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Côte d’Ivoire/sénatoriales: écrasante victoire de la coalition malgré quelques surprises (50 des 66 sièges de sénateurs)le RHDP remporte 26 circonscriptions contre 7 indépendants vainqueurs

Spécial Côte d’Ivoire/sénatoriales: écrasante victoire de la coalition malgré quelques surprises (50 des 66 sièges de sénateurs)le RHDP remporte 26 circonscriptions contre 7 indépendants vainqueurs

Abidjan - La Commission électorale indépendante a proclamé dans la soirée de samedi les résultats provisoires des premières élections sénatoriales de Côte d’Ivoire tenue le même jour, qui donnent, sans surprise, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, coalition au pouvoir) largement vainqueur avec 26 circonscriptions remportées, contre 7 pour les listes indépendantes. Ces résultats ont été livrés sur les antennes de la télévision nationale RTI1, Alley Victoire. Le RHDP remporte ainsi 52 sièges sur les 66 à pourvoir au terme de ce scrutin, contre 14 pour les listes indépendantes qui se sont imposé, entre autres, dans les régions du Gbèkè (Centre), Béré (Nord-ouest), Gbôklè, ainsi que dans le district autonome de Yamoussoukro. Ces élus constituant les 2/3 des membres du sénat, le tiers restant sera nommé par le président de la République Alassane Ouattara avant l’entrée en fonction de de cette institution prévue le 10 avril. L'opposition a boycotté cette élection au suffrage indirect, dont le collège électoral comprends les députés, conseillers municipaux et régionaux, ainsi que les conseillers de districts élus. Le sénat, qui constituera la deuxième chambre du parlement ivoirien à côté de l’Assemblée nationale, sera logé pour ses débuts à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussokro. (AIP°)tm

Abidjan - La coalition au pouvoir Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a logiquement remporté, en l'absence de l'opposition qui boycottait le scrutin, une écrasante victoire aux premières élections sénatoriales de Côte d'Ivoire, remportant 50 des 66 sièges en jeu. Ce pointage a été réalisé par l'AFP à partir de l'annonce des résultats, circonscription par circonscription, par la Commission électorale indépendante (CEI). L'issue générale ne faisait pas de doute avec des listes du RHDP face à des indépendants. Une grosse surprise est toutefois venue de Bouaké, fief traditionnel du pouvoir et ancienne capitale de la rébellion qui soutenait le président Alassane Ouattara. Le RHDP y a été battu par la liste des indépendants qui récolte 157 voix contre 105 au RHDP. Le pouvoir paie sans doute là son incapacité à régler le problème des fréquentes mutineries récurrentes dans l'armée qui ont secoué le pays en 2017 et dont Bouaké était l'épicentre. Une claque pour le RHDP qui n'a donc pas convaincu ses propres élus de voter pour sa listes. "C'est la déception la plus totale. Nous n'avons pas compris comment certains ont pu nous lâcher pour aller voter pour les indépendants. C'est dur mais nous allons acceptons cette défaite, mais les conséquences risquent d'être graves" a reconnu Bazoumana Barro, conseiller municipal à Bouaké. "C'est la base qui vient de s'exprimer", s'est quant à lui félicité Christophe Koffi, membre du parti de Ouattara qui a soutenu la liste des indépendants, des dissidents. Le RHDP a aussi été battu dans une autre circonscription hautement symbolique, celle de Yamoussoukro, la capitale administrative, patrie de l'ancien président Felix Houphouet-Boigny dont le RHDP se réclame. A Abidjan, le RHDP n'a toutefois pas fait de détail, récoltant 100% des bulletins exprimés. - "Sénat monocolore" - L'opposition ainsi que la société civile avaient critiqué le scrutin et demandé son report, soulignant notamment que, l'opposition ayant boycotté les élections locales de 2013, il aurait été plus juste de tenir l'élection de ce premier Sénat après les élections locales qui doivent avoir lieu cette année également, à une date restant à fixer. "On pourrait dire que le gouvernement veut un Sénat monocolore", a déclaré Bamba Sindou, coordonnateur de la Poeci, la Plateforme des Organisations de la société civile pour l'Observation des Elections en Côte d'Ivoire. L'opposition demande surtout une réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) qu'elle accuse d'être en faveur du pouvoir, avant toute élection sénatoriale ou municipale mais surtout avant la présidentielle de 2020. Le Sénat a été créé par la nouvelle Constitution de 2016, approuvée par référendum. Les conseillers municipaux et régionaux des actuelles mairies et régions ainsi que les députés constituent le collège électoral du scrutin au suffrage universel indirect qui s'est tenu dans chacune des 31 régions et 197 communes du pays. Le président Alassane Ouattara doit encire nommer 33 autres sénateurs. L'opposition accuse le président Alassane Ouattara d'avoir succombé au "clientélisme" en créant ce Sénat qui, selon elle, sera "budgétivore". "Il n'y a que l'air qu'on respire qui est gratuit. On a besoin de ce Sénat qui va représenter les élus" et les collectivités locales, estime quant à lui Felicien Legré, conseiller municipal de Bingerville, membre de la coalition présidentielle, après avoir déposé son bulletin dans l'urne à Abidjan. Le Sénat, "c'est le développement et la démocratie. Cela participe aussi à la cohésion, à l'union, à la paix entre les peuples. C'est une très bonne chose", assure Michel Loukou Kouadio, conseiller municipal à Bouaké. pgf/lpt/AFP

