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Infos Ivoiriennes (836)

Pnd 2016-2020 et Budget 2017: d’importants financements internes et extérieurs acquis déjà !

Evalué à 30 000 milliards de francs Cfa, le financement du Plan national de développement (Pnd-2016-2020) est au cœur des préoccupations gouvernementales. Dans sa conception, 60% du financement doit provenir du secteur privé national et étranger (Ide), et 40% du budget de l’État. Et ce, pour assurer la mise en œuvre effective des 5 axes stratégiques allant du renforcement de la qualité des institutions et de la gouvernance à celui de l’intégration régionale et de la coopération internationale, en passant par l’accélération du développement du capital humain et du bien-être social (éducation, formation, santé), la transformation structurelle de l’économie par l’industrialisation, et enfin le développement des infrastructures sur l’ensemble du territoire et la préservation de l’environnement./

Mobiliser de telles ressources requiert la confiance des bailleurs de fonds publics et privés, une gouvernance incitative à l’action, et un bon suivi de l’exécution dudit Plan. Les premiers résultatsde la recherche de financement donnent déjà à espérer. La volonté des institutions de financement d’accompagner la Côte d’Ivoire dans cet important programme qui vise à positionner le pays sur le piédestal des nations émergentes à l’horizon 2020 aussi. La décision du Gouvernement d’apurer de façon substantielle la dette intérieure est aussi de nature à rassurer le secteur privé national. Le 5 juillet dernier, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, s’exprimant face au patronat ivoirien, a dit que « pour la question de la dette intérieure, le Président de la République, Alassane Ouattara, a validé le paiement de 232 milliards FCfa» en commençant par les créances les plus anciennes. La gestion de cette dette intérieure est un bon indicateur de la volonté du gouvernement de rassurer, d’une part, le secteur privé national, et d’autre part, d’inviter les investisseurs directs nationaux (Idn) et étrangers (Ide) à jouer leur partition dans le financement du Pnd.

Au plan de la coopération internationale, le Pnd 2016-2020 mobilise déjà des ressources financières considérables. Le succès de l’émission du 3eeurobond a été, à cet effet, le vrai déclencheur du processus. Car, les fonds levés sur le marché international le 8 juin dernier au terme du road show qui a conduit, une semaine durant, le Premier ministre ivoirien à Paris, Francfort, Londres, New York et Boston, s’inscrivent dans le cadre de la prévision budgétaire 2017 destinée au financement par l’État du Pnd. Ce 3e eurobond qui a suscité un véritable enthousiasme et intérêt des souscripteurs pour les titres émis par la Côte d’Ivoire, a permis de mobiliser 1,250 milliard de dollars américains au taux de 6,25% et 625 millions d’euros au taux de 5,125%. Soit au total 1140 milliards de Fcfa (1 dollar = 585 Fcfa, et 1 euro= 655,99 Fcfa).

Ce fonds permet de combler le déficit budgétaire de l’Etat et de financer des projets structurants à impacts socioéconomiques », avait déclaré Amadou Gon Coulibaly lors de sa conférence de presse de juin. Le succès de cet eurobond tout comme celui des deux emprunts obligataires émis (février-mars et en avril-mai) par le Trésor public aux taux de 6,25% (Tpci 6,25% 2017-2029) et5,9% (TPC 5,90% 2016-2026) sont les fruits de la justesse des priorités de la politique économique du gouvernement, déclinées dans le Plan national de développement (Pnd 2016-2020). Priorités qui incitent bien des partenaires économiques et financiers internationaux à participer au financement de ce plan. Ces emprunts obligataires ont permis de mobiliser sur le marché financier régional au premier semestre 2017 (via la Bourse régionale des valeurs mobilières ou Brvm), la bagatelle de 279 milliards de francs Cfa, soit 137 milliards (120 milliards escomptés) en juillet, et 142 milliards de Fcfaen mai sur 100 milliards attendus.

Dans cette dynamique de mobilisation de ressources extérieures, on ne saurait ignorer le Contrat de désendettement et développement (C2D) décidé par l’Agence française de coopération (Afd) dans le cadre l’initiative Ppte. Il s’agit de transformer la dette due par la Côte d’Ivoire au partenaire traditionnel qu’est la France en investissements dans des projets convenus d’accord partie.« Toutes les initiatives que nous lançons au travers du C2d visent à accélérer le développement mais également à faire reculer remarquablement la pauvreté. De nombreux projets sont achevés et d’autres sont en cours », expliquait récemment le président du Comité technique bilatéral, Ahoua N’Doly Théophile. Le C2d a aussi permis de renforcer le fonctionnement de l’administration.Ce mécanisme de reconversion de la dette publique due par la Côte d’Ivoire à la France porte sur une enveloppe de 1900 milliards de FCfa après l’annulation d’une dette sèche de 600 milliards de FCfa par la partie française après le point d’achèvement de l’initiative Ppte.

La 1ère phase 2012-2015 du C2d, signée en décembre 2012, porte sur une enveloppe de 413 milliards de FCfa. Ce montant a totalement été décaissé et les projets pratiquement exécutés. Pour le 2e C2d (2014-2020) signé en décembre 2014,il est de 738 milliards de FCfa. D’ores et déjà, 521,16 milliards de Fcfade ce montant ont déjà été engagés (décembre 2016). Depuis le 10 juillet dernier, la Banque islamique de développement (Bid) s’est engagéeà dégager une enveloppe de 1,8 milliard de dollars américains (1.036 milliards de FCfa) au profit du Pnd. Le 31 juillet dernier, la présidente directrice générale d’Eximbank China s’engageait également, au sortir d’une audience avec le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, « à aligner l’appui de la Chine sur le Plan quinquennal national de développement ( Pnd

2016-2020) ». Dans le cadre de cette coopération Sud-Sud, la Banque chinoise d’import-export, soutien financier des investissements publics et privés chinois en Côte d’Ivoire, entend contribuer au financement des projets de développement déclinés dans le Pnd, en priorisant les secteurs des infrastructures routières, portuaires et énergétiques. Eximbank China va également intervenir dans les projets d’amélioration de la qualité des services sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable.

Côte D’Ivoire : SORO (le PAN) le Parquet dément ‘’le gel des comptes’’ du Président de l’Assemblée nationale

« Pour le Procureur de la République, ‘’ces informations sont fausses et mensongères’’ et annonce avoir ‘’instruit la section Recherches de la Brigade de gendarmerie à l’effet d’ouvrir une enquête sur les faits dont il s’agit et de lui conduire les auteurs de l’article incriminé’’. »

Richard Adou, le Procureur de la République a démenti, vendredi, ‘’le gel des comptes’’ de Guillaume Kigbafori Soro, le Président de l’Assemblée nationale, comme annoncé à la Une d’un quotidien de la place dans sa parution du jour.

Selon le communiqué du Parquet parvenu à APA, ‘’aucune enquête judiciaire n’a été diligentée par le Parquet contre le Président de l’Assemblée nationale et ses comptes bancaires ne font l’objet d’aucune réquisition de gel’’, écrit Richard Adou.

Un quotidien de la place titrait à sa Une du jour ‘’Malgré le pardon du Président de l’Assemblée nationale : des comptes de Soro gelés’’ soulignant ‘’une enquête judiciaire ouverte contre l’ex-chef rebelle, le budget de l’Assemblée nationale au restreint’’.

Pour le Procureur de la République, ‘’ces informations sont fausses et mensongères’’ et annonce avoir ‘’instruit la section Recherches de la Brigade de gendarmerie à l’effet d’ouvrir une enquête sur les faits dont il s’agit et de lui conduire les auteurs de l’article incriminé’’.

En Côte d’Ivoire, la loi de décembre 2004 portant régime juridique de la presse réprime ‘’les faits de divulgation de fausses informations’’.

Côte D’Ivoire : le Parquet dément ‘’le gel des comptes’’ du Président de l’Assemblée nationale

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Conseil constitutionnel : Hyacinthe Sarassoro, François Guéi et Emmanuel Tano s’en vont . Le président Koné Mamadou : « Voici pourquoi j’ai été reconduit »

Le Conseil constitutionnel a organisé, le mardi 25 juillet 2017, une cérémonie pour célébrer le départ des conseillers en fin de mandat, Hyacinthe Sarassoro, François Guéi et Emmanuel Tano.

A cette occasion, le président Koné Mamadou, en lieu et place d’un discours, a donné le témoignage de ses relations avec ses trois doyens. Commençant par Hyacinthe Sarassoro, le président du Conseil constitutionnel s’est souvenu de son enseignant de première année à la Faculté de Droit à l’université de Cocody. « Il est l’un de ceux qui m’ont initié au droit, ceux qui ont tracé la route jusqu’au Conseil constitutionnel. J’ai beaucoup bénéficié de sa sagesse et de ses connaissances », a-t-il indiqué. Parlant d’Emmanuel Tano, qui fut magistrat avant d’embrasser la carrière d’avocat, le président Mamadou a retracé le souvenir de l’année 1978 où, jeune magistrat stagiaire, il fut pris en charge par ce dernier, alors procureur de la République adjoint à Abidjan. « En pré-stage au tribunal d’Abidjan, il m’a beaucoup appris », a-t-il déclaré.

Quant à François Guéi, le président l’a présenté comme un homme de vérité, de loyauté, de rigueur et de grande probité morale qui est resté égal à lui-même. Faut-il le rappeler, Hyacinthe Sarassoro et François Guéi ont été nommés le 13 mai 2011, en vue de compléter l’effectif du Conseil constitutionnel alors présidé par Paul Yao N’dré, à une période où l’institutionnel devait recevoir le serment du président de la République Alassane Ouattara. Emmanuel Tano Kouadio, quant à lui, sera nommé en même temps que le président Francis Wodié, le 25 juillet 2011.

Au terme de leur mandat de six (6) ans, hier, le successeur de Francis Wodié a rendu un hommage émouvant à ces doyens qui l’ont « accueilli à bras ouverts » au sein de la maison. « Je les remercie pour leur humilité et leur disponibilité », dira-t-il, sans oublier les leçons de rigueur et d’abnégation au travail qu’ils ont transmis aux jeunes générations. Les trois conseillers, qui ont reçu de nombreux présents seront décorés à l’occasion de la fête de l’indépendance, le 07 août prochain.

Lors de son intervention, le président Koné Mamadou a donné des précisions sur le décret signé le 14 juillet dernier par le président de la République qui le reconduit dans ses fonctions. Il a expliqué que, conformément à la loi organique portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel, lorsque le président ou un conseiller démissionne, le chef de l’Etat nomme quelqu’un pour terminer le mandat du démissionnaire. Koné Mamadou a été nommé en remplacement de Francis Wodié le 3 février 2015. Nommé le 25 juillet 2011, le mandat de 6 ans du président Francis Wodié a pris fin hier. « Le chef de l’Etat avait donc le choix, soit de me confirmer, soit de nommer quelqu’un d’autre. Il a choisi la première option », a-t-il expliqué. Il vient d’entamer ainsi son mandat de 6 ans non renouvelable, qui prendra fin en 2023. Cette cérémonie a pris fin par le mot de remerciements des récipiendaires exprimé par François Guéi. H. OULAÏ http://www.linfodrome.com

 

Côte d’Ivoire : Alassane Dramane Ouattara serre les rangs/ Huit mois après la promulgation de sa Constitution, la IIIe République se met en place.

