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Côte d’Ivoire : Alassane Dramane Ouattara serre les rangs/ Huit mois après la promulgation de sa Constitution, la IIIe République se met en place.

Spécial Côte d’Ivoire : Alassane Dramane Ouattara serre les rangs/ Huit mois après la promulgation de sa Constitution, la IIIe République se met en place.

Par (Jeune Afrique ) _ / "Alors que la création du Sénat a été reportée à 2020, la répartition des rôles entre le chef de l’État, son vice-président et le Premier ministre est scrutée dans ses moindres détails....

Résultat de recherche d'images pour "alassane ouattara macron"Le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara a procédé à un remaniement surprise, plaçant ses plus proches collaborateurs aux postes clés. Au risque de fâcher ses alliés ?

Lorsque Alain-Richard Donwahi gravit les marches qui le séparent de son bureau ce 20 juillet, la passation de charge n’a pas encore eu lieu. Pourtant, il n’est déjà plus chez lui au ministère de la Défense. Sur les murs, Hamed Bakayoko s’affiche en grand format : ici, l’air pressé regardant sa montre, là, entouré de sportifs, ailleurs encore tout sourire aux côtés du président. On n’a pas perdu de temps pour changer les
photos.
Au lendemain de l’annonce du remaniement, le désormais ex-ministre de la Défense arbore un sourire crispé et une cravate d’un vert vif – « la couleur des Eaux et Forêts ! », s’exclame-t-il, lui qui vient d’être nommé à ce nouveau maroquin. Mais ses collaborateurs grimacent. « On savait bien qu’on ne resterait pas ici très longtemps encore, mais on ne pensait pas partir si tôt », regrette l’un d’eux.

À Abidjan, ce remaniement était un secret bien gardé. Au gouvernement, seul le premier cercle était prévenu. Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre, et Hamed Bakayoko, qui passe de l’Intérieur à la Défense, étaient informés depuis une semaine. Pour les autres, les doutes n’ont surgi qu’à la veille de l’annonce officielle, alors qu’aucun Conseil de gouvernement n’avait eu lieu, contrairement aux habitudes.

« Timing étonnant ? »

« Le timing de ce remaniement est étonnant, estime un diplomate. Juste avant un événement aussi important pour le pays que les Jeux de la Francophonie, alors qu’il y a des problèmes sécuritaires, des tensions politiques. Cette décision a été prise dans l’urgence. » Depuis la dernière mutinerie, en mai, Alain-Richard Donwahi se savait sur la sellette. Dans l’entourage présidentiel, nombreux étaient ceux qui réclamaient le départ de cet homme du Sud-Ouest, bété comme leur ennemi Laurent Gbagbo, incapable, selon eux, de tenir cette armée turbulente.

Alors que le président estimait récemment que le problème militaire « était réglé », de nouveaux troubles sont venus précipiter son départ. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, encore une fois, des tirs ont retenti à Abobo, un quartier d’Abidjan, et à Korhogo, une ville du nord du pays, faisant six morts (trois selon la version officielle). « Cela a confirmé qu’il y avait toujours un problème de gouvernance au niveau sécuritaire. Il fallait reprendre les choses en main », explique un proche du Premier ministre.

Sidiki Diakité a l’habitude de rendre des comptes à Hamed Bakayoko, c’est ce qu’il va continuer à faire
Face à des militaires qui donnent des sueurs froides au pouvoir depuis le début de l’année, Alassane Dramane Ouattara (ADO) a choisi de s’appuyer sur l’un de ses plus proches. Ministre d’État – le seul du gouvernement – quand ses prédécesseurs à ce poste n’étaient que ministres délégués auprès du président de la République, Hamed Bakayoko est numéro deux du gouvernement et a maintenant la main sur l’ensemble du dispositif sécuritaire.

