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Infos Ivoiriennes (873)

INVITÉ AFRIQUE (RFI) A. Ouattara: «Nous avons commencé à rapatrier les Ivoiriens de la Libye dès 2015»

INVITÉ AFRIQUE (RFI) A. Ouattara: «Nous avons commencé à rapatrier les Ivoiriens de la Libye dès 2015» Pourquoi est-ce que vous maintenez ce suspens sur votre candidature ou non-candidature en 2020 ?

***Non, je n’ai pas maintenu de suspens. J’ai dit qu’en 2020 on verra. Je donnerai ma décision***

Au lendemain du 5ème sommet UA-UE à Abidjan, l'invité d'Afrique Matin est son hôte le président ivoirien Alassane Ouattara. Son pays, la Côte d’Ivoire, est particulièrement concerné par les questions migratoires qui furent au centre des débats du sommet et qui ont abouti à la création d'une «Task Force» pour venir au secours des migrants victimes de réseaux esclavagistes en Libye. Alassane Ouattara répond aux questions de notre correspondant permanent en Côte d'Ivoire.

Rfi : Monsieur le président, on arrive à la conclusion de ce sommet Union africaine-Union européenne avec beaucoup d’annonces et une annonce phare, en relation à cette question de la migration: la création d’une force d’intervention. Ça, c’est la solution immédiate et d’urgence. Mais comment résoudre le problème à sa racine ?

Alassane Ouattara : La question de la migration a été introduite en plus, à cause de la situation en Libye. Des solutions ont été proposées. Mais ce que j’aimerais dire de manière plus précise, c’est que la Côte d’Ivoire a commencé à faire ce qui a été demandé. Nous avons, depuis 2015, rapatrié près de 1 000 Ivoiriens, ces trois dernières semaines. Avant même que le film de CNN ne passe, nous avions pris la décision de faire rentrer 550 Ivoiriens de Libye. Au total, d’ici le mois de mars, nous aurons fait rentrer 1500 Ivoiriens sur les 4 000 qui sont en Libye. Et les autres, nous sommes prêts à les faire rentrer quand ils le voudront. Nous condamnons ce qui se passe. Je l’ai dit, c’est choquant. C’est inacceptable, c’est ignoble. Maintenant, nous devons prendre nos responsabilités, aussi bien au niveau des Etats que des institutions. Au-delà de la Côte d’Ivoire, tous les pays africains, pour la plupart, ont des croissances économiques importantes.

Et malgré cette prospérité, les Africains en général continuent à aller chercher ailleurs du bien-être et de la richesse. Est-ce qu’il y a un problème de redistribution de cette richesse de la croissance économique ?

Chaque pays a sa particularité. En Côte d’Ivoire nous essayons, non seulement que la croissance soit inclusive, nous investissons dans l’éducation, dans la santé, nous améliorons les conditions de vie des paysans, nous investissons dans les infrastructures… Alors, je suis préoccupé par ce qui se passe en Côte d’Ivoire et surtout par rapport aux Ivoiriens. Sur cela, nous avons commencé à donner le maximum d’informations à nos jeunes. Egalement, essayé de traquer les passeurs et de les mettre en prison, parce qu’il y a des gens qui en font un commerce. Ceci est inacceptable. Quant aux raisons, elles sont diverses. Et la migration normale n’est pas quelque chose d’interdit. C’est d’ailleurs une très bonne chose pour le monde en général. Et la Côte d’Ivoire est en l’exemple.

L’Union européenne bloque les migrants en Libye ?

Oui, mais vous savez, ce que l’Union européenne fait concerne l’Union européenne.

Et là vous avez pu en discuter avec eux, vous étiez au sommet ?

Nous en avons discuté. Je crois qu’ils ont compris. Ils ont un problème d’opinions nationales. Vous savez, nous avons une crise ici à dix-quinze ans à cause de la faiblesse de la croissance économique et de l’exploitation politique [du fait] qu’il y avait des étrangers ici et là. Donc ça arrive dans tous les pays. Mais la maltraitance n'est pas acceptable. Monsieur le président, l’un des autres sujets qui étaient abordés à ce sommet, en bilatéral notamment, c’était la question de sécurité. Vous avez rencontré le président Macron. Il a aussi été question de la création d’une école pour former les Forces spéciales.