Par (Jeune Afrique ) _ / "Alors que la création du Sénat a été reportée à 2020, la répartition des rôles entre le chef de l’État, son vice-président et le Premier ministre est scrutée dans ses moindres détails....

Résultat de recherche d'images pour "alassane ouattara macron"Le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara a procédé à un remaniement surprise, plaçant ses plus proches collaborateurs aux postes clés. Au risque de fâcher ses alliés ?

Lorsque Alain-Richard Donwahi gravit les marches qui le séparent de son bureau ce 20 juillet, la passation de charge n’a pas encore eu lieu. Pourtant, il n’est déjà plus chez lui au ministère de la Défense. Sur les murs, Hamed Bakayoko s’affiche en grand format : ici, l’air pressé regardant sa montre, là, entouré de sportifs, ailleurs encore tout sourire aux côtés du président. On n’a pas perdu de temps pour changer les
photos.
Au lendemain de l’annonce du remaniement, le désormais ex-ministre de la Défense arbore un sourire crispé et une cravate d’un vert vif – « la couleur des Eaux et Forêts ! », s’exclame-t-il, lui qui vient d’être nommé à ce nouveau maroquin. Mais ses collaborateurs grimacent. « On savait bien qu’on ne resterait pas ici très longtemps encore, mais on ne pensait pas partir si tôt », regrette l’un d’eux.

À Abidjan, ce remaniement était un secret bien gardé. Au gouvernement, seul le premier cercle était prévenu. Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre, et Hamed Bakayoko, qui passe de l’Intérieur à la Défense, étaient informés depuis une semaine. Pour les autres, les doutes n’ont surgi qu’à la veille de l’annonce officielle, alors qu’aucun Conseil de gouvernement n’avait eu lieu, contrairement aux habitudes.

« Timing étonnant ? »

« Le timing de ce remaniement est étonnant, estime un diplomate. Juste avant un événement aussi important pour le pays que les Jeux de la Francophonie, alors qu’il y a des problèmes sécuritaires, des tensions politiques. Cette décision a été prise dans l’urgence. » Depuis la dernière mutinerie, en mai, Alain-Richard Donwahi se savait sur la sellette. Dans l’entourage présidentiel, nombreux étaient ceux qui réclamaient le départ de cet homme du Sud-Ouest, bété comme leur ennemi Laurent Gbagbo, incapable, selon eux, de tenir cette armée turbulente.

Alors que le président estimait récemment que le problème militaire « était réglé », de nouveaux troubles sont venus précipiter son départ. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, encore une fois, des tirs ont retenti à Abobo, un quartier d’Abidjan, et à Korhogo, une ville du nord du pays, faisant six morts (trois selon la version officielle). « Cela a confirmé qu’il y avait toujours un problème de gouvernance au niveau sécuritaire. Il fallait reprendre les choses en main », explique un proche du Premier ministre.

Sidiki Diakité a l’habitude de rendre des comptes à Hamed Bakayoko, c’est ce qu’il va continuer à faire
Face à des militaires qui donnent des sueurs froides au pouvoir depuis le début de l’année, Alassane Dramane Ouattara (ADO) a choisi de s’appuyer sur l’un de ses plus proches. Ministre d’État – le seul du gouvernement – quand ses prédécesseurs à ce poste n’étaient que ministres délégués auprès du président de la République, Hamed Bakayoko est numéro deux du gouvernement et a maintenant la main sur l’ensemble du dispositif sécuritaire.

« Sidiki Diakité, le nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, était jusque-là préfet d’Abidjan, il a l’habitude de rendre des comptes à Hamed, c’est ce qu’il va continuer à faire », explique l’un de leurs proches. Hamed Bakayoko est un tenant de la manière forte. « En le nommant, ADO montre les muscles », estime un proche du pouvoir. L’ancien super-flic va maintenant devoir apprivoiser une armée moins disciplinée et moins formée que les policiers avec lesquels il a l’habitude de traiter.


« Lorsqu’il était à l’Intérieur, il a créé des corps comme le CCDO (Centre de coordination des décisions opérationnelles de Côte d’Ivoire), destinés à concurrencer les militaires. Sa nomination n’a pas été très bien accueillie par une partie des soldats, notamment des anciens rebelles, estime un bon connaisseur de l’armée ivoirienne. Historiquement fidèles à Guillaume Soro, qui était leur chef au sein des Forces nouvelles (FN), ils ont le sentiment que Hamed, son grand rival, est là pour faire le ménage après leurs soulèvements. »

Coup de poker

« Avec cette nomination, ADO choisit le face-à-face avec Guillaume Soro », analyse un diplomate, qui craint que ce « coup de poker » ne soit l’étincelle qui mettra le feu aux poudres. Si tous ne vont pas aussi loin, les observateurs s’accordent sur le fait que ce remaniement vise à atténuer le poids du président de l’Assemblée nationale dans l’appareil sécuritaire, alors que Soro compte encore de nombreux fidèles, dont ses ex-comzones, à des postes clés. Les relations sont devenues glaciales entre les deux hommes.

Dans l’entourage du chef de l’État, on est en effet persuadé que l’ancien patron de la rébellion est derrière les mutineries. Mi-juillet, deux de ses proches, le secrétaire national au Renforcement des capacités, Méïté Sindou, et le directeur général de la Loterie nationale de Côte d’Ivoire (Lonaci), Issiaka Fofana, ont été limogés par décret après avoir participé au meeting de lancement de l’Union des soroïstes, un mouvement pro-Soro.

Il est logique qu’on ne compte plus sur Guillaume Soro
« En mars, le Premier ministre avait clairement invité Hamed et Guillaume à travailler ensemble derrière le chef de l’État. Le président de l’Assemblée a montré qu’il n’était pas dans ce schéma et qu’il se préparait pour 2020. Il est logique qu’on ne compte plus sur lui », estime un proche d’Amadou Gon Coulibaly. Cette arrivée de Hamed Bakayoko à la Défense est aussi un coup dur pour le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui perd ainsi un maroquin majeur.

Avec le départ de Pascal Abinan de la Fonction publique – il est désormais ministre de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public –, le grand allié n’occupe plus que des ministères de second rang. « C’est une réponse d’ADO à Bédié, une mise en garde », estime un cadre de la coalition présidentielle. En juin, dans une interview à Jeune Afrique, le patron du PDCI affirmait en effet que lors de l’élection de 2020 le candidat de la mouvance présidentielle serait issu de son parti.

Bras de fer engagé

Des propos que Ouattara a très peu appréciés, menaçant même en Conseil des ministres d’exclure les cadres PDCI de son gouvernement. « Dans le nouveau gouvernement, le PDCI ne fait plus que de la figuration », grogne ainsi un membre de l’ancien parti unique. Mais parmi les proches du chef de l’État, personne ne veut donner ce signal. « Pascal Abinan est l’un des membres du PDCI les plus impliqués dans le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix [RHDP]. Si on avait voulu envoyer un message à Bédié, on ne s’en serait pas pris à lui », argue l’un d’eux.

« Le temps est aux politiques, fini les technocrates ! » sourit de son côté un membre du gouvernement. Alors que la course à la succession d’Alassane Ouattara en 2020 est déjà lancée, ce gouvernement est vu comme un exécutif resserré autour du premier cercle du président de la République. « On met les projecteurs sur Hamed, mais le grand patron c’est Amadou Gon Coulibaly. Il concentre l’essentiel du pouvoir. ADO lui délègue 90 % des dossiers », note un homme d’affaires important.

Le Premier ministre hérite en effet du portefeuille du Budget, en remplacement d’Abdourahamane Cissé, qui savait son temps au gouvernement compté. « Il était trop minutieux. Beaucoup disaient qu’il faisait perdre du temps au gouvernement et se plaignaient de ses arbitrages », explique un proche. L’ancien ministre a été nommé conseiller spécial auprès du président de la République.

Depuis l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir, jamais un Premier ministre n’aura ainsi été aussi puissant qu’Amadou Gon Coulibaly. De quoi conforter ceux qui voient en lui le dauphin désigné du président de la République pour 2020 ?

Un préfet « rebelle » à l’intérieur
Lors du remaniement, sept portefeuilles ont changé de mains, mais il n’y a que deux nouveaux entrants. Au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, c’est un homme du sérail qui prend place. Sidiki Diakité était depuis 2011 préfet de la région d’Abidjan. Neveu d’un ancien ministre de l’Aménagement du territoire, le colonel Issa Diakité, il fait partie des préfets « rebelles ».

Pendant la crise postélectorale de 2011, il a pris le parti d’Alassane Ouattara contre Laurent Gbagbo, officiant à Duékoué puis à Man, dans l’ouest du pays. Ce proche de Hamed Bakayoko, avec lequel il a l’habitude de travailler étroitement, devrait rester sous la coupe de son puissant et médiatique prédécesseur, nommé à la Défense.

L’autre nouvel entrant est un inconnu des milieux politiques. Moussa Sanogo, pur technocrate, était jusqu’ici directeur adjoint du département statistique à la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest), qu’Alassane Ouattara a dirigée de 1988 à 1990.

Publié le 27 juillet 2017 à 14h52 — Mis à jour le 27 juillet 2017 à 14h52
Par Anna Sylvestre-Treiner et Vincent Duhem

A lire aussi / Côte d’Ivoire : nouvelle République, acte I
(Jeune Afrique 26/07/17)

Résultat de recherche d'images pour "alassane ouattara macron"Après six mois d’exercice conjoint entre le chef de l’État Alassane Dramane Ouattara, son vice-président Daniel Kablan Duncan et le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, la distribution des rôles et des dossiers semble claire. Même si elle n’est pas sans réserver quelques surprises.

Dans un ministère ivoirien, un néon clignote à intervalles réguliers. Il est 20 heures en cette semaine de Pâques, et l’administrateur des lieux achève à la hâte la présentation qu’il doit faire le lendemain, au cours d’un séminaire gouvernemental. L’événement, qui s’est déroulé le 11 avril, est censé donner son impulsion à l’action de l’exécutif jusqu’en 2020. C’est un moment important. Pour preuve, ledit séminaire est ouvert par le vice-président, Daniel Kablan Duncan (DKD), dirigé par le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly (AGC), et, enfin, conclu par le chef de l’État, Alassane Dramane Ouattara (ADO). Un ordre protocolaire illustrant le tricéphalisme désormais en vigueur au sein l’exécutif ivoirien.

Huit mois après la promulgation de sa Constitution, la IIIe République se met en place. Alors que la création du Sénat a été reportée à 2020, la répartition des rôles entre le chef de l’État, son vice-président et le Premier ministre est scrutée dans ses moindres détails. Comment ce nouveau système hybride, à la croisée du régime présidentiel à la française et de celui pratiqué aux États-Unis, fonctionne-t-il ? Lors du débat sur la nouvelle Constitution (adoptée par référendum le 30 octobre 2016), certains doutaient de l’utilité d’un poste de vice-président. Leurs craintes sont-elles aujourd’hui dissipées ?

