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L'instrumentalisation politique de l'Abissa. A Grand-Bassam le droit coutumier de l'ethnie prévaudrait - il sur le droit positif de la République ?

Spécial L'instrumentalisation politique de l'Abissa. A Grand-Bassam le droit coutumier de l'ethnie prévaudrait - il sur le droit positif de la République ?

Certains acteurs politiques activant sur toute l'étendue du territoire (dans les localités où leur chapelle politique a perdu l’élection) des foules manipulées tentent, de manière complètement irresponsable, d'ébranler la stabilité politique et la paix civile du pays en faisant prévaloir le droit coutumier sur le droit positif qui permet d'unifier la soixantaine d'ethnies peuplant le territoire ivoirien.

N'appartient -il pas au Conseil constitutionnel de trancher les contentieux électoraux selon le droit positif dans un État moderne?

Tenter de recourir à la révolte ethnique pour imposer la volonté d'une communauté en lieu et place de celle des urnes démocratiques, substituer à la souveraineté du peuple, une souveraineté des ethnies et des communautés, c'est vouloir détruire et détricoter le contrat social républicain, c'est vouloir détruire l'unité nationale et la Démocratie dans un pays.

Cette tentative de fissuration ethno-nationaliste et populiste est une brèche grave ouverte dans le corps social et politique ivoirien. Le FPI de Laurent Gbagbo lui-même, au fait de sa puissance entre 2000 et 2010, n'avait pas osé franchir ce rubicond en officialisant par le discours le séparatisme et la rébellion ethnique comme vient de le faire le PDCI d'Henri Konan Bédié par la bouche de son chef.

Imaginons l'abscès bassamois faisant florès dans notre pays, autrement dit, que s'appuyant sur le droit coutumier et les solidarités tribales, d'autres ethnies revendiquent leurs prérogatives coutumières en activant des contentieux géopolitiques précoloniales ( il y en beaucoup) enfouis sous le boisseau depuis la prévalence du droit positif dans l'État post-coloniales Ivoirien! Que s'ensuivrait - il ?

Inconscients de ce danger qu'ils viennent d'inaugurer, les fumeurs de cigares et les buveurs de champagne, comme des enfants attendant un jouet, ont le regard rivé sur le pouvoir d'État qu'ils espèrent pouvoir conquérir en Côte d'Ivoire en 2020 à coup de discours désintégrants et de propagandes subversives et débilitantes.

 On ne peut conquérir le pouvoir d'État que si État central existe en conservant son autorité et le droit positif qui le constitue comme pouvoir politique commun ayant priorité sur les chefferies et les droits coutumiers particuliers. On peut déplorer cette inconscience des ethnonationalistes ivoiriens, des responsables politiques irresponsables qui jouent de manière infantile avec le feu en étant soutenus par leurs intellectuels organiques et médiatiques qui, tout aussi de manière irresponsable et infantile, noient ces actions incendiaires sous le boisseau de la personnalisation des problématiques politiques dans notre pays. Le bas niveau du débat politique dans notre pays est leur oeuvre organique.

Il faut espérer pouvoir en sortir, en situant les responsabilités des dérives subversives afin de sauvegarder la démocratie dans notre pays à travers un affrontement politique honnête et une élection présidentielle apaisée en 2020. Nos États multi-ethniques en essai de développement du sud du Sahara ne peuvent tout simplement pas se permettre le luxe des agitations nationalistes et populistes des États-nation européens sans risquer la désintégration nationale.

Par Alexis DIETH

SOURCE https://www.facebook.com/alexis.dieth

Dernière modification ledimanche, 28 octobre 2018 22:04
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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