Cette école serait créée d’ici la rentrée de 2018 ?

On espère le milieu de l’année prochaine. Vous savez, la lutte contre le terrorisme demande des Forces spéciales. Et la Côte d’Ivoire a été choisie pour accueillir cette école, qui sera une école d’excellence pour la formation des Forces spéciales, pas seulement de Côte d’Ivoire, mais également des pays de la sous-région. Je considère que c’est nécessaire, parce que ces attaques terroristes deviennent traumatisantes pour nos populations. Et je remercie le président Macron d’avoir choisi la Côte d’Ivoire pour implanter cette unité de formation.

Le président Macron a également dit qu’il ferait tout pour faciliter l’extradition de François Compaoré. Tout d’abord, un commentaire là-dessus: qu’est-ce que vous en pensez ?

Non, ce qu’il a dit concerne les relations entre la France et le Burkina. Je n’ai pas de commentaires. Mais c’est un ressortissant qui vit ici de temps en temps, à Abidjan. Il fait des voyages entre Abidjan et Paris.

Est-ce qu’on a des raisons d’être un peu surpris de cette libre-circulation, alors qu’il a un mandat d’arrêt international ? 

Pour le moment c’est un problème entre le Burkina et la France. Je ne ferai pas de commentaires. 

Ces questions liées au Burkina Faso, le fait que Blaise Compaoré vive ici, qu’il est de nationalité ivoirienne, est-ce que ça n’empoisonne pas durablement les rapports entre les deux pays, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ?

Ce n’est pas mon sentiment, parce que les Burkinabè sont les bienvenus ici. Nous avons 3 à 4 millions de Burkinabè, qui vivent bien en Côte d’Ivoire, qui sont intégrés, qui contribuent au développement de ce pays. Il y a également des Ivoiriens qui vivent au Burkina et les choses se passent très bien au niveau des populations. Maintenant, le président Compaoré est en Côte d’Ivoire et les uns et les autres savent dans quelles circonstances. Je pense que c’est une bonne chose pour le Burkina qu’il soit en Côte d’Ivoire. Je considère que cela n’entache en rien nos bonnes relations avec le Burkina et notamment avec mon ami et frère, le président Roch Marc Christian Kaboré.

Est-ce qu’il est légitime que les Burkinabè demandent un langage de vérité et de justice par rapport à certaines histoires du passé ?

Mais ça c’est l’affaire des Burkinabè. Ce n’est pas mon affaire ! 

Monsieur le président, une ou deux questions de politique intérieure. Concernant ces affaires de caches d’armes dont on n’a pas cessé de parler dans la presse – des caches d’armes retrouvées chez le chef du protocole de Guillaume Soro ­–: depuis un certain nombre d’années, la Côte d’Ivoire dit que le processus DDR - Désarmement-Démobilisation-Réinsertion - a fonctionné et on trouve six tonnes d’armes chez un particulier, et qui plus est, un commis de l’Etat. Est-ce que vous trouvez normal que l’on retrouve six tonnes d’armes cachées dans une maison à Bouaké ?

Ah non. Mais écoutez, ce n’est pas un dysfonctionnement. Nous avons trouvé des armes chez un particulier. Cela n’est pas normal et la justice a mis cette personne sous mandat de dépôt et les choses se feront normalement, selon le processus judiciaire. Mais ce particulier n’est pas n’importe qui. C’est un commis de l’Etat. Et on dit que d’autres caches d’armes existent encore en Côte d’Ivoire. Pour moi, tous ces particuliers sont des Ivoiriens. Je traite à égalité tous les Ivoiriens. Quel que soit leur bord, quel que soit leur rang. Et, par conséquent, je n’ai pas du tout à protéger ou à punir qui que ce soit. La justice fait son travail et nous continuons de rechercher les caches d’armes. Effectivement, cette découverte nous a donné l’impression que peut-être il y a d’autres caches d’armes. Et si c’est le cas, nous allons les retrouver. Six tonnes d’armes c’est beaucoup. Six tonnes d’armes, c’est excessif. 