« Sidiki Diakité, le nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, était jusque-là préfet d’Abidjan, il a l’habitude de rendre des comptes à Hamed, c’est ce qu’il va continuer à faire », explique l’un de leurs proches. Hamed Bakayoko est un tenant de la manière forte. « En le nommant, ADO montre les muscles », estime un proche du pouvoir. L’ancien super-flic va maintenant devoir apprivoiser une armée moins disciplinée et moins formée que les policiers avec lesquels il a l’habitude de traiter.


« Lorsqu’il était à l’Intérieur, il a créé des corps comme le CCDO (Centre de coordination des décisions opérationnelles de Côte d’Ivoire), destinés à concurrencer les militaires. Sa nomination n’a pas été très bien accueillie par une partie des soldats, notamment des anciens rebelles, estime un bon connaisseur de l’armée ivoirienne. Historiquement fidèles à Guillaume Soro, qui était leur chef au sein des Forces nouvelles (FN), ils ont le sentiment que Hamed, son grand rival, est là pour faire le ménage après leurs soulèvements. »

Coup de poker

« Avec cette nomination, ADO choisit le face-à-face avec Guillaume Soro », analyse un diplomate, qui craint que ce « coup de poker » ne soit l’étincelle qui mettra le feu aux poudres. Si tous ne vont pas aussi loin, les observateurs s’accordent sur le fait que ce remaniement vise à atténuer le poids du président de l’Assemblée nationale dans l’appareil sécuritaire, alors que Soro compte encore de nombreux fidèles, dont ses ex-comzones, à des postes clés. Les relations sont devenues glaciales entre les deux hommes.

Dans l’entourage du chef de l’État, on est en effet persuadé que l’ancien patron de la rébellion est derrière les mutineries. Mi-juillet, deux de ses proches, le secrétaire national au Renforcement des capacités, Méïté Sindou, et le directeur général de la Loterie nationale de Côte d’Ivoire (Lonaci), Issiaka Fofana, ont été limogés par décret après avoir participé au meeting de lancement de l’Union des soroïstes, un mouvement pro-Soro.

Il est logique qu’on ne compte plus sur Guillaume Soro
« En mars, le Premier ministre avait clairement invité Hamed et Guillaume à travailler ensemble derrière le chef de l’État. Le président de l’Assemblée a montré qu’il n’était pas dans ce schéma et qu’il se préparait pour 2020. Il est logique qu’on ne compte plus sur lui », estime un proche d’Amadou Gon Coulibaly. Cette arrivée de Hamed Bakayoko à la Défense est aussi un coup dur pour le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui perd ainsi un maroquin majeur.

Avec le départ de Pascal Abinan de la Fonction publique – il est désormais ministre de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public –, le grand allié n’occupe plus que des ministères de second rang. « C’est une réponse d’ADO à Bédié, une mise en garde », estime un cadre de la coalition présidentielle. En juin, dans une interview à Jeune Afrique, le patron du PDCI affirmait en effet que lors de l’élection de 2020 le candidat de la mouvance présidentielle serait issu de son parti.

Bras de fer engagé

Des propos que Ouattara a très peu appréciés, menaçant même en Conseil des ministres d’exclure les cadres PDCI de son gouvernement. « Dans le nouveau gouvernement, le PDCI ne fait plus que de la figuration », grogne ainsi un membre de l’ancien parti unique. Mais parmi les proches du chef de l’État, personne ne veut donner ce signal. « Pascal Abinan est l’un des membres du PDCI les plus impliqués dans le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix [RHDP]. Si on avait voulu envoyer un message à Bédié, on ne s’en serait pas pris à lui », argue l’un d’eux.

« Le temps est aux politiques, fini les technocrates ! » sourit de son côté un membre du gouvernement. Alors que la course à la succession d’Alassane Ouattara en 2020 est déjà lancée, ce gouvernement est vu comme un exécutif resserré autour du premier cercle du président de la République. « On met les projecteurs sur Hamed, mais le grand patron c’est Amadou Gon Coulibaly. Il concentre l’essentiel du pouvoir. ADO lui délègue 90 % des dossiers », note un homme d’affaires important.