Une tentative de répartition des rôles

La présence d’un vice-président n’a pour l’instant pas réellement modifié le système de gouvernance instauré par le chef de l’État. DKD s’y est parfaitement conformé, et ADO sollicite son avis. « En Conseil des ministres, le chef de l’État demande systématiquement à son vice-président s’il a des observations avant de s’exprimer lui-même », raconte un ministre. DKD est aussi mis en copie des nombreuses notes électroniques que reçoit le président.

Alors que la question de sa succession accapare déjà le débat public, ADO a également été plus présent sur le terrain politique
Depuis la nomination de son vice-président, le 10 janvier, l’agenda du chef de l’État a été déchargé des inaugurations et des cérémonies auxquelles il devait assister. Il a mis ce temps à profit pour rencontrer des investisseurs et, surtout, gérer les situations de crise.

Alors que la question de sa succession accapare déjà le débat public, au point de sembler paralyser le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel), ADO a également été plus présent sur le terrain politique.

« Mais en a-t-il vraiment envie ? s’interroge un diplomate. On a l’impression qu’il ne pouvait pas faire autrement parce qu’il avait perdu la mainmise, ce qui est un aveu de faiblesse. » Enfin, si certains dans l’entourage du président tentent de le pousser à se rapprocher de la population, les réticences semblent encore trop fortes.

Une coopération entre le Premier ministre et le vice-président

Quant à la collaboration entre DKD et AGC, on assure au Palais qu’elle s’effectue naturellement. « Quand Kablan Duncan était chef du gouvernement, il travaillait main dans la main avec Gon Coulibaly. Ils préparaient ensemble les Conseils des ministres », rappelle un conseiller à la présidence.

En début d’année, certains observateurs et diplomates en poste à Abidjan estimaient que le vice-président et son Premier ministre se marchaient sur les pieds. Kablan Duncan était alors très visible, notamment médiatiquement, et une certaine confusion s’était installée.

« Il est désormais beaucoup plus discret. Comme si on s’était rendu compte qu’il pouvait faire de l’ombre à AGC », commente un ancien ministre. « Quand ils prennent part ensemble à certaines cérémonies, ils ne représentent pas la même institution, précise un collaborateur du chef de l’État.

Le vice-président est là pour montrer qu’il y a une volonté politique, mais, lorsque l’on s’attaque au concret des dossiers, c’est le Premier ministre qui prend le relais. La fonction de vice-président comporte un volet représentatif important.

La mutinerie de mai a cependant démontré que DKD n’était pas au cœur du processus de décision des dossiers sensibles
Le président lui a confié des dossiers économiques et diplomatiques, comme l’organisation du sommet Afrique-Union européenne [qui se tiendra à Abidjan les 29 et 30 novembre]. Il est mis aussi à contribution dans les négociations avec le FMI et la Banque mondiale. »

La mutinerie de mai a cependant démontré que DKD n’était pas au cœur du processus de décision des dossiers sensibles. En déplacement à Paris au moment où la Côte d’Ivoire était sévèrement secouée, le vice-président n’a pas été associé à la gestion de la crise.

Au contraire de Gon Coulibaly, qui joua les premiers rôles. De fait, ce dernier est aujourd’hui un Premier ministre plus puissant que son prédécesseur. Il a notamment récupéré certaines structures qu’il dirigeait lorsqu’il était secrétaire général de la présidence comme le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (Cepici) ou le Comité national de pilotage des partenariats public-privé (CNP-PPP).

Au cœur d’un système où les conseillers ont toujours joué un rôle important, AGC semble avoir enfin rééquilibré le rapport des forces entre la primature et la présidence. « C’est ce qui fait de lui une pièce centrale du système Ouattara. Il établit le lien entre les différents cercles de décision », conclut un diplomate.

Désormais sous les feux des projecteurs, Gon Coulibaly affronte une série de crises : mutinerie, conflit avec les fonctionnaires… Autant de situations difficiles qui, dans l’optique de la présidentielle de 2020, pourront se révéler à double tranchant.

Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/mag/457301/politique/cote-divoire-nouvelle-r...
(Jeune Afrique 26/07/17)
Par Vincent Duhem

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A lire aussi / Côte d’Ivoire : le PDCI, allié ou rival du RDR ?
S’il reste bien ancré dans la majorité, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, en pleine réorganisation, compte désigner dès l’an prochain son candidat pour la présidentielle de 2020.

Le 29 mai 2017, le siège national du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à Cocody, est bondé. À l’ordre du jour : la restructuration du plus vieux parti du pays (créé en 1946), point de départ d’une stratégie de reconquête du pouvoir. Poussé par sa base autant que par l’ambition de ses cadres, le PDCI a décidé de faire cavalier seul en 2020, tout en restant, avec le Rassemblement des républicains (RDR), dans la grande famille du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Une ambition présidentielle avérée

Cette base établie, la réorganisation concerne toutes les structures d’un parti qui devrait compter, dès les prochains mois, 300 000 militants actifs, soit 70 000 de plus que le RDR. Henri Konan Bédié, président du PDCI, a déjà remanié le secrétariat exécutif, confié à quatre personnalités dont l’ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon (chargé des études).

« À terme, précise Privat Séri Bi N’Guessan, secrétaire exécutif chargé des sections et des délégations, nous aurons un PDCI restructuré, fort, dynamique, avec un réel personnel politique et un fonctionnement administratif effectif. » La bataille pour 2018, année de la désignation du candidat PDCI à la présidentielle, pourra alors commencer. Pas moins de huit personnalités sont citées pour briguer la présidence en 2020.

Le scénario de 2010, où chaque parti du RHDP a présenté son propre candidat au premier tour, reste celui privilégié par de nombreux stratèges du PDCI. Les cadres du parti misent sur de nouvelles adhésions et surtout sur la division au sein du Front populaire ivoirien (FPI) entre les héritiers de Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Aboudramane Sangaré (lire p. 68).

Ils comptent également sur une désaffection des militants du RDR et sur d’éventuels conflits internes entre l’actuel Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, et le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, tous trois candidats putatifs du parti présidentiel.

Manque de consensus

En choisissant son candidat deux ans avant la compétition, le PDCI compte couper l’herbe sous le pied du RDR, qui serait ainsi contraint d’adouber son candidat, conformément à la volonté exprimée par Bédié à Daoukro.

Il espère aussi aplanir les divergences entre ses ­responsables pour arriver en 2020 en rangs serrés, sachant qu’une retraite ­politique de Bédié, qui aura 86 ans en 2020, n’est visiblement pas à l’ordre du jour.

Tous les courants du parti veulent se lancer dans la course. À commencer par les « irréductibles », ceux qui, contre l’avis de Bédié, ont tenté d’affronter Ouattara en 2015.

Menés par l’ancien gouverneur de la BCEAO Charles Konan Banny, le diplomate Amara Essy et Kouadio Konan Bertin, ils comptent aussi parmi eux les « indépendants » du parti, dont la figure de proue est Yasmina Ouégnin, députée de Cocody. « Aucun parti ne pourra passer dès le premier tour en 2020, et il est clair que si le PDCI devait affronter le RDR au second tour, il pourrait opportunément s’allier à l’une ou à l’autre tendance du FPI, analyse Sylvain N’Guessan, expert en stratégie politique. Et c’est là qu’interviennent les “irréductibles”, qui sont déjà proches des milieux pro-Gbagbo. »
Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/mag/457298/politique/cote-divoire-le-pdci-al...Par André Silver Konan(Jeune Afrique 27/07/17)

 

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A lire aussi / Côte d’Ivoire : rappel à l’ordre

« Et maintenant, on partage ? » Il y a un an, bien avant les grèves des fonctionnaires et la fronde des militaires, Jeune Afrique s’interrogeait sur la capacité du gouvernement de Daniel Kablan Duncan à mieux répartir les fruits du réveil économique de l’éléphant ivoirien.

Sur le papier, le chef d’orchestre de la relance, Alassane Dramane Ouattara (ADO), bénéficiait encore d’un alignement parfait des planètes pour poursuivre sa politique business friendly. La croissance avait atteint 9 % sur les quatre dernières années selon le FMI. Et, en 2015, l’inflation (1,2 %), l’endettement (41 % du PIB) et le déficit budgétaire (3 % du PIB) étaient tous trois maîtrisés. Mais le bruit de fond de la contestation dépassait déjà les rangs d’une opposition qui, encore hantée par le fantôme de l’ex-président Gbagbo, porte ses revendications en ordre dispersé.

Occupé à préparer la réforme constitutionnelle, le chef de l’État n’a pas pris toute la mesure des attentes des laissés-pour-compte d’une croissance qui ne se mange pas. Conforté par le soutien inconditionnel des partenaires extérieurs de la Côte d’Ivoire, il a privilégié l’objectif de l’émergence annoncée pour 2020, laissant le trouble s’installer jusque dans les rangs de ses électeurs.

Les événements qui se sont succédé depuis janvier sonnent comme un cruel rappel à l’ordre.

Le bras de fer perdu avec les soldats issus des Forces nouvelles (FN) met en lumière la fragilité de l’autorité de l’État
Face aux fonctionnaires descendus dans la rue, l’exécutif a capitulé, de peur d’un embrasement social généralisé. Plus de six mois d’atermoiements pour finalement accepter leur principale doléance.

Le gouvernement a entériné en juin le principe du paiement des 250 milliards de F CFA (381 millions d’euros) d’arriérés de salaires, au moment où les finances publiques souffrent de la baisse du cours mondial du cacao.

La Côte d’Ivoire est encore un État convalescent

C’est cependant le bras de fer perdu avec les soldats issus des Forces nouvelles (FN) qui met en lumière la fragilité de l’autorité de l’État. Ces ex-rebelles ont apporté leur écot à l’accession au pouvoir d’ADO en avril 2011. Ils sont venus lui rappeler ses promesses d’alors en sortant des casernes les armes à la main.

La suite a montré que la Côte d’Ivoire est encore un État convalescent. Pas un bataillon de l’armée régulière n’a voulu mater les mutins, qui ont obtenu gain de cause au grand dam du reste de la population.

Le 15 mai, le gouvernement a consenti à verser à chacun des 8 400 anciens FN 7 millions de F CFA. Une somme qui s’ajoute aux 5 millions que chacun avait reçus à l’issue d’une première mutinerie, en janvier.

Sur la scène politique, l’ambiance n’est guère plus réjouissante. La coalition au pouvoir a du plomb dans l’aile. Allié du RDR, le PDCI entend présenter un candidat à l’élection de 2020 face à celui du parti présidentiel.

La réconciliation demeure un immense chantier, malgré les appels au partage et à l’amour de son prochain lancé par les leaders politiques sur les réseaux sociaux.

Alassane Ouattara peut encore compter sur sa garde rapprochée, à commencer par son vice-président, Kablan Duncan, et son Premier ministre, Gon Coulibaly. La fin de son second mandat pourrait se révéler particulièrement délicate.

Pour détendre l’atmosphère, le chef de l’État serait bien inspiré d’accélérer la mise en œuvre des volets sociaux du plan national de développement, quitte à laisser filer les déficits et à déplaire un peu aux institutions de Bretton Woods. L’unité est sans doute à ce prix. Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/mag/457362/politique/cote-divoire-rappel-a-l...
par Julien Clémençot

 

 

 

 

Amadou Gon Coulibaly : « La présidentielle ivoirienne de 2020, c’est loin… » / Réformes économiques, mutineries, revendications sociales, réconciliation du pays...