Côte d’Ivoire: la coalition au pouvoir remporte 50 des 66 sièges de sénateurs APA -

Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et pour la paix ( RDHP- coalition au pouvoir), a raflé la majorité des sièges du premier scrutin sénatorial de la Côte d'Ivoire qui s'est déroulé samedi dans le pays en remportant l'élection dans 25 circonscriptions contre 8 pour les listes indépendantes, soit 50 sénateurs élus pour la coalition au pouvoir contre 16 sur les listes indépendantes. Selon les résultats provisoires de ce scrutin communiqués samedi soir par la porte-parole de la Commission électorale indépendante ( CEI, organe chargé d'organiser ces élections), Me Victoire Alley sur les antennes de la radio télévision ivoirienne (RTI, service public) l'Alliance au pouvoir s'est imposée dans la grande majorité des circonscriptions du pays dont les régions du Hambol, de la Nawa, du Tchologo, de l'Indenié-Djuablin et dans le district autonome d'Abidjan où la liste RHDP a obtenu 415 voix, soit 100%. Les listes indépendantes ont créé la surprise dans plusieurs grandes circonscriptions en battant leurs adversaires de la coalition au pouvoir. Ces indépendants ont remporté le scrutin dans les régions du Gkêkê, de l'Agbeby-Tiassa, du Béré, du Boukani, dans le district autonome de Yamoussoukro, le Guémon, le Haut-Sassandra et le Gbôklê. Un collège électoral de 7011 électeurs composés de députés ainsi que d'élus locaux ont pris part à ce scrutin qui a fait élire 66 sénateurs sur les 99 qui doivent composer le sénat, la chambre haute du parlement ivoirien. Les 33 autres sénateurs seront nommés par le président ivoirien Alassane Ouattara. Cette élection s'est déroulée dans 33 circonscriptions électorales où 2 deux sénateurs ont été élus par circonscription. Le siège du Sénat sera basé à Yamoussoukro, la capitale politique et administrative ivoirienne. LB/ls/APA

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 La défiance du peuple face à la plate-forme de l’opposition en Côte d’Ivoire.

 L’échec de la  manifestation de la plate-forme de l’opposition  contre le Sénat, et contre la CEI, n’a pas été causé par l’intervention des forces de l’ordre. Les revendications et les contestations engagées par  la plateforme de l’opposition ne mobilisent pas la majorité des Ivoiriens. Elles ne semblent mobiliser que le carré de leurs militants. Le caractère clairsemé des rangs des manifestants du mouvement de contestation de la CEI et du Sénat en est l’attestation contextuelle.

Certes, l’intervention répressive des forces de l’ordre doit être dénoncée car elle heurte le principe démocratique de la liberté de manifester. Le gouvernement ivoirien doit s’interdire de transiger avec les principes de la démocratie qui fondent sa légitimité. La molestation d’un journaliste par les forces de l’ordre est éminemment condamnable. Néanmoins, cette dénonciation ne doit pas servir à cacher l’échec politiquement significatif de la manifestation du groupe  EDS de Armand Ouégnin.