Le Premier ministre hérite en effet du portefeuille du Budget, en remplacement d’Abdourahamane Cissé, qui savait son temps au gouvernement compté. « Il était trop minutieux. Beaucoup disaient qu’il faisait perdre du temps au gouvernement et se plaignaient de ses arbitrages », explique un proche. L’ancien ministre a été nommé conseiller spécial auprès du président de la République.

Depuis l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir, jamais un Premier ministre n’aura ainsi été aussi puissant qu’Amadou Gon Coulibaly. De quoi conforter ceux qui voient en lui le dauphin désigné du président de la République pour 2020 ?

Un préfet « rebelle » à l’intérieur
Lors du remaniement, sept portefeuilles ont changé de mains, mais il n’y a que deux nouveaux entrants. Au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, c’est un homme du sérail qui prend place. Sidiki Diakité était depuis 2011 préfet de la région d’Abidjan. Neveu d’un ancien ministre de l’Aménagement du territoire, le colonel Issa Diakité, il fait partie des préfets « rebelles ».

Pendant la crise postélectorale de 2011, il a pris le parti d’Alassane Ouattara contre Laurent Gbagbo, officiant à Duékoué puis à Man, dans l’ouest du pays. Ce proche de Hamed Bakayoko, avec lequel il a l’habitude de travailler étroitement, devrait rester sous la coupe de son puissant et médiatique prédécesseur, nommé à la Défense.

L’autre nouvel entrant est un inconnu des milieux politiques. Moussa Sanogo, pur technocrate, était jusqu’ici directeur adjoint du département statistique à la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest), qu’Alassane Ouattara a dirigée de 1988 à 1990.

Publié le 27 juillet 2017 à 14h52 — Mis à jour le 27 juillet 2017 à 14h52
Par Anna Sylvestre-Treiner et Vincent Duhem

A lire aussi / Côte d’Ivoire : nouvelle République, acte I
(Jeune Afrique 26/07/17)

Résultat de recherche d'images pour "alassane ouattara macron"Après six mois d’exercice conjoint entre le chef de l’État Alassane Dramane Ouattara, son vice-président Daniel Kablan Duncan et le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, la distribution des rôles et des dossiers semble claire. Même si elle n’est pas sans réserver quelques surprises.

Dans un ministère ivoirien, un néon clignote à intervalles réguliers. Il est 20 heures en cette semaine de Pâques, et l’administrateur des lieux achève à la hâte la présentation qu’il doit faire le lendemain, au cours d’un séminaire gouvernemental. L’événement, qui s’est déroulé le 11 avril, est censé donner son impulsion à l’action de l’exécutif jusqu’en 2020. C’est un moment important. Pour preuve, ledit séminaire est ouvert par le vice-président, Daniel Kablan Duncan (DKD), dirigé par le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly (AGC), et, enfin, conclu par le chef de l’État, Alassane Dramane Ouattara (ADO). Un ordre protocolaire illustrant le tricéphalisme désormais en vigueur au sein l’exécutif ivoirien.

Huit mois après la promulgation de sa Constitution, la IIIe République se met en place. Alors que la création du Sénat a été reportée à 2020, la répartition des rôles entre le chef de l’État, son vice-président et le Premier ministre est scrutée dans ses moindres détails. Comment ce nouveau système hybride, à la croisée du régime présidentiel à la française et de celui pratiqué aux États-Unis, fonctionne-t-il ? Lors du débat sur la nouvelle Constitution (adoptée par référendum le 30 octobre 2016), certains doutaient de l’utilité d’un poste de vice-président. Leurs craintes sont-elles aujourd’hui dissipées ?

