîtrise à la perfection les sujets complexes et techniques, Benjamin est plus généraliste et plus politique », résume le député LRM Aurélien Taché.

Quant à M. Castaner, il se maintient comme secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. Le député des Alpes-de-Haute-Provence, qui était peu enthousiaste à l’idée de prendre la direction du parti présidentiel, a toujours souhaité garder son poste au gouvernement. 

Sa double casquette, chef de parti et responsable des relations avec les autres formations politiques au Parlement, était pourtant critiquée au sein de la majorité. Emmanuel Macron a tranché et choisi de donner raison à son fidèle lieutenant, soutenu également par le premier ministre Edouard Philippe, avec lequel il entretient les meilleures relations. 

Brillant mais cassant .

Ces dernières semaines, de nombreux acteurs de la macronie doutaient que M. Macron choisisse M. Griveaux, brillant mais cassant, pour remplacer M. Castaner, visage rond et chaleureux d’un gouvernement très technique aux personnalités encore inconnues des Français. M. Griveaux, qui s’est fait des ennemis pendant la campagne, s’est notamment vu reprocher d’avoir affiché trop tôt ses ambitions pour la mairie de Paris en 2020 après sa victoire aux législatives dans la 5e circonscription de la capitale. 

Il n’avait d’ailleurs pas été choisi en octobre par M. Macron pour prendre la direction de La République en marche. Sa dernière place du gouvernement dans l’ordre protocolaire avait aussi été analysée par certains piliers de la macronie comme un avertissement lancé par le président à son ambitieux lieutenant, qui doit fêter comme lui ses 40 ans en décembre. 

« Quand tu sers Macron, ton agenda doit être celui de Macron, point », mettait ainsi en garde récemment un très proche du chef de l’Etat. « Beaucoup ont laissé entendre que Macron se méfiait de Griveaux, c’est faux. Benjamin est de toutes les réunions stratégiques à l’Elysée, ce qui n’est pas le cas d’autres compagnons de route », rectifie une autre source dans l’entourage du chef de l’Etat.

Venu du Parti socialiste, ancien conseiller de Marisol Touraine au ministère de la santé lors du précédent quinquennat, Benjamin Griveaux a fait ses classes politiques en Saône-et-Loire. Vice-président du conseil départemental, ses relations étaient alors plus que fraîches avec Arnaud Montebourg, l’homme fort du PS local à l’époque. 

Fin 2016, ce diplômé de HEC avait quitté un haut poste au sein du groupe immobilier commercial Unibail pour rejoindre Emmanuel Macron dans sa conquête de l’Elysée. C’est par Ismaël Emelien, le stratège de M. Macron, que M. Griveaux a rencontré le futur président. MM. Emelien et Griveaux se sont connus rue de la Planche en 2006, au QG de Dominique Strauss-Kahn, lors de la préparation de la primaire du PS, entouré de politiques confirmés, de petites mains et de jeunes technos, dont ils faisaient partie. 

Quelques heures avant l’annonce du remaniement, en marge de la visite d’un centre des Resto du cœur, dans le Xème arrondissement de Paris, le chef de l’Etat avait livré un indice. Serrant la main de M. Griveaux, élu de l’arrondissement, qui l’accompagnait dans sa visite, il lui a glissé un « bravo ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/11/24/ .

Lire aussi : Olivier Dussopt, un proche de Manuel Valls, entre au gouvernement .

Avec ce député de l’Ardèche, Emmanuel Macron, régulièrement accusé par ses opposants de gauche de mener une politique fiscale trop à droite, s’offre les services d’un encarté socialiste.

Olivier Dussopt, au Congrès des maires de France, à Paris, le 20 novembre. Il est la vraie surprise de ce remaniement. Olivier Dussopt, 39 ans, a fait son entrée au gouvernement, vendredi 24 novembre, au poste de secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, auprès de Gérald Darmanin (ministre de l’action et des comptes publics). Le député socialiste accompagne Delphine Gény-Stephann également nommée secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Benjamin Griveaux récupère de son côté le poste convoité de porte-parole du gouvernement, à la place de Christophe Castaner qui reste secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. 

Les annonces de l’Elysée : Benjamin Griveaux nommé porte-parole du gouvernement, Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann font leur entrée .

En rejoignant Emmanuel Macron, Olivier Dussopt, élu de l’Ardèche, achève sa transhumance politique. Proche de la nouvelle gauche de Benoît Hamon au milieu des années 2000, il s’était ensuite rapproché de Martine Aubry. Fervent soutien de la maire de Lille lors de la primaire de la gauche en 2012, il s’était peu à peu désolidarisé pour rejoindre les troupes de Manuel Valls après l’accession à Matignon de ce dernier. Lors de la primaire du Parti socialiste (PS) en 2017, il avait tenu le rôle de porte-parole du candidat finalement défait par Benoît Hamon.