Concernant la perspective de 2020, vous avez donné une interview il y a quelque temps à nos confrères, concernant une hypothétique candidature en 2020. Vous avez dit : « A priori je ne me présenterai pas ». Pourquoi est-ce que vous maintenez ce suspens sur votre candidature ou non-candidature en 2020 ?

Non, je n’ai pas maintenu de suspens. J’ai dit qu’en 2020 on verra. Je donnerai ma décision. Donc il y a suspens, on n’est pas certain. Quand on s’était vus en 2015, lors de la campagne présidentielle, vous avez dit que vous ne vous présenteriez pas pour un troisième mandat.

Est-ce que les choses ont changé depuis ?

On connaîtra ma décision en 2020. Pourquoi est-ce que vous êtes moins catégorique aujourd’hui que vous ne l’étiez il y a trois ans ? En 2020 vous connaîtrez ma réponse.

Par Frédéric Garat (RFI)

Côte d'Ivoire - CPI : Gbagbo indésirable pour ses codétenus à La Haye : « Il y a énormément de passages et ça nous empêche de dormir...»

"Aboudramane Sangaré, fidèle à Gbagbo jusque dans la culpabilité. / Laurent Gbagbo ne fait plus bon ménage avec ses codétenus de la prison de Scheveningen depuis quelque temps déjà. Les voisins se plaignent des incessantes visites à l'ex-président ivoirien. Laurent Gbagbo, victime de sa popularité à La Haye."

Quel est ce prisonnier qui ne laisse personne indifférent, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de sa prison ? Et pourtant, c'est dans ce tourbillon de sentiments mitigés qu'est pris Laurent Gbagbo depuis sa détention dans la prison de la station balnéaire de Scheveningen. En effet, de nombreux visiteurs se bousculent aux portes de ladite prison pour rendre visite à l'ex-président ivoirien. Cet incessant ballet n'est visiblement pas du goût de certains de ses codétenus qui ont exprimé leur exaspération.

Le Rwandais Calixthe Mbarushimana s'est alors indigné : « Il y a énormément de passages et ça nous empêche de dormir. S’il reste ici, ça va finir par poser quelques problèmes psychologiques pour certains détenus. » Ce dernier a donc déposé une plainte auprès des instances de la CPI pour se débarrasser de son si populaire voisin. Mais par quelle alchimie ?.

À supposer que cette requête aboutisse, Laurent Gbagbo sera-t-il transféré dans une autre prison ? Cette option est peu probable tant que le verdict n'est pas encore prononcé par la Cour. L'ex-président ivoirien sera-t-il dorénavant interdit de visites ? Ou plutôt bénéficiera-t-il d'une liberté conditionnelle pour ne plus indisposer ses codétenus ? La CPI est en train de passer en revue toutes ces options afin d'aviser, car c'est une première dans toute l’histoire des détenus politiques dans cette prison dont les responsables veillent au confort des détenus et à la cohésion dans cet univers carcéral.

Notons que l'ex-président libérien Charles Taylor se plaignait également de Gbagbo lors qu'il se trouvait à La Haye : « C’est sympa le Zouglou et le Coupé-décalé, mais bon, il ne faut pas exagérer non plus. Il n’est pas rare que Laurent Gbagbo et le Congolais Jean-Pierre Bemba passent tout le week-end à danser Ndombolo et Zouglou jusqu’aux petites heures du matin, sans se soucier de la quiétude des autres détenus qui ne sont pas d’humeur à faire la fête. » L'ancien homme fort de Monrovia a toutefois été transféré à Frankland, dans le nord-est de l'Angleterre, où il purge ses 50 ans de peine en compagnie de "grands criminels". (Afrique sur 7 22/11/17).