Une tentative de répartition des rôles

La présence d’un vice-président n’a pour l’instant pas réellement modifié le système de gouvernance instauré par le chef de l’État. DKD s’y est parfaitement conformé, et ADO sollicite son avis. « En Conseil des ministres, le chef de l’État demande systématiquement à son vice-président s’il a des observations avant de s’exprimer lui-même », raconte un ministre. DKD est aussi mis en copie des nombreuses notes électroniques que reçoit le président.

Alors que la question de sa succession accapare déjà le débat public, ADO a également été plus présent sur le terrain politique
Depuis la nomination de son vice-président, le 10 janvier, l’agenda du chef de l’État a été déchargé des inaugurations et des cérémonies auxquelles il devait assister. Il a mis ce temps à profit pour rencontrer des investisseurs et, surtout, gérer les situations de crise.

Alors que la question de sa succession accapare déjà le débat public, au point de sembler paralyser le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel), ADO a également été plus présent sur le terrain politique.

« Mais en a-t-il vraiment envie ? s’interroge un diplomate. On a l’impression qu’il ne pouvait pas faire autrement parce qu’il avait perdu la mainmise, ce qui est un aveu de faiblesse. » Enfin, si certains dans l’entourage du président tentent de le pousser à se rapprocher de la population, les réticences semblent encore trop fortes.

Une coopération entre le Premier ministre et le vice-président

Quant à la collaboration entre DKD et AGC, on assure au Palais qu’elle s’effectue naturellement. « Quand Kablan Duncan était chef du gouvernement, il travaillait main dans la main avec Gon Coulibaly. Ils préparaient ensemble les Conseils des ministres », rappelle un conseiller à la présidence.

En début d’année, certains observateurs et diplomates en poste à Abidjan estimaient que le vice-président et son Premier ministre se marchaient sur les pieds. Kablan Duncan était alors très visible, notamment médiatiquement, et une certaine confusion s’était installée.

« Il est désormais beaucoup plus discret. Comme si on s’était rendu compte qu’il pouvait faire de l’ombre à AGC », commente un ancien ministre. « Quand ils prennent part ensemble à certaines cérémonies, ils ne représentent pas la même institution, précise un collaborateur du chef de l’État.

Le vice-président est là pour montrer qu’il y a une volonté politique, mais, lorsque l’on s’attaque au concret des dossiers, c’est le Premier ministre qui prend le relais. La fonction de vice-président comporte un volet représentatif important.

La mutinerie de mai a cependant démontré que DKD n’était pas au cœur du processus de décision des dossiers sensibles
Le président lui a confié des dossiers économiques et diplomatiques, comme l’organisation du sommet Afrique-Union européenne [qui se tiendra à Abidjan les 29 et 30 novembre]. Il est mis aussi à contribution dans les négociations avec le FMI et la Banque mondiale. »

La mutinerie de mai a cependant démontré que DKD n’était pas au cœur du processus de décision des dossiers sensibles. En déplacement à Paris au moment où la Côte d’Ivoire était sévèrement secouée, le vice-président n’a pas été associé à la gestion de la crise.

Au contraire de Gon Coulibaly, qui joua les premiers rôles. De fait, ce dernier est aujourd’hui un Premier ministre plus puissant que son prédécesseur. Il a notamment récupéré certaines structures qu’il dirigeait lorsqu’il était secrétaire général de la présidence comme le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (Cepici) ou le Comité national de pilotage des partenariats public-privé (CNP-PPP).

Au cœur d’un système où les conseillers ont toujours joué un rôle important, AGC semble avoir enfin rééquilibré le rapport des forces entre la primature et la présidence. « C’est ce qui fait de lui une pièce centrale du système Ouattara. Il établit le lien entre les différents cercles de décision », conclut un diplomate.

Désormais sous les feux des projecteurs, Gon Coulibaly affronte une série de crises : mutinerie, conflit avec les fonctionnaires… Autant de situations difficiles qui, dans l’optique de la présidentielle de 2020, pourront se révéler à double tranchant.

Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/mag/457301/politique/cote-divoire-nouvelle-r...
(Jeune Afrique 26/07/17)
Par Vincent Duhem

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A lire aussi / Côte d’Ivoire : le PDCI, allié ou rival du RDR ?
S’il reste bien ancré dans la majorité, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, en pleine réorganisation, compte désigner dès l’an prochain son candidat pour la présidentielle de 2020.

Le 29 mai 2017, le siège national du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à Cocody, est bondé. À l’ordre du jour : la restructuration du plus vieux parti du pays (créé en 1946), point de départ d’une stratégie de reconquête du pouvoir. Poussé par sa base autant que par l’ambition de ses cadres, le PDCI a décidé de faire cavalier seul en 2020, tout en restant, avec le Rassemblement des républicains (RDR), dans la grande famille du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Une ambition présidentielle avérée

Cette base établie, la réorganisation concerne toutes les structures d’un parti qui devrait compter, dès les prochains mois, 300 000 militants actifs, soit 70 000 de plus que le RDR. Henri Konan Bédié, président du PDCI, a déjà remanié le secrétariat exécutif, confié à quatre personnalités dont l’ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon (chargé des études).

« À terme, précise Privat Séri Bi N’Guessan, secrétaire exécutif chargé des sections et des délégations, nous aurons un PDCI restructuré, fort, dynamique, avec un réel personnel politique et un fonctionnement administratif effectif. » La bataille pour 2018, année de la désignation du candidat PDCI à la présidentielle, pourra alors commencer. Pas moins de huit personnalités sont citées pour briguer la présidence en 2020.

Le scénario de 2010, où chaque parti du RHDP a présenté son propre candidat au premier tour, reste celui privilégié par de nombreux stratèges du PDCI. Les cadres du parti misent sur de nouvelles adhésions et surtout sur la division au sein du Front populaire ivoirien (FPI) entre les héritiers de Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Aboudramane Sangaré (lire p. 68).

Ils comptent également sur une désaffection des militants du RDR et sur d’éventuels conflits internes entre l’actuel Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, et le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, tous trois candidats putatifs du parti présidentiel.

Manque de consensus

En choisissant son candidat deux ans avant la compétition, le PDCI compte couper l’herbe sous le pied du RDR, qui serait ainsi contraint d’adouber son candidat, conformément à la volonté exprimée par Bédié à Daoukro.

Il espère aussi aplanir les divergences entre ses ­responsables pour arriver en 2020 en rangs serrés, sachant qu’une retraite ­politique de Bédié, qui aura 86 ans en 2020, n’est visiblement pas à l’ordre du jour.

Tous les courants du parti veulent se lancer dans la course. À commencer par les « irréductibles », ceux qui, contre l’avis de Bédié, ont tenté d’affronter Ouattara en 2015.

Menés par l’ancien gouverneur de la BCEAO Charles Konan Banny, le diplomate Amara Essy et Kouadio Konan Bertin, ils comptent aussi parmi eux les « indépendants » du parti, dont la figure de proue est Yasmina Ouégnin, députée de Cocody. « Aucun parti ne pourra passer dès le premier tour en 2020, et il est clair que si le PDCI devait affronter le RDR au second tour, il pourrait opportunément s’allier à l’une ou à l’autre tendance du FPI, analyse Sylvain N’Guessan, expert en stratégie politique. Et c’est là qu’interviennent les “irréductibles”, qui sont déjà proches des milieux pro-Gbagbo. »
Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/mag/457298/politique/cote-divoire-le-pdci-al...Par André Silver Konan(Jeune Afrique 27/07/17)

 

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A lire aussi / Côte d’Ivoire : rappel à l’ordre

« Et maintenant, on partage ? » Il y a un an, bien avant les grèves des fonctionnaires et la fronde des militaires, Jeune Afrique s’interrogeait sur la capacité du gouvernement de Daniel Kablan Duncan à mieux répartir les fruits du réveil économique de l’éléphant ivoirien.