Il a voté contre le budget A la suite de l’annonce de son entrée au gouvernement, le coordinateur du PS, Rachid Temal, a annoncé sur son compte Twitter que M. Dussopt « n’est plus membre du Parti socialiste » évoquant « la cohérence politique ».

Au sein du parti, nombreux sont ceux à relever depuis mercredi, au moment où les rumeurs sur sa nomination commençaient à circuler, que M. Dussopt avait voté mardi contre le projet de loi de finances pour 2018. Le député n’avait par ailleurs pas voté la confiance au gouvernement, en juillet.

« C’est une tentative dérisoire de fracturer un peu plus l’opposition », analysait jeudi un député socialiste auprès du Monde.

« C’est décevant dans ce que ça dit de la vision de M. Macron des équilibres institutionnels. Le cynisme n’est pas une vertu en politique. ».

« Fidèle aux pratiques du vieux monde, Emmanuel Macron use du débauchage individuel comme Nicolas Sarkozy avant lui lorsqu’il prétendait au titre de DRH de la gauche. Il connaîtra le même succès », prédit vendredi dans un communiqué le président du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée, Olivier Faure.

« Son âge lui offre la possibilité d’avoir l’échine souple, très souple même, dénonce de son côté Christophe Lantoine, ancien chef de cabinet d’Arnaud Montebourg à Bercy, aujourd’hui proche de Luc Carvounas. Je pense surtout aux militants socialistes de son territoire qui lui ont tout donné pour réussir. Il est l’homme politique de son temps : moins il y a de loyauté, mieux ça marche. Mais il a oublié que le temps passe très vite... ».

Signal à Manuel Valls En nommant un proche de Manuel Valls, Emmanuel Macron envoie un signal à ce dernier, qui est revenu ces derniers jours sur le devant de la scène au gré de la polémique entre Mediapart et Charlie Hebdo. L’ancien premier ministre s’est d’ailleurs réjoui de cette nomination. « Il a l’expérience du terrain, le sens de l’Etat et il veut la réussite de la France. Il fait le bon choix », a-t-il tweeté.

M. Macron s’offre également au passage les services d’un député encarté socialiste alors qu’il est régulièrement accusé par ses opposants de gauche de mener une politique fiscale trop à droite.

Lors de la campagne des législatives, Olivier Dussopt avait fait face à une candidate de La République en marche dans la 2e circonscription de l’Ardèche, l’emportant au second tour avec près de 56 % des suffrages. Frappé par le cumul des mandats, il avait dû dans le même temps abandonner les clés de la mairie d’Annonay, dont il était maire depuis 2008. Quatre jours avant sa nomination, il avait partagé sur Twitter une photo prémonitoire de lui avec Edouard Philippe, dans le cadre des discussions entre les maires et le gouvernement, en saluant le « dialogue direct et cordial » avec le premier ministre, qu’il espérait « utile et constructif » pour « les prochaines décisions du gouvernement »… auquel il appartient désormais. 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/11/24/remaniement-olivier-dussopt-un-proche-de-manuel-valls-entre-au- LE MONDE | 24.11.2017 à 19h24

• Mis à jour le 25.11.2017 à 05h10 | Par Nicolas Chapuis (avec Le Monde.fr)

Qui est Nima Elbagir, la reporter de CNN qui a filmé la vente d’esclaves en Libye

Née au Soudan et installée à Londres comme correspondante internationale senior de la chaîne CNN, Nima Elbagir a démarré sa carrière à l’agence Reuters. La journaliste soudanaise et correspondante de CNN est une spécialiste des enquêtes difficiles.

«Ils les surnommaient la marchandise», rapporte Nima Elbagir, journaliste à CNN. La Soudanaise, correspondante de la chaîne américaine, a filmé en caméra cachée une vente aux enchères de migrants africains dans une maison près de Tripoli, en Libye. «400 dinars», propose une personne, «500», continue une autre… Les enchères montent jusqu’à 1 200 dinars libyens, d’après CNN, soit plus de 700 euros pour deux migrants. «Ça s’est terminé très rapidement. Au total, 12 Nigérians ont été vendus sous nos yeux», raconte Nima Elbagir. Son reportage diffusé le 14 novembre a suscité un émoi international. «C’est un retour dans le passé», conclut la journaliste à la fin de son reportage. Jusqu’ici aucune preuve de ces ventes aux enchères n’avait été établie.