Amadou Gon Coulibaly nous a reçus dans son bureau de la primature, le 28 juin en milieu d’après-midi, pour répondre à nos question
(Jeune Afrique 21/07/17) / Par Marwane Ben Yahmed

Résultat de recherche d'images pour "amadou gon coulibaly"Côte d'Ivoire : quelles priorités pour Amadou Gon Coulibaly ?
Au côté du chef de l’État ivoirien depuis le début des années 1990, Amadou Gon Coulibaly (AGC), 58 ans, en est sans conteste le plus proche collaborateur. Tout comme le frère du président, Téné Birahima, il est un fidèle parmi les fidèles d’Alassane Dramane Ouattara (ADO). De la Direction et Contrôle des grands travaux (DCGTX), où celui qui rêvait, enfant, de construire des ponts a été recruté en 1983 par Antoine Cesareo, à la primature, où il a été nommé le 10 janvier par le président.

Près de trois décennies passées au service d’un homme et durant lesquelles ils auront tout connu : les honneurs et les défis, quand ADO est nommé Premier ministre par Houphouët, les affres de la succession de ce dernier, l’ivoirité, la marginalisation, l’exil pour l’un, la prison pour l’autre, l’opposition, la guerre civile, les gouvernements d’union post-Linas-­Marcoussis, la présidentielle à la fin de 2010, la « réclusion » au Golf Hôtel d’Abidjan pendant la crise postélectorale et, enfin, le pouvoir. Avant ce dernier chapitre, AGC a toujours été dans l’ombre. Y compris lorsqu’il était l’incontournable secrétaire général de la présidence, par qui tous les dossiers sensibles passaient.

Depuis janvier, ce père de cinq enfants vit en pleine lumière, à la tête du gouvernement et numéro trois du pays. Dans un contexte délicat, marqué par des mutineries à répétition en janvier puis en mai, un front social en ébullition et la baisse inquiétante des cours du cacao (près de 40 %).

L’enfant d’une grande famille de Korhogo – il est l’arrière-petit-fils de l’un des principaux chefs des Sénoufos –, que les partisans du Rassemblement des républicains (RDR) surnomment le Lion, est sur tous les fronts.

Beaucoup de choses dans ma vie ont été le fruit de circonstances, d’événements particuliers
L’agenda politique ivoirien n’arrange rien : beaucoup voient dans sa promotion à la primature la volonté du chef de l’État de mettre AGC sur orbite. Comprendre : le préparer à prendre sa relève en 2020.

Ce que réfute, à sa manière, l’intéressé : « 2020, c’est loin. Je suis un homme de mission, je ne me suis jamais assis en faisant des calculs, et beaucoup de choses dans ma vie ont été le fruit de circonstances, d’événements particuliers. » Inévitablement, en coulisses, les couteaux s’aiguisent pour cette première élection depuis la mort du « Vieux », qui se jouera sans aucun des trois ténors qui se sont affrontés depuis : Ouattara donc, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo.

Une occasion unique pour tous les ambitieux de la génération suivante, qui n’entendent pas ronger leur frein ad vitam aeternam ni même patienter un mandat ou deux. Et une interrogation majuscule pour tous ceux qui aimeraient savoir quelle sera leur place, quel que soit le scénario, après 2020…

Amadou Gon Coulibaly nous a reçus dans son bureau de la primature, le 28 juin en milieu d’après-midi, pour répondre à nos questions. L’homme, d’une prudence de Sioux, ne goûte guère cet exercice dont il a longtemps repoussé l’échéance. Il s’y est tout de même prêté sans éluder la moindre question. Particulièrement à l’aise sur le volet économique et social, il a longuement soupesé chacune des réponses liées à un échiquier politique ivoirien aux allures de panier de crabes.

Jeune Afrique : Vos six premiers mois à la primature n’ont pas été de tout repos : mutineries, grogne sociale, grève des fonctionnaires, difficultés des planteurs de cacao… Êtes-vous inquiet ?

Amadou Gon Coulibaly : Non, pas du tout, même si cette période, compte tenu de la multiplicité de dossiers épineux sur la table, a effectivement été difficile. Le chef de l’État et le gouvernement ont fait ce qui devait l’être pour rétablir tous les fondamentaux, sécuritaires comme économiques. Nos discussions fructueuses avec le Fonds monétaire international comme la confiance renouvelée des investisseurs, notamment lors de l’émission d’eurobonds, en juin, l’attestent.

Quelles sont les priorités que vous avez fixées à votre gouvernement ?

Le nerf de la guerre, si je puis dire, c’est la compétitivité de notre économie. Nos priorités sont l’amélioration du climat des affaires, donc notre attractivité vis‑à-vis du secteur privé ; la poursuite de notre politique d’investissements massifs dans les infrastructures portuaires, aéroportuaires, routières, ferroviaires, mais aussi énergétiques, puisque nous sommes un hub et produisons de l’électricité que nous vendons à des pays de la sous-région.

Enfin, il y a l’enjeu de la transformation sur place de nos produits agricoles. Nous entendons passer le taux de transformation, actuellement de 30 % pour le cacao et de 6 % pour l’anacarde, à 50 % pour les deux produits, d’ici à 2020. Nous continuerons aussi, grâce à notre croissance, à dégager des marges budgétaires suffisantes pour continuer l’amélioration des conditions de vie des populations et de notre capital humain.

Mi-mai, de nouvelles mutineries ont éclaté, faisant suite à celles de janvier. Comment en est-on arrivé là ?

Il faut rappeler que ces mutineries concernent des faits du passé, n’ayant rien à voir avec la gestion des différents gouvernements qui se sont succédé depuis l’accession au pouvoir du président Alassane Ouattara en 2011. Concernant les événements de mai, tout est parti de dissensions entre mutins sur le fait d’abandonner ou non une partie de leurs revendications compte tenu du contexte économique.

Certains pensaient qu’avec le retournement des cours du cacao et les sacrifices consentis par les paysans il était bon de se contenter du paiement des cinq premiers millions de F CFA [7 600 euros] sur les douze promis en janvier. D’autres ont estimé qu’ils devaient continuer à réclamer la totalité de leur dû.

Ce sont ces divergences qui se sont exprimées en mai. Le chef de l’État a décidé que nous revenions à l’accord initial, celui de janvier. Les 12 millions de F CFA ont été réglés en totalité. Nous considérons que cette crise, d’ordre purement pécuniaire, est définitivement close.

L’expression des mutins ne pouvait passer par l’utilisation des armes
Il semble que le gouvernement avait d’abord opté pour la fermeté, avant de se raviser. Pourquoi ?

Il nous semblait important d’expliquer à ces jeunes mutins que, quelles que soient leurs revendications, leur expression ne pouvait passer par l’utilisation des armes. Mais à un moment donné, pour préserver la paix et éviter l’affrontement au sein des forces armées nationales, nous avons estimé qu’il valait mieux prendre la décision de procéder au paiement.

N’est-ce pas, cependant, un mauvais signal envoyé ? C’est‑à-dire qu’il suffit de prendre les armes aujourd’hui pour obtenir gain de cause. Comment les autres corporations, qui ont aussi éventuellement des revendications, peuvent-elles comprendre ces comportements ?

Il est clair que nous condamnons la manière dont ces soldats ont procédé. Mais nous avons vécu une tragique crise postélectorale en 2011, et, si M. Gbagbo avait reconnu sa défaite, les choses se seraient présentées autrement. Ce refus a conduit à un affrontement, à l’issue duquel certains jeunes ont estimé qu’il devait leur être payé une prime pour ce combat qui a mis fin au régime du président Gbagbo et fait respecter la volonté des urnes.

Ces questions, qui datent d’avant l’arrivée du président au pouvoir, je le rappelle, n’ont pas été mises sur la table suffisamment tôt. Nous sommes en train de les régler définitivement, notamment avec une loi de programmation militaire pour que la formation des soldats soit assurée, que l’armée soit équipée et que les conditions de vie de tous les militaires soient améliorées.


Certains, notamment au RDR ou au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), voient la main du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, derrière ces mutineries. En partie à cause de l’épisode de la cache d’armes découverte dans la villa de son directeur du protocole ou parce qu’il s’agit de ses anciennes troupes…

L’enquête, gérée par le procureur de la République, suit son cours. Dans notre pays, nul n’est au-dessus de la loi. Dès que nous aurons les résultats de ces investigations, des décisions de justice seront prises, conformément au droit. En attendant, il ne sert à rien d’extrapoler.

On vous dit en mauvais termes avec Guillaume Soro. Est-ce vrai ?

Il est président de l’Assemblée nationale, je suis Premier ministre. Nous sommes amenés à travailler ensemble pour la bonne exécution des affaires de l’État.

À trois ans de la présidentielle de 2020, les ambitions personnelles des uns et des autres sont-elles un frein à l’action du gouvernement ? Ne craignez-vous pas que vos ministres soient plus préoccupés par les échéances électorales que par leur mission ?

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Ce n’est pas mon sentiment. Je sens un gouvernement fortement impliqué, sous mon autorité, pour que les engagements que le président de la République a pris lors de la dernière campagne électorale soient tenus.

Nous devons aller vers un parti unifié
Le PDCI estime que le candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) devrait être issu de ses rangs, conformément à l’appel de Daoukro et à son soutien à la réélection d’Alassane Ouattara en 2015.

Avez-vous la même lecture ?

C’est une question qui concerne en premier lieu le chef de l’État et le président Henri Konan Bédié, donc je ne souhaite pas m’étendre là-dessus. À titre personnel, je pense que nous devons renforcer le RHDP. Nous avons un passé, une vision et des combats communs. Nous avons partagé des moments difficiles et douloureux.

Nous nous sommes présentés à plusieurs élections sous la même bannière, et nous devons aller vers un parti unifié. Je reste persuadé que, quelles que soient les ambitions des uns et des autres, l’idée que nous nous faisons de notre pays est telle que toutes ces questions seront transcendées dans l’intérêt de tous les Ivoiriens.

Ce projet de fusion entre le RDR et le PDCI a été maintes fois annoncé, mais il est toujours repoussé. Qu’est-ce qui bloque ?

Il n’y a pas de blocage, en tout cas pas sur le fond. Il y a des discussions normales entre formations politiques et des travaux à mener, notamment sur les statuts ou le règlement intérieur du futur parti. Tout cela entre dans le cadre d’un processus normal qui se déroule étape par étape.

Beaucoup voient en vous le dauphin désigné par Alassane Ouattara pour lui succéder en 2020. Serez-vous candidat ?

[Rires.] Vous semblez être dans le secret des dieux… Soyons clairs : le président m’a confié la charge de diriger le gouvernement. Je suis un homme de devoir et de mission, je m’y attelle à cent pour cent. Dans le contexte actuel, délicat, nous ne pouvons nous permettre une quelconque déperdition d’énergie. 2020, ce n’est pas maintenant.

Même si la Côte d’Ivoire semble relativement épargnée, quels enseignements tirez-vous de la forte baisse de la croissance en Afrique sub­saharienne, qui impacte par exemple de grandes économies comme le Nigeria, un partenaire important de votre pays ?