EDS n’est que la nouvelle formule 2018 de la CNC de 2015, et du Front du Refus de 2016. C’est la succursale à laquelle a été confiée la contestation du Sénat pendant que la maison-mère FPI se réservait celle de la CEI. Surjouant une popularité largement entamée par la trahison des attentes de sa base sociale, et des valeurs de son obédience idéologique, le FPI semble avoir perdu sa représentativité. Il est en crise de légitimité démocratique comme l’attestent ses reculs électoraux successifs qui résultent de son inaptitude à élaborer des offres politiques alternatives répondant aux besoins sociaux concrets de son électorat en particulier, et de la société globale ivoirienne en général. Ces besoins existentiels ne sauraient s’identifier à la libération de Laurent Gbagbo. Cette offre politique étrange répond à une stratégie d’appareil. Elle démontre que le FPI est déconnecté du vécu concret des populations. Il n’est plus au service des intérêts sociaux. Il se sert lui-même. Le FPI a déserté sa fonction institutionnelle qui consiste à représenter  les intérêts des catégories  des plus fragiles de la société.  Il est au service des intérêts particuliers de ses dirigeants. Il soumet sa base aux stratégies internes de l’appareil du parti. Cette subversion est un viol de la logique démocratique, qui voudrait que le parti soit le médiateur politique  des intérêts sociaux de la catégorie sociologique qu’il représente. Le FPI, maître d’œuvre de la plateforme EDS est donc, depuis longtemps, engagé  dans une logique autocratique qui consiste à soumettre les forces de la société civile  à ses objectifs de pouvoir. Cette logique structurelle oblige à douter de l’indépendance des associations de la société civile qui se pressent à  ses côtés dans la contestation du pouvoir. Elles y seraient plutôt les relais de ses mots d’ordre d’appareil. Soutenu par un microcosme d’associations incorporées de la société civile, et par un conglomérat de réseaux médiatiques nationaux et internationaux, il fait diversion. Adoptant la posture de l’opposition démocratique, qui fédère toutes les demandes sociales et les frustrations du peuple, il organise une amnésie collective sur son passé pour servir ses objectifs autocratiques de pouvoir absolu.

Au cœur du dispositif de la plateforme qui souscrit à son idéologie anti-démocratique, le parti national-populiste est médiatiquement campé en gardien intransigeant, maltraité et réprimé d’une démocratie menacée par un pouvoir dictatorial. Il n’est pas indifférent que le mot « dictature », accolé à RDR  et non RHDP (la nuance n’est pas innocente), soit un des éléments de langage apparu ces temps derniers pour soutenir l’offensive médiatique du bloc identitaire ivoirien qui monte à l’assaut de l’État.

Camouflée sous cette propagande, l’imposture EDS s’apparente à une tentative de manipulation délibérée de l’opinion publique ivoirienne. Sous la posture de l’interpellation démocratique du gouvernement,  git la revendication identitaire et l’intention de substituer à l’État démocratique un État communautaire dirigé par des autochtones. Sous la posture du souverainisme national, se camoufle l’appel au renversement d’un pouvoir prétendument détenu par un étranger  au service  d’intérêts étrangers. Un certain nombre de micro-partis en gestation et un certain nombre d’Ivoiriens  sont  tombés dans le panneau.

Pour la majorité des Ivoiriens, la posture démocratique  de ce bloc identitaire ne fait plus illusion. Le caractère clairsemé des rangs des manifestants en ce mouvement de contestation, initié par ce parti contre la CEI et le Sénat, est le signe d’une maturité démocratique de la majorité du peuple ivoirien. Il importe de soutenir cette clairvoyance populaire par le débat programmatique critique et l’argumentation rationnelle. Il faut soustraire l’affrontement politique ivoirien  aux émotions auxquelles s’adresse la propagande sommaire de la plate-forme de l'opposition. Il faut transformer l’espace public ivoirien en un empire de la raison et stimuler l’aptitude du peuple ivoirien à déceler les contradictions des pratiques et des discours partisans  et à exiger des explications à ses acteurs politiques.

 24 mars 2018  Alexis

Dernière modification ledimanche, 25 mars 2018 06:48
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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