Eduquée à Londres pour partie Née au Soudan en 1978 et installée à Londres comme correspondante internationale senior de la chaîne CNN, Nima Elbagir a démarré sa carrière à l’agence Reuters, en couvrant les conflits au Darfour. Son travail l’a amenée «dans certains des endroits les plus sombres et les plus difficiles à dénoncer au cours des 12 derniers mois».

En 2016, elle a été primée par la Royal Television Society. Cette année-là, l’intrépide investigatrice avait enquêté six mois sur le passage des migrants depuis le delta du Nil jusqu’à Rome, elle avait apporté des preuves de vie des filles enlevées en 2014 par la secte Boko Haram et interviewée deux exciseuses. «Elle est la gagnante qui m’a conduit le plus à m’interroger et réfléchir» avait déclaré le président du jury Stewart Purvis. Simon Albury, président de la campagne pour l’égalité des publications, s’est demandé pourquoi CNN l’avait engagé et non un média anglais ! Militante convaincue.

«Je me sens très chanceuse, je me sens chez moi presque partout» avait déclaré Nima Elbagir au journal the Observer. «Ma couleur ne m’a jamais entravée. J’ai la capacité de me fondre dans tellement de communautés. Je ne ressemble pas à l’image attendue d’une correspondante de CNN. Je ne ressemble pas aussi à une femme soudanaise. Parfois je sens que mes valeurs modernes décontenancent. Mais en même temps nous ne pouvons pas prétendre que la représentation ne fait pas de différence» ajoutait la journaliste. Musulmane sunnite, elle avançait que sa maîtrise de la langue arabe lui avait permis d’amadouer des Marocains frileux et des Arabes qui vivaient en Belgique après les attentats de Paris. «Ils n’auraient pas parlé avec des Occidentaux».

International / Delphine Perez /http://m.leparisien.fr

La Chine a-t-elle lâché Robert Mugabe ? Quel rôle a joué Pékin dans le coup d’Etat au Zimbabwe, s’interroge notre chroniqueur après la visite en Chine du chef d’état-major de l’armée zimbabwéenne

Le général Constantino Chiwenga était en Chine quarante-huit heures seulement avant le putsch. Le chef d’état-major zimbabwéen y a rencontré des militaires chinois, dont deux des plus hauts gradés du pays, et le ministre de la défense, Chang Wanquan.

« Une visite qui s’inscrit dans le cadre normal de nos échanges », justifie le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Geng Shuang. Mais cette visite interpelle. Le chef des putschistes serait-il venu chercher l’aval de la Chine, premier partenaire économique du Zimbabwe, avant de renverser Robert Mugabe ? Est-il venu plus simplement avertir Pékin de ses intentions ou plus directement prendre des ordres ?

 Un rapport du ministère chinois de la défense indique que le général Li Zuocheng a évoqué des relations solides entre les deux pays. Le général est un très proche du président chinois Xi Jinping. Le général Chiwenga est également cité, évoquant « l’approfondissement de la coopération militaire ». Des échanges plutôt convenus si ce n’est qu’ils interviennent à la veille du coup d’état non assumé contre Robert Mugabe. Difficile ainsi d’imaginer que le cas du vice-président Emmerson Mnangagwa mis brutalement à l’écart au même moment n’a pas été abordé entre les militaires à Pékin. D’autant que la rumeur évoque même le bref exil en Chine d’Emmerson Mnangagwa avant son retour au pays la semaine dernière.

Investissements chinois considérables

Depuis les luttes anti-coloniales des années 1960, la Chine a toujours soutenu « le vieux lion ». Mais, depuis quelques mois, elle s’agace des excès du couple Mugabe et, surtout, s’inquiète pour ses investissements. Un effondrement brutal du régime pourrait sonner le départ forcé des Chinois considérés comme des soutiens actifs du parti ZANU-PF.

Pékin est en effet le premier partenaire économique et commercial de Harare. Un pays mis au ban des nations occidentales mais que Pékin courtise, notamment pour ses diamants et son tabac. Ces dernières années ont vu la Chine ou des entreprises d’Etat chinoises financer de nombreux projets, notamment le Collège de la défense nationale du Zimbabwe pour 100 millions de dollars (85 millions d’euros), le centre commercial Longcheng Plaza à Harare pour 200 millions de dollars ou encore, en 2016, le cofinancement à hauteur de 46 millions de dollars du nouveau Parlement de 650 sièges au nord de la capitale.