L’Afrique regorge de fortes potentialités. C’est un continent dynamique, qui engage des réformes positives, s’ouvre au monde et attire les investissements. Il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux statistiques comme celles – et ce n’est qu’un exemple – de la croissance du nombre d’abonnés à la téléphonie mobile. Le fléchissement actuel de la croissance est momentané. Continuons à travailler, et nous rebondirons.

Nous devons faire des efforts, c’est une évidence
Malgré une croissance prévue par votre gouvernement à 8,5 % (7,1 % selon le FMI), vous venez de réduire le budget 2017 de 9 %. Ne craignez-vous pas que cela freine votre développement ?

Non, les réductions que nous avons mises en œuvre concernent le train de vie de l’État et non nos budgets d’investissement. Nous devons faire des efforts, c’est une évidence. Mais cela ne doit pas affecter notre croissance. En accord avec le FMI, nous avons choisi de limiter le déficit à 4,5 % en 2017, pour atteindre la norme de 3 % en 2019.

Les finances ivoiriennes ne restent-elles pas trop dépendantes des exportations de cacao, comme d’autres budgets africains le sont du pétrole ou des mines ?

Nous disposons d’une économie diversifiée, quoique le secteur du cacao représente aujourd’hui autour de 40 % de nos recettes d’exportations. Il y a aussi, dans le domaine agricole, l’anacarde, l’huile de palme, le caoutchouc, la banane, l’hévéa, le café, sans oublier les cultures vivrières.

Ces produits sont de plus en plus transformés sur place. Dans le secteur minier, des projets de plus en plus importants voient le jour : or, nickel ou manganèse… Celui des services, lui aussi, prend du volume. Malgré la baisse des cours du cacao, et grâce à des politiques budgétaires intelligentes, notre croissance se maintient.

La croissance, l’une des plus élevées du continent, ne rime pas forcément avec le contentement des populations, loin de là. D’autant que ces dernières expriment de plus en plus ouvertement leur défiance, le rejet de la corruption ou de l’impunité et dénoncent le fossé grandissant avec un establishment déconnecté des réalités. Comment l’expliquez-vous ?

Pendant la période 2012-2016, nous avons agi sur plusieurs leviers. Environ deux millions d’emplois ont été créés, y compris dans le secteur informel. Des efforts considérables ont été faits pour améliorer les conditions de vie des populations. Il y a eu des investissements importants dans les secteurs de l’eau potable et de l’électricité.

Il s’agit notamment de faire en sorte que tous les villages de plus de 500 habitants soient électrifiés d’ici à fin 2018. Des efforts similaires ont été consentis au niveau des infrastructures routières ou de l’accès aux services sociaux. Idem pour l’éducation, avec la construction de milliers de classes. En matière de rémunération des travailleurs, nous avons débloqué les salaires des fonctionnaires, qui n’avaient pas évolué depuis vingt-cinq ans, et ce pour un coût annuel de 244 milliards de F CFA.

Sans parler du quasi-doublement du salaire minimum. Cela étant, je suis conscient des nombreuses attentes. Et que nous devons en faire plus sur tous les sujets que vous avez évoqués, notamment la lutte contre la corruption et l’impunité. Nous travaillons chaque jour à satisfaire les Ivoiriens.

Nous sommes capables de fournir les efforts nécessaires
Votre prédécesseur, Daniel Kablan Duncan, avait révélé l’ambition de la Côte d’Ivoire d’atteindre le top 50 du classement « Doing Business » (réalisé par la Banque mondiale). Or, le pays stagne à la 142e place dans ce palmarès. En faites-vous suffisamment dans ce domaine ?

Nous avons déjà montré par le passé que nous sommes capables de fournir les efforts nécessaires, puisque pendant plusieurs années consécutives la Côte d’Ivoire a été classée parmi les dix pays qui ont opéré le plus de réformes dans le monde. Nous avons décidé de les accélérer encore.

Celles que nous menons aujourd’hui, à savoir la dématérialisation des procédures administratives, notamment en matière fiscale, foncière ou de passation des marchés publics, prennent un peu plus de temps. Vous verrez les progrès importants que le pays aura accomplis dans le classement « Doing Business » 2018…

Parmi les sujets qui fâchent, les marchés de gré à gré. Abidjan s’était engagé à en réduire le nombre. Qu’en est-il exactement ?

Le code des marchés publics prévoit tous les cas de figure : les appels d’offres ouverts, les appels d’offres restreints et les marchés de gré à gré. Ces derniers permettent d’exécuter des projets de manière urgente et ne sont pas interdits. L’essentiel est d’allier nos besoins, c’est‑à-dire l’accélération de notre dynamique de croissance, et la maîtrise des coûts. C’est ce que nous faisons systématiquement.

La troisième émission d’euro-obligations (eurobonds), en juin, a connu un certain succès avec près de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) levés, preuve de la confiance des investisseurs. Le niveau d’endettement du pays n’est-il cependant pas inquiétant ?

Pas du tout. Fin 2016, notre endettement était de 42,1 %, un chiffre largement inférieur au maximum autorisé en zone Uemoa qui est de 70 %, et l’un des plus faibles dans la zone. Notre dernière émission fait passer notre taux d’endettement de 42,1 % à 42,6 %. Vous voyez que notre politique d’endettement est raisonnable et maîtrisée. Elle nous permet, surtout, d’accélérer notre développement.

Que compte faire la Côte d’Ivoire de son siège au Conseil de sécurité des Nations unies ?

Grâce au soutien des Nations unies, la Côte d’Ivoire a su surmonter la grave crise qui l’a secouée pendant près d’une décennie. En conséquence, nous avons désormais un credo important : la préservation de la paix. Nous pensons que nous pouvons mettre à profit notre expérience en la matière dans des cas de figure similaires ailleurs dans le monde.

Je profite de l’occasion pour remercier tous les États qui nous ont soutenus. Cette élection est une forme de reconnaissance pour les efforts que nous avons fournis depuis la fin de la crise postélectorale.


Six ans après la chute de Laurent Gbagbo, comment jugez-vous l’état d’avancement de la réconciliation en Côte d’Ivoire ?

Dans la vie quotidienne, les Ivoiriens sont, en majorité, réconciliés. En ville, les gens vivent ensemble, il n’y a aucun problème. En milieu rural, certaines difficultés persistent, essentiellement liées au foncier. C’est un vieux problème en Côte d’Ivoire, qui ne date pas de la crise. Nous travaillons à le résoudre avec la future mise en place d’une agence du foncier rural qui réglera définitivement cette question.

Sur le plan politique, je me réjouis du fait que les composantes de l’opposition qui avaient refusé de participer aux élections de 2015 se soient regroupées au sein d’une plateforme et aient décidé de concourir en 2020. Enfin, la justice suit son cours. Après cette phase, si des décisions d’opportunité doivent être prises, le chef de l’État avisera.

La libération de Laurent Gbagbo est posée par ses partisans comme une condition indispensable à cette réconciliation. Qu’en pensez-vous ?

Je peux comprendre que les militants soient attachés à sa personne. Mais son cas est entre les mains de la justice internationale, qui fait son travail. Quel que soit le résultat de la procédure, il s’imposera à nous tous.

Je connais mon pays : ce qui fait sa force, c’est sa diversité


Que répondez-vous à ceux qui vous décrivent comme clivant ou sectaire ?

Je ne me reconnais absolument pas dans cette étiquette que certains tentent de me coller. Je suis attaché à ma région d’origine [Korhogo], à ma culture et à mes racines. Cela ne signifie nullement que je suis arc-bouté là-dessus et que je ne m’entoure que de personnes qui en sont issues. Je connais mon pays : ce qui fait sa force, c’est justement sa diversité.

À la primature, mon cabinet est constitué de femmes et d’hommes d’une grande diversité socioculturelle. S’il en était autrement, le président Ouattara m’aurait rappelé à l’ordre.

Vous avez mené un long combat politique, depuis le début des années 1990, aux côtés d’Alassane Ouattara. Un combat parfois violent. Avec le recul, quelles leçons tirez-vous de ces trois décennies ?

La principale leçon, à mes yeux, c’est que lorsque l’on est amené à diriger une nation il est indispensable d’être juste et équitable. Notre pays aurait pu faire l’économie des nombreuses épreuves qu’il a traversées si l’ostracisme n’avait pas été un temps la règle et si certaines ouvertures s’étaient produites.

Notre devoir, celui de tous les Ivoiriens, est de nous rassembler pour mettre en valeur ce que nous avons en commun, quelles que soient nos divergences.

De quoi, selon vous, la Côte d’Ivoire a-t‑elle le plus besoin aujourd’hui ?

Nous disposons d’atouts économiques indéniables et de ressources humaines de qualité, qu’il faut cependant continuer à perfectionner. Notre destin est donc entre nos mains. Si chacun privilégie toujours l’intérêt général, met tout en œuvre pour se dépasser et se préoccupe de ce qu’il peut apporter au pays, nous maintiendrons la dynamique actuelle et irons loin.


Réformes économiques, mutineries, revendications sociales, réconciliation du pays... Amadou Gon Coulibaly nous a reçus dans son bureau de la primature, le 28 juin en milieu d’après-midi, pour répondre à nos question

(Jeune Afrique 21/07/17) / Par Marwane Ben Yahmed

Côte d’Ivoire : Tirs et vols à l’école de police de Cocody /

 A Abidjan, alors que le Premier ministre a procédé à un mini-remaniement ministériel dans la journée de mercredi 19 juillet -avec, notamment, la nomination d'un très proche du président Alassane Ouattara au ministère de la Défense, Hamed Bakayoko-, des tirs réguliers ont été entendus le soir même, aux abords de l'école de police de Cocody. Des hommes armés ont pénétré dans l’enceinte et sont repartis, semble-t-il, avec des armes et des véhicules.

Selon certains témoins interrogés devant l’école de police de Cocody, ce seraient des militaires qui, dans la soirée du mercredi 19 juillet, ont pénétré dans l’enceinte de l’école, tirant en l’air. Ces hommes se sont rendus à la poudrière où ils ont saisis des armes, avant de quitter les lieux.

D’autres témoignages parlent d’hommes cagoulés qui, au même endroit, auraient racketté des chauffeurs et volé plusieurs véhicules passant devant le site.

Reste que, selon un témoin qui se trouvait de l’autre côté de la route, sur le campus universitaire, il y a eu comme un vent de panique. « J’étais dans l’enceinte de l’université et c’est, malheureusement, à cet instant précis que j’ai vu les gens en train de courir un peu partout. Il y a eu un affolement, les gens se sont mis à courir un peu partout, et pendant ce temps, on a entendu les rafales, des coups tirés en l’air. Je n’ai pas l’heure exacte mais c’était après 22h. Ce n’était pas des tirs nourris, c’était des tirs en l’air, du genre tirs de sommation », raconte-t-il.

Grosse frayeur donc mais pas de blessé officiellement recensé pour autant. Toujours est-il que ce nouvel épisode de mouvements armés et incontrôlés, moins d’une semaine après la mort de trois militaires tués à Korhogo, dans un camp militaire, est du plus mauvais effet tandis que des dizaines de délégations étrangères arrivent en ce moment dans le pays pour les jeux de la francophonie. Des jeux qui doivent débuter vendredi 21 juiliet / PAR RFI 

Ouest-france /Côte d'Ivoire. Des tirs à l’école de police à Abidjan

En janvier et mai dernier, d'anciens rebelles intégrés dans l'armée se sont révoltés comme ici à Bouaké.

