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ÉCONOMIE Côte d’Ivoire : la croissance ralentit mais les perspectives restent « favorables », selon la Banque mondiale

Spécial ÉCONOMIE Côte d’Ivoire : la croissance ralentit mais les perspectives restent « favorables », selon la Banque mondiale

 

Au titre des bons points décernés, le maintien du taux d’inflation autour de 1 %, la réduction du déficit de 4,5 à 4% du PIB ou encore l’augmentation de 32 % du PIB par tête. Malgré un ralentissement de la croissance du PIB, l'économie ivoirienne « demeure l’une des plus dynamiques de la planète », assure la Banque mondiale. 

La Banque mondiale publie ce jeudi 21 février un nouveau rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire (voir document en fin d’article). Intitulé « Que la route soit bonne, améliorer la mobilité urbaine à Abidjan », il dresse un tableau globalement positif, tout en alertant les autorités sur plusieurs risques à prendre en compte dans les années à venir.

L’échéance électorale de 2020 ainsi est considéré comme un « élément d’incertitude » pouvant « affecter à la fois la conduite de la politique budgétaire et les décisions d’investissements et de consommation des ménages ainsi que des entreprises ».

Perspectives positives, mais des secteurs en retrait

LA FINANCE, LES INDUSTRIES EXTRACTIVES, L’ÉNERGIE ET LES TÉLÉCOMMUNICATIONS SE SONT MONTRÉS MOINS DYNAMIQUES 

Pour l’institution financière internationale, les perspectives globales de l’économie restent « favorables ». « Pour la septième année consécutive depuis 2012, le taux de croissance du PIB (Produit intérieur brut) devrait dépasser 7 % et atteindre probablement 7,4 % en 2018. À ce rythme, la Côte d’Ivoire pourrait rejoindre le groupe des pays à revenu intermédiaire dans une quinzaine d’années », explique le rapport.

La croissance est toutefois en légère baisse (8 % en 2016, 7,7 % en 2017), une dynamique qui devrait se poursuivre dans les années à venir – la Banque mondiale prévoit un taux de 7,2 % en 2019 et de 7 % en 2020 – et qui trouve sa justification dans l’essoufflement du secteur privé (dont la participation à la croissance a chuté de 6,9 points entre 2015 et 2017), la baisse des exportations (-11,4 % en 2018) et des importations de biens d’équipement (-11,6%).

Au titre des bons points décernés, le maintien du taux d’inflation autour de 1 %, la réduction du déficit de 4,5 à 4% du PIB ou encore l’augmentation de 32 % du PIB par tête. 

Mais le dynamisme affiché de l’économie ne touche pas tous ses secteurs. En 2018, « la finance, les industries extractives, l’énergie et les télécommunications se sont montrés moins dynamiques, même si le transport et la construction ont continué à bien se porter », estime la Banque mondiale, qui pointe que le taux de mobilisation des recettes fiscales autour de 16,5 % du PIB reste l’un des plus faibles de la sous-région. « Cela constitue une contrainte majeure pour le financement des besoins de l’État, un risque qui pourrait mettre en péril l’ajustement budgétaire prévu », estime-t-elle.

Nécessité d’une gestion plus transparente

LE SECTEUR PUBLIC ET LE SECTEUR EXTERNE ONT MOINS SOUTENU LA CROISSANCE, ET LA CONTRIBUTION DU SECTEUR PRIVÉ A ÉTÉ PLUS CONTRASTÉE

Afin d’améliorer les recettes fiscales et l’efficacité de la dépense publique, la Banque mondiale appelle les autorités à une meilleure gestion des projets d’investissement, en particulier sur fonds propres, et des dépenses en faveur des ménages les plus défavorisés. « Ces efforts devront s’accompagner d’une gestion plus transparente des deniers publics, notamment des procédures de paiement et de passations de marchés publics », peut-on lire.

Concernant la gestion des finances publiques, la Banque mondiale s’inquiète notamment de la part excessive des paiements effectuée hors des procédures budgétaires ordinaires, environ 35 % des dépenses non salariales.

« Les avances de trésorerie totalisaient encore 324 milliards francs CFA à fin août 2018. Le recours aux avances peut traduire des carences en termes de planification des dépenses ou de gestion financière tout en imposant un travail administratif important car elles doivent être régularisées a posteriori », estime-t-elle.

Si les dépenses de l’État sont mieux maîtrisées, « la balance commerciale s’est dégradée à cause de termes de l’échange négatifs et d’une performance moins favorable des exportations agricoles ». « Au final, le secteur public et le secteur externe ont moins soutenu la croissance, et la contribution du secteur privé a été plus contrastée », conclut le rapport qui note également la chute des exportations, y compris celles des produits agricoles, principalement en raison de termes de prix internationaux défavorables.

Dette publique vulnérable et croissance non inclusive

L’ENRICHISSEMENT DES PLUS RICHES A AUSSI CONTRIBUÉ À ACCROÎTRE LES INÉGALITÉS 

Depuis quelques temps, de nombreux observateurs s’inquiètent du niveau de la dette publique. La Banque mondiale se montre plus modérée, estimant que le risque d’endettement est « modéré ». Le montant de l’endettement augmenté de 2,8 % du PIB entre 2017 et 2018, pour atteindre 52,6 % du PIB à la fin décembre 2018. Selon le rapport, le taux devrait descendre sous la barre des 50 % en 2020.

Néanmoins, pour la Banque mondiale, « les risques budgétaires et para-budgétaires ne sont pas à écarter », notamment parce que « la dette publique est vulnérable à des facteurs exogènes comme les variations des taux d’intérêts et de change en raison du poids grandissant de la dette extérieure non concessionnelle ». Pointant une nouvelle fois le manque d’inclusivité de la croissance ivoirienne, la Banque mondiale estime que « l’enrichissement des plus riches a aussi contribué à accroître les inégalités » et rappelle qu’en 2015, près de 46 % des Ivoiriens vivaient encore avec moins de 750 francs CFA par jour. « Il s’agit certes d’un progrès par rapport à 2011, mais qui reste insuffisant au regard de la hausse de 80 % des revenus de l’économie ivoirienne au cours de la même période ». 

Mobilité urbaine : il y a urgence

DEUX IVOIRIENS SUR TROIS VIVRONT DANS UN CENTRE URBAIN EN 2050

Alors que, selon les projections des Nations unies, deux Ivoiriens sur trois vivront dans un centre urbain en 2050, le rapport s’attarde sur les défis liés à la mobilité urbaine à Abidjan, peuplée par 10 millions d’habitants d’ici 2030 et où se déplacer est souvent un enfer. 

La Banque mondiale estiment que ces difficultés « trouvent en partie leur origine dans des défaillances de gouvernance et une fragmentation des responsabilités » et met en avant trois causes : les déficiences des infrastructures de transport, la quasi-absence de transport public, et le manque de respect des règles, avec un nombre élevé d’infractions au Code de la route, qui sont en outre rarement sanctionnées.

| Jeune Afrique : Par Vincent Duhem - à Abidjan Mis à jour le 21 février 2019 à 18h14

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Dernière modification levendredi, 22 février 2019 13:51
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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