Lire aussi : Zimbabwe : Robert Mugabe surprend ses opposants et n’annonce pas sa démission

Des investissements chinois sont également prévus dans l’industrie. R & F a annoncé en début d’année vouloir investir 2 milliards de dollars pour reprendre Zisco, le plus grand producteur de fer et d’acier du Zimbabwe.

Une centaine d’entreprises chinoises est présente dans le pays. Les investissements chinois au Zimbabwe ont augmenté de 5 000 % depuis 2009, selon une étude du South African Institute of International Affairs (SAIIA).

Plus de la moitié des investissements étrangers au Zimbabwe sont ainsi chinois et représentaient, en 2015, 450 millions de dollars. Une manne pour ce pays exsangue économiquement, où 90 % de la population est au chômage.

En l’absence de commentaires du gouvernement, c’est toujours dans la presse officielle que l’on mesure les changements d’attitude. Le 16 novembre, dans le quotidien Global Times, porte-parole officieux du Parti communiste, le chercheur Wang Hongyi explique que la Chine s’inquiète pour l’avenir de ses investissements au Zimbabwe.

« La Chine a souffert de la gestion du président Mugabe et plusieurs projets ont dû fermer ou être déplacés dans d’autres pays causant des pertes importantes. La coopération bilatérale n’a pas atteint son plein potentiel sous le règne de Mugabe », écrit-il, avant d’expliquer qu’« un changement de gouvernement serait bénéfique » pour les deux pays.

Le « vieux lion » poussé vers la sortie

Sur le plan politique, l’équation est plus complexe. Les relations de la Chine avec le Zimbabwe, pays paria, sont souvent critiquées par les démocraties occidentales. C’est également le cas avec le Soudan. Mais Pékin a toujours fait front. En décembre 2015, le président chinois Xi Jinping s’est rendu au Zimbabwe, l’une des très rares visites officielles d’un chef d’Etat dans ce pays.

Ce fut un coup diplomatique pour Robert Mugabe, lauréat cette même année du prix Confucius de la paix, qui pouvait alors annoncer l’utilisation du yuan comme monnaie d’échange, une première en Afrique.

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Alors, que s’est-il passé dans les bureaux feutrés du ministère de la défense ? La Chine a-t-elle tourné la page de sa politique traditionnelle de non-ingérence et poussée le « vieux lion » vers la sortie ?

Le vent a-t-il tourné ? « C’est évident, explique le diplomate britannique John Everard, sinologue et ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Corée du Nord. Pékin a sans doute joué le rôle que jouait la CIA dans les années 1970 en soutenant, voire en orchestrant ce coup d’Etat », assure-t-il.

Hasard ou non, l’ambassadeur de Chine au Zimbabwe était hors du pays au moment du putsch et l’on sait que le second qui assurait l’intérim est traditionnellement dans les ambassades chinoises le chef des services secrets. C’est lui qui était aux commandes au moment du putsch.

Un test pour Pékin

Si cela se confirme, ce serait donc un changement complet de la politique étrangère chinoise. Un changement que Pékin espère pacifique. Pour cela, il mise sur un retour d’Emmerson Mnangagwa, considéré comme très proche de la Chine, où il était parti dès 1963 pour y recevoir une formation militaire.

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Une transition en douceur servirait en tout cas les intérêts de la Chine, car elle permettrait de garder une certaine continuité dans les affaires de l’Etat et rien ne préoccupe plus Pékin que la stabilité. Le gouvernement chinois a l’habitude de travailler avec Emmerson Mnangagwa et son entourage, et rien ne devraient donc remettre en cause les investissements et les relations politiques et militaires entre les deux pays. La démocratie n’est pas une option pour la Chine.

La transition en tout cas est suivie de très près par les diplomates et les militaires chinois qui espèrent profiter de ce changement à la tête de l’Etat pour asseoir encore un peu plus la position de la Chine en Afrique. C’est aussi un test sur sa capacité à accompagner les changements politiques sur le continent.