A lire aussi 

Côte d’Ivoire : Aboudramane Sangaré, fidèle à Gbagbo jusque dans la culpabilité Arrivé à la résidence présidentielle en mars 2011, en compagnie de sa propre mère, vieille et malade, Aboudramane Sangaré était le principal conseiller de Laurent Gbagbo lors de la crise postélectorale.

Il s’est fermement opposé à toute solution qui ne prenait pas en compte le maintien au pouvoir du président, pourtant défait dans les urnes par Alassane Ouattara. « Je ne pouvais pas être ailleurs, au moment où on était en train de bombarder Laurent Gbagbo, se justifie-t-il. Ce n’était pas un acte de bravoure, cela allait de soi. Il fallait que je sois à la résidence à côté de lui, pour voir ce qui allait se passer. ».

Mais Sangaré ne s’est pas contenté de « voir », il a pesé sur la suite des événements. Il le reconnaît lui-même, en des termes clairs : « Nous avons eu des débats avec le président Gbagbo et nous sommes tombés d’accord. S’il y avait des coupables, nous étions tous coupables, nous étions ses premiers collaborateurs. ».

Une position extrémiste qui a poussé d’éminents cadres comme Mamadou Koulibaly, ex-président de l’Assemblée nationale, à claquer la porte du FPI, estimant que Gbagbo et sa garde politique s’étaient « entêté[s] au-delà de l’irrationnel ».

Par André Silver Konan Publié le 21 novembre 2017 à 08h23 — Mis à jour le 21 novembre 2017 à 08h27

Esclavage et migrants en Libye : entretien exclusif sur le cas particulier des ivoiriens-Issiaka Konaté "La première vague va certainement arriver lundi (20 novembre 2017). Ou peut être mardi, on verra la situation"…

(L’ambassadeur a dénombré. Je l’ai déjà dit lors d’une conférence de presse. Il a dénombré 595 personnes qui doivent venir par vague successives dont la première vague devait venir le 17 (novembre 2017 : Ndlr), comme convenu mais la date a été décalée. La première vague va certainement arriver lundi (20 novembre 2017). Ou peut être mardi, on verra la situation)...

Au nom du Ministère de l’intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Issiaké Konaté, le Directeur général des Ivoiriens de l’extérieur répond aux préoccupations sur la question liée à la migration irrégulière et ses conséquences. Il revient sur ‘’l’enfer’’ dans lequel se retrouvent des migrants en Libye.

Quel état faites-vous de la situation générale des Ivoiriens de l’étranger ?

Je pourrais vous dire que nous avons un peu plus d’un million d’Ivoiriens qui vivent à l’extérieur. Les Ivoiriens qui sont à l’extérieur, ne vivent pas tous en situation irrégulière. Il faut être précis là-dessus parce qu’il y’a beaucoup de confusion ces derniers jours. Cela dit, ces derniers mois, des Ivoiriens et ivoiriennes rencontrent des difficultés dans certains pays d’accueil. C’est d’ailleurs ce qui commande tous ces efforts faits au niveau des retours organisés.

 Vous savez que l’actualité aujourd’hui tourne autour de ce qui se passe en Libye avec des personnes originaires de l’Afrique noire vendues comme du bétail.

Quelle est la situation exacte des Ivoiriens en dans ce pays ? .

Il est difficile de définir les nationalités des uns et des autres sur la base d’images etc. Mais voyez-vous, la crise migratoire en Libye ne date pas d’aujourd’hui. Elle date de 2011. Depuis 2011, il y’a eu une série de drame là-bas. Ce que l’on voit ces derniers jours, est juste une preuve supplémentaire de ce qui s’y passe. Ce ne sont pas des choses que l’on ignore à travers le monde. C’est d’ailleurs pour cela que plusieurs pays, dont la Côte d’Ivoire ont pris l’engagement de faire revenir beaucoup de leurs ressortissants. Je vous rappelle que le premier vol de la Côte d’Ivoire en provenance de la Libye, grâce à l’appui de l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire en Libye, de l’OIM (Organisation internationale pour les migrants), et des autorités tunisiennes date du 27 novembre 2015. Il y’avait 44 personnes à bord. C’est une situation qui se poursuit. N’oubliez pas que dans le drame, beaucoup de personnes ont perdu la vie. Ce qui se passe en Libye fait appel à toute notre humanité.