Des tirs étaient entendus mercredi soir dans le quartier populaire de Yopougon à Abidjan, tandis que la situation était redevenue calme du côté l’école de police de Cocody, un des quartiers centraux de la capitale économique ivoirienne, selon un journaliste de l’AFP et des habitants.

Les incidents ont débuté peu avant 22 h (00 h GMT) à l’école de police de Cocody, et ont duré environ une demi-heure, selon le journaliste de l’AFP présent.

À l’école de police, des hommes armés de fusils ont pointé leurs armes sur les voitures qui passaient et se sont emparés de plusieurs véhicules, selon la même source.

« Ils nous ont 'réquisitionnés' notre véhicule, ils pointaient leurs armes. Ils arrêtent les voitures et les taxis et ils prennent les véhicules », a affirmé un employé d’une société de gardiennage à quelques dizaines de mètres de l’école.

« Des policiers cagoulés avec des gilets pare-balles »

« Ce sont des policiers cagoulés avec des gilets pare-balles », a témoigné un chauffeur de taxi, Dirassouba Adama, qui s’est fait braquer son véhicule.

« Ils ont tiré en l’air et tiré à côté du véhicule, ils m’ont dit de descendre et de partir, et je suis parti. Ils ont donc pris ma voiture. Il y a au moins dix véhicules à l’intérieur » (de l’école de police).

« Ils ont dit : ce pays c’est foutaise, on revendique nos droits », a ajouté ce chauffeur de taxi.

Des tirs entendus ensuite vers 00 h

Vers 22 h 30, un convoi d’une demi-douzaine de voitures avec des hommes en armes a quitté l’école de police pour emprunter la voie expresse qui mène au Plateau, le quartier central des affaires et du pouvoir, et à Yopougon, selon le journaliste de l’AFP.

Des tirs ont été entendus par la suite vers minuit et demi à Yopougon, selon un habitant de cette commune contacté par l’AFP.

Aucun tir n’a en revanche été signalé au camp militaire du Plateau, qui abrite l’état-major des armées, ni au camp d’Akuédo à Cocody, qui avaient été les deux épicentres des mutineries de militaires en janvier et en mai.

Ces incidents surviennent quelques heures après un remaniement ministériel annoncé mercredi midi, et la nomination d’un nouveau ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, un proche du président Alassane Ouattara.

Trois soldats tués le week-end dernier

Dans sa première déclaration publique, M. Bakayoko a promis de s'« engager avec détermination et fermeté » à « la reconstruction de l’armée », secouée par des mutineries depuis le début de l’année.

« C’est un défi majeur et une attente des Ivoiriens », a-t-il estimé, ajoutant qu’il comptait venir « au contact des troupes pour apporter des réponses aux demandes d’amélioration des conditions de vie et de travail », mais aussi pour « exiger de la discipline ».

Les derniers incidents dans l’armée remontent au week-end dernier. Trois soldats avaient été tués dans la nuit de vendredi à samedi dans des tirs dans un camp militaire de Korhogo, grande ville du Nord.

Réplique des mutineries

Selon une source proche de l’armée, il s’agit d’une réplique des mutineries de janvier et mai qui ont ébranlé le pays.

En janvier puis en mai, d’anciens rebelles intégrés dans l’armée se sont révoltés et ont fini par obtenir de l’État 12 millions de francs CFA (18 000 euros) pour chacun des 8 400 d’entre eux. Cette crise a considérablement fragilisé l’équipe gouvernementale mais aussi et surtout le président Ouattara.

Ces nouveaux incidents mercredi soir surviennent à moins de 48 heures de la cérémonie d’ouverture de la huitième édition des Jeux de la Francophonie à Abidjan, où 4 000 jeunes athlètes et artistes de 53 pays doivent arriver pour 10 jours de compétition, ainsi que de nombreuses personnalités internationales

Lire le journal numérique www.ouest-france
Modifié le 20/07/2017 à 07:24 | Publié le 20/07/2017 à 01:04

 

CIV : Hamed Bakayoko nommé ministre de la Défense "C'est un défi majeur et une attente des Ivoiriens"."J'ai confiance que nous serons capables d'avoir des résultats" pour que "l'armée se réconcilie avec les populations ...

Hamed Bakayoko, un proche influent du président ivoirien Alassane Ouattara, a été nommé mercredi ministre de la Défense, dans le cadre d'un remaniement surprise du gouvernement, après de nouveaux troubles dans l'armée qui ont fait trois morts.

L'annonce a été faite mercredi par le secrétaire général du gouvernement, Patrick Achi. (AFP 19/07/17)

Perçu comme un possible dauphin du président Ouattara, Hamed Bakayoko, qui a su se montrer meneur d'hommes à l'Intérieur, quitte son poste pour la Défense, avec rang de ministre d'Etat.

Dans sa première déclaration publique mercredi, M. Bakayoko a promis de s'"engager avec détermination et fermeté" à "la reconstruction de l'armée", secouée par des mutineries depuis le début de l'année.

"C'est un défi majeur et une attente des Ivoiriens". "J'ai confiance que nous serons capables d'avoir des résultats" pour que "l'armée se réconcilie avec les populations et qu'elle se réconcilie avec elle-même", a déclaré M. Bakayoko à la sortie du premier conseil du nouveau gouvernement. "Ma priorité sera d'être au contact des troupes pour apporter des réponses aux demandes d'amélioration des conditions de vie et de travail", mais aussi pour "exiger de la discipline".

Les derniers incidents dans l'armée remontent au week-end dernier. Trois soldats avaient été tués dans la nuit de vendredi à samedi dans des tirs dans un camp militaire de Korhogo, grande ville du Nord.

Selon une source proche de l'armée, il s'agit d'une réplique des mutineries de janvier et mai qui ont ébranlé le pays. "Ce sont des caporaux de l'armée qui sont à la base de mouvements mais jusque-là on ne connaît pas leurs motivations".

En janvier puis en mai, d'anciens rebelles intégrés dans l'armée se sont révoltés et ont fini par obtenir de l'Etat 12 millions de francs CFA (18.000 euros) pour chacun des 8.400 d'entre eux. Cette crise a considérablement fragilisé l'équipe gouvernementale mais aussi et surtout le président Ouattara.

Hamed Bakayoko remplace Alain-Richard Donwahi, qui n'était que ministre délégué chargé de la Défense, le portefeuille étant alors géré par la présidence. M. Donwahi devient, lui, ministre des Eaux et Forêts.

Par ailleurs, le préfet d'Abidjan, Sidiki Diakité, remplace M. Bakayoko comme ministre de l'Intérieur. Issa Coulibaly passe des Eaux et Forêts à la Fonction publique, un poste stratégique alors que le gouvernement négocie depuis des mois avec les fonctionnaires qui ont fait plusieurs grèves.

L'ancien ministre de la Fonction publique, Pascal Abinan Kouakou, poids lourd du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), principal allié politique du Rassemblement des Républicains (RDR), le parti du président Ouattara, est nommé ministre de la Modernisation de l'administration et de l'innovation du service public.

Le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, qui a conduit une tournée américano-européenne pour lever 1,5 milliard d'euros d'emprunt en juin, a repris la main sur le portefeuille du Budget, dans un contexte d'austérité après la chute des prix du cacao, une des principales ressources de l'économie.

Ce remaniement intervient alors qu'Abidjan accueille à partir de vendredi les 8e jeux de la Francophonie. Quelque 4.000 athlètes et artistes, ainsi que de nombreuses personnalités sont attendus pendant 10 jours.

CIV: LE débat sur le (NET) Franklin Nyamsi&Franck Ettien (2020) /"La révolution soroïste en marche en Côte d’Ivoire"& "Et parlons, politique ! Surtout de la posture de Guillaume Soro et ses proches".

Qui sera nommé à la tête du RDR ? "Un poste de troisième du VP du RDR pourrait être proposé à Guillaume Soro." Annoncé pour juin, puis pour juillet et pour août, le congrès du Rassemblement des républicains (RDR, parti majoritaire) se tiendra finalement les 9 et 10 septembre à Abidjan.

Sans surprise, la présidence du parti échoira à Alassane Ouattara, même si le chef de l’État aurait préféré occuper celle d’un parti unifié, né de la fusion de sa formation avec son allié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) – fusion qui n’a pas vraiment avancé. Le premier vice-président (VP) sera Amadou Gon Coulibaly, le chef du gouvernement. Hamed Bakayoko, ministre d’État, ministre de l’Intérieur, hérite du poste de deuxième vice-président. Celui de troisième VP pourrait être proposé à Guillaume Soro. Ce dernier, en difficulté depuis l’affaire de la cache d’armes retrouvée chez son directeur de protocole pendant les mutineries de mai, l’acceptera-t‑il ?  / Par Jeune Afrique / Publié le 18 juillet 2017 à 08h04

À LIRE AUSSI /RDR : UNE INITIATIVE EN VUE POUR RAMENER LA SÉRÉNITÉ ET LA RAISON DANS LA CASE.

L’image contient peut-être : 1 personneDans l'après-midi d'hier, j'ai eu l'honneur et le privilège d'être reçu à sa demande par un cadre du RDR. Ce cadre, dont je déclinerai l'identité en temps opportun, a jugé utile de recueillir mon humble avis de militant et de chroniqueur sur la toile, relativement à la situation des plus abracadabrantes qui prévaut dans la case. En sus, il m'a fait part de son initiative lumineuse de missionner une forte, respectable et respectée délégation de sages auprès des protagonistes de la crise interne en vue de ramener les uns et les autres à la raison et à la synergie d'action, non sans attirer leur attention sur le danger qui menace toute la maisonnée si le pire advenait du fait de leurs querelles, de nos querelles insensées.
Inutile de vous dire tout l'intérêt et le plaisir que j'ai ressenti à cette idée plus que judicieuse à laquelle je l'ai naturellement exhorté. Car il est une évidence que quelque soit les vainqueurs et les perdants de cette crise familiale, c'est toute la case qui s'écroulera face à l'impétuosité de la moindre bourrasque venue d'autres horizons. Un proverbe africain nous l'enseigne bien à propos : "Le lépreux, bien qu'incapable de traire la vache, peut à tout le moins renverser la calebasse de lait."
Avant de le quitter, mon illustre interlocuteur d'un soir, dans un sérieux enrobé d'humour, a formulé le vœu de me voir désarmer la plume afin de donner une chance à la médiation des sages. Quel dilemme !!!
Abi-Daman Koné

À LIRE AUSSI / La révolution soroïste expliquée à sa génération - 2ème partie de '' La révolution soroïste en marche en Côte d’Ivoire ''
publié le Lundi 17 Juillet 2017 à 11:35:53

   Une révolution citoyenne est l’expression d’une vision. Elle identifie les tares de la situation actuelle. Elle identifie les forces de changement. Elle liste les ressources humaines, matérielles, intellectuelles et spirituelles nécessaires pour le renouveau du pays.