La famille Mugabe et Hongkong
Quand Robert Mugabe se rendait à Pékin, Grace, son épouse, préférait Hongkong. La ville est ses centres commerciaux géants, ses boutiques de luxe et sa villa à 5 millions de dollars perchée sur les hauteurs des Nouveaux Territoires, à Tai Po.
Mais l’origine des fonds et la propriété même de cette villa fait depuis trois ans l’objet d’une bataille judiciaire à Hongkong. Si Robert Mugabe affirme que la villa a été achetée en liquide par le gouvernement du Zimbabwe, le titre de propriété indique le nom de Hsieh Ping Sung. Aussi connu sous le nom de Jack Ping, ce milliardaire sud-africain d’origine taïwanaise a longtemps été très proche de la famille Mugabe. Il affirme avoir acheté la villa en 2008 pour la louer ensuite au gouvernement du Zimbabwe. Une armée d’avocats planche sur ce contentieux.
Bone Mugabe, la fille, a longtemps habité la propriété lorsqu’elle étudiait à l’université. Hongkong, havre de paix pour la famille Mugabe ? Pas vraiment. L’homme fort du Zimbabwe y laisse une longue ardoise. De son côté, le Consulat du Zimbabwe est convoqué au tribunal pour un retard de 70 000 euros dans le paiement de son loyer. Mais ce qui restera de cette relation avec Hongkong, c’est, en 2009, l’agression d’un photographe de presse britannique par Grace Mugabe et son garde du corps. Si la famille comptait couler une retraite tranquille à Hongkong cela s’annonce déjà compliqué.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/20/la-chine-a-t-elle-lache-robert-mugabe_5217598_3212.html#wKKjUBuI7SPpLyFf.99

Gouvernance : La Côte d’Ivoire en « progression accélérée » monte au 20ème rang africain, selon la Fondation Mo Ibrahim

Une place de plus. La Côte d’Ivoire passe du 21ème rang en 2016 au 20ème rang en 2017 sur 54 pays africains en matière de gouvernance globale, indique l'Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) de 2017, publié ce lundi 20 novembre par la Fondation Mo Ibrahim.

Cette Fondation, créée en 2006 afin de promouvoir l'importance cruciale du leadership et de la gouvernance en Afrique, propose, à travers l'IIAG une évaluation annuelle de la qualité de la gouvernance dans les pays africains, et représente le recueil de données le plus complet sur la gouvernance en Afrique.

Si ce rapport 2017 révèle que la trajectoire de la Gouvernance globale reste positive sur le long terme (2007-2016) au niveau du continent, il salue surtout une « progression accélérée » de la Côte d’Ivoire en matière de gouvernance globale sur les cinq dernières années.

Une tendance positive qui a valu au pays du président Alassane Ouattara d’atteindre encore cette année un score de 54,2 (sur 100,0) en gouvernance globale en 2017, contre de 53,3 en 2016. 

Selon le rapport, La Côte d’Ivoire qui s’adjuge d’un score supérieur à la moyenne africaine (50,8) et à la moyenne régionale pour l’Afrique de l’Ouest (53,8), a réalisé son meilleur score de catégorie en Sécurité et État de droit (58,9), mais son score le plus faible en Développement Économique Durable (50,0).

Chose importante à signaler, le pays a réalisé son meilleur score de sous-catégorie en Sécurité nationale (82,7), avec une accélération de la progression sur les cinq dernières années, pour tendance moyenne annuelle de +2,05, contre une tendance moyenne annuelle de +1,40 pour la dernière décennie. Mais le pays réalise aussi son score le plus faible en Secteur rural (39,2)

Des progrès qui s’explique, selon la Fondation Mo Ibrahim par l’amélioration de l’ensemble des quatre catégories : « Sécurité et État de droit (tendance moyenne annuelle de +1,82), Participation et Droits Humains (tendance moyenne annuelle de +1,50), Développement Économique Durable (tendance moyenne annuelle de +0,99) et Développement Humain (tendance moyenne annuelle de +1,31) ».

100 indicateurs .

« L’Indice 2017 montre que la gouvernance globale continue de progresser sur le continent africain. C’est une bonne nouvelle. Néanmoins, le ralentissement, voire parfois le recul, dans de nombreux pays, et dans certains domaines clés de gouvernance, appelle une vigilance renforcée et la poursuite de nos efforts. Sinon, nous pourrions voir s'évanouir les progrès obtenus jusqu'ici », a déclaré Mo Ibrahim, fondateur et président de la Fondation Mo Ibrahim.

L'IIAG de 2017 compte 100 indicateurs issus de 36 institutions de données indépendantes d'Afrique et du monde entier. Il examine plus particulièrement dans quelle mesure les trajectoires observées au cours des cinq dernières années (2012-2016), tant au niveau des pays que des indicateurs, confirment ou infirment les tendances structurelles de la décennie. Tous les scores indiqués dans l’IIAG sont sur 100 ; 100 étant le meilleur score possible.

Sur les dix années écoulées, 40 pays affichent une progression conséquente en termes de Gouvernance globale. Dans la seconde moitié de la décennie, 18 d'entre eux, correspondant au total à 58 % de la population du continent, notamment la Cote d’Ivoire, le Togo, le Maroc, la Namibie, le Nigeria et le Sénégal, réussissent même à accélérer le rythme, permettant ainsi au continent d’atteindre en 2016 son meilleur score depuis 2000 (50,8 sur 100).