Sur le papier, le chef d’orchestre de la relance, Alassane Dramane Ouattara (ADO), bénéficiait encore d’un alignement parfait des planètes pour poursuivre sa politique business friendly. La croissance avait atteint 9 % sur les quatre dernières années selon le FMI. Et, en 2015, l’inflation (1,2 %), l’endettement (41 % du PIB) et le déficit budgétaire (3 % du PIB) étaient tous trois maîtrisés. Mais le bruit de fond de la contestation dépassait déjà les rangs d’une opposition qui, encore hantée par le fantôme de l’ex-président Gbagbo, porte ses revendications en ordre dispersé.

Occupé à préparer la réforme constitutionnelle, le chef de l’État n’a pas pris toute la mesure des attentes des laissés-pour-compte d’une croissance qui ne se mange pas. Conforté par le soutien inconditionnel des partenaires extérieurs de la Côte d’Ivoire, il a privilégié l’objectif de l’émergence annoncée pour 2020, laissant le trouble s’installer jusque dans les rangs de ses électeurs.

Les événements qui se sont succédé depuis janvier sonnent comme un cruel rappel à l’ordre.

Le bras de fer perdu avec les soldats issus des Forces nouvelles (FN) met en lumière la fragilité de l’autorité de l’État
Face aux fonctionnaires descendus dans la rue, l’exécutif a capitulé, de peur d’un embrasement social généralisé. Plus de six mois d’atermoiements pour finalement accepter leur principale doléance.

Le gouvernement a entériné en juin le principe du paiement des 250 milliards de F CFA (381 millions d’euros) d’arriérés de salaires, au moment où les finances publiques souffrent de la baisse du cours mondial du cacao.

La Côte d’Ivoire est encore un État convalescent

C’est cependant le bras de fer perdu avec les soldats issus des Forces nouvelles (FN) qui met en lumière la fragilité de l’autorité de l’État. Ces ex-rebelles ont apporté leur écot à l’accession au pouvoir d’ADO en avril 2011. Ils sont venus lui rappeler ses promesses d’alors en sortant des casernes les armes à la main.

La suite a montré que la Côte d’Ivoire est encore un État convalescent. Pas un bataillon de l’armée régulière n’a voulu mater les mutins, qui ont obtenu gain de cause au grand dam du reste de la population.

Le 15 mai, le gouvernement a consenti à verser à chacun des 8 400 anciens FN 7 millions de F CFA. Une somme qui s’ajoute aux 5 millions que chacun avait reçus à l’issue d’une première mutinerie, en janvier.

Sur la scène politique, l’ambiance n’est guère plus réjouissante. La coalition au pouvoir a du plomb dans l’aile. Allié du RDR, le PDCI entend présenter un candidat à l’élection de 2020 face à celui du parti présidentiel.

La réconciliation demeure un immense chantier, malgré les appels au partage et à l’amour de son prochain lancé par les leaders politiques sur les réseaux sociaux.

Alassane Ouattara peut encore compter sur sa garde rapprochée, à commencer par son vice-président, Kablan Duncan, et son Premier ministre, Gon Coulibaly. La fin de son second mandat pourrait se révéler particulièrement délicate.

Pour détendre l’atmosphère, le chef de l’État serait bien inspiré d’accélérer la mise en œuvre des volets sociaux du plan national de développement, quitte à laisser filer les déficits et à déplaire un peu aux institutions de Bretton Woods. L’unité est sans doute à ce prix. Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/mag/457362/politique/cote-divoire-rappel-a-l...
par Julien Clémençot

 

 

 

 

Dernière modification levendredi, 28 juillet 2017 20:26
Adama Diomande

Président de l'Association pour la défense des libertés.

Site internet : www.addl-association.info
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