Après la diffusion du documentaire sur CNN (Cable News Network, chaîne américaine de télévision en continu) où l’on voit des ressortissants africains vendus comme esclaves, qu’est-ce que l’État ivoirien compte faire pour lutter contre ce fléau dans le cadre de la protection de ses compatriotes ? .

 (…) Il faut reconnaître que la Libye un pays, un État où en ce moment il est difficile de maîtriser les mouvements par rapport au fait qu’il n’y a pas de loi, une autorité unique sur l’ ensemble du territoire. C’est pour cela que des retours volontaires sont organisés avec l’appui de l’OIM et de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en Libye.

Avez-vous une idée du nombre des Ivoiriens qui sont en ce moment en Libye ? .

L’ambassadeur a dénombré. Je l’ai déjà dit lors d’une conférence de presse. Il a dénombré 595 personnes qui doivent venir par vague successives dont la première vague devait venir le 17 (novembre 2017 : Ndlr), comme convenu mais la date a été décalée. La première vague va certainement arriver lundi (20 novembre 2017). Ou peut être mardi, on verra la situation.

Ces voyages ont, semble-t-il, été décalés pour des raisons de sécurité dans la région? 

Voilà ! Par rapport à l’organisation de la logistique et tout. Ils vont venir par vagues successives. Nous allons commencer par des personnes qui sont en situation d’extrême détresse jusqu’à pouvoir atteindre les 785 personnes que l’ambassadeur a pu dénombrer dans ce travail difficile à réaliser sur place. Il faut vraiment le remercier, parce que c’est un travail qu’il fait faire à des équipes mobiles dans des conditions extrêmement difficiles. Il faut aussi remercier l’OIM qui appuie ces efforts de l’ambassade pour pouvoir atteindre ces centres de détention et même des prisons privées pour ressortir ces personnes et les faire venir vers la Côte d’Ivoire. Nous avons bon espoir. Je voudrais vous dire que la politique de l’État a toujours été très claire là-dessus. Elle a toujours été une politique volontariste depuis le début. Je vous rappelle que le premier vol a été effectué en novembre 2015 et aujourd’hui, nous sommes en 2017. Et ensuite, il y’a eu deux autres vols, en mars et en avril. Au total, la Côte d’Ivoire a fait venir 1279 personnes qui étaient en situation de détresse.

Vous estimez le coût en terme d’évaluation à combien à peu près, pour ces retours ?

C’est difficile de faire une évaluation parce que nous bénéficions également de l’appui de l’OIM qui fait des efforts aussi pour faire revenir ces différentes personnes qui sont au nombre de 1279.

Avec ces jeunes de plus en plus nombreux qui sont décidés malgré tout à braver les dangers pour disent-ils ‘’aller se chercher’’ de l’autre côté de la méditerranée, pensez-vous que vos efforts de sensibilisations sont entendus aujourd’hui ?

Je ne pense pas qu’il faille voir cela sur cette forme. Ce qu’il faut, dans une situation pareille, je l’ai même dis hier ou avant-hier un peu, il faut sortir du jugement. Il ne faut pas juger les gens qui sont partis. En fait, nous sommes face à une situation et qu’est-ce qu’on propose comme solution ? Moi je dis, il faut la répression contre les réseaux, le démantèlement de ces réseaux ; il faut la sensibilisation contre la migration irrégulière, il faut continuer d’appuyer le projet des jeunes, comme ça se fait ici, il faut aussi continuer d’appuyer le projet des femmes et puis, il faut travailler sur la perception que nous autres, Africains, avions vis-à-vis de l’Occident. C’est très évident, tout cela ne se fait pas de façon systématique. Vous savez qu’avant la crise en Libye, il est estimé que plus d’un million de personnes d’origine subsaharienne travaillaient et résidaient régulièrement dans ce pays. Après la crise, c’est un million de personnes qui se cherchent un nouveau territoire pour y aller. Ensuite, la Libye n’est pas signataire de la convention de Genève .