Toutefois, sur les cinq dernières années, au niveau du continent, le rythme annuel moyen d’amélioration de la Gouvernance globale ralentit. Sur ces 40 pays, plus de la moitié (22) ralentissent le rythme, comme le Rwanda et l’Ethiopie, voire même basculent vers le déclin, comme Maurice, le Cameroun, Djibouti, le Congo ou l’Angola, sur la seconde partie de la décennie. 

En outre, pour 8 des 12 pays dont le niveau de Gouvernance globale se détériore sur la décennie, la situation empire en seconde moitié de la décennie, notamment, outre la Libye ou la RCA, le Ghana, le Mozambique ou la Mauritanie.

Tous les scores indiqués dans l’IIAG sont sur 100,0 ; 100,0 étant le meilleur score possible.

L’IIAG 2017 porte sur 54 pays africains. Le Soudan et le Soudan du Sud ont été inclus pour la première fois dans l’IIAG de 2015. Aucune donnée concernant le Soudan du Sud n’est disponible pour la période qui précède la sécession en 2011.

Les données de l’IIAG sont affinées chaque année, sur une base méthodologique ou selon l’inclusion ou l’exclusion d’indicateurs donnés. La totalité de l’ensemble de données de l’IIAG est révisée rétrospectivement chaque année, conformément aux meilleures pratiques. Toute comparaison entre années doit donc être entièrement réalisée sur la base de l’ensemble de données de l’IIAG de 2017. 

Lybie : des africains vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves modernes / « Il y a en Libye de véritables « marchés d’esclaves »

Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), des réfugiés originaires d’Afrique subsaharienne sont publiquement vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves en Libye. Le personnel de l’Organisation Internationale pour les Migrations a révélé que des centaines de jeunes africains sont vendus en public dans ce qui sont pour eux de véritables marchés aux esclaves. Pour Mohammed Abdiker, le directeur des opérations et des urgences de l’agence intergouvernementale « La situation est grave« . Il poursuit :

« Plus l’OIM s’engage en Libye, plus nous apprenons que c’est une vallée de larmes pour de nombreux migrants. Certains rapports sont vraiment horribles et les derniers rapports sur les «marchés aux esclaves» pour les migrants peuvent être ajoutés à une longue liste d’atrocités.

Un autre employé de l’OIM en Lybie, Othman Belbeisi affirme quant à lui : « Il y a en Libye de véritables « marchés d’esclaves » où la vente et l’achat des migrants se négocie. « Vous allez au marché, et vous pouvez payer entre 200 et 500 dollars pour avoir un migrant » et l’utiliser pour « vos travaux » ».

Pour le quotidien d’information britannique The Guardian, ces ventes aux enchères de migrants s’ajoutent au violence sexuelles, à l’esclavage moderne et autres actes barbares commis en Libye. Ce pays d’Afrique du Nord sert de point de sortie majeur pour les migrants africains souhaitant se rendre en Europe, a littéralement sombré dans le chaos suite à l’intervention de l’OTAN visant à renverser le président autoritaire panafricaniste Muammar Kadhafi en 2011, laissant les migrants sans papier, sans argent et à la merci de la négrophobie nord-africaine.

L’assassinat de l’ancien dirigeant de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste est l’une des principales causes de la crise migratoire que connait la France et que dénoncent certains candidats à l’élection présidentielle. D’ailleurs, il convient de rappeler que selon Mahmoud Jibril, serait un agent étranger, probablement français, serait l’assassin. L’ex-responsable des relations avec les agences de renseignements étrangères du CNT ainsi que certains diplomates européens en Libye valident cette thèse. kadhafi.

D’aucun affirment que cette opération aurait été menée afin d’éviter tout interrogatoire de Kadhafi au sujet de ses liens avec Nicolas Sarkozy, ou encore au sujet du fait que Bachar al-Assad aurait prêté main-forte aux Français pour localiser Kadhafi. Les africains sub-sahariens payeraient-ils la malhonnêteté et les mensonges de l’ex locataire de l’Élysée ? Un sénégalais de 34 ans, anciennement réduit en esclavage a affirmé que beaucoup d’autres comme lui ont été transportés dans un endroit poussiéreux de la ville libyenne de Sabha après avoir traversé le Niger dans un autobus à l’aide de «contrebandiers». Le groupe a payé pour être emmené sur la côte, où ils prévoyaient de traverser la Méditerranée vers l’ Europe en bateau. Leur chauffeur avait alors soudainement prétendu que les intermédiaires n’avaient pas couvert leurs honoraires et qu’ils avaient mis en vente la « cargaison » de migrants.