Enfin, dans un troisième geste, la révolution s’ébranle pour doter le pays d’une nouvelle armature sociale, culturelle, économique, politique, et mieux encore, civilisationnelle. Qu’en est-il donc du soroïsme? IL faut que la génération appelée à assumer la Côte d’Ivoire et l’Afrique s’en imprègne bien. Je voudrais, dans les lignes qui suivent, décliner le plus simplement possible ce que j’en ai compris, afin que nul ne l’ignore. En cinq moments, je voudrais donc dire ce que Guillaume Soro et ses compagnons envisagent pour une Côte d’Ivoire incarnant toujours davantage l’expérience et l’espérance africaines, afin que ces idées-clés servent de boussoles en ces temps d’errance, d’opportunisme, de dogmatisme patrimonial, d’autoritarisme ambiant et de quête d’un nouveau cap pour l’accomplissement de la grandeur de notre époque. J’aspire à être bien sûr compris par ceux qui ont des oreilles: non pas simplement physiques, voire pas du tout physiques, mais essentiellement intellectuelles, politiques et spirituelles. Quant aux durs d’oreille, sourds de l’intérieur, laissons-leur le loisir d’apprécier la maxime latine: « Quid de te alii loquantur, ipsi videant. Sed loquantur tamen »; « Ce que les autres diront de toi, c’est à eux de le voir. Mais de toutes façons, ils parleront. »

Primo. Guillaume Soro et ses compagnons sont engagés pour le pardon et la réconciliation inter-ivoiriens. Cela veut dire qu’ils décident de se décharger du poids de haine et d’esprit de vengeance accumulés par les héritiers et les critiques du Président Félix Houphouet-Boigny, dans leur longue bataille successorale, commencée du début des années 90 à cette année 2017. Bien comprendre la formule « Trop est toujours Trop », employée par Guillaume Soro dans les billets fulgurants de ces derniers jours, c’est comprendre que le député de Ferkéssédougou a résolument pris date, depuis le 3 avril 2017 au moins, avec une mission essentielle pour l’avenir de son pays: réconcilier les ivoiriens, qu’ils soient proches ou non du PDCI, du RDR, du FPI, de l’UDPCI, de l’UPCI, du MFA, autour de principes et règles communs en matière de prise du pouvoir, de gestion du pouvoir et de transmission du pouvoir d’Etat. Le rassemblement de la nation, voulu par Guillaume Soro vise le dépassement des intérêts partisans vers la prise de conscience d’un contrat sociopolitique minimal, commun et solide. C’est donc une vision qui assimile réconciliation et démocratie que Soro met en oeuvre. Le pardon version Soro n’est ni amnésie, ni faiblesse. Mais force de l’amour opposée à celles de la haine, de la vengeance, de la rancoeur et de l’arrogance destructrices de ce pays. Dans cet esprit, Guillaume Soro a mis ses compagnons en mission sur tous les continents, pour prendre langue avec tous ceux qui ont perdu espoir en la Côte d’Ivoire, afin que l’avenir soit balisé par la justice, la transparence, l’inclusion et la cohésion maximale autour de règles intangibles, dans le respect des différences culturelles, religieuses, politiques, qui elles-mêmes respectent l’intérêt général de la république. La réconciliation ivoirienne n’est, bien comprise, que la consolidation de l’Etat de droit démocratique, avec toutes les libertés qu’il exige: liberté d’expression, liberté d’association, liberté de circulation, liberté de pensée, liberté de croyances, liberté d’entreprendre, etc. Le Pardon n’est pas laxisme, mais acceptation de désempoisonner la société du désir ténébreux de vengeance, pour lui offrir des bases consensuelles solides, gages de paix et de justice, mais aussi de prospérité pour tous les résidents de la Côte d’Ivoire. La société ivoirienne à laquelle aspirent Guillaume Soro et les siens est donc une société de justice, de paix, de liberté et de fraternité vraies. La libération des derniers prisonniers de la crise postélectorale 2010-2011 est en ce sens, tout comme l’accélération des mécanismes d’amnistie, l’un des ingrédients essentiels d’une nouvelle respiration de l’espoir en Côte d’Ivoire. La révolution soroiste est donc la resocialisation totale de tous les Ivoiriens laissés-pour-compte sur les bords du progrès de la nation ivoirienne.

Secundo. Guillaume Soro et ses compagnons sont déterminés à obtenir une réorientation sociale et libérale de l’économie politique ivoirienne, dans le souci scrupuleux des données essentielles de l’écologie contemporaine. IL s’agit de sortir résolument d’une dogmatique ultralibérale qui fait de l’accumulation des dettes, le nec plus ultra de l’efficacité économique. Cela veut dire que la croissance économique, sans le bien-être avéré du peuple, est un mythe qu’il faut désormais déconstruire. L’économie doit être au service des citoyens, et non les citoyens, au service de l’économie. Un nouveau rapport aux choses, aux personnes, à la nature, marqué par la priorité du Bien Commun, s’impose pour renouveler l’esprit de la Côte d’Ivoire. Les chiffres, fussent-ils éloquemment manipulés, ne font pas le bien-être réel des citoyens. L’actuelle logique, privilégiant en réalité l’obtention unilatérale du satisfecit des grands créanciers , ne saurait longuement durer sans aggraver la souffrance des sans-emplois, des jeunes déscolarisés et abandonnés qui deviennent « microbes » et « gnambros », d’une classe moyenne agenouillée par le coût des loyers, de l’électricité, de l’eau, des produits de première nécessité, et finalement d’un monde des affaires inquiet de la stabilité de ses investissements, comme l’a par exemple révélé le scandale de l’Agrobusiness. Guillaume Soro et ses compagnons oeuvrent pour une économie sociale respectueuse de la liberté d’entreprise, mais absolument déterminée à prioriser les fondements de la prospérité que sont, dans tous les grands pays du monde, la sécurité, l’éducation, la santé, l’emploi, la culture, la probité gouvernementale et la diplomatie pragmatique. IL s’agit donc d’endogénéiser, par une diversification déterminée de l’économie qui suppose une industrialisation ciblée, la création intérieure de richesses et le crédit aux entreprises nationales, permettant d’obtenir durablement une balance commerciale excédentaire pour la Côte d’Ivoire. Seule l’atteinte de ce cap d’autonomie économique pouvant permettre de sortir de l’escalade de l’endettement et de la désespérance des classes sociales exsangues, anémiées par une oligarchie du capital coupée des réalités quotidiennes.

Tertio. Guillaume Soro et ses compagnons savent que la révolution moderne puise ses fondements dans les alluvions profonds de la culture nationale et universelle. Riche de sa diversité, la Côte d’Ivoire doit s’appuyer en profondeur dans ce que sa culture a d’original et d’exemplaire. Comment comprendre par exemple, que le cacao qui fait la grandeur économique de ce pays, ne fasse toujours pas l’objet d’une véritable appropriation culturelle positive? Comment comprendre que la musique ivoirienne n’ait pas encore ses encyclopédies? Comment comprendre que les sciences, les arts et lettres de Côte d’Ivoire ne se soient pas encore ébranlés vers la conquête d’autres places culturelles planétaires, alors que l’excellence ne leur fait défaut en aucun domaine? Une politique nouvelle de la culture s’impose donc, qui obéira au triple principe de diagnostic de l’existant culturel, de mise en perspective des potentialités sous-exploitées de la vie symbolique ivoirienne, mais aussi d’opérationnalisation d’une modernité culturelle nouvelle, puisée au forceps de la créativité nationale, de l’ouverture au Tout-Monde des idées et de dialectisation des catégories et schèmes esthétiques disponibles dans le pays. IL n’y a pas de révolution citoyenne sans reconfiguration culturelle. La fécondité d’une époque tient à la profondeur de sa conscience de soi et de l’Autre. Le Professeur Augustin Dibi Kouadio, brillant penseur de la Côte d’Ivoire, a formulé cela en un couple de concepts: la différence libérée. C’est de cela que la politique culturelle ivoirienne doit s’inspirer, en partant de la cadavérisation accentuée de l’ivoirité vers la mise en valeur de l’humanité originale de Côte d’Ivoire, comme symbolique nationale exemplaire pour la dignité de l’Homme ivoirien dans l’intégration africaine.

Quatro. La révolution soroiste exigera un ajustement continu des institutions sociales, culturelles, économiques et politiques du pays à ses besoins et désirs réels, et non aux calculs patrimonialistes des oligarchies qui s’acharnent à la rendre captive de leurs ambitions surannées et stériles. On devra regarder de près, ce à quoi servent les institutions existantes, en les évaluant par une pédagogie du projet, du bilan et de la réforme. Une présidence ou une vice-présidence de la république, un gouvernement, une assemblée nationale, un sénat, des cours judiciaires, des Conseils sociaux, des hautes autorités, toutes les institutions de la république, ne sont dans la logique soroiste que des inventions humaines au service du Bien Commun. IL faut donc sans cesse les évaluer, les critiquer, les améliorer, ou les récuser dans leurs formes et principes, s’ils s’avèrent contre-productifs à l’analyse objective et consensuelle des citoyens avisés.

Cinquo. La révolution soroiste puise ses ressources ultimes dans les énergies spirituelles constructives de l’Amour. Non pas dans la naïveté d’un « peace and love » qui nierait la dangerosité de l’espèce humaine que soulignaient si bien un Hobbes, un Machiavel ou un Carl Schmitt. Guillaume Soro, mieux que quiconque en Côte d’Ivoire, sait bien que la politique est le domaine par excellence du Polémos. Dans ce terrain, le conflit est toujours soit latent, soit ouvert, jamais absent. Mais la vision d’un homme d’Etat pour son pays consiste à vouloir justement doter celui-ci de la capacité d’abriter et de résoudre ses propres conflits, de telle sorte que toujours victorieuse, la cause du Bien Commun garantisse la prospérité, la liberté et la gratitude des générations futures à celles qui auront anticipé sur les difficultés d’aujourd’hui comme de demain. L’Amour dont il est question dans le soroïsme s’exprime dans la volonté de servir ce pays et non de se servir de lui comme tremplin pour des manoeuvres de patrimonialisation cynique. La fédération américaine a une constitution de plus de deux siècles parce que les Founding Fathers pensèrent l’Amérique indépendamment de leurs sorts individuels. Elle vit dans ce cadre, l’Amérique, ses hauts et ses bas. La République Française, qui célèbre ce jour même sa révolution fondatrice, est dotée depuis 1958 d’une constitution qui abrite ses mutations. L’immense Général de Gaulle, « le plus grand rebelle français de l’Histoire, après Jeanne d’Arc », bâtit le renouveau national français sur une passion très haute en noblesse:

« Ce que le chef ordonne doit revêtir, par conséquent, le caractère de l’élévation. IL lui faut viser haut, voir grand, juger large, tranchant ainsi sur le commun qui se débat dans d’étroites lisières. IL lui faut personnifier le mépris des contingences, tandis que la masse est vouée aux soucis de détail. IL luit faut écarter ce qui est mesquin de ses façons et de ses procédés, quand le vulgaire ne s’observe pas. (…) Réserve, caractère , grandeur, ces conditions du prestige imposent à ceux qui veulent les remplir un effort qui rebute le grand nombre ».