Ça veut dire que quelqu’un qui est en situation de détresse ne peut pas demander l’asile politique en Libye. Ça, il faut le savoir donc, c’ estun million de personnes ont dû chercher un endroit pour aller se réfugier. Il y’a aussi le conflit qui a déstabilisé la zone. Vous comprenez que cela fait beaucoup de personnes. Je pense que lorsque vous regardez la position de l’Afrique subsaharienne aujourd’hui, on remarque qu’il y a eu une bonne prise de conscience. D’ailleurs sur le plan national ici en Côte d’Ivoire, il y’a un début de prise de conscience. Aujourd’hui, vous les journalistes l’intérêt que vous accordez à la question migratoire c’est dû au travail qui a été fait. Le fait que la Côte d’Ivoire fasse une campagne de sensibilisation en parcourant 5 mille kilomètres, ce n’est pas rien. Ce sont 17 localités au total qui ont été visitées, et cela se poursuit cette semaine encore, c’était une conférence à l’Institut Goethe, c’était une formation des journalistes. Le 16 novembre 2017, c’était à Abobo Sagbé, le 17 novembre 2017 au soir , c’est à Marcory que j’ étais ce pour la même sensibilisation.

Moi je pense qu’ il faut continuer ces efforts, qui ne sont pas négligeables. Il faut mutualiser les efforts, pour moi, c’est très important. On ne peut pas museler la jeunesse ivoirienne, ni la jeunesse africaine et même la jeunesse mondiale. Un jeune ivoirien tel qu’il soit, quand il se réveille, il a les mêmes aspirations qu’un jeune américain, qu’un jeune malien, qu’un jeune sénégalais. C’est pour cela qu’il faut la mutualisation. C’est pour cela que je vous conseille de regarder ce qu’on appelle ‘’La Position commune des États de la Cedeao sur la mise en œuvre du plan d’action du sommet de la Valette’’. Je me ferais fort d’aider à la diffusion de ce document de référence. L’ensemble de la Cedeao a pris en compte l’ensemble des préoccupations (…) Lorsqu’on regarde ce document, il y a 37 axes principaux. C’est la mise place d’un observatoire régional sur la migration.

 

Que peut faire l’État ivoirien pour traduire en justice ces négriers des temps modernes qui sévissent en Libye ?

 Je crois qu’il faut s’adresser au ministère de la Justice mais, je pense déjà, ce que nous devons faire dans un premier temps, lorsqu’il y’a une situation d’extrême détresse, c’est de sortir nos ressortissants de celle-ci. Et c’est sur cette politique engagée que nous travaillons. Moi, je suis satisfait du travail qui a été fait par le gouvernement sur la question. C’est très important de le savoir. Ce sont des efforts qui se poursuivent. 

Masi il faut continuer de sortir les Ivoiriens de cette situation autant que nous le pouvons. Mais pas seulement les Ivoiriens, il faut sortir tout être humain de cette situation. Je dis ce qui passe en Libye fait appel à toute notre humanité. C’est pour cela que je dis merci à toutes ces personnes qui de façon citoyenne, ont soutenu notre initiative lorsqu’on a fait le film ‘’Migrants : Le grand retour d’enfer’’. Cela avait suscité une grande émotion. Tout cet appui que la société civile nous apporte, est important. La semaine dernière, nous avons travaillé à Bassam sur le ‘’Plan de retour des migrants’’ qui est un plan important. Il va permettre de déterminer toutes les étapes, tous les appuis, et tous les ministères qui sont concernés dans le processus de prise en compte de la réintégration des Ivoiriens.