Livia Manante, un agent de l’OIM basé au Niger a affirmé que : « Les hommes ramassés en route ont été emmenés sur une place ou un parking, où une sorte de trafic d’esclaves se produisait […] Il y avait des gens du coin achetant des migrants sub-sahariens ».

Elle poursuivra en déclarant : « L’OIM Italie a confirmé que cette histoire est semblable à beaucoup d’histoires rapportées par les migrants et recueillies aux points de débarquement en Italie du Sud, y compris les rapports sur le marché des esclaves […] Cela donne plus de preuves que les histoires racontées sont sont véridiques, comme les histoires de ceux qui ont réussi à croiser ceux qui retournent dans leur pays ». politicalbouillon3b.

Ce crime contre l’humanité qui se déroule en ce moment même, nous renvois au dramatique problème de négrophobie au Maghreb (et le reste du monde arabe en réalité).Actuellement, en 2017, la République islamique de Mauritanie tolère toujours l’esclavage ainsi que les violences racistes, qui ont également lieu au Maroc, en Algérie ou en Tunisie. PARTAGER SUR TWITTER Makandal Speaks Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

Quand Emmanuel Macron salue le travail de Nicolas Sarkozy

C'est une nouvelle œillade adressée à la droite. Emmanuel Macron était mercredi au plateau de Saclay dans les Yvelines pour acter la création d'un pôle d'excellence autour de deux ensembles universitaires. Un chantier moins ambitieux que prévu puisque le projet initial prévoyait une fusion de l'université de Paris-Saclay et de Polytechnique, pour rivaliser avec leurs prestigieux concurrents internationaux. Mais sur fond de rivalités entre universités et grandes écoles, les deux établissements garderont finalement leur indépendance. Il n'empêche, le président de la République n'a pas manqué de saluer la vision de l'un de ses prédécesseurs, évidemment pas François Hollande, mais Nicolas Sarkozy, qui avait initié ce projet dix ans plus tôt.

"L'impulsion" et la "détermination" de Nicolas Sarkozy. "Je veux ici saluer la vision en la matière de Nicolas Sarkozy et de sa ministre de la Recherche d'alors, madame Valérie Pécresse, qui avaient mis ce vaste projet sur les rails et qui l'on accompagné inlassablement. Il fallait cette impulsion, il fallait cette détermination pour que les comportements changent et que les choses puissent avancer", a déclaré le chef de l'Etat dans un nouveau salut appuyé à la droite.

François Hollande, le "zigoto". À l'inverse, rien de tel quand Emmanuel macron parle de François Hollande ces derniers temps. En privé, il le qualifie de "zigoto". En public, il dit "mon prédécesseur", sans jamais le nommer, et toujours pour critiquer sa politique. Le chef de l'Etat a clairement choisi son ancien président favori.

 

Alassane OUATTARA, s’est entretenu, ce mercredi 25 octobre 2017, au Palais de la Présidence de la République, avec Son Altesse Royale la Princesse Astrid de Belgique, représentant le Roi des Belges.

mercredi 25 octobre 2017
Le Président de la République, S.E.M. Alassane OUATTARA, s’est entretenu, ce mercredi 25 octobre 2017, au Palais de la Présidence de la République, avec Son Altesse Royale la Princesse Astrid de Belgique, représentant le Roi des Belges.

L’entretien a porté sur le renforcement de la coopération bilatérale entre le Royaume de Belgique et la Côte d’Ivoire ainsi que sur plusieurs autres sujets d’intérêt commun.

Le Président Alassane OUATTARA et son hôte de marque ont ensuite co-présidé une cérémonie de signature d'Accords bilatéraux, au cours de laquelle le Ministre de l'Intégration Africaine et des Ivoiriens de l'Extérieur, M. Ally COULIBALY, assurant l'intérim du Ministre des Affaires Étrangères, M. Marcel AMON-TANOH, et le Vice- Premier Ministre, Ministre des Affaires Étrangères et des Affaires Européennes de la Belgique, M. Didier REYNDERS, ont exalté les relations d'amitié et de coopération entre la Côte d'Ivoire et la Belgique et pris l'engagement d'oeuvrer à leur consolidation et à leur renforcement.

Pour le Ministre Ally COULIBALY, la visite de la Princesse Astrid de Belgique constitue en soi un message d’amitié à l’endroit de la Côte d’Ivoire et du peuple ivoirien, mais aussi un message de confiance à l’égard d’un pays qui, après une décennie de crises multiformes, administre chaque jour la preuve de ses capacités à rebondir.