De même, le soroisme participe de cette dynamique de stabilisation de la Côte d’Ivoire par la radicalisation du désir de justice, d’inclusion, d’équité, de paix et de prospérité partagées qui justifia le sacrifice fondateur du 19 septembre 2002. Et c’est pour que le 19 septembre 2002 ne se reproduise plus en Côte d’Ivoire, c’est pour que la tragédie d’octobre 2000 soit dépassée, c’est pour que l’émoi du 24 décembre 1999 soit apaisé; oui, c’est pour que la guéguerre successorale de 1993 à 1999, ou la crise postélectorale de 2010-2011 soient définitivement dépassées, que Guillaume Soro et ses compagnons se sont fixés un cap: inventer, en intelligence profonde avec le génie du peuple ivoirien, une civilisation politique dédiée à la bienveillance, à l’intelligence, à la sacralité de l’intérêt général et rendue vigilante par la mémoire vive de l’Histoire. A la génération en charge de l’avenir de la Côte d’Ivoire de prendre la mesure de ce challenge et de l’assumer. Oser lutter en pleine conscience, c’est la condition essentielle pour oser vaincre.

Une Tribune Internationale de Franklin Nyamsi
Professeur agrégé de philosophie
Washington, Etats-Unis.

À LIRE AUSSI : Franck Ettien journaliste politique / *Et parlons, politique ! Surtout de la posture de Guillaume Soro et ses proches*. 

"Je voulais vraiment garder le silence. Mais, chaque jour, j’ai un peu plus mal. Je comprends un peu plus ceux qui disent que « le silence est une torture ».

Photo de Mahoua S. Bakayoko.Comprenez alors que ce que je vais dire aujourd’hui, c’est juste pour me soigner un peu. Afin que, vous, mes amis n’écriviez pas sur des tee-shirts ou même sur vos page facebook ou twiter : « pourquoi si tôt… ».
Et parlons, politique ! Surtout de la posture de Guillaume Soro et ses proches. J’ai cherché à savoir pourquoi ils estiment que Guillaume Soro doit devenir président de la République en 2020. La seule réponse que j’ai pu voir ou avoir jusqu’à ce jour, c’est que « Alassane Ouattara et le RDR doivent être reconnaissants à Guillaume Soro ». Pourquoi « Parce? qu’il leur a permis d’accéder au pouvoir ». En quoi faisant ? « En acceptant de conduire une rébellion armée ». Et, certains de s’en targuer : « il l’a fait au moment où d’autres se cachaient dans ce pays ». C’est seulement pour ça ? « Lorsque Laurent Gbagbo voulait confisquer le pouvoir, c’est encore lui avec ses hommes qui ont lancé l’assaut et capturé Gbagbo ». Devant toutes ces réponses, moi, Franck Ettien, j’ai mal. Et même très. Que de gâchis. Sans le savoir ou peut-être croit-il les Ivoiriens si « cons », cet entourage « surexcité » expose son leader.

Parce que vous croyez que la rébellion armée est une bonne chose ? Une rébellion qui a endeuillé et appauvri des milliers de familles. Ces gendarmes capturés, traînés dans toute la ville de Bouaké attachés à des camions. Quand d’autres ont été purement et simplement égorgés. Ces citoyens spoliés de leurs biens (voitures, maisons, boulot, etc.). Ces villes détruites (Vavoua). Duekoué, Nahibly où des populations ont été massacrées. Ces gens que l’on a enfermé dans un conteneur jusqu’à ce qu’ils meurent étouffés. Un pays coupé en deux où des familles ont mis presque 10 ans avant d’aller rendre visite à leurs proches de l’autre côté quand ceux-ci n’ont pas définitivement disparus, comme c’est le cas du père d’une amie... Ces innocents (Marcellin Yacé) morts bêtement sans savoir ce qui se passait. Juste ça. Ce qui me revient en mémoire… pour la rébellion.

Quant à la crise postélectorale, je l’ai plusieurs fois dit et écrit. Laurent Gbagbo a déconné en ne cédant pas le pouvoir alors que les forces en présence étaient déséquilibrées. Pour aller plus loin, je crois même qu’il a « merdé » en voulant s’accrocher à un pouvoir que, pour ma part, il avait perdu dans les urnes (là n’est pas le débat). Mais, là encore, est-il moralement acceptable devant les Ivoiriens que l’on brandisse cela comme une victoire personnelle de Guillaume Soro qui devrait faire de lui le successeur d’Alassane Ouattara, quand on sait ce que cette bataille a engendré comme deuil ? 3000 morts selon l’ONU. Et je ne crois pas que ce soit 3000 militaires pro-Gbagbo. Encore moins 3000 personnes trouvées dans le bunker de Gbagbo. Ce sont des innocents à l’image de ce père de famille qui a pris une balle perdue au balcon de son appartement à Yopougon Maroc pharmacie Maty
.
En brandissant Guillaume Soro comme un homme fort à qui le RDR doit reconnaissance au point de faire de lui le successeur d’Alassane Ouattara, à partir de ces événements-là, j’ai mal. Plutôt que de brandir son militantisme, ses exploits au sein du parti, son apport à la construction de l’appareil politique, les réunions cruciales auxquelles il a pris part, avec une vision claire de l’avenir du RDR, etc.
J’ai encore plus mal quand j’imagine que cette posture est de nature à narguer les Ivoiriens. Résumé de façon triviale, cela donne : Guillaume Soro est le cerveau de la rébellion de septembre 2002 dont le bilan global jusqu’ici n’a jamais été produit ou rendu public.

Ok. Il l’a fait pour permettre à Alassane Ouattara de venir au pouvoir. Ok. Donc pour le pouvoir, Guillaume Soro a conduit tous ces massacres et tueries d’innocents. Ok. Et malgré tout ça, les Ivoiriens ne disent rien. Ok. La justice ne dit rien. Ok. Donc, maintenant, c’est à son tour d’être au pouvoir ? Ok. Donc si le Rdr refuse de le choisir, il va encore tuer les Ivoiriens. Est-ce le message ? Ok.

Chères amis, s’il vous plaît, changez de fusil d’épaule. Les Ivoiriens ont peut-être pardonné à Guillaume. C’est pourquoi il peut se balader tranquillement sans que personne ne l’enfarine. Ou peut-être, ils ne veulent pas utiliser la violence comme lui, mais plutôt la voie de la démocratie pour se faire entendre. Ou alors, à la façon d’une mère, ils veulent croire que leur fils s’était égaré un moment, et qu’il est définitivement revenu à la maison. C’est en cette dernière posture que je crois. Alors, que le fils arrête de leur rappeler ce qu’il était devenu. Encore que s’il visait la présidence du Rdr, cela n’aurait intéressé que les militants de ce parti. Pour diriger la Côte d’Ivoire, il doit plutôt miser sur qui il est devenu en proposant une politique claire. En débattant sur sa vision de la Côte d’Ivoire au plan économique, social, sécuritaire, etc. Je pense que c’est à ce seul prix que les Ivoiriens pourraient l’élire.

Sinon, à force de rappeler son passé, beaucoup se demanderont (si cela ne l’est pas déjà) , pourquoi il n’est pas à la CPI. Et moi, je répondrai, parce qu’Alassane Ouattara lui est reconnaissant !

Franck Ettien , journaliste politique" 

 

La France accorde un appui de 2 milliards d’euros à la Côte d’Ivoire dont 1,4 milliard pour le financement du métro d’Abidjan

La France a décidé d’accorder un appui financier de 2,125 milliards d’euros (environ 1394 milliards FCFA) à la Côte d’Ivoire, sur la période 2017-2020. L’annonce a été faite par le Premier ministre ivoirien Amadou
Gon Coulibaly (photo), au terme d’une mission française qui s’est déroulée à Abidjan, les 12 et 13 juillet 2017.

Cet important engagement financier de la France envers la Côte d’Ivoire, permettra essentiellement de financer des projets dans « certains secteurs prioritaires inscrits au Plan National de Développement (PND) 2016-2020 » a déclaré le Premier ministre ivoirien.

Ainsi, 725 millions d’euros (environ 475,5 milliards FCFA) seront affectés au financement de projets dans les secteurs de l’énergie, des routes, de la santé, de la sécurité, de l’éducation et de la formation. Tandis que 1,4 milliard d’euros (environ 918,34 milliards FCFA) permettra de « boucler le financement de la ligne 1 du métro d’Abidjan ».

Ce qui permet, à présent, d’envisager le démarrage des travaux de cette ligne de métro maintes fois reporté, en raison de points d’achoppements entre le gouvernement ivoirien et les entreprises attributaires du projet.

Toutefois, initialement estimé à environ 665 milliards FCFA (un peu plus d’un milliard d’euro), la note s’avère désormais un peu plus salée pour les autorités ivoiriennes puisque le cout de la ligne 1 du métro d’Abidjan, longue de 37,9 km, passe à 918,34 milliards FCFA (environ 1,4 milliard d’euros). En comparaison, le cout du métro de Dakar, long de 51 km, est estimé à 687 millions d’euros (environ 450 milliards FCFA).

A noter que la réalisation et l’exploitation de cette ligne de métro d’Abidjan, qui doit transporter 300 000 passagers par jour, a été attribué à la Société de transport abidjanais sur rail (STAR). Elle est détenue par le français Bouygues (33%), le Coréen Hyundai Rotem (33%), le français Keolis, filiale de la SNCF (25%), et le Coréen Dongsan engineering (9%).

B.K (Agence Ecofin 17/07/17)

"Faut-il quand même rappeler que OUATTARA est toujours le Président de la République Et Chef de l'Etat jouissant donc des prérogatives constitutionnelles liées à sa charge?

Photo de profil de Serge Lescoufleurs, L’image contient peut-être : 2 personnes, intérieur

Notre pays est entré dans un état convulsif inquiétant même si le discours officiel tente de donner à nos constatations,une lecture surréaliste.  

PAR / Serge Lescoufleurs

Ou allons nous véritablement pour que des enfants d'une même famille,Et qui ont fêté il y'a six ans ou plus avec beaucoup d'enthousiasme leurs retrouvailles après une décennie de crise,en soit arrivé à cette situation hybride ?

Tout se passe comme si le grand Et le petit frère ne se parlent plus;le premier ayant pris ses quartiers à Paris,Et le second gérant son agenda régalien avec une assurance déroutante,le tout,sur fond de petites mutineries et de déclarations musclées de "seconds couteaux.

il est de même inimaginable que la sagesse ait pris ses vacances du RHDP pour donner la parole aux muscles.Chacun prenant prétexte de l'après Ouattara pour défendre son camp au détriment de la grande famille,qui,elle,s'est délité depuis ,pour devenir finalement le collecteur des eaux usées .De Charybde en Scylla.

Va t-on donner un alibi demain à la grande muette devenue très bavarde et très remuante pour passer la serpillère en 2020?

Faut-il quand même rappeler que Ouattara est toujours le President de la République Et Chef de l'Etat jouissant donc des prérogatives constitutionnelles liées à sa charge?

Des lors les débats sur ses décisions ,ses nominations ou autres orientations politiques ou économiques deviennent de facto inopportuns ,malsains et sans objet.

La récente décennie de crise militaro-civile que notre pays a connu avec tout le désordre humain qui l'a accompagné,n'est pas sans nous rappeler l'exigence de retenue qui s'impose à chacun de nous.

Faisons l'économie d'une seconde fracture sociale et d'un exode massif de nos populations vers des contrées lointaines et inhospitalières.
C'était mon coup de gueule de ce soir.

 

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