 C’est quand même toute une politique qui se met en place. Nous d’ailleurs, on sponsorise le prix Ebony (Prix du meilleur journaliste ivoirien) du meilleur reporteur sur la migration. Ce n’est pas un hasard parce que nous estimons aussi que les journalistes sont des acteurs principaux de la lutte contre la migration irrégulière. La sensibilisation se poursuit toujours, et je me réjouis de tout cela. Je me réjouis d’annoncer que Koné Siaka Tiéné va rejoindre cette sensibilisation. Je me réjouis de savoir que le thème du prochain Femua (et aussi sans doute toute la promotion qui accompagnera le Festival ) d’Asalfo et du groupe Magic System portera sur la migration. Il y’ a des efforts qui se font, tant au niveau de la société civile qu’au niveau des acteurs gouvernementaux. Je pense que beaucoup d’efforts ont été faits mais qu’il faut poursuivre pour sortir les Ivoiriens de cette situation de détresse, et c’est ce que l’État a pris comme décision depuis lors avec 1279 personnes qu’on a pu sortir de cette situation. Cela ne se fait pas comme cela au hasard. C’est un travail de terrain, et surtout de sensibilisation qui se fait, et qui se poursuit.

Dassé Claude 19/11/2017 Catégorie Afrique photo : DR Claude Dassé

LIVRE / UN ISLAM PACIFICATEUR L'exemple de la Côte d'Ivoire Par /Aboudouramane Bamba. Préface de Jean-Pierre Dozon - Postafce de Saidou Kane

Dans un contexte où il est de bon ton de stigmatiser l’Islam à travers les agissements de quelques musulmans égarés, je vous invite à lire l’ouvrage d’Aboudouramane Bamba qui donne à voir à travers l’expérience de la Côte d’Ivoire, un autre visage de cet Islam qui tord le cou aux idées reçues.

RELIGIONS ISLAM AFRIQUE SUBSAHARIENNE Côte d'Ivoire Feuilleter le livre A partir de son double enracinement ivoirien et français, l'auteur essaie de faire valoir qu'un Islam pacifique peut exister : le rôle que peuvent jouer les imams, comment l'Islam peut dynamiser la société civile, comment il peut contribuer aux grands débats de société (pluralisme, mariage, école...), et surtout, comment en situation réelle de crise identitaire - celle de l'ivoirité -, il peut contribuer à la paix, à la "déradicalisation", à la pacification et à la réconciliation.

Docteur en science politique, travaillant sur la démocratie et la démocratisation des pays du Sud, Aboudouramane Bamba est enseignant-chercheur en droit, relations internationales et sciences politique dans plusieurs établissements supérieurs français. Il a mené des missions en lien avec les processus démocratiques pour la CIJ, l'UE, l'ONU, l'UNESCO et la Francophonie.

ISBN : 978-2-343-12450-6 • octobre 2017 • 234 pages EAN13 : 9782343124506 EAN PDF : 9782140047664 * Nos versions numériques sont compatibles avec l'ensemble des liseuses et lecteurs du marché. Prix éditeur 24 € 22,80 € Commander la version papier Version numérique* 17,99 € Commander la version numérique au format PDF 

Feuilleter le livre Par : Aboudouramane Bamba. Préface de Jean-Pierre Dozon - Postafce de Saidou Kane

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair reçu à Abidjan par Alassane Ouattara

L’ancien premier ministre du Royaume-Uni (Grande Bretagne), Tony Blair a été reçu, lundi à Abidjan, par chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, a constaté un journaliste de APA sur place dans la capitale économique ivoirienne. Aucune déclaration n’a été faite à la presse à l’issue de cette rencontre qui s’est déroulée au palais de la présidence d’Abidjan-Plateau. Homme d'État britannique, M. Blair a occupé les fonctions de premier ministre de la Grande Bretagne entre 1997 et 2007. Il a également dirigé le parti travailliste de son pays (Labour Party) entre 1994 et 2007. Après sa rencontre avec M. Blair, le Président ivoirien a reçu le ministre d'Etat, conseiller chargé des investissements privés de la république de Guinée, Kassory Fofana.

LS/APA

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