Elle est également, selon lui, le symbole de la volonté du Royaume de Belgique et de la Côte d’Ivoire de nouer un partenariat exemplaire dans tous les domaines et de donner un nouvel élan à leur coopération.

Le Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Étrangères et des Affaires Européennes de la Belgique, M. Didier REYNDERS, a, pour sa part, réaffirmé la détermination de son Gouvernement à coopérer étroitement avec la Côte d’Ivoire, notamment dans le domaine de la transformation des matières premières et de la lutte contre le terrorisme et les changements climatiques.

Il convient de relever que sept Accords et un Mémorandum d'entente ont été signés entre le Royaume de Belgique et la République de Côte d'Ivoire dans les domaines du transport aérien, de la protection de l'environnement, de la construction d'ouvrages d'art, des exportations, de la promotion et de la facilitation des investissements, de l'énergie, des infrastructures, du développement du secteur de l'électricité et portuaire.

Notons que dans la matinée, le Chef de l’Etat a présidé le Conseil des Ministres hebdomadaire. Ce Conseil a pris plusieurs décisions, notamment la création d’un Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial, dénommé Agence de Gestion des Déchets de Côte d’Ivoire (ANAGED), issue de la dissolution-fusion du Fonds de Financement des Programmes de Salubrité Urbaine (FFPSU) et de l’Agence Nationale de la Salubrité Urbaine (ANASUR), en vue d'apporter des réponses efficientes à la problématique de la collecte des ordures, le développement des Télécommunications et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) en Côte d’Ivoire et l’adoption d’une communication relative au rapport de Suivi- Evaluation du Plan National de Développement (PND) 2016-2020 (Exercice 2016)

L’Ivoirien Aly Toure à la tête du conseil / la Côte d’Ivoire veut renforcer sa frontière occidentale pour enrayer la contrebande

Le pays hôte, troisième producteur africain derrière l’Éthiopie et l’Ouganda, est confronté à une chute importante de sa production ...

Café : la Côte d’Ivoire veut renforcer sa frontière occidentale pour enrayer la contrebande

Troisième producteur africain de café derrière l’Éthiopie et l’Ouganda, la Côte d'Ivoire est confrontée à une chute importante de sa production. le gouvernement est décidé à réagir pour relancer la filière.

Alors que la remontée des cours mondiaux de café incite les principaux producteurs, comme le Brésil, l’Indonésie, la Colombie et le Vietnam, à doper leurs volumes, la situation de la filière est examinée à Yamoussoukro, la capitale ivoirienne, où se tient la 120e session de l’Organisation internationale du café (OIC), réunissant les 43 pays producteurs et 7 États ou organisations internationales consommateurs de café.

Le pays hôte, troisième producteur africain derrière l’Éthiopie et l’Ouganda, est confronté à une chute importante de sa production : fin juin, à mi-parcours de la campagne 2017, seules 27 987 tonnes de café avaient été produites, contre 103 909 tonnes en à la même période en 2016. Une dégringolade de 73% que les experts imputent aux mauvaises conditions climatiques, qui n’ont permis qu’une seule floraison entre décembre 2016 et janvier 2017.

L’Ivoirien Aly Toure à la tête du conseil

Mais l’importante contrebande qui fait passer la production nationale vers les pays voisins, notamment la Guinée et le Liberia, explique aussi la contre-performance ivoirienne. « Des torréfacteurs se sont installés en Guinée et au Liberia, tout près la frontière, et collectent tout le café produit dans l’ouest du pays, où est récolté la majeur partie du café ivoirien », confie ainsi un membre du gouvernement qui a requis l’anonymat et évoque un « renforcement des frontières pour éviter cette saignée ».

Le gouvernement a en outre décidé de lancer un programme de relance de la filière et table sur une production de 200 000 tonnes en 2020, notamment grâce à l’introduction de nouvelles variétés. « La Côte d’Ivoire mettra en place un organisme fort pour la promotion des exportations en vue d’optimiser les productions ivoiriennes », a également promis Souleymane Diarrassouba, le ministre du Commerce, à l’occasion de l’ouverture des travaux.

Au terme de la rencontre, les membres de l’OIC procéderont à l’élection du nouveau président de l’organisation. Selon les informations de Jeune Afrique, c’est l’Ivoirien Aly Toure, actuellement vice-président de l’organisation, qui devrait remplacer l’Américaine Tanya Menchi à ce poste.

En savoir plus sur : http://www.jeune Afrique.com/478813/economie/cafe-la-cote-divoire-veut-re...

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